• Avril 1966 : Charles et Yvonne De Gaulle sont de retour à Notre-Dame

    Avril 1966 : Charles et Yvonne De Gaulle sont de retour à Notre-Dame

    Fin de la série : La troisième et dernière visite officielle de De Gaulle à Calais date du 26 avril 1966. Le général est au début de son second septennat, pour lequel il a été réélu seulement au deuxième tour, signe d'un relatif affaiblissement de sa popularité. Ce déplacement présidentiel prend place dans le cadre d'un marathon de quatre jours menant le Président des villes du bassin minier à Lille en passant par les grands ports du littoral. Principal objectif : mettre en lumière le développement économique du pays.

    Une visite éclair 
    En vérité, il s'agit à Calais d'une visite-éclair : arrivé en hélicoptère à 11 heures, de Gaulle repart pour la capitale des Flandres trois heures plus tard par le même moyen de transport, sans avoir tenu l'un de ses discours qui avaient marqué ses deux précédentes venues. Sur ce laps de temps, une heure et demie est consacrée à un repas chez le couple Vendroux où, avec quelques jours de retard, il célèbre dans l'intimité ses noces de vermeil (45 ans de vie commune !). Yvonne est donc présente, mais elle est arrivée, elle, par la route.
    La "course contre la montre" commence par une visite du Stade du Souvenir, totalement rénové. Il félicite l'architecte, admire les fortifications qui enserrent les installations sportives. Toutes les personnalités calaisiennes sont là. Il donne une centaine de poignées de mains, avant de remonter en voiture pour aller jusqu'à la piscine municipale, autre ensemble moderne qui contient alors l'un des plus beaux bassins couverts de tout le département.

    Pèlerinage sentimental à Notre-Dame 
    A la piscine Ranson, inaugurée en 1963 par le Secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports Maurice Herzog, le chef de l'Etat ne fait pas une halte plus prolongée. Après avoir assisté à quelques évolutions de nageurs calaisiens, il ressort du bâtiment, acclamé par la foule. Le cortège reprend sa course dans Calais-Nord, partie entièrement reconstruite de la ville. Le général se lève de temps à autre pour adresser son célèbre salut des deux mains au public. Des applaudissements nourris ponctuent la tournée, mais l'enthousiasme populaire n'est plus aussi délirant qu'autrefois.
    Quand le cortège arrive à hauteur de l'église Notre-Dame, aux alentours de treize heures, ce sont toujours des ruines qui s'offrent au regard du couple présidentiel ! Quelques jours auparavant, les abords de l'édifice ont été déblayés...mais rien ne peut cacher le fait que les travaux de reconstruction, pourtant commencés depuis longtemps, traînent de façon extravagante. Seuls le toit et le clocher ont été restaurés.
    Les journalistes remarquent que le général et son épouse ne laissent percer aucune émotion. A leurs côtés se trouve Mgr Evrard, ancien archiprêtre de Calais, qui fut aussi compagnon d'armes du chef de l'Etat. Le groupe parcourt la nef encombrée de gravats, où gît une grosse cloche de bronze. Le président de la République écoute les explications de l'architecte chargé de la reconstruction et laisse échapper:«Elle revient de loin !» Jacques Vendroux glisse à l'oreille de son beau-frère qu'André Malraux, ministre responsable du patrimoine, pourrait se montrer plus généreux pour l'église de Calais ! Devant l'église, deux à trois cents personnes font une belle ovation à de Gaulle mais aussi à " tante Yvonne " ! Reste que ce petit pèlerinage qualifié de "sentimental" par la presse apporte une touche quelque peu assombrie au tableau rutilant d'une France moderne, résolument tournée vers l'avenir.

    Une ballade en hovercraft 
    Une fois son repas pris en famille au domicile de Jacques Vendroux et de son épouse situé boulevard Lafayette terminé, le chef de l'Etat accomplit une visite au collège d'enseignement technique de l'avenue Louis Blériot puis prend la direction de la plage où, sur le sable, sont posés deux aéroglisseurs. Le général de Gaulle doit se baisser pour pénétrer dans l'un d'eux. "L'autobus des mers" se lève sur son coussin d'air et file vers les vagues pour une virée de six minutes, suivi par un second hovercraft qui a fait le plein de journalistes. Cette sortie en mer s'accomplit sur un plan d'eau calme. A sa descente, le général de Gaulle confie, dans la langue de Shakespeare, au représentant de la compagnie anglo-suédoise qui en assure l'exploitation : «Je vous félicite, c'est intéressant, merci, bonne chance ».
    Il est 15h30 quand de Gaulle prend son envol pour Saint-Omer. Yvonne reste sur place pour visiter la crèche municipale de la rue de Chantilly: une nouvelle fois, en marge du protocole, l'épouse du général montre son intérêt pour les valeurs de la famille mais de manière non ostentatoire. Le couple ne reviendra plus à Calais en visite officielle. Mais leur souvenir restera à jamais vivace, surtout aux alentours de Notre-Dame...
     

     

    « Calais attaqué une deuxième fois par un zeppelinSeptembre 1959 : gloire au président de la nouvelle République ! »
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  • Commentaires

    1
    Phil
    Mercredi 28 Juin 2017 à 14:57

    Le commentaire lors de la visite de Notre Dame parle d'une cloche gisant dans la nef. Or, en 1961, l'office avait lieu dans l'église provisoire au 3 ou au 5 rue de Croy au fond d'un espace créant une cour intérieur avec un bâtiment en retour d'équerre. Dans ce dernier, j'allais au catéchisme et à la place de la rampe handicapée existante aujourd'hui, il y avait une cloche provenant du clocher de Notre Dame reposant dans une ossature en bois. Je crois qu'il s'agit de la même cloche..

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