• Au XIXe siècle

    Dans les années 1830

    La Chambre s’intéressa au projet de Monsieur l’Ingénieur en chef, Raffeneau de Lisle, présenté par Monsieur Nehou, Ingénieur des Ponts et Chaussées, concernant les travaux à exécuter au Port de Calais, pour joindre le canal de Saint-Omer à la mer et établir un bassin à flot et une écluse de chasse dans le port.

    Ce projet comprenait la fermeture de la crique par une écluse de flot située à hauteur de la Citadelle et une écluse de chasse à hauteur du Fort Risban. On formait ainsi un bassin à flot et un bassin de chasses, séparés par une digue.

    La navigation intérieure était mise en communication directe avec le port par l’écluse de la Citadelle et les jetées étaient prolongées jusqu’à la laisse de basse-mer qui avait reculé de 250 mètres.


    A cette époque, le port était simplement constitué par un chenal de faible profondeur entre deux jetées aboutissant à un bassin naturel compris entre le Risban et la digue au Nord, et le Courgain et les remparts de la ville au sud.

    Au XIXe siècle

                                                   Le port de Calais vers 1825 (Tableau de Bonington gravé par G.Reeve)

    Le bassin à flot commencé en 1838 fut livré au commerce en décembre 1842.

    A l’occasion de cet événement, une médaille commémorative a été frappée par le Ministère des Travaux Publics. Ce bassin, construit en vertu des lois des 15 novembre 1834 et 19 juillet 1837, avait une superficie totale de 2 hectares. Sa longueur était de 255 mètres et sa largeur de 75 mètres. Ses quais avaient un développement de 550 mètres. Une écluse simple de 17 mètres de largeur le faisait communiquer avec l’avant-port d’échouage.

    Le 25 décembre 1843, en présence des Autorités Civiles et Militaires, a eu lieu l’inauguration de l’écluse de chasse. Une ordonnance du 11 novembre 1844 autorisa la Ville de Calais à donner le nom de « Raffeneau de Lisle » à l’écluse de chasse.

    Le quai nord, construit de 1837 à 1843, était particulièrement destiné au commerce des bois du nord ; les jetées furent également prolongées.

    Pour compléter cet ensemble, la Chambre étudia, dès 1839, la construction d’un nouveau phare dont les travaux commencèrent en novembre 1845 dans les fortifications. Ce phare fut allumé le 15 octobre 1848. 

    Dans les années 1850

                                                                          Au XIXe siècle

     Le port, priorité pour la Chambre de Commerce, était encore bien modeste. Son entrée était signalée aux navigateurs au moyen d’un système de ballons et de pavillons qu’on hissait sur un appareil composé d’un mât et d’une vergue établis au Fort Rouge, à l’ouest des jetées. Les bateaux entrant au port de Calais pouvaient s’arrêter soit au quai de marée, soit dans la partie est de l’avant-port connue sous le nom de quai de la Colonne, soit, enfin, au quai Nord ; le quai sud était réservé aux paquebots et le bassin du Paradis aux pêcheurs.

    Dans le cadre de ses préoccupations portuaires, la Chambre fit exécuter de 1856 à 1858 des travaux pour consolider et allonger le gril de carénage de façon à y poser en toute sécurité des navires de fort tonnage. Elle fit également construire en 1952 une baraque sur le quai de marée qui devait servir de postes aux pilotes. En 1860, il fut décidé de créer un poste pour les officiers et maîtres du Port. La Chambre a participé pour partie à la construction de cet édicule et l’adjudication eut lieu le 6 juillet 1860.

    En 1862, elle met à l’étude un projet de création de bassin à flot dans l’Est du port. En vue de hâter l’exécution des travaux de prolongement du bassin à flot de l’ouest approuvés en 1865, la Chambre avait, dans sa séance du 29 février 1868, pris une délibération par laquelle elle offrait à l’Etat la somme de 1 650 000 Frs, jugés nécessaire pour la réalisation de ce projet. Mais, par suite d’avaries constatées à l’écluse du Bassin et à la suite d’un examen approfondi de la question, la Chambre de Commerce abandonnait ce premier projet et sollicita la construction immédiate d’une nouvelle écluse placée à l’extrémité Est du quai des Paquebots.

    Sous le Second Empire, la Chambre assurait la gestion de plusieurs services du Port: l’entrepôt, les grues, le cordage, le gril de carénage puis le lamanage. En 1869, le gouvernement demanda un rapport sur « l’état et les besoins du commerce et de l’industrie dans la circonscription ». Ce rapport mit en évidence la place du port de Calais. Déjà, le transmanche était la principale activité.

     C’est dès 1862 que la Chambre de Commerce de Calais a commencé à s’intéresser aux grands travaux du port, c’est-à-dire à la construction d’un bassin à flot et d’un bassin des chasses à l’ouest de Calais.

    Le Port de Calais en 1875

    Au XIXe siècle

     

    En 1874, les projets sont soumis à l’enquête d’utilité publique, après avoir traversé heureusement les épreuves des conférences au premier et au deuxième degré, la Chambre obtint en principe la transformation de l’ancien port et le déclassement du front Est. Enfin, le 14 décembre 1875, sur la proposition du Ministre des Travaux Publics, une loi déclarait d’utilité publique l’ensemble des travaux qui consistait en :

    - La création d’un bassin de retenue.

    - Nouvel avant-port destiné au service des paquebots à voyageurs.

    - Vaste bassin à l’est communiquant à l’avant port par deux écluses.

    - Déplacement de la Gare de Calais qui, du Bassin du Petit Paradis, serait reportée entre les deux villes de Calais et Saint-Pierre.

    - Aménagement du canal de Calais.

                                                   

    Au XIXe siècle

     

    L’exécution des travaux avait commencé lorsque le déclassement des anciens fronts nord, est et sud et la construction de la nouvelle enceinte fut ordonnée par la loi du 21 avril 1879.

    Cette loi permit d’envisager l’élargissement des terre-pleins des quais, la construction d’une forme de radoub, la substitution d’un grand bassin de batellerie à la dérivation éclusée du canal. Ces améliorations et quelques autres comme par exemple l’élargissement du canal, la construction de nouveaux quais dans l’avant port, le doublement de l’écluse du bassin à flot, l’approfondissement du bassin des chasses, furent compris dans le tableau annexe à la loi du 28 juillet 1879.

    La première pierre du bassin à flot fut posée par le Ministre des Travaux Publics, Varoy, accompagné par le président du Sénat, Léon Say, venu, le 19 juillet 1880, visiter les travaux du port et le puits de sondage du tunnel sous-marin à Sangatte. En cette même année, l’organisation de l’outillage des quais du nouveau port est à l’étude. Finalement, c’est le 22 septembre 1883 que la Chambre de Commerce obtint la concession. Cet outillage comprenait :

    – Les abris à établir sur les terre-pleins pour protéger les marchandises.

    – Des grues hydrauliques.

    – Des hangars répartis sur les quais sud-ouest de l’avant-port.

    – Cet outillage était complété par un vaste réseau de voies ferrées.

     

    En 1889

    La Chambre de commerce demanda la mise à l’étude d’un projet consistant à établir un barrage éclusé dans l’avant-port de l’ouest du quai de marée. Le batardeau qui séparait le chenal de l’avant-port fut crevé à la fin de février 1889 et les eaux pénétrèrent pour la première fois dans les nouveaux bassins dans la nuit du 27 au 28 février 1889.

    Le nouveau port a été inauguré le 5 juin 1889, par Sadi Carnot, président de la République. A cette occasion, une médaille commémorative a été frappée. Afin de compléter la publicité, la Chambre fit éditer à 1500 exemplaires une plaquette spéciale sur « le Port de Calais inauguré par M. Carnot, président de la République Française, le 3 juin 1889 ».

    Le 4 Novembre 1889, on décida de donner le nom de Carnot au nouveau bassin à flot. En souvenir des membres éminents de la Chambre qui avaient œuvré pour le nouveau port, on attribua les noms de Paul Dévot au quai sud-ouest de l’avant-port, de Crespin et de Fournier aux quais ouest du Bassin Carnot. La Chambre sollicita l’autorisation de donner les mêmes noms aux hangars et suggéra de baptiser les ponts tournants des écluses du nouveau bassin du nom de Vétillard.

    Le nouveau port de Calais profita, surtout dans un premier temps, au trafic de passagers avec l’Angleterre. Grâce aux différents aménagements, le port de Calais pouvait accueillir des bateaux de plus en plus grands, plus rapides et plus confortables, capables d’assurer des services entièrement à heures fixes sur le Détroit. Une fois inauguré, le port de Calais avait encore besoin de quelques aménagements. La construction du quai de marée ne commença qu’en 1890. La nouvelle jetée fut, quant à elle, achevée en 1896.

    Par arrêté du 26 janvier 1895, M. le Préfet du Pas-de-Calais prescrit une enquête d’utilité publique sur l’avant-projet d’amélioration de la partie ouest du port. Elle comprenait les travaux suivants :

    - Reconstruction de l’écluse du bassin à flot.

    - Dragage d’un chenal dans le port d’échouage et le bassin à flot et reprise en sous-œuvre des perrés et des appontements du bassin.

    - Remplacement du perré de la Baleine par une estacade en charpente et par un musoir en maçonnerie.

    - Réfection du pont de la citadelle.

    - Reconstruction du long pont dans le prolongement de l’écluse existante avec une voie charretière.

    La chambre de commerce émit des réserves au sujet du projet présenté, notamment en ce qui concerne la longueur du long pont qu’elle trouva beaucoup trop étroit. Le rapport de la commission ayant, en outre, été défavorable, le dossier a été retourné aux ingénieurs pour une nouvelle étude.

    Le 7 avril 1898, la Chambre obtint gain de cause et autorisa la construction dans le port d’une nouvelle écluse de 17m de large. Les travaux furent terminés en 1906.

    La loi du 24 février 1906 déclara d’utilité publique les travaux composant la seconde tranche du projet d’amélioration de la partie ouest du port comprenant :

    - L’enlèvement du quai Fasquel et de l’écluse des chasses.

    - Construction en travers de ce bassin des chasses d’une large digue en maçonnerie faisant suite au pont du barrage éclusé et le reliant à l’avenue de la plage.

    - Construction de brise-lames et d’estacades à l’emplacement de l’ancienne écluse de chasses.

     

    - D’autres améliorations complétèrent ces travaux : reconstruction de la jetée ouest, amélioration du chenal.

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