• Attributs des Bonnes Villes

    C'est une erreur de croire que les blasons des villes peuvent régulièrement se trouver surmontés ou encadrés d'emblèmes suivant les caprices des artistes, comme on le voit, bien souvent, sur les imprimés des mairies.

    Sous la première monarchie, les attributs « des bonnes villes » étaient fixés comme suit :

     1° VILLES DE PREMIER ORDRE : « Couronne murale à sept créneaux d'or,sommée d'une aigle naissante pour cimier, traversée d'un caducée auxquel sont suspendues deux guirlandes, l'une à dextre, de chêne, l'autre, à senestre, d'olivier, (1) le tout en or, nouées par des bandelettes de gueules.

     L'écu, chargé d'un chef de gueules, a trois abeilles d'or posées en fasce. 

    2° VILLES DE DEUXIÈME ORDRE: « Couronne murale à cinq créneaux d'argent, traversée d'un caducée auquel sont suspendues deux guirlandes, l'une à dextre, d'olivier, l'autre à senestre, de chêne, aussi d'argent, nouées par des bandelettes d'azur.

    (1    (1)Les deux branches de chêne et d'olivier symbolisent la force et la paix.

    Franc quartier à dextre d'azur, à un N d'or surmonté d'une étoile rayonnante de même.

    3° VILLES DE TROISIÈME ORDRE: « Corbeille remplie de gerbes d'or pour cimier, à laquelle sont suspendues deux guirlandes, l'une à dextre, d'olivier, l'autre, à senestre, de chêne, toutes deux de sinople, bandelettes de gueules.

     Franc-quartier à senestre de gueules, à un N d'argent, surmonté d'une étoile rayonnante de même.

    Sous la 3me a République, on récompensa des « bonnes villes » pour leur patriotisme depuis 1789, en les autorisant à placer la décoration de l'ordre de la légion d'honneur dans leur blason.

    Paris, Valenciennes et Bazeilles l'attachent à leurs lauriers par des bandelettes de gueules; Tournas, Rambervillers et Dijon la portent en abîme; Roanne, Saint-Quentin et Châteaudun la fixent au point du chef; Châlon-sur-Saône, Saint-Jean-de-Losne, Belfort et Landrecies la mettent en pointe; enfin la ville de Lille seule la fait figurer au franc-canton.

     A cette occasion il y a lieu de rappeler que le blason officiel de la 3me République n'existe que depuis juin 1905. (1) Il est l'œuvre du peintre-graveur-héraldiste, Maurice de Meyère. On doit l'indiquer comme suit : 

    D'azur au faisceau de licteur posé en pal sur deux branches de chêne et d'olivier passées en sautoir, le tout d'or, lié par un ruban de même chargé de la devise :

    LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ

    Ce blason proprement dit est sur un cartouche au bas duquel se trouve attachée par un ruban de gueules la décoration de l'ordre de la légion d'honneur.

     Le dit cartouche repose lui-même sur un fond ovale portant en bordure la mention « République Française ».

                                                                                                                                                          J. SÉGUIN.

    (1) On l'établit à l'occasion du séjour du roi d'Espagne, Alphonse Xlll à Paris.

    A nos Collégiens !

    RÈGLEMENT POUR LE COLLÈGE DES PÈRES MINIMES DE CALAIS EN 1768

    Installés à Calais en 1558, les Minimes obtinrent l'autorisation d'ouvrir un collège en octobre 1725, L'almanach de Calais de 1S58 (p. 47) donne le texte de l'acte d'ouverture du Collège et du premier règlement : en voici un second daté du 15 novembre 1768.

    Art. 1er. — Les écoliers seront tous rendus en classe pour sept heures et demie du matin au plus tard, le préfet s'y trouvera jusqu'à huit heures que les régents entreront chacun dans leur classe, jusqu'à dix heures et demie, y compris la messe.

    Art. 2e. — L'après-midi, le préfet visitera les dittes classes depuis une heure et demie jusqu'à deux heures que les régents entreront jusqu'à quatre heures en hiver. C'est-à-dire depuis la rentrée des classes après vacances jusqu'à Pasques, et depuis Pasques jusques aux dittes vacances, on ne sortira qu'à quatre heures et demie.

    Art. 3e. — Tous les samedis après-midi, les régents feront chacun dans leur classe le catéchisme à l'usage du diocèse, et plus souvent s'ils le jugent à propos.

    Art. 4e. — Outre les congés ordinaires, on n'entrera point en classe les jours des deux fêtes de saint Nicolas et de sainte Catherine (1), non plus que depuis le dimanche de la Quinquagésime jusques au Mercredi des Cendres après-midi, ni depuis le mardi saint au soir jusqu'au mercredi de Pasques au matin.

    Art. 5e. — La veille des fêtes natales, (2), on sortira à trois heures pour faciliter aux écoliers les moyens de se préparer pour aller à confesse. Art. 6e. — Les vacances ne commenceront que le premier septembre et finiront le dix-huit octobre.

    (1) Saint Nicolas, cela se comprend ; mais pourquoi sainte Catherine pour des petits garçons ?

    (2) On appelait autrefois festae natales Pâques, la Pentecôte, la Toussaint, Noël.

    Art. 7e. — Les régents feront composer une fois le mois pour les prix de chaque faculté, il n'y aura que deux prix dans la faculté dominante. Ainsi on distribuera en rhétorique deux prix d'amplification latine, un prix d'amplification française, un idem de vers et un de catéchisme.

    Art. 8e. — En seconde : deux prix de vers, un prix de version, et un idem de catéchisme. En troisième: deux prix de version, un prix de thème, et un de catéchisme. En quatrième : deux prix de thème, un prix de version, et un de catéchisme. En cinquième : deux prix de thèmes et un de catéchisme, En sixième et septième, trois prix sous différentes dénominations, et un prix de catéchisme.

     Art. 9e. — Lesquels ci-dessus, les officiers municipaux se chargent de remettre aux Révérends Pères Minimes, le vingt huit d'aoûts de chaque année.

     Art. 10e.- Lorsque par des évènements ordinaires, ou extraordinaires (!), il sera accordé des congés différents de ceux d'usage qui sont les mardis et jeudis après-midi, il sera libre au préfet du Collège de transmettre ces congés extraordinaires aux jeudis matin jusqu'à ce qu'ils soient remplis.

    Art. 11e.- Etant juste que les classes soient tenues proprement, et que le portier des dittes classes soient dédommagé de ses peines et dépenses pour se procurer des balais, chaque écolier donnera par mois au dit portier cinq sols jusqu'à ce que l'augmentation du nombre des écoliers donne lieu à modérer cette rétribution.

    Art. 12e. — Les écoliers fourniront aussi leurs classes de chandelles en hiver lorsque le temps le demandera.

    Fait et arrêté le présent Règlement par les officiers municipaux de la ville de Calais; lequel après avoir été accepté par les Révérends Pères Minimes, a été signé avec eux en double au dit Calais, le 15 novembre 1768.

    SIGNE : DUPONT — PIGAULT DE LÉPINOY — HIBON — MARESCHAL. THIN — FR. LALOY, Correcteur des Minimes.

    Ce règlement nous présente certaines particularités intéressantes : d'abord la douceur du régime, les congés sont nombreux, et l'on parle de récompenses, mais pas de punitions ; l'on voit ensuite que c'est un enseignement secondaire classique très pur, latin et français ; pas de grec, ce qui est un peu étonnant, et absence absolue d'histoire et de sciences, ce qui l'est moins, nos ancêtres enseignaient peu les mathématiques.

     L'on peut voir par la liste des prix le souci de faire apprendre d'abord ; la grammaire latine, il y avait deux prix de thèmes pour la cinquième et la quatrième ; puis dans les hautes classes, on en vient à la version, et en rhétorique, à l'amplification, c'est-à-dire à la composition latine qui a subsisté jusqu'à ces dernières années.

     Bref, il y a peu de différence entre les habitudes de collège, d'il y a 150 ans, et celles de maintenant, saut qu'en 1914, les collégiens calaisiens ne sont plus obligés d'apporter leurs chandelles en hiver !

     

                                                                                                                                                        HENRI LEMOINE

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