• 1914-1918

    1914 — 1918

     Durant la grande guerre, CALAIS fut constitué en camp retranché sous le commandement du Général Albert DITTE.

     Il devait accueillir les très nombreux réfugiés civils des régions envahies par les Allemands. On ouvrit une école où l’enseignement était dispense en flamand, l’école ALBERT ELISABETH.

     Dès octobre 1914, après la retraite de la bataille d’ANVERS, de nombreux blessés seront évacués sur les bases arrières de CALAIS.

     JEANNE D’ARC ouvrit largement ses portes aux victimes du conflit. On pouvait compter sur l’abri, les vivres, les bonnes volontés mais les soins étaient difficiles à assurer, car un grand nombre de Médecins avait été mobilisé.

     Durant ce mois d’octobre, plus de 150 soldats belges furent accueillis à JEANNE D’ARC, par les sœurs et les habitants du quaflier.

     Le 2 novembre 1914, la totalité de l’Etablissement, y compris la chapelle et l’immeuble des cours pratiques, était réquisitionnée pour y installer la première ambulance Belge que vint visiter la Reine Elisabeth. Elle en confia la Direction au Professeur DEPAGE de Bruxelles.

     La chapelle était transformée en lingerie, l’immeuble des cours pratiques en chantier opératoire.

     La Sacristie avait été transformée en toute petite chapelle où la messe était dite tous les jours à 5 heures. L’assistance était réduite à Madame CARBONNIER et deux maîtresses qui avaient conservé leur chambre conventuelle et deux petites élèves qui habitaient les maisons voisines, Suzanne et Hélène BEUTIN.

    Une centaine de Docteurs, infirmiers, brancardiers, soldats, occupaient les classes et les dortoirs.

     Les élèves qui avaient vu leur nombre se réduire, furent recueillies par le Doyen de SAINT—PIERRE qui mit à la disposition de JEANNE D’ARC, les salles du patronnage des garçons de la me Chantilly, que l’on avait cloisonnées.

     Les internes, sous la surveillance d’une maîtresse, avaient trouvé refuge dans deux immeubles que l’on avait loué à proximité.

    Au début de 1916, l’Hôpital Belge abandonnera le Pensionnat pour s’installer au Virval.

    Mais les locaux qu’ils laissèrent avaient bien souffert de l’occupation militaire. D’importants travaux de remise en état étaient nécessaires.

     On en profitera pour apporter quelques améliorations : construction d’une grande salle de récréation couverte, installations sanitaires plus modernes, lavabos plus nombreux et une salle de bains.

     En octobre 1916, toutes les élèves externes et internes regagnèrent le pensionnat.

    Malgré la répétition des raids aériens, des bombardements, les cours sont suivis régulièrement.

     Les succès scolaires sont nombreux, en particulier au baccalauféat. Les élèves sont aidées dans leur préparation par les Abbès DECOOL pour l’Anglais, COURTIN pour le Grec, QUEVA pour le Latin.

     L’instruction religieuse est donnée par le Doyen de St Pierre Monsieur BOURGAIN et l’Abbé PERCHE, Professeur au pensionnat SAINT—PIERRE.

     Le 13 novembre 1917, vers 17 heures 30, des avions survolent Calais. Deux torpilles tombent à proximité de l’endroit où se tenaient une dizaine d’internes, avec leur maîtresse, Madame BOUVET. Un mur s’effondra. Deux élèves furent blessées. Yvonne VATIN & l’œil si gravement atteint qu’on devra l’énucléer. Mademoiselle PEUNERY sera blessée au genou.

    Le 5 décembre 1917, entre 5 heures 15 et 6 heures 15, un autre bombardement frappe le pensionnat, à l’autre extrémité du bâtiment. Il n’y a pas de victime mais les dégâts sont plus importants.

     L’insécurité, l’état des locaux, obligent le pensionnat à s’exiler.

     Seules les externes resteront à CALAIS, en se serrant dans les classes encore en état, en bouchant les trous dans les autres. La fréquentation, en raison des événements, sera irrégulière. Aux plus mauvais jours, on ne comptait qu’une vingtaine d’extemes.

     Il fallait trouver un abri sûr pour les internes. Pendant deux mois, Madame CARBONNIER battra la campagne pour trouver des locaux d’enseignement et d’hébergement. ,

     Le 29 janvier 1918, Monsieur Paul BREMART10uera à la Directrice les dépendances de son Château de LOSTEBARNE. Le Château étant occupé, il louera pavillon de chasse, maison de concierge, deux maisons jumelles et les écuries. Et les classes pourront commencer le 9 février.

     La vie s’organise à LOSTEBARNE. Les internes s’y plaisent beaucoup car la discipline y est moins sévère qu’à CALAIS et on faisait de longues randonnées dans la campagne.

     Pour les maîtresses, la vie était plus difficile, car certaines d’entre elles devraient se rendre tous les jours à CALAIS pour assurer les cours des externes restées sur place.

     La permanence à JEANNE D’ARC était assurée par JOSEPHINE (Sœur Marie-Amélie, tertiaire Dominicaine), portière depuis 1903 et par Madame COURQUIN—LEGROS.

    1914-1918

    1914-1918

    1914-1918

    Deux professeurs décédèrent pendant le séjour à LOSTEBARNE : Mademoiselle RUHAUT, maîtresse de couture et une Sœur converse, Sœur MARIE-FRANÇOISE.

     Cet exil Lostebarnien durera jusqu’en 30 avril 1919.

    L’Abbé CAMPAGNE, ancien Curé de LOOS, qui remplaçait l’Abbé BERNARD, Curé de LOUCHES mobilisé, assurera l’instruction religieuse.

     Il suivra les élèves à CALAIS lorsque’elles réintégreront le pensionnat et sera nommé Aumonier du pensionnat. Il sera logé dans la maison voisine du pensionnat.

     Les cours pratiques seront restaurés plus tard, mais dès octobre 1919, Mademoiselle Thérèse MULARD en assurera la Direction.

    L’Abbé CAMPAGNE, rapidement enlevé par la maladie, sera remplacé par l’Abbé DELORY.

     Aussitôt après la guerre, les Sœurs Dominicaines, qui s’étaient cxilécs en Belgique à CASTEAU, fermèrent leur maison pour regagner la France et ouvrirent des Etablissements médico chirurgicaux en particulier à SAINT GERMAIN EN LAYE et ROUEN.

     Elles ne pouvaient revenir à JEANNE D’ARC, car Madame CARBONNIER avait signé unbail de 99 ans avec la propriété immobilière.

     Le Chanoine POURCHAUX, Doyen de Saint—Pierre, fit appel aux Dominicaines de CASTEAU pour reprendre le petit pensionnat SAINTE AGNES, voisin de son Eglise, et en 1921, un petit groupe d’enseignantes en costume laïque, emmené par Sœur Marie des Anges, (BAILLET), prit la Direction de SAINTE AGNES.

     On se rapprochait de JEANNE D’ARC.

    En 1928, sous l’autorité de Monseigneur DUTOIT, nouvel évêque d’ARRAS, un accord intervenait entre Sœur Marie de Sainte Agnès, devenue prieure générale des Dominicaines du Sacré Cœur et Madame CARBONNIER. JEANNE D’ARC devenait pensionnat Diocésain et SAINTE AGNES Ecole paroissiale ne préparant plus qu’au certificat d’études.

     Trois des Religieuses de Sainte Agnès étaient admises comme professeurs à JEANNE D’ARC, dont la porte s’entrouvait.

     Mais des conflits allaient opposer les Sœurs venues de Sainte Agnès à Madame CARBONNIER et en 1933, les Sœurs Dominicaines qui avaient comme prieure à ce moment la Mère Imelda du Sacré Cœur, quittaicnt JEANNE D’ARC. Elles fondèrent la Clinique Saint Dominique à CALAIS (où exercera le Docteur PETEL, puis le Docteur Pierre BERNARD). Elles reprendront l’Institution de la Madeleine à CHATEAU THIERRY et créeront un foyer d’étudiants à BIHOREL, près de ROUEN (qui fermera en 1952).

    En 1935, le R.P. PADE, provincial de France, fut l’artisan du retour des Dominicaines à JEANNE D’ARC qu’elles avaient quitté en 1903.

    Les sœurs de la Communauté de PENSIER regagnèrent CALAIS. La prieure était Mère Marie—Imelda (CAUVIN), qui sera remplacée en 1939, par Sœur Marie-Charles (KIRSCH).

     Madame CARBONNIER, après plus de 45 ans passés à JEANNE D’ARC prenait sa retraite en 1935 accompagnée de Mademoiselle DEWEVRE, Madame BOUVET et de Joséphine.

     Elle était remplacée a la tête de l’ Institution par Madame HUMEAU (Sœur Madeleine du Sacré Cœur), elle-même remplacée en 1938 par Madame ESNEE (Sœur Marie- -Josèphe).

    « Le cinquantenaireLes cérémonies et les festivités »
    Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :