• NOTES HISTORIQUES SUR LE COURGAIN (1)

    D'après Henri, Courgain désigne un endroit fort resserré: cour, petit, gain, demeure; on doit pourtant remarquer que plusieurs bourgs des environs ont leur courgain et que ce nom, dans lequel on peut aussi voir le mot français cours et les mots anglais court et gaing (plèbe) ou gang (passage, voie) (2) indique alors un hameau composé de pauvres habitations (3). Notre Courgain, qui, de tous teins, a dû être habité par des pêcheurs, n'était encore, au xvie siècle, qu'un chétif faubourg de Calais, composé de quelques pâtés de

    (1) Ces notes nous ont été communiquées par M. II.-J De Dheims, bibliothécaire-archiviste de la ville.

    (2) La Recepte généralle des Domaines et Finances de Calais en 1605, l'appelle Court Gaing; De Thon écrit Curgium Saburbium, son nomenclateur le nomme fauxborg du Courquel.— Lefebvre, dans son premier volume, page 648, cite un plan de 1645 ,dans lequel se trouve Corvin.— Jollain, graveur du siécle dernier, a publié d'anciens plans sur lesquels on lit aussi Corvin.

     (3) « Nous ne trouvons pas d'où vient ce nom de Courgain et tout ce qu'on en peut conjecturer est qu'autrefois il y avait un endroit ainsi appelé à cause qu'il était habité par des pécheurs qui gagnaient peu de chose; on disait le fauxbourg du Courgain, qui était plus étendu et n'était fermé que de palissades du côté de lamer et qui a été réservé comme il est à présent dans un bastion de la ville, où il y a plusieurs petites rues fort étroites qui contiennent aux environs de 310 familles, toutes de matelots, à la réserve de quelques artisans, en petit nombre. Le contour du Courgain est de 300 toises. II y a dans le Courgain un commandant sous les ordres de celui de la ville, Pierre Tiberge, sieur de Valbrun, cy-devant garde-corps du Roi. » (Bernard, page473).

    maisons défendus par de faibles palissades. Un acte d'Edouard III, portant la date du 24 octobre 1361, nous apprend comment plusieurs de ses habitations étaient rangées lorsqu'il s'empara de la ville. Le terrier anglais de 1556 (1) qui désigne le faubourg St-Pierre par son nom patronymique, mentionne aussi les maisons qui font partie des faubourgs de Calais sur le quai {The fauxborowes os Calleis on the wha.rfe.~Page 78), et l'étendue des terrains From the east jetty near the lyme kiln, four à chaux, at Callice havon— along east the sea cost eastward to Gravelyn havon. Page 6. — Le superbe plan de la ville et du port de Calais, qui correspond au terrier et qui est tiré de la collection Cottonienne (article 57; Augustus I, volume II), indique le Courgain à vol d'oiseau: on y compte 30 habitations avec des jardins considérables, une tour élevée, percée d'ouvertures et surmontée d'une girouette. Le faubourg maritime, long temps connu sous le nom de Cap de Grup, s'y trouve aussi représenté le long du quai, à peu près à la hauteur de la rue de Thonis.

     Non loin de la tour du Courgain, qui se voit dans le Plan of the Harbour of Calais, on remarque une vaste maison ornée d'une croix. C'est dans cet endroit que, à l'époque de la reprise de Calais, était situé l'hôpital, et où, du temps de Marin Bailleul, se  voyait la maison des Trois-Rois. Girault de Mauléon, seigneur de Gourdan, capitaine et gouverneur de Calais pour le roi de France, se détermina à faire détruire cet hôpital avec sa chapelle et les autres bâtiments du côté de la mer, les ennemis pouvant profiter de ces bâtiments pour s'y cacher et surprendre la ville, à la porte de laquelle ils se seraient trouvés.

     Le papier terrier de P. de Miraulmont, dressé en 1584, décrit les maisons étant hors la porte sur le havre, sises au faubourg dudit Calais, au lieu dit le Courgain. Il mentionne d'abord les habitations qui se trouvaient au Courgain, sur le havre et sur le fossé (2), puis celles de la rue des Pêcheurs (3), de la rue des Pêcheurs de Vautre côté (4), de la rue des

    (1) Calais and the marches: a new survey thereof made up. Augmentation office: Londres; et bibliothèque de M.De Rheims.C'est ce même terrier que Lefebvre, tome2, page 353, a faussement indiqué avec la date de 1552. Les papiers de Bréquigny, déposés à la bibliothèque royale, démontrent clairement l'erreur de Lefebvre— Voir carton XV,n° 1,pièce 2,page39.

    (2) Quatre masures et dix maisons y compris celle des Trois-Rois, tenant à la maison des Soeurettes, et par devant sur le grand chemin tendant à la porte du havre.

    (3) Neuf maisons, cinq masures.

     (4) Vingt-une maisons, un jardin, une place vagne, une masure, la forge du roi, la poterie ,le cabasson, le chaufour, probablement le lymekiln des anglais. II y avait dans cette rue une maison tenant d'un côté vers la fausse porte du havre du côté de Waldan,et d'un bout au rempart de la mer.

    Cordiers, dite du Rempart sur la mer (1), de la rue au Charbon (2) des rues des Poissonniers, du Quay, des Mariniers, de celle allant à la muraille. Le cap Grup comptait 1 masure et 12 maisons, v compris celle de laCroix Blanche et la vente du hareng (3). En analysant le Cap Grup leterrier de Miraulmont indique la fausse porte du Cap Grup, la maisonde Nicolas Thomire, qui joignait d'un bout vers le château, et d'autre sur le quai, du grand Paradis, celle de Pierre d'Ingoville, qui tenait au pignon de la mer, celle de P. Leclercq, sur le havre ou le petit paradis, et celle de Antoine Lando, qui tenait aux murailles de Calais. En 1596, lors du siège de Calais par les Espagnols, le faubourg du Cour-

    (1) Deux masures, une pâture, dix-huit maisons. La maison où pendait pour enseigne la Floride se trouvait dans cette rue, que la Recepte de 1623 nomme improprement des Cordeliers.

    (2) Une maison entourée de murailles et avec passage et dont il a été pris une partie pour bâtir et édifier un magasin pour le roi.— Le garde du magasin du havre, ou se serrent les matières qui s'employent au dit lieu,recevait, pour sa charge, une somme de cent livres, annuellement (Voir Recepte généralle de Calais,1623).

    Voici encore ce qu'on lit dans la Recepte généralle du Domaine et Finances de Calais de1623, p.212-213: « Autre recepte cens et rentes deubs au roy par les parties cy-après nommez à cause des baux à eux faicts par ledit sieur  Le Febvre, trésorier en l’année 1590,de certaines places(25maisons)assizes au havre d dit Callais en un lieu vulgairement appelle terre neufve, sur lesquelles places lesdits particuliers ont fait batir et édiffìer maisons qui sont à présent redevables à la dite recepte des dits cens et rentes paiables aux termes de Pasques et Sainct-Remy. Et ce, pour et au lieu et en récompense de certaines autres maisons qu'ils souloient avoir en la rue des pêcheurs audit Callais lesquelles ont esté ruynées, desinolyes et abbatues parle commandement dudit sieur de Gourdan, gouverneur de ladite ville et citadelle de Callais, dés l’année 1588, pour la construction et assiette d'une platte-forme et bastion pour la fortification de ladite ville. Au moien de quoy les dits particuliers, etc. »

     II ne faudrait pas croire, par ce qui précède, que toutes les maisons de la rue des Pécheurs avaient été abattues. Le même registre indique, pages87, 88, 89, un grand nombre d'habitations situées dans cette rue.

    La Recepte 1623 décrit aussi 7 maisons placées hors la faulce porte, sur le quay, et 7 maisons et une place vague sises dans la rue sur le rempart, venant de la porte de la ville.

    (3) On voit par la Recepte généralle de1605 « que Simon Charpentier a fourni du pavé neuf sur le quay et havre dudit Calais et que Mathieu Loyac a fourni des deffenses de chesne pour la conservation de la chaussée du havre dudit Callais, pour empescher que les chartiers ne chariassent sur la chaussée du pavé neuf, allant de la porte à la vente aux harengs » (Fol.90 et 91).

    Pour ce qui concerne la nouvell Keye, les Beekenes, le Wharfs ale cost  du dit port de Caleys et le Paradys ,du tems des anglais, on peut voir: 1° Les lettres d'Edouard III (27 décembre 13Í7)par lesquelles il nomme Jean et Alexandre Lestraunge, sergents d'armes ,pour faire en faseines et autres choses les provisions nécessaires à la réparation du port de Calais;  2° La requête au Roy et au parlement d'Angleterre par le trésorier de Calais,au sujet des réparations nécessaires au port de cette ville, avec la réponse du roy(1398); 3° Les devis des ouvrages à faire àCalais, par ordre d'Henry VIII,royd'Angleterre(1533J etc.,etc.— Bréquigny, tomes 56 à58.

    gain fut abandonné par les Français. L'imprudent gouverneur Bidossan, trop tôt saisi de terreur, crut avoir besoin de tout son monde pour défendre le corps de la place; il ne laissa dans le Courgain, au faubourg du quai, que deux compagnies hollandaises, qui firent quelque résistance ; mais le capitaine Le Gros, ayant été tué avec presque toute sa troupe, le reste mit le feu aux maisons et se retira dans la ville. Par la perte de ce poste, Bidossan se trouva sans ressource du côté de la mer, les Espagnols y ayant mis des forces suffisantes pour en empêcher l'accès. — (Lefebvre, tome 2, page 419 et suivantes.)

    Les plans du siège de 1596, qui se trouvent à la bibliothèque royale, dans l'histoire de Calais et dans la collection de M. Ch- de Rheims, constatent une énorme brèche au Courgain, qui servit de point de mire aux Espagnols pour faire déloger les Français et aux Français pour en chasser à leur tour les Espagnols. Le Courgain, de ce temps, ne devait donc présenter que des ruines.

    Aussitôt que Calais fut définitivement rendu à la France, par le traité de Vervins, on entreprit par adjudication la construction du Courgain, pour les mariniers.

    Par lettres du Roi du 4 août 1599 (I), le sieur de Vic, gouverneur, et le président de Calais, le sieur Boyer, furent nommés commissaires pour bailler à cens, au profit du Roi, les places du havre dudit Calais, au Courgain, « à la charge d'y bâtir des demeures pour les mariniers dans quatre » mois; les maisons qui y étaient autrefois bâties ayant été démolies par les » Espagnols, durant qu'ils ont occupé Calais, pour en faire une place » d'armes.

    » En 1623 (2), sous le gouvernement de Claude de Harville, marquis de Palaiseau, conseiller d'Etat, capitaine de 50 hommes d'armes, le Courgain, dont l'étendue était beaucoup plus considérable qu'elle ne l'est aujourd'hui, fut resserré et renfermé dans des murailles. La plupart des maisons, quoiqu'elles n'eussent qu'une vingtaine d'années d'existence, furent rétablies de nouveau sur des rues fort étroites, afin de ménager le terrain et pour y

    (1) Voir: Rapport sur le mémoire de M.Dufaitelle, intitulé: Mémoires pour l’histoire de Picardie, extrait des Registres aux chartres du bureau des finances d'Amiens (JournaldeCalaisdu23février 18Ì2.

    (2) 1620. « Cette année se fit l’établissement des religieuses hospitalières II y avait eu hors de la porte, dans le Courgain,vers les palissades qui le renfermait du côté de la mer, une chapelle avec quelques appartements qui servaient d'hôpital, rétabli parla reine Marie, d'Angleterre, après la destruction d'un autre qui était dans la ville vers le château, du temps de Henri VIII. Le tout fut démoli avec plusieurs maisons voisines parce que le Courgain n'était alors fermé que de palissades et non pas de murs. » (Registre des baptêmes et sépultures de l'église royale et paroissiale, de St-Nicolas de la citadelle de Calais, pour les années 1609, 1610 et1611. Voir aussi Lefebvre, tome2, pages 329 et 330.)

    loger les innombrables familles qui s'y trouvent (Bernard, p. 389). Ce grand changement se fit sous le ministère du célèbre Richelieu.

     « Ce bastion fameux, qui domine également sur la mer et sur l'entrée » du canal, est, dit Lefebvre, un des plus beaux morceaux qu'il y ait en cette » espèce, par la hauteur de ses murs, dont les boulevards peuvent servir de » plate-forme pour y ranger une formidable artillerie; il est aussi dans son » intérieur tellement vaste, que l'on a pu y aligner une quantité d'habitations  pour servir de retraite à tout le peuple marin de ce port, qui se retirait » dans des baraques le long du quai. Le grand nombre d'habitants qui se  présentèrent dans ce temps mit dans la nécessité d'en resserrer fort les  bâtiments, et d'en tenir les rues aussi étroites qu'on les voit maintenant. Ce  grand ouvrage fut exécuté sous les yeux du magistrat intelligent (Gabriel de  Lattaignant, mayeur de Calais en 1620, 1621, 1625, 1633,) qui était à la  tête du corps de ville, et qui avait un talent supérieur pour les constructions dont l'objet était de mettre la place en sûreté et de l'orner; quant à  l'intérieur de la ville, il était, par rapport aux édifices et à la disposition  des quartiers, à peu près semblable à ce qui s'y remarque présentement. » (Tome 2, page 492.)

    De 1627 à 1631, le marquis de Valençai, chargé du gouvernement de Calais, fit perfectionner l'intérieur du Courgain, en alignant la principale rue (Bernard, page 392), qui conduit de la porte du Port jusqu'à celle des Garennes, que l'on a murée depuis (I).

     En 1687, sous le majorât de Charles Charpentier, Jacques Porquet étant juge-consul, on songea à faire réparer le port, qui se comblait de sable, et les jetées qui étaient dégradées. On changea aussi l'ouvrage fait depuis longtemps devant l'ancienne porte du Courgain, du côté de Gravelines, et qui consistait en un bastion, mais trop petit pour embrasser toute la défense de cette partie du faubourg. On le détruisit et on le remplaça par un autre, dont les laces, les gorges eurent plus d'étendue, et on enferma les autres ouvrages en élevant un mur à créneaux depuis ce nouveau bastion jusqu'à l’Estran. Ce fut M. de Vauban qui donna et fit exécuter le plan de cette nouvelle fortification (Lefebvre, tome 2, pages 637, 638, 666; Rernard, page 468).

    En 1689, de peur que la navigation ne fût gênée, le Roi ôta au capitaine commandant du Courgain (le sieur Gervais, capitaine d'infanterie, qui n'était pas commissionné de la cour, mais qui avait été nommé lieutenant de roi.

    (1   1627. « Cette année, le duc de Rohan, l'un des principaux chefs des Huguenots, fit faire la plus grande rue du Courgain vers la porte, en-deçà » (Registre des baptêmes et sépultures de l’église royale et paroissiale de Saint-Nicolas de la citadelle de Calais ,pour les années 1609, 1610et 1611).— C'est vers la porte des Garennes que se trouvait le cimetière dont parle Lefebvre, tome2,page330. Le paragraphe auquel  nous renvoyons mentionne, dès 1560, un matelot du nom de Dandaine , nom qui s'est, si honorablement et pendant tant d'années, perpétué dans le Courgain.

     au Courgain, par le gouverneur, ainsi que cela se pratiquait, avec un titre et des appointements de commandant de 900 livres, plus huit mesures de pré qui valaient cent livres de rente et 80 livres de logement, que la ville lui payait) et à celui du Risbanc, le droit de 20 sols qu'ils prenaient sur chaque vaisseau qui entrait dans le port, et qui servait à entretenir les fanaux que l'on allumait la nuit dans ces forteresses. Sa majesté déchargea, en conséquence, ces officiers de cet entretien, et ordonna que ce droit serait payé dorénavant au capitaine du quai, qui serait chargé d'allumer ces feux (Lefebvre, tome 2, page 671).

     C'est en 1705 qu'il a été établi une école au Courgain.

     En 1715 on fit la maçonnerie autour du paradis ou du port.

     En 1717 on continua la maçonnerie du quai, depuis le port allant vers le cap Gris.

     En 1717 et en 1718, on fit la muraille du fossé du Courgain, opposé à la muraille de la ville, à commencer depuis le moulin à eau- (Lefebvre, tome 2.)

                   POUR COPIE CONFORME: Le Maire de Calais, LEGROS-DEVOT.


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  • Les bombes alliées fracassaient l'église Notre-Dame

    CALAIS. Le 26 septembre 1944, les Canadiens encerclaient Calais alors que la défense allemande restait très active. Les obus tirés des canons canadiens éclataient en pleine ville. Les habitants se terraient dans les caves Il y aura de nombreuses victimes civiles À 11h, 191 bombardiers de la RAF lâchaient leurs bombes principalement sur Calais-Nord. Le calme revenu, les Calaisiens constataient au loin que la silhouette du clocher de l’église Notre-Dame avait disparu de l’horizon. Il leur faudra attendre plus d’un an et l’autorisation de pénétrer dans Calais-Nord pour constater de visu les dégâts, clocher et charpente de la nef effondrés, transepts nord et sud anéantis. perches éventrés. On peut le constater sur ces photos datant du début de l‘année 1946 alors que des récupérateurs chargeaient des plaques de métal enfouies sous les gravats.  J.—P. P. (CLP)

    Les bombes alliées fracassaient l'église Notre-Dame

     

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  • La Caisse d'épargne de Calais-Nord incendiée en 1940

    CALAIS. La Caisse d’épargne, fondée en 1834, était installée jusqu’en 1880 dans une salle basse du palais de justice près de la Tour du Guet. Elle a migré au 37 rue de Guise, puis en 1885 dans un immeuble construit au 3 rue Jean-de-Vienne, près de l’Hôtel des postes {ci—contre en 1900). De 1834 à 1912, la caisse n’était ouverte qu’une heure le dimanche matin. En 1913, les heures d'ouverture ont été modestement élargies: « Les versements s'y font, le dimanche, de 9 h à 1 1 h, et les remboursements ont lieu le dimanche de 1 1 h a midi. Le bureau est ouvert, en outre, le mercredi et le samedi de 2 h a 5 h pour renseignements». Fin mai 1940, la rue Jean- de-Vienne était encore encombrée par les carcasses de chenillettes et de camions militaires de l'armée anglaise. L’immeuble de la Caisse d’épargne. incendié, ne survivra pas au conflit. J.-P. P. (CLP)

    La Caisse d'épargne de Calais-Nord incendiée en 1940

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  • Une course de lamaneurs dans l’avant-port

    Cette photo de Paul Villy est datée de 1898. C’était la fête au Courgain maritime. Ces canots participaient à une course où l’huile de bras des lamaneurs était nécessaire pour tirer sur les lourdes rames. Les lamaneurs étaient ces ouvriers de la chambre de commerce qui aidaient à amarrer les navires en fixant les aussières lancées, ce qui nécessitait aussi de manœuvrer à bord de ces barques lorsque plusieurs navires étaient alignés le long des quais. Cet emploi était souvent tenu par des marins à la retraite. Les quais et le mur dressé devant les maisons des pêcheurs étaient pris d’assaut par la foule.

    Une course de lamaneurs dans l’avant-port

    Ci-dessus, un concours de natation est organisé dans l’avant-port, le 15 août 1908. Point de barrières pour canaliser les spectateurs, chacun pouvait s’asseoir sur le bord des quais ou sur la porte qui fermait l’accès au bassin du Paradis. 

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  • CALAIS Le 16 mai 1917, en plein premier conflit mondial, alors qu’elle vient en aide aux blessés à Calais, Miss Waddell, une jeune anglaise, est victime d’un grave accident avec un train.

    Grave accident pour une bénévole anglaise

    LES FAITS .

     Un terrible accident mutile une bénévole britannique qui venait en aide aux hôpitaux militaires de la ville,suscitant une vive compassion chez les Calaisiens.

    Tout Calais a appris avec une immense peine le pénible accident survenu à Miss Waddell de l'association anglaise FANY. Elle est un peu de notre famille, depuis près de trois ans qu'elle est arrivée à Calais, une des premières, secourir nos malheureux blessés ! » : c'est par ces mots que le Petit Calaisien informe ses lecteurs d'un événement qui s‘est déroulé durant la matinée du 16 mai 1917.

     UN CAMION AU MOTEUR D'ENFER

     Le jour de son accident, Pat Waddell conduit un véhicule hors d’âge, aux amortisseurs usés, au levier de vitesse récalcitrant, et dont le moteur fait un bruit d’enfer qui couvre tous les autres sons. Ce camion a pour surnom «Little Willie », «petit Guillaume», allusion au Kaiser Guillaume il réputé pour son âme démoniaque.

     Debout depuis 5 heures du matin, Pat s'active à ranger couvertures et civières à l‘arrière de son camion tout en songeant aux délicieux moments qu'elle a passés la veille avec ses amis de l'Embarkation Medical Officer autour d‘un thé accompagné… de coques ramassées sur la plage ! Encore trois jours et elle pourra retrouver les siens en Angleterre. Le temps est radieux.

     Mais alors qu'elle arrive à la gare des Fontinettes au volant de son camion, son cœur s‘arrête de battre : un train va percuter son véhicule qui, trop vétuste, ne peut se dégager assez rapidement de la voie. Dans un fracas indescriptible, elle est projetée au sol. Elle apprendra plus tard que l’homme qui se trouvait déjà à l‘arrière du camion pour l’aider à décharger les civières est, lui, mort sur le coup. »

     DE TRÈS GRAVES BLESSURES

    Restée consciente, Pat sait que son visage, ensanglanté, est sévèrement meurtri, mais son nez n‘est pas cassé. Elle est incapable de bouger car une atroce douleur ressentie dans le bas du corps l'immobilise totalement. Elle craint une blessure à la colonne vertébrale qui la paralyserait à vie. Très vite, des soldats français l'entourent et la prennent en charge comme ils le peuvent.

     Leur premier geste de secours est d‘apposer un garrot à l‘une de ses jambes pour juguler une énorme hémorragie qu'elle devine mais ne voit pas.

     Un soldat la réconforte : « Ça va aller mon p'tit chou, mon p'tit pigeon, hé la petite ! ». Elle est surprise de voir ces forts gaillards essuyer des larmes qu’ils ne peuvent retenir. « Complètement coupée» laisse échapper l'un d‘eux.

     «Où est—ce que c'est coupé?» demande Pat. en français.« La jaquette, Mademoiselle» entend-elle, car on n'ose lui dire... «je m‘en fiche de la jaquette!» répond—elle, rassurée. Dans son livre « Fanny goes to war », la jeune femme explique qu'elle pense alors avoir les deux jambes brisées. En réalité, l'un de ses membres inférieurs a été sectionné durant l'accident.

     PARCOURS CHAOTIQUE VERS L’HOPITAL

     «je suis joliment dans la soupe »s‘exclame-t-elle lorsqu'elle voit pâlir le docteur français qui se penche sur elle, toujours au sol. On lui administre de la morphine. la douleur allant croissant. L‘ambulance qui doit l‘emmener à l‘hôpital n‘arrive qu‘au bout de 40 minutes. Elle est conduite par une bonne sœur qui ne connaît pas du tout Calais. C‘est Pat qui doit lui dire quelle route emprunter !

    Chaque nid-de—poule fait tressauter le véhicule et lui arrache de terribles souffrances. « C‘est ça que les soldats au front vivent chaque jour » pense—t-elle.

     On veut la déposer à l‘hôpital militaire de la rue Leveux. Pas question !

    Elle exige d’être conduite à l‘ambulance britannique installée au Casino. Pour y accéder, il faut patienter 10 minutes pour que le pont menant à la plage s'abaisse.

     Pat est déposée sur une civière dans le hall du Casino. Son fidèle bobtail Wuzzy se faufile clandestinement pour la retrouver. Il est suivi par un ecclésiastique à la mine funèbre, qui lui demande qui elle est. « Une FANY bien sûr! ». En fait, il cherche à connaître son appartenance religieuse pour savoir quels sacrements lui administrer au cas où... Puis elle est transférée en salle d'opérations.

    A son réveil, la douleur est toujours intense. Pat ne voit pas l’état de ses jambes, dissimulées sous une cage métallique recouverte d’un drap, mais elle sent que sa colonne vertébrale n‘est pas touchée.

     Ses mains sont intactes, elle pourra donc continuer à jouer du violon comme elle en avait l'habitude lors des galas de charité. Elle peut à peine parler, une partie de sa bouche ayant été recousue.

     AMPUTÉE COMME UN SOLDAT

     Au bout du quatrième jour, un capitaine britannique lui apprend la triste nouvelle: elle a été amputée d’une jambe à hauteur du genou. Il faudra compter au moins un an pour pouvoir se réadapter à la marche à l‘aide d’une prothèse et de béquilles.

    Pour Pat, si jeune et si pleine de vie, c'est un incroyable choc qu‘elle parvient néanmoins à surmonter, grâce à son humour et sa gaieté naturelle.

    Ses nombreux amis britanniques. belges et calaisiens la couvrent de fleurs et de chocolats. Elle taquine le prêtre qui confond bouteille d'alcool et eau de Cologne déposée à son chevet. La visite de tous ceux qui cherchent à la soutenir, et qui ont l'intelligence de ne jamais faire allusion à son intimité, lui permettent de se tourner avec confiance vers l’avenir. Et Wuzzy n'est pas loin !

     Le général Bitte, gouverneur de la Place de Calais, lui remet solennellement le 10 juin 1917 la Croix de Guerre, en présence du commandant de la base britannique. A travers cette reconnaissance qui l'élève à la hauteur d'un soldat, c’est le courage de toutes ces volontaires venues d’outre—Manche pour participer â l'effort de guerre qui est honoré. Pat Waddell et tant d'autres ont payé cher leur engagement à l’arrière-front.

    Grave accident pour une bénévole anglaise

    PAT WADDELL, UNE FANY «CHAUFFEUSE»

     Patricia Waddell fait partie de l‘association 100% féminine de la First Aid. Nursing Yeomanry, qui vient en aide aux blessés de la guerre, sans our autant dépendre de l‘armée. Les vai lantes FANY, surnommées «kakhi girls» en raison de la couleur de leur uniforme, sont très populaires auprès de leurs congénères britanniques mais aussi des habitants de Calais, ville qu'elles sillonnent sans cesse.

    Depuis la fermeture en octobre 1916 de l‘ambulance de l‘école Lamarck, les  FANY se consacrent en grande partie au transport des blessés, recueillis sur les quais des gares ou des bassins du port, pour les emmener vers les hôpitaux militaires calaisiens. Possédant une quarantaine de camions, ces insolites «chauffeuses» assurent une mission logistique essentielle... et parfois dangereuse.

     

    MAGALI DOMAIN – NORD LITTORAL

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  • La bibliothèque de la rue de vic

    En 1935, la bibliothèque municipale, qui occupait le premier étage de l'Hôtel des postes face au jardin Richelieu, migrait vers Saint-Pierre. Le plancher ployait sous le poids des livres. Georges Rébier avait loué à la ville l'immeuble qui se situait à l'angle du boulevard Jacquard et de la rue de Vic. Il avait abrité les établissement Debaho qui distribuaient entre autre les chemisiers Conforta. La bibliothèque demeura à cet endroit jusqu'en 1984 avant d'investir la nouvelle médiathèque Louis Aragon rue du Pont-Lottin. La façade était austère, l’intérieur était sombre et en émanait l'odeur caractéristique des vieux livres et de l'encaustique. Sa proximité avec le lycée de garçons de la place de la République en faisait le lieu de rendez-vous convivial pour des générations de potaches qui s'installaient sur les tables de travail donnant sur la rue de Vic. J.-P.P. (CLP)

    La bibliothèque de la rue de vic

     

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  • L'arrivée du poisson quai de la Colonne

    Avant-guerre, la halle aux poissons s’ouvrait sur les quais de l’avant-port juste à l’extrémité du mur qui ceinturait les maisons des pêcheurs. Cafés et restaurants faisaient face au quai de la Colonne et l’endroit était très apprécié, d’autant que le quai était dédié à l’arrivée des bateaux de pêche. Cette carte postale de l’éditeur calaisien Omer Lefebvre est datée de 1905, un photo-montage rare pour l’époque.

    L'arrivée du poisson quai de la Colonne

    Au centre, à l’arrière de la colonne Louis-XVIII, ces charrettes stationnées devant la halle aux poissons permettaient de livrer les commerçants. Dans l’angle à gauche, des marchandes de crevettes vendaient à des messieurs endimanchés le produit de leur pêche face aux hangars Paul-Devot avec, en arrière-plan, la gare maritime. Ci-dessus, femmes et enfants des pêcheurs étaient en charge de livrer les poissons frais déposés dans une de ces charrettes. 

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  • Société de sauvetage

    CALAIS. Le canot de sauvetage Edmée—René naviguait ici dans les douves de la citadelle à l’angle nord de l’Esplanade. A l’époque, une écluse reliait les douves au bassin Ouest.L’embarcation était dotée de caisses à air qui permettaient de la redresser en cas de chavirage lui assurant une quasi—insubmersibilité. Le canot était propulsé à la rame. On peut imaginer les efforts des sauveteurs pour assurer leur mission dans une mer déchaînée. De 1865 à 1967, l'organisation du sauvetage se faisait sous l‘égide de la Société centrale des naufragés qui avait pris le relais de la Société humaine créée en 1834. Le premier canot de sauvetage calaisien à moteur (ci-dessous) date de 1923. Il avait été baptisé Compagnie Général Transatlantique, en hommage à cette compagnie maritime qui avait transmis les dons recueillis à bord de ses navires, mais plus souvent appelée Eul' canote. J.-P. P. (CLP)

    Société de sauvetage

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  • Le boulevard Gambetta vu depuis le pont Jourdan

    On reconnait parfaitement la boulangerie sur la droite. Des arbres ont été plantés, et les rails du tramways qui desservait le quartier du Fort-Nieulay ont disparu.

    Le boulevard Gambetta vu depuis le pont Jourdan

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  • Le boulevard Gambetta à l'angle de la rue du 29 Juillet

    Le café existe toujours, une maison à côté de l'école Sévigné, ayant un temps abrité un commissariat de quartier, a disparu pour laissé place à l'entrée de la cour de l'école.

    Le boulevard Gambetta à l'angle de la rue du 29 Juillet

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