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    Le fort Nieulay

     

    Seul "Fort-Ecluse" bati par Vauban pour protéger les accès de Calais. A l'origine un gué permettait de passer la petite rivière de Hames, puis un pont fut établi. 1525, un fort anglais protégeait les écluses permettant d'inonder la région. 1558 le Duc de Guise s'en empare. 1677, Vauban reconstruit un fort à cheval sur la rivière.

    Le fort Nieulay

    A l’ouest de Calais, en ce lieu marécageux, les eaux de la rivière de Hâmes, franchissaient le banc de galets des Pierrettes avant de se jeter dans l’anse de Neuma .

    Un pont-écluse stratégique fut établi, permettant de prélever un droit de tonlieu sur les marchands et voyageurs.

    Ce pont commandait l’accès à Calais. Des écluses permettaient d’inonder le calaisis.

    Après la prise de Calais, les anglais construisent un premier fort accessible par une digue gardée par le château de Sangatte.

         1558 . Le Duc de Guise prend le «Fort Nieulet »

         1596 . Il tombe aux mains des Espagnols qui l’agrandissent et le renforcent.

         1627 . Richelieu fait remanier le fort

         1677-1679, Vauban fait reconstruire le fort un peu plus à l’ouest, a cheval sur la rivière, afin d’y inclure et de défendre les écluses essentielles pour la défense de Calais. Il est relié à la ville par une digue.

    A la fin du XVII° siècle, le fort perd de son importance stratégique et se dégrade, les écluses tombent en ruine.

         1903 . Le fort est déclassé et vendu , puis loué à des agriculteurs

         1940 . Le fort se retrouve au milieu des combats, une petite troupe de français et d’anglais s’y retranche et résiste jusqu’au 24 mai avant de se rendre. Les constructions intérieures sont détruites. Les allemands y établiront des postes de mitrailleuses et des batteries antiaériennes.

         1944, 26 mai les canadiens du Royal Winnipeg Rifles libèrent le fort et dégagent la route de Calais.

    Après guerre, les abords du fort sont exploités en carrière de galets. La ville de Calais a racheté le fort et commencé sa réhabilitation

    Le fort Nieulay

     

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  • Origine

     

    La tour du Guet à gauche

     

    La tour du Guet est l'un des plus vieux monuments de Calais, avec l'église Notre-Dame. Certains pensent qu'elle serait une des nombreuses tours à feu que Charlemagne fit construire en 810, afin de protéger le littoral des invasions normandes. D'autres, qu'elle date de 1229, lorsque le comte de Boulogne, Philippe le Hurepel, édifia les fortifications de Calais. On ne trouve les premières traces officielles qu'en 1302. En 1348, elle fut le témoin du sacrifice héroïque des six bourgeois de Calais, lors de la reddition du siège de Calais. Et c'est de cette même tour que le gouverneur de Calais, Jean de Vienne, informa la population calaisienne, des conditions de reddition que venait de lui imposer le roi Édouard III d'Angleterre.

    Un tremblement de terre, en 1580, fendit la tour en deux, menaçant un moment de s'écrouler totalement. Elle fut relevée vers 1606, et se vit adjoindre à l'est une construction devant servir de halle aux marchands de Calais.

    Lorsque Louis XIV tomba gravement malade à Calais en 1658, un jeune garçon d'écurie imprudent mit le feu dans la halle qui servait provisoirement d'écuries royales, du fait de la présence à Calais du Roi. Le bâtiment et la charpente de la tour subirent d'importants dégâts causés par l'incendie. Il fallut attendre pas moins de trente années avant que les dégâts ne fussent enfin réparés.

    La tour du Guet, comme l'indique son nom, abritait autrefois des guetteurs. En temps de paix ils guidaient les pompiers en leur indiquant la direction du feu. Et en temps de guerre, ils surveillaient le mouvement des troupes ennemies.

    La nuit, les guetteurs répétaient l'heure et la demie, suivie immédiatement d'un coup de corne, confirmant de cette façon la tranquillité de la ville. Les guetteurs devaient avertir de l’ouverture des portes de la ville par cinq coups de cloche. Le moindre défaut de la part des guetteurs pouvait leur valoir la prison. En 1770, une cloche identique à l'originale de 1348 fut fondue. Elle permit, comme la précédente, de faire sonner le tocsin. Ce service de guetteurs fonctionna jusqu'en 1905. En 1926, le dernier gardien de la tour fut obligé de la quitter.

    Abraham Chappe, (un des frères d'Ignace Chappe) installa en 1816, au sommet qui culmine à 39 mètres, un relais de son télégraphe optique. Un côté était dirigé vers Saint-Omer et l'autre vers Boulogne-sur-Mer. Ce poste télégraphique de transmission des nouvelles, qui fut en fonctionnement durant 32 ans, annonça la mort de Napoléon Ier en 1821.

    En 1818, la tour du Guet fut aménagée en phare à feu tournant, fonctionnant à l'huile. Pendant la journée, un drapeau de couleur éclatante, hissé à son sommet, indiquait les moments où la marée rendait praticable le Port de Calais aux navires qui désiraient y pénétrer. Cette lanterne rendit bien des services aux navires et surtout au port de Calais, jusqu'à son remplacement définitif par l'actuel phare de Calais, le 15 octobre 1848.

     

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  • xxe siècle

    La tour du Guet à gauche

    La tour du Guet, durant la Première Guerre mondiale, servit de poste d'observation militaire. Puis elle manqua de disparaître sous le déluge des bombardements de 1940 et de 1944 que subit la ville de Calais lors de la Deuxième Guerre mondiale.

    Cette tour fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 6 novembre 19311.

    La cloche de 1770 sonna le tocsin et les heures, jusqu'à ce qu'elle fût déposée aux pieds de la tour, dans les années 1970. Ne répondant pas aux normes de sécurité, il nous est impossible de la visiter.

     

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  •                              L'histoire des 6 Bourgeois de Calais

     

    Le roi Charles 4 mort sans descendance, Edward 3, roi d’Angleterre et petit fils de Philippe Le Bel par sa mère, revendiqua alors la couronne de France et résolut à la conquérir par les armes. La victoire remportée à Crécy le 26 Août 1346 sur le roi de France, ouvrait à Edward 3 la route vers le nord. Il donne quelque repos à ses troupes, puis se dirige vers Calais et commence le siège de cette place forte dont la prise sera pour lui le résultat le plus important de son heureuse campagne.
    Pour faire triompher ses prétentions à la couronne de France, il lui faudra conquérir, dans la France septentrionale, un territoire sur lequel il puisse débarquer ses armées en toute sécurité, pour faire ensuite la conquête du pays qu'il convoite et où, en cas de revers, elles trouveront un refuge certain. Calais, qui est située en vue des côtes anglaises, possède un bon port et de solides murailles, convient à merveille pour l'établissement d'un camp retranché tel que le désire Edward 3. Calais est bien, suivant l'expression d'un de ses successeurs, "la serrure et la clef de la France".

    L'histoire des 6 Bourgeois de Calais

     

    Le 4 Septembre 1346, après avoir ravagé sur son passage le Ponthieu et le Boulonnais, brûlé les faubourgs de Montreuil, Etaples et Wissant, Edward 3 apparaît sous les murs de Calais. Il somme immédiatement le gouverneur Jean de Vienne de lui rendre la Ville. Edward 3 est bien résolu à s'emparer coûte que coûte de cette place d'armes que les chroniqueurs sont unanimes à considérer comme l'une des plus puissantes forteresses. Mais se rendant compte qu'il a peu de chance de réussir par un coup de force, il décide de prendre la Ville par la famine.

    En prévision d'un long siège, Edward 3 bâtit entre Calais et les rivières de Guines et de Hames, le pont Nieulay, une véritable Ville qu'il appelle "Villeneuve la Hardie", amplement approvisionnée. Son armée, forte de 32000 hommes à son départ d’Angleterre, comptera à un certain moment 100.000 hommes de troupe.

    Jean de Vienne voit les préparatifs anglais et se rend compte qu'il sera bientôt contraint par la famine à se rendre. Il décide donc de faire sortir toutes les bouches "inutiles". Des centaines de pauvres dépourvus de biens et de provisions sont ainsi chassés. Certains chroniqueurs affirment qu'Edward 3 autorisa ces malheureux à traverser les lignes de son armée, d'autres par contre racontent qu'Edward 3 les repoussa et qu'ils moururent de froid et de faim entre la ville et le camp anglais.

    Les premiers temps du siège sont supportables pour les Calaisiens qui se ravitaillent encore par la Mer. Les opérations du côté de la terre se réduisent à peu de choses au cours de l'hiver 1346-1347, juste quelques sorties des assiégés et des escarmouches engagées par les garnisons françaises des petites forteresses de l'Artois et du Boulonnais. Edward 3 utilise sans résultat une vingtaine de canons pour abattre les murailles. Aussi, décide-t-il le 15 Février 1347 de mobiliser une flotte de 120 vaisseaux qui interdiront en permanence l'accès maritime de Calais. Une seule escadre française de 30 vaisseaux réussit, le 10 Avril, en dépit de la vigilance de la flotte ennemie et malgré les fortifications élevées par les assiégeants et les obstacles de toute nature à l'entrée du chenal, à pénétrer dans le port. Les autres tentatives échoueront lamentablement ; les navires tombant aux mains des anglais. Dès lors, Calais n'eut plus d'espoir que dans le secours venant de la terre.

    L'histoire des 6 Bourgeois de Calais

    Le 26 Juin, Jean de Vienne adresse une lettre au roi de France. Les anglais s'en emparent et Edward 3 se rend ainsi compte que la famine est à son comble dans la Ville. Dans cet appel émouvant à Philippe de Valois, il écrit notamment : 
    "Sachez qu'il n'y a rien qui ne soi tout mangé, et les chiens et les chats et les chevaux ; et de vivres nous ne pouvons plus trouver si nous ne mangeons chair de gens, si nous n'avons pas un bref secours". Un chroniqueur anglais place à cette époque l'exode de centaines de Calaisiens qui auraient péri sous les murs de la Ville, l’assiégeant leur ayant refusé la traversée de son camp.

    Cepandant, Philippe de Valois comprend la nécessité de tenter un grand effort pour secourir et conserver une place de premier ordre qui résiste héroïquement. Depuis le 24 Mai 1347, il concentre à Arras une armée considérable. Après avoir vainement demandé aux flamands leur concours, il dirige ses troupes vers Hesdin, Fauquembergues, Lumbres, Nordausques, Tournehem et Guines. Ce 27 Juillet, l'armée Française, forte de plus de 100.000 fantassins et de 35.000 cavaliers paraît enfin sur les hauteurs de Sangatte, à la grande joie des Calaisiens qui pensent que la bataille va s'engager rapidement.

    Le roi de France fait aussitôt reconnaître le terrain et chercher les points d'attaque les plus favorables. L'examen des positions ennemies lui révèle que la nature du terrain et les mesures défensives prises par Edward 3 rendent toute attaque impossible. Philippe de Valois propose alors à Edward 3 un combat en rase campagne. Ce dernier refuse , sachant que Calais est à sa merci.

    L'histoire des 6 Bourgeois de Calais

    Le 26 Juin, Jean de Vienne adresse une lettre au roi de France. Les anglais s'en emparent et Edward 3 se rend ainsi compte que la famine est à son comble dans la Ville. Dans cet appel émouvant à Philippe de Valois, il écrit notamment : 
    "Sachez qu'il n'y a rien qui ne soi tout mangé, et les chiens et les chats et les chevaux ; et de vivres nous ne pouvons plus trouver si nous ne mangeons chair de gens, si nous n'avons pas un bref secours". Un chroniqueur anglais place à cette époque l'exode de centaines de Calaisiens qui auraient péri sous les murs de la Ville, l’assiégeant leur ayant refusé la traversée de son camp.

    Cepandant, Philippe de Valois comprend la nécessité de tenter un grand effort pour secourir et conserver une place de premier ordre qui résiste héroïquement. Depuis le 24 Mai 1347, il concentre à Arras une armée considérable. Après avoir vainement demandé aux flamands leur concours, il dirige ses troupes vers Hesdin, Fauquembergues, Lumbres, Nordausques, Tournehem et Guines. Ce 27 Juillet, l'armée Française, forte de plus de 100.000 fantassins et de 35.000 cavaliers paraît enfin sur les hauteurs de Sangatte, à la grande joie des Calaisiens qui pensent que la bataille va s'engager rapidement.

    Le roi de France fait aussitôt reconnaître le terrain et chercher les points d'attaque les plus favorables. L'examen des positions ennemies lui révèle que la nature du terrain et les mesures défensives prises par Edward 3 rendent toute attaque impossible. Philippe de Valois propose alors à Edward 3 un combat en rase campagne. Ce dernier refuse , sachant que Calais est à sa merci.

    L'histoire des 6 Bourgeois de Calais

    Des cris, des gémissements, des pleurs répondent à ses paroles et lui-même est fort ému. Un moment après, le plus riche bourgeois de la Ville, Eustache de Saint-Pierre se lève et dit :

    "Seigneur, il serait grand malheur de laisser un tel peuple mourir ici de famine quand on peut trouver un autre moyen. J'ai si grande espérance de trouver grâce et pardon envers notre Seigneur si je meurs pour sauver ce peuple, que je veux être le premier ; je me mettrai volontiers en chemise, nue tête, la corde au cou, à la merci du roi d'angleterre".

    Chacun s'approche de lui et le remercie, des hommes et des femmes se jettent à ses pieds en pleurant. Devant cet héroïque exemple, un autre très honnête et riche bourgeois, Jean d'Aire, se lève et déclare sa volonté de partager le sort de son compère. Un troisième, Jacques de Wissant, dit vouloir faire compagnie à ses deux cousins. Puis ce sont Pierre de Wissant, son frère, Jean de Fienne et Andrieux d'Andres. Les 6 bourgeois se dévêtent, tous nus en leurs chemises, mettent la corde au cou et prennent les clefs de la Ville et du Château chacun en tenant une poignée. Quand ils sont prêts, Jean de Vienne se met devant eux et prend le chemin de la Porte accompagnés des hommes femmes et enfants qui pleurent, se tordent les mains et crient à haute voix. La scène est poignante. Au delà de la Porte, Jean de Vienne dit à Gautier qui l'attend :

    "Je vous livre comme Capitaine de Calais, avec le consentement du peuple de cette Ville, ces 6 bourgeois, et je vous jure qu'ils sont et ont toujours été les plus honorables...".

    Et ils s'en vont vers leur destin au camp des anglais. A leur arrivée, le roi Edward 3 vient sur la place en face de son palais ayant à ses côtés la reine Philippine de Hainaut sa femme (qui était enceinte) et les seigneurs de sa cour. En présence du roi, les 6 bourgeois se mettent à genoux et disent en joignant leurs mains :

    "Gentil Sire et gentil roi, voyez-nous les six, qui avons été d'anciens bourgeois et grands marchands de Calais ; nous vous apportons les clefs de la Ville et du Château ; nous nous mettons en votre pure volonté pour sauver le "demeurant" du peuple de Calais qui a beaucoup souffert de privations. Veuillez avoir de nous pitié et merci par votre très haute noblesse".

    L'histoire des 6 Bourgeois de Calais

    Les seigneurs et chevaliers présents ne peuvent s'empêcher de les prendre en pitié et ont grand peine à parler.

    Le roi les regarde très en colère car il avait le coeur si dur et si épris d'un grand courroux qu'il ne peut parler. Quand il le peut enfin, c'est pour dire qu'on leur coupe la tête. Tous les barons et chevaliers présents ainsi que Messire Gautier de Mauny prient le roi de les prendre en pitié mais en vain. C'est alors la reine d’Angleterre qui ne pouvant se retenir de pleurer, se jeta aux pieds du roi et dit:

    "Ah, gentil sire, depuis que je repassai la Mer en grand péril comme vous le savez, je ne vous ai rien demandé ; or, je vous prie humblement et requiers à mains jointes que pour l'amour du fils de Sainte-Marie et pour l'amour de moi, vous veuillez avoir de ces hommes mercy"

    Le roi attend un moment, regarde la reine qui pleure, s'émeut et ne veut pas lui faire peine et dit :

    "Ah, Madame, j'aimerai mieux que vous fussiez autre part qu'ici ! Vous me priez si tendrement que je n'ose vous éconduire malgré que j'en ai envie. Tenez ! je vous les donne ! faites-en votre plaisir!"

    Alors la reine joyeuse se lève, fait lever les 6 bourgeois, leur enlève les cordes qu'ils avaient au cou et les emmène avec elle dans sa chambre, les fait vêtir, leur fait servir à diner, leur fait remettre à chacun 6 nobles d'or et les fait conduire hors du camp en sûreté. Ils s'en vont demeurer dans plusieurs villes de Picardie. Le lendemain, 4 Août 1347, Calais est occupé et Gautier de Mauny prend possession de la Ville et du Château.. Son premier soin est d'ordonner de mettre Jean de Vienne et ses chevaliers en prison courtoise, en attendant leur transfert en angleterre jusqu'à ce qu'ils aient payé leurs rançons. Les simples hommes de troupe sont rassemblés dans la halle pour y déposer leurs armes, puis renvoyés. Il fait amener dans la Ville des charettes entières de victuailles qui sont distribuées aux habitants. Cette distribution a des effets désastreux car plus de 300 personnes succombent pour avoir absorbé trop de nourriture trop vite. Ceux qui survivent sont expulsés, car Edward 3 a résolu de peupler la Ville de sujets anglais. Seul un prêtre et quelques personnes agées restent à Calais pour fournir des renseignements relatifs aux coutumes anciennes de Calais.

    Telle est, d'après les "Chroniques" de Froissart, la version la plus généralement admise de la reddition et du dévouement des 6 bourgeois. En 1895, l'illustre Rodin a figé dans l'immortalité du bronze, la sublime nudité de nos héros.

     

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  • Parmi les événements qui ont fait date à Calais à la Belle Epoque, on compte malheureusement deux catastrophes liées au progrès, celle du pétrolier VILLE-DE—CALAIS et celle du sous—marin PLUVIOSE.

     En 1886 le port de Calais a été ouvert au trafic pétrolier et la Maison Paul Paix et Cie, de Courchelettes, près de Douai, a été autorisée à installer deux réservoirs d’une capacité de 27 000 hectolitres. Pour assurer ses importations régulières de pétrole américain, cette société a fait construire un pétrolier en acier le VlLLE—DE-CALAIS, comprenant seize compartiments contenant le précieux liquide qu’on décharge en trois jours à l’aide d’une pompe à gaz.

     Le trafic pétrolier entre Philadelphie et Calais s’effectue sans incident jusqu’au 16 octobre 1888 à 21 heures lorsque le VILLE—DE—CALAIS vient d‘achever la livraison de sa septième cargaison au bassin Ouest.

     A cette heure précise le pétrolier est tout a coup secoué par une formidable explosion. La déflagration est si forte qu’à Calais— Nord d’ innombrables carreaux volent en éclats, les portes s’ouvrent seules des tuiles voltigent un peu partout et le gaz s’éteint.

    16 octobre 1888

     

    Le "Ville-de-Calais" après l'explosion qui ébranla Calais

    En quelques instants toute la population est dehors s’interrogeant sur la cause de ce branle—bas de fin du monde. On est vite fixé par la puissante lueur rougeoyante qui émerge du bassin ouest: le VILLE—DE-CALAIS a sauté, et brûle à son appontement.

     La nouvelle se répand en ville comme une traînée de poudre et une ruée inimaginable déferle vers le lieu du sinistre.

     Le spectacle est à la fois tragique et grandiose. Le pétrolier en feu a été coupé en deux par l’explosion. L’avant a volé en éclats tandis que la partie arrière est demeurée intacte. Une quantité de débris et de tôles a été projetée à la ronde sur les toits des maisons ou sur les autres navires amarrés au port.

     Tandis que la foule commente la catastrophe, les secours s’organisent: pompiers, police, fantassins, artilleurs, personnel du port, représentants de la Marine, sont rapidement à pied d’œuvre. On craint en effet que le terrible accident n’ait provoqué de nombreuses victimes.

     

    Heureusement, il n’en est rien. En ce dernier jour d’escale, le Commandant Gombert a donné quartier libre à la majeure partie de l’équipage composé de 29 marins. Cependant on déplore la mort de trois d’entre eux: un lieutenant, un matelot et le troisième mécanicien.

    On compte également quelques blessés: un pioupiou du 8e de Ligne en patrouille sur le quai a eu une jambe brisée par un morceau de tôle, le chauffeur du navire a aussi les jambes broyées.

     Plus heureux, les quelques marins regroupés dans la partie arrière du navire, comme le commandant ou le mousse, s’en sortent indemnes.

     Le lendemain, au jour, on peut constater l’étendue des dégâts: un navire norvégien proche du pétrolier a eu son mât brisé et est très endommagé, le remorqueur HERCULE a subi de nombreuses avaries, une rame d’une soixantaine de wagons en stationnement sur le quai est fortement endommagée, sans compter les nombreux dégâts subis par les maisons de Calais-Nord et notamment du quartier de la Citadelle. Partout dans les environs du bassin Ouest on retrouvera des débris du navire. Une plaque d’acier longue de 13 mètres et pesant une tonne a survolé tout le bassin pour aller se ficher dans le sol de l’autre côté.

     L’enquête ne parviendra pas à établir les causes exactes de l’explosion. On pense que le gaz contenu dans les cales au lieu d’être évacué par la tuyauterie spéciale a pu se répandre sur le pont par un panneau étanche et il n’aurait fallu qu’une poussière incandescente pour provoquer la terrible déflagration.

     Les cadavres affreusement mutilés des deux victimes — le troisième corps ne sera retrouvé que quinze jours plus tard — sont transportés à la morgue et l’enterrement a lieu le 19 octobre au milieu d‘une foule estimée à 8 000 personnes.

     La partie arrière du VILLE—DE—CALAIS demeurée intacte sera remise à flot grâce à une cloison étanche pour être prise en charge par des remorqueurs anglais et être conduite à Newcastle où elle devait être assemblée à l’avant d’un pétrolier en chantier. Malheureusement une tempête empêchera ce morceau du VlLLE-DE-CALAIS d’arriver à bon port et le navire fera cinq victimes supplémentaires au cours de son naufrage.

     Pour remplacer la perte de son navire—citerne, la Société Paul Paix fera l’acquisition, deux ans plus tard, d’un nouveau navire baptisé VlLLE-DE-DOUAI lequel aura une carrière heureuse au cours de laquelle il effectuera 106 voyages entre les USA. et Calais.

       

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  • Tout commence par un déni de démocratie. Le 31 janvier 1898, les Calaisiens répondent majoritairement non à la question « Y’a-t-il lieu de contracter un emprunt de 550 000 francs en vue de la construction d’un nouveau théâtre ? » posée par la municipalité. Cinq ans plus tard, le président de la République en personne pose la première pierre d’un édifice qui demeure aujourd’hui l’un des éléments majeurs du patrimoine de Calais.

     

    Théâtre de Calais

     

     

    Pourquoi vouloir construire un nouveau théâtre à la fin du XIXe siècle ? La ville en possède pourtant un depuis 1774, appelé le « Théâtre Dessin », située rue Leveux. Mais cette salle de spectacles construite en bois, dotée d’environ 700 places, est devenue très vétuste… et dangereuse, sachant que des dizaines de chandelles formaient les feux de la rampe !

    De plus, la localisation de ce théâtre symbolise une certaine hégémonie culturelle de la partie Nord de Calais, qui n’est plus de mise depuis la fusion avec Saint-Pierre. L’échec du référendum s’explique néanmoins par le fait que, pour construire un nouveau théâtre, la municipalité doit emprunter une très grosse somme et imposer une taxe aux Calaisiens.

    Les élus locaux, bénéficiant de l’appui des plus hautes autorités de l’État, passent outre le refus populaire. Le 3 janvier 1903, un décret autorisant la ville à emprunter la somme de 946 500 francs, remboursable sur trente annuités, est validé par le président de la République. Ce décret accorde également le droit à la municipalité de prélever pendant trente ans un impôt extraordinaire afin de rembourser l’emprunt et ses intérêts.

    Un lieu décrié

    L’emplacement choisi par la municipalité pour la construction n’est autre que la place Brochot qui a l’avantage de se trouver au croisement des quatre grandes artères de la cité. Là encore, ce choix ne fait pas l’unanimité dans la population : beaucoup crient à la profanation, car cet emplacement correspond à celui d’un ancien cimetière et certaines dépouilles sont encore enfouies dans le sol. Par ailleurs, ce lieu avantage à l’évidence les Saint-Pierrois au détriment des habitants du Vieux-Calais.

    Un geste symbolique accompli par un personnage incontesté éteint les polémiques : le 9 juillet 1903, le président de la République, Émile Loubet, se livre à l’exercice traditionnel du scellement de la première pierre du théâtre – il s’agit en fait d’un simulacre, d’autant que le chantier a débuté depuis quelques mois.

    Le chef de l’État est arrivé par la mer sur le « Guichen ». Accueilli par des pêcheuses de crevettes munies de leurs filets et d’une gerbe de fleurs, il doit parcourir trois kilomètres à travers Calais et plusieurs arcs de triomphe éphémères. Accompagné du maire Edmond Basset et du ministre des Affaires Étrangères, Émile Loubet est très à l’aise dans cet exercice de pure représentation. C’est à son sujet qu’un article de 1901 du Figaro décrivait le dépôt d’une gerbe de chrysanthèmes lors de l’inauguration d’un monument. Thème repris ensuite par Charles de Gaulle pour dénoncer l’absence de pouvoir des présidents des IIIe et IVe Républiques qui « inauguraient les chrysanthèmes ».

     

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  • Les usines

    Les usines

    Les usines

     

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  • La création des motifs

    L'esquisseur crée le motif de la dentelle en tenant compte possibilités techniques et de la mode, le dessinateur aura ensuitee le travail de mise en carte à effectuer

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  • La mise en forme des cartons

    La mise en forme des cartons

    La mise en forme des cartons

    La mise en forme des cartons

    La mise en forme des cartons

    A partir des dessins fournis il s'agit maintenant de percer les cartons pour le mécanisme Jacquard et ensuite de les lacer

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  • La préparation

     

    La chambre d'apprêt, la température de ces chambres est maintenue à 40°, une pièce de tulle est séchée par l'action des ventilateurs en moins de 5 minutes.

     

    La préparation

    La préparation

    La préparation

     

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