• 16 octobre 1973

    Arrivée d'un escorteur côtier

     Dans La nuit de lundi à mardi, est arrivé au port de Calais, l’escorteur côtier "Fougeux"qui s‘amarra en couple de la gabare " La Fidèle", également de la Marine natiotionale.

     Le " Fougueux" venait prendre la relève de " La Fidèle", dont on annonçait le retour à Cherbourg.

    Dans la soirée de lundi, était également arrivé un navire hollandais, le "Dolfun” venant prendre la relève du "Bever”.

     L‘hélicoptère des sapeurs-pompiers de Paris, basé au quai de la Colonne. est toujours sur place. Son équipage sera relevé ce matin, mais l'appareil restera un certain temps à Calais afin d’être prêt à intervenir dans le cadre de la sécurité des plongeurs, occupés à la prospection de l'épave. Hier, il a effectué plusieurs sorties.

     A 17h. il s'envolait encore pour  conduire un officier à  bord du dragueur "Myosotis à côté de l'épave.

    16 octobre 1974

    L‘hélicoptère « Alouette III » des sapeurs-pompiers de Paris, qui assura la plupart des liaisons terre-mer pour le transport de personnel et de matériel, a effectué hier de nouvelles missions entre le quai de la Colonne d’ou il décollait ( notre photo) et les lieux du naufrage. Cet appareil doit regagner sa base aujourd’hui.

    Une bouée marque l'épave

     Hier matin, le navire-baliseur " Emile—Allard " de Dunkerque, a mouillé une bouée lumineuse, à feu spécia, à l'emplacement de l‘épave de la “Cap de la Hague“ pour remplacer les bouées flottantes, mises en place dès le début du naufrage, car il se confirme que l'épave constitue un danger pour la navigation . Il ne fait pas de doute que le relèvement de la drague écartera un risque d' accident qui n'est que trop éviddent, surtout si l‘on se souvient d'un certain précédent, survenu le long de la côte anglaise ou un navire fit naufrage après avoir heurté l‘épave d'un autre cargo coulé la veille !

    Un chalutier boulonnais repêche un quatrième corps

     Un quatrième corps a été repêché, hier, en mer, cette fois par le chalutier boulonnais “Sainte-Marie-Madeleine” (patron Jean Decharles). En opération de pêche depuis lundi, les marins aperçurent vers 15h. un corps lors de la remontée de leur filet, à 7.5 milles au n.-o. de Calais, non loin des riddens de Calais, c‘est-‘a—dire légèrement plus à l’est par rapport au lieu de la découverte du corps de Daniel Yon, la veille.

     Ils alertèrent Calais par V.H.F. et firent immédiatement route sur ce port, où ils accostèrent à 15h40, au quai de la Colonne.

     Le corps était vêtu d’un pantalon bleu et d'un tablier blanc, ce qui laissait présumer que c‘était celui du cuistot.

     Les pompiers, montés à bord du chalutier, l'enveloppèrent d'un drap et le transporterent au PC. médical de la capitainerie.

    Un rescapé du premier jour, M. Bernard Vincent et un autre membre de l’équipage de la drague, le lieutenant Couppé, permirent son identification. Il s‘agissant effectivement du cuisinier, M.Jean—Marie Bouland, 23 ans.

    Célibataire, premier fils d‘une famille de douze enfants, de Berville—sur-Mer (Eure), résidant à Malo-les—Bains, 55.rue de Bir—Hakeim.

    Parmi les autorités sur place, on reconnaissait l’administrateur général, Antoune du Havre ; l'administrateur Sclisson, chef du quartier de Dunkerque des affaires maritimes et son adjoint l'administrateur Raymond Wadoux, le capitaine de frégate Bertrand, chef des opérations de sauvetage; Carrièr,. commmsaire de police; Joseph Kerjean, commandant du port; Henri Ravisse, président de la commission du port de la Chambre de commerce et d’industrie et Pierre CheerBrant, directeur des services de la C.C.I. ; Deligny, syndic des gens de mer à la station de Calais des affaires maritimes ; Guy Feat, pilote du port etc.

    Apres identification et constat médical dressé par le docteur J. J. Peumery, la depouille de M. J.-M. Bouland a été transportée à la morgue du cimetière Nord.

    Les familles des disparus ont été officiellement prêvenues

     Aucun espoir n'existant plus désormais de retrouver des survivants, l‘administration des Affaires maritimes a décidé d‘informer offic1ellement les familles de la disparition des membres d‘équipage du “Cap de la Hague".

     Cette  pénible mission fut effectuée pour ce qui concerne  les quatre disparus de la région. MM. André Lefranc, André Bocquolet, Jules Verove et Alex Dolmy de Grand-Fort—Philippe, par les administrateurs Sclisson et Wadoux, qu'accompagnaient M. Pleuvret, maire de Grand-Fort-Philippe et une assistante sociale .Cette visite administrative se place dans un cadre traditionnel dans les coutumes de la Marine. Elle équivaut pratiquement à un constat de décès.

    La mer agitée gêne le travail

     Hier, en fin d‘après-midi, le vent est monté sur le détroit. La météo annonçait une mer agitée à forte, avec des vents de nord — nord—est de 25 à 35 nœuds, pour la nuit de mardi à mercredi, et une visibilité réduite par les averses. De ce fait, la drague suceuse "Belleville" a préféré gagner l'abri, a Boulogne tandis que la vedette "Margaret " entrait au bassin Carnot.

     Hier. vers 19 h, le dragueur " Myosotis " est rentré au port de Calais pour y faire de l'eau et prendre du ravitaillement.

     Quant au navire—atelier «La Fidèle», de la Marine nationale, venu de Cherbourg. Sa présence ne s'est plus révélée utile, toutes les missions envisageables n’étant pas à sa dimension. Son retour à Cherbourg a été décidé et le navire devait appareiller la nuit dernière.

     L'escorteur " Fougueux restera sur place pour le transport du matériel et du ravitaillement à bord du "Myosotis”, auquel il servira accessoirement de petite base arrière. Le garde-pèche ”‘La Garance " reste également sur les lieux du naufrage.

    Trois ou quatre corps (au maximum) resteraient dans l'épave

      Hier, à 19h, une conférence de presse a été tenue au PC. Opérationnel, en présence des officiers et personnalités, deja présents à celle de lundi soir.

    M. Pierre-Marie Abrial, sous-préfet déclara : «Actuellement, aucune personne vivante ne se trouve plus à bord de l‘épave. En conséquence, les investigations pour retrouver d'éventuels survivants ont été arrêtées depuis aujourd'hui à midi. La recherche des corps continue.

     Après enquête auprès des rescapés, il s'avère qu‘au maximum, trois ou quatre corps seulement (sur huit disparus) sont susceptibles d‘être encore à l‘intérieur de l‘épave.

     L'administrateur général Antoune a indiqué, de son côte : “ Les familles des disparus ont été avises des mesures de cessation des recherches de vies humaines. Nous leur avons fait savoir qu'il n'y avait plus d'espoir. Le secrétaire général de la Marine marchande a établi un communiqué (que nous reproduisons par ailleurs) qui résume les opérations entreprises depuis la première journée. Il répond par avance au texte de la demande (annulée par le comité de soutien”.

     Il a encore été précisé que l'armateur de la drague doit envoyer du personnel et du matériel hollandais, pour travailler sur l'épave, en liaison avec la Marine nationale, qui maintient sur place ses plongeurs du “Myosotis".

     A propos d'une rumeur qui avait circulé, concernant la découverte d‘un corps le long de la côte anglaise, M. l‘administrateur général Antoune a tenu à la démentit. Les services de sauvetage britanniques n'ont eu connaissance d’aucune découverte de corps.

    Une commission d’enquete se met à l’ouvrage

     A notre question de savoir si une commission d'enquête était nommée pour établir les causes du naufrage, M. l’administrateur général Antoune a répondu par l'afirmation ajoutant que c'était une chose absolument normale après tout naufrage, quel qu'il soit et qu‘un officier d'administration maritime avait commencé à recueillir les dépositions des rescapés.

     Des affaires personnelles du capitaine Cousin ont été retrouvées

     En prospectant les compartiments à l'arrière de la drague immergée, les plongeurs ont retrouvé, hier, un sac de voyage appartenant au capitaine au long cours Alain Coursin, commandant du "Cap de la Hague”. Cette mallette contenait des papiers et diverses affaires personnelles qui seront remis à la famille du commandant.

    16 octobre 1974

    Une partie de l‘équipage du chalutier boulonnais  “Sainte-Marie-Madeleine”, qui vient de ramener le corps, à son arrivée au port hier, vers 16 h. Les marins relatent déjà aux personnalités sur le quai les conditions dans lesquelles ils ont retrouvé le cadavre.

    16 octobre 1974

    L‘escoteur cotier  “Fougueux”, de la Marine Nationale (à gauche) s‘est amarré en couple de la gabare “La Fidèle”, et servira aux liaisons entre Calais et les navires occupés autour de l‘épave de la drague. Au premier plan, le bateau hollandais “Dolfun”arrivé avec une nouvelle équipe de plongeurs.

    Tout espoir étant perdu de retrouver des survivants dans l’épave de la drague « Cap de la Hague », les recherches portent dorénavant sur la remontée des corps des victimes. Du fait qu’elles se passent assez loin au large, on n’en a que des échos au port de Calais.

     Mais — nous l’avons dit — la fouille systématique de l’épave sera une opération longue et difficile, voire dangereuse, et on n‘en attend pas de grands résultats dans un délai court.

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