• 12 octobre 1973

    Avec quinze hommes à bord

    la drague “Cap de la Hague" coule au large de Calais

    Deux rescapés, deux noyés, onze disparus 

     

    12 octobre 1974

    Deux plongeurs éprouvent bien des difficultés à se hisser sur la coque.  (ph V.D.N.)

    Basculant sur le côté, hier à 15 h, après s’être progressivement enfoncée au cours de la nuit et de la matinée, la drague « Cap de la Hague » a disparu sous la mer et, à marée basse, elle repose sous un mètre cinquante d'eau.

     Tout espoir semblait alors absolument perdu, l'eau paraissant avoir envahi la totalité des compartiments. Toutefois, à 17 h, on apprenait que deux plongeurs des sapeurs-pompiers de Paris, opérant autour de l'épave, auraient encore perçu

    des coups frappés sur la coque. En conséquence, les travaux ont repris et on envisageait d’amener de Cherbourg par avion une cloche de plongée afin de tenter l’impossible.

     L’espoir est bien mince cependant mais les sauveteurs n’abandonneront que lorsque tout ce qu’il est humainement possible de faire aura été fait, nous a-t-on déclaré hier à Calais.

    Au fil des heures, l‘espoir de sauver des survivants s’est amenuisé

    Au cours de la nuit de Jeudi à vendredl, les sauveteurs qui opéraient autour de la drague “Cap de la Hague” coulée devant Calais, ont surtout lutté pour éviter qu’elle ne ce déplace et chavire sur le côté, ce qui aurait fait perdre tout espoir de sauver d'éventuels survivants.

     Avant l'aube, les plongeurs de la marine de Cherbourg, arrivés bord de la vedette Margareth des Ponts et Chaussée de Boulogne, devaient tenter, mais sans succès, de passer sousla coque.

     Une  heure plus tard, les sauveteurs entendaient des coups à l’intèrieur du batenu renversé.

    Etaient-ils produit par des hommes ou était-ce du pièces métalliques agissant sous des tensions internes due aux déformation du bateau ? On ne le Saura peut-etre jamais.

     Quatre plongeurs des sapeurs pompiers de Paris se joignaient alors à ceux de la Marine nationale.

     A 8 h, le pontoon-bigue hollandaise “beuer” intervenait à son tour et, à l'aide d'un puissant compresseur, envoyait de l'air à l'intérieur de la coque renversée pour maintenir sa flottaison.

     Elle accusait, en effet, une gite de plus en plus sensible et les marins avaient des difficulties à tenir sur le plan incliné de la quille.

     On redoutait alors, au cas où des survivants seraient trouvés, les effets d'une brutale décompression dans les poches d'air subsistantes. La pression devait être importante sous l‘effet du poids du bâtiment.

     Un médecin, le commandant Grimault des sapeurs-pompiers d‘Hénin—Beaumont. arrivait sur le “bever”- où l’on débarquait peu apres un caisson de decompression.

     Au retour de la marée montante, le puissant remorqueur allemand “Hermès”, tentait de tirer plus près de la côte l‘épave du “Cap de la Hague”, mais sans résultats apparents.

     Au fil des minutes. l‘espolr de sauver d‘éventuels survivants s’amenuisait et ce d‘autant que la drague s'enfonçait lentement.

     Tout alentour du chantier de sauvetage, d'autres bateaux s‘apprêtait à intervenir.

     Aux car-ferries qui, la veille et la nuit, avaient fait officede brise-lames surcédaient le - Charles-Bellevllle - et un cargo anglais.

     Le - Hardi - se tenait prêt à intervenir, de même que les canots de sauvetage des ports de Boulogne et Calais qui un relayaient avec le garde-pèche -Garance-.

     Par ailleurs, des hélicoptères étaient prêts à décoller en permanence pour conduire d'éventuels rescapés jusqu'à l'hôpital de Dunkerque qui possède plusieurs caissons de décompression.

    Un télégramme de M. Dupuch, préfet de la région Nord-Pas-de-Calais

     Voici le texte d'un télégramme expédié, le 11 octobre, par M. Dupuch. préfet de la  région Nord - Pas—de-Calais, au sous-préfet de Calais.

     “ J’ai appris avec peine la catastrophe maritime survenue près de Calais à l‘occasion du naufrage de la drague.

    Vous prie d'étre l‘interprète de mes condoléances et de mes sentiments de douloureuse sympathie auprès des familles éprouvées”.

    Sur la mer, le temps s'était apaisé et, sous la très belle lumière d'un matin d'octobre, la visibilité s’étendait parlaitement jusqu'aux côtes anglaises.

     Les conditions atmosphérique étaient redevenuu favorables, mais hélas, trop tardivement.

     Au port de Calais, sur le quai de la Colonne, des familles angoissées ayant veillé toute la nuit attendaient, au retour de chaque bateau venant de l’épave, qu’on leur apporte du nouvelles bonnes ou mauvaises.

     M. Turon. préfet du Pas-de-Calais, accompagné de M. Abrial, sous-préfet avait, en hélicoplère, survolé le chnntier de sauvetage.

     A son retour, Il s‘est adressé aux familles pour leur affirmer que, sur place, les remorqueurs s‘employaient à repousser la drague vers la côle et que l'activité continuait à l‘intérieur de la coque pour découvrir des survivants.

     “Tout le monde, a-t-il ajouté, participe au sauvetage. Il n'y a pas, en I‘occurrence, de compétition nalionale, nous avons fait appel à tous les moyens possibles”.

    15 h : deux énormes bulles d'air apparaissent puis la drague chavire et coule

     En fin de matinée, on attendait de nouveaux moyens d‘intervention. Le colonel Becq, inspecteur départemental de la protection civile, son adjoint le

    commandant Impines étaient arrivés ainsi que M. Courouble, directeur départemental de la Protection civile.

     Sur les lieux étaient également présents MM. Sclisson, chef du quartier de Dunkerque ; l‘administrateur principal Mallejac et M. Wadoux.

     A l'aéroport de Calais-Marck venant de Cherhourg, était arrivé un avion militaire avec un nouvenu groupe de plongeurs et un médecin.

     On attendait par ailleurs le dragueur “Myosotis” et une équipe de spécialiste parmi lesquels un ingénieur de la construction navale, spécialiste des dragues.

     On espérait donc que, à la marée basse du soir, une nouvelle tentative de percement de la coque pourrait être tentée et ce d'autant que, vers midi, on croyait avoir perçu du coups.

     Et puis, à 15 h, ce fut la fin.

     Les hommes du ponton—mature hollandais et les plongeurs sous-marins virent apparaître sur le côté de la drague, deux grosses bulles d'air à un moment d'intervalle et la drague commença à basculer sur le flanc,

     Dix minutes plus tard, on ne voyait plus rien à la surface de la mer, la drague était couchée sur le fond, tout espoir semblait perdu.

     Des scaphandriers sont déscendus pour voir s'll était possible de pénétrer dans l‘épave et bateaux et hélicoptères ont patrouillé au cas où des corps seraient remontés un peu à la surface.

     Un peu plus tard, on a vu arriver, au port de Calais, la vedette Margareth.

     A son bord, des hommes épuisés par trente heures de veille et de travail. A leur tête, M. Gendre, directeur adjoint de l’Union Maritime de dragage.

     Il ne pouvait qu’annoncer la tragique nouvelle.

    Déploiement de moyens et générosité

     La solidarité est une réalité journalière entre gens de mer et elle ne s‘est pas départie avec le naufrage du “Cap de la Hague”.

     Si les officiers et marins du “Free Enterprise III” , furent les premiers à intervenir(deux hommes de la drague leur doivent la vie), il y a tous ceux qui partirent aussitôt sur les lieux, hélicoptère des Coast Guard, pilotes des ports de Calais et Dunkerque, remorqueurs, canots de sauvetage, équipages français, anglais, allemands, hollandais et de la marine nationale.

    A la dirction des Affaires maritimes de Dunkerque, dans les capitaineries de port, au centre du CROSSMA, à Boulogne-Radio, lea veilles ont été incessantes.

     La mobilisation des services de pompiers, de la protection civile et des ambulanciers, l'action des spécialistes du remorquage et des plongeurs sous-marins, tout devait contribuer à sauver des rescapés dans les plus courts délais posibles.

     Tout ce qui a été possible de tenter l'a été, y compris la mobilisation de car—ferries pour servir de brise Lames afin que les sauveteurs puissent agir.

    L’interminable et douloureuse attente sur le quai

      Depuis jeudi matin, dès l‘annonce du naufrage, le quai de la Colonne aura vu défiler des centaines et des centaines de calaisiens qu'il fallut d'ailleurs éloigner derrière des barrières car un espace suffisamment grand devant être réservé à l’intention des hélicoptères.

     Bien vite, on remarqua des voitures immatriculées dans le Nord : celles de familles de marins, prisonniers des flots, de Grand-Fort-Philippe ou de Dunkerque.

     Une même communion étreignait tout le monde au milieu du vacarme incessant des hélicoptères effectuant la navette entre le port, l'épave et l'aéroport de Calais-Marck où s‘effec- tuait le ravitaillement en kérosène.

     Tantôt la radio d‘un remorqueur revenu à quai ou celle qui émanait d'un véhicule de police, de gendarme ou de pompiers, qui mettait à grésiller.

    On dressait alors l'oreille pour saisir une bribe de phrase.

     Puis, c'était la sirène d'un motard de la route qui retentissait ouvrant la voie a une voiture dans laquelle arrivait une nouvelle personnalité ou un spécialiste du sauvetage

     A l'entrée des barrières, la foule s'écartait un bref instant, le cercle se refermant aussitôt.

     Les familles des marins pour qui était engagée une insupportable course contre la montre et contre la mort avaient été accueillies, dès leur arrivée, dans le bureau du commandant du port. La plupart ne le quittèrent que bien peu d‘instants et une longue veille commença pour la première nuit.

     Le jour vint et, avec lui, un nouvel espoir. Mais la marée basse de 7 h ne permis point, une nouvelle fois, la délivrance. Et les heures ne succédèrent encore.

     Dans une voiture, l'avant dirigé vers le port, l'épouse d‘un marin enferme dans la coque fixait l'eau du large. Derrière, la maman ne quittait pas non plus du regard l'axe des jetée; Visages marqués par tant d'heures sans sommeil que l'on retrouvait aussi, ici et là, parmi la foule.

     Mais chacun se raccrochait encore à un faible espoir.

     A midi, c‘est certain un appel des sauveteurs martelant la coque d'un objet métallique avait trouvé un autre écho que le sien propre. Et puis un tel déploiement de moyens à terre, que l'on n'avait pas cessé de constater, semblait ne au pouvoir s‘avérer vain.

     Certes, les Calaisiens avaient encore en mémoire la catastrophe du soun-marin “Pluviôse”. eperonné prr un transmanche , alors qu‘il était en train de faire mrface, juste à la sortie des jetées par un bel après—midi de printemps, le 26 mai 1910

     Rempli d'eau par l'extremité, il émergea à 30 degrés et resta assez longtemp dans cette position pour qu'un marin, l‘ayant approché dans une barque, puisse heurter la coque avec son aviron... sans obtenu de reponse.

     Or, la réponse était venue du “Cap de La Hague” , et l‘on voulait chasser de son esprit ce drame vieux de 83 ans qui fit 27 victimes, à une époque où l'on ne disposait pas de matériel aussi spécialisé..

    12 octobre 1974

    Cette photo donne l'échelle de l’épave avec, sur son flanc, le canot de sauvetage de Calais qui sera assisté un peu plus tard de celui de Boulogne.

    Un plongeur à l‘intérieur du navire à 22 h 15

    A 19 heures, les nombreux plongeurs spécialisés qui operent sur l'épave de la drague ont du stopper momentanément leur activité et ce, En raison de la puissance du courant. Ils devaient la reprendre un peu plus tard.

    Au cours de la soirée, ils cherchaient à progresser à l'interieut du navire pour gagner les compartiments où l'on suppose que des homes sont toujours prisonniers.

     A 20h30, les travaux de decoupage reprenaient.

    ll s'agissalt de percer, pour 21h, un orifice dans le flanc afin de profiter du renversement de courant coincident avec le changement de mare, car un faible espoir subsistait de pouvoir dégager des survivants qui se manfestaient

    toujours en frappant dans la coque, à deux endroits different, semblait-il.

     Les responsables des affaires maritimes attendaient dans la nuit une cloche de plongée. Non pas celle demandée par le  canal de la marine de Cherbourg mais une qui viendrait d'Angleterre. Il semble du reste que l'on attende encore beaucoup d‘un tel équipement puisque cinq cloches sont attendues. En plus de celles de Douvres et de Cherbourg (celle-ci appartenant d‘ailleurs au G.E.R.S. de Toulon), d'autres devraient arriver de Southampton, d‘Ostende et de Bruxelles.

     Depuis que l‘eau a recou- vert l‘épave, on ne trouve en effet devant les mêmes problème qu'avec un sous-marin.

     Par ailleurs, si nous avons parlé à plusieurs reprises de fort courant, génant les sauveteurs, il faut signaler que nous nous trouvons actuellement en période de vive eau, c'est-à-dire de grande: marées.

     Indiquons encore que deux hélicoptères de la gendarmerie nationale sont également arrive, avec un personnel médical du C.H.R. d'Amiens.

     A 22h15 on apprenait que la découpe de la coque sur sa partie avant qui effleurait l'eau était terminée

     Un plongeur pénétrait à l‘intérieur de la coque pour venir contre le compartiment étanche où était supposé se trouver les rescapés. Ceux—ci, une fois de plus, répondirent aux appels des sauveteurs.

     Toutefois, il était Impossible de tenter l‘opération de cette façon, l'eau pénétrant par l'ouverture.

     Il faut attendre la cloche de plongée

     Un grand pas venait d‘être franchi, mais il fallait attendre encore pour dégager éventuellement les survivants, l‘arrivée de la cloche de plongée, arrivée prévue à 4 heures ce matin.

     Dès l‘arrivée de cet appareil, il sera fixé sur l’orifice et, après en avoir fait le vide, les sauveteurs pourront alors découper la cloison étanche pour tenter de sortir ceux qui auront lutté avec espoir durant plus de 40 heures.

    LES SAUVETEURS DEVANT l'ÉPAVE RENVERSÉE

    12 octobre 1974

    DESSIN APPROXIMATIF DU BATEAU RENVERSE :

     1 - La timonerie;

     2 - Salle de commandes du dragage;

     3 — Cabines du capitaine et du chef-mécanicien;

     4 — Cabines officiers et carré;

     5 — Cabines du personnel d'exécution;

     6 — Compartiment machines—navigation;

     7 — Magasin;

     8 — Puits pour les sables et graviers;

     9 — Compartiment machines-dragage;

     10 — Peak avant séparé par la cloison d’abordage.

      La flèche indique l‘endroit d‘une possible percée par les sauveteurs.

     Le trait supérieur gras, jusqu’au peak avant non compris, Indique le compartiment à combustibles.

     En grisé, en dessous du pont principal, le fardage de tuyauteries et autre matériel.

     Echoué, le bateau reposait sur ses superstructures arrière et son mât avant.

    On comprend et partage la très vive émotion qu‘ont ressentie tous les gens de mer en apprenant le naufrage de la drague « Cap de la Hague » avec onze des leurs à bord.

     On comprend le souci qu‘ils ont de savoir comment le chavirement de cette usine flottante a pu se produire.

     On peut relever le fardage important dont le pont était chargé, la conception hybride du bateau, l'état de la mer, etc. Il reste qu‘aucune hypothèse solide ne peut être avancée et qu'il convient d'attendre les résultats de l‘enquête approfondie du l‘administration compétente pour se faire une opinion.

     Au sujet de l'hypothèse d'un déplacement de la masse de tables et graviers qui remplissait le puits, on fait remarquer que la forme en losange de ce puits le rend peu vraisemblable.

     D’où venaient les appels ?

     Durant vingt-quatre heure d'une attente mortelle, les bruits les plus contradictoires ont couru sur le nombre d'hommes encore en vie dans le cercueil d'acier, sur l'en- droit où ils se trouvaient, etc.

     Hier matin encore, toutes les informations faisaient mention de six hommes dont on entendait les appels sonores. On ne voit pas comment il était possible de dénombrer les hommes encore en vie et de localiser leur refuge.

     Notre plan très approximatif du bateau dans sa position renversée,la quille en l‘air, permet de situer les lieux mais n'apporte pas de réponses à ces questions.

     Dans la partie arrière (à gauche)se trouvaient au moment du chavirenent:

     - Au moins trois hommes de quart à la timonerie (l).

     — Plusieurs officiers dans leurs cabines aux ponts indiqués en 3 (cabines du capitaine et du chef mécanicien) et 4 (cabines d'officiers et carré). Au point indiqué en 2 se situe la salle de commandes du dragage.

     -Plusieurs membres du personnel d’éxécution dans leurs cabi nes ou point indiqué en 5 à la hauteur du pont principal. C'était le cas du matelot Vandermeersch, l‘un des rescapés, éjecté par un hublot.

    — Enfin, de quart dans le compartiment machine-navigation, le matelot Bernard Vincent qui, montant au pont principal, a pu sauver.

     Dans la partie avant, deux hommes étaient de quart ou compartinant-machines du dragage.

     Entre l'arrière et l'avant, aucune communication possible dan la tragique situation du bateau.

     Si les appels venaient de l'avant, ils ne pouvaient donc provenir que de deux hommes du quart, mais il n’est pas exclu que d'autres membres de l‘équipage se soient trouvés là avant la catastrophe.

     Si les bruits venaient de l‘arrière, peut-être émanaient-ils des hommes qui se trouvaient au pont inférieur et qui auraient pu descendre (ou plutôt “monter” après cap size) ou compartiment machine.

     Les hommes qui se trouvaient aux ponts supérieurs avaient, apparemment, beaucoup moins de chances de pouvoir gagner les Hauts du bateau renversé.

    Le probleme des sauveteurs

     Ce dessin résume aussi le probleme devant lequel les sauveteurs se sont trouvés.

     Dans le fond de la coque sur toute la longueur de la quille, s‘étend un compartiment à combustibles.

     La question était de savoir s'il existait une partie vide dans ce compartiment afin de percer un passage.

     Une possibilité pour les sauveteurs : percer à l'extrème-avant, sous le peak-avant (10) dont les fonds ne contiennent pas de combustible et que la cloison d'abordage sépare du compartiment-machine du dragage.

     Si, d‘autre part, certaines parties des fonds constituaient des poches d'air, il s'agisse“ de savoir si, vidée de cet air, l’épave n'allait pas couler.

     Ce sont à des difficultés sans nombre que les sauveteurs se sont courageusement attaqués en prenant tous les risques dans une mer agitée jusqu'ici.

     Leurs efforts ont été vains, mais la solidarité des gens de la mer n’a pas été un vain mot.

    Les quatre Grand—Fort—Philippois naufragés du ” Cap de la Hague”

    Voici la liste des naufragés de Grand-Fort-Philippe :

    12 octobre 1974

     ANDRE BOCQUELET : Né en 1946 à Grand-Fort-Philippe, officier mécanicien.

     Il débuta à la pêche sur les chalutiers de Grand-Fort-Philippe en 1964, notamment sur le “Paladin”.

     En 1967, il entrait au “commerce” comme lieutenant sur le pinardier “Dahra” puis servit sur plusieurs longs courriers des Messageries maritimes en 1971-1972. Il y a quelques semaines, le 19 septembre, il passa à l’U.M.D. sur le “Cap de la Hague”.

    12 octobre 1974

     ANDRE LEFRANC : Lieutenant, née en l936 à Grand-Fort-Philippe.

      Dans les années 1966-1968, il navigua sur les navires SAGA du transmanche puis sur COA. En 1968-1970, il passait à l’armement pétrolier. Il renouait alors avec le transmanche “Chantilly, Côte d’Azur”, avant d’embarquer sur le “Cap de la Hague”, le 17 avril 1973. Marié, père de deux enfants.

    12 octobre 1974

     JULES VBEROVE : Chef dragueur, né en 1925 à Dunkerque. Il débuta au dragage à Dunkerque en 1965 comme second-capitaine.

      Cinq ans plus tard, il embarquait comme chef dragueur à l’U.M.D. d’abord sur le “Cap d’Antifer” puis sur le “Cap Frehel” qui devait participer aux chantiers de Fos. Il fut affecté à l’équipage du “Cap de la Hague” le 1 avril 1973.

    12 octobre 1974

    ALEX MOLMY : Matelot, né en 1945 à la Martinique. Inscrit maritime à Fort-de-France. Marié, père d’un enfant.

    12 octobre 1974

    Le premier sur l’épave, sorte de baleine touchée à mort, un matelot du remorqueur allemand “Hermès”, le premier sur les lieux

    12 octobre 1974

    Des sauveteurs récupèrent un canot de sauvetage endommagé provenant probablement du « Cap de la Hague ».(photo “La Voix du Nord”

    12 octobre 1974

    Dans la grisaille on distingue faiblement le profil de la côte permettant de situer l’épave par rapport au Blanc-Nez.

    12 octobre 1974

    Le remorqueur “Hardi” passe un câble sur l‘arrière du “Cap de la Hague” dont l'hélice et le gouvernail sont hors de l'eau.

    12 octobre 1974

    Quai de la Colonne : la foule attend des nouvelles. Sur l‘espace libre, en bordure du quai : deux hélicoptères. Dans le fond, à droite, le bureau du port. le P.C. de l'opération de sauvetage. Et dominant la foule, premier plan, le monument du Sauveteur.

    12 octobre 1974

     Hier, vers 11 h, un hélicoptère vient se rendre compte de l’état de l’épave, presque disparue sous l’eau.

    Au long des minutes

     

    -6h45 : les opérations de sauvetage vont reprendre à marée basse avec la participation des plongeurs de la marine de Cherbourg. Leur but : tenter de passer sous la coque. Ils n’y parviendront pas.

     -7h30 : L’espoir renait car les sauveteurs ont entendu crier sous la coque et frapper à plusieurs reprises.

     -8h : Qutre plongeurs des pompiers de Paris se rendent sur l’épave et sont déposé sur le bateau-ponton hollandais “Bever” qui commence l’opération de découpage.

     -9h : Un docteur est demandé. Le médecin commandant Grimault, des sapeur pompier d’Hénin-Beaumont, part à bord du remorqueur “Trapu” sur lequel est hissé un caisson de décompression des pompier de Dunkerque.

     -9h30 : Le canot de sauvetage “Maréchal Foch” qui était rentré à 2h30, prend la mer à nouveau pour relayer son collègue de Boulogne. Le patron Michel Agneray, est à la barre avec M. Wiart, président.

     -10h : La coque est trouée à l’aide de chalumeaux et, l’on y insuffle de l’air pour rendre un peu plus flottabilité à l’épave qui s’était enfoncée.

     -10h10 : Le préfet, accompagné de M. Abrial, sous-préfet, prend place dans l’hélicoptère des pompiers de Paris, pour se rendre sur les lieux du naufrage.

     -10h40 : MM. Turo et Abrial sont de retour. Le préfet fera une courte déclaration.

     -11h20 : L’espoir diminue, le bateau s’enfonce encore. Seul l’avant est encore visible.

     -13h45 : Deux autres caissons de décompression arrivés de Cherbourg par un avion qui se posa à Calais-Marck, sont embarqués sur le “Margaret” de Boulogne.

     Deux médecins militaires, également arrivés de Cherbourg, partent également sur place.

     -14h : Le “Myosotis”, dragueur des plongeurs de la Marine Cherbourg, fait route sur Calais.

     -15h30 : M. Gendre, P.D.G. adjoint de l’Union maritime de dragage, qui se trouvait sur la vedette de la douane, rentre au port. On apprend que l’épave coule et quelle se trouve maintenant immergée sous 1 m50 d’eau. Tout semble perdu.

     -16h : Les familles, don’t certaines ont appris le naufrage par la presse, sont emmenées au cercle maritime où on leur offrit des boissons chaudes.

     -16h30 : M. Vincent, sous-préfet de Dunkerque, et M. Sclisson, chef du quartier maritime de Dunkerque, annoncent que les plongeurs continuent leur travail et que des hommes sont toujours sous la coque.

     -16h30 : Un plongeur remonte un peu le moral des familles : “Je reviens du naufrage. Des hommes sont toujours bruyants. Ils frappent avec un marteau ou une barre de fer dans la coque”.

     -17h : Une cloche de plongée venant de Cherbourg est attendue.

     -18h : Deux compresseurs et  deux scaphandriers lourds de Dunkerque font leur apparition sur le quai.

     -19h : Les plongeurs arrêtent en raison du courant.

    Les moyens de sauvetage en mer

     Voici les différents bateaux qui ont participé aux opérations

     Les car—ferries "Free Enterprise III et VII" ; les canots de sauvetage de Calais

    et Boulogne ; les remorqueurs "Courageux", "Hardi", "Trapu"; la vedette de la Gendarmerie de Dunkerque; le remorqueur allemand "'Hermes"; le navire—ponton hollandais "Bever", le garde-pèche de Boulogne " La Garance', le "Myosotis". dragueur de la Marine nationale ; le "Margaret", vedette des Ponts et Chaussées de Boulogne et les deux pllotines au port de Calais.

     Il faut également noter la présence de deux hélicoptères des pompiers de Paris, d‘un autre de la police parisienne et d'un quatrième de la Protection civile britannique.

    Un service religieux à St-Pierre et St—Paul pour les marins de la drague

     A l‘intention des deux défunts de la drague « Cap de La Hague », un service religieux sera célébré aujourd‘hui samedi à 16 h en l‘èglise Saint-Pierre et Saint—Paul au Courgain maritime.

    De nombreuses personnalités

     En plus des personnalités calaisiennes que nous avons citées hier nous avons remarqué aujourd'hui, MM. Turon,préfet du Pas—de-Calais ; Vincent sous—prèfet de Dunkerque, Abrial, sous-préfet de Calais; Sclisson, chef du quartier maritime de Dunkerque; Wadoux, officier principal des affaires maritimes de Dunkerque ; Mallejac, administrateur ; le colonel Bec, des sapeurs-pompîers, inspecteur départemental des services de sécurité et d'incendie ; le commandant Gautier, de Dunkerque ; le capitaine Impines, chef de corps à Boulogne; le capitaine Dauchel, chef du corps à Calais, tous deux inspecteurs départementaux adjoints ; Courouble, directeur de la protection civile, etc.

    L’attente des familles

     Pour les familles de ces marins prisonniers du navire, elles vécurent sur les quais des heures interminables.

     Lorsque les autorités les invitèrent à venir se reposer quelque temps au cercle maritime, certaines finirent par accepter, tandis que d'autres restèrent sur le quai, le regard fixé vers les jetées dans l’espoir de voir revenir l’être cher.

    12 octobre 1974

    M. Gendre, ancien directeur des ports de Calais et Boulogne, P.D.G. adjoint de I'Union maritime de dragage à qui appartient le navire, descend de la vedette des douanes. après s'être rendu sur les lieux où il vit s'enfoncer l'épave.

    12 octobre 1974

    Le caisson étanche des sapeurs-pompiers de Dunkerque est descendu sur l'un des remorqueurs pour être acheminé sur les lieux du naufrage.

    12 octobre 1974

    Pour quelques membres des familles, sur le quai, c‘est l‘attente insupportable près d‘un sauveteur, relié en permanence par radio.

    12 octobre 1974

    A sa descente d'hélicoptère, M. Turon, préfet du Pns-de-Calais (2e en parlant de la gauche), qui était accompagné de M. Abrial,sous-préfet (à gauche), s’entretint avec M. Puissesseau, président, de la Chambre de commerce et le capitaine Dauchel.

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