• 17 octobre 1974

    Les recherches, interrompues par le mauvais temps, seront reprises par une société spécialisée

     Le mauvais temps qui a régné, mardi soir, sur le détroit du pas de Calais, a continué hier toute la journée, interrompant les recherches des plongeurs de la Marine nationale, à bord de l’épave de la drague, pour tenter de retrouver des corps de disparus. Les prospections effectuées la veille avaient permis d’établir qu’il était peu probable que l’on découvre des corps dans les compartiments en dessous du pont principal.

     Les seuls corps susceptibles d'être encore dans l’épave se trouvent dans le compartiment écrasé de la passerelle et leur extraction sera, de ce fait, une opération difficile.

    LE CORPS D‘UN MATELOT A ETE RETROUVE, HIER, SUR LA PLAGE DE SANGATTE

    Hier vers 19h 30, un pêcheur à pied circulant le long de la prève, entre Blériot—Plage et Sangatte, à proximité des débris du « Costas-Michalos .. a découvert le corps d‘un homme rejeté par la mer au cours de la nuit

    Se doutant qu'il s'agissait de l’un des disparus de la drague il en informa aussitôt le PC. opérationnel de la capitainerie du port de Calais.

     Un fourgon des sapeurs-pompiers et de la police se rendirent sur place. Le corps étant dévètu comme celui de Daniel Yon, repêché lundi, il s‘agissait donc de l'un des hommes se reposant dans sa cabine. La dépouille fut ramenée au PC. mèdical du quai Paul—Devot, où son identification fut faite par deux membres du second équipage de la drague, le capitaine Gérard Le Soueff et le lieutenant Raymond Couppé, en presence du capitaine de frégate Bertrand, chef des opérations de sauvetage et du syndic des gens de mer Deligny, de la station des affaires maritimes de Calais.

     Il s'agissait du corps de M. Henri Bechet, matelot, de Saint-Martin-aux-Buneaux, par Cany- Barville (Seine-Maritime) qui aurait eu 44 ans ce 17 octobre.

    Il était marié et père de plusieurs enfants. Après la toilette funèbre, la dépouille de M. Bechet a été transportée à la morgue du cimetière nord.

     Un service religieux sera dit à sa mémoire aujourd‘hui, a 14 h en l’églîse du Courgain-Maritime.

     Après la découverte de ce cinquième corps, le bilan s'étabîit ainsi : sur quinze hommes d'équipage : trois rescapés, cinq morts, sept disparus.

    Reconnaissance en hélicoptère le long de la côte

     

     A la suite de la découverte du corps du matelot Henri Bechet sur la plage de Sangatte, l’hélicoptère des sapeurs pompiers de Paris a effectué une reconnaissance le long de la côte, dans la journée d’hier, de 12h30 à 18h30 entre Oye-Plage et le Cap Gris-Nez. M. Joseph Kerjean, commandant du port et M. Michel Agneray, officier de port, avaient pris place à bord de l’alouette III. Au cours du survol des plages, ils constatèrent seulement la présence de traces de mazout et d’épaves diverses, notamment ce qui semble être un escalier, dans les creux du découpage de la côte, vers Sangatte et Escalles.

     

    Une épave dangereuse pour la navigation

     

    L’épave du “Cap de la Hague” constitue un sujet d’inquiétude pour les milieux maritimes. Bien sûr, une bouée a été mouillée pour en indiquer l‘emplacement.

     Cette bouée biconique rouge, avec réflecteur radar, et feu rouge à quatre éclats groupés en douze secondes a été mise en place à 150 mètres à l‘ouest de l‘épave, dont l‘emplacement exact : 50 degrés 58° 39" nord et 01 degré 46‘ 08" est, a été signalé aux navigateurs par un “ avurnav”.

     Mais qu'arrivera-t—il, si cette bouée se décroche ou est déplacee par la tempète ? Le fait n‘a rien d‘impossible si l’on considère qu‘hier une autre bouée d'épave, mouillée au nord-ouest du banc des Quenocs a été s‘agnalée par le “Compiègne”, comme- s'étant déplacée d‘un mille et demi !

     D'autre; risque sont envisageable, la bouée peut s'éteindre par exemple. Enfin, rien n'exclut que l’épave se déplace elle-mème, sous l'effet d’une mer agitée et de courants violent dans les fortes marées.

     Déjà, mardi soir, à la sortie du port de Calais, le car-ferry “Horsa” a signalé par radio avoir failli heurter l‘épave, ne s‘étant rendu compte que très tard de la présence de la bouée.

     Il est certain que cette épave constitue un problème dont le reglement n‘interviendra qu‘à long terme, le renflouement constituant une opération d'une envergure très importante.

    la mer, très agitée, a interrompu, hier, les recherches

     

    L ‘état agité de la mer, dans la nuit de mardi à mercredi, et encore hier toute la journée, a oblige les autorités à suspender les recherché effectuées dans l’épave, pour retrouver les corps des disparus, celles-ci risquant d’etre trop dangereuses pour les plongeurs, don’t le travail aurait d’ailleurs été inéficace, en raison des conditions atmosphériques.

     Le dragueur côtier “Myosotis”, avec les plongeurs de la Marine nationale, revenu dans l'avant-port, mardi soir, pour refaire son plein d‘eau, y est resté à l‘amarre, hier, ainsi que l’escorteur côtier “Fougueux”.

     Quant au garde pèche “La Garance”, il avait appareillé mardi, peu après 21h, pour porter assistance au chalutier « Venus », en difficulté à six milles dans l’ouest du phare du Touquet.

     

    Le navire hollandaise “Dolfun”, dont les plongeurs doivent travailler en liaison avec ceux de la Marine nationale, a tenté de se rendre quand même sur les lieux, hier matin.

     Sortie à 9 h 10, il est revenue vers 10h, la mer, décidément trop houleuse, l’ayant constraint à faire demi-tour.

    La Marine nationale a terminé l'examen de l'épave

     

    Hier, à 18h M. Pierre-Marie Abrial, sous-préfet, a reuni la presse à la capitainerie du port de Calais, presence du capitaine de frigate Bertrand, directeur des operations, et de diverses personnalités, pour faire le point de la situation.

     M. Abrial a déclaré : “je suis à présent en mesure de vous fournir le rapport d'activité des plongeur.— de la Marine nationale— pour la journée d‘hier. Mardi jusqu'à la nuit, leurs investigations ont permis d‘explorer, par les hublots et les abords, l‘intérieur des cabines de la partie arrière de la drague. Quelque—menus objets personnels, don’t un poste à transistors, ont été retrouvés.   Aujourd‘hui, l'état de la mer n’a pas permis les plongées, effectuées mardi jusqu'à la limite de la sécurité. Outre un survol de la côte par l'hélicoptère (ce dont nous rendons compte par ailleurs), le garde-pèche « La Garance » a longé la côte à l’ouest de Calais, mais n‘a pas retrouvé de corps.

     La Marine nationale ayant achevé l'examen de l'épave, dans la limite de ces moyens, l’Union maritime de dragage est entrée en contact, avec une société privée disposant de moyens puissants et adéquats, notamment pour la dislocation des parois de l'épave, ce qui permettra la découverte des corps susceptibles de s‘y trouver. Le préfet du Pas-de-Calais est intervenue auprès de l'U.M.D. pour que ces travaux soient entreprise le plus rapidement possible -.

     De son côté, le capitaine de frégate Bertrand a indique que si des corps devaient être retrouvés dans l’épave, ce serait à l’intèrieur de la passerelle, qui est écrasées.

     Nos plongeurs ont pénétré dans les cabines soit par les hublots reposent sur le sable. A l'aide de projecteurs  donnant une visibilité de deux mètres dans les meilleures condition, ils ont pu s'assurer qu'il n'y avait aucun corps dans les compartiments.

     Toutes les chambres ont été visitées, ainsi que la cuisine, une partie de la salle à manger et la chambre, dite - hôpital -. L‘on peut dire, à soixante-dix pour cent, qu'aucun de ces locaux ne contenait de corps. Dans les endroits où la visibilité était réduite à cinquante centimètres, la prospection fut uniquement manuelle.

     “Des courants violents, atteignant 4 à 5 nœuds, balaient les coursives.

     “Il est vraisemblable que ce sont eux qui ont emporté les corps de MM. Bouland et Béchet, retrouvés hier et aujourd’hui, puisque l’enquête a établi que ces deux disparus se trouvaient au niveau du pont principal”.

     A notre question de savoir si la Marine nationale se retirait complètement le capitaine de frégate Bertrand a répondu qu‘il n’en était pas question dans l’immédiat. Elle laisse sur place du personnel qualifié pour assurer la liason avec la société, commandée par l’U.M.D., la mettre au courant de toutes les données techniques des recherché et lui éviter de démmarer à zero.

     Un représentant de l’U.M.D. a tenu à ajouter que sa société fera le maximum pour que les corps susceptible de se trouver dans l’épave soient rendus le plus vite possible aux familles.

                                                    Robert Chaussois.

    17 octobre 1974

    Sur un quai de l‘avant—port de Calais demeure un vestige du drame : la paroi fracassée d'une embarcation de sauvetage du “Cap de la Hague”, portant les indications suivantes : pour 18 personnes, longueur 6 m, largeur 2.02 m, tirant d'eau 0.85 m. Elle fut repéchée non loin de l‘épave. «Ph. « La. Voix du Nord ».

    17 octobre 1974

    Une unité très utile pour les liaisons inter-navires et entre le port et les lieux du naufrage fut la vedette de servitude « Margaret », des services de dragage des Ponts et Chaussées maritimes. Elle a joué un rôle qui ne fut pas négligeable dans les heures dramatiques qui suivirent le naufrage.

    17 octobre 1974

    Le corps du matelot Henri Bechet, vient d‘être ramené au port. Le commandant Le Soueff et le lieutenant Coupè (à droite) qui s‘entretiennent avec le capitaine de frégate Bertrand (de dos), viennent d‘identifier le corps. (Ph. “La Voix du Nord”)

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snow