• AUDRESSELLES.

     1/ La piste du fileyeur... qui finit sous terre

     Première piste avancée par un féru d'histoire locale : cette épave serait celle du Severine—Magali, un fileyeur qui s’était échoué à Audresselles en octobre 1991.

    Un poil décevant : on pensait qu’elle était bien plus ancienne !

    Un pêcheur boulonnais confirme cette version. Nous contactons Marylène Devin, veuve de l’armateur du navire. Qui dément : « Notre bateau s'est bien échoué, mais il a été renfloué, puis il a été enterré à Audresselles. II a servi de remblai à un terrain de jeu ! »

    2/ L‘hypothèse du « Gravelines », une fausse piste ?

     Retour à la case départ. On décide de faire appel à Antoine Benoît, un Audresselois bien connu dans le milieu de la pêche de loisirs. Il nous lance tout de suite sur une autre piste. « Cette épave, c’est celle du Gravelines », lâche-t-il, sûr de lui. Ce bateau de pêche se serait échoué sur la plage au début des années 1950.

     « L’épave avait disparu sous une butte de galets mais les gens d'Audresselles s’en souviennent bien.

    On jouait dessus quand on était petits, elle nous servait de plongeoir & marée haute. »

    Pour preuve, il nous envoie une photo de lui, son frère et sa sœur, posant devant une coque où l’on distingue l'inscription « Grav... ».

    Et nous renvoie vers un ouvrage, Rivages boulonnais, écrit par Olivier Lazzarotti. On y trouve plusieurs photos d’époque datées de 1952, sur lesquelles l'épave du Gravelines apparaît exactement dans la même position que les vestiges actuels.

     Alors, dossier classé ? Pas si vite ! Car on a beau chercher. Aucun document historique ne fait référence à ce mystérieux Gravelines.

    Pas de trace d’un bateau portant un tel nom dans les années 1950 encore moins d’un naufrage à Audresselles Et rien dans les archives de La Voix du Nord. Curieux...

      3/ Un « Espiègle » qui portait bien son nom

     Une troisième piste revient dans plusieurs mails adressés à notre rédaction : des lecteurs croient reconnaître la forme du chalutier gravelinois Espiègle, qui s‘était échoué face à la plage le 10 mai 1962. Guy Lardé, président de la station SNSM de Berck, en a des souvenirs précis :

     « Les coefficients de marée étant en baisse, il devait être renfloué la semaine suivante mais une tempête a détruit le chalutier. »

    On consulte nos archives. Bingo : les éditions de La Voix du Nord de mai 1962 recoupent ces infos.

    Mieux : des photos montrent le navire échoué exactement au même endroit que l'épave d'aujourd‘hui. Et sur la partie arrière apparaît une inscription qui nous fait sursauter : « Gravelines » !

    Les deux bateaux étaient en fait le même. L’Espiègle portait simplement sur sa poupe le nom de son port d'attache. Les méandres du temps ont nourri la confusion dans la mémoire collective. Cette fois, le mystère semble enfin éclairci... jusqu'à preuve du contraire !

    Le chalutier n’a pu être sauvé

    L'énigme est donc levée, il s'agit bien de l'épave de L'Espiègle, un chalutier gravelinois. Deux spécialistes nous ont permis de confirmer cette thèse : Christian

    Gonsseaume, auteur d‘ouvrages historiques, et Alain Richard, spécialiste des épaves (1).

    Ce 10 mai 1962, L'Espiègle s'échoue à Andresselles à 17 h 30 en voulant éviter un banc de rochers. Le canot de sauvetage de Boulogne intervient mais ne peut dégager le navire par manque d’eau. Le chalutier Hélène tente ensuite de le renflouer, sans succès. Le temps se gâte. Le patron Joseph Thomas et ses deux matelots assistent impuissants à la démolition de leur chalutier sous la tempête.

    L'épave restera longtemps visible sur la plage, avant d’être engloutie par les galets. Elle est ressortie ces dernières semaines sous l’effet des mouvements de sable.

    Source : « Naufrages et fortunes de mer sur les côtes de Picardie, du Boulonnais et du Calaisis », tome 2, de Christian Gonsseaume. Ouvrage disponible au Musée de la marine à Etaples.

     (1). Alain Richard est responsable du Groupe plongée épaves du comité départemental Pas-de-Calais de la FFESSM.

    On a retrouvé l'origine de l'épave réapparue sur la plage

    On a retrouvé l'origine de l'épave réapparue sur la plage

    Cette photo; issue de l'ouvrage d'Olivier Lazzarotti, montre « l'Espiègle » peu après son échouement sur la plage d’Audresselles...

    On a retrouvé l'origine de l'épave réapparue sur la plage

     

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    Un sous-marin allemand qui s'était échoué en 1917 resurgit des sables

    Un sous-marin allemand qui s'était échoué en 1917 resurgit des sables

    Cent un an après l’échouement du sous-marin, des morceaux d‘épave refont surface de temps en temps, comme en témoignent ces photos prises par Vincent Schmitt.

    Ce n'est pas la première fois que des vestiges de l’UC—61 de Wissant ressurgissent du passé. Mais ces apparitions furtives, qui dépendent du bon vouloir des marées et des mouvements de sable, sont toujours un peu magiques pour ceux qui en profitent. Vincent Schmitt, un guide touristique qui habite Escalles, en sait quelque chose. Lundi après-midi, il est « tombé » sur les restes du sous-marin en se baladant sur la plage. « C’était impressionnant, témoigne-t-il, photos à l'appui (1). Je  m’étais déjà aperçu il y a quelques mois qu'un bout de ferraille ressortait, mais là, l'épave était bien visible. »

     A l’endroit même où le bâtiment allemand s‘était échoué il y a un peu plus de 101 ans, dans la nuit du 25 au 26 juillet 1917 (lire ci-dessous), deux gros morceaux mesurant respectivement 3-4 m et une dizaine de mètres affleuraient à environ 150 m des dunes. « j'ai comparé avec une photo de l’époque, ces vestiges correspondent sûrement à la partie avant du sous-marin »

      UN FANTÔME OUI RÉAPPARAÏT DE TEMPS EN TEMPS

     Après sa mésaventure, le navire submersible fut bombardé par les Alliés qui voulaient neutraliser les 2000 kg d'explosifs qu'il contenait. La carlingue explosa. Elle fut ensuite vendue à un habitant de Wissant qui en tira d'importantes quantités de bronze et de cuivre.

     Depuis, le fantôme de l'UC—61 refait surface de temps en temps, à environ 500 m au nord de Wissant, en direction du cap Blanc-Nez. « Ces derniers jours, nous avons eu des grandes marées et des vents de sud-ouest, qui ont tendance à faire migrer le sable vers le nord », constate Bernard Bracq, le maire, pas étonné de cette nouvelle apparition. Les promeneurs de ce début d’année auront peut-être encore la chance de croiser l’épave (2). Et de remémorer ainsi la bataille navale qui fit rage dans le détroit du Pas de Calais pendant la Grande Guerre...

    (1). Des photos à retrouver aussi sur la page facebook de Vincent Schmitt : « Vincent les 2 caps ».

    (2). Petit rappel de bon sens pour les promeneurs, sécurité oblige : ne pas s'aventurer sur les morceaux de l'épave ni tenter de rentrer à l'intérieur !

    Il faisait route sur Boulogne pour mouiller des mines...

    Le sous-marin UC—61, mis en service en 1916, faisait partie d'une longue lignée de submersibles construits par l’Allemagne pendant la Grande Guerre. Dans leur collimateur : les navires croisant entre l'Angleterre et la France pour ravitailler le front.

    Long de 50m, équipé de trois tubes lance-torpilles et d'un canon, l'UC-61 était spécialisé dans le mouillage de mines.

    C'était d'ailleurs dans ce but qu’il faisait route vers Boulogne-sur—Mer, cette nuit du 25 au 26 juillet 1917. Il transportait à son bord 18 mines qu'il avait pour mission de déposer devant les ports de Boulogne et du Havre.

      L'ÉQUIPAGE FAIT PRISONNIER

      Cette nuit—là, la Manche baignait dans un épais brouillard. Après avoir franchi le cap Gris—Nez, à 4 h 20, le sous—marin talonna plusieurs fois. Alors que la mer descendait, le commandant se rendit à l'évidence : son bâtiment était échoué. L’équipage dut abandonner le sous-marin. Non sans avoir disposé des bombes dans la carlingue pour la faire exploser.

     Entretemps, des douaniers français avaient donné l'alerte. Un détachement de quarante cavaliers belges arriva sur la plage, juste à temps pour faire prisonniers les 25 membres d'équipage.

    Au même moment, les premières bombes explosaient dans le sous—marin, qui se brisa en deux.

    L’UC-6l n‘allait plus jamais ressortir de son piège de sable.

    Un sous-marin allemand qui s'était échoué en 1917 resurgit des sables

    Avant d‘abandonner le sous-marin, l‘équipage avait pris soin de disposer des bombes dans la carlingue, pour la faire exploser.

     

     

     

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  • QUANDS HAMES ET BOUCRES S’UNISSENT EN 1819

    Hames-Boucres. Lorsque l’on est à la mairie de Hames-Boucres, on aperçoit le pigeonnier impressionnant, de forme octogonale, de la ferme de l’ancien château Saint-Paul. La construction de ce château débuta au XVIIIe siècle et se termina en 1800, sous l’impulsion de Maximilien Thélu. Il devint ensuite propriété du baron de Saint-Paul et resta dans la famille Saint-Paul jusqu’en 1920. Après 1980, le château ne sera plus entretenu et le domaine va se délabrer. En 2003, il a été racheté et restauré afin de devenir chambres d’hôtes.

    D’ABORD UNIES RELIGIEUSEMENT EN 1801

    Continuons notre chemin jusqu'à l’église, construite au XVIIe siècle. Elle fut achetée en 1790 par Philippe Hédelin. Cette église était celle de Boucres. Hédelin achète en 1790 les deux églises et démolit rapidement l’église de Hames. Une plaque située sur le mur ouest de l’église témoigne du fait qu’il épargna cette église de la démolition. L’église fut louée à la commune jusqu’en 1829 date a laquelle elle fut revendue. Mais depuis quand Hames et Boucres ne forment-elles qu’une seule commune ? Unies religieusement en 1801, Hames et Boucres deviennent une seule et même commune le 24 janvier 1819. Au pied de cette église, le monument aux morts d’Hames-Boucres qui a pour particularité d’avoir été offert à la commune par la famille Smith en hommage à leur fils Robert mort en 1914.

    UNE CHAPELLE EN HOMMAGE A SAINTE VICTOIRE

    Quand Hames et Boucres s'unissent en 1819

    La chapelle qui célèbre Sainte-Victoire date de 1875. Vous la trouverez sur la route qui mène au village de Saint—Tricat.

    Si vous reprenez votre route vers Saint-Tricat, tournez sur votre droite et enfoncez-vous dans la campagne de Hames. Là vous découvrirez, dans un hameau, une chapelle, de la taille d’une petite église dédiée à sainte Victoire.  Elle fut inaugurée le 28 septembre 1875. C’est M. Martin qui fit don de 8000 F, en 1871, à la commune afin qu’une œuvre de bienveillance soit réalisée. Et grâce au don de 10 ares de terrain du baron de Saint-Paul, cette chapelle de seize mètres de long sur sept de haut fut érigée.

    Quand Hames et Boucres s'unissent en 1819

    L’église de Hames-Boucres était à l’origine de Boucres. Ci-dessous, le monument du souvenir de Hames-Boucres sur une carte postale d’époque.

    Quand Hames et Boucres s'unissent en 1819

    Quand Hames et Boucres s'unissent en 1819

    Une vue aérienne du village de Hames—Boucres.

     

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  • ARDRES.

     L‘EGLISE NOTRE—DAME—DE—GRÂCE

    Balade découverte d'Ardres et de ses monuments historiques

    L'église Notre-Dame-de—Grâce, classée monument historique.

     Sur la place d’Armes actuellement en pleine rénovation, vous pouvez admirer l'église Notre-Dame-de-Grâce, dont la première pierre fut posée en 1503.

    Elle est en pierre calcaire. Pendant la Révolution, l‘église servira d'atelier de salpêtre. Elle fut restaurée à la n du XIXe siècle et les deux chapelles latérales du chœur furent alors reconstruites et la nef et le transept rénovés.

    L‘église fut classée monument historique le 29 mars 1974.

    Balade découverte d'Ardres et de ses monuments historiques

    L‘église (à gauche) et la chapelle des Carmes (à droite) devenue aujourd'hui office du tourisme.

    LA CHAPELLE DES CARMES

     Non loin de là, en face, l‘ancienne chapelle des Carmes.

    C'est en 1659 que ces religieux obtinrent l'autorisation de s’installer à Ardres pour y dispenser le catéchisme. Le couvent fut construit quatre ans avant la chapelle en 1675. En 1825, la façade de la Chapelle fut modernisée et retrouva son aspect initial en 1993. La Poste actuelle d'Ardres occupe le couvent et l'ofce de tourisme la chapelle.

    LES POIRES, ANCIENS SILOS SOUTERRAINS

     Remontons la place et prenons à gauche la petite ruelle qui mène à la nouvelle mairie. Au sortir de cette ruelle, prenez sur votre droite afin de découvrir sur ce même trottoir les Poires, anciens silos souterrains à grains datant du XVIe siècle, situés sous l'esplanade du Maréchal-Leclerc. Ils tirent leur nom de leur forme caractéristique. Il existait neuf silos mesurant 7 mètres de haut sur 5,5m de diamètre. On y stockait du blé.

    En 1820, l‘armée abandonne le site.

    Aujourd‘hui ils persistent de cette installation les trois galeries souterraines d’où l’on peut voir l’intérieur d’un des silos par un trou creusé par les Allemands durant la Deuxième Guerre mondiale. S.D. (CLP)

     

    Balade découverte d'Ardres et de ses monuments historiques

    La Poste occupe le couvent des Carmes.

     

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  • Le soir de la fête belge, en 1918, Calais subit un bombardement meurtrier.

    Un nouveau raid de Gothas allemands s‘avère particulièrement destructeur, causant 29 morts en l‘espace d‘une nuit.

    Durant la journée du Dimanche 21 juillet 1918, les Calaisiens ont célébré avec éclat la fête nationale belge, à la grande joie des ressortissants du petit royaume très présents dans la Ville.

    Dans la matinée, un « Te Deum » avait résonné en l‘église Notre—Dame puis l'après-midi avait été consacré à une compétition sportive interalliée sur le terrain d‘aviation du Beau-Marais, en présence d’une foule considérable de spectateurs et sous un soleil magnifique. Dans la soirée, un gala artistique suivi d'une belle réception s‘était tenu au Cercle du Soldat Belge, devant l'hôtel de ville.

     PRES DE TROIS HEURES DE BOMBARDEMENT

     Mais la menace ennemie plane toujours. Vers minuit, l‘alerte retentit : sept escadrilles de Gothas survolent Calais. Les avions ont au départ profité d'un vent d'ouest soutenu pour se laisser porter au—dessus de la ville sans se faire repérer. Ils larguent leurs bombes sur des zones habitées et sur plusieurs quais éclairés par une lune brillante.

    C'est sans doute la pire attaque aérienne que Calais ait eue à subir jusqu'alors : 29 morts sont à déplorer, surtout des femmes et des enfants.

    Quelques victimes ont été frappées dans la rue, n‘ayant pas eu le temps de rejoindre les abris aménagés à proximité. En sortant d'un café de la rue Pierre Mulard, au Courgain, un soldat belge et deux jeunes hommes sont fauchés par une torpille. Rue de Londres, un cuisinier anglais est tué par l‘effondrement du toit de la pièce où il se trouvait sous le souffle de l‘explosion d‘un projectile.

    Mais le gros des victimes est retrouvé dans le bâtiment n'28 de la rue de la Citadelle. Une torpille de 100 kg a perforé les trois étages de la maison pour venir s‘abattre dans la cave datant du XVIIème siècle. Quinze personnes y avaient trouvé refuge. Le local est littéralement pulvérisé, les égouts et la fosse d'aisance qui y étaient enterrés sont éventrés. C'est un véritable spectacle d'horreur qui s‘offre aux sapeurs—pompiers, très vite présents sur les lieux de l’explosion.

    QUINZE MORTS DEGAGES D’UNE CAVE—ABRI

     Il leur faut sept heures pour dégager ce qui reste des victimes, dont les membres épars sont maculés de liquide visqueux et malodorant. Ces débris humains sont déposés à la morgue installée dans la prison qui se trouvait alors à Calais. Parmi les victimes, on dénombre deux officiers anglais, des femmes, des enfants dont certains en bas âge, une personne âgée de 83 ans. Une famille de réfugiés belges, composée de Félix (37 ans), de son épousé Henriette (32 ans) et de leur fils Julien (12 ans) est décimée.

     La maison de la rue de la Citadelle, en ruines, est néanmoins restée debout Près de la porte cochère continue de flotter le petit pavillon rouge indiquant que l‘immeuble dispose d'une cave-refuge sûre et solide...

    On recense par ailleurs 5 morts, dont une mère et ses 3 enfants, quai David, et 5 autres dans la cave et à proximité de la Chambre de Commerce, laquelle est en partie dévastée. Quatre bélandres ont été coulées dans le bassin ouest et des explosifs ont semé la terreur au casino de la plage, où s‘est installé depuis plusieurs mois un hôpital britannique.

    Six bombes sont tombées à Sangatte et à Hervelinghen, sans faire de dégât particulier. Une autre, d‘une hauteur d'1.80 m, a pénétré dans le conduit de cheminée d‘une maison de confection du boulevard La Fayette, provoquant un nuage de suie et de plâtras : elle a traversé de façon oblique l‘immeuble pour aller s'échouer au premier étage d'une brasserie voisine sans exploser. Les démineurs se mettent rapidement au travail pour la désamorcer. 

    UN MORAL AU PLUS BAS

     Mais ce petit miracle ne suffit pas à éclaircir le moral de la population, sous le choc en apprenant les ravages causés par le raid. Non seulement les bombes ont beaucoup tué, mais il est clair que les voûtes des caves de la ville, même renforcées, constituent des boucliers parfois bien dérisoires... Les édiles de la ville anticipent un mécontentement qui ne va pas manquer de monter.

    Un conseiller municipal remarque que les avions qui ont bombardé Calais volaient à une altitude assez basse : si des mitrailleuses avaient été placées sur les monuments élevés de la ville, il y aurait eu plus de chances pour qu‘ils soient touchés en vol par la D.C.A. Le maire de Calais promet de s'entretenir sur ce point avec le général Bitte. La municipalité sollicite par ailleurs le ministère de l‘armement et des fabrications de guerre la distribution de masques contre les gaz asphyxiants à la population : Boulogne-sur—Mer ne vient-elle pas d'en obtenir pour ses écoliers ?

    Mais durant cet été 1918, alors que toute la nation, avec l‘appui de ses Alliés, rassemble ses efforts pour repousser l‘offensive allemande dans un contexte d‘une reprise de la guerre de mouvement, les malheurs de Calais, de façon compréhensible, ne figurent pas en tête des priorités de l‘état-major et du gouvernement.

    C'est dans une atmosphère particulièrement lugubre que se déroulent, le 25 juillet, les funérailles des victimes, inhumées pour certaines au cimetière sud, pour les autres au cimetière nord.

    Deux cérémonies disjointes mais où les ofciels prennent la parole pour rappeler un même message : la nécessaire confiance dans la victoire finale sur fond de ravivage de la haine du « Boche ». On peut néanmoins se demander quel est le véritable écho de ces discours alors que, la veille des obsèques, les Calaisiens ont essuyé un nouveau raid aérien, qui ne cause cette fois que des blessés légers et des dégâts matériels.

     

    Sept escadrilles de Gothas ravagent Calais

    Une maison détruite par le raid du 22 juillet 1918 rue Française (Archives Départementales du Pas-de-Calais, cote 43 Fi 300, (tous droits réservés)

    MAGALI DOMAIN

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  • Une gare maritime provisoire de 1946 à 1956

    CALAIS. Cible de l’aviation alliée, la gare maritime n'était que ruines lors de la libération de Calais. Une gare provisoire était aménagée sur son emplacement et mise en service le 16 avril 1946, permettant aux trains d'y déposer les voyageurs. Les ponts Vétillart franchissant les écluses étant détruits, il fallait contourner le bassin Carnot pour s'y rendre.

    Ci-dessous les passagers piétons étaient les seuls à pouvoir débarquer sur les quais face à la gare. La première passerelle pour les automobiles avec chauffeur au volant date de 1953, avec la mise en service conjointe d’une gare routière de transit. Les travaux de construction de la nouvelle gare maritime s’étaleront de 1954 à 1956 avec une mise en service progressive de 1956 à 1958. Son inauguration date du 10 septembre 1959 en même temps que celle de la gare routière et des nouveaux ponts Vétillart. J.-P.P.(CLP)

    Une gare maritime provisoire de 1946 à 1956

     

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  • Les collections du musée brûlées, les Six Bourgeois mis à l'abri

    CALAIS. Voici le musée photographié début juin 1940. Les carcasses de voitures étaient encore présentes sur le parvis. Tout ce qui n'était pas pierre avait été détruit par les flammes avec les précieuses collections. Pourtant, la municipalité avait anticipé en partie cette catastrophe en mettant à l‘abri le bronze de Rodin, alors sur le parvis du musée (notre photo). Dès le 28 août 1939, sept jours avant la déclaration de guerre, les Six Bourgeois étaient transportés à l’abri dans les caves de l‘hôtel de ville, sous un coffrage de sable. Le 18 janvier 1943, cette mise à l’abri semblant insuffisante, les Six

    Bourgeois étaient placés sur un camion, direction une zone plus calme : le château de Coupvray, en Seine—et-Marne. Le camion a dû être stoppé à Boulogne-sur—Mer par un pont trop bas puis est retourné à Calais. Le 30 janvier les Bourgeois arrivaient à Coupvray, cette fois par le train. J.-P.P.(CLP)

    Les collections du musée brûlées, les Six Bourgeois mis à l'abri

     

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  • Au début du XXe siècle, deux librairies baissaient le rideau

    CALAIS. Ces deux librairies—papeteries de la Belle Epoque ont disparu. Xavier Thiriat-Deguines, écrivain à ses heures, avait ouvert la sienne à l'entrée de la rue Royale, à l‘angle de la rue Française. Il avait racheté le débit de tabac de M. Fontbonne pour en faire une librairie et un dépôt de presse. Il était spécialisé dans la vente de produits des missions africaines et éditait aussi de superbes cartes postales. A sa mort, en 1906, le magasin est racheté par un jeune pharmacien, M. Rembert, qui le transforme en une belle officine : la pharmacie Richelieu.

    Une autre librairie-papeterie, la Librairie Centrale (ci-dessous), à l‘angle des boulevards Jacquard et Léon Gambetta, a été ouverte à la n du XIXe siècle par M. Leury-Desombre, auquel avait succédé M. Sauce-Noulette. Elle a été remplacée par un café Le Jacquard. J.-P.P.(CLP)

    Au début du XXe siècle, deux librairies baissaient le rideau

     

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  • Avec le brexit, un possible retour des "no-passeport"

    CALAIS. Avec le Brexit, le principe d'un visa non obligatoire pour les courts séjours en Grande-Bretagne des résidents des états membres de l'Union européenne semble acquis.

    La carte d'identité risque, elle, de ne plus être suffisante pour mettre le pied sur l’île britannique. Le passeport deviendrait obligatoire. La commission européenne a été claire : la réciprocité serait appliquée. Venir faire ses emplettes en France, et inversement, deviendrait alors complique.

    Pour éviter le passeport plus contraignant et coûteux, assisterons—nous alors au retour des « no passeport », ces excursionnistes autorisés à débarquer pour la journée sur simple présentation de leur carte d'identité ?

    Le système avait été mis en place avant-guerre (ci-dessus dans les années 1930) et avait perduré jusqu'au début des années 1970, ci—dessous en 1966, où les Britanniques étaient accueillis la journée. J.-P.P.(CLP)

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  • La réplique d'un drakkar viking fait escale au port

    CALAIS. L’épave d’un bateau viking de la n du IXe siècle était découverte en 1880 dans un large monticule funéraire érigé près de la côte du fjord d‘Oslo, en Norvège. Le drakkar, fait de planches en chêne, mesurait 23,50 m de long et 5,20 m de large.

    Le bateau était construit pour être propulsé par 32 rameurs. Il était aussi pourvu d’un mât pour la navigation à l’aide d'une voile de 120 m2.

    Plusieurs répliques de ce drakkar ont été construites, dont une qui traversera l'atlantique en 1 99 1 pour rallier le Brésil. Cette réplique, le drakkar Valkyrja, avait été construite dans les années 1970 comme support publicitaire d’une firme sportive et se rendait à Londres pour les championnats du monde de ski nautique. Le drakkar faisait un détour par Calais. Il franchit le chenal le dimanche 15 juin 1975 pour s’amarrer au quai de la Colonne avant de repartir, le lundi,

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