• Le retour de Louis Blériot après sa traversée de la Manche

    Calais. Le 25 juillet 1909, Louis Blériot traversait la Manche sur son frêle aéroplane. La tentative était risquée. Le 19 juillet un autre aviateur, Hubert Latham,y avait été contraint de se poser en catastrophe en mer.

    Sans cet incident, le village des Baraques aurait pu s'appeler Latham—Plage! Louis Blériot s’élançait à son tour d'un champ de Sangatte (Ci—dessous) sur le Blériot 11, un aéroplane de 250 kg. Le torpilleur l'Escapette basé à Calais l’accompagnait avec à son bord M… Blériot. Le bâtiment de la Marine nationale était vite distancé, l’avion volant à 60 km/h. A 5 h 13, après 37 minutes de vol, Blériot se posait sur les terrains de golf près du château de Douvres. Après l’exploit, pas question de tenter l’aventure dans l’autre sens: les Blériot ralliaient Calais à bord de l’Escapette et posaient pour la postérité sous les regards des marins du torpilleur. J.—P. P. (CLP)

    Le retour de Louis Blériot après sa traversée de la Manche

     

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  • Les "no passeport" débarquaient pour 3 ou 4 heures

    CALAIS. Les premières traversées d’excursionnistes débarquant à Calais dataient de 1848. La recette : la traversée à des prix réduits et pas de visa exigé. Après-guerre on les appellera les «no passeport», Dans les années 1960, deux navires étaient spécialisés dans ce type d’excursions : le Queen of the Channel, et le Royal Daffodil. Plus de 60 000 excursionnistes débarquaient les mois d’été afin, pour beaucoup, de profiter de l’alcool nettement moins cher. Un espace grillagé, avec un local réservé aux douanes, avait été installé sur le quai de la Colonne. Les Anglais devaient regagner l’endroit vers 17 h.

     

    La police patrouillait et parfois accompagnait les retardataires jusqu’au quai en « panier à salade ». Les accords européens sur la libre circulation des ressortissants des pays de la communauté européenne feront disparaître ces excursions au début des années 1970. J.-P. P. (CLP)

    Les "no passeport" débarquaient pour 3 ou 4 heures

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  • Dans la cité Lesieur, l'UK 100 de Mme Demarle

    M. et Mme Desrosses-Demarle qui tenaient à l'époque la droguerie située 4 rue de la Paix, devenue le salon de coiffure Leroy, étaient venus rendre visite à Mme Demarle-Ges qui habitait dans un UK 100 de la cité Lesieur. Ce logement provisoire avait pour n° le 1108 et les voisins étaient M. Tempervilie, gardien de la paix ,et M. Duhamel, manoeuvre. Il y avait là près de 500 habitations de ce type importées des USA afin de reloger les sinistrés. 

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  • Des torpilleurs et conte-torpilleurs basés à Calais

    CALAIS. Les relations étaient tendues entre la France et la Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle. La concurrence acharnée entre les deux puissances pour étendre leurs colonies poussait la France à créer de petites flottilles de surveillance et d'intervention sur les côtes de la Manche dénommées Défense mobile de la mer du Nord.

    En 1898, le gouvernement militarisait une partie des installations portuaires de Calais. Une base permanente de torpilleurs et de contre-torpilleurs y était créée.

    La flottille était ancrée bassin Carnot, quai du Rhône, ce qui nécessitait son passage par l’écluse Carnot (photo ci-dessous). En 1904, l’Entente cordiale signée avec la Grande—Bretagne mettait en sommeil cette base. Les relations avec l’Allemagne se dégradant, deux torpilleurs, l’Escopette et le Durandal, restaient en poste et une base de sous—marins était créée au fond du bassin Carnot. J.-P. P. (CLP)

    Des torpilleurs et conte-torpilleurs basés à Calais

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  • La drague Cap-de-la-Hague chavirait au large de Sangatte

    CALAIS. Le 10 octobre 1973, le Cap—de-la-Hague entrait bassin Carnot, c'était sa première visite à Calais.

    Ancien cargo norvégien, il avait été transformé en drague pour puiser au large de Wissant des graviers destinés à l’extension du port de Dunkerque.

    Le lendemain, la drague chavirait quille en l’air au large du cap Blanc—Nez. L’équipage du car—ferry le Free-Entreprise 3 , témoin de la scène, mettait une baleinière à l'eau et récupérait deux survivants et deux noyés.

    Des sauveteurs, montés sur la coque, entendaient des coups frappés. Le lendemain, la drague coulait. 72 heures après le chavirage, exploit: des plongeurs de Brest parvenaient à extraire un 3° rescapé dans un compartiment rempli d’air. Lionel Girard, 24 ans.était sauvé. 

    La drague Cap-de-la-Hague chavirait au large de Sangatte

    Quai de la Colonne. le ballet des hélicoptères avait attiré de nombreux curieux. Ce sauvetage à suspense avait été couvert par tous les médias. . J.—P. P. (CLP)

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  • Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul

    Paroisse Saint—Pierre-Saint—Paul

     Situation

     Le quartier du Courgain maritime se trouvait à l’intérieur » d’un bastion fortifié construit vers 1623, séparé de la ville par un large fossé, au-dessus duquel avait été installé, sur une estacade de pilotis, une voie ferrée. Ainsi entouré, le Courgain resta un quartier isolé du reste de la cité jusqu’à la démolition des remparts de Calais de 1881 à 1885. Cet emplacement, déjà occupé ultérieurement dans l’histoire, abritait une vie riche en coutumes et traditions.

     Historique

     Les marins du Courgain et leurs familles s’impatientaient de posséder une chapelle pour assister plus régulièrement aux offices dont ils étaient privés de par l’éloignement de l’église Notre-Dame.

     Vers 1851, M. Dières—Montplaisir, commissaire de la marine, loua dans la Quatrième rue du Courgain une maison où l’on installa une salle d’asile, on appelait ainsi la garderie des écoles maternelles. Lors d’une visite, Mgr Parisis, évêque d’Arras, déclara ériger en chapelle cette salle en attendant de trouver mieux. La bénédiction prononcée, il confia la charge d’aumônier à l’abbé Hieulle, vicaire de Notre-Dame. Mais la chapelle était manifestement trop petite pour accueillir la population fort religieuse et l’on rechercha un local plus grand. Le dévolu fut jeté en 1853 sur « Le Mât de Cocagne >>, une ancienne salle de danse de la Sixième rue. En septembre, l’abbé Hieulle fut remplacé par l’abbé Grébert qui s’attacha à bâtir une église au Courgain. Il rouvrit une école de mousses et fonda un ouvroir et une autre école.

     Il manquait une voix à la chapelle pour appeler les fidèles et le 11 décembre 1853 la première cloche fut bénie. Pour ériger son église, l’abbé Grébert se fit quêteur et parcouru les villes du nord de le France de 1853 à 1861. Par décret du 13 avril 1861, l’empereur Napoléon III érigea la chapelle en succursale, ce qui consacrait son érection en paroisse. Primitivement placée sous le vocable de Sainte—Marie, elle fut placée sous la protection de saint Pierre et de saint Paul, le premier étant le patron des marins et des matelots.

     Il existait alors au Courgain une butte de terre, restant des fortifications. De nombreuses et vieilles maisons s’y étaient accumulées et formaient de véritables taudis. L’Etat décida d’aliéner cette partie de la ville et de niveler le terrain. L’abbé Grébert en obtint gratuitement une portion pour élever son église. Le 10 avril 1864 on posait enfin la première pierre. La cérémonie, présidée par M. de Lencquesaing, curé—doyen de Notre—Dame, avec M. Liévin- Delhaye, maire de Calais, rassembla 10 000 personnes. Les troupes de la garnison du 94e régiment d’infanterie et les marins d’Etat de l’aviso Cuvier en grande tenue, encadraient le terrain retenu. Un parchemin fut déposé, dans un coffret scellé, dans une cavité de la première pierre, avec une pièce d’argent à l’effigie du pape Pie IX et une pièce de monnaie à l’effigie de Napoléon III. La construction, de style néo-gothique, fut élevée en brique et pierre par un entrepreneur local, M. Dubail. Le clocher prolongeait la façade percée de nombreuses baies gothiques. L’église, encore inachevée, fut livrée au culte le 11 avril 1867.

     Le 6 octobre 1878 eut lieu la bénédiction des trois cloches. Elles se nommaient Emélie-Rosalie-Albertine, Françoise—Adèle-Adolphine et Julie—Marie-Louise.-Le 3 janvier 1880 l’abbé Grébert s’éteignit, il eut pour successeurs l’abbé Berteloot jusqu’en 1897 et l’abbé Bourgeois jusqu’en 1938, puis l’abbé Henri Costenoble.

     Dès le 10 mai 1940, l’église du Courgain maritime fut secouée par les premières bombes allemandes frappant Calais. Pendant l’occupation elle se trouvait en zone interdite. Autour d’elle on rasa les ruines du Courgain incendié et l’église se retrouva seule au milieu d’un désert de poussière. A la Libération, une bombe l’éventra et des obus provoquèrent des dégâts supplémentaires.

    L’intérieur fut pillé, volé, saccagé. On y découvrit douze obus piégés posés par les Allemands qui ne purent accomplir leur projet.

     En 1953, quand se posa le problème de la reconstruction du quartier, les experts déclarèrent qu’il valait mieux abattre les murs pour bâtir du neuf. L’architecte calaisien Georges Wiart dressa les plans d’une église dissymétrique à une nef avec un seul bas-côté. L’ensemble d’un coût de 57 millions (valeur 1959), fut réalisé en béton armé et ciment dans un style épuré et fonctionnel en faveur dans les années 50—60. La première pierre fut posée le 11 novembre 1960 et l’église bénie le 30 mars 1964. En ce lundi de Pâques, une foule nombreuse était réunie pour assister à la cérémonie et à une messe à la mémoire des naufragés.

     En décembre 1984, un orgue fut livré et installé sur la tribune. Conçu par M. Erwin Muller, facteur d’orgue à Croissy, il était destiné à l’église Notre-Dame. Les travaux de reconstruction n’étant pas assez avancés, on décida de le placer en l’église Saint—Pierre—Saint—Paul.

     Avant la Seconde Guerre Mondiale, deux cérémonies étaient traditionnelles au Courgain maritime: la bénédiction des flots, le jour de l’Ascension et la fête des sauveteurs, le 15 août. Après la Libération s’instaura une nouvelle tradition: celle de la messe des << Péris en Mer», le lundi de Pâques. Elle est devenue aussi chère au cœur des Courguinois.

     Architecture et éléments importants

     Avant de pénétrer dans l’église, on remarque le caractère asymétrique de la toiture dont les versants couvrent la nef et le bas-côté. Elle est surmontée d’un petit clocher octogonal ou campanile. En façade, au-dessus du porche d’entrée, tapissé de « pierre de Baincthun », une rosace de verre coloré tranche sur l’enduit très clair du reste de cette partie de l’édifice. La grande nef s’ouvre largement par trois grandes portes sur un porche d’entrée dans lequel les fidèles peuvent prendre place en cas d’affluence. Sur le côté gauche du porche, un motif sculpté se détache de la façade, associant les clefs de saint Pierre au glaive de saint Paul. L’édifice mesure 27,55 mètres de long et 16,50 mètres de large, soit 10,10 mètres pour la nef et 5,05 mètres pour l’unique bas-côté. Pour le principe de construction M. Wiart s’est inspiré des méthodes appliquées à la conception des navires par les constructeurs thessaliens de la nef des Argonautes et les charpentiers des vaisseaux de Tourville. Il les décrit lors de l’inauguration : « Sur la quille, deux fois recourbée par l’étrave à la proue et l’étambot à la poupe, les couples, robustes côtes taillées en plein cœur de chêne, étaient assemblés, formant ainsi l’ossature qui devait recevoir les lisses et les bordes. Dans l’église, la même ossature reste apparente, inversée, rappelant les habitations que les pêcheurs réalisaient autrefois en utilisant comme toit la coque du petit bâtiment qui avait été leur gagne-pain. >>

     Dans le clocher, ont été placées les trois cloches de l’ancienne église. L’une d’elle sonna longtemps les offices à l’église provisoire de Notre-Dame, une autre resta un temps dans les dépôts de la ville et la troisième fut retrouvée dans le quartier du Fort-Nieulay en 1961 alors que tout le monde la croyait perdue. La croix surmontant l’édifice provient également de l’ancienne église.

     Les vitraux, quant à eux sont l’œuvre du maître-verrier Claude Blanchet de Paris, qui eut pour collaborateur J .P. Lesage. Ils datent de 1962. Le grand vitrail au—dessus de l’autel est une crucifixion , imitant un peu la tapisserie d’autrefois, les deux saints patrons de l’église, Pierre et Paul, y figurent, ainsi qu’une barque, symbole de l’Eglise. Les vitraux des côtés latéraux sont plus abstraits et d’une recherche volontairement symbolique. L’un illustre la parole de saint Paul « Je t’ai établi lumière des nations >> avec un phare pour fond de décor. Le vitrail suivant, avec un mélange de clochetons, justifie la parole de saint Pierre : «pierre tu es pierre...et sur cette pierre je bâtirai mon église». Un troisième évoque une grande ville pour rappeler que saint Paul fut aussi un grand voyageur. Enfin, le quatrième est composé d’un mélange de filets et de gréements de pêche symbolisant saint Pierre. Sur le losange du « fronton de la façade, on peut admirer un vitrail représentant une Vierge protectrice des marins et des pêcheurs et portant l’inscription « Ave Maria, Maris Stella >>. Ces vitraux sont dans une tonalité bleu et blanc rappelant la mer et le ciel. Les vitraux latéraux du côté ouest sont plus abstraits et conçus en masses rouges et vieil or pour opposition à ceux d’en face et symbolisent le « vin » et le << pain».

     L’église du Courgain maritime abrite dans une chapelle la statue de Notre-Dame du Risban. Celle-ci aurait été trouvée dans le fort Risban au XIVe ou XVe siècle mais semble plus récente. Sauvée des destructions de la Révolution par un pieux courguinois elle manifeste la dévotion du peuple de la mer pour Notre-Dame.

     On trouve enfin des ex-voto sous forme de plaques de marbre sur lesquelles sont gravés les noms de marins disparus, décédés ou péris en mer. Certains n’ont pas survécu à la guerre et aux actes de pillage qui ont pu s’ensuivre. Deux maquettes évoquent deux douloureux naufrages de bateaux de pêche calaisiens. Le premier est le « Corsaire », un « dundee >> de 30 tonneaux disparu le 6 avril 1902 par forte tempête en mer du Nord. Le second est l’ << Auguste-et— Marie >>, qui sombra lors d’une collision avec un grand vapeur le 5 mars 1886. Ces répliques sont l’œuvre de M. Victor Agneré et M. Henri Paolo, tous deux marins calaisiens, et furent offertes peu avant la Seconde Guerre mondiale.

    Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul

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  • Eglise Saint-Pierre

     

    Eglise Saint-Pierre

    Ancienne église Saint-Pierre

    Paroisse Saint-Pierre

     Situation

     La ville de Saint-Pierre fut érigée officiellement en commune en 1790, cependant cette bourgade existait depuis le XIIe siècle sous le vocable de Pétresse ou Piternesse. La paroisse s’étendait de Marck à Coquelles, de Coulogne aux glacis des remparts de Calais, et même à l’est jusqu’au rivage.

     Historique

     Un comte Walbert fit don en 668 au monastère naissant de Sithiu (Saint-Omer) de sa villa Petressa. Détruite par les Normands à la fin du IXe siècle, l’église de Pétresse fut rebâtie par les moines de Saint-Bertin et demeura en leur possession jusqu’à la conquête du Calaisis par les Anglais en 1347. La tour remontait au XIe siècle alors que les fenêtres ogivales jumelées furent ajoutées au XIVe siècle. L’église, restaurée au XVIIe siècle avait une nef et un petit bas-côté. L’entrée se faisait du côté de l’actuelle rue du Calvaire.

     Sous l’Empire puis sous la Restauration, Saint—Pierre se transforma : d’un simple village de maraîchers et d’agriculteurs, elle devint un centre industriel de grande importance grâce à l’essor du tulle et de la dentelle. Ceci s’accompagna d’une augmentation de la population, si bien que l’antique église Saint-Pierre, devint rapidement trop exiguë et ne suffit plus pour subvenir aux besoins des fidèles qui pour certains devaient suivre la messe depuis le cimetière entourant l’église. Dès 1844 plusieurs projets furent soumis pour la remplacer, mais tous échouèrent.

     En 1850, cinq vicaires n’étaient pas de trop pour assister le curé de Saint-Pierre, qui vit sa cure passer en seconde classe. Pour assurer un meilleur service religieux, le conseil municipal, en accord avec l’administration diocésaine, envisagea dès 1860, d’ériger une nouvelle église Saint-Pierre, ainsi que deux autres lieux de culte, Sainte-Marie-Madeleine et le Sacré-Cœur.

     A proximité de la Grand’rue, la famille Crèvecoeur, propriétaire d’un domaine important dont une partie avait déjà été utilisée pour construire un établissement d’études secondaires, le - Pensionnat Saint—Pierre, accepta de faire don à la mairie d’une surface suffisante pour édifier une église, un hôtel de ville et aménager une vaste place où se tiendraient les marchés et les foires. Les travaux furent en partie financés par une loterie organisée par Henri-Ernest Leblond, le maire de Saint-Pierre.

     Les travaux commencèrent en 1862 sous la direction de l’architecte Eugène Boeswillwald, élève de Labrouste, disciple de Viollet-le—Duc. Selon G. Fauquet, il avait prouvé son talent lors des travaux de restauration de la Sainte-Chapelle à Paris et du château du Haut—Koeningsburg en Alsace. L’église fut inaugurée le 11 avril 1870 par le chanoine Edouard—Joseph Dollet qui était en charge de la paroisse depuis 1853. Le premier enterrement célébré, fut celui de M. Leblond. L’ancienne église fut rasée en 1882, en même temps que l’ancienne mairie pour construire l’hôpital.

    Eglise Saint-Pierre

     Se succédèrent ensuite l’abbé Jean Bourgain, de 1895 à 1913, l’abbé Georges Pourchaux, de 1913 à 1927, l’abbé Didier Dufour, de 1927 à 1937 et le chanoine Jean Desseilles de 1937 à 1955. C’est sous son pastorat que commença la restauration de l’église après les dégâts causés par les bombardements du 25 février 1945.

     Les travaux se poursuivirent avec le chanoine Paul Beilliard, curé de 1955 à 1960 et le chanoine Michel Boulard, de 1960 à 1983. Ce dernier entreprit de restaurer les grandes orgues qui s’étaient tues le 17 septembre 1957. En 1967, les deux rosaces du transept, réalisées par H. Lhotellier furent posées. Trois ans plus tard, le chœur fut transformé et on installa un nouvel autel.

     L’abbé Jacques Wiel prit ses fonctions le 1er septembre 1983. Il entreprit d’importants travaux de peinture et de chauffage.

    Eglise Saint-Pierre

    Architecture et éléments importants.

     L’église Saint-Pierre est de style néo-gothique en forme de croix latine. Elle se compose d’une grande nef, de deux bas-côtés, du chœur entouré d’un déambulatoire, sans chapelles rayonnantes, donnant accès à la chapelle de la Vierge qui forme le chevet. Selon les habitudes locales, les œuvres vives ont été réalisées en pierre blanche du pays et le remplissage en brique rouge. Le clocher, qui mesure 65 mètres, est l’un des plus hauts de la ville de Calais. Selon ’ G. Fauquet, pour sa réalisation, l’architecte Boeswillwald s’est inspiré du clocher de l’église de Caen. La silhouette sévère mais élégante de l’édifice est marquée par une série de contreforts et d’arc-boutants ponctués de belles gargouilles.

     Les cinq cloches proviennent de l’ancienne église. La Marie-Catherine, aujourd’hui appelée la petite Geneviève en raison de son poids de 300 kilogrammes, sonna bien avant 1757, date de sa refonte. L’Augustine, autrement nommée cloche de 9 heures; est décorée d’une couronne de fantaisie, d’un Christ en croix avec la Vierge et de têtes d’anges. L’Etienne-Adèle est raccordée à l’horloge et sonne les heures. Elle fut baptisée en mai 1832. Ornée d’un calvaire avec Notre-Dame et saint Jean, elle porte des anges semés sur la robe, une couronne de feuilles de vignes et des moulures. La Jules Marie—Jeanne, baptisée et installée en 1877, avait été appelée Pétronille en 1832. Au-dessous de l’inscription, fleurs, lyres et papillons se mêlent en une gracieuse guirlande. Elle porte aussi un semis de têtes d’anges, le crucifix de Notre—Dame du Saint-Cœur et la médaille en vermeil du fondeur P. Drouot. Enfin la plus grosse cloche, la Charles-Louise, date de 1830. Elle est aussi connue comme le Bourdon. Avec divers motifs en bas—relief, sa robe porte un calvaire avec la Vierge, saint Jean et saint Pierre; un écusson . formé d’une cloche surmonté d’une couronne comtale avec en dessous une médaille; le tout encadré de couronnes de laurier.

    Eglise Saint-Pierre

     L’intérieur, d’une architecture très inspirée du XIIIe siècle, abrite un riche mobilier néo—gothique qui comprenait jusqu’aux années 1960 : un maître-autel en marbre blanc avec bas—reliefs dorés, surmonté d’un haut retable en bois sculpté ; deux autels secondaires avec retable en bois sculpté également ; des stalles en grand nombre disposées circulairement autour du maître—autel, une chaire en chêne remarquablement ouvragée et ornée de multiples sculptures, et de nombreux confessionnaux d’une grande beauté. Cet ensemble se trouva sensiblement réduit après la réforme du Concile de Vatican II. Le nouvel autel est constitué d’un bloc de marbre d’Italie , vert veiné de blanc pesant cinq tonnes, dont le dessus est poli et les quatre faces latérales bosselées. Le banc d’oeuvre, aujourd’hui démonté, et la chaire gothique sont l’œuvre de J. B. Laloue. Le maître-autel, l’autel de la chapelle de la Vierge, ceux des deux transepts et les fonds baptismaux sont de Pascal Franco.

     Les vitraux furent réalisés après les destructions de la Seconde Guerre mondiale par le père Cholewska de l’abbaye de Wisques. Les deux rosaces placées aux extrémités est et ouest du transept sont, quant à elles, dues au maître—verrier calaisien H. Lhotelier. La rosace occidentale, aux dominantes rouges, symbolise le Christ, alors que la rosace orientale, aux tons bleus, est dédiée à la Vierge. Elle se compose de 2500 pièces de verre et de 500 mètres linéaires de plomb laminé.

     Saint-Pierre se distingue aussi par ses orgues. Achevées en 1869, elles furent inaugurées le 28 avril 1870 par le maître Charles-Marie Widor, organiste à l’église Saint-Sulpice de Paris et Alexandre Guilmant, alors titulaire de l’orgue de Saint-Nicolas de Boulogne-sur-Mer. Construit par l’un des plus illustres facteurs d’orgues français, Aristide Cavaillé-Coll, l’instrument, de type symphonique, était doté de 24 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier. Après la Seconde Guerre mondiale, il fut transformé en un orgue néo—classique de 47 registres.

    En pénétrant dans l’église, on peut remarquer sur le mur, une plaque de marbre noir commémorant l’inauguration de l’édifice. Elle porte le libellé suivant : « Cette église a été commencée en l’an MDCCCLXII (1862) sous l’administration de M. Henry-Ernest Le Blond (au lieu de Leblond) Maire de la Ville de St—Pierre (Pas-de—Calais) et inaugurée le XI avril MDCCCL» (1850), « Architecte M. Baeswillwald (au lieu de Boeswfllwald), inspecteur général des monuments historiques ».

     Il faut aussi noter le chemin de croix en plâtre dont les tableaux en relief, restaurés, sont d’une inspiration et d’une facture dans le plus pur style d’art religieux du XIXe siècle.

     Adossés au mur du déambulatoire, de chaque côté de l’entrée de la Chapelle de la Vierge, deux monuments de marbres blanc ont été élevés à la mémoire de deux anciens curés de l’église Saint-Pierre, dont les effigies se trouvent dans des médaillons sculptés. Le premier indique : « A la pieuse mémoire de M. le Chanoine E.Ballet, curé—doyen de St-Pierre de 1853 à 1895. Mort à l’âge de 90 ans. R.I.P. », le second porte: «A la pieuse mémoire de M. le Chanoine Jean Bourgain, curé de St-Pierre de 1895 à 1915. Mort à l’âge de 62 ans. R.I.P. ».

     Enfin , derrière et au centre du double escalier de la chaire, on peut admirer une statue du XIXe siècle de l’apôtre Pierre présentant les clefs du royaume céleste, placée sur un socle élevé qui permet de baiser l’orteil en bronze du premier chef de l’Eglise.

    Eglise Saint-Pierre

     

     

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  • Eglise Saint-Joseph

    Paroisse Saint-Joseph

     Situation

     La paroisse Sainte—Madeleine s’étendait intra-muros jusqu’au quai de la Gendarmerie et le bassin Carnot. L’implantation d’usines, notamment les aciéries Sambre et Meuse, et surtout l’extension de la population avaient naturellement augmenté l’importance de cette zone du Petit-Courgain. La paroisse Sainte-Madeleine encore presque uniquement peuplée de maraîchers se sépara, en 1923, de cette partie très différente par l’esprit et la profession de ses habitants afin de créer la paroisse Saint-Joseph, du nom du saint patron des ouvriers.

     Historique

     L’abbé Georges Sauvage, nommé curé de Sainte-Madeleine le 18 août 1921, conçut le projet de construire entre la rue Mollien et la rue des Jardiniers, actuellement rue Anatole—France, à la hauteur de la rue Hippolyte-Taine, une église qu’il prévoyait assez vaste ainsi qu’un presbytère et une salle d’oeuvres. Des travaux furent rapidement entrepris.

     De septembre 1923 à décembre 1924, le chantier débuta sous la direction de l’architecte Poyé. Cependant les finances firent défaut et au bout d’un an les travaux s’interrompirent. Le 24 décembre 1924, Monseigneur Julien inaugura le choeur et un transept terminé en abside du côté nord. De mars 1924 à mars 1925, un presbytère fut créé et le 19 mars 1925, l’église Saint—Joseph fut ouverte au culte.

    Pendant l’été de la même aimée, une salle paroissiale fut bâtie << une construction qui n ’est peut-être pas -diraient les Anglais- très confortable, mais qui permet d’attendre des jours meilleurs, en donnant, pour l’instant, aux réunions d ’hommes et de jeunes gens un local suffisant », comme l’écrit un bulletin paroissial de 1926.

     Au début de 1926, une petite salle fut placée près de la porte de l’église. Elle servit de longs mois de salle de bibliothèque paroissiale et aussi de lieu de réunions de jeunes filles.

     Les travaux avançaient lentement, en août 1926, les marches en bois furent remplacées par des marches en pierre de Soignies. Le petit autel de bois de chêne allait être par la suite remplacé par un nouvel autel plus conforme au style de l’église. Ces difficultés n’empêchèrent pas la paroisse Saint-Joseph de devenir très rapidement un centre actif de la vie spirituelle sous l’impulsion de l’abbé Sauvage et de son vicaire, l’abbé Jean Poutrain, jeune prêtre ordonné en 1925. En effet, les oeuvres paroissiales étaient pleines de vie. L’Union Paroissiale des hommes groupait 130 membres, l’A.J.C. et son avant—garde 82 jeunes. Les oeuvres des Dames étaient toutes aussi vivantes, avec la L.P.F forte de 330 membres, sans oublier l’association des Mères Chrétiennes, les enfants, les jeunes de la L.P.F.…

     Le bulletin paroissial « Saint—Joseph-Calais » d’avril 1929 signalait également l’existence d’une confrérie en l’honneur de saint Joseph ayant pour objectif de « l ’honorer, de répandre son culte et de pousser à l’imitation de ses vertus». D’ailleurs le 3 novembre 1929, un groupe de statues représentant le trépas de saint Joseph, offert par une personne anonyme fut inauguré.

     Mais l’église ne comprenait encore que le choeur et les bras du transept. L’abbé Sauvage fit appel à la générosité des membres de sa communauté afin de financer la suite des travaux. Celui-ci révéla —d’ailleurs la difficulté d’être un « curé-bâtisseur » dans un numéro de 1929 de Saint—Joseph—Calais: « Quand on place ces deux noms sur le même personnage, je vous assure qu’il en est toujours un qui réclame contre l’autre. Le Bâtisseur dit au Curé : c’est assez ! c’est assez. Paye tes dettes, dors donc en paix, ne me force pas à passer mes nuits à compter comment... de quelle façon... avec quoi... je pourrai combler le déficit et solder mes créances. Et au bâtisseur, le curé doit répondre :

     - Tes raisons ne valent rien. N ’es-tu pas fait pour pâlir. Tu ne sais donc pas que, dans notre siècle, une église sans ses oeuvres n’est qu’un vaisseau sans mats et sans voiles... Les oeuvres, tu le sais bien, ne vivent pas dans les nuages [...] ».

     En 1930, le 29 mars, l’abbé Sauvage en récompense de ses efforts, posa la première pierre de la salle d’oeuvres et de patronage. Le bulletin paroissial d’avril 1930 relata la cérémonie : «[...] à ! ’issue des vêpres eut lieu la pose et la bénédiction de la première pierre [...] Elle est creusée en son milieu pour recevoir les documents qu ’elle devra conserver précieusement pour exercer la curiosité des générations futures. Avant la cérémonie on avait rédigé à l’encre de Chine un procès—verbal sur un beau parchemin. Celui-ci est roulé et enfermé dans un tube de verre convenablement cacheté.

    A côté, on ajoute deux petites pièces de monnaie de l ’année 1929, car en ce 23 mars on ne pouvait pas encore se procurer de pièces au millésime de 1930 et on dut se contenter d ’un vulgaire jeton de vingt cinq centimes en nickel, et d’une petite pièce de cinquante centimes en un alliage qui redira aux générations futures que, du temps de Philippe le Bel et au début du XX e siècle, en France, on usait de fausse monnaie, ou qu ’on altérait les monnaies. »

     Le 5 mai 1932, l’abbé Sauvage devint co-adjudicateur de Mgr. Lejeune, archiprêtre de Boulogne. Il emmena avec lui l’abbé Poutrain. La paroisse fut alors confiée à Jean Deseille qui était depuis 1921, vicaire de Saint—Nicolas à Arras et à Maurice Perdrich de l’ordination 1933 nommé vicaire. Le curé Deseille reprit l’oeuvre de son prédécesseur en vue de poursuivre les travaux de l’église.

     La longueur totale prévue était de 50 mètres, celle du transept du porche sur la rue Pascal au mur du petit sanctuaire qui lui faisait face, de 32 mètres.

     L’année suivante, le curé rouvrit le chantier en révisant cependant ses projets à la baisse. Le porche donnant sur la rue Pascal fut ramené à plus de simplicité, le clocher fut réduit dans la hauteur prévue par le plan et ramené à la hauteur suffisante pour que la cloche soit entendue et cela sans rien changer à l’aspect du plan primitif. La décision fut prise de fermer la place de l’église destinée dans les temps futurs à recevoir les trois nefs de l’église. D’ici là 60 petits platanes borderaient deux pelouses et trois allées, le tout renfermé par deux murs avec quatre entrées. Malheureusement plus aucune suite ne fut donné aux travaux de l’église Saint-Joseph.

     En décembre 1937, l’abbé François Dewez remplaça l’abbé Deseille. Ancien combattant des deux guerres, il participa au premier conflit mondial avec le 201e régiment d’infanterie. Durant l’offensive de juillet 1918, il fit l’objet d’une citation à l’ordre du régiment comportant l’attribution de la croix de guerre. Il ne quitta la paroisse que pour une deuxième mobilisation de 18 mois dont 13 en captivité. Pendant qu’il fut prisonnier, la paroisse fut tenue par le chanoine Sense qui, ensuite, se consacra à la paroisse Sainte-Marie-Madeleine. Saint-Joseph a donné à l’Eglise de nombreux prêtres et religieuses dont le RP. Maréchal, assassiné en Birmanie le 9 juin 1949, une plaque apposée dans l’église lui rend d’ailleurs hommage.

     En 1974, à l’occasion du cinquantenaire de la création de la paroisse et du jubilé sacerdotal de l’abbé Dewez, un nouvel autel, dessiné par M. Georges Wiart et réalisé par l’entreprise Debackère fut offert par les paroissiens.

     L’orgue, subventionné par la chorale, fut inauguré en 1997 au bout de près de 10 ans de travaux.

     Depuis 1999 le Père Wieslav Pelc, d’origine polonaise, est au service des paroisses de Saint—Joseph et Sainte-Marie—Madeleine.

    Architecture

     Œuvre de l’architecte Roger Poyé (1885—1958), l’église Saint—Joseph, conçue deux ans après l’église Notre-Dame-des-Armées, s’inspire du style néo-roman. La structure de béton apparaît à l’extérieur dans le soubassement, les encadrements des baies et les arêtes des pignons découverts aux lignes typiquement art—déco, tandis que l’ensemble est recouvert de moellons équarris. Le plan développé en croix latine permet d’exprimer trois façades et deux accès. Le pittoresque s’exprime avec le chœur et la tour du clocher, placée sur le côté, à l’est de la croisée du transept. Une galerie couverte sous l’arcade longe la salle d'œuvre et rappelle symboliquement l’image du cloître sur jardin. Elle mène directement à la sacristie et au—delà au presbytère, de sorte qu’il existe un passage traversant l’intérieur.

     La préoccupation artistique transparaissait dans le projet d’origine. Une première mosaïque sur un thème évangélistique apparaît sur le tympan est. La seconde était prévue plus haut, sous la bâtière, à l’emplacement actuel du remplissage de brique.

     L’église Saint-Joseph possède de très beaux vitraux réalisés par Louis Barillet (1902-1948), figure marquante de l'art du vitrail en France dans l’entre—deux guerres. Sur les vingt—dem; baies de l’église, sept ont été effectuées par cet artiste au cours du dernier semestre de 1924 et au début de 1925. Elles se situent dans le choeur et aux murs est et nord du transept. Les verrières de l'abside sont des vitreries géométriques dessinant des croix. Les sujets figurés sont inscrits dans des médaillons disposés sur fond de motifs abstraits et se retrouvent dans les vitraux du transept. Au mur est. les deux vitraux représentent un ange tenant un panneau sur lequel on lit une inscription. Ceux du mur nord illustrent deux paraboles : « le retour du fils prodigue >> et « le bon Samaritain ».

     Les évangélistes et l’Agneau Pascal de mosaïque de la coupole du transept furent également réalisés par Barillet.

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  • Eglise Sainte-Marie Madeleine

    Paroisse Sainte Marie—Madeleine

     Situation

     Entre la mer et la route de Marek, à l’est de Calais-Nord, se trouvait une immense plaine : le Petit Courgain. Ce quartier peuplé de jardiniers et de maraîchers n’avait pas été touché par l’extension de l’industrie du tulle. Une seconde église, ou plutôt une chapelle avait été érigée à Saint-Pierre, sans que la date en soit connue. Elle était placée à l’est des glacis de Calais, en face de la rue de Thermes, et servait aux habitants du quartier du Petit-Courgain; mais elle fut détruite pendant le siège des Espagnols en 1596.

     Historique

     Le 6 mars 1863, une délibération du Conseil municipal de Calais, votant la construction d’une église, apporta satisfaction aux quelques 1500 habitants de ce quartier qui souhaitaient se détacher de la «Grande Paroisse», autre nom donné à la paroisse de Saint-Pierre. Le terrain fut offert par M. et Mme Elmore qui habitaient le château de la Remonte. La donation fut enregistrée les 24 novembre 1865 et 16 février 1866 en l’étude de Me Dubroeuille. Les travaux furent rapidement conduits et l’édifice fut achevé bien avant Saint-Pierre et le Sacré-Coeur pour un montant de 27 000 francs pour l’église et de 8 000 francs pour le presbytère.

     Le 8 mars 1868, le doyen de Notre-Dame, le chanoine de Lencquesaing, délégué par Mgr. Lequette, évêque d’Arras, procéda à la bénédiction et à l’inauguration de l’église qui fut placée sous le patronage de sainte Madeleine. Ce choix peut s’expliquer par l’origine sociale de nombreux habitants du quartier, sainte-Madeleine ayant pris le Seigneur pour le jardinier lorsqu’elle l’avait rencontré. Étaient présents entre autres à cette cérémonie, le maire de Saint-Pierre, le chanoine Dollet et les donateurs du terrain.

    L’église fut construite à une nef unique avec une inspiration romane prononcée, notamment au niveau du porche d’entrée. Son fin clocher dut exiger des fondations solides. L’autel, en pierre et en ciment, ne déparait pas : un ensemble sans grande originalité, mais somme toute assez réussi. L’édifice assez modeste, plutôt grand oratoire que petite église, contient 130 places dans la nef. La cloche porte les inscriptions suivantes : << J’ai été nommée Marie-Madeleine par Mr Henry Leblond, maire de la ville de Saint-Pierre-Les-Calais ' et par Mme Elmore née Zoé Seguin propriétaire au Petit Courgain >> et << L’an 1868 Mr Florentin Darcy étant curé du Petit Cougain,  j ’ai été bénite par Mr Alphonse de Lencquesaing curé doyen de Calais ».

     Le premier curé fut M. Louis Florentin Darcy, décédé en 1871, lui succéda M. Alfred Bultel qui resta en poste jusqu’en 1899. Il se retira ensuite dans une maison proche de l’église Notre-Dame. Le 7 août 1899, M. Louis Hennuyer fut nommé à Sainte—Marie—Madeleine. En 1910, il fit bâtir une salle paroissiale dans la Grande Rue du Petit Courgain par M. Catoire, sur les plans de M. Masson, architecte, connu pour la construction d’usines à tulle. L’année 1910 fut aussi marquée par la bénédiction d’une statue de Jeanne d’Arc, acquise à la demande de paroissiens et grâce à une quête. Lui succédèrent ensuite M. François Patinier de 1913 à 1921, M. Sauvage jusqu’en 1925, et M. Pierre Guillemin de 1925 à 1929.

    C’est sous l’office de M. Guillemin qu’une statue de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus fut bénie en 1926. A cette occasion plus de 400 fidèles s’étaient rassemblés dans l’édifice trop petit. L’Echo du Petit—Courgain décrit ainsi la cérémonie : << La décoration de l’église avait pris plusieurs jours. La nef entière était coupée de guirlandes, de couronnes et de croix fleuries. La promesse de sainte Thérèse : << Je ferai tomber une pluie de roses sur la terre », s’inscrivait en lettres de roses autour du bâtiment. Dans le choeur, sous un dôme léger de roses qui se prolongeait en guirlandes formant comme un manteau royal, apparaissait, gracieuse, la blanche statue de sainte Thérèse sur son socle clair au milieu d’un bosquet de palmiers et de plantes vertes. Cette statue constituait un don de Mme Couvelard-Goumas, guérie d’une maladie grave à la suite d’une neuvaine à sainte Thérèse. »

     De 1929 à 1939, le curé fut M. Marcel Vincent, qui pour sa conduite brillante lors de la Grande Guerre au sein du 16e bataillon de chasseurs à pied, fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1937. Deux ans plus tôt, en 1935, des travaux furent entrepris pour revêtir l’église d’une nouvelle parure de pierre blanche. Cette même année, le tableau du fond du choeur qui représentait sainte Madeleine aux pieds du Seigneur ressuscité fut enlevé et remplacé par une statue de sainte Marie-Madeleine placée avant au-dessus du banc de communion. L’autel fut aussi remis à neuf et l’éclairage amélioré. A l’époque, quatre fenêtres et trois rosaces restaient toujours sans vitraux. Des lambris furent également posés dans le choeur.

     En 1939, l’abbé Vincent fut mobilisé, il ne rentra dans la région qu’en 1943. Ce fut le chanoine Marius Sence, collaborateur puis successeur de Mgr. Piedfort à l’Institut Jacquard, qui administra la paroisse pendant la durée des hostilités et jusqu’en 1959, date à laquelle il reprit la direction de son école. Un de ses neveux, l’abbé Domé lui succéda, mais mourut dans la première année de son ministère.

     L’abbé Emile Ruffin fut nommé curé de Sainte—Madeleine le 28 janvier 1960. Il mena à bien la pose de nouveaux vitraux et du carrelage de la nef. Le grand crucifix du choeur fut posé en 1962. En 1964, l’abbé René Choteau remplaça l’abbé Ruffin. Ce fut lors des travaux entrepris sur l’autel en 1966 par l’abbé Choteau, pour répondre au nouvel esprit de la réforme liturgique, que l’on retrouva le parchemin qui marquait la bénédiction de la première pierre.

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  • Eglise Sainte-Germaine

    Paroisse Sainte-Germaine

     Situation

     A la sortie de la ville, vers Guines, se trouve le Pont-du-Leu, bâti sur trois communes : Calais, Coulogne et le «Marais» de Coquelles. Au début du siècle, les habitants de ce quartier étaient paroissiens de Saint—Pierre ou du Sacré-Coeur selon que leur demeure se situait à droite ou à gauche du chemin des Régniers, cette route servant de limite à deux cantons. Cependant l’éloignement des églises paroissiales rendait difficile la pratique religieuse. Aussi en 1912, Mgr. Lobbedez, évêque d’Arras et l’abbé Constant Hanse, un vicaire de Saint—Pierre qui desservait le quartier depuis 1906, décidèrent de fonder au Pont-du—Leu, une paroisse sous le vocable de Sainte-Germaine—Cousin, une bergère qui vivait à Pibrac, près de Toulouse au XVIe siècle. Elle fut canonisée par Pie IX, le 29 juin 1867.

     Historique

     Sous cette nouvelle paroisse furent regroupés des quartiers de Calais, Coulogne et Coquelles. L’abbé Hanse desservait cette ébauche de paroisse, un simple baraquement, quand il fut mobilisé en 1914.

     Pendant la guerre, le ministère fut confié à l’Abbé Holuigue qui s’employa avec dévouement à construire les locaux nécessaires au culte. Grâce à l’argent réuni par une souscription lancée dès 1912, il put acheter un terrain jugé parfait pour les constructions futures. Une chapelle provisoire en bois fut édifiée avec le concours des menuisiers de l’orphelinat de M. Dalemcourt, quai de l’Yser. Pour éviter un fort loyer annuel, l’abbé fit bâtir un presbytère pour abriter les prêtres appelés à se succéder au Pont-du-Leu. Une neuvaine à sainte Germaine fut instituée à laquelle venaient en pèlerinage les différentes paroisses urbaines, les élèves du Pensionnat Saint-Pierre et de Jeanne d’Arc.

     L’abbé Constant Hanse, démobilisé, fut nommé officiellement curé de Sainte-Germaine en 1919. Il eut l’ambition d’élever sur le territoire de la paroisse une grande et belle église, . prévoyant un développement important du quartier où allait s’installer une importante usine de fabrication de soie artificielle : «Les Filés de Calais». En 1920, disparaissait l’abbé Holuigue, laissant derrière lui le souvenir d’un prêtre rude mais au grand coeur. Sans attendre l’édification d’une belle église, des groupements furent créés pour donner plus de vie, d’entrain et de piété à la paroisse.

    C’est ainsi qu’en 1921 on retrouvait une Confrérie de Mères Chrétiennes, un patronage de filles, un patronage de garçons et une Association paroissiale d’hommes. Le seul local disponible était alors la chapelle en planches, aussi des baraquements furent—ils transformés en salles de patronage.

     La souscription permanente recueillait des fonds importants, cependant on s’interrogeait toujours sur la fin de l’édification de l’église. Malgré tout, la vie de la paroisse se poursuivait, des spectacles et des conférences avec projection étaient organisés régulièrement. En 1923, les premières pierres et briques arrivaient enfin mais l’on était bien loin d’avoir réuni les fonds nécessaires au commencement des travaux. La Voix de sainte Germaine permettait de suivre chaque mois l’évolution des dons, ainsi en décembre 1923, ils s’étalaient de 0,45 franc à 204,75 francs pour un total mensuel d’un peu moins de 2400 francs. L’abbé Hanse multipliait les actions pour atteindre son objectif, outre des quêtes et des ventes de charité, un appel fut lancé à toutes les Germaines de France.

     La bénédiction de la première pierre, annoncée pour le 15 avril 1928, fut reportée au 29 juillet 1928. Ce fut l’occasion d’une brillante cérémonie à laquelle participèrent Monseigneur l’Evêque d’Arras, le Doyen du Sacré-Coeur, le Curé de Sainte-Germaine, trente prêtres et dix jeunes abbés. Une foule nombreuse était réunie pour écouter les sermons et assister à la bénédiction de la première pierre renfermant en son coeur une fiole de verre avec un parchemin relatant cet acte solennel.

     L’architecte, M. Julien Barbier de Paris, constata que le terrain choisi était plus marécageux que prévu. On fit donc appel à la société des Pieux Franki à Paris, des spécialistes des fondations en terrain délicat. Il fallut enfoncer plus de 160 colonnes en béton à travers une épaisse couche de sable mouvant pour faire reposer sur un banc de cailloux plus profond. Ensuite les colonnes furent reliées au niveau du sol par de fortes poutres en ciment armé et là-dessus on éleva des murs qui, à 1,40 mètre de haut, supportaient un immense plateau de ciment armé de 40 m x 19 m. Ces travaux préliminaires engloutirent tout l’argent prévu pour la construction, si bien que de 1929 à 1932, la future église se limita à cette simple plate—forme de béton à environ un mètre du sol. Les travaux reprirent en 1932 et furent confiés à l’entrepreneur calaisien M. Brismalein. Le 10 décembre 1933, Monseigneur Dutoit, évêque d’Arras, vint bénir le bâtiment dans lequel il était encore impossible de célébrer le culte.

    Tous les corps de métiers se succédèrent pendant l’hiver pour achever l’église, qui demeura sans clocher faute de ressources.

    En 1940, l’école des filles de la rue des Prêtres, dirigée par Mlle Petel trouva asile à Sainte-Germaine après les bombardements de mai. Le ministère de l’abbé Hanse, devenu chanoine en 1937, se poursuivit jusqu’en 1951. Il démissionna au début de cette année et mourut quelques mois plus tard. Son successeur fut l’abbé Robert Ducatel, un Calaisien, nommé à Sainte-Germaine le 8 février 1951.

     Parmi la très importante action pastorale de l’abbé Ducatel, il est possible de relever quelques tâches matérielles qu’il mena à bien.

     En 1957, il ouvrit une salle paroissiale. Lorsque les 24 cloches du carillon de l’hôtel de ville furent remplacées par un carillon électronique, seules trois d’entre elles échappèrent à l’enfer de la fonderie. Grâce à une collecte effectuée chez les paroissiens, l’abbé Ducatel put les acheter toutes les trois. C’est ainsi que Marie-Elisabeth, Eugénie et Germaine furent baptisées par Monseigneur Parenty le 18 septembre 1960. En 1961, une nouvelle école paroissiale fut ouverte rue de Lima, remplaçant celle qui fonctionnait dans des bâtiments provisoires. En 1968, une statue de Notre-Dame de la Paix fut installée dans le jardin de l’église. Cette statue avait ‘ été offerte par les religieuses de la «Miséricorde» dont le dispensaire se trouvait à Calais—Nord. De 1980 à 1982, l’abbé Ducatel fit procéder à de nombreux travaux de rénovation, en particulier des vitraux. En 1988, l’église Sainte-Germaine recevait enfin son clocher, qui se voyait surmonté peu après d’un coq pivotant sur la croix.

     Aujourd’hui, des problèmes de toiture et d’électricité mettent l’édifice en péril et les paroissiens ont organisé une tombola en mai 2001 afin de réunir des fonds pour le sauver.

     Architecture et éléments important.

     L’édifice a le plan classique de la croix latine et utilise un répertoire décoratif architectural typique des années 1930. Elle se distingue par son clocher-porche assez peu répandu.

     L’abbé Ducatel souhaitait aussi mettre en valeur l’autel principal qui n’était autre que celui de l’ancienne église Saint—Pierre. Conservé par les Petites Soeurs des Pauvres, l’autel fut installé en 1912 dans la modeste construction de bois qui servit d’église jusqu’en 1934. Il s’agit d’un meuble de chêne datant de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe, présentant les voûtes et les galbes caractéristiques du style baroque, recouvert de peinture blanche et rehaussé d’or. Il repose sur un socle imitant le marbre. Le devant de l’autel présente en son centre une figure de l’Agneau Pascal. La partie supérieure de l’autel est constituée par un ensemble tabernacle-monstrance, encadré de deux anges en prière. De chaque côté du tabernacle, une pièce en bois formant un retable présente une volute décorée d’épis de blé et de grappes de raisin en rappel des paroles de la Consécration. A chacune des extrémités, une fleur de lys complète la décoration. Les faces latérales du tabernacle sont ornées de sculptures représentant des coeurs : à gauche, on observe un coeur ceint d’une couronne d’épines, le Sacré-Coeur. Le tabernacle et la monstrance sont surmontés d’un dais à quatre volutes où repose un pélican blanc rehaussé d’or, représenté debout dans son aire, ailes éployées, symbole du Christ nourrissant ses disciples de sa chair et de son sang. Autrefois, deux angelots tenant une couronne ornaient la corniche du tabernacle. Cet autel, longtemps placé dans un bas-côté, se trouve aujourd’hui à l’église provisoire Notre-Dame.

     Les vitraux de l’église Sainte—Germaine ont été réalisés en 1934 par deux maîtres-verriers très renommés avant la guerre : MM. Barillet et Chevalier. Les plus belles pièces sont les deux rosaces du choeur symbolisant, l’une, rouge, l’Ancien Testament, l’autre, bleue, le Nouveau. Les huit vitraux représentant les scènes de la vie de sainte Germaine, situés dans la nef sont de toute beauté. On trouve aussi des représentations de saint Mathieu, saint Luc, saint Marc et saint Benoît-Labre. Il faut aussi signaler la présence de marbres d’Hydrequent et le chemin de croix en mosaïque.

     L’église abrite aussi, près de l’entrée, une très belle plaque rendant hommage aux enfants de la paroisse morts lors de la guerre 1914—1918. Elle a été réalisée par M. Desvergnes.

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