• Lors de la présence anglaise, elle s’appelait Market Place (place du marché). Lorsque Calais fut délivrée en 1558, on lui donna le nom de place d’Armes. Dans les villes où séjourne une garnison, c’est là que se déroulent les cérémonies militaires, comme le passage en revue des troupes. On trouve ainsi de nombreux lieux portant ce nom, par exemple à l’intérieur du fort Nieulay. Cette appellation est toujours restée à Calais, malgré plusieurs tentatives de changement.

    La Place d’Armes

    Deux vendeuses du traditionnel marché de la place d’Armes

    Les marchés.
    Le marché repris après la reconquête de 1558 grâce à l’autorisation donnée dans la charte de François II. Jusqu’en 1939 et en dehors des périodes de guerre, un marché de grande envergure se tenait le mercredi et le samedi Ce marché existe encore de nos jours même s’il n’a retrouvé son ampleur d’autrefois. Aux mêmes jours se tenait le Marché aux Herbes sur une petite place au coin sud-est de la place d’Armes. Le remembrement l’a fait disparaître même si un décrochement dans la ligne des bâtiments en est un témoin. 

    Les fêtes et les foires.
    La place d’Armes accueillait aussi des foires ; ainsi celle de fin janvier offrait aux Calaisiens théâtre (comme le théâtre Pigis), jeux d’adresse, prestidigitateurs, ventes de pains d’épices, attractions avec marionnettes, lanternes magiques représentant la passion de Jésus Christ ou encore la tentation de saint Antoine, lutteurs, ours savants, une femme à barbe, une fillette de 70 kg, cuivres et grosses caisses, ... La fête connaissait un tel succès que la place devint trop petite ; en 1869, elle s’étendait de la rue Royale à la place Richelieu ! La place accueillit aussi le cirque américain " Bello & Myers " qui avait une capacité de 4000 spectateurs. Parfois les cirques en bois étaient revendus à la fin de la saison. Un carnaval avait lieu mais il finit par disparaître, ne rencontrant pas le succès escompté 

    Les boutiques.
    Des boutiques de style hétéroclite auxquelles se mêlaient de luxueuses demeures bordaient les quatre côtés. La place avait de ce fait un caractère beaucoup plus convivial qu’à notre époque et elle était attractive de jour comme de nuit. Les rues voisines présentaient une architecture assez variée. Par exemple, la rue de la Citadelle possédait les seules maisons antérieures au XVIIème siècle, appelées "maisons espagnoles" car construites pendant la présence des Espagnols à Calais entre 1596 et 1598, dans un style ressemblant aux habitations à encorbellements de Canterbury. 

    Un pôle dans la vie de la cité. 
    L’ancien Calais, avant sa fusion avec Saint-Pierre en 1885, correspondait en gros au Calais-Nord actuel ; la  place d’Armes en était le centre politique, économique et culturel. Au Moyen �ge, on exposait à la foule les bandits, malandrins et autres criminels, pieds et mains attachés à un poteau appelé pilori. Un arbre de la liberté fut installé à la Révolution française et l’on y fêta "l’Être suprême." Jusqu’au milieu du XIXème siècle, on disposa par intermittence une guillotine pour les exécutions capitales même si elle ne servit pas pendant la Révolution. On y célébrait les fêtes, comme la bataille des fleurs en 1906, mais aussi les catastrophes. Le 26 mai 1910, on rendit hommage aux marins victimes du drame du Pluviôse en y faisant passer le cortège long d’un kilomètre, vers l’église Notre-Dame.

    La Place d’Armes

    La place d’Armes un jour de marché

    La Seconde Guerre mondiale et la reconstruction.
    Le quartier, notamment l’ancien hôtel de ville, s’embrasa lors des bombardements de 1940 et l’on reconstruisit au rabais avec force ciment, afin de reloger rapidement le plus de monde possible. Les avis divergent donc quant à l’esthétique de ces bâtiments. Seule la tour du guet survécut miraculeusement aux flammes. Elle témoigne d’une richesse architecturale aujourd’hui presque disparue. Si la place d’Armes n’est plus le théâtre de toute la vie de la cité, la tour du Guet reste néanmoins le témoin attachant d’une époque rythmée par le marché et les défilés militaires. 

    Le Poids de la Dame.
    Il s’agissait d’une halle aux marchands édifiée en 1196, contre la tour du Guet, et qui s’étendait jusqu’à la place du marché aux herbes. Elle fut détruite en 1658. 

    1.

    Le grand marché.  (cf. illustration ci-dessous)
    On trouvait sur le grand marché les produits de saison que venaient vendre les fermiers des alentours : légumes, beurre, oeufs, confitures ou encore fleurs, poulets, canards, oies, pigeons, lapins vendus vivants pour preuve de leur fraîcheur, ... 

    2.

    Le marché aux herbes.  (cf. illustration ci-dessous)
    Il n’était pas fréquenté par tous les commerçants mais exclusivement réservé aux maraîchers même si les marchands de poisson pouvaient aussi s’y installer. On y vendait, entre autres, cresson, cerfeuil et pourpier, d’où le nom de "Marché aux Herbes". 

    3.

    Le kiosque à musique et réseau de tramways.  (cf. illustration ci-dessous)
    Le kiosque offrait aux passants des concerts entre deux airs de carillon. Les tramways de la ligne place d’Armes – cimetière sud, arrivant par la rue du Havre, font demi-tour par le boulevard International avant de regagner la place par la rue de la mer. Ils ont été électrifiés en 1908, auparavant, ils étaient tirés par des chevaux. 

    La Place d’Armes

    4.

    Les commerces.  (cf. illustration ci-dessus)
    Déjà à l’époque, les Anglais venaient nombreux à Calais, c’est pourquoi beaucoup de commerces étaient tournés vers le tourisme. On trouvait donc nombre de magasins de souvenirs et de change, mais aussi cafetiers, bouchers, bijoutiers, coiffeurs, épiciers, restaurateurs, charcutiers, pharmaciens, merciers, boutiques de fruits et légumes, marchands de meubles, facteurs de pianos et bien d’autres encore, qui assuraient aux Calaisiens tout ce dont ils avaient besoin. (Voir les légendes sur l’image agrandie) 

    5.

    La tour du Guet.  (cf. illustration ci-dessus)
    Sa construction, qui daterait du milieu ou de la fin du XIIIème siècle, en fait le plus ancien vestige de la place d’Armes. Elle servait à surveiller les vaisseaux en mer et à avertir de l’approche d’ennemis. Un des deux guetteurs signalait aussi les foyers d’incendies. A la vue du feu, il descendait prévenir le corps de garde, sonnait le tocsin et annonçait dans un porte-voix l’endroit d’où les flammes s’élevaient. Enfin, la vigie devait avertir de l’ouverture des portes de la ville par cinq coups de cloche. Ils donnaient trois coups toutes les trois heures et appelaient les habitants à la retraite. Le moindre défaut de la part des observateurs pouvait leur valoir la prison. La face nord accueillait également un jacquemart qui, lors des heures, demies et quarts d’heure symbolisait un combat équestre dont on disait qu’il s’agissait de François Ier et Henry VIII. La tour servit aussi de relais télégraphique, avec l’installation d’un appareil "Système Chappe" en 1816. A son pied, on a déposé l’ancienne cloche datant de 1770 qui sonnait le tocsin et les heures. 

    6.

    L’hôtel de ville devenu ensuite musée.  (cf. illustration ci-dessus)
    Il avait été édifié pendant la période anglaise et possédait un beffroi modifié en 1609. Celuici symbolisait la liberté de la ville, les privilèges et les pouvoirs de la commune contenus dans la charte de coutumes. Plus il était haut, plus la symbolique était forte : il s’agissait de la volonté de montrer le pouvoir de la ville par rapport à tous les autres pouvoirs. Pendant la période anglaise, le beffroi servait aux directeurs de l’étape des laines qui y tenaient leurs assemblées. L’hôtel de ville tenait lieu de palais de justice, de tribunal ou encore de chambre de commerce. L’ensemble avait été reconstruit en 1740 et comportait quatre niveaux dont un beffroi octogonal de trois niveaux. Deux de ses côtés (vers la place depuis 1821 et vers la rue de la Citadelle à partir de 1863) étaient pourvus d’une horloge. Il contenait l’unique exemplaire des anciens carillons de la Flandre française qui, de 1775 à 1834, jouait chaque heure l’air de "Gentille Annette" de Boieldieu. Trois ans après la fusion des deux villes, on décide la construction d’un hôtel de ville central sur la plaine dite du Sahara. Le 10 février 1892, on choisit de transformer l’ancien hôtel de ville, demeuré sans affectation précise depuis 1885, en musée. On construisit alors une verrière sur le toit du bâtiment. Les collections qu’il abritait étaient précieuses et l’origine de certaines pièces remonterait à l’Egypte antique ! Celles-ci, qui avaient été préservées lors de la Première Guerre mondiale, n’échappèrent pas à la Seconde. L’hôtel de ville possédait aussi une bibliothèque au deuxième étage. Mais considérée comme "trop haute" et pas assez pratique pour attraper les ouvrages, elle était peu fréquentée. Au lendemain de la Libération, il ne restait donc que les ruines du musée. Son classement en tant que monument historique fut refusé par l’État et il fut rasé. Des recherches géophysiques récentes de M. Frosche et M. Camerlynck ont été réalisées à la demande de l’Association pour la Mise en Valeur du Patrimoine Architectural du Calaisis. Elles ont confirmé que l’ancien hôtel de ville se situait à l‘ouest de la place, vers la fromagerie, à cheval sur le trottoir et la route. La crypte du bâtiment se trouverait actuellement sous la route…

     

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  • Sous le regard de nos six Bourgeois, s’offre notre hôtel de Ville. Ce bâtiment public à l’histoire forte et à l’architecture particulière a été récemment inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques notamment pour ses façades, toitures, escalier d’honneur   ou   bien   encore   son beffroi. Avec nos Bourgeois, l’église Notre-Dame, la Tour du Guet, le théâtre, et bien d’autres, l’hôtel de Ville est l’un des symboles majeurs de notre patrimoine local.

    L’hôtel de Ville

    La place centrale, dite du Sahara, avant la construction de l'actuel hôtel de ville

    Calais et Saint-Pierre, leur hôtel de Ville respectif
    Le premier hôtel de Ville de Saint-Pierre était situé quai du Commerce, à côté de l’église St-Jean, aujourd’hui disparue. Mais devenu trop petit, un nouveau est construit entre 1857 et 1861 sur la place Crèvecœur. Après avoir hébergé un hospice civil, la première bâtisse est détruite en 1880. Quant à Calais, les services municipaux siègent près de la Tour du Guet, dans un bâtiment datant de l’occupation anglaise surmonté d’un beffroi. En 1885, date de l’unification de Saint-Pierre et Calais, la municipalité calaisienne s’installe dans l’hôtel de Ville situé place Crèvecœur. Celui de Calais-Nord est transformé en musée. Il ne résiste malheureusement pas aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. 

    L’hôtel de Ville

    Un nouvel hôtel de Ville, une technique innovante
    Dès 1885, dans le décret unissant les deux cités, il est prévu la construction d’un hôtel de ville digne du Grand Calais dont la population ne cesse de croître. La première étape est le choix du lieu. La Place centrale, dite du Sahara en raison du sable qui la couvre, s’impose car elle est le centre même de la ville, aussi proche de la place Crèvecœur que de la place d’Armes où se trouvent les précédentes mairies. En 1888, près de 95 projets sont enregistrés. C’est l’idée de l’architecte dunkerquois Louis Debrouwer qui est retenue. Il souhaite utiliser des matériaux régionaux, briques et pierres de Marquise, et le béton armé, grande nouveauté à l’époque. De plus, le monument évoque l’architecture gothique ainsi que les hôtels de Ville flamands à beffroi, représentatifs de la région et du pouvoir des villes du Moyen-Âge face à celui de l’Église. La “Maison commune” commence à voir le jour en 1911. 

    L’hôtel de Ville

     

    L’ancien Hôtel de Ville place d’Armes, détruit lors d’un bombardement durant la Seconde Guerre Mondiale.

    Une construction mouvementée
    Émile Salembier, maire de la ville, avait promis que la première pierre de l’édifice serait posée en 1909. Les travaux sont dès le début retardés. Le sol instable oblige à creuser et à bétonner les fondations en profondeur. Survient alors la Première Guerre mondiale qui interrompt le chantier. Le beffroi est touché par un bombardement qui laisse un trou au sommet et qui provoque l’effondrement d’un clocheton. Notons que la structure en béton a résisté aux déflagrations. Le conseil municipal ne facilite pas l’avancée des travaux. Par exemple, le plan de la porte principale réalisé en 1912 n’est adopté que 10 ans plus tard ! En mars 1918, les services municipaux s’installent dans les locaux non terminés. De ce fait, l’hôtel de Ville de Saint-Pierre est tranformé en palais de justice en 1929. Le 12 avril 1925, c’est finalement l’inauguration du nouvel hôtel de Ville de Calais par le général Alvin, représentant le Ministre de la Guerre, et le maire Hans Apeness.

    1.

    La façade  (cf. vue éclatée ci-dessous)
    La façade est orientée vers l’Ouest. elle est de style néo-flamand. deux statues sont présentes : la première à l’angle Nord représente le commerce maritime ; la seconde à l’angle Sud, l’industrie de la dentelle. On les doit à Jules Desbois, ami de Rodin. Il y a sept fenêtres à meneaux. 36 personnages appelés “marmousets” sont répartis sur les différentes façades. A travers ceux-ci, c’est la figure du philosophe, poète, musicien... que l’on retrouve. Le large escalier est en granit ; la magnifique porte en fer forgé. Il y a également au Sud une tourelle carrée surmontée d’un clocheton. 

    2.

    Le beffroi  (cf. vue éclatée ci-dessous)
    Notre beffroi, l’un des plus beaux au nord de la France, est le plus haut point dans le ciel calaisien, à près de 75 mètres de hauteur. Il fait par ailleurs parti d’un dossier global pour le classement au patrimoine mondial de l’UNESCO avec 15 autres beffrois de la région. Au départ, Debrouwer souhaitait un beffroi totalement détaché du bâtiment principal. La municipalité a refusé. Cette haute tour est creuse. On trouve quatre chevaliers dorés qui fixent les points cardinaux. Sur la face nord se trouve une allégorie du Commerce et de l’Industrie. Une horloge à quatre cadrans domine le sommet. Il y a également un carillon qui joue “la gentille Annette” de Boieldieu. Aujourd’hui, il n’y a plus de cloches. 

     

    3.

    Le cabinet d’apparat  (cf. vue éclatée ci-dessous)
    Le salon du maire se situe dans le beffroi, en continuité du couloir du premier étage. C’est ici qu’ont lieu les réceptions officielles des personnalités. La forme de cette salle est octogonale. Les chartes de jumelage avec Douvres, Riga, Duisbourg... sont accrochées aux murs. On retrouve les armoiries de Calais et de Saint-Pierre aux fenêtres. 

    4.

    Le grand salon d’honneur  (cf. vue éclatée ci-dessous)
    Le grand salon d’honneur, est la plus grande pièce de l’hôtel de Ville. Elle occupe toute la longueur de la façade. A chaque extrémité se trouve une cheminée, l’une avec les armes de Calais, l’autre avec celles de Saint-Pierre. Celles-ci fonctionnent et se prolongent haut au-dessus du toit. Les portes et les lustres sont également en fer forgé. Les 18 vitraux rappellent les 18 communes du Calaisis en 1558. On trouve 72 armoiries de notables parmi lesquels François de Lorraine, Duc de Guise, et plusieurs commandants, mayeurs, gouverneurs. C’est ici qu’avaient lieu les bals après la Seconde Guerre mondiale.  

    L’hôtel de Ville

     

    5.

    La salle du conseil municipal  (cf. vue éclatée ci-dessus)
    Cette salle est la plus représentative du style flamand même si une majorité du décor est en stuc1. Au fond, on observe le tableau de Jeanne Thil de 1925, “Le dévouement des Bourgeois de Calais”, où Philippe de Hainaut intervient auprès d’Édouard III pour sauver les Bourgeois. Un vitrail est consacré à Paul de la Barthe, premier commandant de Calais après la reprise en 1558 et un second à Dominique de Vic, gouverneur de Calais de 1598 à 1610. 

    6.

    La salle des mariages  (cf. vue éclatée ci-dessus)
    Cette salle est en quelque sorte le symbole de l’amour. C’est ici que de nombreux couples calaisiens s’unissent pour la vie. Face à eux se présente un tableau allégorique du printemps, Jeunesse de la Vie, de 1925 par Adrienne Ball-Demont-Breton. Les lustres et les portes sont en fer forgé. Les vitraux sont consacrés à diverses personnalités de Calais (maires, gouverneurs...). Au fond à gauche est dissimulée dans le décor la porte par laquelle le maire fait son entrée. 

    7.

    L’escalier d’honneur et le vitrail  (cf. vue éclatée ci-dessus)
    Le grand escalier est en marbre blanc. Szabo, artiste hongrois, a réalisé toutes les pièces ferronière de l’édifice, dont la rampe de cet escalier. A son pied, on trouve une copie du tableau de Picot représentant le Duc de Guise sous les murs de Calais en 1558. L’original se trouve à Versailles. L’ensemble des vitraux a été conçu par l’atelier Dagrant de Bordeaux comme celui qui surplombe l’escalier d’honneur. Ce dernier se découpe en trois travées illustrant la reprise de Calais en 1558 par le Duc de Guise. On y observe le départ des Anglais, le portrait du Duc puis les Calaisiens qui offrent des présents à leur libérateur. Ce vitrail a été restauré en 1947. 

    8.

    L’ossature en béton armé  (cf. vue éclatée ci-dessus)
    C’est en tant que précurseur que Debrouwer utilise le béton armé de système Hennebique, du nom de son inventeur, François Hennebique. Ce béton est constitué de sable, gravillons et ciment. Ses avantages, sont un coût réduit et une facilité de décoration. Avec un devis de 320 000 francs, c’est l’entrepreneur Bongiraud qui est chargé du chantier pour le béton armé. 

    9.

    Les plafonds  (cf. vue éclatée ci-dessus)
    Les boiseries sont en chêne alors que les parties supérieures des murs et les plafonds sont en stuc et non en bois.

     

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  • Dès le XVIe siècle, à la fin de l’occupation anglaise, on trouve les premières mentions de pièces de théâtre alors jouées devant l’église Notre-Dame. Le premier vrai théâtre calaisien a été construit en 1725, rue du Vieux Major (aujourd’hui rue de la Mer).

    Le théâtre à Calais

     

    Le balcon gauche

     

    C’était une place garnie de bancs comportant une estrade et seulement trois toiles peintes en guise de décors. C’est en ce lieu qu ’a été jouée la  pièce réputée de De Belloy, “ Le siège de Calais ” (1765). En 1772, Pierre Quilliacq, dit Dessin, propriétaire de l’Hôtel d’Angleterre, propose à la ville d’offrir une salle de spectacles au fond de son jardin. En retour, il demande le privilège exclusif de tous les spectacles. En 1825 Calais achète le théâtre Dessin pour la somme de 70 000 francs. Il devient alors théâtre municipal appelé “Théâtre de la rue Leveux”. La salle pouvait contenir 800 spectateurs. En avril 1838, il y avait un déficit de 1400,80 francs , ceci à répétition tous les mois malgré la présence des plus grands acteurs, des plus célèbres et des plus fortunés spectateurs présents grâce au développement de la navigation à vapeur qui a falicité la venue d’étrangers. Le théâtre de la rue Leveux n’était pas si parfait que ça : scène mal disposée, mauvais son, fauteuils inconfortables, mauvais éclairages... 

    De plus, les Calaisiens étaient intransigeants : ils n’hésitaient pas à huer les acteurs ! Pourtant, ils étaient très attachés à leur théâtre, unique distraction de l’époque hormis les cafés-concert

    Le théâtre à Calais

     

    Le balcon droit

    Le théâtre à Calais

    Le bal dans la grande salle du foyer

    En 1885, l’unification de Saint-Pierre et de Calais renouvelle l’idée d’un théâtre municipal pour la “nouvelle” ville. On confie le projet du théâtre calaisien à l’architecte Malgras-Delmas. L’emplacement choisi est l’ancien cimetière de Saint-Pierre, aujourd’hui place Albert 1er. La première pierre est posée le 9 juillet 1903 par M. Loubet, président de la République française en présence de M. basset, maire de Calais. Le 1er octobre 1905, à l’occasion de l’inauguration, un vin d’honneur est organisé pour les 205 musiciens venus exécuter un concert. Durant la représentation inaugurale, un bal et un feu d’artifice ont lieu dans le parc Saint-Pierre pour les Calaisiens non-invités. La partie la plus défavorisée de la population calaisienne n’est pas oubliée en ce jour de cérémonie : il y a distribution de pain et de viande.
    Durant la première Guerre mondiale, le théâtre calaisien continue de donner des représentations. Le bâtiment est réquisitionné par les Allemands lors de la seconde guerre mondiale : des spectacles étaient donnés pour leurs troupes. Fort heureusement, le bâtiment a survécu à cette guerre mais ses façades ont souffert. 

    Général
    Quelques chiffres permettent de mieux comprendre le théâtre municipal. La Ville de Calais a payé 946 500 francs la construction de celui-ci. C’est peu comparé à d’autres identiques. Le théâtre calaisien contient 1390 places réparties en 4 galeries. Lors de sa construction, on pouvait compter 1300 lampes électriques. Il mesure 52 mètres de longueur et 27 mètres de largeur. Il y avait 22 loges, 14 portes extérieures, 4 trappes sur scène. Il est le 3e en France, après l’Opéra-Comique et le Théâtre-Français, à posséder une machinerie de scène en fer dans sa totalité.  

    Le théâtre à Calais

    Le théâtre en détail

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  • Calais était dès le XIIIème siècle une ville forte : 3 000 mètres de remparts, 40 tours et un château construits à la demande du comte de Boulogne, gardés et entretenus par les habitants ou le comte. Sa situation explique son rôle économique mais représente souvent un objet de convoitise, en particulier pendant la guerre de Cent Ans.

    L’administration de la ville
    Jusqu’au XIIIe siècle, Merc-en-Calaisis (Marck aujourd’hui) et Calais semblent être administrées par le même échevinage composé de magistrats représentant le pouvoir comtal. Vers 1181, une charte de coutumes, accordée par Gérard de Gueldre, comte de Boulogne, prévoit le mode d’élection et l’attribution des pouvoirs de certains bourgeois élus conseillers municipaux (les échevins) à la tête desquels se trouve le maire (le mayeur). De plus, il reconnaît Calais comme étant une commune dotée de magistrats appelés « koremans », hommes de la keure1. Depuis 1265, Calais dépendait non plus du comté de Boulogne mais de celui de l’Artois. Certains pouvoirs comme l’exercice de la haute justice, la perception des impôts et amendes étaient exercés par le représentant du comte : le bailli.

    "Kaleis" au début du XIVe siècle

    Pendant le siège, Calais était défendue par une garnison composée d’écuyers à cheval payés par les bourgeois.

    Un pôle commercial
    Les marchandises amenées à Calais par mer et réexpédiées en dehors de la ville étaient une source de revenus pour la cité. De même, le bailli percevait, entre autres, le tonlieu2 aux ponts de Nieulay à l’ouest ou de l’Estade à l’est ; les bourgeois de la ville en étaient exemptés. La place du marché, institué le dimanche puis le samedi, et celle du marché aux grains étaient aussi les lieux d’imposition en espèces ou en nature. Les impôts concernaient les céréales et légumineuses vendues ainsi que les vins achetés en Anjou et Aquitaine, les harengs pêchés au large de Calais, la goudale3 importée d’Angleterre, les fruits méditerranéens, les fromages hollandais, le sel du Poitou… A l’instar des villes voisines de l’Artois et de la Flandre, la vente des draps était importante et le comte comme la ville percevaient des taxes sur le lieu de vente : la halle. Calais était cependant réputée pour être devenue un « nid de corsaires » qui s’abritaient dans le havre et attaquaient les navires anglais croisant dans le “Channel”. 

    "Kaleis" au début du XIVe siècle

    Les habitants du Courgain mais aussi de la ville étaient souvent pêcheurs.

    Le siège
    Il est connu grâce, entre autres ouvrages, aux "Chroniques" de Froissart qui raconte la guerre de Cent Ans. L’attaque anglaise se produit après la victoire de Crécy le 26 août 1346. Edouard III, roi d’Angleterre, prépare un long siège de la ville. En effet, la cité est défendue par les marais mais aussi par des murailles puissantes munies de fossés inondables à chaque marée. Edouard III décide d’affamer la ville en s’installant assez confortablement et sûrement au sud-ouest. Il fait construire, sur le banc de cailloux où se trouvent actuellement les boulevards Lafayette et Gambetta, une véritable ville correctement approvisionnée, « Villeneuve-la-Hardie ». L’armée qui tient le siège serait passée de 32 000 à 100 000 hommes. La population est menacée de famine, Jean de Vienne, bourgeois et gouverneur de Calais, fait renvoyer la partie la plus pauvre de la population pour mieux nourrir la garnison. Ainsi entre 1 700 et 3 000 «bouches inutiles» traversent les portes et les troupes anglaises, semble-t-il sans être inquiétées. 

    "Kaleis" au début du XIVe siècle

    A la bataille de Crécy, en 1346, un nouveau type d’armes utilisant la poudre apparaît : la couleuvrine est l’ancêtre du canon. L’artillerie est née mais il s’agit seulement des prémices

    Après quelques tentatives de sortie vers les terres dès l’hiver 1346-1347, la population encerclée doit se contenter d’approvisionnements par mer : en effet, au sud, les murailles sont attaquées par des trébuchets, des centaines d’archers mais aussi des armes d’un nouveau genre : l’artillerie à poudre. Toutefois ces balbutiements de la guerre moderne ne permettent pas une avancée décisive des Anglais : à partir du mois de février 1347, Edouard III, grâce à 120 navires, entame le blocus du port. 
    En juin, il intercepte une lettre du gouverneur destinée au roi de France, Philippe VI de Valois, présentant l’état de famine et contenant un appel au secours. 

    "Kaleis" au début du XIVe siècle

    "Kaleis" au début du XIVe siècle

     

     La ville était dirigée par des échevins principalement issus de la bourgeoisie : les tenues vestimentaires permettaient de les distinguer du reste de la population.

     

     

     

    Cependant une armée de secours, préparée en mai 1347 et arrivée à la fin du mois de juillet sur les hauteurs de Sangatte et Coquellles, ne peut attaquer les troupes anglaises. Aucun accord entre les deux rois sur une bataille ou un arrêt du siège n’est trouvé. Finalement, le 2 août, l’armée de secours se retire sans combattre. 
    Le lendemain, Jean de Vienne monte à la tour du Guet pour annoncer les conditions de la reddition : le roi d’Angleterre souhaite la capitulation sans condition, le gouverneur demande à épargner la population et la garnison : six bourgeois, Eustache de Saint-Pierre, Jean d’Aire, Jacques et Pierre de Wissant, Andrieu d’Andres et Jean de Fiennes, pieds nus et la corde au cou, acceptent de se sacrifier et de livrer les clefs de la ville à Edouard III. 

    Les bourgeois qui avaient accepté de se sacrifier sont finalement épargnés, à la demande de la reine d’Angleterre, Philippa de Hainaut. Ils furent immortalisés par le sculpteur Auguste Rodin au XIXème siècle. Après un siège de 11 mois, la ville tombe : Edouard III expulse la population et prend possession du château, Calais est aux mains des Anglais qui la conservent jusqu’en 1558.

    Calais pendant le siège des Anglais

    Calais pendant le siège des Anglais (septembre 1346 – août 1347)

                

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  • De par sa situation géographique, Calais occupa une place stratégique dans la défense de la France. Au fil des siècles de nombreuses fortifications furent ainsi édifiées, certaines subsistent aujourd’hui mais les forts en bois comme le Fort Rouge ont depuis longtemps disparu.

    Pendant la guerre de la Ligue d’Augsbourg (ligue regroupant l’Empire, les États allemands, l’Angleterre, la Hollande et la Savoie contre la France) de 1686 à 1697, Calais dut subir de nombreuses attaques anglaises restant aux yeux de tous une clef pour le royaume de France. 
    Ainsi en septembre 1694, des navires anglais viennent bombarder la ville. Ce n’est pas moins de 16 vaisseaux de lignes, 21 frégates, 8 galiotes à bombes qui se présentent devant Calais. Les Anglais avaient alors profité de vents favorables et de la marée basse pour longer la côte jusqu’au port d’où ils jetèrent plus de 160 bombes.
    Cette attaque révéla une faille dans la défense de Calais. Mais ce n’est qu’en 1695 que les travaux commencent sous le regard attentif de l’ingénieur Clément. Même si le fort pouvait accueillir une cinquantaine d’hommes, la garnison se limitait à une quinzaine d’hommes en temps de paix. Il fallait venir les ravitailler, chose parfois difficile par tempête. Quand ils revenaient sur terre, les soldats étaient fatigués par le peu de sommeil. Ils restaient quelques jours avant de repartir sur le fort. Les vents et marées causèrent souvent des dommages au fort et à ses pilotis mais les réparations étaient immédiates compte-tenu de sa place stratégique et malgré les difficultés en approvisionnement et du temps peu propice. En 1772 on y établit sur décision du conseil du Roi un pavillon le jour et un fanal  pour la nuit. Deux gardiens se relayaient et chaque navire était mis à contribution pour les payer. Le 9 décembre 1804, une nouvelle fois en guerre contre la France, les Anglais dirigèrent un sloop  plein d’explosifs sur le fort. 

    Le Fort Rouge

    Le 27 septembre 1694, après avoir longé la côte depuis Sangatte, le chevalier Shovel 
    lance 8 galiotes à bombes vers le port. 160 projectiles tombèrent sur la ville.

    Le Fort Rouge

    Le 26 août 1695, le comte de Relingue fort de 18 chaloupes donne la chasse aux Anglais qui voulaient 
    brûler le Fort Rouge à l’aide de barques remplies de combustibles. Ils furent repoussés à l’est.

    Le Fort Rouge

    Le 9 décembre 1804, vers 3 heures du matin un énorme brûlot réveille en sursaut les Calaisiens. 
    Le sloop envoyé par les Anglais sur le Fort venait d’atteindre le musoir de la jetée.

    Mais c’est le musoir de la jetée qui fut atteint, seul le toit du corps de garde fut endommagé. On envisagea alors de construire une estacade en maçonnerie devant le fort pour le protéger mais faute de finances suffisantes, elle ne verra pas le jour. Un autre projet prévoyait même de reconstruire le fort en pierre...
    Mais peu à peu le Fort Rouge va perdre de son importance militaire. La garde du fort sera confiée à des vétérans et les bâtiments menacent ruine. Le 30 juin 1806 on décide la construction d’une tourelle avec lanterne : le fort a désormais un rôle de phare. Il est démilitarisé en août 1856 et on transporte à l’arsenal de la citadelle les douze canons. Six seront conservés et les six plus anciens seront envoyés à Cherbourg pour être fondus. En 1857, on transfère sur le jetée ouest les feux de marée et mât de signaux.
    En 1864 sa destruction est annoncée. On récupère 500 mètres cubes de bois et 1500 kilos de ferrures. Pendant plus de 150 ans, ce fort avait bravé marées, tempêtes et ennemis pour remplir sa mission : protéger Calais.  

    Le Fort Rouge

    La lanterne
    Après 1846, le réverbère sidéral est remplacé par une lanterne. Placée sur l’extrémité orientale du fort, une lanterne octogonale de 1,40 mètre guidaient les marins. Elle surmontait une charpente de base hexagonale de 2,66 m sur 2,60 m.

    Le Fort Rouge

    Emplacement fort vert - fort rouge
    Jumeaux, ces deux forts placés de part et d’autre de Calais avaient pour mission d’éloigner les navires ennemis afin de rendre leurs canons inoffensifs pour la ville. 

    Le Fort Rouge

    Les accès au Fort 
    Les accès au Fort se faisaient par une trappe. Les embarcations venaient s’arrimer aux pilotis du fort et les hommes et marchandises devaient monter par une échelle située en-dessous du fort et qui arrivait sur la plate-forme.
    En temps de guerre, cette trappe était verrouillée.

    Le Fort Rouge

    Le Fort en détail

     

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  • Par sa position stratégique, Calais fut de tout temps l’objet des préoccupations du pouvoir royal et fut dotée d’un puissant système de fortifications à l’image du fort Nieulay, fort-écluses, principale œuvre de Vauban dans notre ville.

    A l’origine le Calaisis était un vaste golfe où seul le banc des Pierrettes, cordon de dunes et de galets émergeait. Par la suite ces terres devinrent marécageuses. Des cours d’eau comme le Houlet ou la rivière de Marck se jetaient dans la mer grâce à une brèche dans le banc des Pierrettes, à l’anse de Neuna, futur site du fort. Calais n’était alors accessible que par un pont construit à cet endroit même. Ce dernier présentait alors un double intérêt : financier avec la perception d’un droit de tonlieu (impôt payé sur les marchandises) et stratégique car de sa possession dépendait la prise de Calais.

    Le fort que nous connaissons aujourd’hui est en fait le quatrième fort Nieulay : lors du siège de Calais, les Anglais avaient édifié à l’est du pont une première forteresse. Elle était de forme carrée avec une tour entre chaque courtine afin de protéger les écluses permettant d’inonder le pays. La garnison d’une vingtaine d’hommes pouvait atteindre 200 en cas d’attaque.
    Lors de leur occupation de 1596 à 1598, les Espagnols édifièrent un second fort, bastionné entourant la construction anglaise. En 1627, sous Louis XIII, Richelieu remania l’ensemble et le relia à un ouvrage à cornes. Le pont écluse se trouve alors à portée de canon du fort. La garnison s’élevait à 80 hommes. 

    Suite à ses visites avec Louis XIV à Calais, Vauban rappela l’importance du Nieulay pour pouvoir inonder le pays et secourir Calais et que “la pensée de bâtir ce fort où il est, est admirable, on ne peut pas en avoir une plus juste ni plus nécessaire, attendu qu’il divise les assiégeants, les empêche de se pouvoir communiquer….” Mais il décida de raser l’ancien fort et de le reconstruire plus à l’ouest, à cheval sur la rivière afin de mieux assurer la défense du pont. Les travaux qui durèrent de 1677 à 1679 permirent de mettre à l’abri les trois écluses permettant d’inonder le Calaisis en introduisant l’eau de mer et en empêchant l’écoulement des eaux du pays. Ce fort est de dimension supérieure au précédent (170 toises sur 88 contre 130 sur 60).

    Le Fort Nieulay

     

    Le fort anglais en 1525

     

    Le Fort Nieulay

     

    Le fort sous Richelieu en 1637

    On pouvait rentrer par deux portes ; 
    celle de Calais ou porte royale et celle de Boulogne ou porte Dauphine. Le chemin d’accès décrivait des chicanes, on entrait en biais par la face de la demi-lune. Un couloir voûté traversait l’épaisseur du rempart et était obstrué par deux battants ferrés et par des “orgues” constituées d’une herse dont les pieux verticaux étaient indépendants. A l’intérieur furent construits des casernes, un arsenal, une chapelle, des magasins et une citerne derrière les casernes pouvant contenir 1900 hectolitres d’eau. Les eaux étaient filtrées par des tonneaux remplis de sable. Au-dessus de la porte de Calais se trouvait le logement du major. 

    Le Fort Nieulay

    Le fort de Vauban en 1677

    Mais dès la fin du XVIIIe siècle le fort perd de son importance et tombe en ruines très rapidement et devient la cible des pillards au siècle suivant. Déclassé en 1903, il est loué à des agriculteurs pour mettre leur bétail. En mai 1940, bien qu’en grande partie en ruine, le fort abrita une poche de résistance visant à ralentir l’avancée allemande vers Calais. C’est pourquoi il subit de lourds dommages sous les obus des Panzers et de l’artillerie. Les Allemands y édifièrent un blockhaus et des batteries anti-aériennes. Les Canadiens les délogèrent en septembre 1944 à l’aide de lance-flammes. 
    Après la guerre, les propriétaires en exploitèrent le sous-sol pour extraire des galets ce qui provoqua des effondrements comme le nez du bastion sud-est mais depuis les années 80, la ville réhabilite ce fort, désormais rouvert au public. 

    Le Fort Nieulay

    En temps de paix les écluses étaient ouvertes pour permettre l’écoulement des eaux des rivières vers la mer mais à marée montante elles étaient fermées pour empêcher la mer d’inonder l’arrière pays. 

    Le Fort Nieulay

     

    En cas d’attaque, on fermait les écluses qui retiennent les eaux de l’arrière pays afin de créer une inondation importante en moins de vingt-quatre heures.

    Le Fort Nieulay

     

    A marée montante, on les ouvrait pour renforcer l’inondation et rendre le siège de Calais impossible. Vauban a donc su se servir de l’environnement pour assurer au mieux la défense de Calais.

    Le Fort Nieulay

    Le Fort Nieulay

    Le Fort Nieulay

    Le Fort Nieulay

    Le Fort Nieulay

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  • Longtemps pièce stratégique de la défense de Calais, le Fort Risban n’est plus depuis la dernière guerre mondiale qu’un vestige en ruine. Pourtant sur ses murailles et sous la végétation actuelle ce sont des pages entières de l’histoire calaisienne que l’on peut lire. Si les premiers bâtisseurs de ce fort furent les Anglais lors de la Guerre de Cent ans, chaque siècle apporta ses modifications.

    Quand Edouard III, roi d’Angleterre, arrive devant Calais en septembre 1346, il comprend très vite que face aux puissantes murailles et à la nature marécageuse du sol, seul un siège viendra à bout des forces ennemies. Il entreprend donc l’encerclement des murailles de Calais et la construction d’une ville au sud : Villeneuve la Hardie. Mais il se rend vite compte qu’il fallait également empêcher tout ravitaillement par la mer. En 1347, il fait couler des bateaux dans le chenal et décide la construction d’une tour en bois puissamment armée sur l’emplacement du futur Fort Risban. La famine eut alors raison de Calais ainsi verrouillée. 

    Le Fort Risban

     

    Maîtres de lieux, les Anglais édifient en 1403-1405, à la place de la tour en bois, une haute tour dite de Lancastre sur laquelle étaient placés des canons. Sous l’effet des marées et des courants le Risban se sépare des dunes pour devenir complètement maritime. La tour de Lancastre se retrouve à l’intérieur d’une muraille polygonale comprenant deux grosses tours au nord et à l’est. Une grosse coutine abrite des casemates. Les Anglais ont donc donné grossièrement la forme que le fort a conservé jusqu’au milieu du XIXe siècle.

    Le Fort Risban

    Le fort redevient français en 1558 
    avec la reprise de Calais par le Duc de Croÿ. Une trentaine d’années plus tard, le gouverneur de Calais ordonne d’araser la tour de Lancastre à la hauteur de la porte de la Lanterne. En effet, aux mains de l’ennemi, elle était une menace pour la ville risquant d’être sous les feux des canons du Risban. De 1596 à 1598, le fort bat pavillon espagnol. En 1604 Dominique de Vic fait rajouter un demi-bastion au sud-ouest et un bastion au nord-ouest. Nous entrons dans l’ère de la fortification bastionnée. En 1675 Vauban vient à Calais pour inspecter la place, il y trouve un Risban ensablé, ressemblant plus “à une retraite de hiboux et lieu propre à tenir le sabbat” qu’à une fortification. Il projette la construction d’une demi-lune à l’ouest reliant le fort à la grande digue allant jusqu’à Sangatte mais faute de moyens financiers rien ne vit le jour, pas plus qu’en 1689 quand il revient à Calais. Le Risban ne porte donc pas la marque de Vauban.

    Le Fort Risban

    L’explosion de 1799 
    Ce 11 Messidor an 7 (11 juin 1799 selon le calendrier républicain), les Calaisiens sont réveillés par une terrible détonation. Le Risban vient d’exploser ou plutôt ses souterrains, là où tous les navires entrant dans le port avaient l’obligation, par mesure de sécurité, d’entreposer leurs poudres et munitions. On retrouve les restes éparpillés du gardien du fort, le sieur Louvet. Accident, suicide ou malveillance ?

    Le Fort Risban

    Le Fort Risban en 1850
    À partir de 1842, le fort s’inscrit dans un projet général pour la défense du port. On restructure le fort avec la création d’un demi-bastion dont le profil suit le perré. Ainsi le fort peut surveiller l’écluse des Chasses qui permettait comme son nom l’indique de “chasser” le sable du port. En 1860, on décide de construire un pont-levis pour protéger l’entrée du fort. Mais dès les années 1870, le fort n’apparaît plus que comme un vestige. En 1906 le Conseil de guerre émet un avis favorable sur le déclassement militaire du fort. Ce dernier connaît ses dernières heures de gloire lors de la dernière guerre. Véritable poche de résistance, il doit subir en mai 1940 un tir d’artillerie allemand très fourni. Des Calaisiens qui y avaient trouvé refuge sont ensevelis plusieurs heures sous des décombres. Les soldats sont faits prisonniers. Détruit, le fort reprend vie dans les années 1950 où un club de voile vint s’installer : le Yacht Club du Nord de la France, futur YCC qui aujourd’hui encore avec le CISPA occupe les lieux.

    Le Fort Risban

    Les casemates
    Le demi-bastion construit en 1842 et chargé de surveiller l’écluse abrite une galerie de douze casemates. Dans les années 1950, elles abritèrent un atelier de poterie de Madame Peumery. Par la suite, les scouts de France y firent leur local.

    Le Fort Risban

    La poudrière en 1888
    Magnifique ouvrage, la poudrière de Risban a donc pour base la tour de Lancastre anglaise datant du début du XVe siècle. Si Vauban le suggère dès 1675 ce n’est qu’au lendemain de l’explosion de 1799 que les militaires eurent l’idée d’y entreposer les poudres. Au milieu du XIXe siècle, on remplaça le simple toit par une voûte à l’épreuve des bombes au-dessus de laquelle on ajouta un mètre de terre. La poudrière pouvait contenir jusqu’à 17 200 kilos de poudre en barils de 100 kilos. Afin d’assainir l’air, des évents en forme de “z” communiquaient avec un couloir de ventilation sans qu’on puisse y jeter des projectiles. De plus deux cheminées étaient ouvertes en temps de paix et bouchées en temps de guerre. L’éclairage était assuré par deux lucarnes derrière lesquelles on installait une lampe à huile ou une bougie. Une poulie permettait de monter les barils de poudre à l’étage. Afin de rentrer plus facilement leur matériel, les Allemands percèrent la tour anglaise, ce qui explique qu’aujourd’hui l’entrée dans la poudrière est directe alors qu’à l’origine, il fallait emprunter le couloir de gauche.

    Le Fort Risban

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  •  Hier….

    1816 : implantation à Saint-Pierre du premier métier de dentelle par Webster, Clark et Bonington à l’angle de l’actuelle rue de Vic et du quai du Commerce

    1820 : 483 femmes dont 460 françaises occupées dans la dentelle

    1824 : à Saint-Pierre on dénombre 40 fabricants, 55 métiers, 137 ouvriers, 898 ouvrières Production : 77 600 aunes pour une valeur de 1.735.000 francs or

    1825 : premier métier construit à Calais mis en activité

    1827 : 170 métiers 1834 : 630 métiers à bras

    1834 : 1585 métiers Production de tulle : 24 millions de francs dont 5 millions à l’exportation

    1834 : Ferguson et Martyn adaptent le pro - cédé jacquard ( inventé par le mécanicien textile lyonnais Joseph Jacquard) au métier à tulle. On parvient à reproduire mécani - quement les dentelles en laine ou en soie au fuseau ou à l’aiguille du Puy, de Mali - nes, Valenciennes, Venise, Alençon 136 fabricants et 298 métiers

    1840 : adaptation de la machine à vapeur

    1844 : 52 fabricants, 210 métiers

    1855 : 14 fabricants et 96 métiers à Calais 135 fabricants et 606 métiers à St Pierre

    1861 : 720 métiers

    1870 : 939 métiers 1880 : 1528 métiers

    1883 : 1920 métiers 10 000 salariés mais on peut dire que tout Saint-Pierre vit de la dentelle

    1885 : crise Début du XXe : reprise

    1905 : 365 fabricants LA DENTELLE À CALAIS

    1909 : 569 fabricants, 2744 métiers 31000 ouvriers et ouvrières

    1920 : 350 fabricants

    1930 : 320 fabricants

    1932 : 250 fabricants Crise 1200 métiers disparaissent

    1937 : 180 fabricants

    1940-1945 : 319 métiers détruits Reprise

    1950 : 6600 travailleurs dans la dentelle

    1950 : Calais : premier centre dentellier du monde : 1200 tonnes de dentelles sont exportées (80% de la production)

    1963 : 650 métiers Leavers en activité

    …Et aujourd’hui

    6 grandes entreprises de fabrication à Calais : Boot, Brunet Dentelles, Codentel, Cosetex, Desseilles Internationale, NoyonDentelle 8 entreprises de finition : Bellier, Berthe, Cartex, Fidentelle, Hurtrel, Lace Clipping, Mécadentelle, Textiles Bomy. 300 métiers Leavers à Calais 1500 salariés Production et chiffres d’affaire : 14 200 000 mètres de dentelle produits par an pour un chiffre d’affaires de 40.000.000 € 28 000 000 € pour la fabrication dont 70% sont réalisés à l’étranger 800 dessins Leavers créés chaque année Plus de 250 000 dessins répertoriés sur la place de Calais Les principaux clients : Andres Sarda, Argentovivo, Aubade, Barbara, Calvin Klein, Carven, Chantal Thomass, Chanel, Chantelle, Christies, Dior, Givenchy, JeanPaul Gaultier, Lejaby, Lacroix, Lise Charmel, Triumph, Valéry, Valentino, Warner, etc. C


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    • Septembre 1346 : après la bataille de Crécy, Edouard III d'Angleterre, vint investir Calais en bloquant la ville par mer et par terre, le blocus durera 6 mois, lorsque Philippe de Valois tente de le débloquer, mais il ne réussira pas, les habitants se trouvent réduits aux dernières extrémités, après s'être nourris, de rats, de chiens, de chats, Jean devienne, gouverneur de la place dut demander à capituler.
    • Edouard déclara que la ville n'obtiendrait merci qu'à une seule condition :
    • 6 notables parmi les plus grands de la ville se présentent à lui.
    • Eustache de St Pierre, fit un discours détonnant "j'ai en droit moi si grande espérance d'avoir pardon pour Notre-seigneur si je meurs pour le peuple sauver, que je veux être le premier".
    • Il fut suivi par son cousin Jean d'Aire ainsi que par les frères Wisant, Jacques et Pierre, puis par 2 citoyens héroïques dont les noms n'ont pas été conservés.
    • Edouard se montra inflexible malgré l'admiration des Anglais envers ces six notables, et s'écria d'un ton terrible qu'on amenat le coupe-tête.
    • Cependant la reine Philippine de Hainaut, aux supplications de laquelle se joignirent des chevaliers anglais obtint la grâce d'Eustache et de ses compagnons
    • Edouard entra le lendemain dans la ville et chassa tous les habitants et les remplaça par une population anglaise.
    • 1436 : le duc de Bourgogne tenta vainement de reprendre la ville aux anglais
    • 1558 : le duc de Guise la reprit après un siège de 7 jours, bien que les anglais eussent écrit sur les portes de la ville "les Français reprendront Calais quand le plomb nagera sur l'eau comme le liège".
    • 1595 : les ligueurs s'emparèrent de la ville, mais le traité de verdun, la replaçà sous l'autorité du roi

    Calais: La ville est exclusivement tournée vers la mer depuis les années 1600 autant pour le commerce que pour les "courses", beaucoup de marins de bateaux corsaires vivent à Calais autour de la paroisse Notre-Dame se mêlant à une population plutôt bourgeoise.

    Après 1815 Calais n'aura plus de corsaires.

    • Fusion des communes de Calais et Saint-Pierre en 1815
    • La ville a été décorée de la Croix de guerre 1914-18, de la légion d'honneur et de la Croix de guerre 1939-45
    •  Toponymie
      Nom qui vienr de kal, pierre, rocher
      Calais doit son nom au détroit sur lequel elle se trouve. Avant 1789 elle était le chef-lieu d'un gouvernement appelé "Le Pays Reconquis"

       

      (extrait du Dictionnaire topographique du département du Pas-de-Calais, par le comte de Loisne, 1907) :
      -1180 : KALEEIS (charte d'Artois)
      -1180 : CALAYS (charte de Saint-Bertin)
      -1181 : KALAIS (id)
      -1196 : KALEIS (charte d'Artois)
      -XIIe siècle : CALAISSIAUM
      -XIIe siècle : CALESETUM
      -1204 : KALET (archives nationales)
      -1220 : KALES (charte de Saint-Bertin)
      -1226 : CALAYS (id)
      -1227 : CALASIUM (Historique de France)
      -1228 : KALEES (charte de Saint-Bertin)
      -1259 : CALESIUM (id)
      -1266 : KALESIUM (id)
      -1282 : CHALAIS (charte d'Artois)
      -1306 : CHALAYS (mémoires de a Société académique de Boulogne)
      -1320 : CALLAIS (charte d'Artois)
      -1331 : CALAIS (charte de Saint-Bertin)
      -1415 : CALLES (mémoires de la Société académique de Boulogne)
      -1472 : CALISIA (charte de la Capelle)
      -1492 : CALLAYS (comptes de Beuvrequin)
      -1556 : CALLES, CALLICE, CALLIS, CALYS (territoires anglais du Calaisis)
      • Calez en vieux Roman
      • Histoire administrative

        • 1879 : une enceinte fortifiée est construite autour des deux agglomérations. Le préfet pense qu'il serait souhaitable de réunifier ces deux villes. Cependant leur intérêt économique semble si différent que cette réunification parait improbable.
        • 7 février 1882 : le préfet du Pas de Calais estime qu'il est nécessaire de convoquer les deux conseils municipaux, pour envisager le regroupement des cités. Les Saint-Pierrois pensent que cette hypothèse est une chance pour eux. En effet, le budget municipal est en contant déficit de plus ils deviendraient majoritaires (en nombre) dans cette nouvelle ville. Les Calaisiens sont, bien entendu, réticents.
        • le 18 mai 1883 : le conseil municipal de Calais donne son accord pour cette réunification, sous réserve que Saint-Pierre accepte différentes conditions : par exemple, le conseil municipal demande l'attribution du nom historique de Calais à la nouvelle cité, la conservation des marchés du mercredi et du samedi, le maintien du tribunal de commerce, de la chambre de commerce et de la caisse d'épargne dans la circonscription de l'ancien Calais.
        • 10 novembre 1884 : après de multiples tractations, les conseiller municipaux tombent d'accord pour la fusion des 2 communes.
        • 29 janvier 1885 : la loi est publiée dans le journal officiel de la république. La cité bourgeoise de Calais fusionne avec sa voisine, la ville industrielle de Saint-Pierre-lès-Calais.
        Calais devient la ville la plus importante du département.
        • 9 mars 1885 : les élections donnent comme résultat : 10 élus conservateurs à Calais nord et 22 élus républicains pour Saint-Pierre. Au premier tour Van Grutten de la ligue républicaine est élu maire avec 31 voix contre une pour Charles ravisse.
        Fort de leur écrasante majorité, les Saint-Pierrois ont tous les postes de responsabilité. Au niveau démographique, il existe un réel déséquilibre entre la cité de St Pierre et Calais, Calais compte 1 500 habitants et Saint-Pierre plus de 35 000.
          • 10 Mars 1885 : la majorité des voix va aux élus de Saint-Pierre. Monsieur Charles Ravisse, ancien conseiller municipal de Calais administre provisoirement la nouvelle cité. Paul Van Grutten : né à Calais le 24 avril 1821, Van Grutten a été le dernier maire de Saint-Pierre et le premier maire du nouveau Calais, sous l'étiquette de la ligue républicaine.
          • Quartiers de Calais

            Saint Pierre

            La population de Saint Pierre est composée principalement d'ouvriers de la dentelle. En effet, le faubourg connaît depuis l'introduction de la dentelle mécanique, un essor économique incroyable. De plus on voit apparaître dans la ville de nombreux Anglais (près de 4000), venant profiter de cette industrie nouvelle. Les Saint Pierrois sont politiquement à gauche, "revendicatifs" et socialisants.

          • Patrimoine

          • Hôtel de ville reconstruit au début du 20e siècle, avec beffroi de 75m. de haut
            • Face à la Mairie, le groupe en bronze de Rodin Les Six Bourgeois , rappelle un épisode douloureux de l’histoire calaisienne. Ce bronze de Rodin fut inauguré le 3 juin 1895. Noms des six Bourgeois : Eustache de Saint Pierre - Pierre et Jacques de Wissant - Jean d'Ayre - Jehan de Fienne - Andreus d'Andres. Ils devaient apporter au roi Edward III les clés de la ville "en chemise et la corde au cou" - Ils devaient donc être pendus et non guillotinés. La reine Philippine de Hainaut demanda leur grâce. 
            • Église Notre-Dame : joyau architectural des 13e et 14e siècles- de style Tudor également, possède un maître-autel unique d’une hauteur de 17 m.
        C’est là que la cérémonie religieuse unissant le Capitaine Charles de Gaulle et Yvonne Vendroux a été célébré en 1921.
          • Église Saint-Pierre (1858-1864)
          • Église Notre-Dame des Armées
          • Église Notre-Dame de Consolation
          • Église Saint-Antoine-de-Padoue
          • Église Saint Benoît-Labre
          • Église Sainte-Germaine-Cousin
          • Église Saint-Joseph
          • Église Sainte-Madeleine(du(Petit-Courgain
          • Église du Sacré-Cœur
          • Temple protestant
          • Témoin du plus grand chantier du XXe siècle : le Tunnel sous la Manche et la Cité Europe avec ses nombreuses infrastructures environnantes.
          • Cité Internationale de la dentelle et de la mode (35 quai du Commerce)
          • Musée des Beaux-Arts (25 rue Richelieu)
          • Musée-mémoire de la Guerre 1939-1945 (parc Saint-Pierre), situé dans un bunker de la marine de guerre allemande
          • Citadelle du 16e soècle, reprise par Bauban au 17e siècle
          • Fort Nieulay, du 16e siècle . Vauban décida de raser l’ancien fort et de le reconstruire plus à l’ouest, à cheval sur la rivière afin de mieux assurer la défense du pont. Les travaux durèrent de 1677 à 1679 permirent de mettre à l’abri les trois écluses permettant d’inonder le Calaisis en introduisant l’eau de mer et en empêchant l’écoulement des eaux du pays.
          • Théâtre de 1903
          • Tribunal (ancien hôtel de ville), de 1858-1864
          • Monument à Émile Salembier
          • Phare (hauteur : 59 m, 271 marches) (place Henri Barbusse)
          • Démographie

          • Année 
            Nombre
            1793 
            6 549
            1800 
            6 996
            1806 
            8 102
            1821 
            8 854
            1831 
            10 437
            1836 
            10 865
            1841 
            12 508
            1846 
            11 444
            1851 
            10 993
            1856 
            11 969
            Année 
            Nombre
            1861 
            12 934
            1866 
            12 727
            1872 
            12 843
            1876 
            12 573
            1881 
            13 529
            1886 
            58 969
            1891 
            56 867
            1896 
            56 940
            1901 
            59 743
            1906 
            66 627
            Année 
            Nombre
            1911 
            72 322
            1921 
            73 001
            1926 
            71 629
            1931 
            70 213
            1936 
            67 568
            1946 
            50 048
            1954 
            60 340
            1962 
            70 372
            1968 
            74 624
            1975 
            78 820
            Année 
            Nombre
            1982 
            76 527
            1990 
            75 309
            1999 
            77 333
            2006 
            74 888
            2011 
            72 915
            - 
            -
            - 
            -
            - 
            -
            - 
            -
            - 
            -
        • Repères géographiques

        • Située à 92 km de Lille et à 234 km de Paris
        •  Ville de naissance et de décès de

      • Georges ANDRIQUE, peintre (2/11/1874-Calais, 1964)
      • Nicolas ANOT, volleyeur né le 18/11/1981
      • Henri Ernest BAILLON, botaniste (30/11/1827-Paris, 19/7/1895)
      • Romain BARRAS, athlète (décathlon) (1/8/1980-....)
      • Jean-Jacques BARTHE, maire de la ville (1971-2001) et député (1981-1986)
      • Jean Pierre Antoine de BEHAGUE de VILLENEUVE, militaire (23/11/1727-Londres (Grande-Bretagne), 12/5/1813)
      • Auguste BERTHOIS, militaire et député de 1830 à 1832 (17/5/1787-Paris, 15/2/1870)
      • Henri Joseph BLANQUART de BAILLEUL, homme politique (1758-Versailles (Yvelines), 1841)
      • Louis Marie Edme BLANQUART de BAILLEUL, évêque de Versailles (1832-1844) et archevêque de Rouen (1844-1858), né le 8/9/1795, décédé à Versailles (Yvelines) le 30/12/1868
      • Alexandrine de BLESCHAMP, épouse de Lucien BONAPARTE (1778-Senigallia (Italie), 13/7/1855)
      • Djezon BOUTOILLE, footballeur (9/11/1975-....)
      • Albert BREBANT-PIEL, peintre du 19e siècle
      • Virginie BREMONTn basketteuse née le 16/7/1987
      • Sandra BRETONES, actrice et animatrice sous le nom de Sandra LOU (24/12/1980-....)
      • Ford Madox BROWN, peintre (12/4/1821-Londres (Grande-Bretagne), 6/10/1893)
      • Manuel CARPENTIER, rugbyman né le 15/10/1959
      • Jacques COURTOIS, ventriloque né le 5/4/1928
      • Athanase Philippe CUCHEVAL-CLARIGNY, journaliste historien né le 1/2/1821 et décédé à Maisons-Laffitte (Yvelines) le 3/11/1895
      • Louis DAQUIN, réalisateur scénariste (20/5/1908-Paris, 2/10/1980)
      • Frédéric DARRAS, footballeur (19/8/1966-Maligny (Yonne), 27/10/2010)
      • Josette DEBOVE, épouse REY, lexicologue (16/11/1929-Sénégal, 22/3/2005)
      • Jean-Robert DEBRAY, député de 1958 à 1962 (7/11/1906-Paris, 28/8/1980)
      • Laurent DUFRESNE, footballeur né le 2/3/1972
      • Maurice DUPREZ, militaire (15/7/1891-Janville (Haute-Savoie), 11/4/1943)
      • Roger DUTOIT, acteur (8/2/1923-3/5/1988)
      • Audret FASQUEL, auteur de bandes dessinées née en 1981
      • Jean-Louis FOURNIER, écrivain humoriste et scénariste (19/12/1938-....)
      • Paul FOURNIER, historien (26/11/1853-14/5/1935)
      • François-Louis-Thomas FRANCIA, peintre né et décédé à Calais les 21/12/1772 et 5/2/1839)
      • Jean GALLE, basketteur puis entraîneur (17/3/1936-....)
      • Pierre GALLE, basketteur puis entraîneur, frère jumeau de Jean (17/3/1936-....)
      • Mickaël GERARD, footballeur né le 29/12/1972
      • Antoine Alexandre Louis Auguste GONARD, général né lr 18/5/1853, décédé à Versailles (Yvelines) le 30/7/1928
      • Ida GOTKOWSKY, musicienne compositrice (26/8/1933-....)
      • Henri Albert de la GRANGE d'ARQUIEN, cardinal (8/9/1613-Rome (Italie), 24/5/1707)
      • Jean GROU, jésuite (23/11/1731-13/12/1803)
      • Nicolas HENARD, navigateur né le 16/9/1964
      • Jean IMBERT, juriste (23/6/1919-Paris, 13/11/1990)
      • Marie-Adèle ISAAC-LELONG, cantatrice (8/1/1854-Paris, 22/10/1915)
      • Thierry JACOB, boxeur, champion du monde en 1992 (8/3/1965-....)
      • Cédric JANDAU, footballeur né le 2/11/1976
      • André LANNOY, footballeur (1/3/1945-....)
      • Léon LANNOY, coureur cycliste (23/6/1888- ? )
      • Pierre Antoine de LAPLACE, écrivain (1707-Paris, 14/5/1793)
      • Delphine LEDOUX, gymnaste née le 15/5/1985
      • Grégory LEFEBVRE, footballeur né le 16/10/1971
      • Raymond LEFEBVRE, musicien compositeur (20/11/1929-27/6/2008)
      • Antoine LELEUX, secrétaire d'État né et décédé à Calais en 1781 et 1849
      • Pierre LERICH, compositeur (29/6/1937-Lille, 11/8/2008)
      • Henry LHOTELLIER, peintre (1903-?)
      • Didier LOCKWOOD, violoniste de jazz né le 11/2/1956
      • Georges MARESCHAL, chirurgien (8/4/1658-Bièvres (Essonne), 13/12/1736)
      • Édouard MAUBERT, peintre (30/1/1806-Paris, 30/4/1879)
      • Jocelyn MERLEN, footballeur né le 24/11/1972
      • Charles MICHAUD, curé de Saint-Omer, député, né le 10/2/1759, exécuté à Arras le 17/4/1794
      • Mathieu MILLIEN, footballeur né le 14/5/1978
      • Arnaud MOLMY, coureur cycliste (7/8/1988-....)
      • Jean-François O'MAHONY, maréchal (7/10/1772-Boulogne-sur-Mer, 1842)
      • André PARMENTIER, député (1956-1958), né et décédé à Calais les 22/2/1912 et 28/8/1978
      • Claude PETITFRERE, historien né en 1936
      • Charles Antoine Guillaume PIGAULT de l'ÉPINOY, connu sous le nom de Charles PIGAULT-LEBRUN, écrivain (8/4/1753-La-Celle-Saint-Cloud (Yvelines), 24/7/1835)
      • Eustache de SAINT-PIERRE, l'un des Bourgeois de Calais
      • Émile SALEMBIER, maire de la ville (1908-1912), député (1914-1919), né à Saint-Pierre-les-Calais le 18/7/1857, décédé à Calais le 11/6/1919
      • Thomas SOUVILLE, corsaire né et décédé à Calais les 24/2/1777 et 31/12/1839
      • Jean-Baptiste Pierre du TERTRE, médecin écrivain (17/1/1926-....)
      • Jean-Baptiste du TERTRE, religieux botaniste (son vrai prénom étant Jacques) (Calais, 1610-Paris; 1687)
      • Jeanne THIL, peintre (18/12/1887-1968)
      • Steven TRONET, coureur cycliste (14/10/1986-....)
      • Roger VANTIELCKE, dépputé de 1936 à 1942, né le 5/2/1903, décédé à Toulouse (Haute-Garonne) le 14/8/1945
      • Felice VARESI, baryton (1813-Milan (Italie) 13/3/1889)
      • Emmanuel VASSEUR, footballeur né le 3/9/1976
      • Jacques VENDROUX, maire de Calais (1959-1969), député (1845-1955 et 1958-1973), né et décédé à Calais les 28/7/1897 et 1/4/1988
      • Jacques VENDROUX, journaliste né le 1/3/1948
      • Yvonne Charlotte Anne-Marie VENDROUX, épouse Charles de GAULLE, née le 22/5/1900 et décédée à Paris le 8/11/1979
      • Cyril WATNEY, agent secret (29/9/1922-23/2/2009)
      • Robert WATTEBLED, évêque né le 5/6/1946
      • Claude Jacques WILLARD, mathématicien écrivain (18/7/1927-3/6/1996)
      • "Géant" de la commune : 
      -JEHAN de CALAIS, marin guerrier, créé en 1901 avec dernière restauration en 1994, hauteur 5 m, poids 150 kg
      -CONSTANCE du PORTUGAL, créée en 1902, dernière restauration en 1994. Mariée à Jehan le 29/6/1902
      -CLÉMENT le marchand de moules, créé en 1955, reconstruit en 1992, hauteur 4,50 m, poids 100 kg
      -GUSTAVE le JARDINIER (2006)

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    UN CHRONIQUEUR GALLOIS A CALAIS

    (Note sur l'histoire de Calais sous les Anglais)

    Parmi les manuscrits de la bibliothèque nationale du pays de Galles à Aberystwyth se trouve une chronique pleine d'intérêt pour le Nord de la France, car elle fut compilée à Calais entre 1530 et 1532 par Elis Gruffudd (ou Ellis Griffith), soldat gallois de la garnison des rois anglais. L'une des œuvres les plus longues en langue galloise, la chronique n'est histoire ni journal dans le sens moderne, mais essaie d'être histoire du monde, et principalement des événements notables de l'histoire des rois d'Angleterre 1. Naturellement, ce chroniqueur était très fier de l'avènement de la famille des Tudor, qui étaient devenus rois d'Angleterre en 1485, et qui donna aux Gallois des hautes fonctions dans l'Etat, des occasions et des nouvelles carrières hors de leur petit pays natal 2.

    Cette chronique montre que cette ville de Calais, connue déjà comme l'une des principales bases économiques et militaires des Anglais, n'était pas dépourvue d'une certaine civilisation. Les citoyens, par exemple, aidaient ce simple soldat à traduire ou copier des Uvres d'Histoire d'autres pays, de géographie, et de médecine. Les soldats de Calais avaient trop à faire pendant les guerres, mais trop de loisir pendant les longues années de paix 3.

    Pour rédiger sa chronique, Elle copiait d'autres livres, mais dans le dernier quart de son énorme œuvre de deux mille cinq cents pages, il parle de son époque, souvent des événements importants dont il est témoin, et s'il traite rarement de sa propre personne (croyant qu'il ne sied pas à un historien d'être trop personnel), il évoque souvent la ville de Calais.

    Il est né, probablement vers 1480 ou 1485, dans le minuscule village de Gronant Uchaf, près de Llanasa dans le Flintshire, la région de la grande famille des Mostyn, les cousins gallois de la famille royale. Son oncle, Sion ap Dafydd, était soldat, et Elis entre dans l'armée anglaise vers 1511, participe aux expéditions anglaises dans le nord de l'Espagne et aux Pays-Bas, et bientôt après cette date, devint serviteur de sir Robert Wingfield 4, membre d'une famille fort importante, ambassadeur et fonctionnaire du gouvernement à Calais. On ne sait pas exactement comment il est arrivé chez sir Robert Wingfield, mais il y avait de vagues liens de parenté des Mostyn avec les Tudor et les Wingfield.

    Il est probable qu'il suivit son maître partout, aux Pays-Bas et en Allemagne, en France au cours de l'invasion de 1513, à Tournai, à Thérouanne, surtout à Calais et Guînes pour l'entrevue célèbre du Camp du Drap d'Or en 1520. Il nous donne d'amusants portraits ou vignettes de cette époque, par exemple, de la reine Germaine de Foix en Angleterre, François Ier à Guînes, l'invasion des Anglais sous le Duc de Suffolk de Calais à Montdidier en 1523.

    Wingfield, après cette date, devint lieutenant du château de Calais et chef de l'administration (ou « député ») en 1526. Il gardait sa maison à Londres, Wingfield Place à Old Fish Street, dont Elis était le gardien ou chambellan, et où il écrivit son premier recueil en gallois, une collection fort importante de poésies et contes gallois 5. Il eut loisir aussi de connaître des personnages importants comme le cardinal Wolsey, de recevoir des nouvelles du pays de Galles, ainsi que des serviteurs du roi et des hommes de la cour.

    Son maître se décide de rester à Calais, même en retraite ; c'est lui, probablement, qui offre à Elis en 1530 un poste de soldat de la garnison de Calais 6. Après son arrivée, il commence à écrire la chronique et traduire en gallois plusieurs livres médicaux 7. Bien que sa première collection manuscrite le montre homme d'éducation conven- tionnellement catholique, à Londres, il est devenu Protestant, comme la plus grande partie de la garnison de Calais. Après son arrivée, il commence à décrire la chronique et traduire en gallois plusieurs livres médicaux 7. Bien que sa première collection manuscrite le montre homme d'éducation conventionnellement catholique, à Londres, il est devenu Protestant, comme la plus grande partie de la garnison de Calais. Il apparaît qu'on discutait beaucoup à Calais des questions de la Sainte Ecriture, de l'astrologie, et de la médecine. C'est ici qu'il put lire des tomes en latin, anglais et français, des livres rares qui sont arrivés de Paris ou d'Augsbourg, qu'il rassemble les nouvelles variées de la conquête du Mexique, des guerres de Charles-Quint en Afrique, essayant toujours un grand livre d'histoire, compensant son défaut de style et de sens littéraire par sa vivacité et la richesse de son vocabulaire.

    Il resta à Calais quelque temps célibataire, et sans maison 8. Mais comme plusieurs des soldats venus d'Angleterre, il épousa une Calai- sienne, qui lui donna deux enfants nés à Calais 9. Sa femme possédait une propriété à Calais, et ils habitaient une maison en « Olde Havon », située derrière les murs donnant sur le port, c'est-à-dire, entre la Place d'Armes et la Citadelle actuelle de Calais. Ce sont des soldats comme Elis qui surtout préservèrent pendant la dernière époque du régime anglais le caractère profondément britannique d'une population ouverte aux influences françaises et flamandes de la région.

    La dernière étape du régime anglais est une époque de déclin, de difficultés économiques, de guerre tout autour des frontières du Calaisis, notamment entre 1543 et 1550, et de luttes intérieures, en particulier pour des questions de religion, surtout pendant le régime de lord Lisle, député de Calais entre 1533 et 1540. Les pages les plus précieuses de la chronique sont, peut-être, celles qui décrivent les événements agités de la réforme protestante à Calais où les soldats se heurtaient aux autorités, mais les pages les plus caractéristiques sont celles où il décrit la guerre de Boulogne, surtout le siège de cette ville, et les campagnes dans les Flandres et le Boulonnais entre 1543 et 1546. Pendant cette époque, il devint capitaine des petits boulevards sur la frontière anglaise à Vieille-Eglise et à Balinghen.

    Après la guerre du Boulonnais, il tombe malade et dans sa vieillesse s'intéresse de plus en plus au Protestantisme de caractère très réformé et à l'astrologie. Il termine sa chronique avec un récit de la peste de 1551-52 dans sa région natale ; en 1552, il envoie son livre avec une dédicace et une préface à Thomas Gruffudd (probablement un sien cousin ou neveu) et Piers Mostyn (un grand seigneur du Flintshire).

    Entre 1533 et 1538, il fit un procès dans la cour de la Chancellerie à Londres contre le mari de sa tante au sujet des terres saisies dans son village natal 10. Sa préface de 1552 parle tristement d'un procès mené en vain ; il regrette de se trouver au loin, à Calais, et de ne pouvoir influencer les juges ; il prie Gruffudd et Mostyn de l'aider contre la famille voisine des Mutton. Il explique aussi qu'il a compilé sa chronique pour l'éducation d'autres plus intelligents que lui-même, pour que ses concitoyens connaissent l'histoire d'autres régions du monde.

    A cette époque, il est devenu huissier de Calais, et sans doute, n'était pas mal payé 11. Bien qu'il eut renvoyé son œuvre en 1552, il habitait encore sa maison en 1556 12. Il est possible qu'il mourût comme plusieurs vieux Calaisiens dans le grand siège de 1558, ou qu'il fut déporté en Angleterre par l'ordre de François, Duc de Guise. On sait que quelques réfugiés de Calais rôdaient dans le pays de Galles au mois de février 1558, quelques semaines après l'expulsion des derniers Anglais 13.

    La chronique parvint elle saine et sauve au petit manoir de Thomas Gruffudd dans le Flintshire? La chose est très probable, car, bien qu'une moitié, qui parlait de l'histoire antérieure à l'année 1066, eut disparu pendant de longues années, et ne fut retrouvée que vers la fin du dix-neuvième siècle, la seconde et plus intéressante moitié demeura à quelques kilomètres du village natal d'Elis, au château de Mostyn, où la famille avait reçu la chronique en héritage après un mariage avec la fille de ce Thomas Gruffudd. Après la première guerre mondiale, les deux moitiés de cette belle chronique furent réunies, reliées, et conservées à la bibliothèque nationale du pays de Galles.

    Extraits de la chronique d'Elis Gruffudd de Calais, MS Mostyn 158, a Aberystwyth, P. de Galles, traduits par P. T. J. Morgan.

    LE ROI FRANÇOIS 1er VISITE LE CAMP DU DRAP D'OR 

    (f° 423 b) Ainsi le roi débarqua à Calais environ onze heures du matin. Dès que le roi, la reine et les grands eurent débarqué, ils allèrent avec le roi et la reine à l'église de St. Nicolas à Calais pour prier à l'autel de la Résurrection qui se trouve à l'ouest de l'église, et en lequel resta la confiance de beaucoup de savants à cette-époque-là. L'après-midi, les gens du roi avec leur équipement débarquèrent au port de Calais, et vers quatre heures la nouvelle fut reçue de sir Richard Wingfield, ambassadeur à cette époque auprès du roi français, qui, sur ces entrefaites, était arrivé à Ardres. Le roi envoya en hâte un seigneur appelé sir Thomas Boleyn à Ardres au roi de France.

    Le lendemain matin, vendredi, le roi envoya le cardinal d'York à Guînes pour surveiller les bâtiments, et pour aller parler à Ardres avec François 1er, roi de France, chez qui il resta en conseil et conversation secrète jusqu'à dimanche. A ce temps-ci, plusieurs excellents gentilshommes vinrent du côté du roi de France, certains sur les affaires du roi français, certains pour voir le roi d'Angleterre.

    (f° 424 a) Ainsi le dimanche vers trois heures de l'après-midi, le cardinal d'York arriva à Calais du côté du roi français. A ce moment arriva la nouvelle reportée et écrite que notifia le roi, comment débarquèrent l'Empereur et ses gens à Flessingue en Zélande vendredi précédent, en gaieté et joie. Ainsi le roi d'Angleterre s'amusa avec les gens de sa cour à Calais de jeudi jusqu'à mardi le 5 juin de l'an 1520, quand le roi transporta sa cour de Calais à Guînes, avec tous les nobles et le roi, les deux reines et la plupart des gens d'honneur s'installèrent dans le nouveau palais que le roi avait fait construire sur le marais près de la porte du château de Guînes, pour accomplir ses projets à cette époque.

    (fos 427-428) Après le déjeuner, le roi de France et les deux reines passèrent le temps en conversation aimable et amusante, par les divertissements d'instruments musicaux variés : auprès d'eux, certains seigneurs et dames dansèrent jusqu'à l'heure de vêpres. Vers cinq heures du soir, le roi et les deux reines et toute la cour entrèrent dans la grande chapelle qui fut ordonnée merveilleusement dans le nouveau palais. Ici, certains musiciens du roi d'Angleterre en robe d'église chantèrent deux anthèmes, une de Sainte Marie, une de Saint Georges. Donc, le roi de France revint à sa chambre, d'où il envoya certains gentilshommes anglais pour bavarder et s'amuser.

    Parmi ces premiers arrivèrent sir Charles Somerset, chambellan du roi d'Angleterre, et sir Robert Wingfield, suivis par plusieurs seigneurs anglais. Ceux-ci le trouvèrent en train de traverser la chambre en chemise courte et en bas. Ici, il parla avec eux gentillement, tendrement, avec le chambellan du roi d'Angleterre, retraversant la chambre par-ci, par-là. A ce moment, on put observer nettement son expression, sa physionomie, les manières et gestes de son corps, ses traits — nez, yeux, couleur de figure et chair.

    En vérité, comme par estimation, il avait cinq pieds en hauteur de corps (ou deux « yards »). La tête est de bonne proportion, couverte de cheveux châtains nettement arrangés. La chair de la figure est bleu-blanc, comme le babeurre dans lequel il y a très peu de lait et beaucoup d'eau. La figure est longue, à beau long nez, les yeux de couleur mixte et dans les blancs des yeux se montrent des taches rouges. A la figure, il porte une barbe de trois mois, dont la couleur est un peu plus foncée que celle des cheveux. Le col est aussi grand et solide que la tête, qui est de bonnes proportions.

    Véritablement, la nuque est une des plus larges que j'ai jamais vues. D'après l'opinion de certains, c'est la façon de ses vêtements qui rend la nuque plus large qu'en réalité. En vérité, l'apparence du corps des genoux jusqu'à la tête est très belle, avec deux cuisses et deux fesses de la proportion du corps, mais les deux jambes jusqu'aux pieds sont très maigres en proportion au corps et aux autres membres. Au-dessus des deux pieds, les jambes sont un peu déformées et courbées. Les deux pieds apparaissent très maigres, ayant à peu près treize pouces de longueur, au moins.

    (/° 428 à) Chaque partie de la semelle touche la terre. En vérité, pour terminer cette description du corps, sa voix et son expression furent douces et faciles. Mais dans sa conversation, il changea d'expression et regarda souvent en haut, montrant le blanc des yeux, ce qu'il fit plus souvent qu'il ne lui fallut.

    Ainsi, dans cette conversation, il demanda des vêtements de chasse, qu'il mit en vue de tous, il se rangea pour prendre cheval pour aller vers Ardres à cheval, qui fut mené dans la cour auprès du grand escalier descendant de la chambre à la cour. Ici, vinrent les deux reines pour faire leurs adieux au roi de France, jusque quand le cardinal d'Angleterre et beaucoup de nobles anglais furent prêts aux chevaux pour aller escorter le roi français à Ardres, et pour rencontrer le roi d'Angleterre, qu'on rencontra dans la campagne entre le champ-clos et Ardres.

    LA REFORME PROTESTANTE A CALAIS 1539 (MS MOSTYN 158, fos 522 a-524 b)

    (J° 522 a) Entre les fêtes de Pâques et les fêtes de Pentecôte de cette année (la 29e d'Henri VIII), Adam Damlyp (ou Damplyp), natif du Lancashire, arriva à Calais en très pauvre condition. Il avait vécu en Italie pour l'éducation, et parce qu'il fut anglais, il reçut aide et grand secours du cardinal Pole. Il fit connaissance avec un soldat de la ville, un honnête homme qui était bon grammairien, appelé William Stephens.

    Le révérend Adam, en une longue conversation, lui raconta sa carrière : comment le cardinal Pole l'eut mis résider chez un cardinal, mais quand ce cardinal l'entendit lire et expliquer certains passages de la Bible contre l'autorité du Pape et de ses cardinaux, ce cardinal ne lui souffrit plus de rester près de Rome. A cause de ça, expliqua-t-il, il fit voyage de Rome en Allemagne, où il resta deux années chez des gens savants ; il observa toutes les coutumes des savants de toutes les universités de la majeure partie de la Chrétienté. Il démontra comment il lut des morceaux variés de la Bible en latin à certains lieux en Allemagne et en Saxonie, en disant qu'il était prêt à lire en anglais le nocturne de la Bible à Calais pendant qu'il attendait un vent favorable pour aller en Angleterre.

    Après que le susdit soldat et un prêtre prudent eurent appelé le révérend Adrian Stavely, certains honnêtes hommes discutèrent ; et on entendit qu'il était savant ; ce susdit soldat éprouva grande peine à expliquer tout à sir Arthur Plantagenet (/° 522 b) vicomte Lisle, et député de Calais. Sur ces entrefaites, il ordonna à William Stephens de venir dîner ce soir-là chez lui, et le révérend Adam avec lui. Tout ce qui fit le soldat.

    Comme il lui convint, dans ce lieu et à ce temps après le dîner, le révérend Adam expliqua toute l'histoire susdite au vicomte, devant certains lanciers qui furent invités à dîner ce soir-là. Le député aima tant son expression qu'il lui donna permission de lire dans la chapitre des carmes. Au bout d'un jour ou deux, le révérend Adam y vint, et tournant le dos à l'autel du chapitre, il expliqua une épître de Paul aux Romains. Le député, la plupart du Conseil, l'entendirent ainsi que tous ceux qui purent entrer dans l'intérieur de la maison, et aussi dans le cloître auprès de la maison et en face de la porte.

    Tout le monde loua ce discours ou sermon, le député même jura qu'il n'eut jamais entendu un sermon si fertile d'idées, et envoya à l'archevêque de Cantorbéry demander permission pour qu'il monte à la chaire expliquer les épîtres, et lui donna une pièce d'or pour acheter une robe. Honor (ou Honneur) la vicomtesse, lui en donna 90 en or, et par ces moyens et par l'aumône d'autres de la ville, il fut honnêtement habillé au bout de dix ou douze jours.

    En ce temps, il lut un jour ou deux dans le chapitre pendant que le messager était allé et revenu avec sa licence. Le vicomte lui ordonna de monter à la chaire mise dans la nef de l'église des cannes, où il fut ordonné par l'accord du Conseil de faire discours durant deux heures deux fois par semaine.

    A cette époque commença une grande jalousie entre celui qui fut prieur des carmes et le révérend Adam, parce qu'il eut plus de secours des habitants de la ville en trois semaines que le prieur et ses moines n'eurent reçus en trois années précédentes ! A cause de ça, le prieur et la partie du Conseil qui le crut, dirent que le révérend Adam mentait au sujet de la Sainte Ecriture. Bientôt, le dimanche, le prieur proclama, de la chaire dans son sermon, louant les cérémonies, la messe, surtout le sacrifice du corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui reste la meilleure médecine à sauver l'âme de l'homme au Jugement Eternel. En vérité, le révérend Adam le confirma — mais, dit-il, il faut que chaque chrétien dévot regarde le sacrifice avec l'œil de la foi pour comprendre plus qu'il ne voit avec sa vue matérielle. C'est-à- dire, pour regarder avec sa foi spirituelle non seulement la cage mais aussi l'oiseau dans la cage ; qu'on ne peut voir nettement que par la foi, par laquelle, dit-il, chaque chrétien obtiendra le courage à cause de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ — mais seulement par la foi.

    A ce sujet suivirent des tels débats entre les deux prêcheurs qu'il eût été mieux que la ville les eût réduit au silence par une grande récompense.

    A cause de ça, l'évêque de Kent leur ordonna d'amener le prieur en Angleterre. Bientôt leurs débats furent discutés auprès de l'évêque et les docteurs en Angleterre. Donc le prieur fut forcé d'admettre qu'il avait tort, et revînt à Calais demander pardon au révérend Adam. Adam châtia les pécheurs avec véhémence, montrant par plusieurs citations de la Sainte Ecriture qu'il n'y a espoir de Merci à celui qui pèche contre le Saint-Esprit. Il n'y a place dans le Royaume des Cieux et de Dieu ni pour le lascif, ni pour l'avare, ni pour l'oppresseur, l'immonde, le glouton, l'ivrogne, le voleur, ni le meurtrier.

    Ces mots attirèrent le sang des blessures de certains du Conseil, et des gouverneurs de la ville, qui trouvèrent plusieurs grandes fautes chez le révérend Adam, comme ils eurent trouvé chez ceux qui eurent prêché la parole de Dieu auparavant. Car une année auparavant, le Conseil avait calomnié un homme appelé le Dr Hore, qui se donna de la peine à prêcher à eux pendant tout le carême, qu'il était si immoral et corps si mal gouverné qu'il alla à cheval de Calais à Boulogne s'amuser chez les putains. Ils ne purent pas le prouver, malgré leur haine contre lui. Le carême suivant, le Conseil montra encore plus de mensonge et de malice contre lui, parce que l'évêque de Kent l'envoya prêcher avec le docteur appelé Champion, et à ce moment le docteur Hore tomba malade, d'où il mourut.

    Dans sa faiblesse, il demanda de son compagnon d'aller chercher le prêtre avec le corps de Notre Seigneur en forme de pain. Mr Champion le fit de bonne volonté. Mais cet homme, dans une telle maladie, ne put prendre rien de sa commission, la maladie dans son estomac étant si incommode qu'il ne put prendre ni sec ni liquide dans la bouche sans que le cœur le rejeta, vomît, et émît tout le liquide de son corps. Pour cette raison, il ne put pas prendre sa communion (f° 523 b)...

    (f° 523 b)... Après une période de jalousie, le député et le Conseil écrirent certaines lettres à leurs amis en Angleterre se plaignant aigrement contre le révérend Adam au roi et son Conseil, qu'il eût semé une telle hérésie à Calais qu'une moitié des habitants ne mettent désormais aucune valeur à l'office divin dans l'église, mais seulement au sermon de la parole divine.

    Avant les vacances de Pâques sur ces entrefaites, le roi ordonna au député de Calais et à son conseil de démolir le lieu appelé par le peuple « La Résurrection du Christ », où plusieurs crurent que les trois hosties qu'eurent jeté à terre de la boîte les voleurs dépouillant l'église (dont parle ce livre plus haut) se congelèrent, se transformant en chair et sang sous la forme d'un enfant nouveau-né.

    Mais le contraire fut trouvé dans la boîte. Où plusieurs eurent cru trouver un des plus estimables dons divins du monde, on ne trouva à cette construction (qui fut très solidement construite de pierre de ciment et de fer), quand elle fut démolie et la boîte fut ouverte, que deux plats grands comme un florin, qui semblèrent à l'apparence exhaler la fumée, et qui furent si pourris de rouille qu'ils ne furent pas facile à manier.

    (/° 524 à) A ce sujet, le révérend Adam fit grand discours à l'église de S. Nicolas à Calais, montrant les joyaux que leurs ancêtres depuis deux siècles avaient adoré et honoré comme le Bon-Dieu, et il les montrait dans la main, dans la chaire, à toute la congrégation. L'après-midi, ils furent envoyés à travers le détroit en Angleterre, au roi et le Conseil. Au bout de dix jours, le révérend Adam partit en Angleterre, parce qu'il s'aperçut (lui, ainsi que les hommes qui professaient ses opinions) qu'il valait mieux qu'il aille en Angleterre, de sa propre volonté, qu'attendre que le Conseil d'Angleterre n'envoie le chercher. A cette époque et en ce pays, il apparut auprès du Conseil auquel il démontra tous ses sermons qu'il avait lu ou parlé à Calais. Contre ceux-ci, certains évêques commencèrent à «aboyer» férocement. C'est à cause de leur âpreté qu'il fut forcé de disparaître et de se cacher loin de Londres, à cause du procès que fit le député de Calais contre lui au Conseil en Angleterre, chez les évêques qui étaient de son opinion, et même laissa le Conseil penser que l'affaire fut bien pire qu'elle ne fut.

    Pour cette raison, le Conseil et l'évêque de Kent envoyèrent le docteur Champion et un certain monsieur Garrett prêcher comment chaque chrétien doit espérer et croire en le sacrifice de la Messe. Le docteur prononça le premier sermon — mais il confirma beaucoup de questions dont avait parlé le révérend Adam !

    Cependant, le député et sa faction ne comprirent pas correctement ce que leur démontrèrent les sermons. Bientôt, il arriva que le député rencontra sur le marché un gros pataud de soldat et en vérité, il n'y eût à Calais un homme avec moins de qualités chrétiennes que lui. Il fut malicieux, querelleur, jaloux, ignorant, car en vérité, je sais qu'il ne put réciter correctement ses prières en Latin ni en Anglais. Mais il trouva beaucoup à redire à plusieurs honnêtes gens de la ville parce qu'ils ne venaient pas à l'église assister à la messe. Néanmoins, je sais très bien qu'il ne sut jamais quelle image il faut adorer pour entendre la messe. En vérité, je ne l'ai jamais vu s'agenouiller et entendre la messe. Cependant le député l'appela par son nom et dit le suivant, « Aha, Leach, mon compagnon ! Voilà que ta foi (et la mienne) est revenue à la ville ! »

    Mais après que tous les deux eurent donné deux sermons (J° 524 b) le député fut aussi ennuyé d'eux qu'il le fut des autres prêcheurs précédents. Mais il n'y eût occasion de se plaindre. Ainsi la tempête se calma à cette époque. Cependant le député continua à se défier de certains hommes qui avaient été soldats dans la ville, et à chercher occasion à vérifier leurs propos et les prouver hérétiques. Il ne put pas le faire. Vraiment il ne pourrait jamais faire aucun mal à eux si le Bon-Dieu eût donné la grâce à tout le monde de se taire et de répondre avec charité et obéissance, comme il faut au chrétien dévot.

    Car un des éléments principaux que possède un chrétien est d'être tolérant, d'être prêt à souffrir opposition pour l'amour de Dieu, d'entendre des histoires avec bonne volonté, d'être tardif à répondre. Nous eûmes besoin — Dieu sait ! — de ces qualités à Calais à cette époque, d'où vint beaucoup d'ennui, en Angleterre comme à Calais. Mais Calais fut le premier à recevoir le pire.

    1. Bibliothèque nationale du pays de Galles, Aberystwyth, N.L.W. MS 5276 D. et Mostyn MS 158 (l'histoire après 1066).

    2. Cf. l'article du Professeur Thomas Jones, « A Welsh Chronicler in Tudor England » Welsh History Review, vol. I (Cardiff, 1960), pp. 1-18.

    3. Description de l'autre chroniqueur de Calais, l'Anglais Richard Turpyn : Nichols, J. G. « The Chronicle of Calais » (Camden Society, Londres 1846) introduction, p. xiv.

    4. Ed. Sidney Lee, Dictionary of National Biography, les noms « Wingfield (Richard, Humphrey, Robert) ».

    5. Bibliothèque municipale de Cardiff, Cardiff MS 5.

    6. Public Record Office, Londres, SP1/51 f 219 b. On trouve Elis dans la garnison de 1528, mais le document est incorrectement daté.

    7. Bibliothèque Nationale du pays de Galles, Cwrtmawr MS 1.

    8. Public Record Office, Londres, E101/62/18 f°. 18 b. aussi British Museum, Londres, Cotton MSS, Faustina E VII f 75.

    9. Manuscrits du Marquis de Bath à Longleat : Longleat MS 60, f° 27 b.

    10. Lewis E. A., Early Chancery Proceedings concerning Wales, (Cardiff 1937), p. 115.

    11. British Museum, Londres, Harleian MSS, MS 3880 f° 176 a.

    12. Public Record Office, Londres, E 315/371-2 ff. 45 b, 36 a. Le «Nicholas Gryf f eth » de f 40 b. ibid, est peut-être le fils d'Elis Gruffudd.

    13. Acts of the Privy Council of England (New Series), vol. VI (233). lettre du 23 février 1557 (8).

    14. Meyrick, S. R., Heraldic Visitations of Wales (by Lewys Dwnn), (Llandovery 1808), vol. II, pp. 302, 306, 308, pour les familles des Gruffudd et Mostyn ; et pour la famille des Mostyn, Lord Mostyn et T. Allen Glenn, The Mostyns of Mostyn, 1925.

    Prys Morgan (Université de Galles, Swansea).


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