• 13 octobre 1974

    “CAP de la Hague” : au troisième jour d'un sauvetage particulièrement difficile, l’espoir demeurait

    Quelque soixante heures après le naufrage du « Cap de la Hague » au large de Calais —— don’t la moitié du temps totalement sous l‘eau — la vie subsistait à l‘intérieur de l'épave. Une réponse nette et indiscutable, sous forme de coups donnés contre la coque parvenait en effet aux plongeurs quand ils la sollicitaient en frappant avec un objet métallique à proximité de l’un des compartiments, à l‘avant du navire.

     Cette troisième journée, au cours de laquelle on a encore assisté à une multiplication des moyens, avait remis beaucoup d'espoir au cœur des sauveteurs et des plongeurs, plus particulièrement eux qui soulèvent l‘admiration pour la somme de courage que représentent ces descentes dans une eau glacée par une température encore plus basse que celle de la veille.

     Inlassablement, les équipes se relaient, pre nant parfois de sérieux risques aux instants de la journée où ils luttent jusqu‘au bout de leurs forces lorsque les courants, liés à l‘alternance des marées, finissent par venir à bout de leur résistance. Il leur fallait alors attendre un autre moment plus favorable, ce qui explique les interruptions successives laissant croire, parfois, que les marins engloutis étaient abandonnés.

     Dans la matinée, c’est de la Grande-Bretagne que l‘espoir est venu avec cette cloche de plongée tant attendue qui, finalement, s‘avère inutile. Jamais, en effet, elle ne put être fixée contre la paroi en raison de la gite du navire et, le plus souvent, les courants la faisaient tourner sur elle—même telle une toupie.

    13 octobre 1974

    La cloche de plongée britannique arrivant, vers 8 h 30, sur les lieux du drame. (photo “La Voix du Nord”)

     Pendant ce temps—là, une autre cloche géante celle-là, dix fois plus lourde que la précédente avec ses quelque 90 tonnes était partie d’Anvers dans la nuit. Mais elle était “en pièces détachées”, sur plusieurs plates—formes d’un convoi exceptionnel qui ne franchit un pont, à Gravelines, qu’au prix de travaux sur place. Elle arriva Calais à 14 h seulement où son montage commença.

     De Dunkerque, un ponton-grue devait arriver afin d‘en assurer le transport jusqu'à proximité de l'épave. Mais, ce ponton, tiré par un remorqueur, ne prit la mer que vers 11 h en raison des prévisions météo qui annonçaient des coups de vent successifs. Il fallut attendre une relative accalmie en milieu de journée. Aussi le ponton n'arriva-t-il qu‘en début de soirée, alors que la cloche n'était pas encore montée.

     Mais revenons à ce début de journée marqué par une premiere conférence de presse.

    Schéma d’un incroyable sauvetage

    13 octobre 1974

     

    A 22 h 45, les plongeurs pénètrent à l’intérieur de la drague

     

    Les plongeurs participant aux secours ont pénétré, vers 22 h 45, à l'intérieur de la drague “Cap de la Hague”.

     Pour parvenir à cette opération les sauveteurs ont agrandi l‘orifice qu’ils avaient obtenu cet après-midi en faisant sauter des explosifs à charge creuse.

     Les plongeurs agrandissent actuellement le passage qui leur permettra de rejoindre la salle des pompes où un ou plusieurs rescapés sont isolés.

     Ces travaux se poursuivent actuellement et tout coutact radio est interrompu avec la capitainerie du port  de Calais, de sorte que  “les hommes à terre attendent avec impatience une nouvelle imminente des sauveteurs”.

    LA CONFERENCE DE PRESSE DE L'ESPOIR

     

    Dans un local du bureau du port, qui s’avéra rapidement trop exigu, les journalistes furent conviés, à une première et véritable conférence de presse depuis le chavirement du navire.

     Autour de MM. Turon, préfet du Pas de Calais et Abrial, sous-préfet de Calais, il y avait là les plus hauts responsables des opérations en court.

     Tous les visages étaient tendu, creusés par la fatigue de deux nuits de veille. Mais l’espoir éclairait encore tous les regards.

     Il était 8 h 30 en effet quand M. Turon s'adressa aux journalistes.

     Or, une demi—heure plus tôt, alors que les plongeurs venaient de réparer une cassure de la tubulure permettant une insufflation d‘air à l'intérieur de la prison d'acier à leurs coups répétés sur la coque, ils récurrent, une réponse identique beaucoup plus appuyée que les fois précédentes.

     La vie était donc toujours possible à l’intèrieur.

     

    M. Turon : « Un drame de dimension nationale .»

     

    Le préfet, avant de céder la parole aux specialists, rappela tout d‘abord de quelle manière avait été rassemblé le maximum de soutien logistique à l’opération grâce aux concours les plus divers.

     D'ailleurs,  ils ne cessèrent de se multiplier au fil des heures, à la mesure de  “ce drame de dimension nationale”.

     

     Et de citer l’administration des Affaires maritimes à tous ses niveaux (Calais, Dunkerque, Le Havre jusqu’au ministère de la marine marchande, le CROSSMA (Centre Régionnal Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage en MAnche), noeud du réseau de liaisons, le préfet maritime de Cherbourg, qui envoya à Calais un ingénieur principal à titre de conseiller technique, les services de protection civile, les sapeurs-pompiers de la region et ceux de Paris avec leurs helicopters, leurs plongeurs, la marine nationnale et ses médecins, ses plongeurs démineurs, les specialists hollandaise de decoupage du navire, les anglais qui firent le maximum pour dépêcher sur les lieux une première cloche de plongée et un important personnel. etc.

     M. Turon, en rendant hommage aux uns et aux autres, avait voulu, par une telle enumeration, qu'il qualifie lui-mème d'incomplète, illustrer toute l'ampleur des concours et des moyens mis en œuvre.

     

    “Quille en l‘air” : un  naufrage extrêmement rare

     

    C'est d'administrateur principal des Affaires maritime Quéré, chef du CROSSMA à Cherbourg, qui fit le point du sauvetage, reprenant les principaux épisodes depuis l'appel envoyé par le “Free Enterprise”,  jeudi à 8 h 15, “Free Enterprise” qui venait de repérer la drague, ventre en l’air.

     Il fit immédiatement une sorte de m1se au point à propos du remorqueur allemand “Hermès”, le premier sur l’èpave et au sujet duquel une polémique s'était fait jour dans les milieux maritimes.

     Le “Hermès”, en effet était prêt à tenter de tirer sur le champ le “Cap de la Hague”, auquel i1 avait réussi à passer une élingue. Ceci afin de le remonter un peu plus vers la côte au moment où la mare montait.

     Pour M. Quérèe, les Allemands ayant fait savoir qu’ils avaient entendu des coups provenant de l’interieur, ordre lui fut donné de ne rien tenter afin que la drague, en raison d'une gite possible, ne bascule pas sur le flanc, ce qui, à ses yeux, aurait mis en peril immédiat la vie des naufragés.

     Ce fut alors la déjà longue histoire de ces heures et ces heures d‘efforts qu‘il fallut adapter, chaque fois, à de nouvelle circonstances dont toutes étaient loin d'être prévisible.

    Ce renversement complet d‘un navire d‘une telle dimension. - quille en l'air – pour employer le langage des marins alors que ce navire est justement dépourvu de quille ! est un cas rarissime, tous les spécialistes en conviennent.

     Ses causes ? M. Quéré affirme qu'on les ignore pour l'instant et qu‘une enquete les determinera.

     Il n'en dira pas advantage de toute manière en invoquant le secret de l‘instruction.

     Toutefois l'hypothèse paraissant la plus plausible – sans qu'elle fut évoquée au cours de la conférence de presse, répétons -le — est la suivante :

     Une lame plus violente que d'autres a du prendre le navire par le travers provoquant un déplacement du chargement de sable et gravier d’un meme coté, les hautes et lourdes superstructures de ce navire, d’un type bien spécial, ayant alors accentué le mouvement de balancier en raison de leur poids.

     Mais, il s'agit là d'une hypothèse sur laquelle il serait vain de s'étendre pour l’instant et qu'il convient de ne retenir qu‘à titre de supposition

     

    Encore des coups dans la coque : ils vivent

     

    Et les survivants ? Combien sont—ils ? On ne le sait pas.

     D’où provenaient leurs appels, leurs coups dans la coque permettant d’affirmer qu’il ne s’agissait pas d’objets touchant les tôles au gré  des vagues. Aux trois coups  des plongeurs sur le métal répondaient en effet trois coups qui n’étaient nullement dus au hasard. Où étaient donc ces malheureux dans leur prison sans issue et sans lumière ? Probablement les compartiments de l‘avant ou de l'arrière.

     Et comment fallait-il percer la coque ? Ce navire possède un double fond, sois deux  étages de tôles, ce qui rend plus aigu le probléme. Quel était le compartiment noyé ou celui qui ne l'était pas ? En percent à tel endroit plutôt

    qu‘à tel autre n'était-ce pu courir le risque de voir s‘échapper dans un cas l'air nécessaire à la survie des marins bénéficiant encore, dans un compartiment étanche, d'une certain potentiel d'oxygène ; dans l'autre cas, n’allait—on pas les noyer.

     Autre difficulté dans le percement des tôles, sous l'eau :

     

    Le fonctionnement des chalumaux entraine un dégagement de gaz.

     

    Si une grande partie est absorbée par l‘eau, il n'empêche qu’il pénètre également a l'intérieur, dans une atmosphère déjà raréfièe.

    On peut toujours craindre dans une semblable éventualité une explosion à l’intérieur, la—mème où l’on espère trouver des survivants.

     

    Les plongeurs prennent de gros risques

     

    Le travail des plongeurs fut également évoqué.

     Sur la coque, ils étaient constamment rejetés à l'eau par les vagues.

     Sous la ligne de flottaison, quand ils durent trouer la coque, les Courant violents leur arrachèrent leur masque. 11 prirent de gros risques et durent parfois battre en retraite.

     Toutes ces explications. M. Quérè tint à les donner pour répondre aux reproches que certains émettent en raison d'une apparente lenteur pour ceux qui ne comprennent pas que les survivants n‘aient pas pu être sortis depuis longtemps.

     L‘administrateur principal, dans le même ordre d'idée, expliqua l'instant de désolation qui s‘empara des sauveteurs au moment où, vendredi vers 15 heures 15, le long “cigare” d‘acier disparu sous les flots le château arrière s'étant écrasé.

     L'émotion nous a alors les gorges tant elle était profondément ressentie par ceux qui se trouvaient, depuis tant d eau déjà, confrontés aussi directement à la tragédie.

     Si le désarroi toucha les cœurs, il ne désarma pas les esprits.

     Les plongeurs descendirent pour la énième fois.Il auscultèrent l‘acier… et de l’acier ne demeura pas silencieux. A l‘intérieur, on frappait encore et toujours. Il subsistait  donc de l’air. Des vies restait à sauver

     

    Un veritable poumon artificiel

     

    De l'air, il en fallait à tout prix.

     Toute la nuit, au milieu des moteurs de navires croisant à proximité des quelques bouées marquant l‘emplacement de l‘épave, ronronnait aussi celui d'un compresseur, véritable poumon artificiel insufflant de l'air grâce à la prise effectuée au bon endroit.

     Mais. dan: la nuit, a quatre reprises, la canalization, petit tube dérisoire, se rompit. Les equips de plongeurs se relayèrent. Ils purent brancher et rebrancher ce cordon ombilical, après une heure d’interruption. La dernière fois vers 7 h, l’oreille plaque sur la coque, ils recevaient la réponse tant attendee.

     Dans le meme temps, d’autres plongeurs poursuivaient leurs investigations.

     A 22 h, on estimait que l’épave s’était totalement stabilisée malgré la gite quelle consevait (45 degré environ). Ils approchèrent des portes hélas bloquées et constatèrent l’affaissement du château arrière.

     A 23 h, on devait alors se contenter de surveiller la canalization d’air, rien ne semblant plus possible avant l’arrivée de la cloche de plongée qui, dans le meme temps, cheminait sur les routes anglaises en direction de Douvres.

     Pourquoi n’avait-on pas fait à cette cloche bien avant ?

      M. Quéré est catégorique:

     Nous pensions réellement que le “Cap de la Hague” ne s’engloutirait pas et nous avions l’espoir de sortir les survivants par un autre moyen.

     Cette cloche, nous avons dit hier de quelle manière elle servirait de sas pour recupérer les naufrages - a sec – sans que l'on soit obligé de les équiper d'un système de respiration sous-marine pour les faire passer dans l'eau, avant qu‘ils ne retrouvent la surface.

    La règle d‘écolier : Un puissant explosif “charge creuse”

     

    Enfin, la conférence de presse prit encore un tour dramatique lorsque M. Quéré sortit  une sorte de règle d'écolier avec laquelle nous pensions qu'il allait indiquer quelque partie du navire sur le plan étalé sur une table.

     Or, c‘était d'un puissant  explosif à “charge creuse” arrivé dans la nuit, par un avion militaire, venant des services pyrotechniques de la marine nationale à Toulon.

    Un spécialiste expliqua alors que ce procédé avait la parucularité de ne pas transmettre l‘énergie de choc aux compartiments voisins.

     Mais les autorités ont bien insisté :

    “Tous les autres moyen devront être épuisés et nous n’utiliserons celui-là qu’en toute extrémité pour essayer de passer quand même”

     Le médecin commandant Héraut, du service Département de la protection civile, apprécia enfin les chances de survie de ceux qui ne cessaient de manifester ainsi leur espoir de délivrance.

     S'ils se trouvent en surpression, les caissons de décompression son prêts à les accueillir et, le dispositif sanitaire est également a la mesure de ce que l'on attend de lui avec quatre médecins du la marine nationale, des pompiers de Paris, un médecin reanimateur et des infirmiers.

     Leur évacuation à terre serait alors rapide par hélicoptère.

     Le médecin commandant dit aussi qu'il comprenait les réactions de ceux qui prétendaient – que ça traînait -, réaction de l‘homme qui n'accepte plus son  impuissance à un siècle où nous sommes si habitués aux plus grandes prouesses Techniques.

    La première charge sauté à 15 heures

     

    En début d'apres-midi, les autorités ne voyant plus aucune issue possible à l'insolubie problème qui leur était posé pour sauver ceux qui étaient encore en vie, la decision fut prise :  on utiliserait  ces explosifs à charge creuse qui nous avait été présenté le matin.

     Les médecins avaient été consultès également qui savaient mieux que personne que la résistance humaine a des limites quand a priori il semblait que les mrvivants n‘aient rien pu boire ni manger.

     Un hélicoptère partit avec deux charges, deux de ces règles fines paraissant si inoffensives.

     Les plongeurs-démineurs placèrent la première charge entre les compartiments 9 et 10 comme le montre notre dessin. Ils la firent sauter vers 15 h, petite explosion qui avez été dosée! ainsi que l‘expliqua hier soir M. Quéré, au cours d'une seconde conférence de presse tenue en présence du préfet, et de M. Antoune, administrateur général des Affaires maritimes pour la région Normandie - mer du Nord.

     Une brèche triangulaire de 15 centimètres avait ainsi été ménagée, mais elle était beaucoup trop étroite.

     Une demi-heure plus tard, une seconde explosion permettait un_élargissement,  mais, le trou n'etait pas encore suffisant pour laisser le passage a un plongeur.

     C‘est alors que les courants se manifestèrent une nouvelle fois : les plongeurs durent battre en retraite. Mais un espoir était permis, puisque le ou les survivants se firent entendu après chacune des explosions.

     Il fallait donc attendre le renversement de courants. Vers 21 h pour augmenter encore l’échancrure par un troisième pétard.

    Des boissons chaudes et des lampes électriques flottantes

     

    En attendant, la situation dans le compartiment ainsi ouvert par en dessous (notre dessin) devait permettre l'envoi de boissons chaudes dans des sacs en plastique, placés par un plongeur au bord de l‘orifice pour qu’ils remontent aussitot à la surface, à l'intérieur du compartiment.

     Dans celul—ci, en effet. Depuis qu'un trou a été pratiqué, le niveau de l'eau a monté, mais il subsiste une importante poche d‘air qui continue d‘alleurs d‘être alimentée par l'apport extérieur grace à la canalisation mise en place, ainsi que nous l’avons dit plus haut.

     Il était également prévu de joindre des lampes électriques flottantes pour éclairer la  piéce et rendre ainsi quelque lumière aux emmurés, afin de faciliter la phase suivante, celle— de la dernière chance, avec l'entrée des plongeurs dans ce compartiment.

     Un double équipement sous—marin pour sortir les naufragés

     

    En effet, des que la troisième charge explosive aura sauté, on pense que les plongeurs pouront passer.

     Il emmèneront avec eux un équipement double en masque et une bouteille d'air.

     Après être ainsi descendus d‘une bonne dizaine de metres sous l‘un pour franchir l’orifice, ils remonteront jusqu'à la poche d‘air, équiperont le naufragè d’un masque et l‘aitrainerons donc dans l'eau avec eux pour descendre d'abord jusqu‘au trou et remonter alors a l'extérieur de la coque.

     Là, ils seront hissé à bord du remorqueur “Trapu” formé en véritable hôpital flottant avec de nombreux médecins à bord.

     Tel était le schéma de cet incroyable sauvetage.

    13 octobre 1974

    Pendant la conférence de presse, un spécialiste des services pyrotechniques de Toulon montre une sorte de règle anodine. ll s'agit de l'explosif à “charge creuse” , qui ne devait être employé qu’en dernière minute.

    13 octobre 1974

    Au centre M. Turon s'entretient avec M. Cendre, P. D. G. adjoint de l’Union maritime de dragage. A gauche: M. Abrial, sous-préfet. A droite: M. Lasserre, commissaire principal.

    13 octobre 1974

     Le navire britannique spécialisé dont l‘avant est équipé pour suspendre et mettre la cloche à l'eau

    13 octobre 1974

    Au-dessus de l’épave - qui a totalement disparu sous l'eau - une équipe de plongeurs va vérifier la conduite d'insufflation d‘air.

    13 octobre 1974

    Cette photo permet d‘apprécier les dimensions de la cloche par rapport au bâtiment qui la transporte.

    13 octobre 1974

     

    Les rotations des hélicoptères continuent toujours à la même cadence.

    13 octobre 1974

    Le convoi exceptionnel amenant la grosse cloche de plongée d‘Anvers (70 tonnes ) arrivant en plusieurs parties devant le bureau du port à 14 h.

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