• Le 19 décembre 2014

     

    Début octobre 1914, les premiers exilés entrent dans Calais. Ils sont bientôt suivis par d’interminables cortèges de réfugiés fuyant les zones de combat du Nord, du Pas-de-Calais et de Belgique.

    Les instructions ministérielles prescrivent d’évacuer les réfugiés sur des paquebots (les voies ferrées étant réservées au transport de troupes). Mais les navires arrivent plus ou moins rapidement et les rues regorgent de fugitifs.

    Les hangars de la Chambre de commerce sont réquisitionnés pour les loger ; et l’intendance militaire met à la disposition du maire des rations de pain, de viande en conserve et de lait condensé.

    Mais toutes ces entreprises semblent dérisoires face à l’afflux continuel. C’est sans compter l’immense élan de solidarité qui se met bientôt en place : des centaines de Calaisiens ouvrent leurs portes aux fugitifs et les accueillent chez eux.

    La vie à Calais

    Depuis bientôt deux mois, Calais vit sous la menace des armées allemandes. On ne s’en douterait pas. Tout ici respire la tranquillité et chacun s’y sent en sécurité.

    L’activité industrielle persiste, ralentie certes, assez marquée encore pour alimenter de quelques salaires les ouvriers tullistes que la mobilisation n’a pas pris.

    Dès le début des hostilités, les Allemands, assez nombreux, sont partis, peu pour l’Allemagne, presque tous dans les camps de concentration. Et lorsque l’ennemi dirigea son effort d’invasion vers le littoral, l’autorité militaire pria même les naturalisés d’origine allemande de s’éloigner temporairement de la zone des opérations. Ils comprirent que cette mesure était prise dans leur intérêt propre en les libérant de toute suspicion et quittèrent Calais.

    Force morale

    Le sort de leur ville préoccupe les Calaisiens à un moindre degré que la marche générale des opérations. À la vérité, ils savent que leur coin de territoire est difficilement accessible et qu’il est solidement organisé.

    Aussi la ville n’a-t-elle pas connu un instant de défaillance durant le long siège à distance dont elle est l’objet. Et elle y eut quelque mérite.

    Les heures pénibles qu’elle a vécues, les tristes spectacles qu’elle a vus, les effrayants récits qu’elle a entendus, auraient justifié et excusé bien des alarmes. Songez qu’à travers ses rues ont passé, en masse, d’abord les évacués de Lille, de Roubaix, de Tourcoing, d’Armentières, du bassin houiller, tous mobilisables, qui, suivant les conseils de l’autorité militaire, quittèrent leurs foyers pour se soustraire à l’emprise de l’ennemi et demeurer au service de la patrie.

    Puis ce fut le tour des réfugiés femmes, enfants et vieillards fuyant l’envahisseur. Tous vinrent échouer à Calais en lamentables cohortes. Pendant de longues journées les trains se succédèrent et déversèrent dans la ville une foule marquée d’épouvante et dénuée de tout.

    Plus nombreuses encore furent les caravanes de malheureux venus, à pénibles étapes par la route, du pays minier et des centres industriels de la région du Nord vers la mer où leur apparaissait le salut.

    Enfin les Belges des Flandres envahies, après la prise d’Anvers, apportèrent le spectacle de leur détresse et de leur désolation.

    Deux cent mille exilés

    Je vous laisse à penser quelles terrifiantes nouvelles tous ces nouveaux arrivants semèrent successivement autour d’eux. Les Calaisiens cependant y demeurèrent insensibles. Rien ne réussit à troubler leur courage et leur confiance en l’inviolabilité de la cité. Les en louer serait leur faire injure.

    Parlerai-je des embarras, d’apparence presque insurmontable, résultant de ces afflux subits d’une énorme population affamée et harassée. À certains jours, plus de deux cent mille exilés vinrent demander à cette ville de 70 000 habitants un gîte ou du pain. 
    Il fallut tout improviser et vite. L’active ingéniosité de la municipalité sut faire face aux besoins les plus urgents. L’initiative privée ne fut pas en reste. Tous furent secourus. Tous purent manger, presque tous trouvèrent un abri en attendant d’être évacués vers le centre et le midi de la France.

    Ce furent des jours douloureux pour Calais et ce fut le mérite du très sympathique maire de la ville, M. Morieux, d’avoir surmonté toutes les difficultés par son esprit de méthode, son dévouement et son intelligente activité.

    Le maire, comme tout le monde, est mobilisé. Il est 2e canonnier-servant. L’autorité militaire, bien inspirée, a laissé l’artilleur à ses fonctions municipales et elle a trouvé en lui un auxiliaire très précieux. L’accord est entier, cordial, entre le général-gouverneur et le soldat-maire. Entre eux nul formalisme hiérarchique. Le seul souci du bien commun dirige leur incessante collaboration.

    Tout est prévu et réalisé pour assurer à la ville sa vie normale. De fait, si n’étaient les convois militaires, autos des armées alliées et ambulances, voire même les colonnes d’artillerie qui roulent par les rues du matin au soir et du soir au matin, à peine se croirait-on à la guerre.

    Pour empêcher les hausses injustifiées des denrées de première nécessité, la viande, le pain et la farine sont taxés par arrêtés préfectoraux. La question des transports est quant à elle résolue grâce à l’intervention de la Chambre de commerce, qui crée un service hebdomadaire pour les marchandises. Les municipalités sont, en revanche, impuissantes pour réglementer la vente des autres denrées.

    À la rareté des marchandises entrant dans la ville s’ajoute la difficulté de les y acheminer ; en 1917, les premières cartes de ravitaillement font leur apparition. De la même manière, un magasin municipal de ravitaillement est créé le 21 décembre 1916. Il fonctionnera jusqu’au 31 août 1921.

    Les approvisionnements

    Les approvisionnements, que les passages successifs des évacués avaient épuisés, sont de nouveau au complet. Par de sages mesures, avec une rapide décision, le maire sut ravitailler sa ville avant que la population eut le temps de s’inquiéter. Le charbon, grâce à lui, est en abondance. En ce qui concerne le pain et la viande, il prit à temps des arrêtés de taxe, fixant à 0 fr. 33 le kil. de pain et à 1 fr. 40 le kil. de viande de bœuf (le choix excepté).

    Il restait à pourvoir à l’existence ou du moins à l’assistance des familles nécessiteuses, toujours nombreuses dans un centre industriel où, par la force des choses, l’activité a quelque peu diminué. M. Morieux imagina d’utiliser, dans ce but, les "abats" – autrement dit la triperie – de la boucherie militaire après entente avec l’intendance. Dans les chaudrons d’une huilerie en chômage, ces "abats" sont accommodés en tripes "à la mode de Caen" ou presque. Et 400 à 500 kilos sont distribués chaque jour aux ayants-droit.

    L’enseignement souffre également des dérangements causés par la surpopulation. Presque toutes les écoles on été réquisitionnées par les formations militaires ou sanitaires des armées françaises et alliées, et sont ainsi fermées. Pour ne pas laisser les enfants oisifs, le maire Charles Morieux leur propose le théâtre des Arts, vaste salle chauffée et éclairée, dont il est propriétaire. Élèves et enseignants s’y installent le 26 octobre 1914, avec une unique classe de 1 500 élèves au matin et autant l’après-midi.

    En avril 1915, la situation s’améliore. Quatorze classes maternelles sur trente fonctionnent et 65 classes élémentaires sur 153. À la rentrée d’octobre 1915, treize écoles sont rendues à l’enseignement par l’autorité militaire.

    Les écoles

    Un autre geste de M. Morieux : les écoles, transformées en ambulances, laissaient les enfants dans les familles et… à la rue. Il mit à la disposition de l’autorité académique un grand local, ancien cirque transformé en théâtre, dont il est le propriétaire.

    Et la classe se fait à tous les enfants des écoles réunis dans la vaste salle. La matinée est réservée aux fillettes, l’après-midi aux garçons. Sur la scène, devant un tableau noir, un des maîtres fait le cours, procède aux interrogations, tandis que, dans la salle, ses collègues surveillent sans difficulté les deux mille enfants silencieux et attentifs au spectacle.

    Ainsi vit Calais, dans ces jours de guerre, sous les menaces d’occupation de l’ennemi, calme et plein de foi dans la victoire finale, à laquelle chacun ici voudrait contribuer, à telle enseigne que, lors des récents appels des classes 1914 et 1915, les seules démarches faites auprès du maire eurent pour objet de le prier de solliciter la bienveillance du conseil de révision en faveur de jeunes gens qui redoutaient de n’être pas déclarés bons pour le service.

    La France du Nord, samedi 19 décembre 1914. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG16/91.


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  • Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’espoir de pouvoir relier les Îles britanniques à l’Europe est loin d’être moderne. Au XVIIIe siècle, l’engouement pour la conquête de l’air incite plusieurs scientifiques à s’efforcer de gagner l’Angleterre par les airs ; certains y parviennent avec succès, mais pour d’autres l’aventure se termine tragiquement (voir l’article La première traversée de la Manche).
    Le premier projet, un peu fou, de tunnel sous-marin date quant à lui de 1802, au lendemain de la paix d’Amiens. Un ingénieur des mines, Albert Mathieu, le propose au Premier Consul. Bonaparte est séduit par son audace, mais la reprise des hostilités avec l’Angleterre un an plus tard enterre tout espoir de rapprochement.

    Aimé Thomé de Gamond, le père du Tunnel

    Cependant, l’idée n’est pas abandonnée, notamment dans les années 1830 qui voient apparaître d’importantes évolutions techniques. Pourtant, c’est en 1867 que la première tentative sérieuse est présentée à l’occasion de l’Exposition universelle. Aimé Thomé de Gamond est ingénieur hydrographe, mais aussi docteur en droit comme en médecine et officier du génie. Cet éminent scientifique travaille depuis 1838 sur ce qui est devenu l’ambition de sa vie. Le plan qu’il détaille en 1867 est le premier qui repose sur une conception scientifique, relevés géologiques du détroit à l’appui (qu’il effectue lui-même en plongeant en apnée !).

    Il obtient l’approbation de l’empereur Napoléon III et de la reine Victoria. Mais l’unanimité des monarques est loin d’être partagée par tous, notamment de l’autre côté de la Manche. Le premier ministre Palmerston y est farouchement opposé, soutenu par une grande majorité d’Anglais et par l’armée. Certains conçoivent cependant de réels avantages à la concrétisation d’une telle initiative, comme le prouve une pétition signée par 170 notables anglais, aujourd’hui conservée aux archives départementales sous la cote S 869 (voir la pétition dans l'exposition Voyages, voyageurs).

    Le premier projet de tunnel sous la Manche

     

    Enquête sur l'établissement d'un tunnel sous-marin auprès des communes avoisinantes, 13 octobre 1873. Archives départementales du Pas-de-Calais, S 869.

    Vers la réalisation

    En 1868, à l’initiative de sir John Hawkshaw, est créé le premier comité franco-britannique pour l’étude d’un tunnel sous-marin. Présidé par lord Richard Grosvenor et Michel Chevalier, il parvient à séduire l’opinion anglaise et porte le projet – très abouti, puisqu’on a même envisagé le prix de transport des cercueils ! – devant une commission qui le déclare d’utilité publique après six ans d’étude.
    Avant de rendre sa décision, celle-ci a ouvert une enquête dans le Pas-de-Calais, les 23 octobre 1873 et 20 janvier 1875, auprès des communes et des chambres de commerce. Cette étape doit permettre d’évaluer les impacts techniques sur les communes avoisinantes.

    Suite à l’avis favorable de la commission, une Association française pour le chemin de fer sous-marin entre la France et l’Angleterre, financée par la Compagnie des chemins de fer du Nord et le baron de Rothschild, est fondée en France ; au Royaume-Uni, la Channel-Tunnel Company voit le jour en février 1872, composée des fleurons de l’ingénierie de l’époque : John Hawkshaw, Aimé Thomé de Gamond, Michel Chevalier, Frederik Beaumont (concepteur d’une machine perforatrice portant son nom). Les Anglais disposent déjà d’une certaine expérience dans ce domaine puisque, dans les mines du Cumberland, exploitées depuis 1778, certains puits descendent à 574 pieds sous la mer (172,20 mètres) et certaines galeries ont été percées sous 18 mètres d’eau. 
    Une loi, votée le 2 août 1875, autorise l’Association à obtenir une concession de 99 ans à partir de la mise en exploitation de l’ouvrage.

    Le premier projet de tunnel sous la Manche

    Début du chantier

    De 1875 à 1877, on effectue de nouveaux échantillons géologiques afin d’en vérifier la faisabilité. Malgré le zèle des ingénieurs, les travaux préparatoires avancent lentement. Plusieurs sondages sont réalisés afin de déterminer le meilleur emplacement des entrées du tunnel. Un nouvel entrepreneur s’intéresse au projet : sir Edward Watkin, président de la South Eastern Railway Company. Il obtient l’autorisation d’effectuer ses propres forages et entame à Shakespeare’s Cliff (à côté de Douvres) un puits de 49 mètres et une galerie de 1 800 mètres en 1882 – dont 1 400 mètres sous la mer.

    En France, la progression est moins rapide à cause des infiltrations d’eau. Environ 156 mètres, seulement, ont été creusés à la force des bras. Mais l’arrivée de machines perforatrices permet de rattraper un peu du retard accumulé.

    En 1882, personnalités et journalistes sont invités à visiter le chantier : les galeries britanniques sont parcourues par le premier ministre anglais Gladstone et le prince de Galles, tandis que, le 5 juillet, Ferdinand de Lesseps descend dans le puits ouvert à Sangatte.

    Le premier projet de tunnel sous la Manche

     

    Demande en concession du Comité anglo-français, mars 1870. Archives départementales du Pas-de-Calais, S 869.

    Mort du projet

    Pourtant, tout va s’arrêter brutalement. L’élite conservatrice britannique – incarnée par sir Garnet Wolseley et l’amiral Lord Dunsany – désapprouve publiquement le projet, arguant qu’une percée vers l’Europe attenterait gravement à la sécurité du royaume. Une violente campagne de presse pousse le gouvernement à ouvrir une enquête et à stopper les forages le 23 juillet 1882. La commission d’enquête, présidée par Lord Lansdowne, dépose son rapport le 10 juillet 1883. D’un point de vue commercial, elle approuve le chantier, mais reconnaît que, militairement, il constitue une menace.

    Face à la pression, les travaux français ont été à leur tour suspendus le 18 mars 1883. Le tunnel est définitivement abandonné en avril 1884. C’est la mort – fort heureusement temporaire – d’un formidable projet transnational qui, s’il avait vu le jour à cette époque, aurait pu avoir une incidence sur le cours de l’Histoire. Car le maréchal Foch eut cette phrase célèbre au lendemain de la première guerre mondiale : Si nous avions eu le Tunnel, la guerre aurait pu être évitée ou, tout au moins, elle aurait pu être abrégée de deux ans.

    Le premier projet de tunnel sous la Manche

     

    Installation de surface du puits du tunnel à Sangatte. Le directeur de la Compagnies houillère d'Auchy-au-Bois, Ludovic Breton (1844-1916), dirigea les travaux. Les bâtiments auraient subsisté jusqu'en 1927. Deriière le bâtiment de droite, on aperçoit le chevalement. Archives départementales du Pas-de-Calais, 4 Fi 1076. 

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  • La bourse du travail a été construite sur la place Crévecoeur au sein du quartier Saint-Pierre, sur l'emplacement de l'ancien lavoir, en face du palais de justice et à côté de l'église, dans le cadre des grands travaux des années trente. Le bâtiment fut conçu pour être mis à disposition des syndicats de Calais. Ce bâtiment était également conçu pour servir de marché couvert. Les travaux commencèrent en juillet 1937 et furent terminés peu de temps avant la guerre et non inaugurés officiellement. Le bâtiment fut réquisitionné par les Allemands pendant la guerre. 
    Le marché couvert a été restauré en 1994 et des travaux de restauration des façades extérieures ont été entrepris en 1998.

     

    L'ancien lavoir

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  • Edifice de Édifice de plan carré à quatre façades de 26 m de large sur 29 m de haut, élevées en béton de pierre et recouvertes de briquettes de parement. Le niveau inférieur permet l'accès aux différentes fonctions du bâtiment : l'élévation antérieure donne accès à la Bourse de Travail, les entrées du marché couvert sont situées aux angles du bâtiment et abritées par des marquises de béton éclairées par des pavés de verre. 
    Les trois élévations latérales sont traitées avec moins de grandeur que l'élévation principale. Elles sont éclairées par des fenêtres de dimensions plus réduites, réalisées en menuiseries métalliques, remplacées lors de la restauration par des huisseries en PVC. Des corps de bâtiment annexes abritent des bureaux et des escaliers de secours. L'élévation principale est éclairée par de vastes baies rectangulaires allongées, soulignées par des éléments de béton renforçant l'impression de verticalité. Cette façade est décorée par un bas-relief en pierre de 3 m de large sur 8, 50 m de haut, réalisé par le sculpteur lillois R. Coin et représentant la Paix et le Travail. Un écusson aux armes de la cité surmonte les baies. 
    Le hall d'entrée est réalisé en brique de parement. L'accès aux niveaux supérieurs est ponctué d'un buste de Marianne (réalisé par R. Coin) éclairé de manière zénithale par la galerie de l'entresol. Celle-ci est surmontée de la galerie du premier étage. Deux bas-reliefs consacrés à l'Industrie et à l'Agriculture, réalisés par A. Marissal ponctuent la galerie. Celle-ci donne accès à la salle de spectacle, appelée salle des syndicats. L'entrée de la salle est ponctuée d'une frise en staff représentant les corps de métiers de la ville, réalisée par le staffeur Borrewater. La salle mesure 30 mètres de large sur 27 mètres de profond et comprend 1200 places et deux loges de 15 places. Le cadre de scène est décoré d'une fresque représentant les corps de métiers, réalisée par Paule et Max Ingrand (signature en bas à droite). La voûte de la salle est éclairée par 18 niches en staff permettant l'éclairage.

    Description

     

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  • Origine

    La place d'Armes était autrefois le cœur de la ville de Calais. Durant l'occupation anglaise (1347 à 1558), elle prit le nom de Market Place (place du Marché). Ce n'est qu'à la fin de l'occupation anglaise, qu'elle prit définitivement le nom de place d'Armes. Malgré plusieurs tentatives pour changer son nom, c'est toujours celui de 1558 qui est en vigueur. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et sa destruction, due aux bombardements, la place d'Armes fut remodelée pour devenir ce qu'elle est actuellement.

    Histoire

     
    La place d'Armes et la Tour du Guet.

    C'est sur cette même place que se sont déroulées les scènes importantes du siège de Calais entre 1346 et 1347, avec entre autres l'acte de sacrifice des Six Bourgeois de Calais, se rendant à Édouard III, en chemise, pieds nus, la corde au cou et porteur des clés de la ville et du château1.

    Après la reconquête de Calais en 1558 par François, duc de Guise, le roi de FranceFrançois II accorda aux Calaisiens le droit d'y tenir deux fois par an une foire, qui existe encore de nos jours, ainsi que d'y tenir les mercredis et samedis le marché de Calais, toujours en activité.

    De nos jours, il ne subsiste, seul témoin du passé, que la vieille tour du Guet, géante parmi les habitations du quartier de Calais Nord.

    Le marché de Calais se tient toujours depuis 1558 sur la place d'Armes, les mercredis matin, (sauf les jours de pluie où il se déroule, dans une rue adjacente, dans une salle couverte, le marché couvert). Mais les jeudis et samedis matins, il se déroule sur la place Crève-cœur (Saint-Pierre-lès-Calais ayant fusionné avec Calais en 1885, Calais se retrouve donc avec deux grand'places).

     

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  • Polémique autour de la reconstruction de la place d'Armes, après la Deuxième guerre mondiale Le "style caserne" envahit la place d'Armes

    La Deuxième guerre mondiale n'épargne pas la place d'Armes. En 1952, la reconstruction démarre. Mais celle-ci crée une polémique entre un architecte qui souhaite imposer un style moderne, et les Calaisiens qui réclament un modèle plus traditionnel... Deux historiens du lycée Sophie-Berthelot remontent le temps, et relatent la controverse... Le 23 décembre 1952, le maire de Calais, André Parmentier, ne peut cacher son soulagement et son enthousiasme après le vote favorable à la construction de la future place d'Armes. La raison a fini par l'emporter sur la passion mais l'esthétique de la future place ne fait vraiment pas l'unanimité.
    Jusqu'alors, les bâtiments reconstruits à Calais étaient de style "régional ", largement inspiré de l'hôtel de ville et donc assez familiers des Calaisiens.
    C'est ainsi qu'on reconnaît encore aujourd'hui les bâtiments en brique rouge orangé, aux façades couronnées d'un triangle ou d'une volute flamande. Ce sont les immeubles de la Matelote, du quartier de l'Esplanade et du Casino. Mais ce style typique du début de la Reconstruction calaisienne, volonté des architectes Georges Labro et Roger Poyé, déplaît fortement au ministre en charge de l'urbanisme. En visitant Calais en 1949, Eugène Claudius-Petit ne peut s'empêcher de comparer l'immeuble de la Matelote à « une architecture d'exposition de poupées au magasin du Printemps. » Il décide alors de nommer Clément Tambuté, un architecte-adjoint aux idées plus modernes, pour travailler aux côtés de Georges Labro.
    Le ministère demande aux deux architectes de repenser ensemble le projet de la place d'Armes et des entrées de Calais-Nord.
    Pour Labro, la future place doit garder son caractère historique : il souhaite conserver la tour du Guet, reconstruire à l'identique l'ancien hôtel de ville de Calais-Nord et entourer la place de bâtiments en brique rouge à l'architecture néo-flamande. Mais Tambuté impose ses choix et fait accepter par le Ministère un projet radicalement différent. Pour lui, la place d'Armes doit être deux fois plus grande pour le stationnement automobile et surtout d'un style très moderne : des bâtiments en béton, de forme géométrique, avec des toitures en zinc. Une ligne architecturale "internationale", qui correspond bien à l'air du temps mais qui est peu appréciée des Calaisiens qui la baptisent ironiquement "style caserne "ou "abidjanais ".
    Le projet de Tambuté ayant été validé par le ministère de la Reconstruction, c'est au conseil municipal de Calais, qui se réunit le 23 décembre 1952, de donner ou non son aval. Le délégué ministériel et l'architecte sont présents lors des débats. Les critiques fusent. Pour le conseiller Jacques Vendroux, ce nouveau style très moderne ne correspond pas « aux goûts des gens de chez nous. (...) Le goût de la laideur est devenu pour nos urbanistes quelque chose d'essentiel. Ils veulent des espaces libres, ils réclament des squares et des stades, mais quand ils prévoient l'édification de maisons d'habitation, leur rêve, leur modèle, leur archétype, c'est la caserne. » Pour un autre conseiller, les dimensions de la place d'Armes sont « incompréhensibles ». « Nous avions auparavant une place normale, gaie, vivante ; nous aurons maintenant, je le crains, je ne suis pas prophète, un véritable désert. Je vois que la place est bordée (...) par des constructions sans variété, constructions énormes, uniformes, qui ne feront qu'accentuer le caractère désertique du lieu. Je crois que sans être bien méchant, on peut donner le qualificatif de "morne" à la place d'Armes. » 
    « Esprit rétrograde »
    Devant ces nombreuses critiques, l'architecte Tambuté défend son projet. Il insiste sur la modernité des logements qui seront pratiques, spacieux et agréables : « A Calais, les ménagères vivent surtout dans la cuisine, cette pièce est donc accueillante, donnant sur la rue, de façon à ne pas isoler les occupants. » Il déclare « qu'il n'y aura pas d'uniformité, il y aura de la couleur (et même) des couleurs assez violentes, (...) des balcons, de grands pleins et de grands vides. » Il rassure les conseillers en conservant le caractère historique de la place principale de Calais : il garde la tour du Guet et prévoit même d'installer, si nécessaire, une copie du monument des Six Bourgeois sur la place d'Armes.
    Mais au fur et à mesure des discussions, Tambuté ne peut cacher son énervement. A deux conseillers municipaux particulièrement critiques, il déclare : « Vous êtes tous deux de Calais. Il y a un certain esprit un peu rétrograde au point de vue architectural. Vous faites l'éloge du XVIe  siècle, de la petite maison ; vous n'êtes pas dans le temps. Je fais l'éloge de la maison de notre époque. Je ne conçois pas l'architecture comme au Moyen-âge, avec la construction de petites maisons (...) Nous sommes au XXe siècle. Vous amusez-vous à coiffer des châssis d'auto comme des carrosses ? Non. Vous achetez la dernière Citroën. (...) Pourquoi voulez-vous que nos maisons ne soient pas construites de la même façon ? »Mais si Tambuté se fait volontiers cassant, le délégué du ministère, M. Morel, se montre plutôt persuasif et rassurant : il fait comprendre que le projet est l'aboutissement d'un long travail de dialogues et de discussions avec les sinistrés qui ont été intimement liés à l'étude. Il insiste sur l'urgence de la situation, le nombre des mal-logés, le coût avantageux du projet et le travail fourni aux entreprises locales. C'est pourquoi ce projet si décrié est finalement adopté par le conseil municipal. En 1953, les travaux peuvent enfin commencer sur la place d'Armes.
    Source Nord Littoral Laurent BUCHARD et Marc COPPIN

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  • Place d'Armes: regards d'un autre siècle

    S'il est un des endroits de Calais qui n'a jamais disparu, même si son évolution a été constante au fil des siècles, c'est bien la place d'Armes. Il existe une foultitude de cartes postales montrant ses différents aspects : défilés militaires, fêtes votives, marchés, ou tout simplement la vie de tous les jours. Au moins quatre-vingt-cinq vues différentes, sans compter les clichés aériens ! Elle a quelque peu rétréci au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, du côté est où se trouvait le restaurant du Faisan Gris. Sur la carte (ci-dessous), toute l'équipe de tient au garde-à-vous pour le photographe.
    Il s'agissait à la fois d'un impératif technique (les émulsions employées alors étaient lentes, de l'ordre de 25 Asa, il fallait se tenir coi, sous peine d'être flou...) et esthétique, car ces cartes étaient utilisées comme publicité. La vêture est celle des années 30, et le restaurant disposait du téléphone  !
    Autre vue de chez Léon et Lévy, qui porte le N° 50. On peut trouver cette carte (ci-dessus) avec deux vues identiques, prises à quelques minutes d'intervalle. Celle-ci est la plus rare. Elle représente le côté nord de la place d'Armes, et on peut y voir (de droite à gauche) un magasin de jouets et souvenirs « à la pêcheuse », un vendeur de chaussures « à la botte d'or » avec un dentiste installé au premier étage, et encore une échoppe de souvenirs et coquillages fait l'angle de la rue du Havre. Au fond, la rue de la Cloche.

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    Origine

    À partir de 1558, et la reprise de Calais, par le duc François de Guise, la priorité de tous les rois de France, qui se succéderont, sera de faire que Calais reste à jamais dans le royaume de France. Sa position géographique et surtout la proximité des Pays-Bas espagnols et de l'éternel ennemi, l’Angleterre, les y impose.

    Pour cela, l'ancien château médiéval construit en 1229, qui défendait Calais, (et qui fut entre autres le témoin silencieux du mystérieux assassinat de l'oncle de Richard II, le duc de Gloucester), formant un enclos carré de six tours avec un donjon, situé à l'angle nord-ouest de la ville, fut rasé afin de construire sur ses ruines, une vaste citadelle, plus adaptée aux nouvelles nécessités qu'impose la guerre de cette période.

    Ce fut le roi François II, qui décida de la construction de la nouvelle citadelle, sur le lieu de l'ancien château. Pour cela, un quartier entier fut rasé. Parmi les bâtiments détruits, il y eut les hôtels, où se trouvaient, durant la possession anglaise, les seigneurs anglais, et surtout l'église Saint-Nicolas. Seul l'hôtel d'Escalles, devant servir de logement au commandant de la nouvelle citadelle, fut épargné.

    Ce fut Henri Ier d'Orléans, duc de Longueville, gouverneur de Picardie, qui posa la première pierre en 1564. L'italien Castriotto et Jean Errard de Bar-le-Duc, deux brillants ingénieurs de l'époque participèrent aux travaux. Errard, à qui l'on doit aussi les citadelles d'Amiens et de Doullens, fut le créateur de la demi-lune de l'Hermitage devant la porte de la citadelle ayant pour nom Porte de Neptune. Le château, dont il restait quatre tours, compléta les trois autres bastions. Une partie médiévale de l'enceinte de la ville avec la tour Carrée et la tour Pavée subsiste encore de nos jours. On peut entrer également dans la citadelle, après avoir passé la demi-lune par la Porte de Secours, puis par la Porte de Boulogne.

    Baptême du feu

    Trente ans après le commencement des premiers travaux, le conflit entre la France et l’Espagne, place la citadelle au cœur du conflit. Le 24 avril 1596, alors que le fort Risban et le fort Nieulay sont déjà tombés, les habitants de Calais, y trouvent refuge afin de fuir les troupes de l'archiduc Albert d'Autriche, gouverneur de laFlandre, à la tête de l'armée des Pays-Bas. Mais la muraille creuse, car remplie de sable, tombe sous le feu des canons. Le bastion nord-est, assailli par l’ennemi, tombe à son tour malgré la résistance acharnée conduite par Michel Patras de Campaigno, surnommé le chevalier Noir. Nous sommes le 25 avril 1596, et Calais quitte de nouveau le giron du royaume de France, et cela pour la dernière fois.

    L’histoire rend compte d’un vrai massacre et pillage en règle de la ville par les Espagnols qui recherchent l’or et l’argent des Calaisiens. La ville restera espagnole, jusqu’en mai 1598, date de signature du Traité de Vervins, rendant Calais à la Couronne de France.

     

    Résidence des gouverneurs

    Redevenu française pour toujours, Calais et sa citadelle seront la résidence officielle des gouverneurs de la place, jusqu’en 1636. Et surtout, elles seront l’objet de soins très attentifs de la part des souverains français, cela en raison de sa position géographiquement privilégiée.

    En 1605, et en mémoire de celle qui fut détruite pour l’édification de la citadelle, on donna le nom de Saint-Nicolas à une petite église qui fut construite à l’intérieur même des remparts. De nombreux mariages, décès et baptêmes y seront célébrés et cela jusqu'à la Révolution, quand l’église sera reconvertie en magasin à vivres. Les fortifications seront par la suite augmentées sous Henri IV.

     

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  • Richelieu 

    En mai 1632, ayant eu des informations sur un complot visant à vendre Calais au AnglaisLouis XIII et le cardinal de Richelieu séjournent à Calais et envisagent de faire de la ville entière une gigantesque forteresse dotée d’un grand port militaire. Richelieu ne fera que quelques travaux : un grand arsenal renfermant une grande cour entourée de plusieurs bâtiments pour stocker les armes et le blé, trois souterrains abritant des soldats en cas de bombardements, des moulins à blé ainsi que des fours à pain. Une colonne, représentant le buste de Richelieu, fut aussi dressée dans la cour. Les travaux furent exécutés par le Marquis de Saint-Chamond, Melchior Mitte de Chevrières qui ne cessa de demander des fonds pour les travaux, alors que les finances de l'État étaient dépensées pour les troupes en guerre contre la Lorraine.

    Vauban

    En 1658, la reconquête par Louis XIV de Gravelines puis de Dunkerque, fait perdre un peu de l’importance stratégique de la ville de Calais. Néanmoins, au cours de ses séjours à Calais, Louis XIV confie à Vaubanla remise en états des fortifications de la ville, à savoir la citadelle, le fort Risban et la reconstruction du fort Nieulay, l’un des très rares forts-écluses qui restent actuellement en France. Le roi reviendra quelques années après, voir les travaux effectués par son célèbre ingénieur militaire.

    Lors de la Révolution, certains voulurent raser la citadelle, prétextant qu’elle aurait pu servir d’appui en cas de révolte de la population face au pouvoir en place.Le fameux corsaire Claude de Forbin y sera même incarcéré en 1692, pour avoir rossé un bourgeois à qui il devait de l’argent.

    Avant d’être transféré à la Tour du Guet, c’est dans cette enceinte que Chappe fit en 1816 les premiers essais de son télégraphe aérien.

    XIXe siècle 

    Au xixe siècle, elle possédait une caserne d’une contenance de 1 000 hommes de troupes, deux citernes, de nombreux souterrains, des magasins à poudre, des magasins à provisions et des étables. Le rempart sud, déjà construit au Moyen Âge, fut doublé pour lui inclure des écuries et en temps de guerre y loger des hommes de troupes. Un magasin à poudre voûté en plein cintre, « système Séré de Rivières », fut construit sous le bastion du vieux port à la fin du xix siècle.

    Seconde Guerre mondiale

     

    Les premières bombes tombent sur Calais, dès le 10 mai 1940, et le 21, la citadelle est mise en état de défense. La Porte de Neptune et la Porte de Boulogne sont fermées, et un poste de commandement s’installe au sud-ouest. Le 24, alors que les Allemands encerclent la ville, des attaques ont lieu. Le 25 sera une journée noire durant laquelle, l’artillerie lourde de l’ennemi, s’abat sur la citadelle : les écuries brûlent avec tous leurs chevaux, les casernes s’écroulent en grande partie, les postes de secours sont débordés. Un dépôt de mazout en feu, côté ouest, voile le ciel de Calais durant toute la journée. En dépit de toutes ces destructions, les combattants rejettent l’ultimatum Allemand de reddition. Le 26, les casemates tremblent sous le déluge de bombes qui tombent sur la citadelle.

    Les Allemands attaquent les remparts au lance-flammes, et finissent par passer par les brèches qui commencent à apparaître. Faute de munitions, à 16h30, les combats cessent, rendant les Allemands maîtres des lieux, après un siège qui aura duré 36 heures. Un officier Allemand dira « La citadelle ne s’est pas rendue, elle a été conquise les armes à la main ». Plus un seul bâtiment ne se trouve debout, et tous seront rasés, au lendemain du conflit. De nombreux résistants du Calaisis seront fusillés.

    Monuments conservés

    La porte de Boulogne ou porte de secours qui date de la fin du xvie siècle(remaniée au xixe siècle) et la porte de la Ville ou de l'Hermitage datée du début du xviie siècle ont été inscrites monument historique le 15 février 1939. Les fossés et les courtines de la citadelle ainsi que la demi-lune défendant l'entrée vers la ville ont été inscrites monument historique le 27 avril 19901.

     

    Combats pacifiques

    Dans les années 1960, la citadelle sera reconvertie en stade omnisports et scolaire. Avec des terrains d’athlétisme, de football, de rugby, terrains de tennis sur terre battue et couverts, stand de tirs, tir à l’arc… . Le S.O.C, "Stade Olympique de Calais, y a élu domicile. La citadelle porte maintenant le nom de "Stade du Souvenir".

     

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  • Le fort Risban

    Longtemps pièce stratégique de la défense de Calais, le Fort Risban est actuellement en cours de rénovation. Ses murailles sont des pages entières de l’histoire calaisienne que l’on peut lire. Si les premiers bâtisseurs de ce fort furent les Anglais lors de la Guerre de Cent ans, chaque siècle apporta ses modifications. Lieu de promenade, du haut des ses murailles il offre une vue imprenable sur le Bassin du Paradis mais aussi sur l'entrée du port de Calais et son important trafic.

    Le fort Risban

    Quand Edouard III, roi d’Angleterre, arrive devant Calais en septembre 1346, il comprend très vite que face aux puissantes murailles et à la nature marécageuse du sol, seul un siège viendra à bout des forces ennemies. Il entreprend donc l’encerclement des murailles de Calais et la construction d’une ville au sud : Villeneuve la Hardie. Mais il se rend vite compte qu’il fallait également empêcher tout ravitaillement par la mer. En 1347, il fait couler des bateaux dans le chenal et décide la construction d’une tour en bois puissamment armée sur l’emplacement du futur Fort Risban. La famine eut alors raison de Calais ainsi verrouillée.

    Le fort Risban

     

    Maîtres de lieux, les Anglais édifient en 1403-1405, à la place de la tour en bois, une haute tour dite de Lancastre sur laquelle étaient placés des canons. Sous l’effet des marées et des courants le Risban se sépare des dunes pour devenir complètement maritime. La tour de Lancastre se retrouve à l’intérieur d’une muraille polygonale comprenant deux grosses tours au nord et à l’est. Une grosse coutine abrite des casemates. Les Anglais ont donc donné grossièrement la forme que le fort a conservé jusqu’au milieu du XIXe siècle.

    Le fort redevient français en 1558 avec la reprise de Calais par le Duc de Croÿ. Une trentaine d’années plus tard, le gouverneur de Calais ordonne d’araser la tour de Lancastre à la hauteur de la porte de la Lanterne. En effet, aux mains de l’ennemi, elle était une menace pour la ville risquant d’être sous les feux des canons du Risban. De 1596 à 1598, le fort bat pavillon espagnol. En 1604 Dominique de Vic fait rajouter un demi-bastion au sud-ouest et un bastion au nord-ouest. Nous entrons dans l’ère de la fortification bastionnée. En 1675 Vauban vient à Calais pour inspecter la place, il y trouve un Risban ensablé, ressemblant plus "à une retraite de hiboux et lieu propre à tenir le sabbat" qu’à une fortification. Il projette la construction d’une demi-lune à l’ouest reliant le fort à la grande digue allant jusqu’à Sangatte mais faute de moyens financiers rien ne vit le jour, pas plus qu’en 1689 quand il revient à Calais. Le Risban ne porte donc pas la marque de Vauban.

     

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