• 15 novembre 1914 : Calais fête le roi des Belges, Albert 1er

    15 novembre 1914 : Calais fête le roi des Belges, Albert 1er

    A la mi-novembre, ils sont plusieurs milliers à se trouver dans l’enceinte de la ville et dans les environs. Alors que de gros efforts sont déployés pour évacuer les civils vers d’autres zones, beaucoup de militaires commencent à s’implanter de façon visiblement assez durable.

    En effet, une véritable base militaire belge s’organise à Calais depuis la mi-octobre, sous l’égide du lieutenant-général Clooten. Située à l’arrière-front, la ville, avec ses installations portuaires, représente un site idéal pour le cantonnement des soldats belges, persuadés, après le coup d’arrêt infligé aux Allemands lors de la première bataille de l’Yser, que le retour dans leur patrie ne saurait tarder.

    Une base militaire belge

    Le ministre de la guerre belge, Charles de Broqueville, attribue à Clooten le commandement supérieur des troupes belges de la région de Calais tout en lui déléguant des pouvoirs étendus sur le personnel belge de la zone. Le GQG (Grand Quartier Général) belge lui accorde en outre toute autorité pour la réorganisation et la mise en état des troupes de forteresse, la police et la discipline générale continuant de relever du gouverneur général de Calais.

    Les soldats belges sont cantonnés dans tout le Calaisis, divisé en trois secteurs : le secteur sud-ouest  comprenant les dépôts des 4°, 5° et 6° divisions d’armée, ainsi que les grenadiers, 1er et 2e carabiniers, 2e et 3e chasseurs à pied, 1er, 8e et 13e de ligne stationnant du côté de Saint-Inglevert ; le secteur sud regroupant l’artillerie et le génie de forteresse ainsi que leur dépôt, le corps des mitrailleurs et des télégraphistes, installé à Ardres et alentour ; le secteur sud-est comprenant trois divisions d’armée, 10 régiments de forteresse et le 1er chasseur à pied, établi sur le territoire d’Audruicq et à proximité.

    Aux yeux de tous ces militaires, la résistance dont leur souverain, Albert 1er, a fait preuve face aux Allemands devient un symbole de ralliement patriotique. C’est la raison pour laquelle, le 15 novembre, alors que les combats continuent, ils tiennent à célébrer solennellement la Fête du Roi à Calais, en l’église Notre-Dame, où se déroule une cérémonie exceptionnelle. Le vénérable lieu de culte est orné pour l’occasion d’une décoration toute spéciale.

    Célébration en l’église Notre-Dame

    Sur les piliers soutenant la nef sont disposés des trophées de drapeaux aux couleurs nationales des deux pays, et du cintre descendent de longues oriflammes belges et françaises. Le maître-autel est décoré de fleurs et éclairé de multiples lampes électriques courant le long des boiseries formant le fond du chœur. La population calaisienne, à la demande de la municipalité, a également pris soin de pavoiser les boulevards de drapeaux belges et français.

    Dans le chœur, des sièges sont réservés aux états-majors belges et français. Les généraux  Clooten et Ditte figurent en bonne place. Les autres sièges sont occupés par le haut clergé belge et par Monseigneur Debout, archiprêtre de Notre-Dame, entouré des membres du chapitre. Les officiers anglais se sont positionnés sur les premières rangées de chaises, à gauche de la nef, les officiers français étant à droite. Les nombreux autres officiels présents ont pris place immédiatement derrière.

    Une foule nombreuse se presse sur les bas-côtés de la nef et, dès neuf heures et demie du matin, plus une chaise n’est libre. Beaucoup de Calaisiens restent à la porte de l’église, archi-comble, et ne peuvent assister à la cérémonie. A dix heures, la messe est dite par l’aumônier belge, le chanoine Timmerman, assisté de son clergé. Des sonneries de clairons ponctuent les chants liturgiques. Le Te deum se termine par l’exécution de la « Brabançonne », l’hymne national de la Belgique.

    D’autres manifestations

    L’après-midi, un groupe rassemblant des soldats, des infirmiers et infirmières belges ainsi que des civils belges et français, va honorer la mémoire des Belges morts au champ d’honneur, inhumés à Calais. Partant du pensionnat Saint-Pierre, ce cortège se rend au cimetière Nord pour y déposer drapeaux et couronnes de chrysanthèmes. Cette manifestation spontanée se déroule sous de fortes rafales de vent accompagnées d’averses.

    Une messe solennelle en l’honneur du roi des Belges a lieu également le 15 novembre dans la matinée à Guînes, avec le concours de la musique des Guides. La petite église guînoise ne peut, elle non plus, contenir toute la foule. La prise d’armes prévue à midi sur la Grand’place, avec le concours des troupes des cantonnements voisins et en présence de nombreuses autorités civiles et militaires, doit être annulée en raison de la pluie battante. Le soir, au grand salon de l’Hôtel de Ville, un banquet réunit les officiers de l’armée belge et le maire de Guînes, Narcisse Boulanger, accompagné de toute l’administration municipale.

    Les proclamations et signes d’amitié se multiplient donc entre Français et Belges dans le Calaisis en cette période dramatique. Le roi Albert 1er en est informé et envoie un télégramme de remerciements, diffusé par l’intermédiaire du lieutenant-général Clooten. Très bientôt, ce sera son épouse, la reine Elisabeth, qui viendra en personne témoigner sa gratitude aux Calaisiens solidaires.

    « 10 novembre 1914 : un nouveau gouverneur pour CalaisAoût 1914: visite chez les territoriaux cantonnés à Calais »
    Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :


snow