• CALAIS = DOUVRES PAR J. DE LESSEPS

    1/ Les matelots de la Lance font évacuer le terrain pour faciliter le départ. 

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    2/ L'enthousiasme des petits Calaisiens. 

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    3/ A Saint-Margaret, le mécanicien Lemartin verse dans le moteur le bidon d'essence apporté de France.

      4/ Les artilleurs anglais garent le monoplan dans une ferme de Wanslead. 

    5/ Après l'atterrissage. 

    6/ De Lesseps demande au public de s'écarter. 

    7/ De Lesseps montre aux délégués de l'A. C. d'Angleterre l'endroit de son atterrissage. 

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    8/ En haut de la falaise d'East Cliff où, de 3 heures du matin à 4 heures de l'après-midi, le mécanicien Lemartin et notre photographe Simons ont attendu de Lesseps.

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           9/ L'aviateur Rolls félicite Jacques de Lesseps.

    LE DÉPART ET LE RETOUR

     LE DEPART DE CALAIS

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     A 3 h. 35, Jacques de Lesseps fait sortir son appareil de la tente qui l'abrite. Il fait faire un essai du moteur, fait écarter le public, démarre à toute allure et s'envole aisément à 3 h. 40. Dès le départ, il s'élève à plus de 200 mètres de hauteur, pour atteindre bientôt 600 à 700 mètres d'altitude, C'est à 4 h. 22, soit an bout de 42 minutes, que l'aviateur atterrit à Saint-Margaret, après avoir parcouru 42 kilomètres environ.

      (Détails techniques : Moteur Gnôme, magnéto Bosch, tissu caoutchouté Continental.)

     LE RETOUR A CALAIS

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      Jacques de Lesseps avait l'intention de revenir à Calais par la voie des airs, mais la brume et le vent l'en empêchèrent. Il décida de rentrer par le paquebot. A 10 h. 1/2, dimanche il arrivait à Calais avec son monoplan sur l'Escopette. Plus de 10.000 personnes l'attendaient pour l 'acclamer.

    Jacques de Lesseps traverse la Manche en 42 minutes

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    LE DÉPART DES BARRAQUES

    Malgré la brume persistante, Jacques de Lesseps décidait de partir à 3 h. 40. Il décollait en vingt mètres. Il s'élevait rapidement aux applaudissements de foule enthousiaste. Après avoir décrit un cercle au-dessus des Barraques, il passait au-dessus du sémaphore à une altitude de 400 mètres et s'éloignait vers Nord-Ouest. Au bout de 10 minutes, il disparaissait dans le lointain, volant à une vitesse de 70 à l'heure et montant toujours dans le ciel. Le contre-torpilleur l’Escopette le suivait péniblement, bien que lancé à toute vitesse. L’inquiétude était grande à Calais, car des officiers de marine assuraient que l'aviateur ail, pris une fausse direction. Il est vrai que pendant quelques minutes de Lesseps s'était perdu dans les airs, voguant au-dessus des nuages.

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    AVANT L'ATTERRISSAGE A SAINT- MARGARET BAY

    Le photographe Simons attendait en compagnie du mécanicien de J. de Lesseps, Lemartin, à l'endroit où Blériot avait atterri. Tout à coup ils aperçurent l’aéroplane au loin. Il ne se dirigeait pas dans leur direction. Immédiatement ils sautèrent dans une automobile, coupèrent à travers champs et furent assez heureux pour arriver presque au moment de l'atterrissage. Ce cliché fut pris au cours de cette chasse fantastique. De Lesseps était à 750 mètres d'altitude. Il arrêta son moteur et reprit terre après un merveilleux vol plané de 3 kilomètres. L’appareil se posa délicatement sur le sol, l’aviateur voulait repartir pour Calais, mais le brouillard l'en empêcha. Le lendemain matin, il abandonnait ce projet et rentrait en France avec son monoplan par le contre-torpilleur l'Escopette.

     

     

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  • L‘ECHOUAGE D‘UN LIBERTY-SHIP SUR LA PLAGE DE SANGATTE

    L‘ECHOUAGE D‘UN LIBERTY-SHIP SUR LA PLAGE DE SANGATTE

    L‘ECHOUAGE D‘UN LIBERTY-SHIP SUR LA PLAGE DE SANGATTE

    Le "Costas Michalos" avant son échouage

    27 octobre 1962 

     L‘ECHOUAGE D‘UN LIBERTY-SHIP SUR LA PLAGE DE SANGATTE

    Le cargo grec s'est échoué devant Sangatte. Il accuse une certaine gîte.

    Nous relatons par ailleurs le drame maritime survenu sur le littoral calaisien. Mouillé sur rade, alors que tout dormait vraisemblablement à bon bord, le liberly-ship « Costas-Michalos », dérapant sur les ancres, fut drossé par la tempête et jeté à la côte, avant que l'équipage ait pu maîtriser le navire désenparé.

    Les trente officiers et matelots grecs, ramenés à Calais à 2 h. 30 du matin,  étaient encore sous le coup de l’émotion provoquée par l’échouement d’un navire de cette importance. Leur sauvetage avait été opéré par le canot “Maréchal Foch” de la station de Calais ayant à son bord le patron Léon Avron, M. Georges Wiart, president du comité du sauvetage; M. Marcel Goubelle, sous patron; MM. Tellier, radio; André et Georges Goubelle, Ernest Bruxelles, canotiers; Leprince, mécanicien; Georges Butez, sapeur pompier secouriste.

     Un peu plus tard, rentraient les remorqueurs “Courageux” et “Farouche” qui avaient vainement tenté, avec le “Jean-Bart” de renflouer le liberty-ship entre 22 heures et minuit. Ils avaient renounce après avoir brisé les cables de remorque.

     Dés la nouvelle du naufrage, M. Wadoux, chef du sous-quartier de l’administration maritime de Calais, avait reveille Mme. Duquesne, au café le “Triton”, au Courgain Maritime, en lui demandant de preparer des grogs, du café et autres boissons chaudes, à l’intention des rescapés. Ainsi, tout le monde fut réconforté au retour du port.

     

     L’ambulance des pompiers transporta à l’hôpital un matelot grec contusionné aux reins. Un peu plus tard, les marins furent conduits au commissariat central de police où ils passèrent au chaud le restant de la nuit.

    A BORD “FAROUCHE” EN ROUTE VERS LE CARGO

     A 9 h 45, le remorqueur “Farouche”, de la S.R.S.N., commandé par le capitaine Rebillard, quittait Calais pour rejoinder le liberty-ship échoué. Etaient present sur le quai, à son depart : MM. Henry Agneray, commandant du port; Kerjean, officier de port; Louis-Pascal Agneray, president du pilotage; Boudry, directeur local de la S.R.S.N.; Legrand, directeur; Wasselin et Gerne, de la Maison Jokelson & Handtsaem; Wadoux, administrateur de la marine; Dekeyser fils, directeur adjoint de la S.R.S.N. à Dunkerque, etc.

     Le “Farouche” emmenait avec lui l’équipage du “Costa Michalos”; M. Lefebvre, mécanicien d’armement à la S.R.N.S., chargé de la direction des operations de renflouement; le capitaine Jouin et une équipe de matelots charges de prendre en main le liberty-ship avant et après sa remise à flot. Seul de toute la presse, il y avait à bord notre envoyé special Robert Chaussois.

     Voici son carnet de route:

     9 h 50; Nous doublons les jetées de Calais. Un petit grain bouche un peu la visibilité.

     10 heures; Nous approchons du “Costas Michalos”. Il est échoué parallèlement à la côte, l’étrave tournée vers l’ouest. Il est incline de 12 degrés sur tribord. Près de lui stationne le remorqueur n° 27 de la S.R.S.N., le “Jean Bart” commandé par M. Clemenceau.

     10 h 15; Le “Farouche” met à la mer son canot à moteur, qui va conduire au liberty-ship l’équipage grec. Pour le premier voyage, le commandant grec embarque avec son second.

     10 h 30; Le canot à moteur du “Jean Bart” vient se ranger le long du “Farouche” et embarque les dix hommes de la S.R.S.N. qui vont prendre occupation du cargo. Le transbordement est rendu difficile par la mer houleuse, mais après quelques instants d’émotion, tout se termine bien. Le vent soufflé de Nord-Nord-Ouest.

     ARMADA DE REMORQUEURS ET DE CANOTS AUTOUR DU LIBERTY-SHIP

     10 h 45; Le remorqueur numéro 33 de la S.R.S.N., le “Hardi” de Dunkerque, apparait à l’est, tandis qu”à l’ouest du Gris-Nez, debouche le numéro 31, l’”Intrépide”, de Boulogne. Tous deux ont le cap sur Sangatte et viennent nous rejoinder. Il y a maintenant une petite armada de remorqueurs autour du grand navire blessé.

     10 h 55; Le canot conduit quatre marins grecs à leur bord.

     11 heures; La pilotine “Tom Souville” de Calais arrive sur les lieux. Le pilote calaisien Adrien Magniez embarque sur le “Costas Michalos”. Le “Hardi” se place devant le liberty-ship et passe la permière remorque. Le cargo est collé au rivage et ne bouge pas d’un pouce.

     11 h 15; Le canot conduit quatre autres marins grecs à leur bord.

     11 h 25; Le canot conduit cinq marins du liberty-ship, le capitaine Jouin signale de légères infiltrations d’eau dans les cales. Il n’est pas possible de sonder, la pontée de rondins, en se déplaçant par la gite, ayant bouché les ouvertures.

     11 h 30; Le “Jean Bart” établit à son tour une amarre. Le soleil éclair maintenant la scène.

     11 h 40; Le car-ferri “Free-Enterprise” faisait route de Douvres sur Calais passé très près du lieu de l’échouage. Tous les passagers, des matelots et des serveurs en veste blanche sont massés sur le pont.

     11 h 45; Le capitaine Jouin signale que le liberty-ship commence à “Jouer”. Il a pris un ou deux degrés de plus. Sur le pont, une equipe prepare les chalumeaux pour couper la chaine d’encre dés que le “Costas Michalos” commencera à bouger. Le navire a, en effet, mouillé son ancre de babord, clle de tribord étant remontée près de l’écubier. L’”Intrépide” s’attelle au “Jean Bart” pour l’assister dans sa traction.

     LES REMORQUEURS TIRENT

     11 h 58; l’avion de la “Voix du Nord” viens decrire des cercles autours de notre theatre d’opérations. Les trois remorqueurs tirent de toute leur puissance, c’est à dire le “Jean Bart” 3000 CV, le “Hardi” 2100 CV,l’”Intrépide” 1000 CV. Du “Farouche”, conserve an reserve en cas de coup dur, M. Lefebvre dirige la manoeuvre.

     12 heures; Le “Jean Bart” fait de grande embardées sous l’effet de traction qu’il opere.

     12 h 03; L’amarre du “Jean Bart” se rompt et le “Hardi” reste seul à tirer. Le liberty-ship signale que sa chaîne d‘ancre se raidit dangereusement.

     12 h 07; M. Lefebvre donne l'ordre de couper au chalumeau la chaine d‘anrre. De toute facon, il reste une ancre de secours à bord du liberty—ship.

     12 h 25; Une nouvelle manoeuvre va étre tentée, bien que la pleine mer soit a présent dépassée de quelques munutes. Le « Jean-Bart » est occupé en rétablir son amarre. Le “Farouche” vient se placer sur babord avant du liberty-ship, son étrave contre le flanc du cargo. L‘ “Intrépide” se place de la même façon, sur babord arrière.

      Les deux sister—ships do la S.R.S.N. vont travailler conjointement à repousser le cargo vers le large, tandis que ces deux autres remorqueurs le tireront vers l’avant

     NOUVEL ESSAI

     12 h 40, Les quatre navires sont en action, totalisant un effort de traction de 91 tonnes 500, soit: “Jean Bart” 32 t 500, “Hardi” 14 t 500, “Farouche” et “Intrépide”, chacun 14 t 500.

     12 h 45;  Sur les dunes de Sangatte on aperçoit de nombreux curieux qui suivent la manoeuvre.

     12 h 52; M. Lefebvre décide d‘arrêter la tentative de renflouement, la marée baissante réduisant l'efficacité des efforts. Seul, le “Jean-Bart” restera en permanence à proximité, paré à toute eventualité. Les trois remorqueurs vont regagner leurs ports respectifs. La prochaine tentative sera effectuée dimanche. à partir de 10 h 30. On renonce à faire une tentative de nuit, l'obscurite génant les déplacements simultanés des quatre remorqueurs.

     13 heures; M. Lefebvre monte à bord du liberty-ship, par l'échelle de corde des pilotes qui pend le long de la coque. Je l’accompagne.

     Les quatre derniers marins grecs restés sur le “Farouche” en profitent pour embarquer.

     Sur le pont, les  matelots grecs se restaurant. Le capitaine fait de brèves apparitions. On signale la présence d‘eau dans les cales. En même temps qu'il amènera du ravitaillement pour les hommes de la S.R.S.N, restant à bord, le remorqueur de Calais transportera des vide—caves et du matériel d'épuisement pour assécher les salles des machines envahies par l‘eau.

     13 h 15; Le bateau-pilote de Calais vient décrire un demi-cercle devant notre armada. On aperçoit à bord un cameraman de la R.T.F. et le radio-reporter, M.Laplaud. Nous regagnons le « Farouche », après avoir serré la main du commandant grec, que toute cette affaire semble ennuyer souverainement.

     13 h 20; Le “Farouche” remet le cap sur Calais où il arrive à 13 h 45 après avoir attendu la sortie du car-ferry “Free-Enterprise”. Le deuxième acte était joué. Le troisième le sera ce matin. Sera-ce l’épilogue ?

     ROBERT CHAUSSOIS

     Ajoutons qu’à la côte opérations de déséchouage du « Costas Michalos » ont été suivies par MM. Dekeyser, de Dunkerque; Potaillon, de Boulogne, et Boudry, de Calais, qui appartiennent aux directions des ports de la Sté de Remorquage et de Sauvetage du Nord.

    L‘ECHOUAGE D‘UN LIBERTY-SHIP SUR LA PLAGE DE SANGATTE

    Le commandant du navire (à gauche) interroge l'un de ses marins.

    L‘ECHOUAGE D‘UN LIBERTY-SHIP SUR LA PLAGE DE SANGATTE

    Cette vue exclusive prise à bord du liberly-ship grec « Costas-Michalos », montre, depuis la passerelle, la pontée de rondins du cargo échoué, tandis que le remorqueur « Hardi », attelé à 'l'avant, tente de le déplacer.

    L‘ECHOUAGE D‘UN LIBERTY-SHIP SUR LA PLAGE DE SANGATTE

    On se réconforte, sauveteurs français et marins grecs. On reconnaît, à droite,M. Georges Wiart, président du Comité de Sauvetage de Calais, et quelques membres de l'équipage du canot “Maréchal Foch”. (photos “La Voix du Nord”)

    30 octobre 1962

    Durant la nuit de dimanche à lundi, alors que la radio égrenait les résultat du référendum, un “suspense” avait lieu au large de Sangatte, où l’on éprouvait les plus sérieuse craintes sur le sort du liberty ship “Costas Michalos”.

     L’on dut prendre des mesures en vue d’une évacuation rapide des cinqantes hommes se trouvant à bord.

     Des craquements s’étaient fait entendre. La coque avait commencé à se déformer, sous l’effet de la mer, agitée par un vent de nord-ouest de trente noeuds qui soufflait avec des rafales de quarante noeuds. Au port de Calais, où les écluses du bassin Carnot restèrent fermées par sécurité, volets bloqués, on a relevé à marée haute un apport d’eau supplémentaire de 70 centimètres, sur la hauteur de la marée prévue. Sans arrêt, la mer passait par dessus les portes d’écluse.

     

     Les quais de l’avant port, détrempés par les vagues, étaient presque à ras de la mer.

    L‘ECHOUAGE D‘UN LIBERTY-SHIP SUR LA PLAGE DE SANGATTE

    Des milliérs de visiteurs se sont rendus dimanche sur la côle. Voici le spectacle qu'ils eurent sous les yeux, à marée haute: quatre remorqueurs tentant l'impossible renflouement du « Costas—Michalos ». De gauche à droite, le « Hardi », le « Jean—Bart »,et appuyés au “liberly-ship”, l’”Intrépide” et le « Farouche ». (photo « La Voix du Nord »).

     A 21 h 35, dimanche, le “Farouche” (capitaine Rebillard) était parti à toute vitesse vers le navire, suivi, trois minutes plus tard, par le canot de sauvetage “Maréchal-Foch” que la mer démontée n’effrayait point.

     Ces unités rejoignirent d’autres remorqueurs, stationnés devant Sangatte, projecteurs braqués sur le liberty-ship.

     Il fallut attendre que la marée monte d’avantage pour pouvoir accoster. A 23h 35, le “Maréchal-Foch” prenait à son bord 27 hommes, tous de l’équipage grec. Mais il restait sur les lieux, prêt à intervenir pour récupérer les autres en cas de pèril.

     Attelés à l’avant du “Costas Michalos”, qui bougeait dans sa souille, le “Jean-Bart” et le “Hardi”, les deux plus forts remorqueurs de la S.R.N.S., tentèrent un renflouement problématique, mais leur efforts furent vains, le navire resta cloué au sol.

     A 3 heures du matin, le commandant, le second et le chef d’équipage du “Costas Michalos” quittèrent à leur tour le cargo pour prendre place sur le “Maréchal Foch”, qui ramena les trentre grecs au port de Calais. A 3 h 45.

     Le car de la police transporta alors les marins vers l’hôtel Pacific, ou des chambres leur étaient réservées.

     

     Sur le navire échoué, restaient une quinzaine d’hommes de l’équipage de renflouement de la S.R.N.S., commandés par le capitaine Jouin. Aguerris à cette sorte de situation, ces marins disposaient de moyens d’évacuation rapides, tels que canots pneumatiques du types bombard.

    La coque est déformée

     A la marée basse, lundi matin on apercevait nettement la déformation de la coque qui s’est produite à la hauteur de la salle des machines. Leurs tôles forment un creux vertical, dans lequel on pourrait loger un homme sans difficulté.Une nappe de mazout entoure le navire, ce qui laisse présumer qu’il y a une fuite dans les réserves de carburant.

     Cette nouvelle situation a incité les dirigeants de la S.R.S.N à surseaoir jusqu’a nouvel ordre à toute nouvelle tentative de renflouement. Ainsi fut décommandée la tentative qui devait être entreprise à la marée de midi par six remorqueurs. On attendait alors l’avis des armateurs pour savoir s’il convenait de poursuivre les efforts en vue d'une remise à flot de plus en plus aléatoire.

     LE LIBERTY-SHIP ETAIT UN NAVIBE D‘URGENCE

     Le “Costas-Michalos”, liberty-ship, a été lancé en 1945, quand les U.S.A. construisaient des navires, en des délais-records, afin de compenser les pertes navales des flottes alliées provoquées par les sous—marins, les avions et les mines ennemies, voire les bâtiments de surface. Ce type de navire n’a

    évidemment pas le fini des bateaux du temps de paix. La France n'on possède plus que quelques-uns. Tous ceux qui lui avaient été confiés a la Libération, ont été

    revenndus, soit à la ferraille, soit à des armements étrangers pour faire place à une flotte moderne et mieux adaptée aux exigences de la navigation actuelle.

     Le cargo grec victime de l‘accident de Sangatte arrivant de Russie, du port d'Archangel, sur la Dvina. ll amenait 2 246 fathoms de rondins de papeterie destinés aux papeteries de Corbehem où il devaient être expédiés par la voie ferrée.

     Le bateau mesure 135 mètres de longueur et 17 m. 80 de largeur. Sa jauge brute est de 7.176 tx et sa jauge nette de 4.380 tx. Il appartient à la Compagnie “Michalinos Maritime et Commercial C° Ltd” du Pirée.

     L'autre 11berty-ship grec qui s‘est perdu samed1 sur la côte bretonne. Le ”Xenophon”, appartient à un autre armement.

     Par contre, un second cargo de la Compagnie M1chalinos est attendu au port de Calais : c'est le “Antonios-Michalos”, amenant de Finlande 1.200 fathoms de rondins de papeterie, destinée cette fois à 1’usine calaisienne de la Socièté

    des Pâtes à Papier. Il s’agit d'un cargo de dimensions plus réduites, puisque, lancé en 1943 (donc encore de la fabrication du temps de guerre). 11 a une jauge brute de 2937 tx et une jauge nette de 1.697 tx. 11 devrait arriver à Calais, dans la premiére quinzaine de novembre.

     Enfin, ajoutons que le “Costas-Michalos” en était à son premier voyage sur Calais. Il n’aura pas l’occasion de connaitre ce port car, même en cas de renflouement, il lui sera conseillé d'aller ailleurs, les autorités ne pouvant courir le risque de le voir se casser en deux , au moment ou i1 franchira la passe entre les jetées !

     

                        Robert CHAUSSOIS.

    Nouvelle sortie du “Maréchal Foch”

      Hier à 11 h 30, le canot de sauvetage du “Maréchal Foch” a pris la mer pour la troisième fois en trois jours afin d’aller récupérer l’équipe de marins de la S.R.S.N. se trouvant à bord du “Costas Michalos”.

     A la barre se trouvait le patron Léon Avron. L’équipage était composé de MM. Marcel Goubelle, sous-patron; Leprince, mécanicien; Roland Tellier, radio;Geoges, André, Lucien Goubelle et Ernest Bruxelles, canotiers.

     Il a ainsi ramené une quinzaine de personnes; les douze du capitaine Jouan, de la S.R.S.N.; le commandant du “Costas Michalos”, le délégué de la “Salvage-Insurance” de Londres et M. Lefebvre, mécanicien d’armement de la S.R.S.N. à qui était confiée depuis samedi la direction des tentatives de renflouement.

    31 octobre 1962

    Siuation inchangée pour le liberty-ship grec “Costas-Michalos”, échoué sur la plage de Sangatte. Le navire reste soudé au sable, approfondissant la souille qui le relient prisonnier. Il a perdu une partie de sa réserve de mazout qui s’en est allée engluer le rivage, entre les rondins rejetés par la mer.

     Mardi, la mer était trop agitée pour permettre à un remorqueur d‘accoster l'épave afin que les matelots grecs puissent monter à bord pour y récupérer leurs affaires personnelles. Le vent soufflait d'ouest avec du rafales de trente nœuds.

     Une tentative d'approche sera effectuee aujourd'hui, peut-être par la

    plage. Il faudra un canot pour franchir le petit lac qui se forme à chaque marée basse dans la fosse où le liberty-ship est planté, et des échelles pour se rendre sur le pont, les échelles de corde pendant de la passerelle étant hors de portée.

     Aucune décision n'a encore été prise par les armateurs sur le sort du navire, dont une prochaine tempête pourrait bien régler le sort, d‘irrémédiable facon.

    1er novembre 1962

    L'accalmie de la tempête qui régnait au début de la semaine a contribué à m’apporter aucune aggravation de la situation, mercredi, pour le liberty-ship grec “Costas-Michalos”, échoué entre Blériot-Plage et Sangatte. Mais le mal dont a souffert le navire est grave. Le commandant grec a d'ailleurs pu le constater, mercredi matin, à marée basse. Il le signale dans son rapport de mer.

     LE RAPPORT DE MER DU CAPITAINE GREC

     Mercredi, à 11 h 50, le rapport de mer du capitaine du cargo grec “Costas-Michalos”, échoué sur la plage de Sangatte a été déposé au greffe du tribunal de commerce de Calais. Ce rapport fut reçu par M. Claude Foissey, juge au tribunal, remplissant les fonctions de président par empêchement du titulaire, assisté de Me José Gros, greffier du tribunal.

     Le commandant Herculès-Demetrios Costalas, du S.S. “Costas-Michalos” du port du Pirée, a donné sa version de l’échouement de son navire, version confirmée sous la foi du serment par deux matemots du navire : Demetrios Moscoutis, 39 ans, demeurant à Sifné et Michael Sarantides, 52 ans de Matylène, M. Henti Ravisse, courtier maritime, conseiller municipal, remplissait les fonctions d’interprete, juré de la langue anglaise.

     Voici les principaux passages du rapport de mer du commandant Costalas:

    “Moi, Herculès-Démétrios Costalas, commandant du SS “Costas Michalos”, déclare que le 14 octobre 1962, j’ai quitté Archangel (Russie) chargé de 2246 fathoms de rondins, dont 206 fathoms chargés sur le pont. Le navire était en bon état de navigabilité et paré pour le voyage de Calais, le chargement était bien arrimé.

     Son tirant d’eau au départ était de 26 pieds avant et arrière dans l’eau douce, ce qui équivaut a un tirant d’eau de 25 pieds 5 pouces en eau salée. J’ai rencontré du mauvais temps durant le voyage.

     A 13 h 25, le 24 octobre, je suis arrivé sur rade de Calais et j’ai ancré mon navire à 14 h 43 sur les instructions du pilote. Le tirant d’eau du navire était de 25 pieds, avant et arrière, avec 3 degrés de gite à babord.

     Le temps se déteriora continuellement jusqu’à ce qu’il atteigne la force 9, du N.E…, à 19 h, le 26 octobre. A ce moment l’ancre commença à déraper, malgré l’usage de la machine principale.

     Tous les moyens furent employés pour empecher l’échouement du navire. L’assistance des remorqueurs fut demandée, mais le temps continua à se déteriorer, provoquant l’échouement du navire, sur la position 55 degrés 37 Nord, 1 degré 43’ Est dans des conditions exceptionnelles de tempête”.

    “Le navire souffrit de sévères dommages, nécessitant la mise à bas des feux. Pour la sécurité de l’équipage, j’ordonnai d’abandonner temporairement le navire que nous quittames à 2 h 15 le 27 octobre, à bord du canot de sauvetage de Calais. Nous retournames à bord à 10 h 10 lorsque le temps s’ameliora.

     Le sauvetage a été traité sue la forme du “ Llyod Salvage Agreement” avec la société de remorquge et de sauvetage du Nord qui mit tout en oeuvre pour sauver le navire, mais sans succès. Au cours de cette opération, une partie de la pontée arrière fut jetée à la mer. La S.R.S.N. abandonna ses efforts le 29 octobre lorsque le navire se fendit en son milieu, l’eau noyant la salle des machines et causant d’autres dégats étendus.

     J’ordonnai finalement d’abandonner le navire après consultation avec mes officiers à 2 h 40, le 29 octobre.

     Ce jour, le 31 octobre, j’ai inspecté le navire à basse mer et j’ai vu que la craqure verticale par le travers de la salle des machines, à l’endroit même des bouchains

     Il y avait également de nouvelles avaries sérieuses par le travers de la cale n° 3 où la torsion était plus forte, de la ligne de flottaison à la liaision des bouchains”

     L’INGENIEUR-EXPERT REVIENT AUJOURD’HUI

     M. Cubitt, ingènieur-expert du “Salvage Insurance” de Londres, qui a examiné le liberty—ship, lundi, sera de retour aujourd‘hui à Calais. Il vient de se rendre sur la côte bretonne pour examiner un deuxième liberthy ship grec jeté à la cote, le “Xenophon”, qui appartient à une autre compagnie hellénique.

     M. Cubitt retournera ce matin auprès du “Costas-Michalos” avant de prendre place, vraisemblablement, sur le paquebot en partance pour Douvres, dans le courant de l’après-midi. Il deposera ses rapports sur la situation du “Xenophon” et du “Costas-Michalos”.

     LES MATELOTS GRECS SONT RETOUNES A BORD POUR QUELQUES INSTANTS

     Mercredi, profitant de la marée haute et de l’état relativement calme de la mer, six matelots grecs, délégués par l’équipage, se sont rendus à bord, pour récupérer les affaires personnelles laissées dans leurs cabines par les marins de commerce. Ils étaient accompagnés par M. Raymond Wadoux, chef du sous-quartier de l’inscription maritime de Calais. Ils utilisèrent le bateau de pêche “Cass-Paves”, du patron Lelong, de Calais, pour se rendre à bord du liberty-ship. Ils accostèrent à marée haute et purent utiliser les échelles de pilote pendant le long de la coque. A 15 heures 15, le “Cass-Paves” était de retour au port.

      Les trente marins grecs sont toujours logés à l’hôtel Pacific, en attendant qu’une décision soit prise par l’armateur du liberty-ship au sujet de leur rapatriement.   ROBERT CHAUSSOIS

    18 novembre 1962

    Toujours échoué sur la plage de Sangatte ou il a terminé sa carrière, le liberty-ship grec  Costas-Michalos » s'ouvre de plus en plus. En s'ensouillant, le cargo voit s'élargir la fissure la hauteur de la passerelle, au point que tout l’avant du navire est plus enfoncé que la partie arrière, mieux assise. Par la brèche, on aperçoit l'entassement des rondins de papeterie constituant la cargaison en provenance de Russie.

    A chaque marée, aussi, des rondins choisissent la liberté et vont atterrir sur la grève. Sans doute pour éviter des récupérations improvisées, des barbelés ont été tendus en bordure de la route Nationale, mais il est possible d'accéder aux dunes pour voir, de loin le navire blessé à mort. 

    18 novembre 1962

    Sur notre cliché, deux motards  ont abandonné un moment leurs machines pour venir regarder le

     « Costas-Michalos « à marée basse. (Ph. La Voix du Nord)

    18 novembre 1962

    Les deux parties du "COSTAS-MICHALOS" sont restées échouées devant Sanqatte

    A la suite de la rupture de la coque, qui a divisé en deux parties, éloignées l'une de "autre de soixante mètres, le liberty-ship grec • Costas-Michalos, on aurait pu craindre que la mer n'accentue la séparation ou emporte la partie la moins lourdement enfoncée dans la souille. Il n'en a rien été.

    Mardi soir, nous l'avions signalé, le remorqueur de haute mer • Jean-Bart • de la S.R.S.N. s'était rendu auprès de la parue avant du cargo, à la demande des Ponts et Chaussées Maritimes, pour tenter de mouiller l'ancre tribord subsistant par mesure de sécurité, afin d'éviter que cette épave ne parte à la dérive et ne devienne un danger pour la navigation très intense dans le détroit du pas de Calais comme chacun sait. Cette opération ne fut pas entièrement concluante. En effet, il est apparu que l'ancre est bien descendue, mats la chaine s'est coincée dans I ‘écubier, en raison de la présence d'obstacles accidentels, manilles et filins.

    On ignore donc combien de mailions ont été mouillés et si l'épave est réellement retenue par l'ancre.

    LA CARGAISON EST DEVENUE INUTILISABLE

    De l’avis de spécialistes, la cargaison de bols soviétique, sous forme de rondins de papeterie est devenue impropre à son utilisation initiale, à savoir la transformation en pate aux usines de Corbehem, pour devenir du papier journal.

    Les rondins ont été trempes par l'eau de mer ce qui est incompatible avec le traitement qu'Ils doivent subir en usine. Quant aux rondins arraches à la pontée, jetés par-dessus bord ou échappes de la cale

    ON ENVISAGE, A PRÉSENT, DE SABORDER LE « COSTAS – MICHALOS « 

    Alors que l'on avait envisagé de fixer l'épave du liberty-ship grec "Costas-Michalos " à la côte, au moyen d'un long filin d'acier, passé autour d'un des blockhaus du " Mur de l'Atlantique" bordant la plage de Sangatte, pour éviter qu'elle ne parte à la dérive dans le détroit, il est apparu que ce système n'offrirait pas de sécurité suffisante, en cas de forte tempête. Aussi solide qu'il puisse être, le filin ne pourrait résister aux formidables tractions que les coups de boutoir endurés par les deux parties du navire lui feraient subir.

    Lors d'une conférence qui a réuni les autorités intéressées, autour de M. Barbier, administrateur en chef de la Marine à Dunkerque ; MM. Peyronnet, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées maritimes à Boulogne : Plenat, ingénieur du port de Calais ; Wadoux, chef de sous-quartier de Maritime, Dieudonné, ingénieur T.P.E. : Deloison, Ingénieur divisionnaire, etc... divers problèmes se rapportant à la gestion de l'épave, furent envisagés.

    Les uns et les autres exprimèrent leur point de vue. L'ensemble des renseignements obtenus au cours de ce colloque, va être rassemblé en un rapport qui sera transmis au Ministère de la Marine Marchande, à Paris, lequel est pour prendre une décision sur le sort de l'épave, eu égard à la sécurité de la navigation, actuellement menacée par la présence des deux moitiés du Costas-Michalos que rien n'empêche de partir à la dérive.

    La solution préconisée pourrait être le sabordage du liberty-ship grec, c'est-à-dire que les deux parties soient coulées sur place. Ainsi serait écarté tout risque de les voir reprendre la mer, lors d'une violente tempête, comme décembre nous en réserve sans doute quelques-unes

    LA QUESTION DES RONDINS ECHOUES AU RIVAGE

    Pour l’heure, un autre problème doit être réglé. Celui de la récupération des rondins qui jonchent par milliers les plages du littoral, tant à Sangatte, Blériot-Plage et Calais, qu'au-delà des jetées du port, plus à l'Est, vers Waldan et les Hemmes-de-Marck.

    Ce serait là une excellente affaire pour un marchand de bois de chauffage, un grossiste. Ayant récupéré ce bois sur le rivage de la mer, il deviendrait le « sauveteur « 

    Remettant le bois aux autorités, en l’occurrence à l'Inscription Maritime, il pourrait en devenir l’acheteur et ne paierait que les trois-quarts du prix de vente, lors de l’adjudication, puisqu'un quart de cette vente lui reviendrait en sa qualité de « sauveteur « 

    Aucune déclaration de trouvaille de rondins n'est encore parvenue à l'Inscription Maritime. Ce qui ne veut pas dire évidemment qu’aucun rondin jeté à la côte n’a été récupéré...

    Mais, attention, toucher du bois ne porte pas forcement bonheur...  R. Ch.

    Le « Titan IV » a commencé le déchargement des rondins du « Costas-Michalos »

    L'arrière du navire continue à s'enfoncer dans le sable

    Les opérations de déchargement de la cargaison du cargo grec Costas-Michalos » ont commencé.

    Dans la journée d’hier, le bateau spécial « Titan IV » s'est rendu pour la troisième fois auprès de l’épave et a rapporté au port de Calais une certaine quantité de rondins prélevés dans les cales du navire échoué devant Sangatte.

    Certes, cette opération n'est en rien comparable aux manipulations normales telles qu'elles se pratiquent à quai. Les rondins récupérés par le « Titan IV » sont disposés sur le pont du bateau. Celui-ci, rentré au port, s’est amarré à l'extrémité nord du quai Paul-Devot et est déchargé à l’aide d'une grue de la Chambre de Commerce. Les élingues sont déposées sur terre-plein, ou un emplacement a été prévu pour stocker les rondins à concurrence de 150 stères.

    Les quantités déchargées doivent être évacuées au fur et à mesure entre le bureau du port et le hangar Paul-Devot.

    La compagnie anversoise qui arme « Titan IV » a été amenée à prendre cette mesure pour le déchargement du bateau, compte tenu de deux facteurs : d'une part la nécessité de procéder au dégagement de la cargaison avant de tenter la récupération des éléments de l’épave, d'autre part la constatation faite lors des précédentes visites sur place, que le navire a tendance à s’enfoncer encore par l'arrière.

    18 novembre 1962

    Du pont du «"Titan IV ", les rondins sont déchargés sur le terre-plein du quai Paul-Devot, en face de la capitainerie du port. (Photo La VOIX du Nord)

    Nous avons signalé hier que le « Titan IV » avait commencé à amener jeudi à Calais une partie de la cargaison de rondins prélevée dans les cales du « Costas-Michalos »

    Hier vers 8 h. 30, le « Titan IV » a repris la mer pour se rendre nouveau près de repave, mais il ralliait le port dans le courant de la matinée sans avoir renouvelé l'opération qu’il avait effectué la veille.

    Le stockage sur le quai Paul-Devot s'est donc limité à la quantité apportée jeudi et déchargée sur le terre-plein, situé en face du bureau du port. Notons que le « Titan IV » appartient à la même compagnie anversoise que le « Salvor » unité spécialisée dans le relevage des épaves et qui opéra longtemps dans les eaux de Calais au lendemam de la guerre.

    Le « Salvor » a terminé sa carrière et une partie de son équipage se trouve sur le «  Titan IV » . Aussi Mr. Léon Avron, conseiller municipal, patron du canot de sauvetage qui s'est rendu bord, a-t-il retrouvé des marins qu'il avait connus autrefois sur le « Salvor » quand celui-ci était en mission à Calais.

    18 novembre 1962

    Sur cette vue prise à marée basse? on aperçoit nettement la fissure qui s‘est produite dans la coque du liberty-ship grec. A droite de la cassure, on distingue d‘autres déformations des tôles. (Photo “La Voix du Nord”). La fissure du "Costas-Michalos" s'agrandit davantage chaque jour.

    L‘ECHOUAGE D‘UN LIBERTY-SHIP SUR LA PLAGE DE SANGATTE

    L'épave du "Costas Michalos" se casse en deus et sera vendue à la ferraille

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  • Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

     

    Il existe mille et une façons de traverser la Manche. Dans la première moitié du XXe siècle, un engin semble très en vogue : l’hydrocycle. Cet appareil se présente comme une bicyclette dont les roues sont remplacées par des flotteurs, la mobilité étant assurée grâce à l’énergie déployée par le « coureur » qui actionne une hélice et qui vire à bâbord ou à tribord à l’aide d’un simple guidon. Bref, une sorte de pédalo !

    En 1927, le premier sportif à avoir utilisé l’hydrocycle pour relier Calais à Douvres est René Savard sur sa Nautilette conçue par ses soins et fabriquée par la société Austral. Escorté par un bateau de pêche à moteur, le Français parcourt péniblement l’espace entre les deux ports en un peu plus de six heures et déclare à son arrivée : « J’ai effectué ma tentative pour la gloire et le sport, mais je ne la recommencerai pas pour 100 000 francs » !

    On pourrait imaginer que cet exploit reste sans lendemain tant ce mode de déplacement s’avère à la fois exténuant et très dangereux en mer. Mais le cyclisme en général fait fureur. Le succès de René Savard ayant été relativement bien médiatisé, un rival en quête de gloire, le Parisien Roger Vincent, parvient à surpasser son prédécesseur en traversant leChannel en seulement cinq heures et trente-cinq minutes le 17 avril 1929. Non sans mal ! Devant faire face à des vents contraires, l’hydrocycliste a dû réparer avec « les moyens du bord » la chaîne qui actionne son guidon-gouvernail, car elle s’est brisée alors qu’il était en vue des falaises britanniques.

    Mannequin dans une maison de haute couture

    René Savard n’a toutefois pas dit son dernier mot, mais plutôt que d’enfourcher à nouveau lui-même son vélo des mers, il confie sa Nautilette à la jeune Aimée Pfanner, qui deviendra ainsi la première femme à avoir traversé la Manche en pédalant. Le but est visiblement de faire le maximum de publicité à l’appareil, dans une optique commerciale : la demoiselle de 22 ans est particulièrement photogénique, elle est mannequin dans une maison de haute couture parisienne, et René Savard sait qu’elle sera abondamment photographiée. Il faut montrer la fiabilité de l’hydrocycle et en véhiculer une image attractive, afin de le vendre aux sportifs des deux sexes.

    Mais il y a aussi la recherche de la performance : partie de Calais au matin du 5 mai 1929, Aimée Pfanner doit pendant des heures lutter courageusement contre la houle et le vent sous l’œil de son entraîneur qui a pris place à bord d’un cotre. Insensible au mal de mer, elle atteint la côte anglaise dans le brouillard au bout de neuf heures et dix-neuf minutes… totalement exténuée.

    Grâce à Aimée, les femmes prouvent une nouvelle fois leur capacité d’endurance, se hissant à l’égal des hommes. Trois ans plus tôt, en 1926, Gertrude Ederle inscrivait déjà son nom dans l’Histoire en étant la première femme à avoir réussi la traversée de la Manche à la nage.

    Le triomphe d’Aimée Pfanner fut cependant très éphémère, et les hydrocyclistes, sans doute trop loufoques, tombèrent rapidement dans les oubliettes de l’Histoire du sport.

    MAGALI DOMAIN (CLP)

    Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

     

    Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

    Calais, départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche en hydrocycle  [photographie de presse]  Agence Meurisse.

    LA MANCHE EN HYDROCYCLE Calais, 4 mai 1929. Mlle Pfanner a quitté Calais. ce matin à 7 heures, sur un hydro-cycle, pour tenter la traversée de la Manche. La mer est calme.( journal "L'Ouest Eclair").

    UNE FRANÇAISE A TRAVERSÉ LA MANCHE EN HYDROCYCLE

    Londres, 5 mai. Partie hier matin de Calais à bord d'un hydrocycle, une française, Mlle Pfanner a réussi à traverser la Manche et a débarqué à Douvres, ce soir un peu après 18 heures.

    Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

    Journal "le matin"

    Cette traversée s'est effectuée en 9 heures 19 minutes et a été particulièrement difficile par suite d'un vent debout qui soufflait avec rage au large de la côte anglaise.

    Mlle Pfanner est arrivée à destination dans un état d'épuisement. Le Parisien qui avait effectué le même trajet à bord d'un hydrocycle, fi y a deux ans, se trouvait à bord du chalutier qui accompagnait Mlle Pfanner au cours de sa traversée. Les impressions de Mlle Pfanner Douvres, 5 mai. Mlle Pfanner, qui vient de traverser la Manche en hydrocycle, a déclaré que, pendant les quatre premiers milles de sa traversée. elle avait eu un temps favorable, mais que, par la suite, la mer avait commencé à se faire très houleuse. Elle n'en avait pas moins continué sa route, encouragée par le pilote du bateau de pêche qui l'accompagnait, et malgré l'insistance d'autres personnes à bord qui la suppliaient d'abandonner. Vers 16 heures, la côte anglaise est apparue à travers le brouillard, ce qui lui a donné un renouveau de courage et lui a fait paraître le reste du parcours plus facile.

    Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

    Journal "La revue Limousine"

    Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

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  • Latham à Calais

    Monoplan Antoinette, pilote Latham. Constructeur, Levasseur, poids 540 kgr., 50 HP. Reims (2ème prix) 154 kilomètres en 2 h 18, altitude (1er prix) 155 m.;

    Latham à Calais

     Latham après son débarquement 1909 [photographie de presse]  Agence Meurisse

    Latham à Calais

      Latham dans sa nacelle  1909[photographie de presse]  Agence Meurisse

    Latham à Calais

     Latham et Lavavasseur  1909[photographie de presse]  Agence Meurisse

    Latham à Calais

      Latham et Levavasseur  1909[photographie de presse]  Agence Meurisse

     II. Expériences d'aviation

    — 1909, 13 Juillet.  L'aviateur Latham s'élève d'une falaise près de Calais et brise son appareil.

    — 19 Juillet. Voyage aérien Douai Arras. — L'aviateur Paulhan, parti de l'aérodrome de La Brayelle, près de Douai, à 5 heures et demie du matin, atterrit à Saint-Nicolas-lèsArras (2), après un vol de vingt-deux minutes. Il repart pour Douai à 7 h. 30, mais est rabattu sur le sol par un remous d'air, à 3 kilomètres d'Arras.

    — 19 Juillet. — Latham, parti de Sangatte (3) à 6 h. 47 du matin pour tenter la traversée de la Manche, tombe en mer après un vol de 5 kilomètres.

    — 27 Juillet. — Latham, parti de Sangatte pour tenter de nouveau la traversée de la Manche, tombe en mer en vue de Douvres et est recueilli par la vedette d'un cuirassé anglais.

    Latham à Calais

     

    L'Antoinette en plein vol au dessus de la Manche

    Latham à Calais

     

    Début juillet 1913, l’aviateur français Hubert Latham arrive à Calais. Il est accompagné de son aéroplane à moteur huit cylindres nommé l’Antoinette, calfeutré dans un hangar situé non loin du Blanc-Nez. Tout à la fois dandy et aventurier, Latham est le premier à répondre à l’offre du Daily Mail qui propose un prix de mille livres sterling à l’aviateur réussissant à traverser la Manche en avion.

    6 h 45, lundi 19 juillet 1909. Le soleil est levé. Pas un souffle de vent. La brume se dissipe. Suivi par une horde de photographes et d’une poignée de spectateurs en délire, Hubert Latham va s’élancer au-dessus de la Manche sur son monoplan. Après avoir coiffé son casque à lunettes de chauffeur, il décolle du Blanc-Nez. Il n’a effectué qu’un seul vol d’essai le 13 juillet.

    L’aéroplane, qui atteint rapidement une altitude de 60 m, se dirige d’abord, à une allure d’environ 60 km/h, vers Sangatte. Puis le grand oiseau mécanique vire et fait cap vers la mer. Semblant glisser sur l’air, il prend encore de l’altitude et de la vitesse. La durée du raid est estimée à vingt-cinq minutes.

    Le contre-torpilleur Le Harpon, à bord duquel a pris place le constructeur de l’aéroplane, Léon Levavasseur, lui sert d’escorte. Le rédacteur sportif du Petit Calaisien, A. Lemaire, qui naviguait à bord du second bateau convoyeur, le remorqueur Calaisien, raconte : « Nous avancions lentement dans la direction de Douvres, lorsque soudain notre attention fut attirée par deux coups de sifflet stridents, jetés par la sirène du contre-torpilleur. Nous nous retournâmes : à deux ou trois milles environ à notre arrière, l’Antoinette apparaissait dans les airs, superbe et majestueux. [Il] planait, se rapprochait doucement de la surface des flots. Il tombait. Son moteur avait eu une panne. Lorsque [Le Harpon] arriva près de l’Antoinette, Latham était tranquillement assis dans son baquet, fumant une cigarette. Il avait de l’eau à peine jusqu’aux chevilles. On le tira de sa position à l’aide d’un canot ».

    Amerrissage triomphal

    À l’aide d’amarres, l’Antoinette aux ailes brisées et à l’hélice tordue est hissée contre le bordage du remorqueur, et ramenée au port de Calais. Une foule énorme a déjà envahi les jetées et les ponts pour accueillir Latham. Le flegmatique aviateur est littéralement ovationné sur le quai de la gare maritime. Il confirme aux reporters que c’est une panne de moteur qui l’a fait chuter à 10 milles de la côte.

    Derrière son sourire éclatant, l’aviateur est probablement très dépité. Il repart vers Paris. Certes, il n’a pas dit son dernier mot. Mais il faudra compter plusieurs jours avant de pouvoir disposer d’un autre appareil. Et le 19 au soir, un nouveau concurrent se déclare : un certain Louis Blériot… On connaît la suite de l’histoire. Reste que c’est au « malchanceux de la Manche », et non à celui qui a accompli l’exploit, que l’Aéroclub de France érigera par la suite une belle statue au Blanc-Nez. Magali DOMAIN (CLP)

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  • Le 1er septembre 1715, il y a exactement 300 ans, le Roi Soleil s’éteignait à Versailles, quatre jours avant de fêter ses 77 ans, un âge remarquable pour l’époque. Louis XIV régnait sur le royaume de France depuis le 14 mai 1643 – il n’avait pas encore 5 ans. On a beaucoup parlé de ses guerres, de son Versailles, de son mécénat culturel (Molière, Racine, Lully, etc.), de son absolutisme ; on sait aussi presque tout de ses ennuis de santé.

    Louis XIV a frôlé la mort à Calais en 1658

    La liste des maladies contractées durant ses 72 ans 3 mois et 18 jours de règne est très longue, d’une petite vérole à 9 ans au paludisme à 48 en passant par les indigestions, le ver solitaire, les problèmes cutanés. Mais le plus gros pépin de santé de Louis le Grand, un épisode marquant de sa vie,est lié à Calais !
    En 1658, le jeune Louis XIV – il a presque 20 ans – est en guerre contre les Pays-Bas espagnols, il assiège Dunkerque et Bergues mais le 30 juin «  à cause des incommodités du lieu, de la corruption de l’air, de l’infection des eaux, du grand nombre de malades, de plusieurs corps morts sur la place, et de mille autres circonstances, il contracta petit à petit un venin caché » selon son médecin Antoine Vallot. Sans doute un typhus exanthématique. Le 1er juillet 1658, entre dix et onze heures du soir, Louis XIV arrive à Calais. Il a de la fièvre, il délire, il a perdu l’appétit… Durant quelques jours, son médecin multiplie les saignées et les lavements, lui donne du julep une préparation pharmaceutique à base d'eau distillée, d'eau de fleur d'oranger, de sirop, de gomme arabique, etc. Le médecin tente tout ce qu’il peut, mais visiblement désarmé devant l’état de Sa Majesté, il appelle des collègues en renfort le 5 juillet dont Guénaut et Daquin.
    Le Roi a du mal à respirer, il est couvert de taches rouges. Impuissants, les médecins se querellent mais avec l’assentiment du cardinal Mazarin, ils optent le 8 juillet pour« un coup de maître » : le vin émétique, vomitif contenant de l’antimoine, remède dont le maniement était très risqué. Le vin a un effet immédiat, Louis XIV vomit et sa santé s’améliore. Vallot continue ses saignées, lavements et purgations. Le Roi, une force de la nature, se remet peu à peu, mettant du temps à retrouver ses forces et il ne peut marcher avec une canne que le 22 juillet. Grâce à l’émétique ? Mazarin crie au miracle !
    La convalescence se poursuit à Boulogne puis à Compiègne. Le roi retrouve son appétit et son apparence normale sauf qu’il a perdu ses cheveux, à cause de la fièvre. Chauve, Louis XIV commence à porter des perruques ; elles deviennent à la mode à partir de cet été 1658. 1658 c’est aussi la date de naissance, à Calais justement, de Georges Mareschal, futur premier chirurgien du Roi Soleil et fondateur de l’Académie royale de chirurgie. Un chirurgien dont l’habileté ne permit pas de vaincre la maladie gangréneuse qui fut fatale à Louis XIV le 1er septembre 1715.

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  •  

    Le 3 août 1347, après un siège de onze mois, la ville de Calais capitule devant les troupes anglaises. Celles-ci avaient vaincu à Crécy-en-Ponthieu l'armée du roi de France Philippe VI de Valois.

    Plus tard appelé guerre de Cent Ans, le conflit était né dix ans plus tôt d'une revendication du roi Édouard III Plantagenêt sur le trône de France en sa qualité de petit-fils de Philippe le Bel. 

    3 août 1347-Capitulation de Calais

     

    Résistance bourgeoise

    Fort de sa victoire à Crécy, Édouard III veut s'emparer de Calais, porte d'entrée de la France. Mais quand sa flotte approche du port, à l'été 1346, les habitants se mettent aussitôt en situation de résister sous le commandement d'un capitaine bourguignon, Jean de Vienne.

    Le siège commence mais les Calaisiens trouvent moyen de se faire ravitailler de nuit par de discrètes barques à fond plat. S'en étant aperçu, les Anglais plantent des estacades dans les bas-fonds pour éventrer les coques des barques picardes.

    Comme la faim gagne la ville, le roi consent à laisser sortir deux mille bouches inutiles. En avril 1347, après un hiver épuisant, Jean de Vienne en appelle au roi de France mais les Anglais interceptent son courrier : «Si n'avons en bref secours, nous issirons hors de la ville tous à champs, pour combattre, pour vivre ou pour mourir. Car nous aimons mieux mourir aux champs honorablement que manger l'un l'autre» !

    Le roi Philippe VI de Valois, ayant reconstitué son armée, tente de venir au secours des assiégés mais, apercevant les solides retranchements des Anglais, juge plus judicieux de se tenir en retrait. Perdant espoir, Jean de Vienne sort de la ville le 3 août pour négocier la reddition avec le héraut d'Angleterre Gautier de Masny.

    Royale vengeance

    Le roi Édouard III Plantagenêt, dont la patience a été épuisée par le siège, s'apprête à passer la population au fil de l'épée : «Ma volonté est telle que tous y mourront». Puis il se ravise et, pour ne pas prolonger le siège, prétend n'exécuter que six otages. Le sort désigne Eustache de Saint-Pierre, Jean d'Aire, Pierre et Jacques de Wissant, Jean de Fiennes et Andrieu d'Ardes.

    Le lendemain, les condamnés se présentent avec les clés de la ville, «nu-pieds et nu-chefs, en leurs linges draps tant seulement, les harts[cordes] au col». Selon la chronique, la reine Philippa de Hainaut, fille du comte Guillaume II le Bon, enceinte de huit mois, se jette aux pieds de son mari : «Ah ! très cher sire ! Depuis que j'ai passé la mer en grand péril, comme vous savez, je ne vous ai requis ni don demandé. Or vous prié-je humblement et requiers en don propre que, pour le Fils à sainte Marie et pour l'amour de moi, vous veuillez avoir de ces six hommes merci».

    Le roi se laisse apitoyer et les six bourgeois sont déportés en Angleterre de même que Jean de Vienne et ses chevaliers. Ils seront finalement libérés contre rançon.

    Édouard III peut alors signer une trêve d'un an avec Philippe VI de Valois. Quelques mois plus tard, Calais, comme le reste de l'Europe occidentale, est frappée par la Peste noire. Celle-ci décime la population de la ville qui est alors repeuplée... d'Anglais ! La trêve entre Anglais et Français est prolongée de quelques années du fait de l'épidémie mais les hostilités reprendront moins de dix ans plus tard avec une violence accrue...

    Calais longtemps disputée

    Fortifiée, Calais va devenir un grand port commercial pour le commerce de la laine entre l'Angleterre et la Flandre. Elle sera reconquise par la France deux siècles plus tard, en 1558, par le duc François de Guise, ce qui vaut à celui-ci et à sa famille une immense popularité parmi les catholiques français. Le roi Henri II règne alors à Paris et Mary 1ère à Londres.

    Cette reine d'Angleterre est la première fille de Henri VIII Tudor et de Catherine d'Aragon. On lui prête les mots suivants : « Si on ouvrait mon coeur, on y trouverait gravé le nom de Calais ! » Mais la reine, que les protestants anglais surnomment«Bloody Mary» (Marie la Sanglante) en raison de son fanatisme catholique, ne tarde pas à rendre l'âme. Et c'est à sa demi-soeur, Élisabeth 1ère, qu'il reviendra de reconnaître la perte définitive de Calais. Le traité de Cateau-Cambrésis rendra la ville à la France le 3 avril 1559, en contrepartie d'un versement de 500.000 écus. Les Espagnols s'en empareront peu après et la rendront à Henri IV par le traité de Vervins.

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  • Septembre 1959 : gloire au président de la nouvelle République !

    Alors que leurs silhouettes font maintenant partie du paysage de Calais-Nord, retour sur les moments forts que Charles de Gaulle et Yvonne Vendroux ont vécus à Calais. Quatrième épisode : De Gaulle, président de la Ve République, prend un bain de foule dans la cité des Six Bourgeois La deuxième visite officielle effectuée par De Gaulle à Calais, en date du 24 septembre 1959, s'inscrit dans un " circuit présidentiel des routes du Nord ". Elle est représentative du nouveau tournant de la carrière politique du général : après une longue " traversée du désert ", les troubles en Algérie ont permis son retour au sommet de l'Etat. En octobre 1958, les Français ont approuvé par référendum la constitution de la Ve République. Alors que s'écrit une nouvelle page de l'Histoire de France, De Gaulle reçoit l'onction populaire des Calaisiens.
    Ils sont cette fois environ 60 000 à l'attendre, massés essentiellement devant l'Hôtel de Ville et sur les trottoirs du boulevard Jacquard où s'arrête la voiture présidentielle. Yvonne, la Calaisienne, en descend en même temps que son époux, mais reste ostensiblement en retrait. Elle est d'un naturel discret, voire distant disent certains. C'est le général, et lui seul, qui se livre à ces bains de foule si célèbres qui plongeaient dans l'angoisse ses services d'ordre. Les cris de « Vive de Gaulle ! » fusent entre les bravos, tandis que les cloches de la ville tintent à toute volée.
    On a ressorti les "arcs de triomphe" pour l'occasion ! Au pied de chacun d'eux se tient le premier magistrat de la commune dont le nom est inscrit sur le panonceau. Le torse ceint de l'écharpe tricolore, les maires tendent respectueusement la main au général de Gaulle qui échange avec eux des paroles amicales. Les cris et les applaudissements des spectateurs 
    sont ininterrompus.

    A rebours du parcours qu'il effectua en 1945, le général, accompagné par son beau-frère, Jacques Vendroux, devenu alors député-maire, remonte le boulevard Jacquard vers la mairie. Avant de pénétrer dans celle-ci, une visite du port et de Calais-Nord permet de mesurer l'étendue des reconstructions. Si la place d'Armes a été totalement rebâtie, suivant des critères d'architecture très modernes qui n'ont rien à voir avec le style d'antan, l'église Notre-Dame reste en ruines.
    Après un moment de recueillement devant le monument du Souvenir, le général rencontre quelques officiels dans le grand Salon de l'Hôtel de Ville, puis en sort pour se placer devant une tribune érigée sur le perron. Durant une dizaine de minutes, il brosse un tableau complet de la situation politique nationale, sans note ni prompteur !
    Contemplant d'abord la foule assemblée devant lui, portée par un élan unanime, le général y voit la preuve de «l'unité française qui dépasse infiniment tout ce qu'il peut y avoir de divergences, de petites histoires entre Français, et qui nous rejoint tous sur une volonté commune »: les querelles partisanes de la IVe République sont terminées, Calais en serait le reflet !
    Puis le problème algérien : il doit être résolu «par le libre choix des habitants de l'Algérie ». Quelques jours plus tôt, annonce avait été faite de la mise en oeuvre du processus d'autodétermination du peuple algérien, question propice à moult déchirements ultérieurs... Il faut plutôt penser au développement économique de la France, les progrès du pays devant être associés à un «progrès social » dont tout le monde doit profiter. Enfin, De Gaulle affirme l'autonomie de la France par rapport aux deux blocs de la guerre froide, puis termine en chantant la Marseillaise en choeur avec la foule.
    Après un turbot sauce champagne dégusté à l'hôtel Meurice, le général trouve quelques minutes à consacrer à l'art d'être grand'oncle. Ses dix petits-neveux et petites-nièces se plaignent en effet :«Nous le voyons plus souvent dans les manuels d'histoire de France qu'à la maison. Surtout depuis qu'il est président de la République !» Etienne Legrand (12 ans), Philippe Legrand (11 ans), Elisabeth Legrand (10 ans), Christine Legrand (8 ans), Jean-Bernard Legrand (4 ans), Alain de Martignac (10 ans), Jacques-Philippe Vendroux (11 ans), Jean-Philippe Vendroux (11 ans), Jean-François Vendroux (9 ans), Isabelle Vendroux (9 ans) et Laurence Vendroux (6 ans) veulent absolument être photographiés aux côtés de l'oncle Charles et de tante Yvonne !
    Le général fait ensuite route vers Arras.
    En marge du protocole, Yvonne consacre l'après-midi à la visite de la nouvelle maternité de la rue Verte puis de l'asile des Petites Soeurs des Pauvres, affichant ainsi son attachement aux valeurs chrétiennes de la famille et de la charité. Lors de la visite du port, elle avait pu serrer chaleureusement la main de quelques Courguinoises revêtues de la tenue de matelote, montrant ainsi une image de femme proche du peuple. Il faudra attendre sept ans pour que le couple honore à nouveau de sa présence officielle la cité des Six Bourgeois.

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  • Avril 1966 : Charles et Yvonne De Gaulle sont de retour à Notre-Dame

    Fin de la série : La troisième et dernière visite officielle de De Gaulle à Calais date du 26 avril 1966. Le général est au début de son second septennat, pour lequel il a été réélu seulement au deuxième tour, signe d'un relatif affaiblissement de sa popularité. Ce déplacement présidentiel prend place dans le cadre d'un marathon de quatre jours menant le Président des villes du bassin minier à Lille en passant par les grands ports du littoral. Principal objectif : mettre en lumière le développement économique du pays.

    Une visite éclair 
    En vérité, il s'agit à Calais d'une visite-éclair : arrivé en hélicoptère à 11 heures, de Gaulle repart pour la capitale des Flandres trois heures plus tard par le même moyen de transport, sans avoir tenu l'un de ses discours qui avaient marqué ses deux précédentes venues. Sur ce laps de temps, une heure et demie est consacrée à un repas chez le couple Vendroux où, avec quelques jours de retard, il célèbre dans l'intimité ses noces de vermeil (45 ans de vie commune !). Yvonne est donc présente, mais elle est arrivée, elle, par la route.
    La "course contre la montre" commence par une visite du Stade du Souvenir, totalement rénové. Il félicite l'architecte, admire les fortifications qui enserrent les installations sportives. Toutes les personnalités calaisiennes sont là. Il donne une centaine de poignées de mains, avant de remonter en voiture pour aller jusqu'à la piscine municipale, autre ensemble moderne qui contient alors l'un des plus beaux bassins couverts de tout le département.

    Pèlerinage sentimental à Notre-Dame 
    A la piscine Ranson, inaugurée en 1963 par le Secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports Maurice Herzog, le chef de l'Etat ne fait pas une halte plus prolongée. Après avoir assisté à quelques évolutions de nageurs calaisiens, il ressort du bâtiment, acclamé par la foule. Le cortège reprend sa course dans Calais-Nord, partie entièrement reconstruite de la ville. Le général se lève de temps à autre pour adresser son célèbre salut des deux mains au public. Des applaudissements nourris ponctuent la tournée, mais l'enthousiasme populaire n'est plus aussi délirant qu'autrefois.
    Quand le cortège arrive à hauteur de l'église Notre-Dame, aux alentours de treize heures, ce sont toujours des ruines qui s'offrent au regard du couple présidentiel ! Quelques jours auparavant, les abords de l'édifice ont été déblayés...mais rien ne peut cacher le fait que les travaux de reconstruction, pourtant commencés depuis longtemps, traînent de façon extravagante. Seuls le toit et le clocher ont été restaurés.
    Les journalistes remarquent que le général et son épouse ne laissent percer aucune émotion. A leurs côtés se trouve Mgr Evrard, ancien archiprêtre de Calais, qui fut aussi compagnon d'armes du chef de l'Etat. Le groupe parcourt la nef encombrée de gravats, où gît une grosse cloche de bronze. Le président de la République écoute les explications de l'architecte chargé de la reconstruction et laisse échapper:«Elle revient de loin !» Jacques Vendroux glisse à l'oreille de son beau-frère qu'André Malraux, ministre responsable du patrimoine, pourrait se montrer plus généreux pour l'église de Calais ! Devant l'église, deux à trois cents personnes font une belle ovation à de Gaulle mais aussi à " tante Yvonne " ! Reste que ce petit pèlerinage qualifié de "sentimental" par la presse apporte une touche quelque peu assombrie au tableau rutilant d'une France moderne, résolument tournée vers l'avenir.

    Une ballade en hovercraft 
    Une fois son repas pris en famille au domicile de Jacques Vendroux et de son épouse situé boulevard Lafayette terminé, le chef de l'Etat accomplit une visite au collège d'enseignement technique de l'avenue Louis Blériot puis prend la direction de la plage où, sur le sable, sont posés deux aéroglisseurs. Le général de Gaulle doit se baisser pour pénétrer dans l'un d'eux. "L'autobus des mers" se lève sur son coussin d'air et file vers les vagues pour une virée de six minutes, suivi par un second hovercraft qui a fait le plein de journalistes. Cette sortie en mer s'accomplit sur un plan d'eau calme. A sa descente, le général de Gaulle confie, dans la langue de Shakespeare, au représentant de la compagnie anglo-suédoise qui en assure l'exploitation : «Je vous félicite, c'est intéressant, merci, bonne chance ».
    Il est 15h30 quand de Gaulle prend son envol pour Saint-Omer. Yvonne reste sur place pour visiter la crèche municipale de la rue de Chantilly: une nouvelle fois, en marge du protocole, l'épouse du général montre son intérêt pour les valeurs de la famille mais de manière non ostentatoire. Le couple ne reviendra plus à Calais en visite officielle. Mais leur souvenir restera à jamais vivace, surtout aux alentours de Notre-Dame...
     

     

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  • Parmi les événements qui ont fait date à Calais à la Belle Epoque, on compte malheureusement deux catastrophes liées au progrès, celle du pétrolier VILLE-DE—CALAIS et celle du sous—marin PLUVIOSE.

     En 1886 le port de Calais a été ouvert au trafic pétrolier et la Maison Paul Paix et Cie, de Courchelettes, près de Douai, a été autorisée à installer deux réservoirs d’une capacité de 27 000 hectolitres. Pour assurer ses importations régulières de pétrole américain, cette société a fait construire un pétrolier en acier le VlLLE—DE-CALAIS, comprenant seize compartiments contenant le précieux liquide qu’on décharge en trois jours à l’aide d’une pompe à gaz.

     Le trafic pétrolier entre Philadelphie et Calais s’effectue sans incident jusqu’au 16 octobre 1888 à 21 heures lorsque le VILLE—DE—CALAIS vient d‘achever la livraison de sa septième cargaison au bassin Ouest.

     A cette heure précise le pétrolier est tout a coup secoué par une formidable explosion. La déflagration est si forte qu’à Calais— Nord d’ innombrables carreaux volent en éclats, les portes s’ouvrent seules des tuiles voltigent un peu partout et le gaz s’éteint.

    16 octobre 1888

     

    Le "Ville-de-Calais" après l'explosion qui ébranla Calais

    En quelques instants toute la population est dehors s’interrogeant sur la cause de ce branle—bas de fin du monde. On est vite fixé par la puissante lueur rougeoyante qui émerge du bassin ouest: le VILLE—DE-CALAIS a sauté, et brûle à son appontement.

     La nouvelle se répand en ville comme une traînée de poudre et une ruée inimaginable déferle vers le lieu du sinistre.

     Le spectacle est à la fois tragique et grandiose. Le pétrolier en feu a été coupé en deux par l’explosion. L’avant a volé en éclats tandis que la partie arrière est demeurée intacte. Une quantité de débris et de tôles a été projetée à la ronde sur les toits des maisons ou sur les autres navires amarrés au port.

     Tandis que la foule commente la catastrophe, les secours s’organisent: pompiers, police, fantassins, artilleurs, personnel du port, représentants de la Marine, sont rapidement à pied d’œuvre. On craint en effet que le terrible accident n’ait provoqué de nombreuses victimes.

     

    Heureusement, il n’en est rien. En ce dernier jour d’escale, le Commandant Gombert a donné quartier libre à la majeure partie de l’équipage composé de 29 marins. Cependant on déplore la mort de trois d’entre eux: un lieutenant, un matelot et le troisième mécanicien.

    On compte également quelques blessés: un pioupiou du 8e de Ligne en patrouille sur le quai a eu une jambe brisée par un morceau de tôle, le chauffeur du navire a aussi les jambes broyées.

     Plus heureux, les quelques marins regroupés dans la partie arrière du navire, comme le commandant ou le mousse, s’en sortent indemnes.

     Le lendemain, au jour, on peut constater l’étendue des dégâts: un navire norvégien proche du pétrolier a eu son mât brisé et est très endommagé, le remorqueur HERCULE a subi de nombreuses avaries, une rame d’une soixantaine de wagons en stationnement sur le quai est fortement endommagée, sans compter les nombreux dégâts subis par les maisons de Calais-Nord et notamment du quartier de la Citadelle. Partout dans les environs du bassin Ouest on retrouvera des débris du navire. Une plaque d’acier longue de 13 mètres et pesant une tonne a survolé tout le bassin pour aller se ficher dans le sol de l’autre côté.

     L’enquête ne parviendra pas à établir les causes exactes de l’explosion. On pense que le gaz contenu dans les cales au lieu d’être évacué par la tuyauterie spéciale a pu se répandre sur le pont par un panneau étanche et il n’aurait fallu qu’une poussière incandescente pour provoquer la terrible déflagration.

     Les cadavres affreusement mutilés des deux victimes — le troisième corps ne sera retrouvé que quinze jours plus tard — sont transportés à la morgue et l’enterrement a lieu le 19 octobre au milieu d‘une foule estimée à 8 000 personnes.

     La partie arrière du VILLE—DE—CALAIS demeurée intacte sera remise à flot grâce à une cloison étanche pour être prise en charge par des remorqueurs anglais et être conduite à Newcastle où elle devait être assemblée à l’avant d’un pétrolier en chantier. Malheureusement une tempête empêchera ce morceau du VlLLE-DE-CALAIS d’arriver à bon port et le navire fera cinq victimes supplémentaires au cours de son naufrage.

     Pour remplacer la perte de son navire—citerne, la Société Paul Paix fera l’acquisition, deux ans plus tard, d’un nouveau navire baptisé VlLLE-DE-DOUAI lequel aura une carrière heureuse au cours de laquelle il effectuera 106 voyages entre les USA. et Calais.

       

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snow