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  • Calais, première ville française bombardée par un zeppelin

    Permiers aérostats

    Le procédé du ballon dirigeable a été inventé en France en 1852 avec les premières tentatives de motorisation d’un aérostat. En 1900, c'est en Allemagne qu’a lieu le premier vol du dirigeable rigide Zeppelin, le LZ-1, sur le lac de Constance.

    L’essor du dirigeable rigide a commencé dès la Première Guerre mondiale avec les firmes allemandes Zeppelin, Lind Er Schtrümpf et Schütte-Lanz, qui ont construit au total 118 aérostats. Ces dirigeables pouvant atteindre jusqu’à 200 mètres de longueur ont effectué sur les quatre années 1 189 vols de reconnaissance et 231 attaques à la bombe, avec pour cible privilégiée Londres. Grâce à ces monstres du ciel, l’Allemagne peut effectuer des missions de reconnaissanceet procéder aisément à la destruction des forces aériennes alliées, tant sur terre que sur mer. Aucun autre pays du monde ne dispose d’une flotte de dirigeables égale à la sienne.

    Calais, cible privilégiée

    Au cours de la Grande Guerre, Calais comme d’autres villes de la Côte d’Opale fait partie de la zone tampon stratégique située entre la France et l’Angleterre. De là, on peut acheminer les troupes et le ravitaillement au front. La ville voit également affluer dans ses nombreux hôpitaux militaires des milliers de blessés.

    En quatre ans, Calais est en conséquence victime 68 fois des bombardements allemands, 6 fois par zeppelins, une fois par mer, le reste par avions : 278 personnes sont tués, dont 108 civils. Les habitants, proches d’objectifs militaires, sont d’ailleurs les premières victimes.

     

    Blog de alorsraconte :CALAIS, 22 février 1915 (parti 1)

    Au petit matin du 22 février 1915, un zeppelin bombarde Calais

    "Un zeppelin est venu, la nuit, survoler Calais et jeter des bombes sur une ville endormie", raconte le Phare de Calais

    Au fil de la guerre

    Alors que le front, en 1915, s'est stabilisé à peu près à la frontière belge, Calais, qui se croyait à l'abri des combats, est bombardée par un dirigeable ennemi.

    "Au mépris du droit des gens, l'Allemagne vient de commettre un forfait de plus. Lâchement, traîtreusement, un zeppelin est venu, la nuit, survoler Calais est jeter des bombes sur une ville endormie. Le lâche attentat commis, il a pu s'enfuir comme il était venu, grâce à la ferveur de la nuit, si propice aux vandales." c''est ainsi que le Phare de Calais commence à relater l'épisode tragique qui frappe la cité des 6 Bourgeois le 22 février 1915 à 4h15 du matin.

    Le zeppelin, un redoutable dirigeable

    C'est au comte allemand Ferdinand Von Zeppelin que l'on doit, en 1899, la fabrication du premier dirigeable à coque rigide qui portera son nom. Les premiers succès de cet aérostat encouragent l'industriel à développer ce type de production dans son usine de Friedrichshafen. A partir de 1909, les ballons dirigeables "zeppelin" sont utilisés dans l'aviation civile. Très vite, l'armée allemande à l'idée de se servir de ces "plus légers que l'air" pour les transformer en bombardiers.

    En 1914, malgré les réticences du comte von Zeppelin qui doute de leur fiabilité mais sous pression des militaires, une nouvelle génération de zeppelins voit le jour. Elle est marquée par un gigantisme impressionnant : les engins atteignent en effet des longueurs de 150 à 160 mètres et des volumes de 22000 à 25000 m³, et peuvent transporter jusqu'à 9 tonnes de matériel. Leur autonomie de vol est environ d'une journée et ils sont capables de voler à une vitesse de 80 km/h. De leur côté, les alliés disposent également de plusieurs dirigeables, mais ne leur accordent que peu d'importance : ces coûteuses et encombrantes machines sont utilisées uniquement pour des vols de reconnaissances. L'état-major du Kaiser a au contraire misé sue ses zeppelins dont le rayon d'action est extrêmement large et qui peuvent donc semer la terreur partout.

    L'impact psychologique provoqué sur les populations civiles par l'entrée en action des mastodontes allemands sera colossal, sans aucune mesure avec les dégâts humains et matériels qu'ils sont en réalité en mesure de causer.

    Les événement qui se déroulent à Calais au petit matin du 22 février 1915 le confirment. La presse locale s"était déjà fait l'écho des premiers raids aériens menés par des zeppelins en Belgique puis sur la toute proche Angleterre. La relation des ces attaques a suscité à chaque fois chez les lecteurs une réprobation unanime mêlée d'effroi : ce sont les cibles des bombes larguées par les dirigeables. L'un des objectifs des allemands, qui est de saper le moral de l'ennemi, semble en bonne voie de réussir.

                        Source Nord Littoral Magali Domain

    Blog de alorsraconte :CALAIS, 22 février 1915 (parti 2) Un raid meurtrier

    Si les Calaisiens se croyaient à l'abri de ce type d'attaque, c'était à tort. Alors que la ville est profondément endormie et qu'elle est uniquement éclairée d'un rayon de lune, tous les becs de gaz étant éteints, un fort vrombissement de moteur se fait entendre un peu après quatre heures du matin, le 22 février 1915. C'est un zeppelin venant de la mer, qui vient sans doute de longer la côte un peu à l'ouest, qui survole la ville à une hauteur de 300 mètres environ. Les Allemands ont appris qu'il fallait attaquer de nuit, sinon leur dirigeable était visuellement trop vite repéré.
    Le zeppelin parcoure quatre kms sans lâcher le moindre projectile et se dirige droit vers le quartier des Fontinettes. Arrivé là, se positionnant au-dessus de la passerelle de la gare, l'aérostat largue plusieurs bombes visant les voies de chemin de fer. L'une d'elles traverse la passerelle et éclate sur la voie Calais-Dunkerque qui est rendue impraticable sur une longueur de vingt mètres; le ballast , projeté avec une grande violence , mitraille les habitations sur 200 mètres à la ronde et occasionne de nombreux bris de glaces. D'autres bombes creusent des excavations de 2 à 3 mètres de profondeur sur 10 à 12 mètres de diamètre.
    En de déplaçant le zeppelin cible des zones habitées, Rue des Fontinettes, la maison n° 215, derrière le "Bar des Fontinettes", est demi-détruite et les pompiers doivent venir évacuer les locataires car la cage d'escalier s'est effondrée. Une bombe éclate dans la cour d'un immeuble proche, détruisant un hangar : les habitants peuvent s'enfuir sans  souffrir d'aucune blessure.

    22 février 1915

    Calais. Bar des Fontinettes, 215, rue des Fontinettes. Cuisine et appartement privés après le bombardement du 22 février 1915. Photographie. Archives départementales du Pas-de-Calais, 43 Fi 237.

    En revanche on déplore plusieurs victimes rue Dognin, où les immeubles n° 8 et 10 sont réduits à l'état de décombres. En tout, une cinquantaine de maisons du quartier ont subi de graves dommages. Le dirigeable achève sa mission destructible en semant des bombes incendiaires sur d'autres zones habitées de la ville. C'est ainsi qu'une série de logement situés à l'angle de la rue de Malines et de la rue des fleurs, de la rue des communes, du boulevard Lafayette, du quai de la gendarmerie sont touchées. Des dégâts sont aussi à déplorer au niveau de la cale de Raboud et du bassin Carnot.

    22 février 1915

    Calais. Rue Dognin, n° 9, maison Gressier, bombardement du 22 février 1915. Archives départementales du Pas-de-Calais, 43 Fi 232.

    Les secours retrouvent sur le toit d'une maison voisine de la maison n° 8 de la rue Dognin, qui a été litteralement pulvérisée, une longue flamme de guerre aux couleurs allemandes, supportant à son extrémité un sac rempli de sable renfermant une lettre dont le message laconique est très clair "We'll come back", " Nous reviendrons", un capitaine de gendarmerie se charge de tranmettre l'objet au gouverneur de Calais, le général Ditte, qui doit désormais faire face à un nouveau danger menaçant la ville.

    Source Nord littoral Magali Domain

    22 février 1915

    La France du Nord, jeudi 25 février 1915. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG16/91.

    Funérailles des victimes du Zeppelin

    L’abondance des matières ne nous a pas permis hier de compléter ce compte rendu en publiant les quelques paroles prononcées par M. le général Ditte, gouverneur de Calais, après que M. Petit se fut fait, en sa qualité de président, l’interprète de la société l’Union des travailleurs.

    M. le général Ditte s’est exprimé en ces termes :

    Messieurs,

    Je ne veux ajouter qu’un mot aux paroles que viennent de prononcer M. le Maire de Calais et M. Petit, président de l’Union des travailleurs.
    C’est pour dire combien de tout cœur je m’associe avec l’armée à la profonde douleur des familles frappées dans leurs plus chères affections par la brutalité allemande.
    La présence, ici, de nombreux soldats belges, anglais et français, témoigne de la solidarité qui nous unit dans une commune pensée. Ce sont tous des braves disposés à offrir leur vie dans la lutte contre la barbarie teutonne.
    En leur nom, j’apporte aux victimes et à leurs familles, l’hommage de notre bien vive et sincère sympathie.

    La France du Nord, samedi 27 février 1915. Archives départementales du Pas-de-Calais, PG16/91.

    22 février 1915

    Monsieur Morieux, maire de Calais, prononçant un discours au cimetière, aux victimes du bombardement du 22 février 1915. Photographie. Archives départementales du Pas-de-Calais, 43 Fi 243.

     

     

     

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  • Blog de alorsraconte :CALAIS, Rétro: le tramway à Calais

    Blog de alorsraconte :CALAIS, Rétro: le tramway à Calais

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               Le tramway à Calais: Arrêt à Guines puis retour à Calais

    Blog de alorsraconte :CALAIS, Rétro: le tramway à Calais        Le tramway à Calais. Bd Internationale 

    Blog de alorsraconte :CALAIS, Rétro: le tramway à Calais

    Jetons de 20c Calais pour payer le trajet

     

     

     

     

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  • Blog de alorsraconte :CALAIS, Le paquebot

         À 13 heures 30, le ferry Pas de Calais de la Société du Chemin de Fer du Nord quitte son quai après avoir embarqué 289 passagers à destination de Douvres, le commandant Salomon dirige la manœuvre.

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  • Blog de alorsraconte :CALAIS, Le sous-marin

     CARACTERISTIQUES  PRINCIPALES

    Sous-marin de défense côtière lancé à Cherbourg en 1905

    En service le 5 octobre 1908

    Longueur 51 m 20  -  Largeur 5 m - Tirant d'eau 3 m

    Propulsion en surface, vapeur 2 x 360 CV, en plongée, électrique 2 x 200 CV

    Vitesse  en surface 12 nœuds, en plongée 7.5 nœuds

    Déplacement en surface 398 t., en plongée  550 t.

    Autonomie 2000 NM en surface

    7 torpilles de 457 mm

    Equipage normal : 2 officiers, 22 hommes

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  • Blog de alorsraconte :CALAIS, Plan de l'accident

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  • Blog de alorsraconte :CALAIS, L'accident

    Le 26 mai 1910 à 13 h 36, les deux sous-marins de la même série Pluviôse et Ventôse se livrent à des exercices de plongée au large de Calais où ils sont basés tous les deux. Parmi les vingt-sept hommes dont trois officiers, le capitaine de frégate Prat, commandant la base sous-marine de Calais se trouve à bord du Pluviôse, sur invitation du commandant Callot, pour assister à des manœuvres de torpillage.

    Le sous-marin commence à faire surface lorsque le paquebot Pas-de-Calais l’atteint à l’arrière et éventre les caisses à eau et les réservoirs de naphte ; la coque déchirée, l’eau s’engouffre très rapidement, faisant se retourner le sous-marin.

    Le port de Calais immédiatement alerté, le capitaine au long cours Salomon, commandant le Pas de Calais fait mettre à l'eau une embarcation de manière à passer une aussière sous le sous-marin, afin de le maintenir à la surface de l’eau. Les appels restent vains, aucun signe de vie à l’intérieur, puis soudain le Pluviôse s’enfonce puis disparaît engloutit par la mer.

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  • Blog de alorsraconte :CALAIS, La perte du sous-marin

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  • Blog de alorsraconte :CALAIS, le renflouage
    Le navire repose par 17 mètres de fond. En raison de mauvaises conditions climatiques mais surtout des puissants courants qui traversent
    le détroit, les scaphandriers éprouvent les plus grandes difficultés à attacher des chaînes aux huit boucles de relevage dont le submersible est équipé. Le 30 mai, une seule a été fixée ! Les travaux de relevage, supervisés par le préfet maritime et le capitaine de vaisseau Amet, s’avèrent d’une lenteur désespérante. Ce n’est que le 3 juin que le Pluviôse peut enfin décoller de sa souille sous l’action de la marée montante, grâce à la traction de chalands reliés à des remorqueurs. Le bâtiment progresse étape par étape vers le port, mais il n’y est pas encore rentré. Dans la matinée du 5 juin, sous l’effet d’une forte houle, le chaland DP 42 qui soutient l’arrière du sous-marin vient en heurter la
     
    superstructure et s’y défoncer. Une des chaînes qui le reliaient à l’engin se brise : tout est à recommencer ! Il faut attendre le 8 juin pour que les dégâts soient réparés. Mais le sort s’acharne sur le Pluviôse et des chaînes se rompent à nouveau le lendemain. Le public s’impatiente, des critiques sont émises à propos de la façon dont la marine gère l’affaire. C’est seulement le 11 juin que le submersible est enfin ramené au port. La manœuvre, très délicate, est menée à bien par le pilote calaisien Eugène Rivet ; son expérience est décisive, la moindre erreur de direction pourrait provoquer un nouvel échouage qui bloquerait tout trafic !
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