• Au début

    La famille fut d’abord le seul lien et reste le lien essentiel de la première éducation par l’apprentissage du savoir faire élémentaire inné chez l’animal mais acquis chez l’homme.

     L’acquisition de savoir faire plus complexes ne se fit que par l’incorporation de l’enfant et de l’adolescent aux activités des adultes.

     Ce n’est qu’à l’époque Carolingienne que l’on observera la création d’un véritable réseau d’écoles. Mais elles étaient destinées essentiellement aux futurs prêtres cl futurs fonctionnaires.

     Plus tard, apparurent de petites écoles pour les moins misérables des enfants du peuple et des universités pour une infime minorité.

     De ces Universités. sont nés peu à peu les Collèges. Ils furent d’abord parallèles à l’enseignement Universitaire puis y préparèrent.

     Du XIVème au XVIIème siècle, les Collèges sous l’autorité essentiellement des Jésuites et des Oratoriens devinrent plus fréquentés que les Universités.

    En France, les idéaux révolutionnaires de 1789 introduisirent l’idée d’écoles de base, communes à tous.

    Les trois représentants élus pour présenter les cahiers de doléances de Calais à la Réunion des Etats Généraux 1e 9 juillet 1789 : BLANQUART-DESSALINES pour le Tiers Etat, l’Abbé BUCAILLE pour le Clergé et le Vicomte DESANDROUIN pour la Noblesse, comme l’ensemble des représentants nationaux n’avaient aucune idée originale pour améliorer l’enseignement.

     A CALAIS, à l’aube de la Révolution, l’enseignement était essentiellement représenté :

     - par un Collège, tenu par les Minimes, religieux franciscains établis à Calais depuis 1611 à [ 'emplacement de ! ’actuelle rue Claude Monet qui comptaient trois Pères et cinq Frères,

     - par un pensionnat de jeunes filles tenu par des Religieuses Bénédictines, rue de Guise, ouvert depuis 1641 , qui recevait une quarantaine de pensionnaires de bonne famille, en particulier Anglaise,

     — une Ecole primaire dirigée par les Frères de la Doctrine Chrétienne ouverte le 19/07/1700. Les classes au nombre de sept recevaient de 50 à 60 élèves chacune,

     - Quatre classes pour les jeunes filles, dirigées par les Sœurs de la Providence, appelées à Calais en 1710 par Louis Gense.

     A CALAIS, donc : comme dans l’ensemble de la FRANCE, l’enseignement ètait pratiquement monopole de l’Eglise.

     Les idées révolutionnaires d’égalité des droits des citoyens vont vite progresser et la lutte unti—cléricale va s’organiser.

     Dès sa jeunesse, le citoyen futur républicain laïque, doit être soustrait à l'influence néfaste de l’Eglise.

     L’Assemblée Nationale Constituante transfère au pouvoir civil lu surveillance de l‘Education publique et de l’enseignement politique et moral.

    Le décret du 12 Juillet 1790, crée la constitution civile du clergé impose le serment de fidélité aux ecclésiastiques.

     L’Assemblée Législative, par décret du 18 août 1792, interdit les congrégations religieuses.

     La Convention, par décret du 8 mars 1793, ordonne la vente des biens des collèges

     A CALAIS, pendant la révolution, les enseignants religieux subiront le sort commun. les Minimes verront leur effectif se réduire et lorsqu’il ne restera plus 5 élèves, ils fermeront purement et simplement leur établissement, le 15 Octobre 1790.

    Les Bénédictines se disperseront lorsque les scellés seront mis sur le couvent le septembre 1792.

     Les Frères des Ecoles Chrétiennes résisteront plus longtemps ; car il n’y a personne pour les remplacer dans le fonctionnement des écoles primaires.

    Mais ils disparaîtront eux aussi, car ils refuseront, sauf un, de prêter serment.

     Les Sœurs de la Providence essaieront de composer avec le nouveau Régime, mais finalement refusant de quitter l’habit religieux, elles se disperseront.

     Quelques écoles primaires, dans des locaux de fortune, fonctionneront tant bien que mal avec des Instituteurs de fortune : non noble, non ecclésiastique et sans manuels scolaires.

     La révolution avait détruit l’enseignement religieux peut—être critiquable. Elle n’arrivera pas à proposer ni à construire quelque chose de valable.

    Dans cette période troublée, les idées tombaient avec les têtes.

     La bibliothèque des Minimes qui renfermait 2140 volumes avait été vendue et dispersée.

     Il faudra attendre le Consulat pour que soit mis un terme à l’anarchie de l’Enseignement et que revienne la paix religieuse.

    BONAPARTE signe avec le Pape PIE VII, le 16 juillet 1801, un Concordat qui reconnait la liberté des Cultes. La religion catholique est celle de la majorité des Français.

     Le Clergé divisé par la Révolution en clergé constitutionnel et clergé réfractaire va se regrouper et se réimplanter dans les villes et les villages.

    La loi du 1er mai 1802, préparée par FOURCROY, Directeur Général de l’Instruction publique, organise quatre types d’Etablissements :

     — les écoles primaires, sans obligation de scolarité, sans gratuité, sont confiées de nouveau le plus souvent possible aux Frères des écoles chrétiennes,

    — les Collèges, des écoles secondaires entretenues par les Communes ou des particuliers,

     — les lycées aux frais de l’Etat qui reçoivent les enfants de plus de neuf ans, sachant lire et écrire,

     — les écoles spéciales, droit, médecine, histoire naturelle, physique, chimie, pour les élèves sortants des lycées après 5 à 6 ans d’étude du latin, des mathématiques et des sciences.

     A CALAIS, 1805, voit le retour des Sœurs Bénédictines. Elles sont au nombre de vingt trois. Sur sollicitation du Curé de Notre—Dame, l’Abbé TRIBOU, la municipalité leur confie, le 24 septembre 1805, la Direction des écoles municipales.

     Les Dames Marie—Adélaide HUMEREL, dite de la Croix, Marie—Jeanne POCHET dite Sainte Thérèse, Flore Pétronille TRIBOU, dite Sainte HENRY, Françoise FASQUEL, dite des Anges, seront nommées Directrices par arrêté du Préfet du 8 fructidor, an I3.

    L'enseignement des garçons souffrira quelque retard. Ce n'est  qu'en 1812 que frères des écoles chrétiennes réintégreront leurs fonctions et leurs locaux à l'emplacement actuel de l'école des Maréchaux.

    Depuis la fermeture du collège des Minimes, l’enseignement secondaire était bien mal représenté. Faute de crédits, le collège d’Etat ne pourra être ouvert et on devra autoriser l’ouverture d ’un établissement privé rue des Prêtres : la pension LEHODEY dirigée par un ancien ecclésiastique Jean—Baptiste Lehodey jusqu’en 1810, reprise par Mr Wille jusqu'en 1835.

     Dans ces conditions, on ne peut s’étonner qu ’à CALAIS, en 1810, il n 'y avait que 53% de la population qui sache lire et écrire.

     Devant les difficultés de l’application de la Loi de 1802, NAPOLEON, pur la Loi du 10 mai 1806, instituera l’Université Impériale qui, sous l’autorité de l’Empereur, réunissait tous les Etablissements scolaires et tous les enseignants à l’exclusion des Maîtres d’Ecoles.

     Au quasi monopole religieux de l’ancien régime, succède le monopole étatique de l’enseignement qui implique l’impossibilité d’ouvrir une école sans autorisation et l’institution d’un contrôle commun aux Etablissements publiques et privés.

     L’enseignement primaire publique piétine en marge de l’Université. 11 est essentiellement confié aux Frères des écoles chrétiennes qui ont les faveurs du pouvoir.

     Les études secondaires sont dispensées dans les lycées d’Etat (cycle de 6 ans de grammaire, humanités, rhétorique et mathématique spéciale), des Collèges communaux, des institutions et pensionnats privés. Les maîtres de ces établissements devaient posséder un grade conféré par les Universités : baccalauréat, licence ou Doctorat.

     Mais les jeunes filles étaient exclues des Etablissements gérés par l’Etat.

    Avec la Restauration, peu de changements interviendront dans l’Enseignement.

     Une Ordonnance Royale du 29/2 1816, stipule que toute commune doit pourvoir à l’instruction de ses enfants. Faute de ressources, elle pourra confier ce soin à un instituteur privé.

    La formation de celui-ci sera souvent sommaire, car l’on n’exigeait de lui pour exercer qu’un certificat de bonne conduite signé du Maire et du Curé, et un brevet d’aptitude délivré par le Recteur. Il existait trois degrés : pour obtenir le premier, il fallait simplement savoir lire, écrire, compter. Le deuxième degré exigeait des connaissances en orthographe, calcul et calligraphie. Le troisième degré, des connaissances en grammaire, des notions de géographie et d’histoire.

     Les membres des congrégations étaient dispensés du brevet. Une lettre d’obédience du supérieur de leur Ordre suffisait.

     Les progrès de l’instruction sont freinés par des problèmes d’argent que celui-ci manque aux communes ou aux particuliers. Les familles pauvres avaient besoin très rapidement du maximum de bras pour assurer le pain quotidien.

     Il faudra attendre la Loi du 28 Juin 1833 (GUIZOT), sous LOUIS-PHILIPPE, pour que débute véritablement l’Enseignement primaire. Chaque commune doit avoir son école primaire entretenue sur son budget. Mais l’école n’est gratuite que pour les indigents.

     La Loi conseille d’ouvrir des Ecoles pour les filles, mais l’obligation ne sera votée qu’en 1867.

    Elle organise des salles d’asile pour accueillir les enfants de 2 à 6 ans qui ne pouvaient continuer à fréquenter les crèches municipales” ou privées.

    Ces asiles s’appelleront écoles maternelles en 1848, reprendront leur nom d’origine en 1855, pour redevenir écoles maternelles définitivement en 1881.

     Le 1er octobre 1838, la municipalité de CALAIS va ouvrir une salle d‘asile avec l’aide de dames charitables, surveillée par deux Sœurs et qui accueillera deux cents enfants.

    L’enseignement primaire supérieur est assuré dans les chefs lieux de cantons et les communes de plus de 6.000 habitants.

     L'école primaire supérieure de CALAIS rue des Prêtres ouvrira le 3 octobre 1836. Pour y être admis, il fallait avoir au moins 10 ans, avoir reçu un enseignement primaire élémentaire, testé par un comité local.

     Les enseignants sont formés dans des écoles normales départementales où ils obtiennent le brevet élémentaire ou supérieur.

     Sous la deuxième République, la loi FALLOUX du 15 mars 1850, redonne à l’Eglise une certaine prédominance sur l’Etat qui ne contrôle plus que la moralité, l’hygiène et la salubrité des locaux.

     En 1874, le certificat des études primaires élémentaires est institué.

    La Loi du 18 Juin 1881, préparée par Jules FERRY et Paul BERT, tient compte de l’évolution des idées, des mœurs du 19ème siècle.

     Elle supprime les équivalences et oblige tous les enseignants à posséder au moins le brevet élémentaire. Aucun titre par contre n’est exigé pour les enseignants privés du secondaire ou supérieur.

     Elle assure la gratuité de l’enseignement dans les maternelles, les écoles primaires publiques, les écoles normales.

     La Loi du 28 mars 1882 institue à la fois l’obligation scolaire et la laïcisation des programmes. Il est décidé que tous les enfants âgés de 6 à 13 ans, recevront cet enseignement soit dans les écoles publiques, soit dans des écoles privées, soit dans‘ les familles. Cependant, les élèves qui obtiennent leur certificat d’études à partir de onze ans, sont autorisés à travailler.

     L’éducation religieuse est remplacée par l’instruction morale et civique, mais des difficultés surgissent lorsqu’ils s’agit de donner un fondement philosophique et un contenu à la morale laïque. On se bornera à enseigner «la morale de nos pères».

     La laïcisation du contenu de l’enseignement sera complétée 4 ans plus tard, par celle des maîtres. La loi du 30 octobre 1886 stipule que dans les écoles publiques, de tout ordre, l’enseignement est exclusivement confié à un personnel laïque.

    A CALAIS, pendant cette période qui précède la «guerre de religion de la fin du siècle», l’enseignement suit l’évolution nationale.

    A côté de l'enseignement public municipal, existait un enseignement privé, payant, dispensé par des particuliers.

     Il s’ouvrit de très nombreux établissements de taille souvent modeste — de 2 à 20 élèves — qui n’avaient souvent qu’une existence éphémère, car

    ils devaient vite fermer leurs portes pour cause de dettes ou à la demande des autorités de contrôle, pour insalubrité ou incapacité pédagogique manifeste.

     Bon an, mal an, entre 1815 à 1850, il existera en moyenne une quinzaine d' Etablissements privés pour filles. Ce nombre augmentera considérablement à partir de 1850.

     A SAINT—PIERRE, le nombre des écoles privées n ’est pas comparable à celui de CALAIS. L’exploitation y est moins rentable dans cette ville ouvrière où les enfants partent à l'usine le plus tôt possible. Les familles aisées envoient leurs enfants à CALAIS dans des établissements dont le prestige est bien établi.

     L’ enseignement communal primaire en 1843 pour 8. 000 habitants était assuré par trois instituteurs communaux Frères des Ecoles chrétiennes et cinq instituteurs prives rue Lafayette et près du Pont Lebeurre.

     En 1852, une congrégation féminine, les Dames du Sacre—Cœur, décide d'ouvrir un couvent à CALAIS. Elle achète l'ancien Vauxhall. Il s’agissait d’une guinguette abandonnée, une des plus fréquentées de CALAIS — ouverte en 1808 par l ’acteur J—B. PLANTE, qui la revendra en 1836 à un certain PILATE, pour y installer un pensionnat franco—anglais contraint (le fermer en 1840.

     Avec cette guinguette, la Communauté fit l’acquisition d’une parcelle de terrain donnant sur la route de Boulogne connue sous le nom de Riez CREVECOEUR.

    Les bâtiments seront terminés en 1856. A côté du couvent, de la Chapelle qui servira de Paroisse au quartier du Petit Paris, on ouvrira un pensionnat qui acquit rapidement une renommée telle que de nombreuses jeunes anglaises viendront y apprendre le français.

     Depuis 1807, des sœurs Franciscaines assuraient le service de l'Hôpital de CALAIS. En 1854, un décret impérial officialisera l’existence des Sœurs Franciscaines de CALAIS, qui regroupera… les divers rameaux de cette congrégation du Diocèse d ’ARRAS , sous l ’autorité de l’Abbé DUCHENE, Aumonier de l’Hôpital. Les Sœurs installent leur couvent rue Eustache de Saint—Pierre et acquièrent une maison voisine en 1862, pour y édifier une chapelle.

     Les Franciscaines qui avaient vocation de former des sœurs enseignantes, hospitalières ou missionnaires, ne semblent pas avoir ouvert l ’Ecole à CALAIS.

     En 1859, les Sœurs Bénédictines, revenues à CALAIS en 1805, où elles avaient été chargées du service municipal des écoles primaires ne sont plus assez nombreuses. En 1823 six religieuses enseignent & 197 élèves. Elles seront remplacées par les Sœurs de Saint—Paul de CHARTRES qui agrandiront les bâtiments existants et ouvriront une école au Courgain.

     Les quelques Bénédictines restantes ouvriront un petit pensionnat privé, rue de l’Etoile, qu ’elles céderont aux Sœurs Dominicaines en octobre 1879.

    C ’est la première apparition à Calais de ! ’habit des Dominicains .' la cape noire de la pénitence et la lumière? de la robe blanche.

     En 1870, s’ouvrira l’école paroissiale de filles, Sainte-Agnés, rue Thiers, qui, en 1882, recevait 176 élèves.

    En 1877, les Sœurs de la Sainte Union, ouvriront un pensionnat rue du Onze Novembre, à l’emplacement actuel de l’école de Musique.

    En 1882, il y avait aux Attaques une école tenue par les Sœurs de la Sainte—Famille.

     A cette même époque, une institution Sainte—Marie, 45 rue Lafayette, qui accueillait les enfants depuis l ’âge de_ 4 ans jusqu’au brevet supérieur faisait publicité dans la presse locale. Les études coûtaient 25 francs par mois pour le brevet élémentaire, 30 francs pour le brevet supérieur.

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