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    Origine

    À partir de 1558, et la reprise de Calais, par le duc François de Guise, la priorité de tous les rois de France, qui se succéderont, sera de faire que Calais reste à jamais dans le royaume de France. Sa position géographique et surtout la proximité des Pays-Bas espagnols et de l'éternel ennemi, l’Angleterre, les y impose.

    Pour cela, l'ancien château médiéval construit en 1229, qui défendait Calais, (et qui fut entre autres le témoin silencieux du mystérieux assassinat de l'oncle de Richard II, le duc de Gloucester), formant un enclos carré de six tours avec un donjon, situé à l'angle nord-ouest de la ville, fut rasé afin de construire sur ses ruines, une vaste citadelle, plus adaptée aux nouvelles nécessités qu'impose la guerre de cette période.

    Ce fut le roi François II, qui décida de la construction de la nouvelle citadelle, sur le lieu de l'ancien château. Pour cela, un quartier entier fut rasé. Parmi les bâtiments détruits, il y eut les hôtels, où se trouvaient, durant la possession anglaise, les seigneurs anglais, et surtout l'église Saint-Nicolas. Seul l'hôtel d'Escalles, devant servir de logement au commandant de la nouvelle citadelle, fut épargné.

    Ce fut Henri Ier d'Orléans, duc de Longueville, gouverneur de Picardie, qui posa la première pierre en 1564. L'italien Castriotto et Jean Errard de Bar-le-Duc, deux brillants ingénieurs de l'époque participèrent aux travaux. Errard, à qui l'on doit aussi les citadelles d'Amiens et de Doullens, fut le créateur de la demi-lune de l'Hermitage devant la porte de la citadelle ayant pour nom Porte de Neptune. Le château, dont il restait quatre tours, compléta les trois autres bastions. Une partie médiévale de l'enceinte de la ville avec la tour Carrée et la tour Pavée subsiste encore de nos jours. On peut entrer également dans la citadelle, après avoir passé la demi-lune par la Porte de Secours, puis par la Porte de Boulogne.

    Baptême du feu

    Trente ans après le commencement des premiers travaux, le conflit entre la France et l’Espagne, place la citadelle au cœur du conflit. Le 24 avril 1596, alors que le fort Risban et le fort Nieulay sont déjà tombés, les habitants de Calais, y trouvent refuge afin de fuir les troupes de l'archiduc Albert d'Autriche, gouverneur de laFlandre, à la tête de l'armée des Pays-Bas. Mais la muraille creuse, car remplie de sable, tombe sous le feu des canons. Le bastion nord-est, assailli par l’ennemi, tombe à son tour malgré la résistance acharnée conduite par Michel Patras de Campaigno, surnommé le chevalier Noir. Nous sommes le 25 avril 1596, et Calais quitte de nouveau le giron du royaume de France, et cela pour la dernière fois.

    L’histoire rend compte d’un vrai massacre et pillage en règle de la ville par les Espagnols qui recherchent l’or et l’argent des Calaisiens. La ville restera espagnole, jusqu’en mai 1598, date de signature du Traité de Vervins, rendant Calais à la Couronne de France.

     

    Résidence des gouverneurs

    Redevenu française pour toujours, Calais et sa citadelle seront la résidence officielle des gouverneurs de la place, jusqu’en 1636. Et surtout, elles seront l’objet de soins très attentifs de la part des souverains français, cela en raison de sa position géographiquement privilégiée.

    En 1605, et en mémoire de celle qui fut détruite pour l’édification de la citadelle, on donna le nom de Saint-Nicolas à une petite église qui fut construite à l’intérieur même des remparts. De nombreux mariages, décès et baptêmes y seront célébrés et cela jusqu'à la Révolution, quand l’église sera reconvertie en magasin à vivres. Les fortifications seront par la suite augmentées sous Henri IV.

     

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