• Calais, balade en tramway

    21. La place de la Nation, autre carrefour stratégique des tramways
     
     Si le carrefour des Quatre-boulevards avait la palme en ce qui concerne la fréquence des passages des tramways, la place de la Nation était aussi une plaque tournante importante. La photo ci-dessus date de 1908. Le grand immeuble sombre au niveau du tramway abritait l'Élysée. Il avait été construit en 1880, un immeuble de standing à l'époque avec ses quatre étages. L'Élysée a disparu en 1980 comme les immeubles voisins pour faire place à un nouvel immeuble et au parking d'un centre commercial. C'était un lieu de rendez-vous pour de nombreux Calaisiens. Ce fut d'abord un café avec une grande salle de bal et aussi une salle où se tenaient les meetings politiques. Le Véloce Club, la société de gymnastique l'Étoile, y avaient leur siège et des combats de boxe y furent organisés. Il devint aussi un cinéma très en vogue et des vedettes vinrent s'y produire sur scène jusque dans les années soixante.
    La crise du cinéma, la vétusté de l'immeuble, les projets immobiliers eurent finalement raison de lui.
    Le tramway allait franchir le pont de Saint-Pierre. Alors qu'il ralentissait, car des cantonniers travaillaient sur les voies, des usagers en profitaient pour monter. A l'angle du quai du Commerce, se trouvait l'épicerie Muchery construite en 1894, épicerie toujours présente après la Seconde Guerre et qui ne résistera pas à l'arrivée des grandes surfaces.
    La photo ci-dessous a été prise place de la Nation en 1908 par le photographe Omer Lefebvre. Elle montre une circulation dense de tramways venant ou se dirigeant vers le cimetière Sud. La demande était telle que la STCE avait ajouté des baladeuses aux motrices.
    Si les tramways ont désormais disparu, les immeubles derrière eux ont peu changé. Le magasin de grains et de fourrage a longtemps gardé sa vocation première. Le troisième millénaire y a vu naître une pizzeria. Le garage sur l'angle, alors tenu par la famille Notebaert-Beaubois, est toujours un garage, celui d'une chaîne implantée sur tout le territoire. •  J.-P. PRUVOT (CLP)
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  • Calais, balade en tramway

    22. La ligne A bifurquait boulevard Victor-Hugo vers la gare de Saint-Pierre-Halte
     
    Venant du théâtre, la ligne D du tramway poursuivait son chemin tout droit vers le Cimetière- Sud par le boulevard de l'Égalité.
    La ligne A tournait sur la droite, place de la Nation, pour rallier la gare de Saint-Pierre-Halte via le boulevard Victor-Hugo. Dès juillet 1879, une ligne hippomobile empruntait déjà cette artère. Les motrices circulaient sur deux voies sur ces larges boulevards, avec des aiguillages qui permettaient de bifurquer vers le boulevard Victor-Hugo juste en face de la Coopérative Socialiste.
    Il empruntait ce boulevard qui s'était nommé jusqu'en 1881 route de Saint-Omer. Tout au fond, l'immeuble est celui de la Pharmacie de la Nation. À droite, à l'angle de la rue Rouget-de-Lisle, ce magasin aux stores baissés sera tenu pendant des décennies par M. Wierre, spécialiste en chapeaux puis, après-guerre, en vêtements de travail.
    Les arbres n'avaient encore été plantés en bordure des trottoirs, cela n'allait pas tarder. Le tramway passait ensuite devant la biscuiterie Vendroux, puis devant l'église Saint-Benoît-Labre. Il desservait la gare de Saint-Pierre-Halte au Virval, le terminus. Cette petite gare avait été ouverte le 10 août 1876 lors de la construction de la ligne de chemin de fer Calais-Dunkerque.
    Photographié ci-dessous en 1914, le tramway arrivait place de la Nation pour rejoindre le centre-ville. Les chevaux étaient encore très présents pour tout ce qui concernait le transport de marchandises. Cette traction hippomobile perdurera jusque dans les années soixante à l'exemple des tombereaux des éboueurs. Les piétons étaient ici nombreux sur le boulevard, a priori des ouvrières et ouvriers de la biscuiterie Vendroux qui, comme l'usine Brampton du boulevard La Fayette, contribuait à l'animation du quartier. L'usine Vendroux avait été ouverte en 1872. Le 11 avril 1908, un spectaculaire incendie s'y était déclaré, dû à une combustion spontanée des poussières de farine. Le chômage fut inévitable pour une bonne partie des employés. •  J.-P. PRUVOT (CLP)
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    23. Après le passage place de la Nation, retour du tramway vers le centre-ville
     
    En cette année 1912, la place de la Nation était en travaux. La circulation n'était pourtant pas déviée malgré le pavage en cours de la placette centrale.
    La voiture 7 du tramway, revenait du cimetière et affichait comme terminus la place d'Armes. Derrière la motrice, une charrette bâchée en provenance de la rue Delaroche traversait le carrefour. Sur la place, la pendule Coutançon à cinq faces et l'édicule étaient tous deux tapissés de nombreuses publicités avec en majorité celles pour un apéritif renommé : Byrrh. Difficile de savoir l'heure, un cadran indiquait 13h15, l'autre 18h30  ! À l'angle de la rue Delaroche, sur la devanture du magasin de cycles de M. Debienne, on pouvait lire 30 % meilleur marché que partout à qualité égale  !
    Quelle animation en centre ville !
    La circulation automobile est de nos jours plus dense que sur cette carte postale. En ce qui concerne les piétons, les commerçants du centre-ville pourraient envier l'affluence de ce début de XX e siècle, à moins que les badauds n'aient été attirés que par la présence du photographe  ! Il y a du monde partout. L'entrée du boulevard La Fayette foisonne de boutiques. Pour les amateurs de véhicules anciens, cette carte postale est un modèle du genre. Le tramway électrique côtoie une automobile précédée par un fiacre. Traverser le boulevard semblait déjà un exploit si l'on en juge par ce monsieur courant devant le tramway. Les passages cloutés n'avaient pas encore été inventés pour protéger la sécurité des piétons. Ils le seront dans les années trente. Sur la gauche du boulevard les magasins de l'époque avaient pour noms : Céramiques et Faïences de M. Ponchon, rouenneries de M. Leliat, Chaussures de M. Chiraux gérant M. Willay, Brasserie de l'Industrie de M. Delecourt, Confection Maison Vantholl, électricité et appareilleurs à gaz M.
    Delcroy, le café de Mme Pecqueux, les primeurs de Mme Lefebvre, la boucherie de M. Folcke... un grand nombre de commerces de proximité. •  J.-P. PRUVOT (CLP)
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    24. La ligne de tramway avait été prolongée jusqu'au Fort-Nieulay
     
    Du carrefour des quatre boulevards jusqu'au Fort-Nieulay cette longue artère s'appelait route de Boulogne.
    En 1882, elle fut baptisée rue Léon-Gambetta. En 1891, la portion après l'abattoir redevint route de Boulogne. La rue Léon-Gambetta prenait du galon en 1896 et devenait boulevard. Comme on le voit sur la photo ci-dessus, une ligne de tramway desservait le Fort-Nieulay, avec une seule voie de rails. En 1936, cette rue prenait le nom d'avenue Roger-Salengro, un hommage appuyé du maire socialiste calaisien Lucien Vadez au député lillois qui s'est suicidé après une campagne calomnieuse. Le terminus des tramways hippomobiles était le collège Sophie-Berthelot. Les élus avaient donc obtenu l'allongement de la ligne jusqu'à la rue de Mogador lors de la mise en place des tramways électriques.
    La photo ci-dessous montre le tramway de retour du Fort-Nieulay alors qu'il se trouvait face au débit de tabac Le Nabab à l'angle de la rue du 29-juillet et du boulevard Léon-Gambetta. Les débits de tabac, qui écoulaient les cartes postales, étaient souvent pris pour sujet par les éditeurs. Le photographe avait réussi à constituer un tableau animé en rassemblant les clients du débit de tabac et les badauds avec, cerise sur le gâteau, ce tramway qui doublait une calèche. À l'époque une seule voie existait empêchant le croisement des motrices.
    La demande générée par la présence du collège Sophie-Berthelot et de l'abattoir du pont Jourdan poussa la Compagnie à doubler les voies tout au moins sur le boulevard Léon-Gambetta. Cela avait d'ailleurs été nécessaire en son début pour le départ et le retour des machines au dépôt. L'exploitation de la ligne stoppa en 1937 suite aux grosses difficultés financières de la STCE qui estimait la ligne pas assez rentable. Deux autres lignes cesseront leur activité la même année, la ligne place de la Nation-gare de Saint-Pierre-Halte et la ligne Théâtre-gare des Fontinettes. La concurrence des autobus commençait à se faire sentir. •  J.-P. PRUVOT (CLP)
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    25- Créer des refuges au milieu de la chaussée pour les usagers des tramways
     
    Les piétons profitaient du moindre arrêt pour monter dans le tramway comme ci-dessus sur le boulevard Jacquard face au magasin
    À La Pensée auquel succéderont les Établissements Brunet. Intervention de M. Landouzy lors de la séance du conseil municipal du 5 août 1933 : «  La circulation des véhicules est automatiquement interrompue par le stationnement des tramways, ce qui a pour effet de former, particulièrement à l'arrêt des lignes 1 et 6 se dirigeant vers la place Émile-Salembier, une file de plusieurs voitures automobiles arrêtées derrière le tramway et interrompant la circulation boulevard Pasteur vers le boulevard Jacquard et boulevard La Fayette vers le boulevard Gambetta... De plus, les chaussées du boulevard La Fayette et du boulevard Gambetta, côté des trottoirs pairs, sont assez déclives, et la descente de personnes âgées ou infirmes est souvent délicate, sinon dangereuse. Enfin, la montée et la descente des lignes 5 vers la Porte de Gravelines et 2 vers les Fontinettes, situées au milieu des boulevards à une distance moyenne des trottoirs de 6 mètres, sont elles-mêmes dangereuses. Les voyageurs de tramway qui doivent changer de voiture pour prendre une correspondance sont en outre astreints à parcourir des espaces assez considérables au milieu d'une circulation de voitures particulièrement intense. Cette situation déjà très regrettable sera vraisemblablement encore aggravée d'ici quelques mois par l'exécution de passages cloutés... ».
    L'administration municipale a demandé au service de la voirie l'étude d'un travail de ce genre : « Profitant de l'écartement de 2,50 m entre les deux voies, et de l'existence de refuges pour candélabres qui, loin de gêner la circulation, ont au contraire contribué à discipliner celle-ci en créant deux courants nettement distincts, l'Administration municipale a étudié un refuge pour l'embarquement des voyageurs situé entre les deux voies, englobant le refuge du candélabre de la rue de la Villa, et aboutissant à la pointe d'aiguille de la ligne 5 ». Adopté. •  J.-P. PRUVOT (CLP)
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    26. Voiture à bras, automobile, et tramways, époque des contraste

    Les tramways franchissaient ici le pont Jacquard. A gauche, ce monsieur tirant une voiture à bras croisait une des premières automobiles à essence qui traverssait la ville. Au niveau des transports en commun, Calais était à la pointe du progrès avec son réseau de tramways électriques. L'un franchissait le pont vers Calais-Nord. L'autre se dirigeait vers le centre ville en passant devant les immeubles commerciaux dont certains n'éxistent plus, victimes des bombardements visant la gare en Mai 1940. Le café Paul-Bert et les galeries de l'hotel de ville se situaient à l'entrée de la rue Paul-Bert. Au dessus du magasin de souvenirs, s'était installé un dentiste M.Cavry. Agauche du café, ce grand immeuble sur l'angle la maison Babey commercialisait les rideaux puis dans les années 20 des meubles. 

    Le pont Richelieu frontière avec Calais-Nord. Si le pont Richelieu de l'époque était étroit, ses arches avaient été conçues pour supporter de lourdes charges telles des tramways. Les rempart du Calais-Nord historique avaient été rasés laissant place à de nouvelles constructions. En passant ce pont, on entrait dans une autre ville plus bourgeoise et chargée d'histoire. Tout ce secteur face au jardin Richelieu a été détruit par les bombes et ces tramways circulaient face à des immeubles aujourd'hui disparus. Au fond le grand hôtel Continental avait été construit en 1894 à l'angle de la rue Edison. Cet hôtel avec ses chambres pourvues de salles de bain, un vaste garage couvert, le téléphone, avait tout pour attirer la clientèle de standing. Ses salons luxueux pouvaient accueillir manifestations et mariages. L'hôtel des postes de Calais-Nord se situait sur l'autre angle de la rue Edison face au jardin Richelieu. Il avait ouvert ses portes en juillet 1885. Dès 1886, l'administration des postes louera à la ville une partie de l'étage pour faire fonction de bibliothèque communale. En 1935, les livres seront déménagés, leur poids faisait dangereusement fléchir les parquets. J.-P. PRUVOT

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    27. Un élargissement de la rue Royale permettait le croisement des tramways
     
    Au fond, les immeubles sont ceux de la place d'Armes. La rue de la Mer n'était pas alignée avec la rue Royale.
    Au décrochement sur la gauche, il y avait un miroir bien connu des passants, le côté de la vitrine de la chapellerie Martin qui n'était pas alignée avec les autres immeubles, au niveau de laquelle se trouvaient ces tramways. Leur croisement s'effectuait là, seul endroit de la rue où existait un élargissement providentiel.
    Sur la droite, le magasin de souvenirs était celui de M. Pillet. Au premier plan, l'hôtel du Sauvage était un établissement renommé même si sa façade ne payait pas de mine. Il avait accueilli des hôtes illustres, Camille Saint-Saens, le maréchal Foch, Jean-Jaurès, le duc de Windsor... Il était géré par Maurice Coolen au début du XXe siècle, puis par Paul Brechler après la Grande guerre.
    Les piétons étaient nombreux dans cette rue commerçante et n'hésitaient pas à marcher à même les pavés de la rue tant les trottoirs étaient étroits. Les deux tramways se croisaient donc au niveau de la chapellerie Martin avec priorité à celui venant de Calais centre. Le stationnement était anarchique lors des livraisons, et créait des embouteillages.
    Ci-dessous, le tramway s'engageait dans la rue Royale venant de la place d'Armes. La rue à droite était la rue de la Citadelle devenue après-guerre la rue de la Paix sur quelques mètres, puis la rue André-Gerschel à partir de la Maison du fromage. Quelle différence entre cette rue Royale photographiée au début du XXe siècle et celle d'après la Reconstruction ! Les immeubles avaient du caractère même si l'alignement était loin d'être parfait. Le photographe avait su fixer sur la pellicule les aspects de la vie quotidienne. Sur la gauche Zélie, la marchande de noix, installait son étal à l'angle du musée. À droite, un chien reniflait les poubelles. Les piétons empruntaient sans crainte la chaussée où l'on ne voit que des voitures tractées par des chevaux qui laissaient des traces de leur passage !  •  J.-P. PRUVOT (CLP)
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  • Blog de alorsraconte :CALAIS, Balade en tramway dans le Calais d'autrefois
    28. Le tramway empruntait la rue du Havre à l'aller, la rue de la Mer au retour
     
    À la sortie de la rue Royale, les tramways retrouvaient de l'espace pour se déployer place d'Armes où se situait le terminus
    Sur cette place se trouvait aussi le terminus de la navette hippomobile du casino, nommée tapissière, que l'on voit au centre de la photo ci-dessus.
    C'était jour de marché sur la place avec les étals des marchands sur l'extrême droite, ce qui explique cette affluence. Au fond, on aperçoit l'entrée de la rue de Thermes avec ce grand hôtel, l'hôtel Nègre à l'emplacement de l'actuel supermarché Match. Pour faire demi-tour, les tramways empruntaient la rue du  Havre à l'aller, la rue de la Mer au retour.
    A l'arrière du monument du Sauveteur débouchait la rue du Havre à l'époque stratégique. En effet, l'étroitesse de la rue de la Mer empêchait le croisement des tramways. Ceux ci transitaient donc par cette rue du Havre, elle aussi d'ailleurs très étroite, comme on le voit sur la carte postale ci-dessous, signée Omer Lefebvre.
    Motrice de onze tonnes.
    On peut imaginer les nuisances que pouvaient engendrer cette motrice de onze tonnes avec sa baladeuse à la remorque. Le bruit des roulages en fer sur des rails en acier et les vibrations des vitres de quoi, de nos jours, faire l'objet de multiples réclamations et pétitions des riverains !
    La statue du Sauveteur, inaugurée en 1899, avait été érigée sur le trottoir nord du boulevard International, baptisé boulevard des Alliers après la Grande Guerre. Le sauveteur se tenait face au bassin du Paradis. Il tournait le dos à Calais-Nord. Les Courguinois l'avaient surnommé pour cette raison Culversville ce qui n'est plus le cas depuis son déplacement en 1960 sur le quai Auguste-Delpierre face au chenal.
    Le tramway empruntait ensuite sur une courte portion le boulevard International et, selon sa destination, tournait à gauche vers le centre de Calais, à droite vers le casino de la plage en empruntant les ponts Henri-Hénon, uniquement durant la saison estivale. •  J.-P. PRUVOT (CLP)
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    29. À partir de 1909, une ligne de tramway desservait le front de mer l'été
     
    La construction des ponts Henri-Hénon en 1906 avait permis de désenclaver la plage. Ils avaient été conçus pour supporter le poids des tramways
    Il n'y avait donc plus d'obstacle pour desservir le front de mer. Fallait-il encore poser les rails. Il faudra attendre 1909 pour que les tramways franchissent les ponts durant la saison estivale. Ces ponts, photographiés ci-dessus et appelés à l'origine ponts Risban, venaient de remplacer le long pont de bois. Leur but principal était, grâce à leur deuxième écluse, de limiter l'envasement de l'avant-port par le flux venant du bassin des chasses.
    Le quai de pierre visible sur la gauche, surnommé la baleine, était en cours de destruction pour agrandir l'avant-port. Sur le pont, circulait une motrice tractant une baladeuse qui permettait de transporter plus d'usagers car le front de mer était très fréquenté. Un panneau indiquait que le tramway devait stopper puis franchir les ponts à la vitesse maximale de 6 km à l'heure.
    Une calèche pour le casino
    Ci-dessous le tramway et sa baladeuse empruntaient l'avenue de la Plage et revenaient vers le boulevard International, puis la place d'Armes via la rue de la Mer. Le casino était aussi desservi par sa propre calèche que l'on aperçoit au centre de la carte postale. Elle longeait le bassin des Chasses pour prendre l'ancienne route du casino plus étroite certes, mais aussi moins encombrée. On remarque en arrière fond le Calais-Nord d'avant les destructions de la Seconde guerre, avec le clocher de l'église Notre-Dame à gauche, la tour du Guet à droite, et dans son prolongement le beffroi de l'ancien hôtel de Ville devenu musée, bâtiment et beffroi qui seront détruits en mai 1940.
    Pour que la ligne atteigne réellement le bord de mer, il faudra encore attendre que des rails soient posés sur le nouveau pont du casino qui permettait de franchir le fossé situé en arrière de la digue. Le terminus sera fonctionnel au début de l'été 1910. Il se situait sur la portion est de la digue près de la jetée ouest. • 
    J.-P. PRUVOT (CLP)
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  • Blog de alorsraconte :CALAIS, Balade en tramway dans le Calais d'autrefois
       30. En 1910, les tramways ralliaient la plage en empruntant le nouveau pont du casino
     
    Restait un gros point noir pour atteindre le casino. Un énorme fossé, la Courtine des fortifications reliant les bastions 11 et 12, restait à franchir pour atteindre la plage.
    Le combler aurait été peu coûteux. Le Génie militaire souhaitait le garder en l'état pour l'inonder et inonder l'arrière-pays en cas d'invasion. Le pont le franchissant n'était malheureusement qu'une passerelle piétonnière de bois très étroite. Elle sera donc remplacée par un superbe pont en pierre ouvert à la circulation pour la saison estivale 1910.
    Voici le pont du casino, un pont monumental pour franchir le large et profond fossé qui était ainsi venu terminer le processus qui désenclavait le front de mer. En septembre 1909, les travaux démarraient. L'entreprise Radiguet était chargée de la construction. Le pont de bois sera démonté, Une passerelle provisoire sera construite et les chalets commerciaux à l'est du casino seront démontés durant les travaux.
    Un pont monumental
    Le pont comportait trois arches de 15 mètres d'ouverture séparées par des piliers constitués de pierres de taille, (ils doivent toujours exister enfouis sous le parking Europa), une rampe garde-corps en fonte de fer maintenue par quatre massifs de pierres, le tout prévu pour supporter le poids de plusieurs tramways. Au fond, sur la digue, à l'est, encore en terre battue, stationnaient les voitures. Une ou deux voitures pouvaient être ajoutées derrière la motrice. La Société de tramways calaisienne s'était dotée de 20 baladeuses fermées, les unes disposaient de plates-formes à l'avant et à l'arrière, les autres d'une seule plateforme centrale plus 10 baladeuses ouvertes étaient particulièrement appréciées, les jours de beau temps. Ces remorques ne possédaient pas de moteur. Surbaissées, elles étaient d'un accès facile.
    Ci-dessous, le tramway se dirigeait vers le centre-ville par l'avenue de la Plage, le monument du Pluviôse n'était pas encore présent. Le naufrage du sous-marin s'était produit en 1910, le monument sera inauguré en 1913. •  J.-P. PRUVOT (CLP)
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