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    Cailliette (rue) Boulevard Gambetta - rue Auber

     Jacques Cailliette (1805-1887) était de Boulogne,ce qui ne l’empêcha pas de devenir maire de Saint-Pierre-les-Calais. Pourtant, on sait que le climat de rivalité, qui règne entre les deux villes, ne date pas d’hier.

     Il avait 18 ans à son arrivée dans la cité des Six Bourgeois. Son père dirigeait une fabrique de sucre près de Coulogne où se trouve d’ailleurs la sépulture de la famille Cailliette. Directeur d’une entreprise de messageries, J. Cailliette occupa des fonctions municipales, d’abord comme conseiller, puis comme adjoint. Il eut le privilège de proclamer la République en 1848 et fut élu maire de 1874 à 1878.

     C’est en 1900 qu’on donna son nom à cette rue qui s’appelait alors rue du Cosmorama prolongée. A l’origine, celle-ci devait être sur un grand axe allant du parc Saint-Pierre aux Fontinettes, mais la construction d’une usine à tulle rue Auber empêcha le projet d’aboutir.

     A l’angle de la rue Auber - un nom qui vient d’un malentendu avec Gobert, ce propriétaire ayant offert le terrain pour le percement de la rue, à condition qu’elle s’appelle rue Gobert -, était implantée la scierie Bodet qui brûla en 1901. A sa place, on construisit un dépôt de tramways qui devint celui des autobus de la ville.

     Existent encore quelques belles et vieilles bâtisses dont une maison de maître au n°22, à la façade néo-classique.

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    A l’origine, cette rue devait faire partie d ’un axe reliant le parc Saint-Pierre à la rue des Fontinettes. La construction d’une usine à tulle rue Auber mit fin au projet. Ici, ce sont des maisons de rapport comme on en a bâti beaucoup au moment de l'industrialisation.

    Cambronne (rue) Rue Hoche - rue d’Epinal

     Ancien chemin des Basses-Communes, puis des Abattoirs, elle fait partie du quartier des Cailloux et longe la voie ferrée. C’est en 1891 qu’elle est baptisée du nom du fameux général napoléonien (1770-1842), connu pour son mot célèbre donné en réponse aux Anglais qui encerclaient les chasseurs de la garde impériale à la bataille de Waterloo. Il a toujours nié en être l’auteur. De retour des prisons anglaises, c’est par Calais qu’il rentrera en France le 25 septembre 1815. Escorté jusqu’à Paris par un officier calaisien, le capitaine Cresson, il fut emprisonné par les Royalistes pour avoir rejoint l’armée de Napoléon, avant d’être jugé et acquitté.

     De la rue partent deux passerelles pour piétons au-dessus la ligne ferroviaire : l’une débouche rue Stephenson et l’autre à la petite gare des Fontinettes. Au bout d’un alignement de maisons simples en brique peinte ou pas, le café Les Amis réunis s’ouvre par une porte d’angle coupé comme on en voit souvent à Calais. Légèrement en retrait de la rue, l’église Notre-Dame des Armées dresse sa silhouette en ciment-pierre autour d’un déambulatoire extérieur à colonnade entourant un jardinet. L’édifice religieux date de 1924 et c’est un ancien aumônier militaire l’abbé Peugnet, fondateur et premier curé de la paroisse, qui avait lancé une souscription pour ce bâtiment en dur. En effet, la précédente église, construite en bois, avait failli brûler en 1916, le feu ayant pris dans la crèche de Noël.

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    D’une des deux passerelles qui enjambent la voie ferrée, on peut apercevoir le quartier des Cailloux et son église Notre—Dame des Armées qui dresse sa silhouette en ciment—pierre depuis 1924. Elle est venue remplacer un précédent édifice religieux qui avait failli brûler en 1916.

    Camélinat (rue) Rue Gaston Monmousseau - rue Guy Mocquet

     Située dans un lotissement de conception récente aux confins de Calais et aux limites de Coulogne, cette rue, comme toutes celles du secteur, rend hommage à d’anciens résistants, élus communistes et socialistes, tels que Pierre Puis, Léo Lagrange, Gaston Monmousseau et Guy Mocquet.

     Zéphirin Camelinat (1840-1932) est en effet de ceux qui ont pris part à la Commune de Paris. Il était alors directeur de la Monnaie, dans la capitale.

     Exilé à Londres en 1871, puis gracié, il fut élu député socialiste et devint communiste après la scission de Tours, en 1920. C’est grâce aux actions de l’Humanité, qu’il possédait en tant que trésorier de la SFIO, que ce journal devint l’organe du PCF.

     Ce lotissement, totalement excentré et quelque peu isolé, est composé de petites maisons résidentielles, avec de jolis jardins.

     Il fait partie du quartier du Virval qui commence à la petite gare de Saint-Pierre-Halte, aujourd’hui désaffectée, et s’étend au sud-est de Calais.

     Selon certains, ce nom de Virval viendrait du flamand Vzer wall qui signifie les quatre murs.

     Dans les annales, on retrouve l’existence d’un sieur du Virval, Nicolas de Courbot, qui fut l’un des premiers fondateurs de la colonie calaisienne après la reprise de Calais aux Anglais en 1558. Il obtint même la charge de major de la garnison calaisienne, de 1559 à 1596.

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    Il n ’y a pas grand-chose à dire de cette rue paisible et sans histoires située aux confins de Calais et aux limites de Coulogne. Sinon qu ’on y trouve un lotissement de maisons récentes, avec de coquets jardinets qui sont la marque de l 'héritage champêtre du Virval.

    Champailler (rue) Rue de Chantilly - boulevard Einstein

     C’est en 1883 que la rue Neuf du quartier des Fleurs prit ce nom. Il s’agissait d’honorer toute la famille Champailler (ou Champaillier) qui a tant œuvré pour l’essor de l’industr1e dentellière. C’est le cas, en particulier, du fils aîné d’un fabricant de tulle qui avait repris l’usine Webster, là où se trouve aujourd’hui le collège République. C’est lui qui, en 1834, avec Pearson, sortit le brevet d’un métier pouvant faire « un tulle-dentelle de coton à point d’esprit ». Ses nombreuses inventions lui valurent d’ailleurs d’être fait chevalier de la Légion d’honneur en 1855. La famille Champailler vendit son usine en 1864, deux ans avant qu’elle ne brûle entièrement.

     A l’angle de la rue de Chantilly, se trouve l’institution Jeanne d’Arc, une école créée par les dominicaines en 1888 et destinée, à l’origine, à l’éducation des jeunes filles. Reconstruite, elle existe toujours, mais elle est devenue un établissement privé mixte. Durant les deux dernières guerres, elle fut transformée en hôpital et fut gravement endommagée par un incendie en 1956.

     Au n°29, cette artère compte une impasse, avec une trentaine de maisons, et quelques demeures originales. Ainsi à l’angle de la rue Dognin, une maison de rez—de-chaussée, bâtie dans le style du XVII° siècle, avec ses lucarnes dans les combles. Quant au café Hennuin (1888), construit dans le plus purgenre néo-flamand, il a aujourd’hui disparu.

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    Créée en 1888 par les dominicaines pour l’éducation des jeunes filles, l'institution Jeanne d’Arc servit d ’hôpital durant la guerre. Reconstruit après un incendie en 1956, cet établissement accueille des élèves du primaire et du secondaire.

    Chanzy (rue du Général) Boulevard La Fayette - rue de Vîc

     Autrefois, elle était morcelée en quatre tronçons : rues des Oiseaux, du Mont-Blanc, de Mondovi et des Ormes.

     Devenue voie unique, on l’a d’abord baptisée Eustache de Saint-Pierre, puis, à la réunion des deux villes en 1885, on en fit la rue du Général Chanzy, pour ne pas la confondre avec une autre artère de Calais-Nord.

     Antoine Chanzy (1823-1883) s’était vu confier le commandement de la 11° armée de la Loire par Léon Gambetta laquelle résista à l’avancée allemande en 1877.

     Député des Ardennes, il fut nommé gouverneur de l’Algérie en 1873 et ambassadeur en Russie en 1879.

     Comme tout ce quartier du centre-ville, la rue a subi de nombreuses transformations et démolitions, dans le cadre d’une vaste opération de rénovation urbaine.

     De vieilles maisons ont été détruites pour laisser la place à un immeuble résidentiel moderne situé entre la rue Neuve et la rue de la Tannerie.

     Quelques-unes ont cependant traversé le temps, notamment au n°15, une demeure à la façade conçue comme un décor de théâtre, surmontée de lucarnes en chapeau de gendarme, et surtout au n°45, un hôtel particulier néo-classique tout blanc, avec, au-dessus de la porte cochère, une travée superbement moulurée.

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    Dans ce quartier, la rénovation urbaine est allée bon train et la pioche des démolisseurs a fait le vide dans le vieil habitat du secteur. C ’est le cas à cet emplacement où un vaste et moderne ensemble résidentiel a été édifié entre les rues Neuve et de la Tannerie.

     

     Château d’eau (rue du) Rue des Fantinettes - rue Colbert

     Son nom, elle le doit à la présence d’un château d’eau construit en 1860. Auparavant, elle s’appelait impasse des Pierrettes, au cœur d’une zone de prairies animée par des moulins à vent. Le premier réservoir contenant 400 000 litres d’eau s’effondra brutalement le 30 janvier 1882 sur la maison de la concierge. Celle-ci, rapporte-t-on, gardait des enfants pour se faire un pécule supplémentaire. La femme, son bébé de huit mois et sept autres enfants en nourrice furent tués dans l’écroulement de la maison écrasée sous l’avalanche d’eau. Une autre citerne fut construite qui alimenta la ville en eau jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elle fut alors remplacée par les grands châteaux d’eau de la Porte-de-Lille et du pont Freycinet, toujours en place.

     La rue du Château d’eau est typique de ce Calais où alternent demeures bourgeoises et maisons ouvrières comme si le destin des deux classes sociales, nées de l’industrie de la dentelle, était étroitement mêlé. On notera au n° 14 une belle façade moulurée, avec porte cochère. Du 77 au 85, une enfilade de maisons simples, traitées à la bourgeoise, avec, au 108, l’usage du ciment-pierre qui confère du style à cette demeure. Au coin de la rue Colbert, se découpe une maisonnette d’angle à usage commercial, avec sa façade traditionnelle habillée d’une simple devanture de bois. Aux n°23 et 25 (1809), se dressent deux vieilles maisonnettes de briques peintes, à toit brisé et lucarne en bois.

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    Au coin de plusieurs rues, on trouve ce genre de commerces, avec leur porte disposé dans l’angle coupé de l’immeuble. Ces boutiques sont en surélévation et le bas des murs est goudronné en souvenir du temps où ce quartier de Saint-Pierre connaissait des inondations.

     Colonne (quai de la) Courguin-maritime

     Il part du quai Paul Devot, longe l’avant-port et se prolonge par le quai Auguste Delpierre. Il tient son nom d’un monument qui a été déplacé boulevard des Alliés. Erigée par souscription auprès de la population locale, cette colonne commémore le retour de Louis XVIII en France, après la chute de l’Empire. Rentrant d’exil en Angleterre pour reprendre son trône, le roi de France avait débarqué à Calais le 24 avril 1814. Par la suite, certains voulurent abattre la colonne. Ses défenseurs avancèrent l’idée qu’elle n’était pas un symbole de la monarchie, mais le témoin royal des qualités d’accueil du port de Calais. Classée monument historique en 1933, elle fut démontée en 1939 pour passer la guerre à l’abri avant de rejoindre le boulevard des Alliés en 1964.

     A l’angle formé avec le quai Paul Devot, se trouvait la capitainerie du port. Elle a été démolie avec l’édification, en 1980, d’un nouveau bâtiment, au bout du quai de marée, dans l’axe du chenal.

     Juché au milieu d’une pelouse depuis 1960, le monument des Sauveteurs est arrivé là du boulevard des Alliés où il avait traversé les deux guerres sans mal. Sculpté en 1899 par Lormier, ce bronze est dédié au courage de deux Courguinois. Le 18 octobre 1791, en se portant au secours des naufragés d’un bateau de pêche dieppois face aux jetées de Calais, Louis Gavet, âgé de 27 ans, et son compagnon François Maréchal trouvèrent la mort. Une vague retourna leur canot de sauvetage.

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    Chaque année, autour du monument des sauveteurs, le Courgain- maritime perpétue le souvenir de tous ses disparus en mer. Ce bronze est dédié à Louis Gavet et à François Maréchal, morts en 1791, en se portant au secours des naufragés d’un bateau de pêche.

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    A ce quai, viennent s’amarrer les bateaux de pêche. Des étals de poissons frais y ont été installés sur lesquels les marins vendent le produit de leur pêche. Dans l'avant—port, passent souvent des voiliers de plaisance qui trouvent un havre dans le bassin Ouest.

     Derrière le monument des Sauveteurs se glisse la rue Jean-Pierre Avron (1840-1902). Ce pilote du port et patron du canot de sauvetage était surnommé « La Tempête ». Il totalisait 48 années de marine et 19 secours en mer.

     C’est en 1834 qu’avait été organisé le sauvetage en mer à Calais, avec la création de la Société humaine par le prince de Joinville, à l’initiative du peintre calaisien Louis Francia. Le premier président de cette société fut l’ancien corsaire Tom Souville.

     Les premiers bateaux de secours en mer étaient à rames et il fallut attendre 1930 pour voir la station de sauvetage équipée d’un canot à moteur. Tous bénévoles, les membres de la société venaient, pour l’essentiel, du Courgain-maritime. Parfois même la charge se transmettait de père en fils comme dans les familles Mulard, Delannoy, Levavasseur ou Goubelle.

     Face au port, la rue Avron accueille une rangée de petits cafés et de restaurants bien dans l’ambiance d’un quai qui, aujourd’hui, a retrouvé son animation : une flottille de bateaux de pêche côtière y a trouvé un havre et les marins-pêcheurs, un endroit où installer leurs étals de poissons. On peut y acheter du hareng, du maquereau, des poissons plats (soles, plies, flets, limandes, barbues, turbots), mais aussi des morues, merlans, tacauds, raies et chiens de mer.

     Cela témoigne de la renaissance de la pêche dans une ville où cette activité n’avait cessé de décliner depuis la fin du XIX° siècle, avec la concurrence des salaires de l’industrie dentellière et le développement du port de Boulogne.

    Commerce (quai du) Boulevard La Fayette - Rue Mollien

     A l’origine de cette appellation qui date de 1845, il y a l’existence d’un poste à quai pour les péniches transportant des marchandises. Celles-ci empruntaient le canal de Calais à Saint-Omer creusé en 1680. C’est de là, par exemple, que partirent les blocs de marbre provenant des carrières de Marquise et destinés au tombeau de Napoléon 1er aux Invalides.

     Cette voie sur berge est la réunion des anciens quais Bourbon et d’Angoulême. Un hôtel de ville y fut bâti en 1824. Transférée en 1861 place Crèvecœur, la mairie fut transformée en hospice civil. Il fut démoli vingt ans plus tard afin de construire l’hôpital Saint-Pierre qui, en 1971, laissa la place à l’actuel centre hospitalier.

     Tout à côté, aurait existé une église fortifiée, dite de Pétresse, bâtie en 869 par Baudouin Bras de Fer, comte de Flandre, pour résister aux invasions normandes. Elle fut détruite, à la fin du XIXe siècle, par le maire d’alors, Van Grutten.

     Le quartier ayant fait l’objet d’une rénovation urbaine, beaucoup d’habitations anciennes ont été abattues, notamment des maisons rurales parmi les plus vieilles de Calais. A l’angle de la rue du Temple, il reste un exemple de ce type d’habitat, avec ses marches en pierre et son soubassement isolant, à cause des inondations. A noter au n°173, une haute demeure, avec sa façade moulurée en ciment-pierre, son bow—window anglais et sa belle porte cochère.

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     Image sereine d’un quai qui se mire dans l’eau du canal de Calais à Saint-Omer et d’un quartier qui a laissé l'essentiel de son habitat ancien dans les opérations de rénovation urbaine. Se souvient-il qu ’existait là un poste pour les péniches transportant les marchandises ?

    Commune-de-Paris (rue de la) Rue du Four—à-Chaux - rue des Fantinettes

     En 1873, c’était la rue Un des Fontinettes avant que les élus de Saint-Pierre ne la baptisent, en 1878, du nom d’un homme d’Etat, Adolphe Thiers, mort un an avant.

     En novembre 1971, le conseil municipal de gauche décida d’effacer le nom de celui qui avait réprimé férocement la Commune en 1871, et d’appeler cette voie rue de la Commune-de-Paris pour marquer le centenaire de cet événement.

     Au n° 100, se trouve l’école de filles Sainte-Agnès, ouverte en 1880, et, en face, la salle d’œuvres de Saint-Pierre inaugurée en 1910. Elle est aujourd’hui intégrée à la cité scolaire Saint-Pierre, mais servit de salle de spectacle et de cinéma après la dernière guerre.

     On y célébra même des offices religieux pendant la rénovation de l’église Saint-Pierre abîmée par les bombes. Depuis novembre 1981, Electricité et Gaz de France ont installé des locaux modernes dans cette rue.

     On y aperçoit également quelques belles demeures comme au n°43, avec ses ornementations de fer forgé et sa porte cochère latérale ; plus loin encore au      n°98, avec sa riche ornementation en pierre ha- billant la façade de briques et son décor mêlant des éléments de la Renaissance et du néo-classique, et surtout un magnifique travail de menuiserie sur la porte d’entrée, assortie aux sculptures. 

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     Dans cette rue au cœur de Saint-Pierre, on aperçoit quelques belles et grandes demeures, à l’exemple de cette maison de maître, avec son balcon et ses balustrades de fenêtre en fer forgé, signes extérieurs du lien entre réussite sociale et développement industriel.

    Communes (rue des) Rue du Pont-Lottin - quai du Commerce

     Avant de prendre son nom définitif, elle avait porté celui de Trocadéro, souvenir d’un bourg fortifié espagnol fermant l’entrée de la baie de Cadix, conquis par les troupes françaises du duc d’Angoulême en 1823.

     Les Communes désignaient en fait des terrains donnés par le roi de France Henri II à Calais, après sa délivrance de l’emprise anglaise en 1558 par le duc de Guise. Destinées à l’élevage, ces terres furent divisées en trois zones : les Communes, les Hautes-Communes (rue Greuze au Beau-Marais), et les Basses-Communes (rue Frédéric Sauvage aux Fontinettes) auxquelles s’ajoutaient les Petites-Communes (parc Saint-Pierre).

     Le temps et les opérations de rénovation ont eu raison de son habitat ancien. Ainsi au n°39 de cette rue, se trouvait la fabrique de tulle Eugène Bimont, l’une des premières à fonctionner à la vapeur. A la place de cette usine plusieurs fois incendiée, les paroissiens érigèrent, après la Seconde Guerre mondiale, une chapelle consacrée à Saint-Michel pour le remercier de les avoir protégés des bombes. Ensuite laissée à l’abandon, cette chapelle fut restaurée en 1964. Elle a aujourd‘hui disparu, tout comme les restes de l’usine Bimont à l’angle du quai du Commerce, pour faire place à des appartements. Ne subsistent que quelques maisons anciennes, notamment aux n° 23-25, deux habitations symétriques : une astuce de façade pour faire plus riche.

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    Les destructions des guerres et la rénovation ont presque en raison du passé architectural de cette rue. D’où ce face-à-face entre des immeubles récents et des maisons de rapport anciennes, construites en symétrie pour donner l’impression de grandeur.

     

     Constantine (rue de) Avenue Roger Salengro — rue Claude Warroquier

     Dans son plan, le docteur Cuisinier avait décrété que ce quartier du Fort-Nieulay recevrait, entre autres, des noms de villes d’Afrique du Nord. C’est ainsi que, sur les plaques de rue, on peut lire notamment Blida, Mogador, Mazagran, Oran, Alger, Rabat et Orléansville. D’où le choix de Constantine, ville de l’est algérien dont le nom a été donné en 1891 à l’ancienne rue Trois du Fort-Nieulay.

     A l’exception d’un immeuble d’architecture contemporaine, la rue a gardé son visage d’antan : celui d’un habitat ouvrier, à l’image des maisonnettes de l’impasse Stopin au n°5, et de celles qu’on découvre au fond d’un petit passage au n°11, la typique cour Deplète. A noter également au n°4, une vieille maison de briques, avec ses lucarnes dans les combles et son jardinet en façade.

     Construite en 1910, l’école primaire étire sa façade de briques, avec ses marches de pierre et ses grandes fenêtres à petits carreaux. Et plus loin l’église Saint-Antoine de Padoue dresse sa silhouette de briques sombres sur un portail ornementé en ciment-pierre.

     Bâtie en 1894, cette chapelle de paroisse abrite Saint—Fiacre, le patron des jardiniers qui sont nombreux dans le quartier et dont les sociétés sont actives. Elle a traversé les guerres. Mais, dans la nuit du 18 mars 1915, une bombe, lancée d’un zeppelin allemand venu de Maubeuge, traversa son toit. Le mur d’en face en porte encore les éclats.

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     A l’exception d’un immeuble d ’architecture moderne, la rue a gardé son visage d’antan, avec ses maisonnettes ouvrières et son église Saint-Antoine de Padoue bâtie en 1894. Celle-ci abrite une statue de Saint-Fiacre, patron des jardiniers nombreux au fort Nieulay.

    Corneille (rue) Boulevard de l ’Egalité - rue Régnier

     Située au cœur de la Nouvelle-France, elle s’appelait avant rue des Ecoles. Il faut dire qu’à l’angle du boulevard de l’Egalité existe un grand établissement scolaire : il s’agit de l’école Balzac ainsi dénommée en 1900.

     C’est le docteur Cuisinier qui, en 1883, proposa de donner à cette voie le nom de Corneille, dans un quartier qui regroupe des grands écrivains français. Dans les parages, on trouve en effet des plaques de rues à la mémoire des Ronsard, Racine, Sainte- Beuve, Alfred de Vigny.

     La Nouvelle-France a fait une place au grand poète dramatique français Pierre Corneille (1606-1684), célèbre pour avoir écrit Le Cid, Horace, Cinna et Polyeucte.

     De chaque côté de la chaussée, qui resta long- temps pavée, s’alignent des demeures simples, dans un quartier de longue tradition ouvrière. D’ailleurs, dans la rue Régnier, toute proche, tout comme dans la rue La Fontaine, on peut encore apercevoir de modestes maisons de bois du début du XX° siècle, construites sur de toutes petites parcelles de terrain, avec un minuscule jardinet en façade. Elles portent la marque d’un habitat pauvre, reflétant néanmoins un désir de propriété individuelle.

     Elle débouche sur la rue Régnier, Mathurin de son prénom (1573-1613), un poète qui appartenait à une société de bohèmes composée de « satiriques gausseurs ».

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     Au carrefour des rues Corneille et Régnier, dans le quartier de la Nouvelle-France, se dresse une bâtisse d ’angle, en l’occurrence une épicerie, caractéristique d’un habitat qui se loge la où il y a de la place et cherche en hauteur l’espace dont il ne dispose pas en largeur.

    Curie (boulevard) Rue du Four—à-Chaux - quai Lamarle

     Son ancien nom de boulevard de la Calendrerie vient d’un cours d’eau qui partait du canal de Calais pour rejoindre la Rivière-Neuve près de l’abattoir. Cette appellation figure dans un registre d’état civil de Saint-Pierre datant de 1632. Elle a pour origine une fabrique de draps située sur les rives de ce cours d’eau, où l’on « calendrait » les étoffes (lustrage et lissage). A cause des inondations de 1881, les élus de Saint-Pierre décidèrent de faire passer la Calendrerie dans un conduit sur lequel fut réalisé ce boulevard. Celui-ci était prévu pour relier le canal de Saint-Omer aux Fontinettes, mais les travaux s’arrêtèrent à hauteur de la rue du Four—à-Chaux.

     Dans ce quartier des scientifiques, cette voie reçut, en 1910, le nom de Curie, en hommage à Pierre (1859-1906) et Marie (1867-1934), prix Nobel en 1903 pour leurs découvertes sur le radium. Le prolongement de cette artère permit en 1955 d’honorer un autre grand physicien, Albert Einstein.

     Le stade Henri Louchez doit son nom à un instituteur et dirigeant sportif qui, en 1941, avait été écrasé par un camion allemand. Au bout, se trouve le pont Curie, inauguré en 1980. Avant, existait un pont-levis à voie unique, en fait le premier pont de Vic, monté en 1947 au bout de l’avenue Blériot. Sur intervention de Gaston Berthe, cet ouvrage, qui ne servait plus à rien, fut installé à cet endroit où il n’y avait qu’une passerelle pour franchir le canal. Construite en 1929, celle-ci existe toujours.

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    Tout à côté de la passerelle pour piétons construite en 1929, le premier pont Curie à voie unique avait été installé en 1952. C’était en fait l’ancien pont de Vic déplacé sur décision du maire Gaston Berthe. Le nouvel ouvrage, un pont-levis à deux voies, a été inauguré en 1980.

     

     

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