• 26 octobre 1974

    Le corps du lieutenant André Lefranc a été retrouvé, hier, dans sa cabine

    Les plongeurs do la SOGETRAM occupés à prospecter l’èpave da la drague “Cap de la Hague”, coulée au large de Calais, ont pratiqué jeudi une ouverture, à l'aide d'explosifs, à la hauteur du pont des embarcations, pour avoir accès aux cabines n'ayant pu encore pu être visitées.

     L'heure tardive à laquelle ce trou fut percé et le nuage de vase formé par l'explosion empêchèrent les plongeurs de continuer leurs investigations, qui reprirent hier. Dans la cabine dite de l’infirmerie, ils ont retrouvé le corps du lieutenant André Lefranc, 37 ans, 43, place d'Alsace, à Grand-Fort-Philippe, qui était marie et père de deux enfants, Nathalie et Ludovic, nés en 1968 et 1969. M.Lefranc avait été relevé à six heures et il se reposait depuis deux heures dans cette cabine, qui est aussi la sienne, quand la drague chavira. ll n‘eut pas le temps de s'échapper et demeura dans le compartiment brutalement noyé.

     Le navire—ateller hollandais “Dolfijn” qui sort de base aux plongeurs, est rentré pavillon en berne au port de Calais, à 18 h 30. Il était attendu par le commandant Le Souef et le rescapé Christian Vincent, ayant la triste mission de reconnaitre la dépouille, et par les autorités civiles et maritimes. dont M. Joseph Kerjean commandant du port; Montador, officier de port ; Deligny, syndic des gens de mer, etc. Le corps fut conduit a la morgue, ou la mise en bière un faite ce matin a 11 h.

     M. Lefranc avait nanigué en 1966-68 sur les navires transmanche de la S.N.C.F., puis sur ceux de la C.O.A. En 1968—69, il fut lieutenant sur les cargos du type “lle d'Arz” . Ensuite, il passa à l’armement pétrolier, puis renoua avec les transmanche “Chantilly” et “Côte d'Azur” de la S.N.C.F. Il était embarqué sur le “Cap de la Hague” depuis le 17 avril dernier, alors que le navire était encore en cours de transformation dans un chantier hollaudais.

     Plusieurs fois M. Lefranc avait confié aux membres de sa famllle que la stabilité du navire, concu pour le cabotage et non pour l'emploi qui en était fait, laissait beaucoup à désirer. Tout le monde a peur à bord, avait—il dit.

    Au moindre coup de vent, le bateau prend de la gite. Et il avait même prédit que “la drague ne passera pas l'hiver”. Ces déclarations, qui nous ont été rapportées par la soeur du disparu, concordent avec celles qui ont été faite par d'autres marins du bord.

     Dans la soirée de jeudi, le bruit avait couru que deux corps avaient été retrouvés sur les côtes hollandaises. Il s'agissait de ceux d'un marin allemand et d'un marin hollandais, qui ont été identifiés comme étant les victimes du naufrage d'un caboteur allemand survenu en mer du Nord le 3 octobre.

    M. YVES GUENA, ministre des Transports, S'EST INCLINE DEVANT LA DEPOUILLE MORTELLE DE M. ANDRE LEFRANC

    26 octobre 1974

    M. Guéna, entouré de MM. Turon, préfet du Pas—de-Calais et Abrial, sous-préfet de Calais, se dirige vers la morgue du cimetière de Calais-Nord.

     

                                                                                                                                                                            (Ph “La Voix du Nord”).

    Profifant d'un voyage dans notre région, et notamment à Boulogne et à Dunkerque. M. Yves Guéna, ministre des Transports, a fait hier un crocher par notre ville afin de s‘incliner devant la dépouille mortelle du lieutenant André Lefranc, découverte vendredi dans l'épave immergée du “Cap de la Hague”.

     Par ce geste, le ministre devait s'associer à tous les parents des victimes de ce drame de la mer.

     Vers 10 h, la voiture ministerielle, escortée par des nombreux motards et des voitures de police, arrivait à la morgue du cimetière Nord alors que MM. Jean—Jacques Barthe, député-maire de Calais ; Gaston Bourgois, premier adjoint ; Lepers, administrateur principal, chef du quartier maritime de Dunkerque; Deligny, syndic des gens de mer, chef de la section de Calais des affaires maritimes, attendaient à proximité de la grille du cimetière.

     M. Yves Guéna était accompagné de MM. Turon, préfet du Pas-de-Calais , PierrceAbrial, sous-préfet; Charles Beaugrand, conseiller général. Après avoir serré la main des personnalités présentes M. Guena se dirigea vers la morgue ou il s'inclina devant la dépouille du lieutenant André Lefranc. Il se rendit aussi dans la loge du concierge où il présenta ses condoléances à la famille de M. Lefranc qui attendait le moment de la mise en bière.

     Le cortège se reforme ensuite et pr1t la direction de Dunkerque. M Yves Guéna devait être de retour dans le Calaisis hier soir puisqu il prenait l’avion a l'aéroport de Calais-Marck pour regagner la capitale.

     Ajoutons que sitôt la mise en bière effectuée, vers 10 h 30, un corbillard des pompes funèbres a transporté le corps du lieutenant Lefranc à Grand-Fort-Philippe où auront lieu les funérailles.

    « 02 novembre 197424 octobre 1974 »
    Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :


snow