• 50 cabines à roues et très peu de chevaux

    CALAIS. Selon les plages, la forme des chalets-baignoires différait. A Calais, ils étaient caractérisés par leur toit à double pente. Deux grandes roues à l'arrière. deux petites à l'avant qui pivotaient. Les cabines avaient une ou plusieurs fenêtres latérales avec rideaux, une porte avant, une porte arrière et un escalier escamotable. L’intérieur était divisé afin d’isoler un cabinet de toilette qui permettait de se rincer après le bain dans une cuvette installée sur un lavabo puis de se rhabiller. Le cocher avançait la cabine dans la mer, la faisait tourner vers le large puis l’abandonnait. Après la baignade, la dame remontait dans la cabine et actionnait de l’intérieur une tige de fer relevant un drapeau indiquant à un des cochers de revenir afin de ramener cabine et dame vers la plage (ci-dessous). Le nombre de chevaux étant réduit, l’attente s’avérait parfois longue. J.-P.P.(CLP)

    50 cabines à roues et très peu de chevaux

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  • La plage a peu changé en 80 ans

    CALAIS. Cette Carte postale date du milieu des années 30 et pourtant on pourrait penser qu’elle représente notre plage actuelle. Le sable est toujours aussi beau et la plage aussi fréquentée. Cherchons les différences. Les chalets sont toujours alignés de la même façon, mais sont différents: montés sur pilotis, colorés, plus grands, plus cossus. Leur toit présentait quatre pentes. Le chemin de planches visible n’existe plus sur notre plage. Les tentes en lourd coton dressées sur une armature de bois ont laissé place à des tentes légères en toile polyester et armature en fibre de verre. Les vacanciers en costume de ville se sont faits rares. Les maillots de bain une pièce à bretelles font désormais partie du folklore. 

    La plage a peu changé en 80 ans

    Ci—dessus, le casino qui attirait tous les regards n’a jamais été reconstruit et l’installation des chalets entre le casino et la jetée a été interdite.J.-P.P. (CLP) 

     

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  • La terrasse du casino était très appréciée

    CALAIS. La photo a été prise de l’intérieur de la terrasse du casino en 1911. On peut deviner à travers les vitres les chalets sur la plage. Elle Se situait à l’avant du restaurant et pouvait accueillir 300 personnes. La photo ci-dessus date de 1907, certainement prise un dimanche, seul Jour de congé à l’époque. Toutes les tables étaient occupées et les clients se pressaient à l’entrée. La terrasse sera agrandie en 1926. Sa capacité d’accueil passait à 1500 personnes. En 1978 dans Les Dossiers de l’histoire calaisienne, Robert Malahieude écrivait : « La vue sur'la terrasse était très agréable, un orchestre jouait de beaux morceaux et ceux qui fréquentaient, la plage en profitaient également. Je me souviens le soin revenant de notre chalet, nous nous sommes souvent arrêtés pour écouter quelques morceaux avant de reprendre le dernier tram qui nous ramenait en ville... » J.-P. P. (CLP)

    La terrasse du casino était très appréciée

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  • CALAIS. En 1902, le ministère des Armées cédait les terrains qui jouxtaient le fort Risban, que l’on nommait le glacis des fortifications. Cela permettait de percer un nouvel accès vers la plage dans le prolongement de la rue de la Mer. Les constructions des ponts Henri-Hénon en 1906, puis du pont du Casino en 1909, permettaient cette jonction directe vers le front de mer. C’était une avenue sympathique, creusée entre les dunes, agrémentée de bancs. L’avenue de la Plage était baptisée avenue Raymond—Poincaré en 1934. En 1948, le pont du Casino, devenu inutile, était démonté. Il se situerait au milieu de l’actuel parking Europa. En 1969, une nouvelle avenue était percée, plus à l’est. L’ancienne avenue disparaissait. Elle se situait à l’arrière de l’immeuble Rodin. Une nouvelle avenue vient d’être créée ouvrant cette fois sur les jetées: l’avenue . Winston—Churchill. J.-P. P. (CLP)

    La première avenue de la plage traversant les dunes

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  • Des affiches publicitaires pour mettre en valeur la plage de Calais

    Voici une affiche publicitaire du début du XXe éditée par les Chemin de fer du Nord. Elle vantait les mérites de la plage. Lors du renouvellement du bail du casino en 1892, trois candidats étaient sur les rangs : M. Lateux qui dirigeait l’ancien Établissement des bains de mer, M. Guilbert qui louaient des tentes et des chalets-baignoire, et Achille Bresson qui avait dirigé le Kursaal d’Ostende. Ce dernier proposait un nouveau casino cette fois en bordure de plage. Il remportait la décision. M. Bresson, fermier des Bains de mer, avait des idées plein la tête et désirait faire de la plage une station balnéaire incontournable afin de concurrencer Boulogne, Malo et les stations belges.

    Des affiches publicitaires pour mettre en valeur la plage de Calais

    Ci-dessus, sur cette carte postale envoyée à Saint-Ghislain en Belgique, le dessinateur avait même embelli le front de mer en adjoignant au casino des bâtiments qui n’existaient pas. 

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  • Face au casino, une épave appréciée par les enfants

    Il n’était pas de plus grand plaisir pour les enfants que d’aller jouer sur cette épave qui apparaissait à chaque marée basse. Plusieurs cartes postales la montrent. Celle-ci a été postée en 1913. Le nom de cette épave n’est pas connu, sans doute celle d’une de ces barges chargées de pierres qui faisaient la navette entre les carrières du Boulonnais et le port. Elle était encore présente dans les années soixante et les pêcheurs de crevettes pestaient contre ces vestiges qui arrachaient leurs filets. Peu de baigneurs à l’époque : toutes ces personnes photographiées avaient gardé leur tenue de ville, longues robes pour ces dames, pantalon de golf pour ce monsieur. Même les enfants restaient habillés.

    Face au casino, une épave appréciée par les enfants

    Ci-dessus, il y avait foule sur l’épave. Le photographe n’avait pas hésité à se mouiller les pieds pour inclure le casino dans la prise de vue.

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  • A l’occasion de la fête traditionnelle du Courgain maritime, retour sur un élément du patrimoine portuaire disparu, œuvre du grand architecte Roger Poyé.

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

     

    La tour de l'édifice était un des marqueurs de l'entrée du port de Calais. Les arêtes de la tour d'observation, haute de 22 mètres, renvoient au style Art Déco. Le bureau du capitaine du on se trouvait au premier étage de la tour d'observation, d‘une hauteur de 22 mètres.

    CONTEXTE

     Construit par l‘architecte Roger Poyé en 1931 sur l'extrémité nord—est de ce qui s'appelle déjà à l'époque le quai de la Colonne, ce bâtiment marquait l'entrée du port. La Chambre de commerce et d'industrie voulait à l'époque que son service maritime surveille les allées et venues des navires dans le port et la rade.

     La fière silhouette de cet édifice, aujourd‘hui disparu, est encore familière à ceux qui ont connu le Courgain après la Seconde Guerre Mondiale. Construit par l‘architecte Roger Poyé en 1931 sur l'extrémité nord-est de ce qui s'appelle déjà à l‘époque le quai de la Colonne. le bâtiment du service des officiers du port et de la station de sauvetage a été détruit au début des années 1980. Aujourd‘hui, il serait mis en valeur car considéré comme un élément patrimonial majeur de Calais. il s'agissait avant tout, pour la Chambre de Commerce, qui en était commanditaire, de pouvoir surveiller les allées et venues des navires dans le port et la rade. Le premier étage du bâtiment était donc entièrement occupé par le service des officiers de Port. dont les bureaux et la terrasse bénéficient d'une large vue sur le chenal et la mer. L‘architecte avait pris soin d'équiper les ouvertures de ces bureaux de double fenêtres pour mieux résister aux fortes rafales de vent.

     Le bureau du commandant de port était quant à lui situé au premier étage de la tour d’observation culminant à une hauteur de 22 mètres, ce qui lui permettait d'avoir une vue panoramique unique sur les mouvements des navires avec lesquels il pouvait correspondre grâce à une installation T.S.F. très moderne pour l’époque. Aujourd'hui, la capitainerie remplit ce rôle à l’aide

    D’autres moyens de communication.

     

    La Chambre de Commerce souhaitait aussi pouvoir procéder au lancement rapide d‘un canot de sauvetage prêt à se porter, à tout moment, au secours des naufragés. Le rez-de-chaussée de l’édifice abritait donc la station de sauvetage dotée du canot « Maréchal Foch », près des locaux servant aux ingénieurs subdivisionnaires des Ponts et Chaussées. Plus bas, le sous—sol renfermait les installations de chauffage et les abris pour les lamaneurs et les patachiers (le patachier est le conducteur d’une patache, navire affecté au service d‘un autre plus important).

     PLUS AUCUNE TRACE DE CE BEAU BÂTIMENT NE SUBSISTE

     L'ossature de l‘édifice était en béton armé, tout comme ses escaliers. L‘imposant bâtiment reposait sur un terrain composé de sable rapporté et fondé par pieux et semelles. Ses façades, construites en briques de parement rouges, étaient très conformes au style souvent adopté par Roger Poyé à Calais. Les sols des entrées et dégagements étaient carrelés en céramique, tandis que ceux des étaient constitués d‘un parquet sans joints.

    Plus aucune trace de ce beau bâtiment ne subsiste, hormis dans les mémoires. Gageons que des employés y ayant travaillé, mais aussi des doyens de la station de sauvetage ou des habitants du Courgain en gardent de nombreux souvenirs, sous la forme d‘anecdotes ou de photographies personnelles. Qu‘ils n'hésitent pas à les partager en les faisant parvenir à la rédaction de Nord Littoral. M.D.

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

    Vue du bâtiment qui se situait en de quai du Courgain

    UN INGÉNIEUX PROCÉDÉ POUR METTRE A FLOT LE CANOT DE SAUVETAGE

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

    L’installation de la station de sauvetage telle qu‘elle avait été conçue par Roger Poyé présentait une particularité très pratique : le canot se trouvait constamment suspendu sur un chariot de lancement dans lequel il était encastré et qui s’avançait jusqu'au nez du quai situé à trois mètres en avant de l'abri dès qu'une alerte était déclenchée. Le « Maréchal Foch » se retrouvait ainsi rapidement au-dessus de l'eau dans laquelle il était immergé suite à une manœuvre de descente effectuée par une grue mobile. Rappelons qu'il y eut deux "Maréchal Foch" : le premier, un bi-moteur fabriqué au Havre, est arrivé à Calais en 1930.

    Il disparut durant la Seconde Guerre Mondiale, après avoir été transformé en vedette de surveillance parla marine allemande. Le second est livré en 1949 et assure son service jusqu'en 1977, date à laquelle il est remplacé par un canot baptisé "Patron Léon Avron", en hommage au marin courguinois qui participa pendant 45 années à l‘équipe des sauveteurs.

    QUI ÉTAIT ROGER POYE ?

    Un bâtiment du port disparu signé Poyé

    Roger Poyé a laissé son empreinte sur l'architecture calaisienne

    QUI ETAIT ROGER POYÉ ?

     Né à Bailleul en 1885, Roger Poyé accumule très jeune les succès aux concours des sociétés d‘architecture. ll travaille à Lens avant d'obtenir, en 1913, son inscription sur la liste des architectes admis à présenter et à diriger des travaux pour des communes. C'est au titre d'architecte agréé qu'il travaille à la reconstruction de Calais après la Grande Guerre. Il se marie avec une professeur de dessin exerçant au collège Sophie Berthelot.

     Tout en étant impliqué dans le fonctionnement de l'Ecole des Arts Décoratifs et Industriel, il est sollicité pour de nombreuses missions d'urbanisme au titre d’ « architecte conseil de la ville », poste qu’il occupe entre 1928 et 1944.

    Mais Roger Poyé ne travaille pas que pour la municipalité calaisienne : il est engagé par des particuliers désireux de transformer leur habitat ou leur boutique, et par des organismes divers comme la Chambre de Commerce, la Caisse d'Epargne, l’administration des Hospices... On lui doit entre autres la Bourse du Travail, la Maternité, le bâtiment de l'Automobile Club du Nord de la France au 74 boulevard Jacquard, l’ancienne école primaire supérieure de garçons de la rue de Vic... ou encore l'église Notre-Dame des Armées aux Cailloux. Si son style, moderne et fonctionnel, ne fait pas forcément l‘unanimité, l‘empreinte de Roger Poyé dans notre ville est considérable. Aucune rue de la cité des Six Bourgeois ne porte pourtant son nom, souvent ignoré des Calaisiens.

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  • Alors qu’il fait l’objet d’une restauration bien méritée, retour sur l’inauguration du monument érigé en l’honneur d’Emile Salembier sur la place portant son nom.

    Le monument Salembier était inauguré il y a 90 ans

     

    Emile Salembier posant avec son écharpe de maire de Calais

    Emile Salembier tient une place à part dans l'histoire politique calaisienne. De par sa personnalité à la fois tonitruante et Clivante, mais aussi en raison des combats qu’il a menés avec âpreté en faveur du mieux—étre des travailleurs, celui qui fut maire de Calais par deux fois puis député de la Nation pendant la Grande Guerre jouit du privilège d’avoir son buste figé dans le bronze, trônant sur une place portant son nom.

    Cette œuvre, posée sur un piédestal en marbre signé Létendart, est originellement due au ciseau de Charles Caby. Mais la sculpture que nous pouvons aujourd’hui admirer n‘est pas celle qui a été inaugurée le 14 août 1927: fondu sous le régime de Vichy, le premier buste d' Émile Salembier a été remplacé par un autre, lui ressemblant assez fidèlement â ceci près que ses proportions sont légèrement différentes.

     POURQUOI UN MONUMENT COMMÉMORANT SALEMBIER ?

     Mort après une longue maladie le 11 juin 1919, alors qu ’il n ’avait pas encore achevé son mandat de député, Émile Salembier, élu sous la bannière socialiste (lire aussi son portrait plus bas), avait ses farouches partisans à Calais : ils impulsent très vite un comité pour l’édification d’un monument en son honneur.

    Dans la cité des Six Bourgeois, un seul maire suscita après sa disparition un engouement comparable - mais moins durable : Léon Vincent, dont le buste est visible au Courgain, en face de la Chambre de Commerce.

     Quelles sont les raisons qui expliquent cette volonté d' honorer ainsi Émile Salembier ? Pour sa ville, il aura certainement fait beaucoup : « Calais lui devra le nouvel hôtel de ville, le nouvel abattoir, le collège de jeunes filles et de nombreuses école primaires, l’école supérieure professionnelle, plusieurs crèches, la réfection de son pavage », rappela Charles Morieux le jour des funérailles ; de son prédécesseur.

     Mais 1’ aura d’ Émile Salembier tenait surtout à la force de ses engagements, notamment syndicaux, qui constituent la ligne de force de son long parcours politique, émaillé de moult péripéties (voir sa biographie ci-dessous).

     Le 14 août 1927, de nombreuses délégations ouvrières de toute la région font le déplacement pour assister à l’inauguration du monument consacré à celui qui n’a eut de cesse de défendre les intérêts du prolétariat.

     AU-DELÀ DU MONUMENT,POURSUIVRE LA LUTTE

     A partir de 14 heures, sous une pluie battante, un cortège composé de ces délégations accompagnées de sociétés de musique et de personnalités calaisiennes part de la place de la mairie pour s’acheminer boulevard Jacquard et boulevard La Fayette, entre deux haies de spectateurs curieux. Avant de gagner la place Salembier, le cortège opère une boucle en empruntant le boulevard de l’Égalité, la rue La Fontaine et le boulevard Victor—Hugo.  « Un apôtre de son idéal qui a accompli de belles choses inspirées par le souci du bien public » Léon Vincent.

    Le monument Salembier était inauguré il y a 90 ans

    Le monument poursuit sa rénovation.

     Une certaine émotion règne lorsque le secrétaire du comité ayant œuvré à l’édification du monument, Auguste Boulanger, prend la parole pour remettre ce dernier à la ville. La musique de Liévin ”exécute alors l’Internationale, qui est rejouée après le court discours de Léon Vincent, rendant hommage à « un apôtre de son idéal qui a accompli de belles choses invariablement inspirées par le.souci du bien public ». Il regrette l'absence d'Émile Basly, grande figure du syndicalisme dans le bassin minier, retenu inopinément à Lens.

     Un représentant de la ,C.G,T. termine la cérémonie par un appel à tous les militants syndicalistes: il faut poursuivre la lutte pour l’amélioration du bien—être des travailleurs, pour la pérennité de la paix, pour l'enseignement gratuit à tous les degrés et pour l’avènement d’une République du travail.

     C’est ainsi qu’un hommage vivant sera véritablement rendu à Émile Salembier, le monument qui rappelle son souvenir n’étant qu‘un point matériel de ralliement, porteur, on l’aura compris, d’une très riche signification. MAGALI DOMAIN

    1919

     Émile Salembier est décédé en 1919 alors qu’il était encore député. Il a marqué l'histoire du socialisme à Calais et du syndicalisme dans la dentelle

    Le monument Salembier était inauguré il y a 90 ans

    Né le 18 juillet i857 à Saint-Pierre—lès-Calais, Émile Salembier est un homme sans grande instruction qui effectue son service militaire dans la flotte, puis devient ouvrier dans la dentelle mécanique avant de s'intéresser, en 1885, à la politique. Il défend alors les couleurs du parti socialiste, dont Alfred Delcluze apparaît comme le véritable initiateur à Calais.

    Salembier et Delcluze font alors tous deux profession de cabaretier, ce qui leur permet de Convertirà leur idéologie de nombreux travailleurs fréquentant leurs établissements. L‘éloquence n'est pas le fort de « Mimile », mais il travaille d‘arrache-pied, et prend peu à peu un réel ascendant sur ses camarades. Sa ténacité et sa véhémence impressionnent.

     Un lutteur dans l’arène du conseil municipal

     Il est élu pour la première fois conseiller municipal dans le quartier Gambetta en 1888. Dès lors, il se passionne pour les affaires financières, où il voit matière à polémiquer avec les conservateurs au pouvoir. Des passes d’armes mémorables l’opposant au maire Omer Dewavrin et à ses soutiens. Salembier est un lutteur acharné qui n'a pas peur de déplaire. Il se met à convoiter le siège majoral.

     En 1896, lorsque le parti socialiste remporte les municipales, c’est la liesse parmi la population ouvrière. La plupart des prolétaires s‘attendent à voir Alfred Delcluze désigné maire. C'était sans compter le côté manœuvrier d'Emile Salembier, qui rallie à lui un nombre suffisant de ces conseillers pour rafler la première place. Considéré sur le coup comme un usurpateur, il rompt définitivement avec Alfred Delcluze, qui parviendra toutefois, après un retournement de situation, à occuper la fonction de maire. Les dissensions teintées de haine entre salembiéreux et delcluziens débouchent sur une scission locale du parti socialiste qui nuit fortement à la gauche.

     Un engagement syndicaliste en faveur du prolétariat

    Emile Salembier œuvre parallèlement à la consolidation de l'Union Française des Ouvriers Tullistes, syndicat qui sera en première ligne lors des rands conflits sociaux. Lors de la grève de 1900, il défend le principe des 8 heures de travail aux côtés de Jean Jaurès.

     En décembre 1897, il fonde avec quelques amis la Coopérative Ouvrière, dans un bâtiment à proximité du pont Saint—Pierre. Jusqu'à sa mort, il participe à l'administration de cet organisme souvent critiqué, mais destiné à améliorer le sort des ouvriers qui pouvaient s'y approvisionner en nourriture et en charbon à prix modéré. Contre vents et marées, Salembier agit en l'occurrence en bienfaiteur dévoué des plus modestes.

    En 1905, il devient secrétaire de la fédération socialiste unitaire du Pas-dé-Calais, fondée dans la perspective de l'unification socialiste qui aboutit à la naissance de la SFIO. C'est sous cette étiquette qu'il redevient maire de Calais en 1908. Il effectuera cette fois un mandat complet, tout en assumant les fonctions de conseiller général à partir de 1910.

     Salembier est élu député en mai 1914 dans la deuxième circonscription de Boulogne. Il intè re au Palais-Bourbon la commission de la marine marchan e et se spécialise dans les questions relatives à la législation du.travail, pour lesquelles il s'est toujours investi, bien au-delà de l'échelle locale — il est en effet élu président de la fédération internationale des ouvriers tullistes en 1901.

     A sa mort le 11 juin 1919, même ses plus violents adversaires lui reconnaissent une véritable carrure politique et saluent l’infatigable batailleur qu’il fut pendant des décennies.

    FOCUS

    Un hommage plus modeste à Alfred Delcluse

    Le monument Salembier était inauguré il y a 90 ans

    Quelques semaines avant l’inauguration du monument Salembier, une cérémonie plus modeste eut lieu à Calais en hommage au frère ennemi d'Emile Salembier, Alfred Delcluze, mort dans des conditions assez miséreuses le 22 juin 1923. En présence de l‘équipe municipale au complet et d’environ 200 personnes, une plaque commémorative fut apposée sur le mur de la maison où le flamboyant socialiste rendit l‘âme, à l‘angle de la rue des Soupirants et de la rue Alfred Delcluze.

     C'est Charles Valentin, le maire de Dunkerque de l‘époque, qui retraça les grandes étapes de la vie politique du défunt: conseiller municipal de Calais à partir 1888 puis maire de la ville de 1898 jusqu en 1900, il fut aussi conseiller général du canton Nord-Ouest de 1898 à 1919 et député de la deuxième circonscription de Boulogne-sur-Mer entre 1909 et 1914. Dans son allocution, Léon Vincent, maire de Calais, rappela que c‘est Alfred Delcluze qui l'avait jadis lancé dans l‘arène politique sous la bannière socialiste. Dans l'assistance, on remarqua la présence de membres de la famille d' Émile Salembier.

    Cette plaque commémorative a disparu, probablement détruite pendant la Deuxième Guerre mondiale.

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  • Le retour de Louis Blériot après sa traversée de la Manche

    Calais. Le 25 juillet 1909, Louis Blériot traversait la Manche sur son frêle aéroplane. La tentative était risquée. Le 19 juillet un autre aviateur, Hubert Latham,y avait été contraint de se poser en catastrophe en mer.

    Sans cet incident, le village des Baraques aurait pu s'appeler Latham—Plage! Louis Blériot s’élançait à son tour d'un champ de Sangatte (Ci—dessous) sur le Blériot 11, un aéroplane de 250 kg. Le torpilleur l'Escapette basé à Calais l’accompagnait avec à son bord M… Blériot. Le bâtiment de la Marine nationale était vite distancé, l’avion volant à 60 km/h. A 5 h 13, après 37 minutes de vol, Blériot se posait sur les terrains de golf près du château de Douvres. Après l’exploit, pas question de tenter l’aventure dans l’autre sens: les Blériot ralliaient Calais à bord de l’Escapette et posaient pour la postérité sous les regards des marins du torpilleur. J.—P. P. (CLP)

    Le retour de Louis Blériot après sa traversée de la Manche

     

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  • Les "no passeport" débarquaient pour 3 ou 4 heures

    CALAIS. Les premières traversées d’excursionnistes débarquant à Calais dataient de 1848. La recette : la traversée à des prix réduits et pas de visa exigé. Après-guerre on les appellera les «no passeport», Dans les années 1960, deux navires étaient spécialisés dans ce type d’excursions : le Queen of the Channel, et le Royal Daffodil. Plus de 60 000 excursionnistes débarquaient les mois d’été afin, pour beaucoup, de profiter de l’alcool nettement moins cher. Un espace grillagé, avec un local réservé aux douanes, avait été installé sur le quai de la Colonne. Les Anglais devaient regagner l’endroit vers 17 h.

     

    La police patrouillait et parfois accompagnait les retardataires jusqu’au quai en « panier à salade ». Les accords européens sur la libre circulation des ressortissants des pays de la communauté européenne feront disparaître ces excursions au début des années 1970. J.-P. P. (CLP)

    Les "no passeport" débarquaient pour 3 ou 4 heures

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