• 1939 -1945

    1939 — 1945

     Pour la rentrée de 1939, les dortoirs avaient été repeints : l’un en blanc, l’autre en rose, le dernier en bleu.

     Les événements interdirent aux pensionnaires d’en profiter, car dès septembre 1939, les bâtiments seront réquisitionnés et deviendront comme en 1914, un Hôpital Militaire pour l’armée Française.

     Madame KIRSCH avait, en quinze jours, réussit à fournir à l’Armée un Hôpital moderne équipé de 120 lits.

    Cent dix huit blessés reçurent des soins à JEANNE D’ARC qui fonctionnait comme Hôpital complémentaire de l’Hôpital du quai du commerce.

     Un Médecin de SAULTY, près d’ARRAS, le Docteur DEHEE, fut affecté à cet Hôpital. Sa famille l’accompagnera. Ses enfants rejoindront les autres élèves à WISSANT, où le pensionnat s’était établi dès la rentrée dans trois villas situées sur la Place de l’Eglise.

     Les élèves se plaignirent du froid. L’hiver 1939/1940 fut rigoureux et ces villas de vacances étaient mal équipées en chauffage.

    L’invasion Allemande en,mai 1940, met fin aux études et à‘ l’exil WISSANTAIS.

     La rentrée'scolaire de 1940 se fit dans quelques classes que les Allemands qui avaient réquisitionné l’immeuble, abandonnaient aux élèves. Ils y avaient établi un dispensaire de lutte antivénérienne.

     La fréquence des bombardements qui frappèrent CALAIS en septembre/octobre 1940 incita la Direction Diocésaine à fermer l’Etablissement.

     Quelques temps, Mesdemoiselles SOUFFLET et BEUTIN continuèrent à donner des cours dans les cellules des Sœurs, sous la Direction de l’Abbé DESSEILLES, de SAINT—PIERRE.

    La Kommandatur demandait, pour le 8 de chaque mois, l’état des effectifs du personnel et des élèves. C’est ainsi qu’au 8 décembre 1940, nous savons qu’il y avait 5512 élèves dans le primaire dans 36 écoles sur 52, 899 élèves dans les écoles primaires supérieures qui suivaient leur cours par roulement de trois jours, dans deux salles de l’asile des Petites Sœurs des Pauvres.

     Pour l’enseignement secondaire, 705 élèves suivent des cours donnés la plupart du temps dans des immeubles privés, car le Collège de la rue Leveux a été détruit, Sophie Berthelot, Saint-Pierre, Jeanne d’Arc sont réquisitionnés.

     Pendant toute l'occupation, le Pensionnat servit de bureaux et de magasins au Secours National que dirigeait Monsieur Marius WEINBRECK, directeur des Pâtes à papiers. Dans la crainte d un siège long et difficile lors de la libération de la ville, il avait pendant deux ans accumulé des stocks qui permirent pendant les quinze jours du siège de Calais a partir du 23/09/44 de servir 78 654 repas répartis à la population le plus souvent terrées dans les caves. Il fut aidé dans cette œuvre humanitaire entr’ autre par Melle BIRET assistance sociale et Melle BEUTIN.

     Pendant le siège une dizaine d’obus tombèrent sur Jeanne d’Arc ou à proximité sans faire de réels dégâts.

     Malgré la suspicion qui pesait sur toutes les œuvres entreprises par le Maréchal PETAIN, les mérites de M. WEINBRECK furent reconnus et il présida dans les bâtiments de Jeanne d’Arc aux services de l’Entr’Aide qui à la libération remplaça lé Secours National.

    LE RETOUR

     Le 6 janvier 1945, les Sœurs Dominicaines du Sacré—_Cœur qui avaient fui en 1940, pour se replier dans une de leurs Communautés, à CHATEAU THIERRY, reprirent possession de leur maison du moins en partie, car l’entraide nationale et un dispensaire ne laissaient à leur disposition que deux classes.

     Jusqu’à PAQUES, on fit la classe dans les cellules, la salle de communauté qui servait aussi comme salle de réfectoire et de salle de récréation.

     Mère MARIE DES ANGES (Camerlynck) fut la prieure et la directrice en 1945. Elle était secondée par Sœur MARIE—ALICE qui lui succédera comme directrice jusqu’en 1966.

     Et la vie heureuse reprit alors petit à petit, sous l’autorité des Sœurs qui avaient retrouvé leur habit de Dominicaines. La Loi du 3 septembre 1940 avait rétabli les Congrégations enseignantes.

    1939 -1945

    Soeur CATHERINE, Mlle DELADRIERE, Mlle SUZANNE, Mme VETU, Mlle REVET, Soeur Marie-Mannés, Mère Marie de St-Thomas, Mère Marie-Alice, Mère Marie des Anges, Soeur Marie Paule, Soeur Marie Albert

    1939 -1945

    Communion Solennelle sous la présence de M. EVRARD, évêque de Meaux

    1939 -1945

    Institution Jeanne d’Arc

    Calais 1947 - 1948

    1939 -1945

    Institution Jeanne d’Arc

    Calais 1947 - 1948

    1939 -1945

    1939 -1945

    1939 -1945

    1939 -1945

    1939 -1945

    1939 -1945

    1939 -1945

    Uniforme de Jeanne d’Arc,

     Jupe plissée, Corsage Blanc, Boléro, d’abord bleu marine puis gris, petit chapeau rond de feutre pour l’hiver, en paille pour l’été, gants bleu mariné en hiver, blancs en été. Il se portait le Dimanche mais aussi la semaine.

    Le 6 Mars 1956 vers onze heures, Monsieur André DEMEY, artisan électricien rue d’Alençon, travaillait dans sa cour. Il aperçut des volutes de fumée qui couraient le long du faîtage des combles du bâtiment principal de l’Institution. Il fit téléphoner aux Pompiers par son voisin, Monsieur Georges BELLOT qui tenait un café, pendant qu’il alertait la Mère Supérieure.

     La sortie des classes était proche : on la hâta et toutes les élèves avaient quitté le pensionnat avant l’arrivée des Pompiers.

     Lorsque ceux-ci, sous les ordres du Capitaine DAUCHEL, arrivèrent sur place, le feu avait progressé de façon inquiétante et gagné tout le toit.

    Malheureusement, la bouche d’incendie à l’angle des rues Chantilly—Champailler ne fonctionnait pas. Ce qui retarda l’attaque du feu.

     Des voisins (et même un délégué communiste «non sectaire»), des voisins, des journalistes (Robert LASSUS que l’on reconnait à sa coiffure en brosse et son duffle coat, alors au NORD LITTORAL, depuis rédacteur en Chef Adjoint à R.T.L.) s’employèrent à sauver la literie des dortoirs et le maximum de matériel scolaire.

     Le feu, attisé par le vent assez violent, éventra la toiture, s’étendit aux étages inférieurs, détruisant le dortoir de 18 pensionnaires les chambres de 14 religieuses.

    Les Pompiers, vers 13 heures 30, purent se rendre maître du sinistre qui n’avait épargné que la chapelle et le réfectoire des élèves.

     L’après-midi même, le personnel disponible, aidé des plus grandes élèves, d’anciennes élèves et de bonnes volontés amies, mettaient à l’abri le mobilier récupéré, les manuels scolaires, le linge récupéré, dans le bâtiment annexe et dans la chapelle.

     Pendant ce temps, des dispositions étaient prises pour que la scolarité soit interrompue le moins longtemps possible. Les Etablissements Tiburce LEBAS mirent aimablement à la disposition de JEANNE D’ARC, leur nouvelle usine à tulle à l’angle des rues du Pont Lottin et des Communes où est maintenant installée la médiathèque.

    En quatre jours, les travaux d’aménagement étaient promptement menés, de jour comme de nuit, par les Etablissements DECOTTIGNIES, TRESSE, THELU ET DELVAL, DUBROEUCQ, LEGROS, René LEBAS, DERYCKE, COUTEAU, VINCK, Electricité de France, Société des Eaux, car il fallait niveler et cimenier le sol, cloisonner, et installer un chauffage à air pulsé.

     Grâce au dynamisme et dévouement de ces entreprises calaisiennes, les élèves pouvaient reprendre leurs cours le lundi 12, alors que le feu n’avait été maîtrisé que le mardi après—midi précédent.

     Un an après, les souvenirs de l’incendie étaient effacés ; des nouveaux bâtiments pouvaient accueillir les élèves pour la rentrée de septembre 1958.

    Il ne restait plus alors que des détails à régler : peinture, isolation extérieure.

     Ce dramatique incendie n’entrava pas les desseins d’unification des Congrégations enseignantes Dominicaines. Depuis de nombreuses années, des retraites étaient organisées qui aboutirent, deux jours après l’incendie à une réception par le Pape Pie XII, des Supérieures de quatre Congrégations.

     Le 22 décembre 1959, la nouvelle Congrégation fut canoniquement érigée en Congrégation Romaine de Saint Dominique. Elle marquait la fusion des Congrégations des Dominicaines du Sacrè-Cœur, d’HARDINGHEN, Fondatrices de JEANNE D’ARC, de FROYENNES MONT LIGNON, de CHALONS/SAONE, de MORTEFONTAINE et de PENSIER. Cette nouvelle Congrégation regroupait soiXante dix Maisons et comptait mille trois cent membres réparties en FRANCE, BELGIQUE, SUISSE, ESPAGNE, SUEDE, MAROC, ETATS UNIS, BRESIL et JAPON.

    1939 -1945

    1939 -1945

    1939 -1945

    1939 -1945

    Les adieux de Mère Marie Alice en 1966

    1939 -1945

    Les Anciennes Elèves à la Cérémonie d’Adieu de Mère Marie-Alice

    Au fil des ans Jeanne d’Arc s’agrandit. L’entrée rue Champaillier fut reconstruite et améliorée pour accueillir 4 nouvelles classes primaires. On acheta une maison rue Chantilly pour créer de nouvelles classes maternelles.

     Les changements de mode de vie, surtout ceux liés aux développements des moyens de communications, firent que peu à peu le nombre des pensionnaires diminua.

     En 1975, il y avait encore une vingtaine de pensionnaires. .. Mais il s’agissait essentiellement de jeunes filles qui, à partir de la seconde, suivaient les cours au Pensionnat SAINT-PIERRE et ne fréquentaient plus JEANNE D’ARC que pour son dortoir situé au troisième étage, au-dessus des cellules des Sœurs. En 1967 Jeanne d’Arc avait fermé son second cycle, les élèves de 2° 1ere et terminale étaient invitées à poursuivre leurs études à St Pierre dont le lycée devenait mixte.

     Fallait-il bloquer tout un étage pour quelques pensionnaires alors que l’effectif des élèves s’élevait régulièrement d’année en année ?… Il y avait 250 élèves lors de l’incendie, pour atteindre le chiffre de 711 élèves lors de la rentrée de 1979 (122 en maternelle, 212 en primaire, et 377 en secondaire).

     Il fallut bien se résoudre à supprimer l’internat en 1979, récupérer les dortoirs, les cellules des Sœurs; pour aménager de nouvelles classes.

     Malgré cette extension, la capacité d’accueil se trouve encore insuffisante et en 1986 on supprimera le préau pour bâtir trois nouvelles classes primaires.

    Les Attaques que les Etablissements d’enseignement privé avaient connues au début du siècle resurgirent avec la transformation du paysage politique en mai 1981.

     Le gouvernement socialiste de M. MAUROY ralluma la «guerre» scolaire et fit élaborer par son ministre de l’Education M; SAVARY un projet de loi mettant en place un grand service publique unifié et laïque d’éducation. C’était une nationalisation sournoise des 10 000 établissements privés sous contrat.

     Après une manifestation de protestation devant la Préfecture à Arras, un grand mouvement national vit défiler le 24 juin 1984 dans les grandes villes de France et à Paris plus de deux millions de constataires.

     Les parents d'Élèves de Jeanne d’Arc, unis aux parents des autres établissements du Calaisis affrétèrent train spécial et autobus pour la manifestation de Lille.

     L’union de toutes les forces favorables à l’enseignement privé portera ses fruits puisque le gouvernement renoncera à son projet.

    1939 -1945

     

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