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    Alençon (rue d’) Rue de Chantilly - rue de la Commune-de-Pan‘s

     Au siècle dernier, elle s’appelait la rue Dix des Fleurs. C’est le docteur Cuisinier, grand ordonnateur des rues de Calais en 1885, qui lui a trouvé ce nom d’Alençon, dans un quartier de Saint-Pierre où ont été regroupées des appellations ayant trait à l’industrie dentellière.

     Tout comme la Valenciennes, la Malines et le Chantilly, l’Alençon est un point de dentelle à l’aiguille ou « point de France », considéré au XVII° siècle comme la reine des dentelles. Le procédé, venu de Venise en 1660, fut récupéré par une certaine dame Gilberte qui fit fortune en ouvrant une manufacture de dentelle précisément dans la bonne ville normande d’Alençon.

     Du passé de cette petite rue, il ne reste même plus les pavés qui recouvraient la chaussée il n’y a pas si longtemps.

     Tout au plus subsiste-t-il une série de logements répétitifs, avec des ouvertures étroites et des saillies de briques, et, au n°3, une belle façade bourgeoise de la fin du siècle dernier, avec son bel encadrement de porte, ses balustrades aux fenêtres et ses lucarnes ornementées.

     Mais qui se souvient encore qu’un jour de juillet 1901, un aérostat, qui avait décollé d’Aire—sur-la-Lys, accrocha la toiture du n°18 ? Appelés au se- cours, les sapeurs—pompiers durent se promener sur les toits pour ramener le ballon au sol et tirer ainsi l’aérostier de sa fâcheuse position.

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    Portant le nom d’un célèbre point de dentelle à l’aiguille qui fit les beaux jabots du XVIIe siècle, cette rue a perdu ses pavés, mais a gagné des arbres lors d ’une opération de rénovation. Elle a maintenant le calme tranquille des rues sans histoires, mais non sans voitures.

     

     Alliés (boulevard des) Rue de la Mer - place Henri Barbusse

     De l’ancien boulevard, les destructions de la Seconde Guerre mondiale n’ont rien laissé. Edifiée à l’emplacement des fortifications de Calais démolies en 1882, cette artère suit le tracé de la rue du Rempart dont elle a gardé la courbure. Parce que de nombreux voyageurs débarquaient au port et empruntaient ce boulevard, le conseil municipal le qualifia d’international en 1889. Et puis, au lendemain de la guerre 14-18, en souvenir de l’alliance, il décida de l’appeler le boulevard des Alliés. A l’époque, il partait de l'extrémité du bassin Ouest, mais il fut coupé en deux en 1951, le second tronçon prenant le nom de boulevard de la Résistance.

     Les historiens rapportent que, le 15 mai 1933, un avion de tourisme anglais, perdu dans le brouillard, se posa sur le boulevard des Alliés, en croyant atterrir à Folkestone. Indemne, le pilote du biplan parvint à éviter les fils électriques du tramway, mais pas le bec de gaz...

     En venant de la rue de Mer, cette voie passe aujourd’hui sous l’immeuble Gavet datant de 1950, avec ses huit étages et son étrange sculpture à l’entrée : une sirène stylisée en silex et éclats de verre. Face au bassin du Paradis, un hôtel a pris la place du cinéma Le Dauphin. Ouverte en 1960, cette salle remplaçait le vieux Calaisiana détruit en 1940.

     Tout à côté des locaux de la Fédération maritime, se trouve l’hôtel consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie de Calais.

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     Aux abords de cette artère, on voit la colonne Louis XVIII, la placette où trône le buste de Léon Vincent et le phare se dressant au-dessus de la ville depuis 1848. Le boulevard longe le Courgain-maritime, ancien quartier des gens de mer détruit en 39—45.

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    L ’hôtel consulaire de la Chambre de commerce et d ’industrie de Calais a été reconstruit sur les mines du précédent, détruit durant la Seconde Guerre mondiale. D‘une architecture mêlant la brique et le béton, le nouvel immeuble a été inauguré le 10 septembre 1959.

    Celui-ci a été rebâti sur les ruines du précédent, dans l’esprit moderniste des années 50, mêlant la brique et le béton. A l’angle de la place du Petit Carré, a été installée la colonne Louis XVIII. Au milieu de cette placette, trône un buste en bronze du député- maire Léon Vincent (1875-1955), figure marquante du Courgain-maritime. Ecrivain de revues, armateur de bateaux de pêche et président d’associations, il était connu pour son ardeur à défendre le port et son grand cœur.

     Entre deux rangées de restaurants et de cafés, le boulevard longe le Courgain-maritime, notamment la place du chanoine Eugène Bourgois (1856-1938). Troisième curé du quartier, ce prêtre y vécut pauvre- ment, partageant tout avec les gens.

     Au fond de la place, dans son architecture de béton, se dresse l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, ainsi nommée parce que saint Pierre est le patron des pêcheurs et qu’il fallut y ajouter saint Paul pour éviter la confusion avec l’autre église. Elle a été reconstruite en 1964. En face, le phare, bâti en 1848, dresse sa silhouette haute de 56 m pour 270 marches.

     Dans un enchevêtrement de rails et de pavés, le boulevard débouche sur la place Henri Barbusse. Ce sont les élus du Front populaire qui ont donné, à l’ancienne place de l’Europe, le nom de cet écrivain communiste. Ayant refusé de la débaptiser sous l’Occupation, le conseil fut dissous. La délégation spéciale en fit la place de Russie. A la Libération, le conseil lui rendit son nom. Le préfet s’en étonna ; les élus communistes se fâchèrent. Et dire qu’aujourd’hui la plupart des Calaisiens ignorent l’existence même de cette place !

    Bert (rue Paul) Boulevard Jacquard - pont Mollien

     Entre le moment où la décision fut prise et celui où elle fut appliquée, il fallut attendre vingt ans pour que le nom de ce physiologiste et homme politique soit officiellement donné à la rue du Pont-Thierry, ancienne appellation du pont Mollien. C’était en 1906. Au décès de Paul Bert (1833-1886) à Hanoi, les élus calaisiens avaient envoyé une lettre de condoléances à la famille de ce savant qui fut ministre de l’Instruction publique dans le cabinet de Gambetta avant de devenir gouverneur de l’Annam et du Tonkin (Vietnam).

     A l’entrée de la rue, parmi d’importants immeubles avec de grands commerces au rez-de-chaussée, on remarque l’hôtel de la Caisse d’épargne (1959), avec son imposante façade de briques et la rigueur de ses formes bien dans l’esprit de l’architecture géométrique d’alors. Au fronton est accroché un haut-relief du sculpteur calaisien Léon-Georges Buisseret, prix de Rome. Au n° 16, on voit un immeuble caractéristique des années 30, avec son côté Arts-Déco et son architecture stylisée.

     En face s’étale la place du Soldat inconnu. A l’époque, s’y tenaient des fêtes aérostatiques et les cirques y dressaient leur chapiteau tels ceux du Barnum Circus en 1902 et de Buffalo Bill en 1905. En 14-18, des baraquements du Cercle du soldat belge abritèrent des restaurants, des salles de spectacle et de cinéma. En deux ans, cet ancêtre du drugstore enregistra 1 500 000 entrées de militaires alliés.

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    Parmi d’importants immeubles et leur commerce au rez-de-chaussée, trônent l’hôtel de la Caisse d ’Epargne (1959), avec sa haute façade géométrique, et, tout à côté, l ’architecture très stylisée Ans-Déco d ’un bâtiment inspiré des années 30.

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     Sur l’ancienne place du Soldat inconnu, a été bâti le nouvel hôtel de ville pour marquer l’union des villes de Calais et Saint-Pierre. Inaugurée en 1925, la mairie a été conçue par Louis Debrouwer dans un mélange de style néo-flamand et de gothique renaissant.

     En 1919, l’endroit a été baptisé place de l’Hôtel de Ville, lors de la construction de l’actuelle mairie. Du fait de la réunion de la ville avec Saint-Pierre, en 1885, le projet de cette maison commune est décidé trois ans plus tard, mais les travaux ne débutent qu’en 1911. Interrompus durant la guerre, ils reprennent en 1923, l’édifice étant inauguré le 12 avril 1925. Le chantier a duré quatorze ans et connu quatre maires : Emile Salembier pour la conception, Charles Morieux pour la réalisation ; Duquenoy—Martel pour la finition et Hans Apeness pour l’inauguration. Après bien des hésitations, c’est à l’architecte Louis Debrouwer qu’avait été confié le projet. Il comprend notamment un beffroi ajouré de 75 m de haut, de style néo-flamand : clochetons, bretèches, horloge à quatre tours, avec carillon et chemin de guet encadré par quatre sculptures de la Renommée veillant symboliquement sur la ville. Le reste du bâtiment rappelle le gothique des châteaux de la Renaissance. Sous les hauts combles, le corps central abrite des bâtiments en U organisés autour d’un grand hall surmonté d’une belle verrière. Le superbe escalier d’honneur, éclairé par de magnifiques vitraux retraçant la libération de Calais par le duc de Guise en 1558, dessert une galerie, avec les salles d’honneur de chaque côté : grand salon, salle du conseil et des mariages, cabinet d’apparat. Ce qui avait séduit les élus dans le projet de Debrouwer, c’était qu’il était conforme aux traditions et aux matériaux du pays : brique et pierre de Marquise. Par ailleurs, il reposait sur une structure en béton armé, moins onéreuse que la pierre de taille, ce qui a permis de mettre l’accent sur la décoration intérieure.

    Berthe (digue Gaston) Front de mer

     Elle est l’avenue de la plage et porte le nom de celui qui l’a voulue : Gaston Berthe (1889-1952), surnommé le père tranquille de la Résistance. Sous l’Occupation, il fut arrêté et déporté pour avoir organisé un réseau d’évasion pour les aviateurs alliés abattus dans la région. De retour des camps de concentration, ce maire socialiste imagina une voie en front de mer dans l’esprit de la promenade. Son inauguration eut lieu le 17 août 1952, quelques mois après la mort de Gaston Berthe.

     La digue part de la jetée Ouest qui date de 1926 et sur laquelle se déroulent les concours de pêche en mer. Elle surplombe la plage où s’alignent les rangées de chalets. Leur installation remonte à 1893, date à laquelle Achille Bresson implanta un établissement de bains de mer vers la plage, marquant ainsi le début de la station balnéaire. Il récupéra un pavillon de bois de l’Exposition universelle de 1889 pour en faire un casino, il y adjoignit un café-restaurant et un dancing qui se trouvait à l’emplacement actuel du poste de secours. Face à la mer, des constructions neuves ont vu le jour, longues barres d’immeubles résidentiels se prolongeant à l’ouest par des villas, émaillées d’hôtels et de restaurants. Parmi ces derniers, Le Côte d’Argent et Le Marmouset ont repris les noms d’anciennes brasseries de plage, bien dans le caractère populaire de cette station prisée des mineurs. L’une d’elles, aujourd’hui disparue, s’appelait d’ailleurs "La Descente des mineurs".

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     Ouverte en 1952, quelques mois après la mort de Gaston Berthe qui avait voulu sa construction, la digue invite à la promenade du bord de plage. Des immeubles résidentiels, des villas et des hôtels- restaurants la longent dans l’esprit d’une station balnéaire.

    Blanchard (rue) Place Crèvecœur - rue des Prairies

     Elle s’appelait rue Napoléon jusqu’en 1881, date à laquelle le conseil municipal de Saint-Pierre lui donna un nom plus en conformité avec les idées républicaines. Elle fait partie d’un groupe de cinq ruelles donnant sur la place Crèvecœur. Deux consacrées à des inventeurs : le physicien Jacques Babinet et l’ingénieur des Ponts et Chaussées Adrien Raffeneau à qui l’on doit la restauration de la digue de Sangatte et le système d’écluse du port de Calais. Trois le sont à des aéronautes : les frères de Montgolfier, inventeurs du ballon à air chaud en 1783 ; Gaston Tissandier (1843-1899) qui effectua son premier voyage en ballon à Calais et Jean-Pierre Blanchard (1753—1809).

     Le grand exploit de Blanchard est d’avoir réussi la première traversée du détroit en ballon. Parti de Douvres avec un passager britannique, le docteur J ef- fries, l’aéronaute français avait atterri dans la forêt de Guines où une colonne commémore cet événement. Longtemps conservée dans l’ancien musée de la place d’Armes, la nacelle richement décorée du ballon de Blanchard a brûlé, avec le musée, en 1940.

     Aujourd’hui, cette ruelle tranquille abrite quelques belles maisons : le n°3 qui offre une jolie façade fleurie, avec ses encadrements de fenêtre à agrafe et ses lucarnes en bois dans le toit ; le n°4, en brique sombre, tout en hauteur, avec l’étrange style néo-classique de son étroite porte d’entrée géminée, de sa petite fenêtre et de son fronton cintré.

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     Dans cette ruelle tranquille qui donne sur la place Crêvecæur, se nichent quelques belles maisons du XIXe siècle, telle cette demeure à la façade fleurie, avec ses encadrements de fenêtre à agrafe et ses lucarnes en bois dans le toit. Blanchard aurait sûrement aimé s’y poser...

    Blériot (avenue Louis) Pont-de-Vîc - Quatre-Ponts

     Louis Blériot (1872—1936) fut le premier à traverser le détroit en avion. Parti de Calais le 25 juillet 1909, il se posa à Douvres, à bord d’un aéroplane qu’il avait construit lui-même. C’est le maire Gaston Berthe qui, le 28 mai 1949, décida de donner le nom de Louis Blériot à cette nouvelle avenue qui devait mener à l’aéroport de Calais-Marck.

     Jusqu’en 1947, y passait le canal de Marck rejoignant celui de Calais à Saint-Omer, à hauteur du pont de Vic. A l’épo ue, il était bordé, d’un côté, par le quai Augustin Thierry et, de l’autre, par le quai David. Le canal, de plus en plus envasé, étant devenu un cloaque, le maire communiste d’alors, Hubert Défachelles, le fit combler jusqu’à hauteur des Quatre-Ponts. Ce dernier nom se justifiait avant la guerre, en raison de la présence de quatre ouvrages franchissant les canaux de Marck et des fortifications de Calais qui se croisaient à cet endroit. A l’angle de la rue de Phalsbourg, un institut médico-éducatif est édifié sur l’ancien bastion IV où l’armée française avait installé une batterie antiaérienne au début de la guerre. C’est là que le lieutenant Jacques Faguer a été tué lors d’un bombardement.

     Les deux voies de la large avenue s’étirent de chaque côté d’un terre-plein central ombragé. Elles sont bordées de commerces et de maisons résidentielles : en particulier, une villa au n°9, avec sa véranda tournée vers son petit parc de verdure et son fronton ouvragé portant en écusson la date de 1811.

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     De chaque côté du terre—plein ombragé de cette avenue construite sur un ancien canal, ont pris place des commerces et des résidences. C ’est le cas avec cette belle villa du début du XIXe, bâtie dans le style Empire, avec son fronton ouvragé et sa véranda tournée vers un joli petit parc.

    Bout-des-Digues (rue du) Rue Monseigneur Piedfort - rue Edgar Quinet

     Elle fut un temps la rue de Condé avant qu’elle ne soit baptisée de ce nom qui évoque le passé du quartier des Pierrettes. Cette zone se trouvait sous les eaux lors des grandes marées. Afin d’empêcher ces inondations, des digues avaient été édifiées à partir du XIIe siècle entre Calais et le pont Nieulay.

     On y trouve une grande unité architecturale, en raison d’une urbanisation qui remonte à la même époque : fin du XIXe et début du XX° siècle.

     Au n° 19, une haute et belle maison qui offre sa façade d’un néo-classicisme simple.

     Classicisme provincial aussi au n°40, avec sa façade et son bow-window tout en ciment—pierre (1906). Des n°57 au 63, on découvre un alignement de constructions symétriques et, au n°92, une belle demeure, avec sa grande baie cintrée entre deux portes, sa travée ornementée, ses fenêtres géminées et ses lucarnes écussonnées. Tout au bout, se font face les vieux ateliers de dentelle et la récente école maternelle des Pierrettes.

     Pour la petite histoire, il faut savoir qu’au n°3, un assassinat fut commis le 22 février 1927. Auguste Krapf, tulliste, 66 ans, fut trouvé mort à son domicile. Il avait les mains liées dans le dos et la tête emprisonnée dans une couverture. L’assassin fut découvert quelques jours plus tard. Il s’agissait d’un commis boulanger de 16 ans qui déclara s’être inspiré du film "Le Chauffeur inconnu" pour commettre son crime.

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    Avec la prospérité de l’industrie dentellière durant la deuxième moitié du XIXe siècle, l’habitat s’embourgeoise et, signe de richesse, se pare de moulures en ciment-pierre et de nombreux accessoires de façade comme le bow—window et, comme ici, d ’un œil—de—bœuf.

     

     

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