• BLERIOT-PLAGE - SANGATTE 

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    Notre voyage va nous mener tout d’abord à Blériot—Plage, puis Sangatte, le cap Blanc—Nez, Wissant, le cap Gris«Nez, Audinghen, Ambleteuse et Wimereux, avant d’aborder Boulogne—sur—Mer.

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    Au début du XVIIe siècle, la ville de Calais fut décimée par une terrible épidémie de peste. Quelques cabanes furent construites là pour éloigner les malheureux pestiférés de la ville. Plus tard, l’abbé Limousin y établit un hameau avec une paroisse dite des Baraques. En 1936, à la mort de Louis Blériot, ces lieux furent appelés Blériot—Plage en hommage posthume au vainqueur aérien du détroit.

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    A huit kilomètres de Calais, Sangatte, petite station balnéaire peuplée de 1 491 habitants en 1879 et au paysage rythmé par les ailes de son vieux moulin, était encore loin de penser au tunnel sous la Manche.

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    Lieu de séjour et de villégiature, Sangatte était appréciée des estivants ; l’hôtel de la Plage accueillait au sein de ses murs sa fidèle clientèle. A l'extérieur, char à bancs et calèche attendaient les excursionnistes.

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    A côté de l’hôtel de la Plage, se dressait la terrasse du café—restaurant où quelques cyclistes, comme ici, pouvaient étancher leur soif, profitant de la vue sur la mer. Pour les besoins de la photographie on n’a pas hésité à y ajouter naïvement quelques bateaux, sans doute pour faire plus “ambiance locale”.

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    Panorama des dunes de Sangatte, au début du siècle ; l’habitat était encore fort dispersé. Si Sangatte est la porte des sables, ici commence la côte plate de Flandre, bordée de dunes herbeuses. La route longeait le rivage, derrière le bourrelet de dunes, et le monument commémoratif de la première traversée aérienne du détroit par Louis Blériot, le 25 juillet 1909.

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    La corniche de la côte d’Opale est taillée de “crans”, vallées sèches caractéristiques, autrefois creusées par l‘érosion des flots. Le terme escales vient du latin scalla (pente abrupte).

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    En cette belle journée du 25 juillet 1909, à Sangatte, l’aviateur français Hubert Latham ( 1883—1912) va tenter de réaliser la première traversée du détroit en aéroplane. L’événement, largement commenté par toute la presse, a attiré une foule considérable de curieux. Aux commandes de son monoplan, l’Antoinette, celui—ci attend des vents favorables pour s’élancer dans les airs du haut d’une falaise. Le point d’atterrissage théorique est Douvres, ville distante de trente cinq kilomètres, de l’autre côté de la Manche. La vitesse de l’appareil, si tout va bien, devrait être de soixante dix kilomètres à l’heure. Mais le destin lui fut contraire et les alizés avantagèrent son concurrent et rival Louis Blériot qui, lui aussi, attendait son heure. L’histoire ne retint que le nom du premier vainqueur. Latham effectua pourtant le même parcours, mais un mois trop tard. Une autre performance le fit cependant entrer dans le panthéon de l’aviation puisqu’en 1910 il fut le premier à atteindre l’altitude de milles mètres. Depuis 1922, à l‘initiative de ses amis et de l’aéro—club de France, un monument, près de Sangatte, honore la mémoire de cet héroïque pionnier. Ces merveilleux fous volants faisaient rêver nos aïeux ; en ce début de siècle, la conquête de l’air était une exaltante aventure. Le vrombissement chaotique des moteurs et le chant des hélices faisaient vibrer les cœurs. Les aviateurs étaient admirés et enviés lors des galas aériens où ils se produisaient. Mais le temps allait passer, jetant un voile d’oubli sur leurs exploits, désormais reclus au sein de musées silencieux.

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    Le cap Blanc—Nez est une haute falaise blanche de 134 mètres de hauteur, datant du crétacé (environ 100 millions d’années) et composée d‘un entassement successif de millions de tonnes d’animaux marins étroitement mélangés. On peut encore retrouver dans la craie mêlée de silex de nombreux fossiles, témoins de cet antique origine.

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    De nombreux éboulis entasse's à sa base dans un chaos de roches brisées, sont les témoins de sa continuelle érosion. D'après certaines observations, la falaise reculerait de vingt—cinq mètres par siècle.

    WISSANT

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    Wissant est une agréable station balnéaire, au bord d’une longue plage de sable fin qui décrit une ample courbe, bien protégée des vents d’est et des courants, entre les caps Blanc—Nez et Gris—Nez. Les Wissantais, au nombre de 1 013 au début du siècle, gardent le souvenir de sa grandeur éphémère et de son port ensablé. A l’origine, les Romains y construisirent un premier castrum aux fortifications de bois, de nombreux tumulus jalonnaient le territoire communal, anciens restes des ouvrages qui devaient défendre le port de Wissant. En effet, même au Moyen Age, Wissant était un havre fort usité ; de nombreux rois et princes s’y embarquèrent, comme Henri II Plantagenêt, saint Thomas Becker ou Edouard Il. Comme plusieurs autres villages de la côte, Wissant était construit au milieu des sables et, en une nuit de 1738, 43 maisons furent ensevelies par les dunes. De nouveau en 1777, les habitants durent fuir leurs demeures, tant le sable avançait rapidement sur le village. La plantation de nombreux oyats a désormais fixé ces dunes mobiles. Maintenant, des villas étagées dominent le rivage, c’est ici que Charles de Gaulle écrivit un de ses premiers ouvrages (“Au fil de l’épée”). Outre le musée du Moulin qui permet de voir une ancienne minoterie hydraulique en action, l’église de Wissant possède dans sa nef gauche une curieuse statue de sainte Wilgeforte (la sainte barbue). Cette femme subit le martyr vers le milieu du XIe siècle : elle avait fait le vœu de virginité, et pour se soustraire à un mariage arrangé par son père, elle avait prié Dieu, afin qu’il lui poussa une barbe. Son vœu fut exaucé, mais elle fut crucifiée par les siens. Cette sainte, invoquée pour les agonisants et les enfants rachitiques, est fêtée le 20 juillet.

    CAP GRIS-NEZ

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    Au point de rencontre de la mer du Nord et de la Manche se dresse le cap Gris—Nez, corruption du vieux nom Graig»Ness (le cap des Rocher5), falaise jurassique haute de 45 mètres. Ici débute le détroit du Pas—de«Calais ; sa plage était le point de départ pour d’intrépides nageurs qui tentaient la traversée. Le premier vainqueur officiel fut le britannique Webb en 1875.

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    Les Anglais avaient construit un fort en 1546 pour surveiller le détroit. Au pied du phare de 28 mètres de hauteur, reconstruit après la Deuxième Guerre mondiale, a été érigée une stèle à la mémoire du commandant Ducuing et de ses marins, tués le 25 mai 1940, lors des combats pour la défense du cap Gris-Nez.

    AUDINGHEN

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    Le cap Gris—Nez fait partie de la commune d’Audinghen, entièrement reconstruite après 1945. Ce village possédait autrefois une église à clocher octogonal du XIVe siècle, où la courageuse population, après un long combat, fut massacrée par les soldats de la garnison anglaise de Calais. Plus tard, pendant la Deuxième Guerre mondiale, le site devint une zone stratégique fortifiée, activement bombardée par les avions alliés ; l’église en fut victime en 1945. Un musée présente une intéressante rétrospective sur la Deuxième Guerre mondiale dans un des anciens blockhaus construits par l’organisation Todt. Dans la nécropole communale, repose Raoul de Godewaersvelde, frère des marins et compagnon du houblon, joyeux membre des ducasses. Un air de chansonnette porté par la mer semble flotter sur les lieux. Le souvenir d’une voie gouailleuse et chaude qui fredonnait des airs du terroir, des chansons d’ici. Il chantait : “Quand la mer monte”, “Perds pas l'nord" ou “Le p’tit Quiquin”. C’était Raoul, il parlait et riait fort ; pourtant un soir d’avril, seul dans le plus grand silence il nous quittait. Désormais face à la mer qu’il aimait tant, comme Paul Gauguin et jacques Brel, il repose pour l’éternité.

    AMBLETEUSE

    De Blériot-Plage à Wimereux, 1e partie

    Ancien petit bourg maritime au nord de Boulogne—sur—Mer, sur l’embouchure de la Slack, Ambleteuse était peuplée de 663 habitants au début du siècle. Port aménagé par les Romains, étape commerciale au IVe siècle, la bourgade fut ravagée par les Normands puis reconstruite par Renaud de Boulogne. En 1209, Renaud de Dammartin lui octroya une charte communale dotée d’une curieuse clause dite “de droit de vaine pâture dans les dunes“. Il s’agissait d’une amende sanctionnant la coupe des oyats ; déjà cette plante servait à fixer les dunes pour contenir l’avance des sables. Le roi Henri VIII s’empara de la cité et la fortifia puissamment ; elle redevint française en 1549. Autrefois, le port était fort actif, puis, au fil des siècles, les sables poussés par les vents ou les marées le comblèrent. En 1668, Jacques II, chassé d’Angleterre, vint y chercher refuge, plus tard, Louis XIV chargea Vauban de réaménager le port et de construire le fort Mahon. Ensuite, Napoléon lui rendit son antique usage et fit entreprendre des travaux d’aménagement pour y masser une partie de la flotte d’invasion. D’après la petite histoire, il aimait venir à Ambleteuse pour contempler ses vaisseaux et chaloupes alignés dans le port.

     

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  • WIMILLE

    De Blériot à Wimereux 2e partie

    Autrefois rattachée à Wimille, elle devint une commune en 1899 avec 973 habitants pour une superficie de 963 hectares. La Belle Epoque et l‘essor des bains de mer virent la naissance d’une station climatique classée en 1913.

    WIMEREUX 

    De Blériot à Wimereux 2e partie

    A quelques kilomètres de Boulogne—sur—Mer, au débouché du pittoresque vallon de Wimereux, se situe cette agréable station balnéaire et climatique. Son petit port de pêche est à l'embouchure d’une petite rivière d‘où elle tire son nom. Celui—ci semble tiré du latin vimen revus (littéralement rivière des ]oncs). En 1874, l‘éminent biologiste Alfred Giard (1846—1909) y installa le premier laboratoire français de zoologie marine. A quelques encablures de la plage de sable et de galets, les ruines du fort de Grey se dressent, solitaires. Ce dernier fut construit sur ordre du roi Louis XV, puis fut restauré par Napoléon lors des travaux d’aménagement du port, afin de se prémunir des attaques de la flotte anglaise. A Wimereux, un monument commémore les premières expériences de Marconi et Branly, pionniers de la T.S.F.. C‘est en 1899 que, de South—Foreland, en Angleterre, Marconi lança pour la première fois un message porté par les ondes. Cette dépêche historique fut réceptionnée au chalet Artois par messieurs Kemps et Bradfield. A la sortie nord de la station, un modeste obélisque a été érigé en 1853, à l’endroit même où s’écrasèrent les aéronautes Pilâtre du Rozier et Romain, le 15 juin 1785, lors d'une tentative de la traversée du détroit en ballon.

    De Blériot à Wimereux 2e partie

    Le 6 août 1840, la plage de la Pointe aux Oies fut le théâtre du débarquement du prince Louis— Napoléon Bonaparte, le futur napoléon 111. Avec quelques partisans il venait tenter de soulever la garnison de Boulogne ; cette folle équipée se termina tout d'abord dans les cachots du château de Boulogne, puis à la forteresse de Ham.

    De Blériot à Wimereux 2e partie

    Sa longue plage de sable fin se déroule jusqu‘à l’embouchure du Wimereux. Au fond de ce panorama, la baie Saint—Jean se découpe sur l’horizon. Lieu de séjour fréquenté par une clientèle cosmopolite, la station allait connaître une grande prospérité.

    De Blériot à Wimereux 2e partie

    La plage et son élégante digue—promenade offre de beaux panoramas, notamment sur la colonne de la Grande Armée et le port de Boulogne—sur—Mer. Au début du siècle, on construisit ces belles villas cossues face à la plage.

    De Blériot à Wimereux 2e partie

    Dans la rue Carnot, on prend la pose devant la Galerie Boulonnaise qui offrait un vaste assortiment de cadeaux et souvenirs à son aimable clientèle.

    De Blériot à Wimereux 2e partie

    Toujours dans la rue Carnot, l'hôtel—restaurant Lutétia avait un petit air de pension de famille et accueillait une clientèle à la bourse modeste.

    De Blériot à Wimereux 2e partie

    L’essor des bains de mer a développé l’urbanisme de la commune. Dans la rue Saint—Amand qui menait au Grand hôtel, se côtoyait d’élégantes villas, construites dans un harmonieux mélange de styles.

    De Blériot à Wimereux 2e partie

    Le Grand hôtel, face à la plage, était le rendez—vous d’une clientèle aisée qui appréciait la qualité de ses aménagements et son confort. La grande salle à manger était éclairée par des suspensions de cristal et de larges baies vitrées avec vue sur la plage.

    De Blériot à Wimereux 2e partie

    Outre ses quarante hôtels, la station possédait son propre casino qui offrait à son opulente clientèle, salles de baccarat et de boules, ainsi qu’un dancing qui avait les faveurs des belles dames de l’époque ; des orchestres réputés s’y produisaient.

     

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  • Boulogne sur Mer, 1e partie

    Une matelote, le visage auréolé par son soleil, nous accueille à Boulogne—sur—Mer. Le soleil est un large et somptueux bonnet circulaire, d’une blancheur immaculée et aux bords finement tuyautés.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    Entre Wimereux et Boulogne—sur—Mer, dans un endroit autrefois désert, à proximité de l’embouchure du Wimereux, petit fleuve côtier, se dressait le château de Honvault. Il s’agissait en réalité d‘un manoir de XIIe siècle aux modestes dimensions, remanié au XVIIe siècle. L‘ensemble des bâtiments était enclavé, au début du XVIIIe siècle, dans une exploitation agricole. Le site a été complètement rasé par un bombardement aérien en juin 1944 ; seul le puits fut épargné. Pour la “petite histoire”, c’est dans ce puits que les huguenots jetèrent la statue de Notre—Dame—de—Boulogne, volée en 1567 dans la cathédrale de la ville. Le seigneur des lieux était ]ehan de Frohart, rude partisan de la Réforme et farouche adversaire des catholiques qu’il n’hésitait pas à passer au fil de l’épée dès que l’occasion se présentait. La statue de bois fut repêchée en 1607, soit 40 années plus tard, intacte d’après la légende, puis confiée à un ermite de la forêt de Desvres. Le 15 septembre 1544, Henri VIII d‘Angleterre établit ses quartiers à Honvault, le temps d’investir et de saccager la ville de Boulogne.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    A l’époque gauloise, Boulogne était le principal port de pêche des Morins, turbulente tribu soumise par Jules César en deux expéditions (l’une en 56—55, l’autre en 52 av JC.). Autrefois, seules les côtes et les embouchures des rivières étaient habitées. L’intérieur des terres était constitué d’immenses forêts sombres et hostiles. Les Romains commencèrent à défricher les lieux et nombre de villas et domaines agricoles virent le jour, changeant profondément l’aspect du paysage. Les forêts reculèrent devant la cognée des bûcherons et de riches terres furent mises en valeur. La région devint un important carrefour commercial et militaire, des routes furent tracées et la civilisation gallo—romaine apporta la paix et la prospérité. Pendant ce temps, à la place d‘un humble hameau de pêcheurs, naquit une ville. La cité se divisait autrefois en deux parties, Césariocum pour la zone portuaire et Bonania pour la ville haute. Principal port de la flotte romaine, dite la Classis Britannica, elle vit les expéditions successives de Jules César et de Claude 1er qui allaient conquérir l’antique Albion. Plus tard, au temps de la féodalité, la ville fut l’apanage de la maison comtale de Boulogne qui comptait parmi les puissants seigneurs de l’époque. Le plus célèbre fut Godefroy de Bouillon (1061—1100), le principal chef de la première croisade. La guerre de Cent Ans fut funeste à la ville plusieurs fois investie et pillée. En 1544, malgré une courageuse résistance de deux mois, la ville fut prise par les Anglais, la population dépouillée, puis rudement chassée hors des murs. Le roi Henri VIII peupla la cité de loyaux sujets d’Angleterre, rapidement décimée par une terrible épidémie de peste. En 1550, Edouard VI revendit la cité meurtrie à Henri II pour la somme rondelette de 400 000 écus d’or.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    L‘histoire de Boulogne—sur—Mer est intimement liée à celle de la pêche, particulièrement celle du hareng, poisson très abondant dans les mers du Nord et la Manche. En 1886, plus de dix mille marins vivaient du produit de la pêche. Ils utilisaient de petits bateaux à voiles, comme ci—dessus le Persévérance.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    Le premier bâtiment à vapeur, lancé en 1894, était le Ville de Boulogne. En 1920, la flotte boulonnaise en comptait 541, jaugeant 66 903 tonneaux et “montés” par 9 290 marins. Une soixantaine d’entreprises et plus de 4 000 salariés vivaient directement de la pêche.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    Sur la plage, un vieux loup de mer, sans doute un modeste artisan—pêcheur, perpétuait déjà la traditionnelle pêche au flobard.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    Le début du siècle marqua la fin de la marine à voile. Les élégantes goélettes prirent le cap des chantiers de démolition. A la sortie du port de Boulogne, en cette année 1908, un bateau à vapeur semble adresser un dernier adieu à ce robuste coursier des mers.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    Au port, l‘équipage des bateaux débarque sa pêche. Sur les quais mouillés, s‘entassent les paniers d’osier qui servaient au triage des diverses espèces. La pêche de ce jour a été bonne et de larges sourires sont fixés pour la postérité par le photographe.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    Après le triage, transportés sur des carrioles à bras, les poissons vont être vendus à la criée où les mareyeurs les achèteront par lots. C’est un spectacle haut en couleur qui anime joyeusement les quais. Mais, déjà les trains de marée attendent pour transporter à Paris le poisson frais de Boulogne—sur—Mer.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    La bénédiction de la mer avait lieu le dernier dimanche précédant le départ des bateaux vers les mers lointaines. Cette cérémonie était suivie par une foule considérable. Après une ardente prière commune, le prêtre plongeait la croix d’argent dans les vagues. Les femmes de marins, qui connaissaient tous les risques de ce métier, y priaient avec ferveur pour le retour de leurs maris ou de leurs fils.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    Sur la falaise, à côté de la chapelle des marins se dresse le calvaire érigé en 1817, puis restauré en 1877. Autrefois, les bateaux qui sortaient du port ne manquaient pas de le saluer.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    Vers 1950, le port de Boulogne—sur—Mer s’est relevé des ruines de la Deuxième Guerre mondiale. La ville était l’un des principaux ports de pêche de l‘hexagone, située sur l’entrée du détroit du Pas—de—Calais. Cette sous«préfecture, station balnéaire, est bâtie à l’embouchure de la Liane, au pied et sur le pendant de collines rocheuses, ce qui lui confère un charme indéniable.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    Une souriante matelote boulonnaise, avec son “rousset”, grand filet à pêcher les crevettes, pose aux pieds de la jetée.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    La pêche a longtemps constitué la principale activité économique de Boulogne, mais rapidement la cité affirma également sa vocation pour le service des voyageurs. Pour relever ces défis, les installations portuaires furent réaménagées et modernisées dès 1868 pour faire face à l’augmentation conjointe du trafic maritime et du tonnage des navires.

    Boulogne sur Mer, 1e partie

    Le développement des excursions vers la proche Angleterre allait ouvrir une ère nouvelle. De 13 000 passagers en 1889, on passa à plus de 100 000 en 1900. Le Holland était l’un des nombreux bateaux à assurer des liaisons régulières.

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  • Boulogne sur Mer

    Outre ses activités portuaires, dès le début du XVIIIe siècle l‘élégante plage de Boulogne—sur—Mer était fréquentée par l’élite mondaine de l’époque. Sa longue plage de sable fin et uni, sans vase nauséabonde, lui avait attiré les faveurs des célébrités, à l’image du savant Lavoisier en 1770, de la duchesse de Cosse—Brissac en 1785 ou de la duchesse du Berry qui, en 1825, allait lancer Boulogne comme station balnéaire. La mode des bains de mer au début du siècle confirma la vocation de la ville et de sa plage comme lieu de villégiature estivale. L’attrait des premiers bains de mer ne devait rien, au début, aux joies de la natation, du bronzage ou de la détente, seul étaient pris en compte les aspects thérapeutiques. Les congrès médicaux de Boulogne en 1894, puis d‘Ostende en 1895, sur la thalassothérapie, allaient lui donner son impulsion. La riante cité devint une station réputée pour la qualité de ses aménagements et de son accueil. La municipalité mit en œuvre d’énormes moyens pour confirmer cette nouvelle vocation. Déjà la plage fourmillait de cabines de bain hippomobiles qui permettaient aux baigneurs des deux sexes de plonger dans la vague bienfaisante à l’abri des regards indiscrets. A cette époque, les nombreux arrêtés réglementant l’usage de la baignade étaient appliqués avec zèle par les sergents de ville. Sur une même plage, hommes et femmes barbotaient chacun de leur côté. Il était d’usage de venir se promener sur la plage où se côtoyait une foule élégante et élitiste.

    Boulogne sur Mer

    Lieu de rencontres et de promenades fréquenté, la digue permettait d’accéder au casino de Boulogne, construit sous le Second Empire, sur des plans de l’architecte de Debayser, entre 1861 et 1863.

    Boulogne sur Mer

    Face à la plage et aux jetées, le casino offrait à sa clientèle le luxe raffiné d’un établissement de premier ordre. Durant la saison, outre ses tables de jeu, de nombreuses animations étaient rythmées par des orchestres réputés du moment.

    Boulogne sur Mer

    La ville se divisait en deux parties : la ville—basse qui concentrait l’activité commerciale et maritime, et la ville—haute, centre administratif et religieux. Avant—guerre, le quai Gambetta offrait le visage d’une rue animée.

    Boulogne sur Mer

    Le quai Gambetta avant et après la Deuxième Guerre mondiale. En 1943 et 1944, le cœur de la ville fut écrasé sous les bombes. C’est après de violents combats que, le 18 septembre 1944, la cité fut libérée.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    Sur le pittoresque quai Gambetta, de nombreux chalutiers s’amarraient pour décharger leur pêche, en partie vendue sur place aux riverains. Il y avait également des hôtels renommés, comme le Folkestone ou celui du Globe. En cette année 1903, l‘automobile ne faisait que de rares et timides apparitions.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    La rue de Boston offrait l’aspect riant d'une rue commerçante et animée. A la terrasse du café, tout le personnel et les clients ont pris la pose pour la photographie.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    Le boulevard Sainte—Beuve porte le nom d’un enfant de la ville, célèbre poète et critique (1804—1869). Outre son élégant kiosque à musique, il offrait aux Boulonnais une longue promenade longeant la plage et le casino.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    Face au pont Marguet, devant l’hôtel des Postes (1909) se dressait la statue de Frédéric Sauvage (1786—1857), lui aussi enfant de Boulogne, inventeur de l’hélice appliquée à la navigation à vapeur.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    La rue Faidherbe, du nom de ce général français (1818—1889) gouverneur du Sénégal et commandant de l‘armée du Nord en 1870—71, menait du pont Marguet à la gare des "Tintelleries, au pied des remparts de la haute—ville.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    La rue Thiers, autre artère de la basse—ville, débouchait sur la place Dalton et l’église Saint— Nicolas. Dans ce quartier, se trouvaient les principaux commerces, le théâtre ( 1860), les hôtels et les plus luxueux magasins.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    Le Dernier Sou offrait le visage tranquille d’un quartier provincial, dominé par la majestueuse coupole de la cathédrale. Le café des Tramways tirait, semble—vil, son nom de l’arrêt de ceux—ci devant sa devanture.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    Le quartier Saint—Pierre, aussi appelé la Beurrière, était l’endroit où les familles de marins s’entassaient dans de pauvres maisons. La rue Machicouli rappelait les pénibles conditions de vie des travailleurs de la mer.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    Au nord du jardin des Tintelleries, l’église Saint—Michel est une construction de style ogival (1866—1867) édifiée sous l’impulsion de l’abbé Cazin. L’intérieur offre aux fidèles un bel autel sculpté par Hopkins.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    Pour parfaire la défense de la haute—ville, à l’angle nord—est, Philippe Hurepel fit construire, entre 1221 et 1231, cette puissante forteresse en forme d’octogone irrégulier, sans donjon, renforcée de tours et isolée par de profondes douves.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    La ville—haute, centre administratif et religieux, est dotée d‘une longue enceinte fortifiée construite à partir de 1231 par Philippe Hurepel. La muraille est percée de quatre ouvertures : la porte de Calais, la porte Gayole, la porte des Dunes et celle des Degrés. La porte des Dunes, avec ses guichets ouverts en 1856, est fort fréquentée en cette journée de 1904. Un camelot vante à son étal les mérites “de la colle hydrofuge à froid“.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    La porte des Degrès, au sud—ouest, restaurée vers 1530—1540 et murée lors du siège de 1544, fut rouverte en 1895 et remaniée ; elle est uniquement accessible aux piétons. Sur le devant, le monument du “Souvenir français”, œuvre de Lormier (1899).

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    La cathédrale de Boulogne, construite entre 1827 et 1866 à l'initiative de monseigneur Haffreinge, protonotaire apostolique, sur l’emplacement de l‘ancienne cathédrale des XIIe et XVe siècles et détruite sous la Révolution, est le monument le plus visible de la ville. La basilique est remarquable par sa haute coupole centrale et sa nef étayée par un double collatéral.

    Boulogne sur Mer, 2e partie

    Avant de quitter Boulogne—sur—Mer, cette plantureuse dame n’hésite pas à nous montrer toute la richesse cartophile de la cité, forme de publicité locale hors concours, mais non sans humour !

     

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  • Une course de lamaneurs dans l’avant-port

    Cette photo de Paul Villy est datée de 1898. C’était la fête au Courgain maritime. Ces canots participaient à une course où l’huile de bras des lamaneurs était nécessaire pour tirer sur les lourdes rames. Les lamaneurs étaient ces ouvriers de la chambre de commerce qui aidaient à amarrer les navires en fixant les aussières lancées, ce qui nécessitait aussi de manœuvrer à bord de ces barques lorsque plusieurs navires étaient alignés le long des quais. Cet emploi était souvent tenu par des marins à la retraite. Les quais et le mur dressé devant les maisons des pêcheurs étaient pris d’assaut par la foule.

    Une course de lamaneurs dans l’avant-port

    Ci-dessus, un concours de natation est organisé dans l’avant-port, le 15 août 1908. Point de barrières pour canaliser les spectateurs, chacun pouvait s’asseoir sur le bord des quais ou sur la porte qui fermait l’accès au bassin du Paradis. 

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  • CALAIS Le 16 mai 1917, en plein premier conflit mondial, alors qu’elle vient en aide aux blessés à Calais, Miss Waddell, une jeune anglaise, est victime d’un grave accident avec un train.

    Grave accident pour une bénévole anglaise

    LES FAITS .

     Un terrible accident mutile une bénévole britannique qui venait en aide aux hôpitaux militaires de la ville,suscitant une vive compassion chez les Calaisiens.

    Tout Calais a appris avec une immense peine le pénible accident survenu à Miss Waddell de l'association anglaise FANY. Elle est un peu de notre famille, depuis près de trois ans qu'elle est arrivée à Calais, une des premières, secourir nos malheureux blessés ! » : c'est par ces mots que le Petit Calaisien informe ses lecteurs d'un événement qui s‘est déroulé durant la matinée du 16 mai 1917.

     UN CAMION AU MOTEUR D'ENFER

     Le jour de son accident, Pat Waddell conduit un véhicule hors d’âge, aux amortisseurs usés, au levier de vitesse récalcitrant, et dont le moteur fait un bruit d’enfer qui couvre tous les autres sons. Ce camion a pour surnom «Little Willie », «petit Guillaume», allusion au Kaiser Guillaume il réputé pour son âme démoniaque.

     Debout depuis 5 heures du matin, Pat s'active à ranger couvertures et civières à l‘arrière de son camion tout en songeant aux délicieux moments qu'elle a passés la veille avec ses amis de l'Embarkation Medical Officer autour d‘un thé accompagné… de coques ramassées sur la plage ! Encore trois jours et elle pourra retrouver les siens en Angleterre. Le temps est radieux.

     Mais alors qu'elle arrive à la gare des Fontinettes au volant de son camion, son cœur s‘arrête de battre : un train va percuter son véhicule qui, trop vétuste, ne peut se dégager assez rapidement de la voie. Dans un fracas indescriptible, elle est projetée au sol. Elle apprendra plus tard que l’homme qui se trouvait déjà à l‘arrière du camion pour l’aider à décharger les civières est, lui, mort sur le coup. »

     DE TRÈS GRAVES BLESSURES

    Restée consciente, Pat sait que son visage, ensanglanté, est sévèrement meurtri, mais son nez n‘est pas cassé. Elle est incapable de bouger car une atroce douleur ressentie dans le bas du corps l'immobilise totalement. Elle craint une blessure à la colonne vertébrale qui la paralyserait à vie. Très vite, des soldats français l'entourent et la prennent en charge comme ils le peuvent.

     Leur premier geste de secours est d‘apposer un garrot à l‘une de ses jambes pour juguler une énorme hémorragie qu'elle devine mais ne voit pas.

     Un soldat la réconforte : « Ça va aller mon p'tit chou, mon p'tit pigeon, hé la petite ! ». Elle est surprise de voir ces forts gaillards essuyer des larmes qu’ils ne peuvent retenir. « Complètement coupée» laisse échapper l'un d‘eux.

     «Où est—ce que c'est coupé?» demande Pat. en français.« La jaquette, Mademoiselle» entend-elle, car on n'ose lui dire... «je m‘en fiche de la jaquette!» répond—elle, rassurée. Dans son livre « Fanny goes to war », la jeune femme explique qu'elle pense alors avoir les deux jambes brisées. En réalité, l'un de ses membres inférieurs a été sectionné durant l'accident.

     PARCOURS CHAOTIQUE VERS L’HOPITAL

     «je suis joliment dans la soupe »s‘exclame-t-elle lorsqu'elle voit pâlir le docteur français qui se penche sur elle, toujours au sol. On lui administre de la morphine. la douleur allant croissant. L‘ambulance qui doit l‘emmener à l‘hôpital n‘arrive qu‘au bout de 40 minutes. Elle est conduite par une bonne sœur qui ne connaît pas du tout Calais. C‘est Pat qui doit lui dire quelle route emprunter !

    Chaque nid-de—poule fait tressauter le véhicule et lui arrache de terribles souffrances. « C‘est ça que les soldats au front vivent chaque jour » pense—t-elle.

     On veut la déposer à l‘hôpital militaire de la rue Leveux. Pas question !

    Elle exige d’être conduite à l‘ambulance britannique installée au Casino. Pour y accéder, il faut patienter 10 minutes pour que le pont menant à la plage s'abaisse.

     Pat est déposée sur une civière dans le hall du Casino. Son fidèle bobtail Wuzzy se faufile clandestinement pour la retrouver. Il est suivi par un ecclésiastique à la mine funèbre, qui lui demande qui elle est. « Une FANY bien sûr! ». En fait, il cherche à connaître son appartenance religieuse pour savoir quels sacrements lui administrer au cas où... Puis elle est transférée en salle d'opérations.

    A son réveil, la douleur est toujours intense. Pat ne voit pas l’état de ses jambes, dissimulées sous une cage métallique recouverte d’un drap, mais elle sent que sa colonne vertébrale n‘est pas touchée.

     Ses mains sont intactes, elle pourra donc continuer à jouer du violon comme elle en avait l'habitude lors des galas de charité. Elle peut à peine parler, une partie de sa bouche ayant été recousue.

     AMPUTÉE COMME UN SOLDAT

     Au bout du quatrième jour, un capitaine britannique lui apprend la triste nouvelle: elle a été amputée d’une jambe à hauteur du genou. Il faudra compter au moins un an pour pouvoir se réadapter à la marche à l‘aide d’une prothèse et de béquilles.

    Pour Pat, si jeune et si pleine de vie, c'est un incroyable choc qu‘elle parvient néanmoins à surmonter, grâce à son humour et sa gaieté naturelle.

    Ses nombreux amis britanniques. belges et calaisiens la couvrent de fleurs et de chocolats. Elle taquine le prêtre qui confond bouteille d'alcool et eau de Cologne déposée à son chevet. La visite de tous ceux qui cherchent à la soutenir, et qui ont l'intelligence de ne jamais faire allusion à son intimité, lui permettent de se tourner avec confiance vers l’avenir. Et Wuzzy n'est pas loin !

     Le général Bitte, gouverneur de la Place de Calais, lui remet solennellement le 10 juin 1917 la Croix de Guerre, en présence du commandant de la base britannique. A travers cette reconnaissance qui l'élève à la hauteur d'un soldat, c’est le courage de toutes ces volontaires venues d’outre—Manche pour participer â l'effort de guerre qui est honoré. Pat Waddell et tant d'autres ont payé cher leur engagement à l’arrière-front.

    Grave accident pour une bénévole anglaise

    PAT WADDELL, UNE FANY «CHAUFFEUSE»

     Patricia Waddell fait partie de l‘association 100% féminine de la First Aid. Nursing Yeomanry, qui vient en aide aux blessés de la guerre, sans our autant dépendre de l‘armée. Les vai lantes FANY, surnommées «kakhi girls» en raison de la couleur de leur uniforme, sont très populaires auprès de leurs congénères britanniques mais aussi des habitants de Calais, ville qu'elles sillonnent sans cesse.

    Depuis la fermeture en octobre 1916 de l‘ambulance de l‘école Lamarck, les  FANY se consacrent en grande partie au transport des blessés, recueillis sur les quais des gares ou des bassins du port, pour les emmener vers les hôpitaux militaires calaisiens. Possédant une quarantaine de camions, ces insolites «chauffeuses» assurent une mission logistique essentielle... et parfois dangereuse.

     

    MAGALI DOMAIN – NORD LITTORAL

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  • LE PORTEL

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Une matelote porteloise, au début du XXe siècle

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    A la périphérie de Boulogne—sur—Mer, Le Portel était autrefois un modeste village de pêcheurs, doublé d’une petite station balnéaire. D‘ailleurs, sa toponymie semblerait désigner un petit port. A l’origine hameau d’Outreau il devint une commune en 1856 et connut une certaine notoriété vers 1930.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    La plage, parsemée de rochers et limitée par de hautes falaises, ne se prêtait pas à l’usage de cabines roulantes comme à Boulogne, néanmoins de nombreuses tentes de bains bariolées seront plantées dans le sable dur et résistant.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Autrefois, la descente à la page était constituée par une chaussée aux pavés in égaux. Sur le sable, les barques des pêcheurs sont retournées. La plupart était des flobarts, petits bateaux de pêche artisanale. Typiques de la côte boulonnaise ils sont conçus pour s’échouer sur le sable des plages.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Sur la plage du Portel, c’était un spectacle quotidien que d’assister aux préparatifs des pêcheurs, attendant la marée.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Au début du siècle, la pêche constituait la principale activité et source de revenu de la population porteloise. Déjà à cette époque, les estivants étaient nombreux à arpenter la plage parmi les embarcations échouées qui attiraient la curiosité des enfants.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    A faible distance du rivage et accessible à marée basse, les ruines du fort de l’Heurt, construit en 1804, se dressaient sur un îlot solitaire. On venait en famille ramasser mollusques et coquillages ou dénicher quelques crevettes.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    A marée basse, sur les rochers du fort comme sur tout le littoral, parmi les estivants, les travailleuses de la mer étaient à l’ouvrage. La, c’est une vieille moulière pauvrement vêtue, qui parcourt les rochers avec son panier d‘osier sur le dos.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Sur la plage, les pêcheuses de crevettes a pied raclent avec leurs grands filets le fond sablonneux, travail dur et ingrat, surtout pendant l‘hiver, mais qui permettait d’apporter quelques sous dans l’humble logis.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    A l’entrée de la paisible nécropole communale se dressait le calvaire du cimetière.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    La commune fut détruite à plus de 90 %, principalement lors des bombardements des 4, 8 et 9 septembre 1943. Ceux—ci firent plus de 500 victimes. Depuis 1955, l’église Saint—Pierre—Saint—Paul est ornée de beaux vitraux modernes où figurent des Porteloises en coiffe du pays.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Une partie de la population porteloise formait un îlot ethnique à l’origine mal définie. Une hypothèse, parmi d’autres, avance qu'il s’agirait là de descendants des marins espagnols naufragés de “l‘invincible armada”. Cette flotte d‘invasion, lancée par Philippe II d‘Espagne, fut décimée par les tempêtes et le harcèlement des Anglais. De nombreux survivants auraient été recueillis et laissèrent une descendance. De même, l’habit de fête des Porteloises est fort différent de ceux des alentours et constitue une énigme régionale. A l’occasion de la bénédiction de la mer ou d‘autres réjouissances festives, elles revêtaient leur habit de lumière. Il était autrefois d’usage pour les jeunes filles d’arborer la couleur rouge et, pour les femmes mariées, le violet. Sur un corsage de mousseline blanche s'épinglait le jabot plissé ; la jupe de drap écarlate porte un tablier de dentelle. Le grand châle frangé, jeté sur les épaules, se croisait sur le devant. La femme établie portait un châle de brocart, serré à la taille par un ruban noué à l’avant. La coiffe principale était le Toquet en dentelle de Valenciennes et mousseline, épinglé et lacé de cordons. Quelques bijoux insolites rehaussaient le port du vêtement. Les dorlots ou milanos (littéralement mille anneaux) étaient de longues boucles d‘oreilles. Autour du cou, une longue chaînette portait une croix ciselée, dite du Pardon.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    La coutume ancestrale de la bénédiction de la mer se déroulait le dernier dimanche qui précédait le départ des bateaux pour les pêches lointaines.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Précédée de jeunes filles qui portent des hampes fleuries, la statue nautonière de Notre«Dame est suivie par une foule recueillie de fidèles. Arrivé sur la grève, le prêtre bénissait les flots en plongeant dans les vagues la croix d’argent.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Le cap d’Alprech, bordé par de dangereux rochers, était surplombé d’un sémaphore et d’un phare à feu—éclair rouge d’une portée de quinze milles marins. De cet endroit, on découvre le port de Boulogne et les vallées de la Liane, de la Slack et du Wimereux, ainsi que, à l’est, en premier plan, l’église d’Outreau.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Sur cette falaise jurassique, le vieux fort d’Alprech, à côté du phare, ne surveille plus que les vagues. Lieu de promenade, on y venait en famille voir de beaux panoramas. Le spectacle le plus prisé était la sortie des bateaux du port de Boulogne.

    EQUIHEN

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Equihen, petit port de pêche construit a l‘endroit où les dunes font place aux falaises du Boulonnais, a été entièrement rebâti a partir de 1945. Il était surtout connu pour son pauvre quartier de marins et sa fameuse rue des “Quilles en l’Air". Il s‘agissait de vieilles barques retournées et posées sur un muret de pierres qui servaient d’humbles demeures à de pauvres gens.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Dans un décor de carton—pâte, ce joyeux compère est bien loin de la réalité. Comme sur toute la côte, les conditions de vie des marins, toujours tributaires des caprices de la mer et du poisson.… étaient dures.

    HARDELOT

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Hardelot—Plage, station balnéaire et sportive adossée aux dunes boisées de la forêt d‘Hardelot (625 hectares), à l’embouchure de la Becque, dépend de la commune de Neufchâtel—Hardelot. Sa longue plage de sable fin en pente douce était autrefois fort prisée par l‘aristocratie. Le front de mer se composait de riches villas nichées dans les dunes et la forêt. Cette élégante villégiature, lancée par John Witley en 1906, connut le succès. Les villas cossues reçurent en résidence des familles royales et princières ou des célébrités comme l’aviateur Louis Blériot. Parmi les pins, les frênes et les bouleaux, semble encore rôder le souvenir inquiétant d’un solide gaillard : Eustache le moine “l’Archipirate du Boulonnais", décapité en 1217, pour punition de ses nombreux crimes et trahisons. Avec le temps, il devint une figure de légende comme Ivanhoé ou Lancelot, mais, lui, en tant que brigand fort peu recommandable.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    Au sein d‘une large vallée où coule la Becque, se dresse le château d’Hardelot, pourtant édifié sur le territoire communal de Condette. Construit entre 1228 et 1234 par Philippe Hurepel, il présentait à l’origine une forme octogonale. Le château fut ruiné par les guerres et l’outrage des siècles.

    Le Portel, Equihen et Hardelot

    A l’abandon, les ruines démantelées ont été achetées en 1846 par sir John Hate qui, sur les caves médiévales, fit reconstruire une demeure de style romantique néogothique. Les travaux s’échelonnèrent de 1848 à 1864. Le site servit de cadre à plusieurs scènes du film “Tess" de Roman Polansky.

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  • ETAPLES 

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    Le pittoresque petit port de pêche d'Etaples est situé sur l’estuaire de la Gauche. Sans doute d’origine gallo—romaine, détruite au IXe siècle par les Normands, l‘ancienne Quentovic connut une longue période de prospérité au Moyen Age sous la protection d‘une importante forteresse aujourd'hui disparue. La cité comptait un illustre enfant : Lefèvre d'Etaples (1450—1537). Ce théologien et grand humaniste fut le précurseur de la Réforme ; de son nom latin, Faber Stapulensis, est tirée l’expression “fabrisme” donnée à sa doctrine, par opposition au luthéranisme et au calvinisme. De 1523 à 1525, cet érudit anima avec l’évêque de Meaux, Briconnet, le cénacle de Meaux, foyer chrétien influencé par les idées nouvelles de la future réforme religieuse. Il est également l’auteur de la première bible traduite en français vers 1530. Au XIXe siècle, l‘historien Michelet disait de son œuvre : “Six ans avant Luther, le vénérable Lefèvre d’Emples enseignait à Paris le luthéranisme.“.

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    Par le Pont—Rose, la petite cité offrait un visage tranquille de petites ruelles aux maisons de pêcheurs typiques ; les filets séchaient dans l’atmosphère des quais sous une luminosité particulière. De nombreux peintres ont été attirés par ce site. Désormais, au mois de juillet, Etaples accueille le salon peinture»nature qui permet de renouer avec l’école “étaploise” du siècle dernier dont Eugène Boudin (1825—1898), peintre de marines et de plages, précurseur des Impressionnistes, fut l’un des membres.

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    La Compagnie du chemin de fer du Nord exploitait la ligne de Paris—Boulogne—Calais par Amiens, ainsi qu’une desserte locale d‘Etaples à Arras par Montreuil—sur—Mer. Sur le pont ferroviaire enjambant la Canche, un petit convoi de marchandises tracté par une locomotive à vapeur avance paisiblement.

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    Pour l’histoire, des découvertes de substructions gallo—romaines attestent la présence d’un ancien établissement à vocation maritime. Pour beaucoup, il s’agirait là de l’ancienne Quentovic. Au IXe siècle, lors des invasions normandes, la ville fut pillée puis détruite, sa population dispersée. Les sables recouvrirent les ruines d'un lourd manteau de silence et d’oubli et ce petit port, jadis prospère, s’effaça de la mémoire des hommes. Vers 1172, sur des terrains donnés par les moines de l’abbaye Saint—Josse, le comte Mathieu d’Alsace fit construire un puissant château—fort. Sous la protection des murailles, la petite bourgade devint un important port du Moyen Age. Des fortifications supplémentaires furent ajoutées vers 1226 par le comte Philippe de Hurepel, comme à Boulogne et Hardelot. Après l’écrasante victoire de Crecy«en— Ponthieu (en 1346) où la chevalerie française fut décimée par les archers anglais, la ville et sa forteresse furent incendiées. Mais le temps passa doucement et, en 1492, la bourgade allait renaître avec la venue de deux hôtes illustres : les rois de France et d’Angleterre, Charles VIII et Henri VII, y signaient le fameux traité d’Etaples par lequel, moyennant 745 000 écus d’or, le roi de France obtint la bienveillante neutralité d’Albion pour engager “l’aventure” des guerres d’Italie. On sait ce qu‘il advint de ces campagnes militaires inutiles d’où surgit néanmoins la riche période de la Renaissance. Le château, restauré vers 1584, devint une place forte des Ligueurs en  588, puis fut repris par le duc d’Epernon en 1591. A partir de 1614, on démantela la vieille forteresse endommagée et on rasa le donjon après 1642. Les ruines, vendues comme Bien national à la Révolution, servirent de carrière de pierres. Les derniers vestiges disparurent ainsi et le cimetière communal fut établi dans la basse—cour féodale.

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    Le petit port est relié par un étroit chenal à la mer. En amont du pont, un vaste terre—plein donnait sur un quai où s’amarraient les bateaux de pêche, désormais posés à sec sur un tertre gazonné. Un ancien chalutier, le Stapula, marque l’entrée du petit port de pêche.

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    Etaples est toujours un port actif pour la pêche côtière. Dans les filets des pêcheurs, soies, merlans et carrelets frétillent en nombre. Les grosses unités de pêche hauturière sont désormais stationnées à Boulogne—sur—Mer.

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    Le calvaire faisait face à la mer ; on y attendait le retour des bateaux. Le quartier des marins et ses petites ruelles bordées de typiques maisonnettes basses de pêcheurs, peintes de couleurs vives, incitait à la flânerie. Dans les anciennes halles aux poissons, boulevard de l’Impératrice, le musée de la marine ouvre sur la connaissance du monde maritime. Dans deux hôtels du XVIIe siècle, le musée Quentovic déroule sous nos yeux la riche histoire de la cité.

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    La flotte de pêche artisanale n'est plus aussi nombreuse qu’autrefois, mais Etaples s’est doté d’un port de plaisance de 118 anneaux qui font de la cité un véritable stade nautique pour tous les amateurs de bateaux. Depuis 1987, la baie de la Canche est devenue réserve naturelle.

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    Sur l'actuelle place du Général de Gaulle, à côté de l’hôtel de ville, une curieuse maison du XVIIIe siècle était décorée de médaillons et d’inscriptions. Cette vénérable bâtisse était appelée la “maison de l’empereur” ou “maison Napoléon", en souvenir d’une visite impériale en 1804 et de plusieurs séjours du maréchal Ney entre 1803 et 1805.

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    La place connaissait une forte activité les jours de marché lorsque les fermiers des environs apportaient leurs produits (volailles et légumes principalement). C’était également à cet endroit, qu’autrefois, les serviteurs venaient se louer.

    STELLA

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    Stella—Plage, au sud du Touquet—Paris—Plage, est une extension de la commune de Cucq— Trépied. C’était un ancien hameau de pêcheurs, derrière le cordon de dunes. Cette petite station balnéaire doit son nom à son plan d’urbanisme : de la mer en direction des terres, ses rues forment une étoile. De coquettes villas s’abritaient dans les dunes boisées de pins, face à la longue plage. Le front de mer fut dévasté en 1940 et 1944.

    MERLIMONT-PLAGE

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    La petite station balnéaire et familiale de Merlimont est située sur un cordon littoral presque rectiligne qui s’étend entre Berck—sur—Mer et le Touquet, entre les estuaires de l’Authie et de la Canche.

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    Ce modeste village de 728 habitants au début du siècle doit son développement, comme l’écrivait Charles d’Hervault en 1896 : “Au bonheur qu'éprouve l’humanité à montrer ses mollets avec la permission de la gendarmerie.".

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    Sa longue plage offre un estran découvert à marée basse sur plus d’un kilomètre. Les dunes s’étendent sur trois kilomètres entre Merlimont—Plage (créée en 1901) et Merlimont.

    Etaples, Stella et Merlimont plage

    Comme sur toutes les plages du littoral, les dunes sont le terrain de jeux favori des enfants. A deux kilomètres de là, la dune de Merlimont, avec ses 49 mètres, est la plus haute du Marquenterre.

     

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  • Le Touquet, 1e partie

    Le Touquet est le nom géographique de la pointe de terre située à l’embouchure de la Canche, petit fleuve côtier qui arrose Montreuil—sur—Mer et Etaples. Avant la Révolution, il dépendait de l’abbaye de Saint—Josse fondée par Charlemagne en 793. Les terrains ont été rachetés à l’Etat par monsieur Daloz. L‘histoire du Touquet allait commencer par le boisement du site. La future forêt du Touquet, plus de 800 hectares maintenant, venait de naître. Entre—temps, pour éviter l’échouage de navires sur les bancs de sable, deux phares furent construits dès 1852. Un jour de 1876, sur les conseils de plusieurs amis, monsieur Daloz se lança dans la création d’une station touristique et balnéaire, un “Paris—plage” selon l’expression à la mode du moment. Il s’agissait d’une nouvelle forme de villégiature réservée à une élite sociale.

    Le Touquet, 1e partie

    L‘idée allait faire son chemin et les deux premières villas, construites en 1882, furent rattachées à la commune de Cucq. Les choses prirent corps avec la création de la société Touquet syndicate en 1902 et le rachat de tous les terrains encore disponibles.

    Le Touquet, 1e partie

    Vers 1908, la société dite du Lais de Mer jeta les plans des quartiers Ridoux et Quentovic, ancien port carolingien détruit par les Normands au IXe siècle. Le succès fut au rendez—vous et, en 1912, le Touquet—Paris—Plage devint une commune.

    Le Touquet, 1e partie

    Le Touquet—Paris—Plage est situé dans un triangle de terre, entre la mer et l‘estuaire de la Canche. La ville est construite entre les flots irisés de la Manche et la verte forêt du Touquet.

    Le Touquet, 1e partie

    La station possède une remarquable plage de sable fin et dur, en pente douce, unie et régulière sur 12 kilomètres, jusqu’à l’embouchure de l’Authie.

    Le Touquet, 1e partie

    L‘immense plage favorisait la pratique de la baignade sous la surveillance des sauveteurs. Pour faire face aux périls de la mer, la première Société de secours aux naufragés fut fondée en 1825 à Boulogne, puis la nouvelle Société humaine élargit son activité à la surveillance des plages de Wissant à Berck.

     

    Le Touquet, 1e partie

    Outre la qualité de ses aménagements, la plage jouissait d’une exceptionnelle réputation d ’élégance. S’y pressait la bonne société désireuse de profiter d’une admirable plage. Les Anglais, dès le début, adoptèrent la station et y vinrent nombreux, formant une importante colonie.

    Le Touquet, 1e partie

    Le Touquet avait également beaucoup misé sur l‘animation afin de distraire les estivants et résidents. Sur la plage, se déroulaient de nombreux jeux et épreuves, comme ici le concours de sable où les prix étaient remis aux enfants devant le chalet de la Société humaine de Montreuil.

    Le Touquet, 1e partie

    En ville, la vie festive était privilégiée ; défilés et cortèges se succédaient. Devant le chalet de la Rose des Alpes, au début du siècle, cette belle automobile fleurie fait la fierté de ses propriétaires.

    Le Touquet, 1e partie

    Le tir aux pigeons réunissait toutes les fines gâchette touquettoises ; il était d’usage de vert: encourager ces messieurs. On appréciait en connaisseur les beaux coups de fusils d’un concours qui réunissait les meilleurs tireurs du moment.

    Le Touquet, 1e partie

    Après les performances sportives, le Balneum et ses bains turcs accueillaient dames et messieurs au sein de ses installations. On pouvait y profiter du confort et de la qualité de ses équipements ; la clientèle pouvait se délasser au sein d‘un établissement réputé.

    Le Touquet, 1e partie

    Le boulevard de la Mer fut établi en 1889, à une époque où, déjà, l’agglomération se divisait en une agréable mosaïque de rues parallèles, coupées par les diverses voies d‘accès à la plage. Une élégante digue promenade, construire en 1914, longeait de larges avenues où des massifs fleuris alternaient avec de vertes pelouses et des bosquets.

    Le Touquet, 1e partie

    Le quartier de la Forêt se trouve à la périphérie. De belles résidences s’intégraient dans la sylve environnante ; déjà le style anglo-normand était très présent.

    Le Touquet, 1e partie

    Le Touquet, 1e partie

    L‘église Jeanne d‘Arc, construite entre 1911 et 1912, allait doter la jeune commune d‘un véritable lieu de culte à la place de cette modeste bâtisse. L’édifice, de style roman en briques et pierres, était orné de beaux vitraux et de ferronneries d‘art de Lambert Rucki. Aux offices du dimanche, on venait à la messe en famille. On entendait beaucoup de paroissiens prier en anglais au sein de la petite église de briques de Paris—Plage.

    Le Touquet, 1e partie

    Afin de répondre aux exigences d’une station à la mode, le “château du Touquet”, transformé en casino, accueillait tout le monde, de la clientèle de choix aux joueurs invétérés.

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  • Le Touquet, 2e partie

    Le nouveau casino de la Forêt était l‘endroit où l’on s’attardait avec plaisir à la terrasse, en famille ou entre amis, afin de déguster quelques boissons rafraîchissantes en attendant l’apéritif concert.

    Le Touquet, 2e partie

    L‘hôtel du Golf était l’un des nombreux établissements qui faisaient la juste réputation de la station dite la “perle de la côte d’Opale “.

    Le Touquet, 2e partie

    L‘hôtel de l’Hermitage était l’un des rendez»vous mondains de la station balnéaire.

    Le Touquet, 2e partie

    La longue rue de Paris était un secteur très vivant qui offrait toutes les ressources du commerce local. Sur la photo, un gentleman et sa casquette de capitaine, les mains dans le dos, observe d’un air dubitatif la progression laborieuse d’un jeune cycliste.

    Le Touquet, 2e partie

    En cette année 1907, le tramways amène un grand nombre de voyageurs qui viennent se promener dans les rues animées de la station.

    Le Touquet, 2e partie

    Rue de Paris, sur la droite, le café de Paris offrait une accueillante terrasse aux promeneurs assoiffés. Plus loin, l’éditeur de la présente carte postale (éditions Dequidt, à l’enseigne de la Civette) proposait également un grand choix d’articles pour fumeurs, cadeaux, souvenirs et, bien sûr, cartes postales.

    Le Touquet, 2e partie

    Dans la rue de Paris, tout le monde s’est arrêté l’espace d’un instant pour être immortalisé par le photographe, y compris le cheval, à droite, qui a pris la pose. Seul un jeune cycliste, sans doute trop occupé à essayer d'enfourcher sa machine, semble se désintéresser de la scène.

    Le Touquet, 2e partie

    Toujours dans la rue de Paris, le personnel de la boucherie Au Bon Pré Salé, Maison Bailleux— Delattre, anciennement Troussel, est aligné sur le pas de la porte

    Le Touquet, 2e partie

    Au croisement de la rue Saint—jean et de la rue de Paris, on apercevait, au loin, la plage. C’est sans doute là que se rend cette dame avec son large parapluie, soucieuse de se prémunir d’un bronzage intempestif.

    Le Touquet, 2e partie

    Rue Saint—jean, à la hauteur de la rue de Paris, on se promène en famille. Les messieurs sont en habit et canotiers de paille, les dames arborent d’élégantes toilettes et portent de superbes chapeaux ; cet habillement, très strictement codifié, ferait sourire de nos jours. De même, les jeunes filles se devaient de ressembler à leurs mères et observer une attitude convenable. Les garçons étaient astreints au traditionnel costume de marin. C‘est encore de nos jours un quartier animé, et ’élégante rue Saint—jean mène toujours au front de mer.

    Le Touquet, 2e partie

    La forêt du Touquet, plantée entre 1837 et 1855, couvre actuellement plus de 800 hectares. Le couvert se compose de diverses essences : pins maritimes, aulnes, bouleaux, peupliers et acacias qui abritaient de nombreuses villas.

    Le Touquet, 2e partie

    Le rond—point des Sports, en ce début de siècle, nous offre une petite scène de la vie quotidienne de la station. Deux employées en tablier échangent quelques propos pendant que la bonne société, en attelage, va profiter de l’ombre rafraîchissante de la forêt.

    Le Touquet, 2e partie

    Dans la verte forêt du Touquet, le tramway marquait une halte. L’électrification progressive de ce mode de transport, à partir de 1906, allait favoriser son essor.

    Le Touquet, 2e partie

    Plus tard, le tramway du Golf, aimable petit tortillard, allait remplir le même rôle. Le beau timbre de cette carte rappelle que se tint en 1923, à Paris, l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes.

    Le Touquet, 2e partie

    Lieu de détente et de plaisir, le Touquet était aussi une ville sportive, témoin cette carte des années 1960 illustrant les régates du club nautique sur la Gauche. (Photo F. Cambier, éditeur à Etaples)

    Le Touquet, 2e partie

    Avant de quitter cette ville, voici une vue sur le bel hôtel communal construit en 1931 sur des plans de messieurs Debrowner et Drobecq, dominé par un haut beffroi de trente—huit mètres. (Photo F. Gambier)

     

     

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