• Calais à travers 100 rues

    Calais à travers 100 rues

    Calais, une ville aux portes de l’avenir « C’était comme si cent héros se levaient pour se bousculer vers le sacrifice. Et de cent, il en fit six. Il les sculpta nus, dans l’éloquence de leurs corps frissonnant de froid. Plus grands que nature : à l’échelle de leur résolution. »

     C’est le poète Rilke évoquant les six bourgeois immortalisés par Rodin. Et c’est aussi des gens d’ici que le monument parle encore. De cette cité souvent fataliste à force de malheurs, mais toujours debout dans l’adversité. Pas vraiment belle, mais si émouvante. Avec, en plus, l’idée du sacrifice qui a ce goût mêlé du courage et de la résignation.

     A sa naissance déjà, elle n’avait dû la vie qu’au sable comblant un vieil isthme et qu’aux hommes lointains dressant des digues pour arrêter la mer. On ne sait pas à quand cela remonte, tout comme on ignore l’origine du nom de Calais, anciennement Kaleis. Certains pensent que l’étymologie est celte, le cairn signifiant un tas de pierres, en référence peut-être à tous ces cailloux que le reflux des eaux a laissés tout au long du temps. D’autres auraient aimé que la racine fût grecque, Kalos voulant dire beau dans la langue des Hellènes. Et si cela tenait un peu des deux ? Il y a de si beaux galets...

     La création de Calais s’est faite peu à peu, par l’assèchement de la plaine maritime et l’endiguement du littoral. Au Xe siècle, on trouve des cabanes de pêcheurs, de paysans et d’éleveurs attirés par ces riches terres neuves et les prés-salés. Puis, dans la seconde moitié du XIIe siècle, vint Mathieu d’Alsace, frère de Philippe, comte de Flandre, qui fonda une ville et un port.

     A l’ouest du banc, sous l’actuelle citadelle, se tenait le village de pêcheurs, avec ses ruelles et son oratoire Saint-Jean-Baptiste. Au sud, un lotissement fut bâti, avec une place de marché aux poissons et l’église Saint-Nicolas.

    A l’est, près du port, avait été érigé un quartier, avec seize ruelles, un

    grand marché et l’église Notre-Dame.

     En 1228, Philippe d’Alsace fortifie Calais pour en faire un bourg militaire, tout en développant son port de commerce, notamment vers l’Angleterre, et la pêche du hareng. Bien relié à l’arrière-pays, Calais devint vite une place de commerce permanente qu’alimentait aussi l’essor de l’agriculture et de l’élevage. Cependant, avec la prospérité vint la convoitise et avec la position géographique l’enjeu militaire. Dès 1290, les marins flamands et anglais se font des misères. Du fait de la confiscation de l’Aquitaine par le roi de France éclate la guerre avec l’Angleterre, inaugurant ainsi six siècles de relations conflictuelles avec ce pays d’outre-Manche. Tout un pan de l’économie calaisienne s’écroule. Troisième ville de l’Artois, Calais vivait surtout du commerce international et de la pêche, même si cette activité avait baissé, les marins préférant devenir corsaires. La course était bien plus lucrative.

     En juillet 1346, Edouard III débarque en Normandie et remonte vers le nord. Le 4 septembre, il est devant Calais, une cité puissamment fortifiée et entourée d’une zone marécageuse difficile d’accès. Le roi d’Angleterre n’a d’autre choix que d’établir un siège, à partir d’un camp retranché installé dans les prairies de Saint-Pierre. Ce siège, l’un des plus longs de l’histoire médiévale, dure onze mois. La ville tiendra grâce aux bateaux qui lui amènent vivres et armes. Mais, avec le blocus maritime, la cité doit se rendre et, le 4 août 1347, c’est le fameux épisode de la reddition des six bourgeois de Calais, pieds nus et la corde au cou.

     S’étaient dévoués Jean de Vienne, capitaine de la garnison, Eustache de Saint-Pierre, Jean d’Aire, Jacques et Pierre de Wissant ainsi qu’Andrieu d’Andres. Heureusement l’intervention de la reine sauva ces hommes de la pendaison. En représailles, Édouard III expulsa néanmoins presque toute la population et la remplaça par des colons anglais. Devenue une ville coloniale, Calais eut dès lors une activité économique en dents de scie. Rapidement, « ce plus précieux joyau de la couronne » devint hors de prix pour ladite couronne, en raison de l’importante garnison nécessaire au maintien de cette tête de pont anglaise en pays flamand. Il fallut également financer des travaux de fortification, comme le fort Risban ainsi que d’aménagement du port, des ponts et des canaux.

    Avec la fin de la guerre de Cent Ans en 1453, Calais retrouva un peu de prospérité, mais resta anglaise. Elle vécut ainsi deux siècles d’occupation avant que les troupes du duc de Guise ne la libèrent en 1558. Le pays reconquis rejoignait enfin le royaume de France et se pensait désormais à l’abri d’une nouvelle invasion derrière ses puissants bastions. Mais, en 1596, des soldats espagnols s’emparaient de la cité qu’ils occupèrent durant deux ans. Une fois de plus les Calaisiens durent fuir leur ville.

     La paix signée avec l’Espagne, Calais revint à la France. On la repeupla avec des émigrants, surtout des protestants qui constituèrent une nouvelle bourgeoisie prospère et industrieuse. Au XVIIe siècle, la ville compte 36 rues ; elle est entourée de hauts remparts d’où émergent la tour du guet, l’église Notre-Dame et le beffroi de l’hôtel de ville. Le port s’ouvre par deux jetées et abrite deux bassins, le petit et le grand Paradis.

    Le fort Risban en protège l’entrée. Près du port, s’est installé un quartier des gens de mer, le Courgain. Au pied des murailles, s’étend la Basse-Ville dédiée à saint Pierre et, dans la plaine occidentale, se dresse le fort-écluse Nieulay construit en 1560.

     Point clef du détroit, Calais continua à jouer, sous l’Ancien Régime, le rôle stratégique qu’elle avait eu au Moyen Age. D’où la construction, sous Colbert, d’une citadelle, à côté des tours de l’ancien château médiéval. Mais à trop songer à sa fonction militaire, la ville néglige l’activité économique et notamment son port. Après la Révolution, sous l’Empire, la population est surtout rurale ; il y a aussi des artisans, des commerçants et des ouvriers, mais la grande ressource demeure la mer. Le projet de débarquement de Napoléon en Angleterre et la construction d’une flottille améliorent un peu les choses, tout comme la reprise de la course, surtout au moment du Blocus continental.

     L’arrivée du tulle mécanique à Calais ouvre alors un siècle d’expansion industrielle. En fraude, quelques fabricants de Nottingham firent traverser des métiers à bord de petits bateaux. Les premiers furent installés à Calais en 1817, mais leur bruit suscita des plaintes et les ateliers émigrèrent vers Saint-Pierre. C’était le début de l’essor de ce faubourg rural tandis que Calais stagnait, coincée dans ses remparts. Quant au port qui se modernise à partir de 1838 et qui bénéficie de l’arrivée du chemin de fer, il assure les traversées par Douvres, soit 40 000 voyageurs par an. En 1885, est décidée l’union des deux villes, Calais 13 500 âmes et Saint—Pierre 33 300 habitants.

     Avec la Belle Epoque et le progrès technique vint le développement de l’industrie dentellière et des transports. La guerre 14-18 brisa cet élan. La ville se mua, une fois de plus, en camp retranché ce qui n’empêcha pas les bombardements ennemis de février 1915 et la destruction de 230 maisons. Après l’armistice, le port retrouva peu à peu son activité jusqu’à la mise en place, en 1928, du système des car-ferries qui allait faire sa richesse. La récession de la guerre passée, la dentelle reprit de plus belle, mais le krach boursier aux USA provoqua une crise grave dans cette industrie exportatrice. Du coup, la ville diversifia ses activités et connut quelques années de répit et de progrès sociaux, notamment sous le Front populaire.

     La Seconde Guerre mondiale stoppa net cette renaissance. Bombardée durant quinze jours par les Allemands, Calais capitula le 26 mai 1940. La ville était ravagée. Le vieux Calais était en ruines, sauf le phare, la tour du Guet et Notre-Dame. Le Courgain avait entièrement disparu et une grande partie de la population avait fui les combats. Au terme de quatre années d’occupation allemande, la Libération, par les troupes alliées, vint le 29 septembre 1944, au prix de nouvelles destructions dont l’église Notre-Dame.

     Calais dut reconstruire son habitat pour reloger les sinistrés et remettre en état son port pour relancer l’activité. La reconstruction prit quinze ans. La production dentellière redémarra et comptait même 170 entreprises pour 7 400 employés en 1955. Il en reste aujourd’hui 12 pour 2 000 salariés qui font vivre une dentelle connue dans le monde entier. Quant au trafic portuaire, il n’a cessé de croître jusqu’à faire de Calais le deuxième port de voyageurs au monde après Douvres, avec quelques 20 millions de passagers.

    Désormais reliée à tout le réseau autoroutier européen et située au débouché du tunnel sous la Manche ouvert en 1994, Calais est devenue un nœud de communications unique, au carrefour de l’Europe.

     Lente et imprévisible création des générations successives, l’architecture et l’urbanisme sont la somme et la résultante d’échecs et de réussites, de joies et de malheurs, d’inspirations et de repentirs. Près de mille ans d’histoire ont sécrété Calais. Mille ans dont chaque époque a laissé un peu des grands événements et des petits faits qui l’ont traversée. Elle a pourtant beaucoup perdu de son passé dans les dévastations de la guerre. A l’exception de la tour du guet, de l’église Notre-Dame et de la citadelle, il ne reste rien du vieux Calais. Rien de son hôtel de ville avec beffroi, ni de sa place d’armes entourée de maisons bourgeoises, ni des remparts qui ceignaient l’ancienne cité. Rien non plus du Courgain-maritime, ce quartier de gens de la mer. Tout ce secteur a été rebâti dès 1948, selon des méthodes de construction moderne.

     D’abord dans le style néo-flamand, vers l’esplanade Jacques Vendroux, pour redonner une âme à ce quartier détruit et faire le lien avec l’architecture du nouvel hôtel de ville. Ensuite dans l’esprit des « machines à habiter » de Le Corbusier, à l’image des immeubles en barre de la place d’Armes.

     Paradoxalement la seule ancienneté qui ait tenu, c’est celle de l’ancien faubourg de Saint-Pierre qui de rural est devenu industriel, avec l’arrivée du tulle mécanique au XIXe siècle. C’est pourquoi il n’y a pas d’autre architecture que de ce temps-là et du début du XX°, l’âge d’or de la dentelle. C’est aussi l’époque de l’urbanisation : désormais inutiles, les remparts de Calais tombent et la réunion avec Saint-Pierre se fait. Avec les progrès de l’hygiène collective et des transports, tels l’arrivée du train et de l’automobile, la revendication individuelle et l’essor industriel, le paysage urbain se modifie totalement. Au début, l’architecture répond à la nécessité : bâtir des usines et loger des ouvriers. Puis, la prospérité aidant, l’habitat s’embourgeoise. Voilà pourquoi celui-ci mêle encore logements ouvriers et maisons de maître. Autre caractéristique de la ville : son étendue sur 330 km de voirie liée à la réunion de deux cités. C’est aussi ce qui explique qu’en dépit de la construction d’un hôtel de ville et d’une gare centrale entre les deux, Calais n’a pas de vrai centre.

    Quant aux noms des rues, ils viennent, essentiellement, d’un plan du docteur Cuisinier, conseiller municipal, conçu en 1885 au moment de la fusion des deux villes. Il eut l‘idée de regrouper les noms par secteur géographique : les scientifiques aux Fontinettes, les militaires aux Cailloux. Quelques-uns des 36 noms des rues du vieux Calais ont survécu (Havre, Mer, Royale, Harpe, Thermes, Paradis...). Sous la Terreur, Saint-Pierre fut rebaptisé Ecailloux, la rue Royale devint Egalité et l’église Notre-Dame, le temple de la Raison.

     Aujourd’hui, ces rues nous racontent l’histoire d’une ville, plusieurs fois vidée de sa population par les guerres et les crises économiques ce qui n’aide pas à se constituer une identité culturelle. Peut-être celle-ci pourrait-elle se fonder, à partir du port et du tunnel, sur la notion d’échange et, à partir de la dentelle, sur l’idée de patrimoine industriel. Ce livre ne dit rien d’autre. Il est une manière de regarder la ville au fond des lieux, de jeter un regard en arrière avant de sauter dans l’avenir, d’apprendre d’où l’on vient pour savoir où l'on va.

    INDEX DES RUES

    Alançon (rue d'), Alliés (boulevard des), Bert (rue Paul), Berthe (digue Gaston), Blanchard (rue), Blériot (avenue Louis), Bout-des—Digues (rue du),           Cailliette (rue), Cambronne (rue), Camélinat (rue), Champailler (rue), Chanzy (rue du Général), Château d’eau (rue du), Colonne (quai de la), Commerce (quai du), Commune-de-Paris (rue de la), Communes (rue des), Constantine (rue de), Corneille (rue), Curie (boulevard), Dampierre (rue), Darnel (rue), Delannoy (J., F. et M), Delcluze (rue Alfred), Delpierre (quai Auguste), Demont-Breton (rue), Deschamps (rue Robert), Devot (quai Paul), Dognin (rue), Egalité (boulevard de l’), Fleurs (rue des), Fontinettes (rue des), Four—à-Chaux (rue du), Française (rue), France (rue Anatole), Francia (rue), Fulton (rue), Gagarine (rue Youri), Gaillard (rue), Galliéni (rue du Général), Gambetta (boulevard Léon), Harpe (rue de la), Homère (rue), Hugo (boulevard Victor), Jacquard (boulevard), La Fayette (boulevard), Lamartine (rue), Leavers (rue), Leclerc (rue du Maréchal), Lheureux (quai Lucien, Lodi (rue de), Loire (quai de la),  Luther King (rue du Pasteur), Marinot (rue Maurice), Masséna (rue), Miraumont (rue), Mollien (rue), Montréal (rue de ), Moulin-Brûlé (rue du), Neuve (rue), Normandie-Niémen (rue), Notre-Dame (rue), Onze novembre (rue du), Orléansville (rue d’), Passerelle (rue de la), Pasteur (boulevard), Petit-Courgain (grande-rue du), Poincaré (avenue Raymond), Pomme d’or (rue de la), Pont-Lottin (rue du), Pont-Neuf (rue du), Pont-Trouille (rue du), Quatre-Coins (rue des), Raphaël (rue), Ravisse (rue Charles), Régniers (chemin des), Reine (rue), Richelieu (rue de), Royale (rue), Saint-Exupéry (avenue de), Saint-Pierre (rue Eustache de), Salengro (avenue Roger), Salines (rue des), Seigneur de Gourdan (rue du), Sémard (rue Pierre), Soupirants (rue des), Souville (rue Tom), Stephenson (rue), Tannerie (rue de la), Texas (rue du), Toul (rue de), Utrillo (rue Maurice), Van Grutten (rue), Vauxhall (rue du), Vendée (rue de la), Vendroux (esplanade Jacques), Verte (rue), Vic (rue de), Wilson (avenue du Président), Yser (quai de l’), 

     

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    Alençon (rue d’) Rue de Chantilly - rue de la Commune-de-Pan‘s

     Au siècle dernier, elle s’appelait la rue Dix des Fleurs. C’est le docteur Cuisinier, grand ordonnateur des rues de Calais en 1885, qui lui a trouvé ce nom d’Alençon, dans un quartier de Saint-Pierre où ont été regroupées des appellations ayant trait à l’industrie dentellière.

     Tout comme la Valenciennes, la Malines et le Chantilly, l’Alençon est un point de dentelle à l’aiguille ou « point de France », considéré au XVII° siècle comme la reine des dentelles. Le procédé, venu de Venise en 1660, fut récupéré par une certaine dame Gilberte qui fit fortune en ouvrant une manufacture de dentelle précisément dans la bonne ville normande d’Alençon.

     Du passé de cette petite rue, il ne reste même plus les pavés qui recouvraient la chaussée il n’y a pas si longtemps.

     Tout au plus subsiste-t-il une série de logements répétitifs, avec des ouvertures étroites et des saillies de briques, et, au n°3, une belle façade bourgeoise de la fin du siècle dernier, avec son bel encadrement de porte, ses balustrades aux fenêtres et ses lucarnes ornementées.

     Mais qui se souvient encore qu’un jour de juillet 1901, un aérostat, qui avait décollé d’Aire—sur-la-Lys, accrocha la toiture du n°18 ? Appelés au se- cours, les sapeurs—pompiers durent se promener sur les toits pour ramener le ballon au sol et tirer ainsi l’aérostier de sa fâcheuse position.

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    Portant le nom d’un célèbre point de dentelle à l’aiguille qui fit les beaux jabots du XVIIe siècle, cette rue a perdu ses pavés, mais a gagné des arbres lors d ’une opération de rénovation. Elle a maintenant le calme tranquille des rues sans histoires, mais non sans voitures.

     

     Alliés (boulevard des) Rue de la Mer - place Henri Barbusse

     De l’ancien boulevard, les destructions de la Seconde Guerre mondiale n’ont rien laissé. Edifiée à l’emplacement des fortifications de Calais démolies en 1882, cette artère suit le tracé de la rue du Rempart dont elle a gardé la courbure. Parce que de nombreux voyageurs débarquaient au port et empruntaient ce boulevard, le conseil municipal le qualifia d’international en 1889. Et puis, au lendemain de la guerre 14-18, en souvenir de l’alliance, il décida de l’appeler le boulevard des Alliés. A l’époque, il partait de l'extrémité du bassin Ouest, mais il fut coupé en deux en 1951, le second tronçon prenant le nom de boulevard de la Résistance.

     Les historiens rapportent que, le 15 mai 1933, un avion de tourisme anglais, perdu dans le brouillard, se posa sur le boulevard des Alliés, en croyant atterrir à Folkestone. Indemne, le pilote du biplan parvint à éviter les fils électriques du tramway, mais pas le bec de gaz...

     En venant de la rue de Mer, cette voie passe aujourd’hui sous l’immeuble Gavet datant de 1950, avec ses huit étages et son étrange sculpture à l’entrée : une sirène stylisée en silex et éclats de verre. Face au bassin du Paradis, un hôtel a pris la place du cinéma Le Dauphin. Ouverte en 1960, cette salle remplaçait le vieux Calaisiana détruit en 1940.

     Tout à côté des locaux de la Fédération maritime, se trouve l’hôtel consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie de Calais.

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     Aux abords de cette artère, on voit la colonne Louis XVIII, la placette où trône le buste de Léon Vincent et le phare se dressant au-dessus de la ville depuis 1848. Le boulevard longe le Courgain-maritime, ancien quartier des gens de mer détruit en 39—45.

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    L ’hôtel consulaire de la Chambre de commerce et d ’industrie de Calais a été reconstruit sur les mines du précédent, détruit durant la Seconde Guerre mondiale. D‘une architecture mêlant la brique et le béton, le nouvel immeuble a été inauguré le 10 septembre 1959.

    Celui-ci a été rebâti sur les ruines du précédent, dans l’esprit moderniste des années 50, mêlant la brique et le béton. A l’angle de la place du Petit Carré, a été installée la colonne Louis XVIII. Au milieu de cette placette, trône un buste en bronze du député- maire Léon Vincent (1875-1955), figure marquante du Courgain-maritime. Ecrivain de revues, armateur de bateaux de pêche et président d’associations, il était connu pour son ardeur à défendre le port et son grand cœur.

     Entre deux rangées de restaurants et de cafés, le boulevard longe le Courgain-maritime, notamment la place du chanoine Eugène Bourgois (1856-1938). Troisième curé du quartier, ce prêtre y vécut pauvre- ment, partageant tout avec les gens.

     Au fond de la place, dans son architecture de béton, se dresse l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, ainsi nommée parce que saint Pierre est le patron des pêcheurs et qu’il fallut y ajouter saint Paul pour éviter la confusion avec l’autre église. Elle a été reconstruite en 1964. En face, le phare, bâti en 1848, dresse sa silhouette haute de 56 m pour 270 marches.

     Dans un enchevêtrement de rails et de pavés, le boulevard débouche sur la place Henri Barbusse. Ce sont les élus du Front populaire qui ont donné, à l’ancienne place de l’Europe, le nom de cet écrivain communiste. Ayant refusé de la débaptiser sous l’Occupation, le conseil fut dissous. La délégation spéciale en fit la place de Russie. A la Libération, le conseil lui rendit son nom. Le préfet s’en étonna ; les élus communistes se fâchèrent. Et dire qu’aujourd’hui la plupart des Calaisiens ignorent l’existence même de cette place !

    Bert (rue Paul) Boulevard Jacquard - pont Mollien

     Entre le moment où la décision fut prise et celui où elle fut appliquée, il fallut attendre vingt ans pour que le nom de ce physiologiste et homme politique soit officiellement donné à la rue du Pont-Thierry, ancienne appellation du pont Mollien. C’était en 1906. Au décès de Paul Bert (1833-1886) à Hanoi, les élus calaisiens avaient envoyé une lettre de condoléances à la famille de ce savant qui fut ministre de l’Instruction publique dans le cabinet de Gambetta avant de devenir gouverneur de l’Annam et du Tonkin (Vietnam).

     A l’entrée de la rue, parmi d’importants immeubles avec de grands commerces au rez-de-chaussée, on remarque l’hôtel de la Caisse d’épargne (1959), avec son imposante façade de briques et la rigueur de ses formes bien dans l’esprit de l’architecture géométrique d’alors. Au fronton est accroché un haut-relief du sculpteur calaisien Léon-Georges Buisseret, prix de Rome. Au n° 16, on voit un immeuble caractéristique des années 30, avec son côté Arts-Déco et son architecture stylisée.

     En face s’étale la place du Soldat inconnu. A l’époque, s’y tenaient des fêtes aérostatiques et les cirques y dressaient leur chapiteau tels ceux du Barnum Circus en 1902 et de Buffalo Bill en 1905. En 14-18, des baraquements du Cercle du soldat belge abritèrent des restaurants, des salles de spectacle et de cinéma. En deux ans, cet ancêtre du drugstore enregistra 1 500 000 entrées de militaires alliés.

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    Parmi d’importants immeubles et leur commerce au rez-de-chaussée, trônent l’hôtel de la Caisse d ’Epargne (1959), avec sa haute façade géométrique, et, tout à côté, l ’architecture très stylisée Ans-Déco d ’un bâtiment inspiré des années 30.

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     Sur l’ancienne place du Soldat inconnu, a été bâti le nouvel hôtel de ville pour marquer l’union des villes de Calais et Saint-Pierre. Inaugurée en 1925, la mairie a été conçue par Louis Debrouwer dans un mélange de style néo-flamand et de gothique renaissant.

     En 1919, l’endroit a été baptisé place de l’Hôtel de Ville, lors de la construction de l’actuelle mairie. Du fait de la réunion de la ville avec Saint-Pierre, en 1885, le projet de cette maison commune est décidé trois ans plus tard, mais les travaux ne débutent qu’en 1911. Interrompus durant la guerre, ils reprennent en 1923, l’édifice étant inauguré le 12 avril 1925. Le chantier a duré quatorze ans et connu quatre maires : Emile Salembier pour la conception, Charles Morieux pour la réalisation ; Duquenoy—Martel pour la finition et Hans Apeness pour l’inauguration. Après bien des hésitations, c’est à l’architecte Louis Debrouwer qu’avait été confié le projet. Il comprend notamment un beffroi ajouré de 75 m de haut, de style néo-flamand : clochetons, bretèches, horloge à quatre tours, avec carillon et chemin de guet encadré par quatre sculptures de la Renommée veillant symboliquement sur la ville. Le reste du bâtiment rappelle le gothique des châteaux de la Renaissance. Sous les hauts combles, le corps central abrite des bâtiments en U organisés autour d’un grand hall surmonté d’une belle verrière. Le superbe escalier d’honneur, éclairé par de magnifiques vitraux retraçant la libération de Calais par le duc de Guise en 1558, dessert une galerie, avec les salles d’honneur de chaque côté : grand salon, salle du conseil et des mariages, cabinet d’apparat. Ce qui avait séduit les élus dans le projet de Debrouwer, c’était qu’il était conforme aux traditions et aux matériaux du pays : brique et pierre de Marquise. Par ailleurs, il reposait sur une structure en béton armé, moins onéreuse que la pierre de taille, ce qui a permis de mettre l’accent sur la décoration intérieure.

    Berthe (digue Gaston) Front de mer

     Elle est l’avenue de la plage et porte le nom de celui qui l’a voulue : Gaston Berthe (1889-1952), surnommé le père tranquille de la Résistance. Sous l’Occupation, il fut arrêté et déporté pour avoir organisé un réseau d’évasion pour les aviateurs alliés abattus dans la région. De retour des camps de concentration, ce maire socialiste imagina une voie en front de mer dans l’esprit de la promenade. Son inauguration eut lieu le 17 août 1952, quelques mois après la mort de Gaston Berthe.

     La digue part de la jetée Ouest qui date de 1926 et sur laquelle se déroulent les concours de pêche en mer. Elle surplombe la plage où s’alignent les rangées de chalets. Leur installation remonte à 1893, date à laquelle Achille Bresson implanta un établissement de bains de mer vers la plage, marquant ainsi le début de la station balnéaire. Il récupéra un pavillon de bois de l’Exposition universelle de 1889 pour en faire un casino, il y adjoignit un café-restaurant et un dancing qui se trouvait à l’emplacement actuel du poste de secours. Face à la mer, des constructions neuves ont vu le jour, longues barres d’immeubles résidentiels se prolongeant à l’ouest par des villas, émaillées d’hôtels et de restaurants. Parmi ces derniers, Le Côte d’Argent et Le Marmouset ont repris les noms d’anciennes brasseries de plage, bien dans le caractère populaire de cette station prisée des mineurs. L’une d’elles, aujourd’hui disparue, s’appelait d’ailleurs "La Descente des mineurs".

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     Ouverte en 1952, quelques mois après la mort de Gaston Berthe qui avait voulu sa construction, la digue invite à la promenade du bord de plage. Des immeubles résidentiels, des villas et des hôtels- restaurants la longent dans l’esprit d’une station balnéaire.

    Blanchard (rue) Place Crèvecœur - rue des Prairies

     Elle s’appelait rue Napoléon jusqu’en 1881, date à laquelle le conseil municipal de Saint-Pierre lui donna un nom plus en conformité avec les idées républicaines. Elle fait partie d’un groupe de cinq ruelles donnant sur la place Crèvecœur. Deux consacrées à des inventeurs : le physicien Jacques Babinet et l’ingénieur des Ponts et Chaussées Adrien Raffeneau à qui l’on doit la restauration de la digue de Sangatte et le système d’écluse du port de Calais. Trois le sont à des aéronautes : les frères de Montgolfier, inventeurs du ballon à air chaud en 1783 ; Gaston Tissandier (1843-1899) qui effectua son premier voyage en ballon à Calais et Jean-Pierre Blanchard (1753—1809).

     Le grand exploit de Blanchard est d’avoir réussi la première traversée du détroit en ballon. Parti de Douvres avec un passager britannique, le docteur J ef- fries, l’aéronaute français avait atterri dans la forêt de Guines où une colonne commémore cet événement. Longtemps conservée dans l’ancien musée de la place d’Armes, la nacelle richement décorée du ballon de Blanchard a brûlé, avec le musée, en 1940.

     Aujourd’hui, cette ruelle tranquille abrite quelques belles maisons : le n°3 qui offre une jolie façade fleurie, avec ses encadrements de fenêtre à agrafe et ses lucarnes en bois dans le toit ; le n°4, en brique sombre, tout en hauteur, avec l’étrange style néo-classique de son étroite porte d’entrée géminée, de sa petite fenêtre et de son fronton cintré.

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     Dans cette ruelle tranquille qui donne sur la place Crêvecæur, se nichent quelques belles maisons du XIXe siècle, telle cette demeure à la façade fleurie, avec ses encadrements de fenêtre à agrafe et ses lucarnes en bois dans le toit. Blanchard aurait sûrement aimé s’y poser...

    Blériot (avenue Louis) Pont-de-Vîc - Quatre-Ponts

     Louis Blériot (1872—1936) fut le premier à traverser le détroit en avion. Parti de Calais le 25 juillet 1909, il se posa à Douvres, à bord d’un aéroplane qu’il avait construit lui-même. C’est le maire Gaston Berthe qui, le 28 mai 1949, décida de donner le nom de Louis Blériot à cette nouvelle avenue qui devait mener à l’aéroport de Calais-Marck.

     Jusqu’en 1947, y passait le canal de Marck rejoignant celui de Calais à Saint-Omer, à hauteur du pont de Vic. A l’épo ue, il était bordé, d’un côté, par le quai Augustin Thierry et, de l’autre, par le quai David. Le canal, de plus en plus envasé, étant devenu un cloaque, le maire communiste d’alors, Hubert Défachelles, le fit combler jusqu’à hauteur des Quatre-Ponts. Ce dernier nom se justifiait avant la guerre, en raison de la présence de quatre ouvrages franchissant les canaux de Marck et des fortifications de Calais qui se croisaient à cet endroit. A l’angle de la rue de Phalsbourg, un institut médico-éducatif est édifié sur l’ancien bastion IV où l’armée française avait installé une batterie antiaérienne au début de la guerre. C’est là que le lieutenant Jacques Faguer a été tué lors d’un bombardement.

     Les deux voies de la large avenue s’étirent de chaque côté d’un terre-plein central ombragé. Elles sont bordées de commerces et de maisons résidentielles : en particulier, une villa au n°9, avec sa véranda tournée vers son petit parc de verdure et son fronton ouvragé portant en écusson la date de 1811.

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     De chaque côté du terre—plein ombragé de cette avenue construite sur un ancien canal, ont pris place des commerces et des résidences. C ’est le cas avec cette belle villa du début du XIXe, bâtie dans le style Empire, avec son fronton ouvragé et sa véranda tournée vers un joli petit parc.

    Bout-des-Digues (rue du) Rue Monseigneur Piedfort - rue Edgar Quinet

     Elle fut un temps la rue de Condé avant qu’elle ne soit baptisée de ce nom qui évoque le passé du quartier des Pierrettes. Cette zone se trouvait sous les eaux lors des grandes marées. Afin d’empêcher ces inondations, des digues avaient été édifiées à partir du XIIe siècle entre Calais et le pont Nieulay.

     On y trouve une grande unité architecturale, en raison d’une urbanisation qui remonte à la même époque : fin du XIXe et début du XX° siècle.

     Au n° 19, une haute et belle maison qui offre sa façade d’un néo-classicisme simple.

     Classicisme provincial aussi au n°40, avec sa façade et son bow-window tout en ciment—pierre (1906). Des n°57 au 63, on découvre un alignement de constructions symétriques et, au n°92, une belle demeure, avec sa grande baie cintrée entre deux portes, sa travée ornementée, ses fenêtres géminées et ses lucarnes écussonnées. Tout au bout, se font face les vieux ateliers de dentelle et la récente école maternelle des Pierrettes.

     Pour la petite histoire, il faut savoir qu’au n°3, un assassinat fut commis le 22 février 1927. Auguste Krapf, tulliste, 66 ans, fut trouvé mort à son domicile. Il avait les mains liées dans le dos et la tête emprisonnée dans une couverture. L’assassin fut découvert quelques jours plus tard. Il s’agissait d’un commis boulanger de 16 ans qui déclara s’être inspiré du film "Le Chauffeur inconnu" pour commettre son crime.

    A-B

    Avec la prospérité de l’industrie dentellière durant la deuxième moitié du XIXe siècle, l’habitat s’embourgeoise et, signe de richesse, se pare de moulures en ciment-pierre et de nombreux accessoires de façade comme le bow—window et, comme ici, d ’un œil—de—bœuf.

     

     

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    Cailliette (rue) Boulevard Gambetta - rue Auber

     Jacques Cailliette (1805-1887) était de Boulogne,ce qui ne l’empêcha pas de devenir maire de Saint-Pierre-les-Calais. Pourtant, on sait que le climat de rivalité, qui règne entre les deux villes, ne date pas d’hier.

     Il avait 18 ans à son arrivée dans la cité des Six Bourgeois. Son père dirigeait une fabrique de sucre près de Coulogne où se trouve d’ailleurs la sépulture de la famille Cailliette. Directeur d’une entreprise de messageries, J. Cailliette occupa des fonctions municipales, d’abord comme conseiller, puis comme adjoint. Il eut le privilège de proclamer la République en 1848 et fut élu maire de 1874 à 1878.

     C’est en 1900 qu’on donna son nom à cette rue qui s’appelait alors rue du Cosmorama prolongée. A l’origine, celle-ci devait être sur un grand axe allant du parc Saint-Pierre aux Fontinettes, mais la construction d’une usine à tulle rue Auber empêcha le projet d’aboutir.

     A l’angle de la rue Auber - un nom qui vient d’un malentendu avec Gobert, ce propriétaire ayant offert le terrain pour le percement de la rue, à condition qu’elle s’appelle rue Gobert -, était implantée la scierie Bodet qui brûla en 1901. A sa place, on construisit un dépôt de tramways qui devint celui des autobus de la ville.

     Existent encore quelques belles et vieilles bâtisses dont une maison de maître au n°22, à la façade néo-classique.

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    A l’origine, cette rue devait faire partie d ’un axe reliant le parc Saint-Pierre à la rue des Fontinettes. La construction d’une usine à tulle rue Auber mit fin au projet. Ici, ce sont des maisons de rapport comme on en a bâti beaucoup au moment de l'industrialisation.

    Cambronne (rue) Rue Hoche - rue d’Epinal

     Ancien chemin des Basses-Communes, puis des Abattoirs, elle fait partie du quartier des Cailloux et longe la voie ferrée. C’est en 1891 qu’elle est baptisée du nom du fameux général napoléonien (1770-1842), connu pour son mot célèbre donné en réponse aux Anglais qui encerclaient les chasseurs de la garde impériale à la bataille de Waterloo. Il a toujours nié en être l’auteur. De retour des prisons anglaises, c’est par Calais qu’il rentrera en France le 25 septembre 1815. Escorté jusqu’à Paris par un officier calaisien, le capitaine Cresson, il fut emprisonné par les Royalistes pour avoir rejoint l’armée de Napoléon, avant d’être jugé et acquitté.

     De la rue partent deux passerelles pour piétons au-dessus la ligne ferroviaire : l’une débouche rue Stephenson et l’autre à la petite gare des Fontinettes. Au bout d’un alignement de maisons simples en brique peinte ou pas, le café Les Amis réunis s’ouvre par une porte d’angle coupé comme on en voit souvent à Calais. Légèrement en retrait de la rue, l’église Notre-Dame des Armées dresse sa silhouette en ciment-pierre autour d’un déambulatoire extérieur à colonnade entourant un jardinet. L’édifice religieux date de 1924 et c’est un ancien aumônier militaire l’abbé Peugnet, fondateur et premier curé de la paroisse, qui avait lancé une souscription pour ce bâtiment en dur. En effet, la précédente église, construite en bois, avait failli brûler en 1916, le feu ayant pris dans la crèche de Noël.

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    D’une des deux passerelles qui enjambent la voie ferrée, on peut apercevoir le quartier des Cailloux et son église Notre—Dame des Armées qui dresse sa silhouette en ciment—pierre depuis 1924. Elle est venue remplacer un précédent édifice religieux qui avait failli brûler en 1916.

    Camélinat (rue) Rue Gaston Monmousseau - rue Guy Mocquet

     Située dans un lotissement de conception récente aux confins de Calais et aux limites de Coulogne, cette rue, comme toutes celles du secteur, rend hommage à d’anciens résistants, élus communistes et socialistes, tels que Pierre Puis, Léo Lagrange, Gaston Monmousseau et Guy Mocquet.

     Zéphirin Camelinat (1840-1932) est en effet de ceux qui ont pris part à la Commune de Paris. Il était alors directeur de la Monnaie, dans la capitale.

     Exilé à Londres en 1871, puis gracié, il fut élu député socialiste et devint communiste après la scission de Tours, en 1920. C’est grâce aux actions de l’Humanité, qu’il possédait en tant que trésorier de la SFIO, que ce journal devint l’organe du PCF.

     Ce lotissement, totalement excentré et quelque peu isolé, est composé de petites maisons résidentielles, avec de jolis jardins.

     Il fait partie du quartier du Virval qui commence à la petite gare de Saint-Pierre-Halte, aujourd’hui désaffectée, et s’étend au sud-est de Calais.

     Selon certains, ce nom de Virval viendrait du flamand Vzer wall qui signifie les quatre murs.

     Dans les annales, on retrouve l’existence d’un sieur du Virval, Nicolas de Courbot, qui fut l’un des premiers fondateurs de la colonie calaisienne après la reprise de Calais aux Anglais en 1558. Il obtint même la charge de major de la garnison calaisienne, de 1559 à 1596.

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    Il n ’y a pas grand-chose à dire de cette rue paisible et sans histoires située aux confins de Calais et aux limites de Coulogne. Sinon qu ’on y trouve un lotissement de maisons récentes, avec de coquets jardinets qui sont la marque de l 'héritage champêtre du Virval.

    Champailler (rue) Rue de Chantilly - boulevard Einstein

     C’est en 1883 que la rue Neuf du quartier des Fleurs prit ce nom. Il s’agissait d’honorer toute la famille Champailler (ou Champaillier) qui a tant œuvré pour l’essor de l’industr1e dentellière. C’est le cas, en particulier, du fils aîné d’un fabricant de tulle qui avait repris l’usine Webster, là où se trouve aujourd’hui le collège République. C’est lui qui, en 1834, avec Pearson, sortit le brevet d’un métier pouvant faire « un tulle-dentelle de coton à point d’esprit ». Ses nombreuses inventions lui valurent d’ailleurs d’être fait chevalier de la Légion d’honneur en 1855. La famille Champailler vendit son usine en 1864, deux ans avant qu’elle ne brûle entièrement.

     A l’angle de la rue de Chantilly, se trouve l’institution Jeanne d’Arc, une école créée par les dominicaines en 1888 et destinée, à l’origine, à l’éducation des jeunes filles. Reconstruite, elle existe toujours, mais elle est devenue un établissement privé mixte. Durant les deux dernières guerres, elle fut transformée en hôpital et fut gravement endommagée par un incendie en 1956.

     Au n°29, cette artère compte une impasse, avec une trentaine de maisons, et quelques demeures originales. Ainsi à l’angle de la rue Dognin, une maison de rez—de-chaussée, bâtie dans le style du XVII° siècle, avec ses lucarnes dans les combles. Quant au café Hennuin (1888), construit dans le plus purgenre néo-flamand, il a aujourd’hui disparu.

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    Créée en 1888 par les dominicaines pour l’éducation des jeunes filles, l'institution Jeanne d’Arc servit d ’hôpital durant la guerre. Reconstruit après un incendie en 1956, cet établissement accueille des élèves du primaire et du secondaire.

    Chanzy (rue du Général) Boulevard La Fayette - rue de Vîc

     Autrefois, elle était morcelée en quatre tronçons : rues des Oiseaux, du Mont-Blanc, de Mondovi et des Ormes.

     Devenue voie unique, on l’a d’abord baptisée Eustache de Saint-Pierre, puis, à la réunion des deux villes en 1885, on en fit la rue du Général Chanzy, pour ne pas la confondre avec une autre artère de Calais-Nord.

     Antoine Chanzy (1823-1883) s’était vu confier le commandement de la 11° armée de la Loire par Léon Gambetta laquelle résista à l’avancée allemande en 1877.

     Député des Ardennes, il fut nommé gouverneur de l’Algérie en 1873 et ambassadeur en Russie en 1879.

     Comme tout ce quartier du centre-ville, la rue a subi de nombreuses transformations et démolitions, dans le cadre d’une vaste opération de rénovation urbaine.

     De vieilles maisons ont été détruites pour laisser la place à un immeuble résidentiel moderne situé entre la rue Neuve et la rue de la Tannerie.

     Quelques-unes ont cependant traversé le temps, notamment au n°15, une demeure à la façade conçue comme un décor de théâtre, surmontée de lucarnes en chapeau de gendarme, et surtout au n°45, un hôtel particulier néo-classique tout blanc, avec, au-dessus de la porte cochère, une travée superbement moulurée.

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    Dans ce quartier, la rénovation urbaine est allée bon train et la pioche des démolisseurs a fait le vide dans le vieil habitat du secteur. C ’est le cas à cet emplacement où un vaste et moderne ensemble résidentiel a été édifié entre les rues Neuve et de la Tannerie.

     

     Château d’eau (rue du) Rue des Fantinettes - rue Colbert

     Son nom, elle le doit à la présence d’un château d’eau construit en 1860. Auparavant, elle s’appelait impasse des Pierrettes, au cœur d’une zone de prairies animée par des moulins à vent. Le premier réservoir contenant 400 000 litres d’eau s’effondra brutalement le 30 janvier 1882 sur la maison de la concierge. Celle-ci, rapporte-t-on, gardait des enfants pour se faire un pécule supplémentaire. La femme, son bébé de huit mois et sept autres enfants en nourrice furent tués dans l’écroulement de la maison écrasée sous l’avalanche d’eau. Une autre citerne fut construite qui alimenta la ville en eau jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Elle fut alors remplacée par les grands châteaux d’eau de la Porte-de-Lille et du pont Freycinet, toujours en place.

     La rue du Château d’eau est typique de ce Calais où alternent demeures bourgeoises et maisons ouvrières comme si le destin des deux classes sociales, nées de l’industrie de la dentelle, était étroitement mêlé. On notera au n° 14 une belle façade moulurée, avec porte cochère. Du 77 au 85, une enfilade de maisons simples, traitées à la bourgeoise, avec, au 108, l’usage du ciment-pierre qui confère du style à cette demeure. Au coin de la rue Colbert, se découpe une maisonnette d’angle à usage commercial, avec sa façade traditionnelle habillée d’une simple devanture de bois. Aux n°23 et 25 (1809), se dressent deux vieilles maisonnettes de briques peintes, à toit brisé et lucarne en bois.

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    Au coin de plusieurs rues, on trouve ce genre de commerces, avec leur porte disposé dans l’angle coupé de l’immeuble. Ces boutiques sont en surélévation et le bas des murs est goudronné en souvenir du temps où ce quartier de Saint-Pierre connaissait des inondations.

     Colonne (quai de la) Courguin-maritime

     Il part du quai Paul Devot, longe l’avant-port et se prolonge par le quai Auguste Delpierre. Il tient son nom d’un monument qui a été déplacé boulevard des Alliés. Erigée par souscription auprès de la population locale, cette colonne commémore le retour de Louis XVIII en France, après la chute de l’Empire. Rentrant d’exil en Angleterre pour reprendre son trône, le roi de France avait débarqué à Calais le 24 avril 1814. Par la suite, certains voulurent abattre la colonne. Ses défenseurs avancèrent l’idée qu’elle n’était pas un symbole de la monarchie, mais le témoin royal des qualités d’accueil du port de Calais. Classée monument historique en 1933, elle fut démontée en 1939 pour passer la guerre à l’abri avant de rejoindre le boulevard des Alliés en 1964.

     A l’angle formé avec le quai Paul Devot, se trouvait la capitainerie du port. Elle a été démolie avec l’édification, en 1980, d’un nouveau bâtiment, au bout du quai de marée, dans l’axe du chenal.

     Juché au milieu d’une pelouse depuis 1960, le monument des Sauveteurs est arrivé là du boulevard des Alliés où il avait traversé les deux guerres sans mal. Sculpté en 1899 par Lormier, ce bronze est dédié au courage de deux Courguinois. Le 18 octobre 1791, en se portant au secours des naufragés d’un bateau de pêche dieppois face aux jetées de Calais, Louis Gavet, âgé de 27 ans, et son compagnon François Maréchal trouvèrent la mort. Une vague retourna leur canot de sauvetage.

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    Chaque année, autour du monument des sauveteurs, le Courgain- maritime perpétue le souvenir de tous ses disparus en mer. Ce bronze est dédié à Louis Gavet et à François Maréchal, morts en 1791, en se portant au secours des naufragés d’un bateau de pêche.

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    A ce quai, viennent s’amarrer les bateaux de pêche. Des étals de poissons frais y ont été installés sur lesquels les marins vendent le produit de leur pêche. Dans l'avant—port, passent souvent des voiliers de plaisance qui trouvent un havre dans le bassin Ouest.

     Derrière le monument des Sauveteurs se glisse la rue Jean-Pierre Avron (1840-1902). Ce pilote du port et patron du canot de sauvetage était surnommé « La Tempête ». Il totalisait 48 années de marine et 19 secours en mer.

     C’est en 1834 qu’avait été organisé le sauvetage en mer à Calais, avec la création de la Société humaine par le prince de Joinville, à l’initiative du peintre calaisien Louis Francia. Le premier président de cette société fut l’ancien corsaire Tom Souville.

     Les premiers bateaux de secours en mer étaient à rames et il fallut attendre 1930 pour voir la station de sauvetage équipée d’un canot à moteur. Tous bénévoles, les membres de la société venaient, pour l’essentiel, du Courgain-maritime. Parfois même la charge se transmettait de père en fils comme dans les familles Mulard, Delannoy, Levavasseur ou Goubelle.

     Face au port, la rue Avron accueille une rangée de petits cafés et de restaurants bien dans l’ambiance d’un quai qui, aujourd’hui, a retrouvé son animation : une flottille de bateaux de pêche côtière y a trouvé un havre et les marins-pêcheurs, un endroit où installer leurs étals de poissons. On peut y acheter du hareng, du maquereau, des poissons plats (soles, plies, flets, limandes, barbues, turbots), mais aussi des morues, merlans, tacauds, raies et chiens de mer.

     Cela témoigne de la renaissance de la pêche dans une ville où cette activité n’avait cessé de décliner depuis la fin du XIX° siècle, avec la concurrence des salaires de l’industrie dentellière et le développement du port de Boulogne.

    Commerce (quai du) Boulevard La Fayette - Rue Mollien

     A l’origine de cette appellation qui date de 1845, il y a l’existence d’un poste à quai pour les péniches transportant des marchandises. Celles-ci empruntaient le canal de Calais à Saint-Omer creusé en 1680. C’est de là, par exemple, que partirent les blocs de marbre provenant des carrières de Marquise et destinés au tombeau de Napoléon 1er aux Invalides.

     Cette voie sur berge est la réunion des anciens quais Bourbon et d’Angoulême. Un hôtel de ville y fut bâti en 1824. Transférée en 1861 place Crèvecœur, la mairie fut transformée en hospice civil. Il fut démoli vingt ans plus tard afin de construire l’hôpital Saint-Pierre qui, en 1971, laissa la place à l’actuel centre hospitalier.

     Tout à côté, aurait existé une église fortifiée, dite de Pétresse, bâtie en 869 par Baudouin Bras de Fer, comte de Flandre, pour résister aux invasions normandes. Elle fut détruite, à la fin du XIXe siècle, par le maire d’alors, Van Grutten.

     Le quartier ayant fait l’objet d’une rénovation urbaine, beaucoup d’habitations anciennes ont été abattues, notamment des maisons rurales parmi les plus vieilles de Calais. A l’angle de la rue du Temple, il reste un exemple de ce type d’habitat, avec ses marches en pierre et son soubassement isolant, à cause des inondations. A noter au n°173, une haute demeure, avec sa façade moulurée en ciment-pierre, son bow—window anglais et sa belle porte cochère.

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     Image sereine d’un quai qui se mire dans l’eau du canal de Calais à Saint-Omer et d’un quartier qui a laissé l'essentiel de son habitat ancien dans les opérations de rénovation urbaine. Se souvient-il qu ’existait là un poste pour les péniches transportant les marchandises ?

    Commune-de-Paris (rue de la) Rue du Four—à-Chaux - rue des Fantinettes

     En 1873, c’était la rue Un des Fontinettes avant que les élus de Saint-Pierre ne la baptisent, en 1878, du nom d’un homme d’Etat, Adolphe Thiers, mort un an avant.

     En novembre 1971, le conseil municipal de gauche décida d’effacer le nom de celui qui avait réprimé férocement la Commune en 1871, et d’appeler cette voie rue de la Commune-de-Paris pour marquer le centenaire de cet événement.

     Au n° 100, se trouve l’école de filles Sainte-Agnès, ouverte en 1880, et, en face, la salle d’œuvres de Saint-Pierre inaugurée en 1910. Elle est aujourd’hui intégrée à la cité scolaire Saint-Pierre, mais servit de salle de spectacle et de cinéma après la dernière guerre.

     On y célébra même des offices religieux pendant la rénovation de l’église Saint-Pierre abîmée par les bombes. Depuis novembre 1981, Electricité et Gaz de France ont installé des locaux modernes dans cette rue.

     On y aperçoit également quelques belles demeures comme au n°43, avec ses ornementations de fer forgé et sa porte cochère latérale ; plus loin encore au      n°98, avec sa riche ornementation en pierre ha- billant la façade de briques et son décor mêlant des éléments de la Renaissance et du néo-classique, et surtout un magnifique travail de menuiserie sur la porte d’entrée, assortie aux sculptures. 

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     Dans cette rue au cœur de Saint-Pierre, on aperçoit quelques belles et grandes demeures, à l’exemple de cette maison de maître, avec son balcon et ses balustrades de fenêtre en fer forgé, signes extérieurs du lien entre réussite sociale et développement industriel.

    Communes (rue des) Rue du Pont-Lottin - quai du Commerce

     Avant de prendre son nom définitif, elle avait porté celui de Trocadéro, souvenir d’un bourg fortifié espagnol fermant l’entrée de la baie de Cadix, conquis par les troupes françaises du duc d’Angoulême en 1823.

     Les Communes désignaient en fait des terrains donnés par le roi de France Henri II à Calais, après sa délivrance de l’emprise anglaise en 1558 par le duc de Guise. Destinées à l’élevage, ces terres furent divisées en trois zones : les Communes, les Hautes-Communes (rue Greuze au Beau-Marais), et les Basses-Communes (rue Frédéric Sauvage aux Fontinettes) auxquelles s’ajoutaient les Petites-Communes (parc Saint-Pierre).

     Le temps et les opérations de rénovation ont eu raison de son habitat ancien. Ainsi au n°39 de cette rue, se trouvait la fabrique de tulle Eugène Bimont, l’une des premières à fonctionner à la vapeur. A la place de cette usine plusieurs fois incendiée, les paroissiens érigèrent, après la Seconde Guerre mondiale, une chapelle consacrée à Saint-Michel pour le remercier de les avoir protégés des bombes. Ensuite laissée à l’abandon, cette chapelle fut restaurée en 1964. Elle a aujourd‘hui disparu, tout comme les restes de l’usine Bimont à l’angle du quai du Commerce, pour faire place à des appartements. Ne subsistent que quelques maisons anciennes, notamment aux n° 23-25, deux habitations symétriques : une astuce de façade pour faire plus riche.

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    Les destructions des guerres et la rénovation ont presque en raison du passé architectural de cette rue. D’où ce face-à-face entre des immeubles récents et des maisons de rapport anciennes, construites en symétrie pour donner l’impression de grandeur.

     

     Constantine (rue de) Avenue Roger Salengro — rue Claude Warroquier

     Dans son plan, le docteur Cuisinier avait décrété que ce quartier du Fort-Nieulay recevrait, entre autres, des noms de villes d’Afrique du Nord. C’est ainsi que, sur les plaques de rue, on peut lire notamment Blida, Mogador, Mazagran, Oran, Alger, Rabat et Orléansville. D’où le choix de Constantine, ville de l’est algérien dont le nom a été donné en 1891 à l’ancienne rue Trois du Fort-Nieulay.

     A l’exception d’un immeuble d’architecture contemporaine, la rue a gardé son visage d’antan : celui d’un habitat ouvrier, à l’image des maisonnettes de l’impasse Stopin au n°5, et de celles qu’on découvre au fond d’un petit passage au n°11, la typique cour Deplète. A noter également au n°4, une vieille maison de briques, avec ses lucarnes dans les combles et son jardinet en façade.

     Construite en 1910, l’école primaire étire sa façade de briques, avec ses marches de pierre et ses grandes fenêtres à petits carreaux. Et plus loin l’église Saint-Antoine de Padoue dresse sa silhouette de briques sombres sur un portail ornementé en ciment-pierre.

     Bâtie en 1894, cette chapelle de paroisse abrite Saint—Fiacre, le patron des jardiniers qui sont nombreux dans le quartier et dont les sociétés sont actives. Elle a traversé les guerres. Mais, dans la nuit du 18 mars 1915, une bombe, lancée d’un zeppelin allemand venu de Maubeuge, traversa son toit. Le mur d’en face en porte encore les éclats.

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     A l’exception d’un immeuble d ’architecture moderne, la rue a gardé son visage d’antan, avec ses maisonnettes ouvrières et son église Saint-Antoine de Padoue bâtie en 1894. Celle-ci abrite une statue de Saint-Fiacre, patron des jardiniers nombreux au fort Nieulay.

    Corneille (rue) Boulevard de l ’Egalité - rue Régnier

     Située au cœur de la Nouvelle-France, elle s’appelait avant rue des Ecoles. Il faut dire qu’à l’angle du boulevard de l’Egalité existe un grand établissement scolaire : il s’agit de l’école Balzac ainsi dénommée en 1900.

     C’est le docteur Cuisinier qui, en 1883, proposa de donner à cette voie le nom de Corneille, dans un quartier qui regroupe des grands écrivains français. Dans les parages, on trouve en effet des plaques de rues à la mémoire des Ronsard, Racine, Sainte- Beuve, Alfred de Vigny.

     La Nouvelle-France a fait une place au grand poète dramatique français Pierre Corneille (1606-1684), célèbre pour avoir écrit Le Cid, Horace, Cinna et Polyeucte.

     De chaque côté de la chaussée, qui resta long- temps pavée, s’alignent des demeures simples, dans un quartier de longue tradition ouvrière. D’ailleurs, dans la rue Régnier, toute proche, tout comme dans la rue La Fontaine, on peut encore apercevoir de modestes maisons de bois du début du XX° siècle, construites sur de toutes petites parcelles de terrain, avec un minuscule jardinet en façade. Elles portent la marque d’un habitat pauvre, reflétant néanmoins un désir de propriété individuelle.

     Elle débouche sur la rue Régnier, Mathurin de son prénom (1573-1613), un poète qui appartenait à une société de bohèmes composée de « satiriques gausseurs ».

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     Au carrefour des rues Corneille et Régnier, dans le quartier de la Nouvelle-France, se dresse une bâtisse d ’angle, en l’occurrence une épicerie, caractéristique d’un habitat qui se loge la où il y a de la place et cherche en hauteur l’espace dont il ne dispose pas en largeur.

    Curie (boulevard) Rue du Four—à-Chaux - quai Lamarle

     Son ancien nom de boulevard de la Calendrerie vient d’un cours d’eau qui partait du canal de Calais pour rejoindre la Rivière-Neuve près de l’abattoir. Cette appellation figure dans un registre d’état civil de Saint-Pierre datant de 1632. Elle a pour origine une fabrique de draps située sur les rives de ce cours d’eau, où l’on « calendrait » les étoffes (lustrage et lissage). A cause des inondations de 1881, les élus de Saint-Pierre décidèrent de faire passer la Calendrerie dans un conduit sur lequel fut réalisé ce boulevard. Celui-ci était prévu pour relier le canal de Saint-Omer aux Fontinettes, mais les travaux s’arrêtèrent à hauteur de la rue du Four—à-Chaux.

     Dans ce quartier des scientifiques, cette voie reçut, en 1910, le nom de Curie, en hommage à Pierre (1859-1906) et Marie (1867-1934), prix Nobel en 1903 pour leurs découvertes sur le radium. Le prolongement de cette artère permit en 1955 d’honorer un autre grand physicien, Albert Einstein.

     Le stade Henri Louchez doit son nom à un instituteur et dirigeant sportif qui, en 1941, avait été écrasé par un camion allemand. Au bout, se trouve le pont Curie, inauguré en 1980. Avant, existait un pont-levis à voie unique, en fait le premier pont de Vic, monté en 1947 au bout de l’avenue Blériot. Sur intervention de Gaston Berthe, cet ouvrage, qui ne servait plus à rien, fut installé à cet endroit où il n’y avait qu’une passerelle pour franchir le canal. Construite en 1929, celle-ci existe toujours.

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    Tout à côté de la passerelle pour piétons construite en 1929, le premier pont Curie à voie unique avait été installé en 1952. C’était en fait l’ancien pont de Vic déplacé sur décision du maire Gaston Berthe. Le nouvel ouvrage, un pont-levis à deux voies, a été inauguré en 1980.

     

     

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    Dampierre (rue) Rue du Four-à-Chaux, rue des Prairies

     Après s’être appelée Ferdinand de Lesseps, elle prit le nom de Dampierre en 1885. Ce marquis, né Auguste Henri Marie Picot (1756-1793), était un général qui se distingua à Quiévrain et à Jemappes. Devenu commandant de l’armée du Nord et des Ardennes, il fut mortellement blessé en tentant de dégager Condé, près de Valenciennes.

     Surnommée autrefois la « rue Derrière L’Eglise », cette petite voie côtoie en effet l’église Saint-Pierre, bâtie en 1862 et inaugurée en 1870 dans un style néo—gothique : en pierre blanche du pays pour les œuvres vives et en brique pour les remplissages. Par souci d‘économie, les murs intérieurs seront recouverts d’un enduit au ciment et l’architecte a fait le choix de l’inévitable clocher-porche qui abrite une cloche en bronze de 1757, classée monument historique. L’édifice religieux est tourné vers la place Crèvecœur sur laquelle donne la rue Dampierre. L’église tente de s’intégrer à l’ensemble architectural hétéroclite qui borde cette place. On y trouve en effet le Palais de justice, un beau bâtiment néo-classique inauguré en 1864 qui était à l’origine l’hôtel de ville de Saint-Pierre-les-Calais. C’est du balcon de ce bâtiment que, le 28 septembre 1944, lors du siège de Calais par les troupes alliées, un officier français annonça un cessez-le-feu de 24 heures pour permettre à la population civile d’évacuer la ville. En écho, les Calaisiens entonnèrent la Marseillaise, devant des soldats allemands médusés.

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    Autrefois surnommée la « rue Derrière L’Eglise », cette voie est au cœur du quartier de la place Crèvecæur où se côtoient l ’église Saint-Pierre, la Bourse du travail et le Palais de justice, l’ancien hôtel de ville de Saint—Pierre-les-Calais, inauguré en 1864.

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    Profitant de l ’opération de rénovation de la place Crèvecœur achevée en novembre 1994, des propriétaires avisés ont restauré leur maison, mettant ainsi en valeur des façades ouvragées en brique, avec des rehauts de pierre autour des ouvertures.

     Faisant face au Palais de justice, la Bourse du travail, édifiée en 1937, ne fut jamais inaugurée à cause de la guerre. Celle-ci a été érigée à l’emplacement d’un bâtiment baptisé « Le Lavoir », qui avait été détruit lors d’un bombardement aérien en 1918. La Bourse et été bâtie dans un style « moderniste ». Sa façade est ornée d’un bas-relief de René Coucy, très Front populaire, intitulé Paix et Travail, où sont représentés les thèmes du port et de l’industrie, avec la colombe de la paix au milieu.

     La place doit son nom à un important fabricant de tulle, Jean-Louis Crèvecœur qui avait fait don d’un grand terrain en 1836, « à condition qu’il serve à perpétuité de place publique, qu’il porte le nom du donateur et que les foires et marchés, existants ou à venir, y aient lieu. »

     Son vœu fut exaucé et, en 1838, le ministre du Commerce agréa le marché hebdomadaire du jeudi qui se tient encore aujourd’hui.

     La place servit également aux exécutions capitales jusqu’au 9 décembre 1884, date à laquelle la guillotine y fut dressée pour la dernière fois. C’était pour le Belge Antoine Anglicus qui avait assassiné sa fille. Cette exécution fit courir tout Calais et la place était noire de monde.

     Des foires et des fêtes foraines s’y sont déroulées jusqu’à la rénovation de la place inaugurée le 26 novembre 1994.

     La rue Dampierre a profité de cette opération pour mettre en valeur quelques-unes de ses maisons, notamment au n°34, celle qui propose une belle façade ouvragée en brique, avec des rehauts de pierre autour des ouvertures.

     

     Darnel (rue) Boulevard Pasteur - rue Cailliette

     La dénomination de cette rue A des Fontinettes ne s’est as faite sans mal. Le docteur Marie-Pierre Darnel 1813-1884), ancien chirurgien de la marine, avait été nommé maire par décret en 1879. Mais il démissionna trois ans plus tard, après avoir été injurié en réunion de conseil, sans qu’aucun élu ne l’ait défendu. On lui reprochait sa gestion et notamment la réalisation d’un collège à Calais—Nord qu’il fallut démolir pour vice de construction...

     La rue Darnel croise la rue Antoine Bénard, autre maire de Calais de 1815 à 1830, où se trouve, depuis 1961, la station d’autobus. Cette artère vaut par la qualité architecturale de ses demeures du début du XX°. Au coin du boulevard Pasteur, une agence bancaire s’est installée dans les anciens locaux des Postes et Télégraphes. Et à l’autre extrémité, l’immeuble de l’AGRR est aménagé depuis 1967 dans une ancienne usine de tulle. Aux n°13 et 15, on trouve un bel exemple de maison double à portes jumelées, avec œils-de-bœuf dans les combles, ce qui lui donne une apparence bourgeoise. Au 21, une maison de maître s’impose par les habillages ornementés de sa porte cochère et, au n°25, une autre grande demeure, avec sa façade de brique et de pierre calcaire. Au 11 °,35 s’élève une superbe maison, avec son haut bow-window en bois surmonté d’ un balcon en fer forgé. Cette construction est signée de l’architecte Nestor Duvinage qui, de 1870 à 1905, réalisa plus de deux cents maisons et usines à Saint-Pierre.

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    Cette rue du centre-ville abrite de nombreuses et belles maisons bourgeoises comme ces deux exemples de façade : la première de style néo-classique ; la seconde, signée de Nestor Duvinage, avec son bow-window en bois et son balcon en fer forgé.

    Delannoy (rue J., F. et M.) Gauguin-maritime

     Petite rue derrière l’immeuble de la Matelote, transformé en logement collectif à la Reconstruction, avec ses tours et ses balcons qui font songer aux cours des usines de dentelle, elle part de la rue Emile Rivet et se prolonge par la rue Louis Gavet. On est au cœur de ce qui fut le quartier des gens de mer et des sauveteurs. Jean, François et Maurice Delannoy sont de ceux-là.

     C’est en 1919 que le conseil municipal baptise la rue Basse du Courgain-maritime du nom de Jean Delannoy, en mémoire de ce courageux patron de canot de sauvetage (1847-1919). Six ans plus tard, Léon Vincent, un Courginois devenu marre de Calais, propose que le frère François Delannoy, lui aussi patron et sauveteur émérite (1851-1924), ait une plaque à son nom. Par crainte de confusion, on donna les deux noms à la rue. Et bientôt trois, avec l’hommage rendu en 1955 au fils de Jean, Maurice Delannoy (1879-1931), atron du premier canot de sauvetage Maréchal Foch.

     La rue débouche sur la place du Minck. Ce marché aux poissons, reconstruit en 1956, ne fut plus utilisé du fait de l’effondrement de la pêche. Pourtant, le minck connut une grande animation. Le premier avait été ouvert en 1873, à la demande des 70 patrons de pêche d’alors. Démoli en 39-45, il fut installé provisoirement dans un baraquement, quai de la Colonne, puis boulevard des Alliés avant cette construction en béton, aujourd’hui désertée.

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    Reconstruit en 1950 au Courgain- maritime, l’immeuble collectif de la Matelote reprend, sur sa façade arrière et de manière stylisée, l ’architecture des cours des usines de dentelle, avec leurs tours et leurs coursives desservant des logements individuels.

     

     Delcluze (rue Alfred) Rue Garibaldi - boulevard Gambetta

      C’est en 1923 que la rue a pris le nom d’Alfred Delcluze (1857-1923), honorant ainsi ce député socialiste, concurrent d’Emile Salembier, qui avait été maire de Calais de 1898 à 1900, et qui mourut dans la misère.

     Cette artère est la réunion de quatre rues qui, au XVIII° siècle, avaient pour nom Conti, Bleue, des Quenouilles et Piroirette. Elle devint d’ailleurs rue des Pierrettes en 1891. Ce nom de Pierrettes, comme celui du quartier des Cailloux, fait référence au sous-sol de Saint-Pierre-les-Calais. Au XVIIIe siècle, c’était une plaine de sable et de galets, un faubourg de Calais où vivaient des agriculteurs et des jardiniers logeant dans de petites maisons rurales.

     La rue Delcluze a gardé des traces de ce passé-là, notamment avec de nombreuses courées qui forment un vrai labyrinthe. C’est le cas pour la cour Lionel Choudy au n°21, celle du n°35, pas plus large qu’un couloir, ou de la cour Brebion au n°15, avec son écoulement central et ses maisons de poupée.

     Avec l’essor de la dentelle au XIX° siècle, la rue a changé de visage et offre encore aujourd’hui un paysage architectural hétéroclite. On y trouve mêlées tout aussi bien une grande propriété, avec parc, que de vieilles bâtisses en pierre ou en pierre-ciment pour faire plus riche, comme au n°65, avec son bas de façade goudronné pour se protéger des inondations qui étaient fréquentes dans le quartier des Pierrettes.

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    C ’est ici le schéma classique d ’une rue ancienne de Saint-Pierre, dans ce quartier dit des Pierrettes qui mélange des petits commerces d'angle, des maisons ouvrières, des coure'es et une propriété, avec son grand parc entouré de hauts murs pour se protéger des regards.

     Delpierre (quai Auguste) Courgain-maritime

     Reliant le boulevard des Alliés au quai de la Colonne, cette voie portuaire tient son nom d’un quartier—maître mécanicien de la Marine nationale. Auguste Delpierre était le seul membre d’équipage calaisien du Pluviôse, ce sous-marin qui coula e 26 mai 1910 devant les jetées de la ville après avoir été abordé par le paquebot Pas-de-Calais.

     Originaire du Courgain-maritime, le sous-marinier avait 21 ans. Il devait être du mariage de sa sœur le 23 juin 1910, mais ce fut le jour de ses obsèques, en compagnie de ses camarades.

     Trois jours après les funérailles, les conseillers municipaux décidèrent de baptiser cette partie du quai qui longe le bassin du Paradis aménagé en 1397 par les occupants anglais.

     Il accueille aujourd’hui une petite flottille de pêche et, équipé d’un gril, sert de bassin d’échouage. L’entrée en est fermée par un mâle et, de l’autre côté, par l’avancée en cul-de-sac du quai d’Angoulême, construit en 1818. Dans le temps, on y tirait les feux d’artifice du 14 juillet.

     Longeant le quai Delpierre, l’immeuble de la Matelote date de 1950._,C’est une architecture du début de la Reconstruction, avec, au fronton, une statue de Courguinoise due au sculpteur de Calais Léon-Georges Buisseret. Il dresse sa silhouette, face au port, et sa façade courbe reprend la ligne de l’ancienne palissade du bastion du Courgain, avec des écoulements

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    C ’est dans le bassin du Paradis, construit en 1397 par les occupants anglais, que le port a pris naissance. En 1950, le long du quai, a été reconstruit l’immeuble de la Matelote, métaphore architecturale de l’ancien quartier du Courgain-maritime. d’eau en forme de canons.

     Demont-Breton (rue) Rue Francisco Ferrer - rue Greuze

     Dans ce quartier du Beau-Marais, les peintres ont droit de cité. Dans le coin, on repère ainsi les noms de Dürer, Rembrandt, Millet et Ingres.

     C’est en 1931 que l’on baptisa cette petite voie Adrien Demont-Breton (1851-1928). Celui-ci est connu comme étant le peintre des sites désolés de l’école réaliste et poétique de Jules Breton. Tout jeune, il venait souvent à Calais avec ses parents qui aimaient le littoral. Il est d’ailleurs mort à Wissant et ses cendres furent enterrées à Douai, sa ville natale.

     L’une de ses filles, Adrienne Ball-Demont (1888-1935), avait son atelier boulevard Gambetta. On lui doit notamment le grand tableau de la salle des mariages de l’hôtel de ville Les étapes de la vie, avec sa fameuse devise « Printemps, jeunesse de l’année. Jeunesse, printemps de la vie ». Ses parents Adrien et Virginie Demont-Breton ont servi de modèles à cette œuvre, formant le couple de vieillards qu’on aperçoit à gauche de la toile.

     La petite rue du Beau-Marais est bordée de maisons néo-flamandes en brique, avec des entrées en arcade et des marches à gravir.

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    Au Beau-Marais, cette rue paisible est bordée de maisons néo-flamandes, de briques sombres, avec des entrées en arcade.

     Deschamps (rue Robert) Fort Nieulay

     Accrochée à la rue de Blida, cette voie s’achève en cul-de-sac sur les glacis du fort N ieulay. Elle fait partie du quartier de la Porte-de-Paris, une extension du fort Nieulay datant de l’après-guerre. Un groupe scolaire moderne y a trouvé sa place et la rue offre un classique alignement de maisons de briques, avec des rehauts de peinture et des jardinets, histoire de se singulariser dans cette architecture uniforme. C’est le coin des résistants calaisiens, avec notamment Fernand Gouverneur, Roland Le Gall, Alfred Véron et Jean Bodechon. Ce sont quatre des cinq jeunes arrêtés le 20 août 1944 pour un attentat commis à l’usine Brampton et fusillés sans jugement le 3 septembre à la citadelle. Autre héros de la Résistance, Robert Deschamps (1920-1944) est un militant communiste mort en déportation. Il avait fondé le journal clandestin La Vérité. Blessé et arrêté par un policier français le 12 juillet 1943, il fut condamné aux travaux forcés. Il est mort au camp de déportation de Gross—Roven en Pologne. Son nom a également été donné à un terrain de football avenue de Saint—Exupéry, tout près du cimetière Sud.

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    S ’achevant en cul—de-sac sur le glacis du fort Nieulay, cette voie de la Porte-de-Paris offre un classique alignement de maisons et jardins.

    Devot (quai Paul) Avant—port

     C’est en 1899 que ce quai prenait le nom du hangar qui le longe. La Chambre de commerce voulait rendre hommage à celui qui fut son président de 1879 à 1883. Paul Devot (1838-1884) dirigeait une importante usine de dentelle. Il appuya la politique de développement portuaire, mais mourut à 46 ans, en rentrant d’un voyage à Paris au ministère des Travaux publics où il défendait le dossier du port de Calais.

     Durant la Seconde Guerre mondiale, le quai Paul Devot reçut les premières bombes tombées sur Calais, le 10 mai 1940. Refait et transformé en poste en eau profonde, les navires de marchandises y accostèrent à nouveau en 1949. De gros travaux lui permettent d’accueillir aujourd’hui des cargos de 20 000 tonnes. En face, on découvre l’immense terminal des car-ferries : avec ses vingt millions de passagers par an, Calais est le premier port de voyageurs de France. A l’extrémité est du quai, le pont Vétillart porte le nom de l’ingénieur des Ponts et Chaussées qui, à la fin du siècle dernier, joua un rôle déterminant dans les travaux de modernisation du port.

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    Refait et transformé en poste en eau profonde, ce quai, équipé de puissantes grues, peut accueillir des navires de commerce de 20 000 t.

    Dognin (rue) Rue des Fontinettes - rue Champailler

     Dans ce quartier de Saint-Pierre, sont regroupés des noms évoquant l’industrie dentellière et ceux qui ont contribué à son essor. En 1825, à Lyon, Jean-Claude Dognin avait inventé les tulles grenadine et illusion sur des métiers Bobin qu’il avait déplacés de Calais. La première usine Dognin était implantée boulevard La Fayette à l’angle de la rue Charost. Déplacée en 1884 rue du Vauxhall, elle n’existe plus.

     La rue Dognin a souffert des deux guerres : c’est aux n°8 et 10 que, dans la nuit du 22 février 1915, sont tombées les premières bombes aériennes larguées depuis un dirigeable. Dans les maisons détruites, cinq personnes furent tuées, mais, au milieu des débris, les secouristes retrouvèrent un bébé de 14 mois sain et sauf. Le 7 mai 1941, un obus, tiré d’Angleterre, détruisit trois maisons, blessant cinq occupants, déjà sinistrés à Calais-Nord. C’est dire s’il reste peu de chose du passé de cette rue, sinon, au n°6, une belle façade du Second Empire et, au n°17, la reprise d’une petite maison traditionnelle en brique, avec ses deux lucarnes en bois dans les combles.

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    Dans cette rue de Saint-Pierre, l’habitat a souffert des ravages des deux guerres. Des traces du passé de ce quartier demeurent cependant.

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  • Egalité (boulevard de l’) Pont Saint-Pierre - pont de l’Enceinte

     Avant la réunion de Calais et de Saint-Pierre, c’était la route de Dunkerque. Elle devint le boulevard de Lesseps, en hommage à celui qui réalisa le percement du canal de Suez en 1869. Le vicomte séjourna plusieurs fois à Calais pour un projet de tunnel ou de pont à travers le détroit, mais le scandale de Panama éclata. Si le maire Emile Salembier a accepté d’en faire le boulevard de l’Egalité, c’est parce qu’il se dirige vers le cimetière « où la parfaite égalité réduit riches et pauvres à la même situation. »

     Près du pont de Saint-Pierre, au n°2, se trouvait la plus vieille demeure de Calais, la maison du Lion d’or datant du début du XVIIIe siècle. Tout à côté, au n°4, se tenait le gallodrome du Lion d’or où se déroulaient des combats de coqs. En face, au n°3, un cinéma fut ouvert en 1916. C’était la coopérative ouvrière, puis le Familia et, à partir de 1946, le Pax qui servit également de salle de bal jusqu’en 1968.

     Place de la Nation ressortent quelques belles demeures, notamment une grande datant de 1886, avec sa façade en brique et ciment-pierre, et sa lucarne ornementée. L’habitat très disparate mêle les commerces et les habitations : au n°145, une intéressante maison de briques jaunes surmontée d’une frise de céramique bleue, avec une façade en forme de décor de théâtre ; aux n° 116 et 118, deux constructions basses symétriques avec lucarne en bois dans le toit.

     A noter l’existence d’une cour au n° 119, et de l’impasse Druelle au n° 174.

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    A hauteur de la place de la Nation et du boulevard Victor Hugo, cette artère commerciale compte quelques belles demeures. C’est l’ancienne route de Dunkerque et la route du cimetière sud, la où « la parfaite égalité réduit riches et pauvres à la même situation ».

     

     Fleurs (rue des) Boulevard La Fayette - rue Crespin

     Avec la rue des Prairies toute proche, le nom de cette rue rappelle l’origine champêtre de la zone. Au milieu du XIX° siècle, on y voyait encore de nombreux prés fleuris avant que ne commence l’urbanisation de Saint-Pierre.

     Au n°7, une maison de style néo-classique est datée de 1883 et, tout à côté, au   n°9, s’offre au regard une superbe demeure réalisée dans l’esprit d’un hôtel particulier, avec son perron et sa porte latérale encadrés par deux Bow-windows.

     En face, à l’emplacement de l’immeuble résidentiel et des locaux de l’Union patronale interprofessionnelle, se trouvait l’usine Valdelièvre bâtie en 1884 et détruite par un incendie en 1944. Au n°98, l’école maternelle date de 1881 et, au n° 170, on peut voir une grande maison de style néo-flamand, avec sa façade de briques jaunes vernissées.

     La rue a subi les destructions de la dernière guerre. Le bombardement aérien du 9 mai 1944 anéantit l’usine de boîtes métalliques Georges François, implantée au  n°192, ainsi que quarante-deux maisons, faisant trente victimes. Et puis, il y eut le terrible bombardement du 27 février 1945, d’autant plus tragique que ce sont des avions alliés qui lâchèrent accidentellement ces bombes sur Calais, pourtant libéré, à la suite d’une confusion de cible avec Dunkerque. Une plaque sur la façade du n°95 rappelle ce drame épouvantable qui a beaucoup marqué toute une génération de Calaisiens.

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    Dans cette rue dont le nom rappelle le passé rural de Saint-Pierre, se dressent les locaux « modernistes » de l’Union patronale inter—professionnelle et de la médecine du travail, construits sur les ruines de l’usine Valdelièvre détruite en 1944 par un incendie.

     Fontinettes (rue des) Place d’Alsace - rue Antoine Leleu

     Ce nom vient de la déformation du mot « fontainettes » qui signifie « petites fontaines ». En effet, avant l’arrivée de l’eau potable à Calais, en 1860 par la station de Guines, les habitants s’approvisionnaient à des citernes d’eau de pluie ou à des puits creusés notamment au sud du boulevard Gambetta.

     Equipés de pompes, ceux-ci s’appelaient des fontainettes et fournissaient une eau impropre à la consommation qui servait surtout au lavage. A noter qu’une trentaine de porteurs d’eau livraient, chaque année en voiture, environ 18 000 tonnes de cette eau de « bacul », comme on la surnommait par dérision.

     En 1845, la rue des Fontinettes commençait au carrefour des Quatre-Boulevards jusqu’à ce que le conseil municipal donne, en 1896, le nom de Pasteur à une partie de cette artère.

     Elle débute place d’Alsace dont l’appellation veut honorer la reconquête de cette province française. Sa création remonte à 1882, à l’époque où il y avait là un carrefour qui s’appelait le rond-point des Fontinettes.

     A l’emplacement d’une entreprise de pompes funèbres détruite par les bombardements en septembre 1944, le nouvel hôtel des postes a été bâti en 1959, pour remplacer celui du boulevard Gambetta devenu trop petit. Les façades courbes des demeures qui entourent cette place sont une invitation à entrer dans la rue qui compte de nombreux commerces sur toute sa longueur.

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     Tout au bout, cette voie débouche sur la gare des Fontinettes ouverte depuis 1889, au temps de la compagnie des Chemins de fer du Nord. Quelques trains s ’y arrêtent encore. De la placette et du square attenant, monte une rampe au-dessus des voies ferrées.

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    L ’architecture de cette rue est une alternance de maisons bourgeoises et ouvrières, avec notamment une cour Roussez qui abrite une vingtaine de logements. Constituée en commune libre des Six—Bourgeois, cette longue artère a une activité commerciale dynamique.

     Cet axe mêle étroitement habitat ouvrier et bourgeois.

     C’est ainsi qu’à l’entrée et dans la cour Roussez, au n°47, on trouve une vingtaine de petites maisons, avec leur unique lucarne dans le toit. Cette cour, une des plus grandes de Calais, tient son nom du propriétaire du terrain.

     De-ci de-là, émergent de grandes et belles demeures comme celle du n° 136, typique d’un habitat bourgeois local, avec ses accessoires que sont le bow—window et sa console ainsi que la lucarne de toit en épi. Ou bien encore au n°123, une étonnante façade en ciment-pierre, avec bow—window intégré, ou au 125, un petit manoir très XIXe siècle, logé en retrait dans son parc.

     A l’extrémité sud, la rue débouche sur la gare des Fontinettes ouverte en 1889, par la compagnie des Chemins de fer du Nord, pour desservir Saint-Pierre. Et, tout à côté, le square des Fontinettes qui avait été baptisé square de la Résistance en 1951, mais qu’on appela ainsi pour éviter la confusion avec le boulevard du même nom.

     De cette placette monte la rampe des Fontinettes commencée avant la dernière guerre et inaugurée en août 1948 pour franchir les voies ferrées et remplacer les anciens passages à niveau eu pratiques à cet endroit de fort passage automobi e.

     Particularité de ce quartier : y a été créée en 1961, à l’initiative de Jean Deraedt, une commune libre, dite des Six-Bourgeois, sur le modèle de celle des Cailloux, avec son maire et son garde-champêtre, dont il reste une grande braderie annuelle.

    Four-à-Chaux (rue du) Rue Crespin - boulevard La Fayette

     Elle doit son nom aux fours à chaux, nombreux dans cette rue au XIXe siècle. Ils fournissaient l’industrie, la construction et surtout l’agriculture. Cette voie s’appelait rue du Maréchal Pétain en 1919 en hommage au vainqueur de Verdun, mais la décision fut annulée par le ministère de l’Intérieur d’alors : pas question d’attribuer un nom de rue à une personnalité encore vivante. En janvier 1942, la délégation spéciale, gérant la ville sous l'Occupation, lui rendit le nom du maréchal. De retour aux affaires municipales, Jacques Vendroux débaptisa la rue pour lui redonner son appellation d’origine. A noter que la sœur du maréchal Pétain, Sarah, habita sur la place Crèvecœur toute proche, en 1939.

     A l’extrémité sud, se trouve le stade Jean Bouin, un champion de course à pied tué en 14—18. En remontant la rue qui mêle habitations et fabriques de tulle, on découvre de petites maisons à lucarne du n°122 au 128, et des logements répétitifs soulignés par des saillies en brique à partir du n° 103. Quant au n°65, il fait dans le décor néo-classique et présente un élément décoratif très prisé ici : le lambrequin en bois, découpé pour cacher le mécanisme du store.

     En face du marché couvert de la Bourse du travail, se dressent les locaux de l’école privée Saint-Pierre dont l’immeuble bâti en 1857 était conçu pour donner sur la place Crèvecœur. Mais l’urbanisation se faisait alors de manière si anarchique que des constructions se sont intercalées.

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     Derrière cette longue façade aux fenêtres murées, se cache une des grandes usines de dentelle de Calais, la fabrique Gaillard, où ne fonctionnent plus que quelques ateliers. Il est question d’en faire un collège ce qui aurait le mérite de rendre un peu de gaieté à cette rue.

    Française (rue) Rue Levée - rue Saint-Nicolas

     Son tracé reprend celui de l’ancienne rue du Château qui, pendant l’occupation anglaise au Moyen Age, conduisait au fort de Calais, sur les fondations duquel fut bâtie l’actuelle citadelle. La vraie rue Française, qui figure parmi les vieilles rues de Calais, passait approximativement là où se trouve aujourd’hui la rue Félix Cadras. C’était avant les ravages de la dernière guerre qui ont presque entièrement rasé Calais-Nord. En 1951, on a donné ce nom à une nouvelle voie née de la reconstruction, avec ses maisons de style néo-flamand et ses jardinets tranquilles.

     Apposée à l’angle des rues Jean de Vienne et Philippine de Hainaut, une plaque, en forme de médaillon, indique que Lady Hamilton mourut le 15 janvier 1815, rue Française. Née en 1765 en Angleterre, Emma Lyon était fille de forgeron. D’une grande beauté, elle servit de modèle à un portraitiste anglais George Romney. Devenue une lady après son mariage en 1791 avec Sir William Hamilton, ambassadeur à Naples, elle fut la maîtresse de l’amiral Nelson, le héros de la bataille navale de Trafalgar où il fut tué en 1805. Après une année de prison pour dettes, elle fut exilée à Calais où elle arriva en juin 1814, avec sa fille Horacia. Elle habita d’abord une ferme de Saint-Pierre, puis finit dans un modeste appartement de la rue Française. Cette femme, qui avait longtemps connu la vie mondaine en Angleterre, mourut dans le dénuement un an plus tard.

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     Si la rue a repris le nom d ’une ancienne voie, elle n ’a ni son tracé, ni son architecture. Les destructions de la guerre avaient fait de ce secteur un terrain vague. Produit de la reconstruction dans sa version néo-flamande, cette rue mélange la brique d ’argile et le béton-pierre.

     

    France (rue Anatole) Rue Descartes - rue Pascal

     Véritable colonne vertébrale de ce quartier du Petit-Courgain réservé aux grands écrivains français (Voltaire, Diderot, La Bruyère, Condorcet), la rue a reçu ce nom en décembre 1924. C’était peu après la mort d’Anatole France (1844-1924), auteur d’une œuvre considérable couronnée par l’entrée à l’Académie française et le prix Nobel de littérature en 1921.

     La rue était jadis celle des jardiniers à cause des nombreux potagers qu’on y cultivait. « Dans les propriétés riveraines se trouvent des arbres énormes dont les branches retombent au point qu ’il est impossible de passer », rapporte la chronique d’alors.

     Certes, aujourd’hui, ce n’est plus le cas, mais il reste des traces de ce passé. La rue a gardé de nombreux arbres et les jardinets abondent. Alternent des maisons ouvrières simples de briques rouges, avec parfois une petite maison rurale, comme au n°53, et de grandes maisons bourgeoises en retrait de la rue à l’exemple du n°141, avec sa grille d’entrée, sa façade néo-classique en ciment-pierre et sa porte cochère surmontée d’un beau balcon en fer forgé.

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     Dans cette rue qui était jadis celle des jardiniers, la végétation est abandante et l’habitat de bon goût, à l’instar de cette demeure cossue. 

    Francia (rue) Boulevard de l’Egalité - avenue Louis Blériot

     Dans son plan de rues, le docteur Cuisinier avait oublié de faire une place à Louis Francia, au cœur du quartier des peintres (Delacroix, Michel Ange, Léonard de Vinci, Rubens, Van Dyck). Aussi, en 1883, la rue Tourneur devint-elle rue Francia. Ce n’était que justice pour ce peintre (1772-1839), fils du directeur de l’hôpital militaire de la rue Leveux, qui fit ses études à l’école des beaux-arts de Calais.

     Quittant la France pour l’Angleterre à 18 ans, Francia s’y forgea un vrai talent d’aquarelliste, devenant le peintre attitré du duc d’York et membre de l’Académie royale. Contrairement à la France qui ne l’a pas reconnu, il est là-bas considéré comme un grand maître de la peinture paysagiste du XIXe siècle.

     Abandonnant fortune et gloire, il rentra dans sa ville natale en 1817 et continua de peindre les paysages littoraux qu’il affectionnait et qui influencèrent son fils Alexandre, mais surtout Bonington qu’il eut pour élève. Il habitait rue de la Poissonnerie où il mourut le 6 février 1839. Enterré à Saint-Pierre (emplacement de l’actuel théâtre), il fut exhumé et enseveli au cimetière Nord.

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    Le talent d‘aquarelliste de Louis Francia valait bien une rue. La ville lui en a trouvé une, tranquille comme un de ses paysages ruraux.

     

     Fulton (rue) Rue du Château d’Eau - rue Frédéric Sauvage

     Au cœur du coin des inventeurs de génie qui ont fait le progrès moderne (Denis Papin, Lavoisier, Watt, Stephenson, Gay-Lussac), cette voie a pris le nom de Robert Fulton (1765-1815), brillant mécanicien américain qui construisit le premier sous-marin à hélice en 1800, et réalisa la propulsion des navires par la vapeur en 1807.

     Fulton habita un temps à Guînes et il plancha sur les problèmes de navigation dans la région. Il imagina même et dessina un projet de port dans le marais de Guînes et un autre portant sur un canal jusqu’à Ambleteuse. Pris pour un fou par Napoléon, il regagna les Etats-Unis.

     Sa rue s’appelait auparavant rue Quatorze des Fontinettes. Au n° 49, elle compte une impasse dite Leclercq du nom de son propriétaire terrien, et une cour au n°31, avec de petites maisons à lucarnes. On observe également quelques belles demeures d’angle, comme au coin de la rue Denis Papin, et une ancienne propriété, avec parc, au carrefour de la rue Frédéric Sauvage qui tient son nom de l’inventeur boulonnais de l’hélice marine.

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    Voie tranquille du quartier de Saint-Pierre, cette rue possède un habitat homogène, typique du style néo-classique de la fin du XIX“ siècle.

    Gagarine (rue Youri) Avenue Guynemer - rue Vladimir Komarav

     Coincée entre de longues HLM en barre et une école maternelle, quelques immeubles en étoile et des murs tagués qui tentent de rompre la monotonie et la grisaille ambiante, cette rue est significative d’un quartier rassemblant quelques-uns des noms des grands conquérants du ciel.

     Dans ce secteur de la ZUP du Beau-Marais, les aviateurs (Mermoz, Mouchotte, Santos-Dumont, Roland Garros) ont cédé du terrain aux astronautes Vladimir Komarov, Edward White, Roger Chaffee et Virgil Grissom, ces trois derniers ayant péri, brûlés vifs, dans la cabine Apollo le 27 janvier 1967.

     Parmi ces as de l’espace, le Soviétique Youri Gagarine occupe une place particulière. C’est en effet lui qui a réussi le premier vol spatial. C’était le 12 avril 1961, à bord du vaisseau Vostok 1 . En 108 minutes, Gagarine effectua une révolution complète autour de la terre. Il trouva la mort le 27 mars 1968 dans un accident d’avion, le jour de ses 34 ans. L’urne contenant ses cendres est scellée dans un des murs du Kremlin à Moscou où il est considéré comme un héros national.

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    Construite au pied des hautes tours et langues barres des immeubles collectifs, l’école maternelle accueille les enfants de la ZUP du Beau-Marais.

    Gaillard (rue) Boulevard Curie - rue Dampierre

     Au cœur du Saint-Pierre profond, avec la haute flèche de l’église du même nom pour axe, cette rue semble tout droit sortie du passé de ce quartier issu de la seconde moitié du XIXe siècle industriel.

     Elle a longtemps gardé sa chaussée pavée, bordée par quelques vieux ateliers de briques rouges et tout un habitat ouvrier, avec, de-ci de:—là, quelques tentatives d’embourgeoisement par des façades peintes ou décorées de ciment-pierre.

     Mais surtout, sur plus de 80 m, elle longe l’usine Gaillard. Fabricant de tulle connu pour avoir amélioré les métiers, Joseph Gaillard avait offert à la ville un terrain qui permit d’élargir l’ancienne rue, dite rue Magistrale.

     Il y avait cependant mis une condition : que la nouvelle rue portât son nom, ce que le conseil municipal accepta volontiers en 1882. Joseph Gaillard venait tout juste de construire une usine en bordure de cette rue.

     C’était la deuxième génération de fabrique de tulle.

     Avec l’essor de la dentelle et l’arrivée de la vapeur comme force motrice, on était passé des petits ateliers aux bâtiments industriels. L’usine Gaillard en est un bel exemple architectural.

     Elle est formée de trois bâtiments donnant également sur la rue du Four-à-Chaux, avec une grande entrée par la rue Archimède. Ils ont été construits sur quatre niveaux de douze mètres de profondeur.

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    Face à l’usine Gaillard qui porte le nom d’un important fabricant de tulle, la rue déploie un alignement de maisons de maître et d’immeubles de rapport. On la dirait sortie tout droit du passé de ce quartier de Saint-Pierre issu de la seconde moitié du XIX“ siècle industriel.

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     Située dans l’axe de la rue, l’église Saint—Pierre dresse ici sa façade arrière. De style néo—gothique, cet édifice religieux a été ouvert en 1870. Il a été construit en pierre blanche du pays et en brique. Dans son clocher—porche, sonne une cloche en bronze de 1757.

     Au centre de l’ensemble, se trouve une grande cour intérieure où se dressent trois belles tourelles octogonales qui sont très caractéristiques des usines de dentelle de cette époque.

     Ces tourelles desservaient les étages par l’extérieur. Ceux-ci sont faits de planchers de bois reposant sur des madriers, eux-mêmes soutenus par des colonnes de fonte disposées tous les trois mètres. C’est qu’il s’agit de supporter l’énorme poids des métiers à tulle.

     En 1903, un énorme incendie ravagea l’aile Est de la fabrique et détruisit 74 métiers. Avec la présence du bois et de nombreuses matières inflammables, le feu a souvent trouvé un aliment de choix dans ces usines.

     La fabrique fut rebâtie deux ans plus tard, avec deux niveaux seulement. La même année, une construction intermédiaire, abritant les bureaux et les ateliers de finition, permit de relier ce bâtiment et celui qui se trouvait en façade de la rue du Four-à-Chaux. On y avait même aménagé une entrée charretière qui est aujourd’hui murée. L’ensemble de l’usine pouvait accueillir 150 métiers appartenant à une trentaine d’industriels lesquels se regroupaient ainsi pour diminuer les coûts de fonctionnement.

     Il reste quelques ateliers en activité, mais un violent incendie s’est déclaré dans une partie désaffectée de l’aile Ouest, ce qui a encore un peu plus délabré cette ancienne fabrique.

     Il est question d’en faire un collège tout en préservant les caractéristiques de cette belle et typique architecture dentellière. La prise de conscience de la valeur du patrimoine industriel se fait petit à petit.

     

     Gallieni (rue du Général) Rue Bayard - rue du Général Margueritz‘e

     Dans ce quartier des Cailloux sont réunis les noms de grands chefs militaires français tels que Hoche, Turenne, Du Guesclin et Jeanne d’Arc. Nommé gouverneur militaire de Paris à la déclaration de la guerre 14-18, le général Joseph Gallieni (1849-1916) devint ministre de la Guerre en octobre 1915. En décembre 1915, il était venu à Calais, avec Aristide Briand, alors président du Conseil. En donnant le nom du général Gallieni à cette rue, en 1925, la ville a oublié que celui-ci avait été promu maréchal à titre posthume, en 1921.

     A l’image du quartier ravagé en 39-45, la rue a subi des destructions : le 3 juin 1944, l’aviation anglaise lâcha des bombes sur Calais pour tromper les Allemands sur le lieu réel du débarquement ; l’une d’elles tomba sur un abri de la rue Gallieni, faisant huit victimes. Reconstruite en 1951, la rue débouche sur l’abattoir. Un premier local avait été bâti en 1852, remplacé par un vaste édifice confié à l’architecte Louis Debrouwer (hôtel de ville, hôtel des postes) en 1909. Les travaux furent interrompus par la guerre et l’abattoir fut inauguré en septembre 1928. Ecrasé sous les bombes en juin 1944, celui-ci, qui fonctionna un temps dans une ancienne scierie près du canal de Saint-Omer, fut reconstruit en 1948. Du fait des nouvelles normes sanitaires européennes, l’établissement a fermé en 1992. Une association culturelle y a trouvé refuge en attendant une reconversion annoncée en caserne des sapeurs—pompiers.

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    A l’extrémité de cet alignement de maisons néo-flamandes, se trouvent les anciens abattoirs. Ceux-ci datent de 1944, les premiers ayant été écrasés sous les bombes. Depuis 1992, ces locaux sont désaffectés du fait des nouvelles normes sanitaires européennes.

    Gambetta (boulevard Léon) Place Albert 1er - pont Jourdan

     Elle s’était toujours appelée la route de Boulogne, mais en janvier 1883, trois semaines après la mort de Léon Gambetta (1838-1882), les élus de Saint-Pierre décidèrent de lui donner le nom de cet homme politique qui avait proclamé la République en 1870.

     Le boulevard s’ouvre par la place Albert 1er. Depuis 1816, s’y trouvait le cimetière de Saint-Pierre-les-Calais. Le théâtre fut construit à son emplacement en 1905 par Charles Malgras, dans l’esprit de l’Opéra de Paris. Figure également le monument en bronze consacré à Jacquard, l’inventeur du système de cartes perforées utilisé sur les métiers. Fondue sous l’Occupation, il fut refait après la guerre.

     Dans l’architecture de cette artère commerçante, on peut voir au n° 11, les sculptures d’une incroyable façade et, au n° 115, une belle demeure du début du siècle remarquablement restaurée.

     A noter qu’au n° 130 se trouvait jusqu’en 1969, un commissariat de police, et au n° 13, les locaux de la Poste devenus en 1973 une galerie d’art contemporain.

     A l’ouest, se dresse le lycée Sophie Berthelot, ancien couvent du Sacré-Cœur fondé en 1856 et racheté par la ville en 1903 pour en faire un collège de jeunes filles.

     Enjambant la voie ferrée, le pont Gambetta fut bâti en 1894, mais détruit par les Allemands en septembre 1944. Remplacé par deux passerelles à la Libération, il fut reconstruit en 1961.

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    Cette artère commerçante du centre-ville s’ouvre par la place Albert 1er qui est celle du théâtre. Bâti sur le modèle de l’opéra de Paris, il date de 1905. A cet endroit, est érigé le monument à Jacquard dont le système permit de passer du tulle à la dentelle mécanique.

     

     

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  • Harpe (rue de la) Rue André Gerschel - rue Jean Quéhen

     Hormis les rues de la Couleuvrine, du Paradis, Royale, Française, il ne reste plus beaucoup de noms issus du passé médiéval de la ville de Calais. La rue de la Harpe est une survivance de ce passé. Comme on le voit assez souvent, elle tire vraisemblablement son nom d’une enseigne qui existait déjà en 1852. Autrefois, en effet, les maisons ne portaient pas de numéros, mais des enseignes accrochées aux façades qui permettaient de les identifier.

     Pendant les trois siècles d’occupation anglaise, entre 1347 et 1558, elle s’est appelée la Coxe Lane. Victime des destructions durant la Seconde Guerre mondiale qui ont fait de Calais-Nord un champ de ruines, elle a gardé, à la reconstruction, son nom de rue de la Harpe, son emplacement, mais pas les habitations qui en faisaient l’histoire.

     Cependant, certains se souviennent encore qu’en avril 1916, l’état-major militaire de Calais avait trouvé ses quartiers au n°3, à l’époque où le général Ditte était gouverneur militaire de Calais pendant la guerre 14—18. La rue de la Harpe a d’ailleurs failli porter son nom.

    H-L

    Son nom est une survivance du passé médiéval du vieux Calais. Son habitat actuel est celui de la reconstruction des années 50. 

     

     Homère (rue) Rue du Lieutenant Jacques Faguer - boulevard Victor Hugo

     C’était autrefois la rue Ducrocq, du nom d’un riverain. En 1883, le plan Cuisinier en fit la rue Homère dans un quartier où sont regroupés les auteurs de l’Antiquité (Plante, Virgile, Ovide, Pindare). Cette appellation célèbre le poète grec qui, d’après Hérodote, aurait vécu au IX“ siècle avant J .—C., et auquel la tradition attribue l’Illiade et l’Odyssée.

     Il plane en effet un doute sur l’auteur réel de cette épopée sur la guerre de Troie et le retour d’Ulysse. On parle même de deux écrivains. Aujourd’hui l’existence d’Homère n’est plus mise en doute et certains avancent qu’il aurait pu avoir écrit ces deux épisodes, l’un au début et l’autre à la fin de sa vie.

     Rien de bien notable dans cette petite voie sinon, au coin de la rue du Lieutenant Jacques Faguer, une maison d’angle à usage d’habitation, mais qui fut sans doute un débit de boissons. Datant d’avant l’industrialisation de Saint-Pierre, elle témoigne de l’architecture rurale traditionnelle en vigueur au début du XVIII° siècle : façade simple sans décorum et toit de tuiles flamandes à deux versants.

     

    H-L

    Reliant le quai Lucien Lheureux au boulevard Victor Hugo, cette petite rue de Saint—Pierre a gardé, pour partie, son aspect rural.

     

     Hugo (boulevard Victor) Place Emile Salembier - rue de Hagueneau

     Pour dénommer cet axe de la Nouvelle-France, le conseil municipal a choisi Victor Hugo (1802—1885) en 1881, de son vivant donc. Ce quartier des écrivains ne pouvait oublier l’auteur de La Légende des Siècles et des Misérables. D’autant qu’on trouve une trace du passage de Victor Hugo à Calais en septembre 1837, et même s’il n’en dit pas du bien (Voyage en Belgique et en France).

     Le boulevard part de la place Emile Salembier, qui tient son nom d’un homme politique de Calais 1857-1919), maire en 1896 et 1908 avant de devenir député en 1914. On lui doit notamment le nouvel hôtel de ville, l’abattoir et de nombreuses écoles. Un buste le représentant est installé sur le petit parking. La famille Salembier tenait un estaminet au n°39 du boulevard Victor Hugo. A mi-chemin de cette artère commerçante, se dresse l’église Saint-Benoît Labre, ancienne chapelle du couvent des capucins qui se situait en face. On l’appelait aussi le château des moines et il servit de presbytère jusqu’à sa disparition pour laisser la place à un immeuble résidentiel. A l’angle de la rue Hagueneau, sur le pignon, figure l’un des derniers écussons de pierre portant les armoiries de Saint-Pierre-les-Calais. Il est au fronton d’une ancienne maison d’octroi. Enfin, à l’extrémité du boulevard, à hauteur du passage à niveau de la route de Saint-Omer, & survécu la petite gare de Saint-Pierre-Halte, créée au moment du lancement de la ligne Calais-Dunkerque en août 1876.

    H-L

    Comme tous les grands axes de la cité de Saint-Pierre-les-Calais, ce boulevard cultive le brassage entre maisons bourgeoises, habitat ouvrier et commerces de proximité. Colonne vertébrale du quartier de la Nouvelle- France, il rejoint la route de Saint-Omer.

    Jacquard (boulevard) Boulevard La Fayette - quai de la Tamise

     Au temps jadis, c’était la Grande-Rue de Saint-Pierre-les—Calais. En 1885, le conseil municipal lui donna le nom de Jacquard, Joseph-Marie de son prénom (1752-1834), un mécanicien de Lyon qui inventa en 1790, un nouveau mécanisme simple et ingénieux pour le métier à tisser et qui perfectionna le système de sélection par cartons perforés. Ces nouvelles techniques firent considérablement avancer la technique de fabrication de la dentelle mécanique de Calais.

     Calais lui devait bien un boulevard. Elle lui fit également une statue qui se trouve sur la place Albert Ier (ou place du Théâtre) et donna son nom à un pont situé à l’extrémité nord de cette grande artère. Cet ouvrage permit le franchissement de la voie ferrée entre la gare centrale, construite en 1964, et la zone portuaire. Il côtoie un autre pont, construit en 1886, dit George V, en hommage au roi de Grande-Bretagne (1865-1936) qui avait visité Calais à diverses reprises lors de la guerre 14—18.

     A hauteur de la place du Soldat inconnu, adossé au parc Saint-Pierre, et faisant face aux Six Bourgeois de Calais, le monument du Souvenir français, sculpté par Maugendre-Villers, fut inauguré le 3 juillet 1904. Il commémore la mémoire de soixante Calaisiens morts pour la France durant la guerre de 1870, la Commune de Paris et les conflits coloniaux. Haut de 13 m, ce monument est surmonté d’une statue du capitaine Louis Dutertre (1807-1845).

    H-L

    Avec le beffroi de la mairie dans son axe, cette artère commerciale était auparavant la Grande-Rue de Saint-Pierre. Elle a gardé quelques-unes de ses anciennes maisons du XIXe siècle, avec notamment beaucoup d’immeubles bancaires.

    H-L

     

     

     Au carrefour de la rue du Vauxhall, la maison Frances date de 1890. L ’architecte y a développé le thème, assez rare à Calais, de la rotonde d ’angle, avec en plus de hautes fenêtres et des lucarnes, ainsi que des balcons et des balustrades en fer forgé.

     Originaire de Coulogne, cet officier du 8°chasseurs d’Orléans connut une fin héroïque à la bataille de Sidi-Brahim durant la conquête de l’Algérie. Fait prisonnier par Abd-el-Kader, il fut emmené devant un détachement de soldats français pour leur demander de se rendre. « Camarades, ne vous rendez pas, résistez jusqu ’à la mort » leur cria-t-il avant qu’un sabre algérien ne lui tranchât la tête.

     Le boulevard est un des axes principaux du commerce en centre—ville. Les magasins occupent les rez-de-chaussée, mais en marchant les yeux levés, vous découvrirez de belles constructions. Dans le faubourg de Saint-Pierre, il fait partie de la zone la plus anciennement urbanisée et son architecture relève parfois du début du XIX°siècle. C’est le cas des n°11 et 13, avec leurs fenêtres d’étage en quart de rond. Au n°26, la maison André date de 1826 et la pâtisserie Bourdon au n°61, de 1834. Au coin de la rue du Vauxhall, l’ancienne maison Frances, bâtie en 1890, reprend notamment le thème de la rotonde d’angle, avec ses hautes lucarnes arrondies, ses superbes balcons et balustrades en fer.

     A la réunion des deux villes en 1885, le boulevard est devenu le quartier des établissements bancaires. Il s’agit de bâtiments imposants du début du XX°siècle, à l’image de la Banque de France qui date de 1907, du Crédit Lyonnais qui occupa le n 37 de 1886 à 1924 avant de s’installer à l’angle de la rue de Vic, et de la Société Générale (1926) qui est dans l’immeuble de l’ancienne banque Cordier. De composition classique avec sa façade à colonnades, c’est une des dernières réalisations de l’architecte Nestor Duvinage. 

     

     La Fayette (boulevard) Quatre-boulevards - pont de Saint-Pierre

     Avant, c’était le Grand Chemin, avec ses fossés et ses vieilles maisons du XVIII° siècle, hérité du faubourg rural de Saint-Pierre-les-Calais et non pas d’une percée à la Haussmann comme on pourrait le croire. Cette voie fut aussi la rue Dauphine avant d’être baptisée, en 1845, du nom de Marie—Joseph, marquis de La Fayette (1757—1834).

     Ce major général français participa, de 1777 à 1781, à la guerre d’indépendance en Amérique, aux côtés des insurgés. De retour en France, il devint membre de la gauche dynastique, fut élu député de Seine-et-Marne et demanda l’abdication de Napoléon.

     Devenue un boulevard en 1896, cette artère commerciale accueille encore l’usine Brampton installée là en 1897. Au n°36, se trouvait le garage Morieux où, en 1901, furent vendues les premières automobiles à essence.

     Derrière sa façade de hautes fenêtres en arcade, le grand bâtiment de l’école Louise Pollet occupe le n° 133 ; elle porte le nom d’une ancienne directrice connue pour son dévouement qui avait reçu les palmes d’officier de l’Instruction publique en 1908. Au n°20, un bel immeuble abrite un important cabinet notarial ; sous l’Occupation, s’y trouvait la Kommandantur de Calais, avec au n° 16, la Feldgendarmerie.

    Aux n°6 et 10, se dressait un vaste bâtiment occupé successivement par des grands magasins et un garage.

    H-L

    Derrière ses hautes fenêtres et sa large porte, ce bâtiment abrite la bibliothèque des enseignants et une école maternelle. Elle porte le nom d’une directrice du début du siècle, Louise Pollet, connue pour son dévouement à la cause de l’Instruction publique.

    H-L

    Partant des Quatre- Boulevards, cette artère a une importante activité commerciale. La plupart des rez-de-chaussée sont occupés par des boutiques, mais, en levant les yeux, on peut découvrir les traces de l‘ancienne architecture de Saint-Pierre au XIXe siècle.

     

     Il a été racheté par la Caisse d’épargne intégrée dans un ensemble résidentiel. Même si la rénovation urbaine a fait des ravages dans l’habitat ancien, le boulevard compte encore quelques beaux exemples d’architecture du XIXe siècle. C’est le cas au n°210 qui se présente comme un hôtel particulier, ou au n°150, un ancien immeuble de rapport, avec ses balustrades en fonte et sa symétrie simple.

     On peut observer aussi, à l’angle de plusieurs rues, des maisons rurales du XVIIIe siècle. En revanche, a disparu le théâtre de Saint-Pierre qui, au XIX°, se dressait aux n°147 et 149.

     C’est de ce secteur et notamment du pont sur le canal qu’a pris naissance la ville de Saint-Pierre-les-Calais. Le premier ouvrage remonte au creusement du canal en 1680.

     Le pont de Saint-Pierre a été reconstruit plusieurs fois, parfois même avec un renfort d’ouvrages militaires pour le défendre lors des nombreux conflits qui ont émaillé l’histoire de la cité.

     Au XIXe siècle, existait, tout à côté, une gare fluviale, avec des services de coches d’eau qui assuraient des liaisons en barque avec Saint-Omer, Guines, Ardres et Audruicq, pour les voyageurs et les marchandises.

     En 1855, le pont fut élargi pour passer à deux voies, mais un nouvel ouvrage fut réalisé en 1899, avec un tablier métallique.

     C’est toujours lui qui est en place et qui attend d’être remplacé par un pont plus adapté à l’importance de la circulation automobile actuelle et en prévision du projet de mise au grand gabarit du canal.

     Lamartine (rue) Boulevard Victor Hugo - rue La Fontaine

     C’était la rue Un de la Nouvelle-France avant que le plan Cuisinier la baptise du nom du poète du Lac et des fameuses Méditations poétiques qui révèlent le ton nouveau du romantisme.

     « Le poète est sensible aux oiseaux de passage Qui ne bâtissent point leurs nids sur le rivage Qui ne se posent pas sur les rameaux des bois Nonchalamment bercés par le courant de l’onde Ils passent en chantant loin des bords et le monde Ne connaît rien d’eux que leur voix. »

     Alphonse de Lamartine (1790-1869) eut aussi une carrière politique. Député de Bergues - qui en a fait un géant qu’on sort les jours de fête - en 1883, il est ensuite élu à Mâcon.

     Membre du gouvernement provisoire en février 1848 après la proclamation de la République, il est chargé des Affaires étrangères. Mais les émeutes de mai et juin et surtout le coup d’Etat du 2 décembre auront raison de cette carrière. Il reviendra alors à l’écriture, notamment des travaux historiques, des récits autobiographiques, des romans et des biographies d’hommes célèbres.

     Le 18 mai 1831, de retour d’Hondschoote où résidait sa sœur, Lamartine, sa femme et leur fils prirent le bateau à Calais pour un voyage en Angleterre.

     Surtout bordée de petites demeures simples de briques peintes, la rue Lamartine ne se fait pas remarquer, sauf peut-être par un bel exemple de haute maison d’angle au coin de la rue Alfred de Vigny.

    H-L

    Dans cette rue tranquille du quartier de la Nouvelle-France, les maisons sont à la mesure de cette venelle : petites et simples, elles sont souvent de briques peintes, histoire de se singulariser un peu et de briser la monotonie d’un habitat ouvrier conçu sur le même modèle.

    Leavers (rue) Rue Augustin Isaac - rue du Four—à-Chaux

     Cette rue Cinq du quartier a pris ce nom en 1883, par la volonté du plan Cuisinier. Elle est au cœur du quartier des Fleurs, dans ce Saint-Pierre qui a consacré tout un secteur à des noms venus de l’industrie dentellière, longtemps première activité de la ville.

     De la même manière qu’un autre nom de mécanicien en dentelles anglais, Martin, a pris un "Y" à Calais, le nom de Leaver s’est retrouvé affublé d’un "S", venu probablement de la forme possessive anglaise (leaver’s machine).

     Avec sa famille, John Leaver a inventé, en Angleterre, un métier à fabriquer le tulle mécanique. Établi en 1821, en Normandie, il continuera à construire des métiers et à les faire évoluer vers la dentelle à partir du procédé Jacquard.

     En 1854, sur 606 métiers à tulle installés à Saint-Pierre, on comptait 374 leavers. Aujourd’hui, il en existe environ 1 200 dans le monde dont 450 dans la seule ville de Calais qui a su préserver son savoir- faire. La dentelle réalise un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de francs, exporte 60% de sa production et fait travailler près de 2 000 personnes.

     Dans cette rue où se mêlent habitats ouvrier et bourgeois, on observe, aux n°37 et 39, des façades symétriques de briques peintes et de ciment—pierre, avec appuis de fenêtre en fer forgé, et aux 11 46-48, deux demeures traitées à la manière de villas italiennes, avec fenêtres ornementées et lucarnes à colonnades.

    H-L

     

     Voie très caractéristique de Saint-Pierre, au cœur du quartier des dentelliers, la rue offre le visage d ’un habitat mêlé. S’y côtoient des petites maisons ouvrières, des immeubles symétriques de rapport et des demeures cherchant à faire riche sur leur façade décorée.

     Leclerc (rue du Maréchal) Bd du Général de Gaulle - rue de Lattre de Tassigny

     A l’origine, ce nom désignait une rue des Cailloux, mais en 1969, il a fait le voyage jusqu’aux abords de la plage, à proximité de Blériot.

    Philippe Marie de Hautecloque, dit Leclerc (1902—1947), est né d’une vieille famille picarde. Fait prisonnier à Lille en mai 1940, cet officier de l’armée française s’évade et rejoint le général de Gaulle à Londres. Devenu commandant militaire, il participe aux campagnes de Tripolaine et de Tunisie de 1942 à 1943. En juin 1944, il est du débarquement en Normandie avec sa 2e division blindée. Mais il est surtout célèbre pour sa participation à la libération de Paris, le 24 août, où il reçut la reddition de la garnison allemande. Il libéra également Strasbourg en novembre.

     Nommé commandant supérieur des forces françaises en Indochine, il signe, au nom de la France en 1945, l’acte de capitulation du Japon.

     Inspecteur des forces d’Afrique du Nord, il trouve la mort en 1947 dans un accident d’avion près de Colomb-Béchar.

     Il a été élevé à la dignité de maréchal de France en 1952, à titre posthume.

     La rue du Maréchal Leclerc fait un coude au pied de l’ancienne et haute dune qui domine un immeuble résidentiel.

     Dans ce quartier paisible, on y trouve des habitations modernes très significatives de cette zone du front de mer qui cherche à se construire une image de station balnéaire.

    H-L

     

    Au pied d’une ancienne et haute dune, ce quartier paisible aligne, comme ici, des résidences modernes, avec balcon et jardinet, très significatives de cette zone du front de mer qui, depuis des années, cherche à se construire une image de station touristique et balnéaire.

    Lheureux (quai Lucien) Pont de Saint—Pierre - pont de fer

     Cette voie sur berge, c’est l’ingénieur Vétillart qui l’a voulue en 1881 pour faciliter l’accès des péniches au port. Auparavant le chemin de halage s’arrêtait à hauteur de la rue Homère. En 1910, le conseil municipal décida de lui donner le nom d’un ancien élu municipal, Lucien Lheureux (1830-1882), devenu maire de Saint-Pierre-les-Calais en 1879, à la démission de Victor Crespin. C’était un fabricant de tulle qui était également conseiller d’arrondissement et administrateur de l’hospice.

     Pour la partie qui la relie à la place de la Nation, cette voie a été baptisée rue du Lieutenant Jacques Faguer en 1964, du nom du chef de batterie de DCA qui, au Petit-Courgain, fut tué à son poste le 25 mai 1940 sous une pluie d’obus.

     Le quai part du pont de Saint-Pierre dont le premier exemplaire remonte à l’époque du creusement du canal de Saint-Omer à Calais en 1680. Il va jusqu’au Pont de fer en passant par le pont-levis Curie et sa passerelle pour piétons, tout en longeant une belle et vieille main courante ou rambarde en fonte qui délimite la rive du canal. Le soleil couchant y éclaire une longue rangée de petites habitations, avec jardins sur l’arrière, parmi lesquelles de nombreuses maisons de mariniers, lesquels aiment habiter au bord de l’eau. De leur pas de porte, on pouvait, dans le temps, les voir faire signe ou converser avec un membre de leur famille qui passait sur sa péniche.

    H-L

    On oublie que Calais est une ville d’eau et pas seulement à cause de la présence de la mer. Entrecoupée de nombreux canaux et rivières, la cité s’y réfléchit souvent. Comme ici, au bord d’un quai où l ’on pêche dans l’eau miroitante du canal de Calais à Saint-Omer.

     

     Lodi (rue de) Rue Neuve - rue Verte

     Au XVIII“ siècle, on ne s’embarrassait guère pour dénommer les rues : l’enseigne d’une boutique, un détail architectural ou plus simplement le nom du propriétaire du terrain.

     C’est le cas ici puisque cette ruelle s’est appelée rue Goret avant de devenir la rue de Lodi au milieu du XIXe siècle. Il s’agissait de saluer la victoire que remporta Bonaparte dans cette ville lombarde en 1796.

     En 1869, un chroniqueur du Journal de Calais ironisait sur l’état lamentable de cette rue en ces termes : « L’autre jour, un audacieux marchand de charbon osa s’aventurer rue de Lodi. Tout a coup, le sol céda sous sa voiture. L’homme et l'attelage disparurent dans cette boue liquide. On eut le temps de jeter quelques pains sous la voiture pour que l’homme puisse manger pendant son voyage jusqu’aux antipodes... »

     De l’ancien temps, la rue de Lodi a conservé un vieux café d’angle au coin de la rue Neuve, et de petites maisons basses, avec leur unique lucarne dans le toit, mais on ne s’y embourbe plus depuis longtemps.

    H-L

     

    Typique du faubourg rural de Saint-Pierre-les-Calais, cette ruelle a conservé son cachet de l’ancien temps et la modestie de son habitat.

     

     Loire (quai de la) Port

     Ainsi dénommé en 1881, en même temps que onze autres sur le port, ce quai est en fait la réunion de trois voies. Il borde le bassin de marchandises Carnot, relié au canal par l’écluse de la Batellerie. Construit sur les anciennes fortifications détruites en 1884, ce bassin de 12 hectares fut inauguré le 3 juin 1889 par le président Sadi Carnot. Les fêtes durèrent deux jours et attirèrent 150 000 visiteurs. A l’ouest, le quai s’ouvre sur la ligne moderne de l’immeuble de l’outillage du port, faisant face à un ancien bâtiment industriel tout en brique rouge. Tout à côté sont installés les chantiers navals, avec la cale de radoub qui peut accueillir des navires de 153 m de long et 21 m de large. Elle était même prévue pour recevoir les bateaux équipés de roue à aubes assurant la liaison transmanche. Suivent des hangars portuaires et, en vis-à-vis, des sites industriels, tels que Alcatel Câble, version moderne d’une usine de câbles sous-marins qui existait depuis 1890, mais brûla en 1900 ; et Vieille Montagne (grillage de minerai de zinc) qui s’est installé sur les restes de l’usine des pâtes à papier qui vécut de 1921 à 1975.

    H-L

     

    Sur le bassin Carnot, ce quai portuaire accueille des navires de commerce, des hangars de marchandises et des sites industriels.

    Luther King (rue du Pasteur M.) Zone de la Mi— Voix

     Le 3 juillet 1992, cette nouvelle rue de la zone de la Mi-Voix a pris le nom du pasteur noir américain Martin Luther King (1929-1968), leader de la lutte des minorités aux Etats-Unis, prix Nobel de la Paix en 1964, assassiné le 4 avril 1968 à Memphis.

     Cette voie se trouve au Beau—Marais, de l’autre côté du canal de Marck, là où la ville a réalisé un grand centre scolaire et universitaire.

     On y trouve un lycée dit à haute qualité environnementale, prévu pour recevoir 1 700 élèves en septembre 1998. Dû aux architectes Isabelle Colas et Fernand Soupey, cet établissement expérimental a fait appel à des matériaux de recyclage, la lumière naturelle et l’économie d’énergie, par éolienne notamment.

     Inauguré en 1992, le collège Martin Luther King est un équipement de 700 places conçu comme une maison d’enfants.

     Au-delà du rond-point des Droits de l’homme, est implanté le restaurant universitaire réalisé par Marc Larivière.

     Dans l’institut universitaire professionnalisé installé en 1992, 280 étudiants préparent leur diplôme d’ingénieur. Plus loin, se dresse l’unité de formation régionale de l’université du Littoral. Elle a ouvert ses portes en 1993 et accueille 1 600 étudiants dans ses diverses formations scientifiques. On lui a donné le nom du mathématicien et philosophe des sciences Henri Poincaré (1854-1912).

    H-L

    Au cœur de la grande zone scolaire et universitaire de la Mi— Voix, au Beau-Marais, des architectes ont fait assaut de création pour donner vie à ces terres vierges. C’est le cas avec ce collège conçu pour être une « maison d’enfant », avec des matériaux chauds et des couleurs gaies.

     

     

     

     

     

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  • M-N

    Marinot (rue Maurice) Avenue Yervant Toumaniantz - rue Auguste Rodin

     Elle fut ainsi nommée en août 1974, au milieu d’un quartier consacré à de grands artistes français tels que Rodin, David, Braque, Léger, Manet… Peintre apparenté au mouvement fauve, Maurice Marinot (1882-1960) se fit connaître pour son utilisation du verre gravé ou décoré avant de revenir à la peinture.

     L’architecture de cette rue marque une volonté d’humanisation de l’urbanisme de la ZUP du Beau-Marais. C’est le cas de la résidence des Flandres, un ensemble collectif de cent logements individuels conçu par un architecte bruxellois dans le style néo-flamand, mais avec l’organisation resserrée d’un village méditerranéen.

     Aux abords de la rue, on trouve la maternelle Renée Langlet, du nom d’une ancienne résistante et élue communiste décédée en septembre 1986. Mais surtout, on aperçoit, au long de la rue Louis David, l’Institut universitaire de technologie.

     Construction très contemporaine dessinée par l’architecte Rémy Buttler, cette belle « cathédrale du savoir » a accueilli ses 250 premiers étudiants en novembre 1987. Ceux-ci sont maintenant le double et se répartissent dans trois départements : génie électrique et informatique industrielle, informatique, gestion des entreprises et des administrations. L’IUT fait partie de l’université du Littoral lancée en octobre 1992.

    M-N

    Dans cette rue de la ZUP du Beau-Marais, figurent plusieurs exemples architecturaux d ’une nouvelle volonté urbanistique : sortir du principe et du gigantisme des tours et barres pour faire une cité à dimension plus humaine et plus conviviale.

     

     Masséna (rue) Rue du Four—à—Chaux - rue de la Vendée

     Au siècle dernier, elle avait un joli nom : la rue du Paradis du quartier Saint-Pierre. Mais comme il en existait déjà une à Calais, il fallut trouver une autre appellation après la réunion des deux villes. Le docteur Cuisinier, fidèle à sa mission de réorganisation du plan des rues de Calais, décida de lui donner le nom de « l’Enfant chéri de la victoire », ainsi que Bonaparte avait surnommé André Masséna (1758-1817), après la bataille de Rivoli en janvier 1797. Maréchal de France, ce prince d’Essling volera de succès en succès militaires en Autriche, en Italie et au Portugal avant la disgrâce impériale qui suivit la retraite d’Espagne.

     Dans cette rue, on trouve quelques usines de tulle, avec des incrustations de briques vernissées, et des commerces, avec au n°5, un exemple de ces petites boutiques à devanture en bois, construite en surélévation au siècle dernier. A noter également au n° 17, une belle maison rehaussée, avec sa porte de cave sous la fenêtre, son décor néo-classique orné d’une frise florale en céramique et ses stores en bois cachés par un lambrequin.

    M-N

    Cachées derrière leur rideau de verdure, plusieurs demeures laissent apercevoir au passant curieux quelques-uns de leurs attraits.

     

     Miraumont (rue) Rue Edgard Quinet - rue Alfred Delcluze

     Elle était la petite rue du Vauxhall quand, en août 1891, le conseil municipal décida de la baptiser Miraumont, Paul de son prénom, conseiller au Trésor royal à l’époque d’Henri II. Il vint à Calais en 1582 pour y établir un relevé cadastral.

     Quand la rue fut pavée le 29 août 1909, les riverains organisèrent une grande fête, notamment une course de chiens. On lâchait ceux-ci à un bout de la rue et le premier arrivé à l’autre extrémité était déclaré vainqueur. Pour faire courir les chiens, ou les avait appâtés avec des saucisses, des os et de la viande... Située dans l’axe arrière de l’église du Sacré-Cœur, cette voie étroite croise la rue Alfred Delcluze et se prolonge par la rue Magistrale, dont le nom vient de la présence de cet édifice religieux qui est la maison du « maître ».

     La ruelle est bordée de petites demeures dont une belle maisonnette, à l’angle de la rue Alfred Delcluze, qui a gardé l’architecture rurale traditionnelle qu’avait le quartier avant l’industrialisation, avec sa façade toute simple, ses ouvertures nues et son toit de tuiles.

     

    M-N

    Dans cette venelle, se serrent des petites maisons basses, bien dans la tradition de l‘ancien faubourg rural et de ses terres marécageuses.

     

     Mollien (rue) Quai de la Gendarmerie - rue de Phalsbourg

     Produit de la partition de la Grande-Rue du Petit-Courgain, cette longue voie est encadrée par deux ouvrages d’art : à l’est, le pont de l’Enceinte qui franchit le fossé des fortifications et, à l’ouest, le pont Mollien qui enjambe le canal de Calais à Saint-Omer. Ce dernier pont est double : l’un des ouvrages sert au passage des trains et l’autre à la circulation automobile.

     Jusqu’en 1645, il s’appelait le pont aux Vaches, ce qui donne une idée de sa destination. Il faut dire que le Petit-Courgain était un quartier, autrefois, occupé par des agriculteurs et des éleveurs. Il prit ensuite le nom de François Thiery, le fonctionnaire chargé d’actionner la barrière de la cité et de percevoir le péage.

     Baptisée en 1885, la rue doit son nom à un héros calaisien, Gaspard Mollien (1607-1684), un ancien mayeur de la ville qui résista à l’avance espagnole.

     Nommé échevin en 1651, il était chargé de la défense de la cité, en l’absence du gouverneur occupé au siège d’Ardres en 1657.

     Face à une armée ibérique composée de 1 200 mousquetaires à cheval et 4 000 hommes de troupe, et commandée par le prince de Condé, il organisa la défense derrière les remparts de Calais.

     Prévenus par des paysans de Vieille-Eglise et de Oye-Plage, les soldats de la garnison de Calais attendaient l’ennemi de pied ferme et repoussèrent les Espagnols sous un déluge de fer et de feu.

    M-N

     Jeté sur le canal qui relie Calais à Saint-Omer, le pont Mollien est double : le premier sert au passage des trains et le second à la circulation automobile. Cet ouvrage d’art fait le lien entre Calais—Nord et le Petit-Courgain. C’était anciennement le pont à Vaches.

    M-N

    Cette longue artère commence par un centre regroupant bon nombre d'administrations et se poursuit par une alternance de petits commerces, d’habitat ancien et de vieux ateliers, avec, comme ici, un grand ensemble de logements collectifs HLM.

     Ce haut et glorieux fait d’armes remonte au 2 juillet 1657. Cela explique sans doute pourquoi on a fixé au dimanche le plus proche de cette date, la fête communale et la grande parade musicale qui durent encore de nos jours.

     Dans ses rangs, la famille Mollien compte plusieurs officiers royaux, des magistrats, des administrateurs et des juges consulaires.

     On trouve également les noms de Pigault de Beaupré et d’Ernest Le Jeune (1841-1895). Ce dernier a d’ailleurs sa rue tout à côté du musée. Il faut dire que ce professeur de musique dirigea la Société philharmonique, la Musique municipale et l’orchestre du théâtre. Il composa des opérettes, des marches et des messes. C’était aussi un archéologue réputé dont les découvertes sur les Noires-Mottes de Sangatte et d’Hydrequent enrichirent les collections du musée. Il est enfin connu comme historien local pour ses Annales du Calaisis.

     Principale artère du Petit-Courgain, la rue Mollien s’ouvre aujourd’hui par un grand centre administratif, regroupant les locaux de la Caisse d’allocations familiales, de l’Office public d’HLM, de la Gendarmerie nationale, de la Sécurité sociale, du Trésor public et de l’Assedic.

     On y trouve pas mal de commerces, un grand ensemble d’HLM entièrement rénové et quelques maisons qui témoignent de l’extension de ce quartier au XIXe siècle, notamment un vieil atelier de briques aux étroites ouvertures à hauteur de la rue de la Minoterie, et un superbe hôtel d’angle, avec de belles moulures et de hautes fenêtres au coin de la rue Franklin.

    Montréal (rue de) Chemin des Régniers - rue de Puebla

     Avant de prendre le nom de la plus importante ville du Québec, elle faisait partie du Grand-Voyeu qui existe toujours, mais ne concerne que la partie située de l’autre côté de la voie ferrée. Un portillon permet de franchir les rails à pied et de relier les deux rues. De là, on voit le château d’eau du Grand-Voyeu, peint aux couleurs de Calais, et une vieille maison d’angle.

     Rien de bien notoire dans cette rue sinon un groupe scolaire qui abrite l’inspection primaire et maternelle de l’Education nationale. A signaler une curieuse villa au n°8, avec une façade de briques et des ouvertures décorées de ciment-pierre, donnant sur un joli jardin de curé.

     Quant à l’église Sainte-Germaine, son histoire vaut d'être contée. En 1912, avait été ouverte une église provisoire dite Sainte-Germaine Cousin, du nom d’une jeune bergère languedocienne. Grâce à l’opiniâtreté du chanoine Hanse, un édifice en dur fut réalisé en 1929. Mais à cause du sol tourbeux dans cette zone marécageuse, il fallut enfoncer des pieux à 12 mètres pour les fondations, ce qui entraîna une dépense non prévue. Le produit de la collecte auprès des paroissiens fut englouti dans ce surcoût. De quête en quête, le chanoine Hanse réunit à nouveau des fonds et en 1934, l’église était ouverte au culte. Il lui manquait cependant le clocher, mais la guerre arriva. Il fallut attendre juin 1988 et l’abbé Ducatel pour que l’église ait enfin sa flèche.

    M-N

    Elle est l’église du Pont-du-Leu depuis 1934, grâce aux dans des paroissiens du quartier. Mais, faute de financement suffisant, le clocher n ’avait pu être réalisé. L ’édifice dut attendre plus de cinquante ans pour que soit construite la flèche, inaugurée en juin 1988 par l’abbé Ducatel.

     

     Moulin-Brûlé (rue du) Place d’Alsace - rue du Four—à-Chaux

     C’est une des vieilles rues de Saint-Pierre puisqu’on en trouve trace en 1783. A l’époque, ce secteur était le faubourg rural de Calais et comptait de nombreuses activités de transformation des produits agricoles.

     Dans cette rue se trouvaient deux moulins à vent dont un au coin du boulevard Pasteur. Ces deux moulins furent abattus lors d’une tempête en 1807. On en reconstruisit un qui brûla quelques années plus tard. D’où cette appellation selon certains, d’autres affirmant que Brûlé était le nom d’un des propriétaires.

     Dans cette rue était installée l’usine de gaz Hennebique-Bertrand qui, à partir de 1855, alimenta la ville et les usines de dentelle en gaz d’éclairage. Puis une centrale électrique fut implantée en 1894 et le tout fut rasé pour faire place aux ateliers et locaux modernes d’EDF-GDF.

     Ont disparu, au n°50, l’église anglicane, Trinity Church, construite en 1862 et démolie en 1954, ainsi que l’hôtel particulier des établissements de bains Magne.

     A survécu un habitat hétéroclite mêlant petites et grandes demeures, avec, à l’angle de la rue du Four-à-Chaux, les vastes bâtiments des anciens locaux de l’hôtel des ventes et surtout, au n°59, l’étonnant petit hôtel Louis XIII, l’ancienne maison Sagot construite en 1889, avec sa tourelle et sa cour dallée.

    M-N

    On trouve des traces de cette rue dès la fin du XVIIIe siècle. C’était au temps où Saint-Pierre était un faubourg rural et où la ville vivait des produits agricoles. D’où la présence du moulin et du nom qui va avec lui. Il reste encore quelques maisons anciennes.

     

    Neuve (rue) Boulevard Jacquard - quai du Commerce

     Avant 1845, c’était la rue Castiglione, en hommage à la victoire d’Augereau sur les Autrichiens. En 1944, lors du siège de Calais, des bombes de la RAF anéantirent les immeubles n°118 et 120. Dix-sept personnes, réfugiées dans une cave, furent tuées sur le coup.

     Au n°7, l’Armée du Salut a récupéré un bâtiment, avec grille et pilastre, qui était une agence bancaire jusqu’en 1951. Au n°9, c’est la perception de Calais-NO. qui occupait depuis 1960 une haute maison symétrique, avec ses fenêtres à rosace. Au n° 131, le Secours populaire a trouvé une grande demeure, avec balcon central en fer forgé et frise en céramique. Au n°95, on remarque une belle maison de maître richement ornementée et, plus encore, au n° 104, une construction de l’architecte Declercq dont la façade accumule moulures, pilastres, œils-de-bœuf et lucarnes à fenêtres géminées.

     Existaient aussi plusieurs fabriques de dentelle : l’usine Pearson-Webster, l’une des premières à fonctionner à la vapeur -les métiers étaient jusque-là actionnés à bras - et, à l’angle de la rue Nationale, la fabrique Maxton, elle aussi démolie. Au coin de la rue Charost, se dressait l’usine Topham frères (1880).

    Elle servit de cantonnement aux Allemands sous l’Occupation et fut bombardée. L’incendie dura trois jours. A son emplacement, furent installés en 1947, des stands pour les commerçants sinistrés. On les rasa en 1975 pour aménager un parking payant.

    M-N

     

    Aux abords du boulevard Jacquard et du parking Charost, la rue compte de nombreux commerces. Plus loin, l’habitat devient résidentiel, avec, vers le quai du Commerce, ce qui reste des grandes demeures anciennes de ce quartier du centre-ville

      Normandie-Niémen (rue) Rue Jean Mermoz - rue Henri Guillaumet

     Dans la ZUP du Beau-Marais, cette rue a reçu son nom en 1968. Elle se trouve dans le quartier des aviateurs entre Jean Mermoz (1901-1936), connu par sa première traversée postale sans escale de l’Atlantique sud et qui disparut au large de Dakar avec son hydravion Croix du Sud, et Henri Guillaumet, pilote de ligne (1902-1940), pionnier des lignes d’Amérique du sud qui périt au-dessus de la Méditerranée.

     Créé en septembre 1942 en Syrie, le groupe de chasse Normandie appartenait aux Forces aériennes françaises libres durant la Seconde Guerre mondiale. Partie en Russie en mars 1943, cette escadrille se joignit à l’aviation soviétique pour combattre les Allemands. C’est à cette occasion que le groupe a adjoint le nom de Niémen, en souvenir du fleuve russe au-dessus duquel les pilotes français avaient accompli des exploits. Le groupe Nomandie-Niémen a, à son actif, 273 victoires officielles et 37 probables, et n’a perdu que 45 appareils.

     La rue forme une large courbe aux confins de la ZUP, longeant un tranquille lotissement de maisons individuelles. Un lycée d’enseignement professionnel dit Normandie-Niémen, ouvert en 1979, accueille des élèves se destinant aux métiers du bâtiment. Un espace vert Chico Mendes, du nom d’un indien du Brésil qui se fit le défenseur de la forêt amazonienne, a été aménagé dans un petit bois. Il a été conçu pour être la respiration des habitants du quartier.

     

    M-N

     

    Cette rue de la ZUP du Beau-Marais est une grande courbe bordée par un tranquille lotissement de maisons individuelles. Un lycée d ’enseignement professionnel aux métiers du bâtiment y a été construit. L'espace vert Chico Mendes accueille les habitants.

    Notre-Dame (rue) Place de Rheims - rue Berthois

     Entièrement détruite lors de la Seconde Guerre mondiale, la rue Notre—Dame n’a plus rien de celle qui s’appela Milk Gate Street (rue de la Porte-du-Lait) sous l’occupation anglaise au Moyen Age, puis rue Cardinal à la reprise de la ville en 1558, et rue de la Constitution sous la Terreur. Il ne reste donc plus rien de son habitat ancien, ni de son école des Frères de la doctrine chrétienne fondée en 1700 par Louis Gense qui devint l’école Condorcet en 1900 après sa laïcisation. Une rangée d’immeubles résidentiels et les bureaux de l’Equipement ont pris leur place.

     La rue débouche sur la place de Rheims qui tient son nom d’une vieille famille calaisienne, et notamment de Henri Joseph de Rheims (1815-1876) qui fut courtier maritime, archiviste municipal et auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de Calais.

     Sur son terre-plein central, avait été installée une pierre plate sculptée représentant Minerve laquelle provenait de l’ancienne porte Richelieu. A sa place, a été inaugurée, le 10 septembre 1995, une stèle à la mémoire du général de Gaulle et de son épouse née Yvonne Vendroux.

     Ce couple illustre s’était marié le 7 avril 1921 dans l’église Notre-Dame, toute proche, qui a donné son nom à la rue. Cet édifice religieux vaut qu’on s’y arrête et qu’on en fasse l’historique. A l’époque médiévale, il n’y avait là qu’une chapelle dédiée à Sainte-Marie lorsque, vers la fin du XIII° siècle, les Calaisiens décidèrent de construire une grande église.

    M-N

    Surnommée la « cathédrale des mers », l’église Notre-Dame attend depuis plus de cinquante ans qu ’on achève sa reconstruction. Ce monument historique est un exemple unique en Europe du mélange des styles gothique et Tudor, finit de deux siècles d ’occupation anglaise.

    M-N

     

    Le 10 septembre 1995, a été inaugurée une stèle à la mémoire du général de Gaulle et de son épouse Yvonne Vendroux, originaire de Calais, en présence des membres de la famille et des sociétés patriotiques. Le couple s’était marié en avril 1921, à l’église Notre-Dame.

     

     Son architecture comprend une nef, avec ses collatéraux, l’entrée se faisant par la face nord. Au XIVe siècle, sous l’occupation, les Anglais apportèrent de grandes modifications à l’église, en l’agrandissant, en la rehaussant et en lui donnant des ouvertures qui portent la marque du style Tudor. Ils construisirent aussi les transepts nord et sud à la croisée desquels fut érigé un haut clocher de 58 m, supporté par quatre piliers. Puis ils bâtirent le chœur et ses bas-côtés.

     A la reconquête de Calais par le duc de Guise en 1558, l’église prit le nom de Notre-Dame. La chapelle absidiale, consacrée à la Vierge, a été ajoutée en 1631. A la même époque, on confie au sculpteur hollandais Adam Lottman, la réalisation du maître-autel et de son retable, taillés dans un marbre provenant de la cargaison d’un navire génois échoué devant Calais.

     En 1691, sur ordre de Vauban, on adjoint à l’église une citerne de 1 800 m3 chargée de recueillir l’eau de pluie provenant de l’immense toiture de l’église et destinée à subvenir aux besoins de la population en cas de siège. En 1940, sous l’occupation allemande, l’église a quelque peu souffert, mais c’est sous les bombes alliées que, le 26 septembre 1944, le clocher s’effondra entraînant une grande partie de la nef et du chœur. Quatre jours plus tard, la ville capitulait, mais l’église Notre-Dame n’était plus que ruines. A ce jour, elle n’est d’ailleurs toujours pas complètement relevée. La restauration de cet édifice, classé monument historique et qui est la seule en France à mêler ainsi le style perpendiculaire anglais et le gothique flamboyant continental, n’est pas achevée, plus de cinquante ans après.

     

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  • O-P

    Onze Novembre (rue du) Boulevard Gambetta - avenue du Président Wilson

     Jadis, elle comptait cinq tronçons aux appellations étonnantes : rue Saint—Benoît, rue des Batailles, rue de l’Enfer, rue des Acacias, et cul—de-sac des Choux-Fleurs, ces deux derniers noms témoignant du passé champêtre et potager du quartier. D’ailleurs, lorsque l’Abyme traversait encore Saint-Pierre, la rue possédait un pont à hauteur de la rue des Quatre-Coins. Le 10 février 1919, le conseil municipal décida de la baptiser rue du Onze Novembre en souvenir de date de l’armistice marquant la fin de la guerre 14—18.

     Aux abords de la rue, se dresse l’église du Sacré-Cœur qui fut ouverte au culte en 1892 et qui était la première en France à être consacrée au Sacré-Cœur de Jésus. Elle fait partie de ces églises paroissiales construites dans les quartiers de Calais durant le Second Empire. Elle avait été demandée par l’abbé Geerbrandt en 1866 : « Il faut nécessairement, au milieu de cette population manufacturière, une église dont la vue rappelle à l’ouvrier le souvenir de Dieu et dont la proximité lui facilite la pratique des devoirs religieux. »

     En face de cette église se trouvait la fabrique de dentelle Détant-Delplace qui brûla en septembre 1944, suite à un bombardement. A la Libération, cet emplacement accueillit des bâtiments provisoires pour les sinistrés avant la reconstruction de l’usine Prilliez qui, depuis, a été reconvertie en immeuble résidentiel.

    O-P

    Dit « Le Petit Paris », cette partie de la rue est bordée de belles demeures, avec vue sur le parc Saint—Pierre. Chacune de ces maisons bourgeoises, dans un style différent, fait étalage de sa richesse, à coups de bow—windows sur consoles et de lucarnes ornementées.

     

     

    O-P

     

    Longue voie du quartier des Pierrettes, cette rue abrite en son milieu l’Ecole nationale de musique dont on voit ici l’auditorium Erik Satie qui sert également de salle de cinéma. Cet équipement culturel a été aménagé, en 1978, dans l’ancienne salle paroissiale.

     Dans l’ancienne salle paroissiale du Sacré-Cœur, la municipalité décida d’implanter l’auditorium de la nouvelle école nationale de musique, à l’étroit dans ses vieux locaux de la rue Gustave Cuvelier. Elle fut inaugurée le 17 juin 1978.

     Au n° 14, Pierre Giot, radio-électricien, fut le premier à Calais à capter les images de la télévision en 1930. Au n°18, une plaque signale que, de 1904 à 1934, y a vécu le compositeur Emile Camys. Au n°91, des services municipaux se sont installés dans l’ancien patronage laïque construit en 1903. Ce bâtiment fut utilisé comme hôpital, puis foyer du soldat durant la guerre 14-18.

     L’architecture de l’habitat de cette rue est variée. On trouve plusieurs commerces d’origine, comme le café du coin de la rue Lattaignant ou l’épicerie du carrefour de la rue des Soupirants.

     Le n°73, un ancien salon de coiffure, est du style 1900, avec un décor en brique émaillée et les cintres surbaissés des ouvertures du genre « art nouveau ».

     A l’angle de la rue Aristide Briand, l’immeuble Boulanger-Ruffin (1889) était un café-hôtel construit dans le style de l’architecture lilloise, avec des effets de relief en brique et en pierre, et de grandes lucarnes décoratives.

     Mais c’est surtout face au parc Saint-Pierre, dans ce quartier chic qu’on a appelé « Le Petit Paris » qu’on observe les plus belles demeures : deux maisons symétriques aux n°81 et 83, avec balcon en fer forgé monté sur une console, et au n°99, une maison de style Tudor (1900), avec son bow—window doublé d’un oriel, ses petits carreaux aux baies et sa lucarne à pignon.

    Orléansville (rue d’) Avenue Roger Salengro - rue d’Oran

     Au Fort-Nieulay, elle fait partie du quartier des villes d’Afrique du nord, Orléansville étant située à 300 km à l’ouest d’Alger. Ravagée en septembre 1954, puis en octobre 1980 par un tremblement de terre, la ville reconstruite s’appelle aujourd’hui EchCheliff, du nom du fleuve qu’elle borde.

     La rue d’Orléansville longe le terre-plein Roger Salengro, ancienne carrière de cailloux, où s’est déroulée de 1970 à 1981, la foire commerciale de Calais et où les cirques viennent encore parfois planter leur chapiteau. Entièrement rénovée, elle compte désormais un collège baptisé Vauban et un foyer de personnes âgées.

     Formant une cité flamande d’architecture moderne, avec mélange de briques et de carrelages, des logements neufs ont pris la place des vieux immeubles HLM construits après la guerre et surtout des baraquements de l’ancienne cité Lesieur. Celle-ci doit son nom au fait que devait s’implanter là une usine de traitement des huiles d’une marque célèbre. Sur ces terrains laissés libres, ont été installés, après la Seconde Guerre mondiale, des baraquements américains de type UK 100 afin de reloger les gens du quartier de Calais-Nord, détruit à 80 %. La cité servit peu à peu à donner un toit aux moins fortunés des Calaisiens. Comme toujours, le provisoire s’éternisa jusqu’en 1979, date de la disparition du dernier baraquement. A noter qu’il y a 25 ans existaient 1 257 baraquements à Calais.

    O-P

    Une cité flamande d ’architecture moderne a pris la place des vieux immeubles HLM construits après la guerre dans ce quartier populaire du Fort-Nieulay, tout à côté de l'ancienne cité Lesieur et de ses baraquements provisoires, aujourd’hui disparus.

     

    Passerelle (rue de la) Rue Garibaldi - rue Aristide Briand

     Au siècle dernier, elle s’appelait rue Dolain, du nom du propriétaire du terrain qu’elle traversait. Elle faillit être baptisée rue de Cayenne en 1891, mais l’évocation du bagne souleva des protestations. Alors, comme existait à proximité une passerelle enjambant les voies ferrées et reliant les deux gares de Calais et de Saint-Pierre, le conseil municipal opta pour ce nom en 1902. Construite dans l’esprit de l’ingénieur Eiffel, cette passerelle pour piétons fut accolée au pont de l’Alma durant l’Exposition universelle de Paris en 1889. Rachetée et démontée, elle fut installée à Calais et utilisée pendant près de 80 années. En raison de sa vétusté, la SNCF la démolit en 1968.

     La rue compte de beaux exemples d’architecture de la fin du XIXe siècle. On y trouve un alignement de maisons de rapport bâties à l’identique, mais sur- tout, au n°19, la maison Bartsch, avec sa porte cochère, ses fenêtres géminées et ses décors de céramique. Sans omettre, au n°4, l’incroyable maison Gritti, entrepreneur italien arrivé à Calais en 1885, qui participa à la construction de la jetée Est et se fit une spécialité dans la construction en béton armé et les façades de ciment-pierre. De 1898 à 1925, il réalisa à Calais plus de 200 constructions dont l’église du Beau-Marais. Sa maison de la rue de la Passerelle comporte un bow-window et un toit-terrasse. La façade est une sorte de catalogue de tous les moulages possibles (chapiteaux corinthiens, cuirs découpés, motifs de vannerie).

      

    O-P

    Dans cette petite rue discrète, on trouve quelques beaux exemples d'architecture du XIXe siècle. C 'est le cas avec cette incroyable maison réalisée par Gritti, spécialiste des façades en ciment-pierre. De sa maison, il avait fait un catalogue de tous les moulurages possibles.

     

     Pasteur (boulevard) Quatre-boulevards - place d’Alsace

     Né du fractionnement de la rue des Fontinettes, décidé par les élus municipaux en mars 1896, le boulevard prend sa naissance au Quatre-boulevards et rejoint la place d’Alsace.

     Il tient son appellation du grand savant Louis Pasteur (1822-1895) connu pour ses travaux de chimiste et biologiste, inventeur du système de pasteurisation et de la vaccination contre la rage.

     Jusqu’en 1883, c’était une simple rue longeant le cimetière de la place Brochot, sur lequel le théâtre municipal a été érigé. Le parking de ce théâtre a hérité d’un monument dédié au travail et inauguré le 1er mai 1966 par Jean-Marcel Jeanneney alors ministre des Affaires sociales.

     Taillé par le. sculpteur Yves de Coetlogon dans une pierre de Lorraine, il est de la veine cubiste et représente un travailleur debout.

     Le boulevard est bordé de plusieurs maisons de maître signées d’architectes renommés comme Duvinage ou Decroix, lesquelles datent du tout début du siècle et cherchent à se singulariser. C’est le cas du n°31, avec son décor néo-flamand marqué, son bow-window ouvragé et ses lucarnes décorées.

     Le style néo-classique du n°17 et du Café du Théâtre met en avant tout un travail sur les balcons et balustrades en fer forgé tandis qu’aux n° 10 et 12, les façades des demeures s’organisent autour de l’union brique/ciment-pierre avec un bow—window en bois greffé dessus.

    O-P

    Sur cette artère du centre-ville, ont été construites des maisons de maître dans le style néo-classique mâtiné d’influences flamandes bien à la mode à la fin du siècle dernier. Elles portent la signature d ’architectes renommés comme Duvinage.

     

     Petit-Courgain (grande-rue du) Rue Mollien - rocade Est

     Longue de 3 220 mètres, cette voie sinueuse prolonge la rue Mollien pour se perdre en cul-de-sac au pied de la rocade Est. Elle tient son nom du quartier du Petit-Courgain qu’elle traverse.

     Pour la petite histoire, il faut savoir qu’à la fin du siècle dernier, sur un terrain de la propriété Givry, avait été aménagé un Vélodrome, avec une piste de 333,33 mètres, soit 1 km tous les trois tours. Henri Sainsard, futur aviateur, y fut sacré champion de vitesse en 1895. Ce terrain abrita plus tard une cité comprenant une cinquantaine de baraquements provisoires qui furent démolis progressivement.

     A l’entrée de la rue se dresse un château d’eau construit en 1967, d’une capacité de 1 500 m3 et, à hauteur de la rue du Pont—Trouille, un ensemble immobilier moderne abritant un hôpital psychiatrique de 80 places ouvert en décembre 1990.

     Longue silhouette de briques rouges, trouée de hautes fenêtres, l’école André Parmentier, du nom d’un ancien maire de Calais, a été construite en 1910, en remplacement des vieilles classes du pont Lebeurre.

     La rue compte quelques villas comme au n°294, avec sa belle façade, ses fenêtres géminées, sa frise de céramique, sa lucarne ouvragée et son œil-de-bœuf. Mais on y trouve surtout un habitat rural, petites maisons basses comme au n°672 ou corps de ferme vers le bout de la rue, qui témoigne de l’ancienne activité maraîchère du quartier.

    O-P

    Longue de plus de trois kilomètres, cette rue porte bien son nom. Elle est grande et traverse le Courgain. Souvenir du passé rural et agricole de ce faubourg qui s'étend jusqu ’au Beau-Marais, de petites maisons basses nous rappellent l’activité maraîchère de toute cette zone.

     Poincaré (avenue Raymond) Ponts Henri Hénon - digue Gaston Berthe

     Percée au début du siècle à travers des terrains militaires, elle s’appela d’abord l’avenue de la Plage, mais, en 1934, le conseil municipal décida d’honorer le nom de celui qui venait de mourir et avait été président de la République de 1913 à 1920. Raymond Poincaré (1860—1934) était venu à Calais plusieurs fois : en 1913, pour fleurir le monument du Pluviôse ; en 1915 et en 1918 durant la Grande Guerre.

     Avant la réalisation de cette artère, on se rendait à la plage par un ouvrage dit « Le long pont » implanté à l’extrémité du bassin Ouest et qui franchissait l’ancien fossé des fortifications. Grâce à la construction du nouvel ouvrage, la réalisation de cette voie devenait possible. Elle part des ponts Henri Hénon qui tiennent leur nom d’un ancien président de la Chambre de commerce, grand défenseur de ce projet réalisé en 1909. Le premier de ces ouvrages est un pont tournant avec écluse qui permet l’accès et la mise en eau du bassin Ouest ; fixe, le second comporte des vannes qui régulent l’eau du bassin des chasses et les rejets en mer de tout le réseau drainant des wateringues.

     L’entrée de l’avenue se fait par un rond-point au milieu duquel a été installé le monument du Pluviôse. Sculpté par Emile Guillaume, ce bronze représente un sous-marin pris dans la tourmente, sur lequel une femme-archange déploie ses grandes ailes. Inauguré en 1913, ce monument a été réalisé à la mémoire des marins du Pluviôse.

    O-P

    Niché dans un creux du fort Risban, un petit square abrite un buste de Gilbert Brazy et une plaque à la mémoire du commandant de Lambertye. Ce bastion, à l’entrée du port. remonte à l’occupation anglaise au XV siècle, mais c’est Vauban qui en fit une forteresse.

    O-P

     

    Sculpté par Emile Guillaume, ce beau monument en bronze a été réalisé en hommage aux 27 hommes d’équipage du sous-marin "Le Pluviôse" qui coula en mai 1910, suite à un abordage avec le paquebot "Pas-de-Calais“, en face des jetées de Calais.

     Le 26 mai 1910, ce sous-marin français fut abordé accidentellement par le paquebot Pas-de-Calais. Il coula à 2 km des jetées de la ville, par 20 m de fond, entraînant dans la mort trois officiers et vingt—quatre marins.

     Accolé au fort Risban, un petit square oublié a fait une place à un buste en bronze de Gilbert Brazy, cet Audruicquois, maître-mécanicien de l’aéronavale mort à 26 ans lors d’une mission de sauvetage en 1928 sur la banquise du pôle Nord ; et à une plaque de marbre gravée au nom du commandant de Lambertyn et de ses marins morts en défendant Calais en mai 1940.

     En vis-à-vis de la résidence Rodin, s’étale le camping municipal trois étoiles qui dispose de 250 emplacements.

     Face à la ligne contemporaine du temple de la GRS dessiné par Marc Larivière et posé là comme un objet architectural, le fort Risban dresse les restes de sa silhouette. L’origine de ce fort maritime, gardant l’entrée du port, remonte à l’occupation anglaise. En 1348, le duc de Lancastre fit d’abord construire une tour en bois sur un banc de sable appelé le Risban. Au XVe siècle, une tour en pierre la remplaça, puis deux tours reliées à une courtine vinrent compléter l’ensemble. Au XVIIe, le fort fut encore renforcé par deux bastions à orillons et Vauban en fit une véritable forteresse. En 1799, une explosion détruisit en partie la poudrière.

     Déclassé en 1921 et bombardé en 1940, le fort Risban est à l’abandon. Seules l’occupent deux bases de voile, le CISPA et le YCC, en attendant la restauration que ce bel édifice militaire mérite.

     

    Pomme d’or (rue de la) Boulevard Jacquard - quai du Commerce

     Elle s’appela un moment rue de la Paix, mais elle garda finalement son ancien nom. Celui-ci vient probablement de l’enseigne de l’Auberge de la Pomme d’or qui, au XVIIIe siècle, se trouvait à l’angle du boulevard Jacquard, la Grande-Rue à l’époque.

     Du passé de cette rue ont survécu de belles maisons, comme, au n°4, une façade néo-classique simple, avec sa superbe porte cochère et ses encadrements de fenêtre à agrafe. A disparu l’ancien Théâtre des arts, qui se nommait avant Hippodrome-théâtre. Inauguré le 2 décembre 1883, lors d’une grande soirée lyrique en présence de la cantatrice calaisienne Adèle Isaac, il pouvait accueillir 1 800 spectateurs.

    Très prisé, l Hippodrome donnait des spectacles lyriques, de music-hall et de théâtre. En 1903, la salle ayant perdu sa vogue, son directeur y installa le cinématographe. Devenu salle de cinéma permanent, il fut baptisé Théâtre des arts en 1908. L’établissement continua néanmoins à recevoir des troupes de théâtre, des concerts et des réunions politiques. A Calais, il fut le premier à projeter des films parlants en 1929.

    Endommagé durant la guerre 39-45, il fut restauré et modernisé pour rouvrir en 1949. De grandes vedettes de la chanson y donnèrent des récitals, tels que Edith Piaf, Charles Trenet, Johnny Halliday, Charles Aznavour, Jean Ferrat. Il ferma ses portes en décembre 1978 et resta longtemps à l’abandon avant de tomber sous les pioches des démolisseurs pour faire place à un parking.

    O-P

    Ce café des Arts rappelle l’ancien théâtre du même nom qui se trouvait en face. Ouvert en 1883, celui-ci donnait des spectacles de music-hall avant de devenir une salle de cinéma en 1908. Il a fermé ses portes en 1978 et fin démoli pour laisser la place... à un parking.

     

     Pont-Lottin (rue du) Rue Paul Bert - rue de Vic

     Depuis le XIX“ siècle, elle porte le nom d’un ancien ouvrage d’art en pierre, le pont Lottin qui franchissait l’Abyme, un cours d’eau qui reliait le canal de Saint-Omer à la Rivière-Neuve.

     Derrière l’hôtel de ville, cette voie est bordée de belles maisons bourgeoises, de briques rouges ou vernissées, avec des façades moulurées en ciment- pierre et des bow-windows. Construit en 1965 à l’emplacement de bâtiments administratifs, le collège Jean Jaurès prit le nom d’une rue voisine. Il reste des demeures anciennes : au coin des rues, des maisons à angle coupé et, au n°26, une imposante construction, avec ses petites balustrades en fer forgé : cet élément décoratif, répandu dans les grandes demeures calaisiennes, affirme la relation entre l’art et l’industrie dont témoigne la dentelle.

     A l’angle de la rue des Communes, se trouvait l’usine Duchêne où les cinq fusillés de la citadelle passèrent leurs dernières heures. Détruite en septembre 1944, elle céda la place à la fabrique de tulle Tiburce-Lebas. Ce bâtiment industriel abrite maintenant la médiathèque Louis Aragon inaugurée en mai 1987. La rue du Pont-Lottin débouche sur la place de la République dont il ne reste qu’un trottoir. En 1875, pourtant, existait une vraie place, édifiée après la destruction de l’usine Webster. Une halle couverte fut réalisée, qui s’intégra dans l’école primaire supérieure, ouverte en 1900. L‘établissement est aujourd’hui le collège République.

    O-P

    Dans cette me qui relie Calais-Nord à Saint—Pierre, reste beaucoup de maisons anciennes, de petits commerces et d ’immeubles de rapport qui témoignent de l’essor de cette cité au moment où l’industrie dentellière était à son apogée. La vue est prise de derrière l’hôtel de ville.

     

     Pont-Neuf (rue du) Rue de Vic - rue des Communes

     C’est à un ouvrage en pierre enjambant l’Abyme, un cours d’eau qui reliait le canal de Calais à la Rivière-Neuve, que la rue du Pont-Neuf doit son nom.

    Autrefois, elle s’appelait le cul-de-sac des Babillards. Ce pont, qui existait encore au début du siècle, fut détruit lorsqu’on aménagea l’Abyme en aqueduc. De ce dernier, on peut encore voir la marque de la voûte dans la paroi du quai du Commerce.

     En 1982, dans le cadre de la rénovation du centre-ville, la partie gauche de la rue a été rasée pour faire place à une vaste résidence. Des traces de son passé, il reste, au coin de la rue de Vic, un vieux café d’angle, avec son fronton en bois, et, plus loin, au n°4, une antique et basse maison rurale. Elle croise la rue Sambor qui doit son nom à un jeune Saint-Pierrois, sergent de grenadiers dans l’armée de Masséna, héros de la bataille de Gênes en 1800. Face aux troupes autrichiennes, il résista jusqu’à la mort.

     Au croisement de deux ruelles, on aperçoit, derrière ses hauts murs et ses arbres, une villa dont la façade de briques vernissées et polychromes étonne.

    C’est là que se trouve l’usine à tulle Boulart (1876). Sa façade ornementée, sa brique enduite, ses linteaux de pierre et ses tours intérieures lui confèrent une allure de château fort industriel. Les nombreuses portes d’entrée de cette usine témoignent qu’elle était destinée à être louée à plusieurs fabricants. Préservée par la municipalité, elle va devenir un musée de la dentelle et de la mode.

    O-P

    Tout à fait caractéristique de l’architecture urbaine du temps de l’industrialisation dentellière, cette voie cumule de petites maisons ouvrières à lucarne et une grande usine de dentelle. Construite en 1876, cette fabrique est le futur musée de la dentelle et de la mode.

      Pont-Trouille (rue du) Grande-Rue du Petit-C0urgain - route de Gravelines

     Comme c’était souvent en usage dans le temps, ce pont, au-dessus du canal de Marck, porte le nom d’un cultivateur qui avait ce petit ouvrage d’art sur ses terres.

     Situé au coin du chemin André Parmentier et de l’avenue Toumaniantz, c’est aujourd’hui le pont Lebeurre.

     La ruelle s’ouvre par un petit commerce typiquement calaisien, avec son angle coupé. Subsistent aussi quelques exemples de l’habitat ouvrier ancien, aux abords d’un lotissement récent.

     On y trouve également quelques belles villas, bien à l’abri dans leur jardin et derrière de hauts murs. C’est dans une grande propriété qu’a été construite une annexe de la maison de retraite du centre hospitalier de Calais.

     Baptisé Le Château dans les dunes, cet établissement moderne a été inauguré en mars 1997. Il abrite 90 pensionnaires qui bénéficient d’un parc boisé de près de deux hectares.

     Mais le plus remarquable est sans conteste l’église Sainte-Marie-Madeleine, l’une des onze églises paroissiales de Calais. Elle a été bâtie à l’intention des maraîchers qui étaient très nombreux dans ce quartier rural.

     Avec ses murs de briques jaunes et son portail usé par le temps, elle se niche, en retrait de la route, dans un écrin de verdure, allée d’arbres ombrageux et petit presbytère sur l’arrière.

     O-P

     

    Perdue aux limites du Petit—Courgain et du Beau-Marais, cette ruelle tranquille a conservé, pour partie, un habitat de caractère à la fois ouvrier et agricole, avec de petites maisons basses à lucarnes dans le toit et des jardins d’agrément ou potagers.

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  • Q-R

    Quatre-Coins (rue des) Boulevard Jacquard - rue des Salines

     Certains affirment que son nom vient de quatre maisons identiques, construites à l’angle de la rue Alfred Delcluze. Ce qui est sûr, c’est qu’elle avait cette appellation en 1829. Avant, c’était la rue de Rivoli. Cette artère a été rudement éprouvée par les deux guerres. La première bombe lâchée, le 25 septembre 1914, d’un avion fut pour elle. Elle transperça la véranda du n°6, mais sans exploser. En revanche, le 13 novembre 1917, une autre bombe aérienne tomba sur un café, au n° 157, et fit douze morts. En septembre 1940, des torpilles anglaises détruisirent l’usine de tulle Vampouille et Duquenoy, à l’emplacement du centre de biologie du Calaisis. Et, en avril 1942, les débris d’un avion anglais traversèrent le toit de la fabrique de dentelle Henri Hénon. Située à l’angle de la rue du Onze Novembre, cette usine a été rasée pour l’édification d’un ensemble résidentiel.

     En dépit de ces destructions, la rue a gardé son cachet. On y trouve de nombreuses maisons doubles et symétriques, et des ateliers de dentelle comme, au n° 168, cette ancienne fabrique Vieillard Frères, avec son incroyable façade de briques vernissées et son long fronton sculpté. Les petites maisons ouvrières et rurales, tel que le café du n°5, se mêlent aux grandes maisons bourgeoises, avec leur bow-window et leur belle porte cochère. A noter un groupe de constructions répétitives du n°32 au 36, avec leur façade opposant la brique et la pierre calcaire, et leur fronton cintré du XVII° siècle.

    Q-R

    Au long de cette artère, habitations et ateliers alternent. Ainsi, à l‘angle de la rue Monseigneur Piedfort, se dresse l’usine de dentelle Darquer. Certaines fenêtres ont été rendues opaques pour protéger les textiles des rayons ultra-violets.

    Raphaël (rue) Boulevard de l’Egalité - rue Mignard

     Pendant de la rue Le Titien qui lui est parallèle, cette ruelle se trouve dans le quartier où se côtoient aussi Picasso, Brancusi, Zadkine, Zwobada...

     Elle rejoint la rue Mignard, nom d’un peintre du XVIIe siècle, qui constituait autrefois la rue des Hautes-Communes.

     C’est le bon docteur Cuisinier qui, à la fin du siècle dernier, fit le choix du nom de Raphaël (1483-1520) pour baptiser cette rue du quartier de l’Egalité.

     Architecte du palais Pandolfini à Florence et peintre de la Grâce des madones, Raphaël aurait-il trouvé dans la configuration de cette rue matière à peindre ?

     Peut-être, en voyant ces quelques façades de briques peintes et la symétrie de deux petites maisons rurales basses.

     Sûrement plus, en découvrant le charme verdoyant et paisible d’une placette plantée de vieux arbres au milieu d’une verte pelouse, sur laquelle débouche cette rue, anonymement perdue à l’autre bout de la Nouvelle-France.

    Q-R

    Tout au bout de la Nouvelle-France, cette ruelle, bordée de petites maisons rurales, débouche sur une placette plantée de vieux arbres.

    Ravisse (rue Charles) Place d’Armes - boulevard des Alliés

     Coincée entre deux immeubles sous lesquels il faut passer, cette venelle n’offre au regard qu’un marché couvert transformé en temple du basket et des façades néo-flamandes agrémentées de végétation.

     Sous l’occupation anglaise, c’était la Pickering Street. En 1700, elle devint la rue de Maistre-Renard avant de prendre le nom de l’enseigne d’un ancien mayeur « Tête d’or ».

     En 1919, le conseil municipal la baptisa du nom d’une famille connue pour ses actions en faveur de la ville et de son port. Adjoint au maire lors de la fusion avec Saint-Pierre, Charles Ravisse (1819-1905) fut président de la commission des affaires communales. Son fils Henri devint, à son tour, adjoint et président de la Chambre syndicale des fabricants de dentelle. Son petit-fils Charles, courtier maritime, fut élu président de la Chambre de commerce et d’industrie en 1962. Et son arrière-petit-fils, Henri, lui aussi courtier maritime, fut le combatif président de cette assemblée consulaire de 1980 à avril 1997, date de son décès.

    Q-R

    Cette ruelle vaut surtout par le nom qu’elle porte et qui honore la famille Ravisse, si dévouée à la cause de la ville de Calais et de son port.

    Régniers (chemin des) Rue du Texas - Coulagne

     Au temps jadis, la rampe des Fontinettes n’existait pas et, pour passer de Calais à Coulogne, il fallait franchir une ligne ferroviaire, avec deux passages à niveau.

     On l’a appelé le chemin du Pont—du-Leu, jusqu’au jour où le conseil municipal décida, en 1891, de lui donner ce nom de Régniers, sans doute le propriétaire d’un terrain. Le pont du Leu était un ouvrage d’art du XVII" siècle édifié sur le watergang de Laubanie. Il y a deux versions sur l’origine de ce nom : certains y voient une référence au mot loup qui, en ancien français, s’écrivait leu ; d’autres parlent de la déformation de Leleu, nom d’un fermier voisin du pont.

     A l’angle de la rue du Pérou, au n°36, le Café de la Cité est un des plus anciens estaminets de Calais puisqu’il date de 1884. Le chemin des Régniers compte également une école baptisée Pauline Kergomard (1838—1925), à la mémoire de la pédagogue bordelaise qui fut l’une des fondatrices de l’école maternelle de France. Les commerces alternent avec des habitations comme le n°62, avec sa façade mêlant les briques jaunes et rouges et sa lucarne en bois, ou le n°66, cette belle maison de 1911, avec son balcon en ciment-pierre et les motifs floraux de sa frise en céramique. A noter deux belles propriétés dans leur parc vers le bout de cette rue, ainsi qu’on en trouve, abritées derrière leurs arbres, un peu partout dans le Pont-du-Leu.

    Q-R

    L ’origine du nom de ce chemin du Pont-du-Leu reste un mystère. Certains pensent que Régniers était le nom d ’un propriétaire de terrain ; d’autres que cela fait référence aux relais de chevaux qui s ’y trouvaient, avec une allusion aux rênes.

     

    Reine (rue) Boulevard des Alliés - rue Pierre Mulard

     Enfant du Courgain-maritime, Dominique Edouard Reine (1809-1847) est issu d’une famille de constructeurs de bateaux. Entré dans la Marine royale, il devint lieutenant de frégate à 24 ans, et s’il- lustra dans les mers du Sud, ce qui lui valut de recevoir la Légion d’honneur. L’amiral Dupetit-Thouars en fit son aide de camp avant qu’il ne fût nommé gouverneur de Tahiti à l’époque où l’île était sous protectorat français. Nommé commandant du navire à vapeur, Le Phare, il mourut à Alger à 37 ans.

     En 1885, le conseil municipal lui rendit hommage en donnant son nom à une petite rue du Courgain-maritime. Ce quartier ayant été entièrement rasé durant la dernière guerre, les élus ont rebaptisé une venelle du nouveau-Courgain. Elle comporte juste un immeuble collectif et vaut surtout par son passé. Celui qui demeure dans le souvenir des anciens Courguinois, dans les vieilles cartes postales et les photos jaunies. Dans ce quartier unique à l’habitat entre-mêlé et dense, où parfois il fallait passer par la porte du voisin pour entrer chez soi, elle était la rue la plus étroite. On dit même qu’en tendant les bras, on pouvait toucher les deux murs. Certains affirment que c’était pour se protéger du vent, mais la raison en était surtout l‘exiguïté de ce faubourg de pêcheurs et d’ouvriers portuaires, enserré dans les murailles d’un bastion militaire. Certains habitants occupaient même le sous-sol et s’accoudaient aux marches de la cave pour parler avec leurs voisins... 

    Q-R

    Ce banal immeuble collectif né de la reconstruction ne dit rien du passé de cette rue pittoresque. Une venelle si étroite qu ’on raconte qu ’en tendant les bras, on pouvait toucher les deux murs. Mais la Seconde Guerre mondiale est passée par là, sans rien laisser.

    Richelieu (rue de) Place du Maréchal Foch - rue du Seigneur de Gourdan

     C’est en 1885 que la rue du Cours Sud prend le nom de Richelieu (1585-1642) et qu’elle le redevint en 1951, lors de la reconstruction de Calais-Nord. Le cardinal et ministre de Louis XIII avait fait restaurer la citadelle de Calais tout en cherchant à développer Saint-Pierre-les—Calais. C’est à lui qu’on doit le tracé de ses principaux axes. Il avait même en projet un grand port de guerre à l’ouest de la citadelle, mais la mort l’emporta avant d’avoir pu le réaliser.

     En hommage à cet homme d’Etat qui fonda l’Académie française, un buste en bronze avait été installé en 1632 dans la citadelle. Il fut caché sous la Révolution et replacé sur le place d’Armes. Il est maintenant dans le hall de l’hôtel de ville.

     Aujourd’hui, la rue est un long alignement d’immeubles construits à l’identique face à un joli parc qui, lui aussi, porte le nom de Richelieu. Ce jardin a  été réalisé sur les terrains d’un ancien glacis du front sud, après la disparition des fortifications de Calais. Il a été créé en 1862 par Charles Isaac,à qui l’on doit aussi le parc Saint-Pierre. Pendant la guerre 1914-1918, une galerie antiaérienne de 270 m de long pouvant abriter 2 000 personnes avait été aménagée dans les vestiges des remparts. Détruit durant la grande guerre, le jardin fut transformé par l’armée anglaise en aire de cuves à essence, à la Libération. Il fut restauré en jardin public en 1956, avec le grand bassin d’eau à cascade qui le caractérise encore aujourd’hui.

    Q-R

    Reconstruit en 1965, le musée abrite une collection de sculptures des XIXe et XXe siècles organisées autour des œuvres de Rodin, des peintures des écoles flamande et hollandaise, des dessins et aquarelles ainsi que des vêtements et des outils de la dentelle.

    Q-R

    Réalisé à l’emplacement des anciens glacis des remparts sud de Calais, ce joli jardin a été créé en 1862 par Charles Isaac qui ouvrit également le parc Saint-Pierre. Restauré après la guerre, en 1956, il offre aujourd’hui aux visiteurs un cadre aussi vert qu ’apaisant.

     En plus de la rue et du parc, la ville avait également donné le nom de Richelieu, décidément très en cours à l’époque, au bassin de la Batellerie, au pont George V et à une porte démolie en 1880, à l’actuel boulevard Clemenceau et à la place Foch.

     A l’angle de celle-ci et de la rue Richelieu se trouvait le monument aux morts de la Grande Guerre, sculpté par Moreau-Vouthier qui fut érigé à l’emplacement du monument des Six Bourgeois de Rodin en 1926. Détruit lors du conflit de 1939-1945, celui-ci a fait place en 1962 à un nouveau mémorial consacré aux morts des deux guerres et dû au sculpteur Yves de Coëtlogon.

     La rue Richelieu compte un musée des Beaux-Arts et de la Dentelle qui remplace l’ancien, détruit avec ses collections lors de l’incendie de l’ancien beffroi de la place d’Armes en mai 1940. Le musée avait été créé en 1836, et comptait le peintre et aquarelliste Louis Francia (1772-1839) parmi ses fondateurs. Le nouveau bâtiment a été construit en 1963 et inauguré en 1965. Il abrite ce qui reste des collections de l’ancien musée et de celles du musée de la dentelle ouvert en 1926. On y trouve notamment des sculptures des XIXe et XXe siècles autour des œuvres d’Auguste Rodin, et des peintures des écoles flamande et hollandaise des XV“, XVIe et XVIIe siècles. Le musée possède également un fonds important de dessins, aquarelles et estampes ainsi qu’une collection considérable d’échantillons et de vêtements de dentelle, d’outils et de plans évoquant l’histoire de la dentelle mécanique à Calais aux XIXe et XXe siècles.

    Royale (rue) Place Foch - place d ’Armes

     Ce nom de rue est parmi les plus anciens de Calais. Avant de prendre celui de rue Royale en 1700, elle s’est appelée Great Friars Street (rue des Grands- Frères) sous l’occupation anglaise jusqu’au XVIe siècle, puis rue des Carmes en raison de la présence d’un couvent anglais. Devenue rue de Diane en 1680 en l’honneur de Diane de Poitiers, elle fut rebaptisée rue Nationale en 1790 pour cause de révolution, puis rue de l’Egalité, rue Bonaparte en 1800. D’impériale en 1815, elle devint Nationale en 1830 avant qu’un conseil municipal de 1852 ne décide de l’appeler, une fois pour toutes, Royale. Totalement rasée en 1940, elle a été reconstruite avec l’incontournable brique rouge du style néo-flamand et un conseil municipal de 1957 lui a redonné le nom de rue Royale. Elle est aujourd’hui un des principaux axes commerçants de la ville.

     Avant la destruction de cette rue, s’y trouvait l’Hôtel Dessin, célèbre établissement où descendaient nombre de rois et de personnalités d’alors. C’est ainsi qu’en 1831, il reçut Léopold Ier de Belgique : de retour d’Angleterre, celui-ci rentrait dans son pays pour y retrouver son trône. Apposée à l’angle de la rue Félix Cadras, une plaque rappelle cet événement. Autre lieu historique, l’Hôtel du Sauvage avait été ouvert en 1820. Il accueillit des gens célèbres comme Jean Jaurès, le maréchal Foch, le compositeur Camille Saint-Saëns, l’aviateur Louis Blériot, le duc de Windsor.

     

     

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    Au bout de cette rue très commerçante, se profile la silhouette de la tour du guet, monument classé depuis 1931 qui a miraculeusement traversé les guerres. On dit que la première datait des années 800. Celle qu ’on voit ici fut reconstruite au début du XVIIe siècle.

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    C ’est à l’architecte Georges Labro qu ’on doit la reconstruction de cette artère après la guerre. Il y reprend le style néo-flamand en vogue à l’époque, avec tout un travail sur les balcons en nid d’abeille et les commerces intégrés en rez- de-chaussée.

     

     On sait aussi que le beau Brummell, de son vrai nom George Bryan (1778-1840), habita la rue Royale. Ce dandy londonien, ami du prince de Galles, s’était exilé en France en 1816 pour échapper à ses créanciers.

     Rue Royale, existait un cinéma, Le Crystal Palace, ouvert au début du siècle et reconstruit après la Seconde Guerre mondiale. Il a laissé la place à un casino dont l’entrée se situe dans le passage Jules Peumery, relié à la rue Leveux. Propriétaire de l’immeuble, Jules Peumery était le fondateur du journal local "Le Phare de Calais".

     La rue Royale débouche sur la place d’Armes, là où avaient lieu les cérémonies militaires au temps où Calais avait une garnison. Rebâtie après la guerre - certains disent détruite une seconde fois par la reconstruction -, elle accueille aujourd’hui les foires et les fêtes au milieu d’immeubles en barre. De son histoire ne subsiste que la tour du guet, monument classé depuis 1931, qui a traversé miraculeusement les guerres. Elle daterait de Charlemagne autour des années 800. A la fin du XII“, sous Philippe le Bel, elle faisait partie des fortifications. Lors d’un tremblement de terre, elle s’effondre partiellement en 1580. Relevée de ses ruines en 1606, elle menaça de finir dans un incendie en 1658. En 1804, Napoléon y établit un télégraphe permanent entre la Grande Armée et Paris au cours de sa préparation de l’invasion de l’Angleterre. C’est par ce poste qu’aurait été connue la mort de l’empereur en 1821. En 1818, la tour a été aménagée en phare, avec des lampes à huile.

    Le service de guet a fonctionné jusqu’en 1905 et le dernier gardien quitta la tour en 1926.

     

     

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    Saint-Exupéry (avenue de) Rue de Colmar - Marck

     Avant qu’elle ne prenne le nom de route de Dunkerque en 1891, cette avenue faisait partie du boulevard de Lesseps (boulevard de l’Egalité). C’est en 1968 qu’elle a été baptisée du nom de Saint-Exupéry (1900-1944), aviateur de l’aéropostale et pilote de guerre qui disparut au large de la Corse en juillet 1944. C’était aussi un écrivain à qui l’on doit, entre autres, Vol de nuit et le fameux Petit Prince.

    Vers l’ouest, cette artère s’ouvre par une série d’équipements sportifs dont le bowling, le dojo et deux terrains de football : le stade Robert Deschamps, créé après la Seconde Guerre mondiale, et le stade Julien Denis, donné au Racing-club avant de revenir à l’actuel CRUFC. Le cimetière Sud a été aménagé en 1849, en remplacement de celui de la Petresse (emplacement du centre hospitalier). En avançant, on trouve le groupe scolaire Eve Curie (1929), et l’école privée Saint-Charles (1912). Elle jouxte l’église Notre-Dame de la Consolation, construite en 1910. Son fondateur, le chanoine Louis Flodrops, avait milité contre le départ des religieuses des écoles, ce qui lui avait valu d’être arrêté. Ce curé fut in- humé en 1965 dans cette église.

    Un hippodrome qui exista jusqu’en 1969 a été remplacé par des terrains de football derrière l’école Georges Andrique. L’avenue, qui s’étend jusqu’à Marck, compte de nombreuses usines et toute une zone commerciale caractéristique des sorties de ville d’aujourd’hui.

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    Longue avenue vers Dunkerque, cette artère regroupe des équipements sportifs et des centres commerciaux typiques de la périphérie des villes actuelles. Reste quelques traces de l’ancien Beau-Marais, à l’image du groupe scolaire Eve Curie ouvert en 1929.

    Saint-Pierre (rue Eustache de) Rue de Gray - rue de Thermes

     Elle a été la rue Pedrowe, du nom d’un corsaire calaisien du XIVe et, sous l’occupation anglaise, la Duke Street, avant de devenir la rue d’Orléans, en hommage à la famille royale. C’est en 1792, sous la Terreur, que le conseil municipal lui donna le nom d’Eustache de Saint-Pierre. Avant les destructions de la dernière guerre s’y trouvaient la caserne des douanes, un monastère de franciscaines datant de 1856 et le domicile de Monseigneur Piedfort, le chanoine qui fonda l’institut Jacquard. Demeure l’école privée Notre-Dame rebâtie en face de grands immeubles banals.

     La rue vaut surtout par le nom de celui qui, dit-on, y aurait habité au XIV° siècle, Eustache de Saint-Pierre (1287-1351). Né au bourg de Saint-Pierre, c’était un des six bourgeois de Calais, célèbres pour s’être dévoués lors de la reddition de la ville au roi d’Angleterre en août 1347. Lors de ce siège qui dura onze mois, les troupes anglaises utilisèrent, pour la première fois, des canons.

     Tête et pieds nus, en chemise et la corde au cou, ces six notables se rendirent à Edouard III en lui portant les clefs de la ville. Ils avaient pour nom Eustache de Saint-Pierre, Jean d’Aire, Jacques et Pierre de Wissant, Jean de Fiennes et An ré d’Andres.

    C’est la reine Philippine de Hainaut qui obtint leur grâce. Le sculpteur Auguste Rodin a immortalisé cet acte de dévouement dans le bronze d’un monument connu du monde entier.

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    Choc entre deux époques qui illustrent le Calais d’avant et celui d’aujourd’hui : un immeuble moderne né de la reconstruction et l’église Notre-Dame venue de l’histoire médiévale de cette ville. Eustache de Saint-Pierre aurait habité dans cette rue.

    Salengro (avenue Roger) Rue de Verdun - Coquelles

     Autrefois, elle s’appelait la rue Gambetta, puis en 1891, la route de Boulogne avant de prendre le nom de Roger Salengro (1890-1936), en décembre 1936.

    C’était un mois après le suicide de ce maire de Lille, député socialiste et ministre de l’Intérieur sous le Front populaire, qui se donna la mort après une campagne calomnieuse de l’extrême droite, l’accusant d’avoir déserté lors de la guerre 14-18.

    A l’angle de cet axe du Fort-Nieulay et de la rue de Tunis se dresse un buste de l’abbé Lemire (1853-1928), démocrate-chrétien, député-maire d’Hazebrouck et fondateur des Jardins ouvriers. Il avait été inauguré en septembre 1929, la où le prêtre avait pris la parole quelques mois avant sa mort. Dérobé sous l’Occupation, le bronze a été refait à la demande des Jardins ouvriers de Calais.

    Mêlant habitat ancien et construction neuve, l’avenue se prolonge par une zone commerciale illustrant le développement de Calais vers l’ouest. A l’extrémité se profile le fort Nieulay, au milieu d’un parc urbain inspiré des anciens glacis de cet ouvrage militaire. Exemple rare de fort-écluse, celui—ci a vu le jour au XIIIe siècle. Entouré de marécages, Calais n’était alors accessible que par une chaussée établie sur le banc des Pierrettes à l’ouest. Les rivières du Houlet et de Marck se déversaient dans la mer par la Rivière—Neuve et l’anse de Neuma (site actuel du fort Nieulay). Un pont permettait de la franchir, lequel devint stratégique.

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    Revisitée par les jardiniers municipaux qui lui ont donné son décor végétal, cette langue avenue est l’ancienne route de Boulogne. Elle mène à une importante zone commerciale qui témoigne de l’extension de Calais vers l’ouest, fruit de l’essor du secteur tertiaire.

     

     

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    Bel exemple d ’une restauration réussie que a rénovation du fort Nieulay par la ville. Il s'agit d ’un superbe fort—écluse du XIIIe siècle, repris par Vauban au XVIIe. Autour, ont été reconstitués les anciens glacis qui servent aujourd’hui de parc urbain.

    Ce sont les Anglais qui, lors du siège de Calais, ont les premiers fortifié ce pont. On trouve les traces d’un certain sir Robert Jerningham, capitaine du fort en 1525, et un plan d’un ouvrage carré à quatre tours qui tenait, sous le feu de ses 55 canons, les écluses régulant les eaux de la région, pouvant ainsi provoquer l’inondation du pays en cas d’invasion.

     Repris aux Anglais en 1558, le fort fut enlevé en 1596 par la cavalerie espagnole. En visite à Calais en 1677, Louis XIV décida, sur les conseils de Vauban, de le reconstruire plus à l’ouest, à cheval sur la rivière de manière à placer les écluses à l’intérieur.

    Vauban considérait cette citadelle comme essentielle à la défense de Calais. Construit sur pilotis, le nouveau fort comporte un bastion dominant le pont et deux demi-lunes protégeant la porte Royale à l’est et la porte Dauphine à l’ouest. Il renfermait trois écluses dont l’une sur un canal de 10 m de large traversant le fort du nord au sud. Il avait également des logements pour la garnison ainsi qu’un arsenal, une citerne et une chapelle.

     A la fin du XVIIIe, le fort perdit de son importance stratégique. Peu à peu, il se délabra et, en 1801, le mauvais état des écluses provoqua des inondations dans le bas pays. Abandonné en 1870, il fut déclassé en 1903 et loué à des agriculteurs qui y aménagèrent des étables. En mai 1940, cinquante hommes y résistèrent à l’avancée allemande et, en septembre 1944, l’occupant tenta en vain de s’y défendre face aux troupes canadiennes. Après la guerre, l’exploitation des gravières entraîna l’effondrement du bastion sud-est. Racheté par l’actuelle municipalité, il fait l’objet d’une restauration exemplaire.

     

     Salines (rue des) Boulevard Gambetta - rue des Quatre-Coins

     Cet ancien chemin vicinal tient son nom des fabriques de sel qui existaient jusqu’au XVIIe siècle. Il se trouvait dans une zone régulièrement inondée par la mer qu’on assécha à cette époque grâce à une digue (voir rue du Bout-des-Digues) afin de relier Calais au fort Nieulay. Du coup, les salines disparurent et les propriétaires envoyèrent une protestation au roi Louis XIV en 1662 pour demander la suppression de cette digue. Cette démarche fut faite en vain, mais le nom est néanmoins resté.

     Avant la construction du pont Gambetta sur la voie ferrée, la rue des Salines partait du pont Jourdan et coupait la ligne ferroviaire par un passage à niveau. Elle fut ensuite déviée, ce qui explique la placette et ses deux voies derrière le lycée Sophie Berthelot.

     En 1887, une brasserie s’y était installée qui n’existe plus. La rue comporte deux impasses : la première, des Salines et ses ateliers de confection ou de mécanique ; la seconde, Noyon qui jouxte l’usine à dentelle du même nom, l’une des plus importantes de Calais.

     A sa création, la « cité » Noyon abritait quelque 150 fabricants. Son fondateur Pierre Noyon (1845-1924) fut élu maire en 1900, mais abandonna ses fonctions un an plus tard pour des raisons de santé.

      On lui doit les ponts de la plage, le théâtre, l’école d’art et l’ancien conservatoire de musique.

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    Dans cette rue qui tient son nom des fabriques qui exploitaient le sel marin au XVIIe siècle, se prélassent de tranquilles maisons. Elles ne se souviennent sûrement plus que, dans les temps anciens, la mer envahissait le quartier les jours de grande marée.

     

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    A cause de la proximité des entrepôts ferroviaires et de la gare, ce quartier a été la cible des bombardements durant les deux guerres. A la reconstruction, il a fallu faire vite, simple et bon marché pour reloger tous les Calaisiens sinistrés.

    Ce quartier a payé un lourd tribut aux deux guerres. Ainsi, le 12 août 1918, des bombes incendiaires tombent-elles sur les hangars de bois Pagniez, provoquant un gigantesque feu visible à soixante kilomètres à la ronde. L’histoire dit qu’on le voyait même de Douvres au point que les Anglais crurent que toute la ville était en flammes.

     On évacua les trains de ravitaillement et de munitions de la gare toute proche, et les habitants durent quitter leur maison. L’incendie dura deux jours. Reconstruits, ces entrepôts Pagniez s’y trouvent toujours.

     En avril 1917, l’usine Noyon fut également endommagée : elle reçut un obus de marine tiré depuis un destroyer allemand.

     Un autre sinistre, beaucoup plus destructeur, ravagea les bâtiments de la fabrique de dentelle le 2 juin 1944, lors d’un bombardement de diversion des avions alliés pour faire croire à l’imminence d’un débarquement sur les côtes du Pas-de-Calais.

     Des immeubles HLM ont été construits à l’emplacement d’une ancienne cité provisoire installée par l’armée anglaise et dont les demi-lunes étaient occupées par des sinistrés après la guerre.

     Auparavant, s’y trouvaient les pavillons Pasteur, des baraquements où l’on soignait les tuberculeux trop pauvres pour aller à l’hôpital.

     De tout ce passé agité, il reste quelques maisons basses à lucarnes en bois dans les combles et une grande usine de briques sombres, avec un immense portail qui abrite la société Jardine, un atelier de mécanique de l’industrie de la dentelle.

    Seigneur de Gourdan (rue du) Place de Rheims - rue Richelieu

     Située à Calais-Nord, elle fut la Larden Street sous l’occupation anglaise et devint rue de la Rivière, à cause de la rivière de Guines qu’elle longeait, au temps où ce cours d’eau se jetait dans le port en passant devant l’église Notre-Dame. Baptisée rue de Louvain en 1919, en souvenir de la ville belge, elle prit le nom du Seigneur de Gourdan en 1951.

    Girault de Mauléon (1509-1593), seigneur de Gourdan, servait comme officier dans l’armée du duc de Guise qui libéra Calais du joug anglais en 1558. Au cours de cette bataille, il eut la jambe gauche arrachée par un boulet. Succédant au maréchal de Thermes et à François de Vandôme, il fut nommé gouverneur de Calais, fonction qu’il occupa durant 35 années.

     Le Calaisis lui doit le retour à la prospérité après les privations de l’invasion anglaise, et l’édification de la citadelle à la place du vieux château. Il fut celui qui réprima un complot visant à redonner Calais aux Anglais et fit pendre aux fenêtres de l’hôtel de ville, alors place d’Armes, trente huguenots.

     A sa mort, le Seigneur de Gourdan fut inhumé en l’église Notre-Dame, sous les marches de l’autel de la chapelle du Saint-Sacrement situé contre le transept est où il est toujours.

     C’est dans cette rue, banalement reconstruite, que se trouvent l’entrée de la nef de l’église Notre—Dame et la citerne qu’on lui a adjointe au XVIIe siècle.

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    Face à cet immeuble typique de l’architecture moderne de la reconstruction, on distingue le porche de l'église Notre-Dame et la citerne bâtie au XVII' siècle. Elle recueillait l’eau de pluie s ’écoulant du toit de l ’édifice religieux afin d’alimenter la population en cas de siège.

    Sémard (rue Pierre) Chemin des Régniers - rue Jean Catelas

     C’est l’une des rues de la discrète cité des cheminots au Pont-du-Leu.

    Son nom, elle le doit à la SNCF qui, en 1948, a décidé de rendre hommage à ses résistants.

     Voilà pourquoi on y trouve notamment la plaque de Jean Catelas (1894-1941), député d’Amiens et secrétaire du syndicat des cheminots du Nord, qui fut arrêté en mai 1941 et guillotiné le 24 septembre, à l’âge de 47 ans.

     Elle côtoie celle de Pierre Sémard, secrétaire général de la Fédération des cheminots CGT et résistant, fusillé par les Allemands le 7 mars 1942 à Evreux. Sa dépouille repose aujourd’hui au cimetière du Père Lachaise à Paris.

     Inaugurée le 16 janvier 1949, la tranquille cité des cheminots comprend des immeubles collectifs et un centre social ainsi que des logements individuels.

      Dans la rue Pierre Sémard, ces maisons de la reconstruction ont été bâties dans un style néo-flamand, avec leur fenêtre en chien assis, leur jardinet devant et leur façade de briques d’argile sombres.

     Coupée par la rampe du Pont-du-Leu, les deux parties de cette ancienne cité ouvrière, où demeurent bon nombre de retraités, sont reliées par des escaliers et des rampes d’accès.

     Certes, on n’y entend plus le sifflet des vieilles locomotives à vapeur, mais on peut y voir encore passer des trains sur la ligne ferroviaire qui ceinture tout ce quartier.

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    Les maisons de cette discrète cité des cheminots ont été reconstruites en 1949. Située près de la voie ferrée et au pied de la rampe du Pont-du-Leu, cette rue sans histoire est bordée d’habitations de style flamand, avec des jardinets devant et derrière.

     

     Soupirants (rue des) Rue Edgar Quinet - boulevard Jacquard

     Au début du XIXe siècle, l’existence de plusieurs guinguettes et de haies accueillantes dans cette zone champêtre ont fait de ce quartier le coin de prédilection des couples d’amoureux. Ainsi la rue Edgar Quinet s’est-elle appelée un temps rue des Amants et l’on trouvait également le chemin des Langoureux et celui des Boudeurs. La dénomination de rue des Soupirants est du même ordre.

     Dans sa partie ouest, l’habitat y est fait de petites maisons ouvrières typiquement calaisiennes, à l’image de celle du n°97 là où est mort, dans la misère, l’ancien maire Alfred Delcluze : une porte, une fenêtre et une lucarne. Mais, plus on s’approche du centre—ville, plus l’habitat s’embourgeoise. Aux n°57 et 55, ont été construites des demeures dans l’esprit du XVIII: siècle. Le n°24, avec son jardin devant, a été conçu à la manière d’un hôtel particulier et, au n°23, s’étire une grande bâtisse, avec sa porte cochère centrale et son balcon de fer forgé. Au n° 19, on aperçoit une belle façade, avec des dessus de fenêtres ornementés et un bow-window en bois, et surtout, au n°17, un ancien immeuble (1895) propose, en façade, un beau travail de style baroque anglais, mêlant la brique et la pierre calcaire, avec de hautes fenêtres aux sculptures faunesques.

     Le grand bâtiment de l’« école d’art décoratif et industriel », comme il est gravé au fronton de cet établissement d’enseignement artistique, est installé au n°6 depuis 1923.

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    Mélange de commerces à devanture en bois et de grandes demeures, cette voie relie le centre-ville au quartier des Pierrettes. Ici, l'Ecole d ’art installée depuis 1923 et qui porte encore, au fronton, son ancien nom d ’école d ’un décoratif et industriel.

    Souville (rue Tom) Rue de la Paix - rue du Duc de Guise

     Pur produit de la reconstruction, cette rue a surtout un intérêt en raison de l’histoire à laquelle elle renvoie.

     Ainsi existait-il une voie qui portait ce nom en 1898 au Courgain-maritime, et qu’on retrouve après la guerre à Calais-Nord, à la place d’une ancienne rue de l’Amiral Courbet. Celle-ci avait été rebaptisée Brampton Street sous l’occupation anglaise, puis rue Sainte-Catherine et rue Neuve.

     Tom Souville était un intrépide corsaire calaisien qui pratiquait la « course » au début du XIX° siècle, attaquant, avec l’autorisation du gouvernement, les navires de commerce des Anglais et de leurs alliés, lors du blocus continental décrété par Napoléon.

    Fait prisonnier à plusieurs reprises, il réussit toujours à s’évader.

     A partir de 1815, il poursuivit sa carrière de marin en qualité de commandant d’une des malles assurant le service de la poste et des voyageurs entre Calais et Douvres.

     Tom Souville (1777—1839) eut une vie si aventureuse qu’elle inspira de nombreux écrivains dont Eugène Sue, qui avait longuement discuté avec celui qu’on appelait le Jean Bart calaisien, et que les Anglais avaient surnommé « Capt’ain Tom >>.

     Fils d’un chirurgien-major de l’hôpital militaire de la rue Leveux, le corsaire, qui avait bravé la mort si souvent, mourut tranquillement dans son lit, un soir de Saint-Sylvestre...

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    Cette rue de la reconstruction qui mêle immeubles collectifs et habitations individuelles a été baptisée du nom d ’une ancienne voie du Courgain-maritime. Elle rend hommage à un aventureux corsaire calaisien, mais n ’aspire plus qu’à la tranquillité.

    Stephenson (rue) Rue Frédéric Sauvage - rue des Fontinettes

     Parce qu’elle longeait les voies ferrées, on lui a donné, en 1883, le nom de l’inventeur de la locomotive à vapeur sur rail Georges Stephenson (1781-1848).

     A partir de 1814, cet ingénieur des mines anglais a installé de nombreuses lignes ferroviaires dans son pays, avec leurs ouvrages d’art et leur signalisation, y compris le système de ravitaillement des machines en eau et en charbon

     Le pont Gambetta ayant été détruit lors de la Seconde Guerre, un « passage à niveau » fut installé rue Stephenson pour permettre la liaison avec la route de Boulogne via les Cailloux. Comme il n’y avait plus de trains en circulation, on se contenta de déverser des gravats sur les voies ferrées pour que puissent rouler les véhicules. Une passerelle piétonne a, depuis, été construite à cet emplacement.

     Face à un nouveau lotissement, l’école primaire et maternelle Stephenson qui date de 1910, allonge son bâtiment de briques et ses hautes fenêtres à petits carreaux, de chaque côté d’un bel immeuble de fonction.

     Plus loin, dans cette rue située au cœur du quartier des Fontinettes, on trouve quelques demeures bourgeoises au décor néo-classique, avec leur porte latérale à laquelle on accède par de belles marches.

    Cette surélévation du rez-de-chaussée et la porte de cave s’ouvrant sous une fenêtre sont très en usage dans l’architecture calaisienne.

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    Face à un nouveau lotissement de maisons individuelles, l’école primaire et maternelle Stephenson a gardé l’aspect des établissements scolaires du début du siècle, avec ses murs de briques et ses fenêtres à petits carreaux. Le bâtiment date de 1910.

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  • Tannerie (rue de la)-Quai du Commerce - boulevard Jacquard

     Cette rue fut, un temps, nommée rue de Berry parce que la duchesse du même nom, Marie Caroline de Bourbon-Sicile, passa par là en août 1825 pour visiter l’usine de tulle Webster (à l’emplacement de l’actuel collège République). En 1845, elle fut baptisée rue des Tanneurs, puis de la Tannerie.

    Longeant cette voie, une halle fut construite en 1877, place de la République, mais ne fut guère fréquentée par les commerçants. On songea à en faire une salle des ventes, puis un poste de police. Finalement, elle servit de point de départ à l’édification du collège.

     Alternant habitat moderne et ancien, avec des ateliers de dentelle, la rue propose un large éventail de l’architecture urbaine calaisienne. L’imposante usine de tulle Valdelièvre a disparu au profit d’un immeuble de style contemporain, la résidence Chanzy. Au coin de la rue de Charost, l’ancien Hôtel du centre, devenu l’hôtel des impôts, a été rasé en 1982 pour faire place à des appartements. Au n° 41, se signale une grande demeure, avec sa porte cochère et ses balustrades aux fenêtres, et au n°54, une belle maison ornée d’un balcon en fer forgé au-dessus d’une grand-porte. Au n°56, est installée l’association caritative de la société Saint—Vincent-de-Paul et, au n°94, se trouve la salle de l’Etoile. Créée en 1875, cette société de gymnastique s’est promenée aux quatre coins de Calais et a élu domicile dans cette halle inaugurée le 7 juin 1964.

    Dans cette rue perpendiculaire au boulevard Jacquard, on observe plusieurs belles et grandes maisons de maître, avec, comme ici, des façades ouvragées. Un soin tout particulier a été porté à l ’ornementation des ouvertures en tant que signe extérieur de richesse.

    Texas (rue du)-Chemin des Régniers - chemin de Laubarie

     Cette voie du Pont-du-Leu a connu l’effervescence au temps où elle était le point de passage obligé entre la ville et l’usine de la Soie artificielle fondée en 1927, aux limites des communes de Coquelles et de Calais. Au point d’ailleurs qu’il fallut ouvrir une nouvelle route reliée au chemin des Régniers, le long du Laubanie.

     Maréchal du roi Louis XIV, Iriez de Laubanie commandait la ville de Calais en 1689. C’est lui qui fit construire la citerne de l’église Notre-Dame, mais aussi la chaussée du boulevard Jacquard, une digue entre le fort Nieulay et l’écluse d’Asfeld ainsi que le canal qui porte son nom pour l’écoulement des eaux de Fréthun jusqu’à celui de Saint-Omer, par le Grand-Voyeu.

     Devenue les Filés de Calais, la fabrique de textile artificiel employa jusqu’à 3 000 salariés. Elle fut rachetée en 1960 par le groupe britannique Courtaulds SA qui la ferma définitivement en juillet 1990. Sur ce site industriel, a été érigé un parc d’affaires et, du coup, la rue est devenue plus tranquille.

     Depuis 1891, elle porte le nom d’un état des USA, dans un quartier qui regroupe les pays et villes des deux Amériques. La rue s’ouvre par une belle villa traitée dans le style « hôtel particulier », avec un joli petit parc. Au n 9, reste un exemple de façade néo-classique et, plus loin, les traces d’une ancienne cour, avec cinq maisons et un pigeonnier surmonté d’une sculpture de mineur tenant sa lampe à la main.

    A Calais, comme dans tout le Nord de la France, la tradition colombophile a encore de solides racines, notamment chez les anciens, et les concours sont d’ailleurs nombreux. Calme et située tout près de la campagne, la rue est accueillante aux pigeonniers.

    Toul (rue de) Quai Catinat - rampe des Fontinettes

     Comme d’autres anciens chemins militaires de Calais, cette rue des Cailloux a été baptisée du nom d’une place forte française (Haguenau - Maubeuge - Phalsbourg).

     Au pied de la rampe des Fontinettes, se côtoient des ateliers municipaux, une usine de traitement des ordures ménagères et une des deux stations d’épuration des eaux de Calais, l’autre se situant à l’est de la cité ville.

     Face à un foyer de personnes âgées, le square de la place du Maréchal Joffre, créé en 1976, est la respiration verte du quartier. Rappelons que Joseph Joffre (1852-1931) était le commandant en chef des armés du Nord au début de la Première Guerre mondiale et qu’il remporta la première victoire de la Marne en septembre 1914. Il était venu à Calais en juillet 1915 pour visiter les installations du camp retranché.

     Des logements sociaux et quelques maisons de style néo—flamand, avec grand fronton, bordent cette artère. La rue débouche sur le pont de Toul, à l’origine le pont des Pierrettes, qui fut détruit en septembre 1944 par les Allemands et reconstruit en 1948. Elle croise le quai Catinat qui, jusqu’en 1910, était la digue de la Rivière-Neuve et qui a pris le nom de ce maréchal de France, Nicolas Catinat (1637-1712), combattant au siège de Lille et gouverneur de la place de Dunkerque.

    Le foyer—résidence de personnes âgées fait face au square du Maréchal Joffre. Comme partout à Calais, la végétation est abondante. C’est le signe que la campagne n’est jamais loin et le souvenir du passé rural de l’ancien faubourg des Cailloux.

    Utrillo (rue Maurice) Rue Henri Matisse - rue Paul Gauguin

     Peintre des ruelles de Montmartre et de la banlieue parisienne, Maurice Utrillo (1883-1955) aurait-il été inspiré par les immeubles sans âme de ce quartier de la ZUP du Beau-Marais ? On peut en douter, car les barres et les tours n’ont pas grand-chose à voir avec les cabarets pittoresques et les petits commerces peints par cet artiste de la ville qui, d’alcoolisme en conversion catholique, finira prostré. Peut-être se console-t-il au contact des noms de Paul Gauguin, Henri Matisse, Toulouse-Lautrec qui habitent le même quartier. Toutefois, des efforts ont été faits pour améliorer l’aspect de cette rue et pour l’humaniser : des espaces verts ont été aménagés à son entrée ; les immeubles ont été rénovés et repeints dans des tons clairs qui tentent de mettre de la gaieté dans ce paysage urbain. Des couleurs à la Maurice Utrillo.

     Liée à l’essor de la ville dans les années 60, cette zone à urbaniser en priorité a été réalisée, à l’est de Calais, tout à côté des sites industriels. On commença, à l’extrémité, par des maisons individuelles avant de se lancer dans une politique d’immeubles collectifs, tours et barres, comme dans toutes les banlieues. On a ensuite abandonné ce type de construction au profit d’une urbanisation plus humaine qui est venue combler le no man’s land existant entre la ville et la ZUP. En 1968, on comptait 10 000 habitants dans la ZUP ; ils sont aujourd’hui environ 20 000, soit un quart de la population calaisienne.

    Cette ancienne ZUP, comme on l’appelle au Beau-Marais, est de la veine architecturale des tours et des barres qui ont surgi dans toutes les banlieues pendant les années 60. Ici, on se rend compte qu ’une rénovation et de la verdure peuvent quand même améliorer les choses.

     Van Grutten (rue) Rue des Fontinettes - rue Colbert

      Elle a été la rue Un des Fontinettes avant de s’appeler Thiers. En 1900, les élus municipaux décident de la baptiser du nom d’un des leurs : Paul Van Grutten (1831—1897), qui fut maire de Saint-Pierre en 1880 et devint le premier magistrat de la cité en 1885, lors de la réunion des deux villes.

     Au coin de la rue des Fontinettes, s’ouvre un vieux et typique café d’angle. Comme souvent dans ce quartier, l’habitat se mêle aux ateliers de tulle. L’un d’eux, l’usine Arnett, qui regroupait plusieurs fabricants de dentelle, a été rasé en 1996. Plusieurs fois touché par des bombes durant la guerre 14—18, le bâtiment avait survécu jusqu’à ce que la pioche des démolisseurs n’en vienne à bout.

     En face, la teinturerie Bellier et Cie, qui travaille pour l’industrie dentellière, était là depuis 1886. Elle a quitté ces locaux pour des installations modernes dans la zone d’activités Marcel Doret.

      Plus loin, s’étend l’école Franklin qui a été inaugurée en 1882 et qui eut l’ancien maire André Parmentier pour directeur, en 1962.

      L’architecture des demeures de cette rue témoigne d’une unité de style néo-classique. Cela tient au fait que le bâti date de la même période, fin du XIXe et début du XXe siècle, et au principe de l’alignement de façades répétitives.

      On notera en plus, aux n° 101 et 103, deux anciennes petites boutiques, d’artisans vraisemblablement, avec étroite porte cochère et devanture en bois.

    Les demeures de cette artère ont une grande unité architecturale, avec des emprunts nombreux au style néo-classique en vogue au XIX' siècle. Parfois, comme ici au coin de la rue Fulton, un jardin vient ajouter une note verte dans cet austère paysage urbain.

    Vauxhall (rue du) Boulevard Jacquard - rue des Salines

     Son nom, elle le doit à l’enseigne d’une guinguette installée en 1808, là où le quartier des Pierrettes était encore une zone marécageuse et où se trouve aujourd’hui le lycée Sophie Berthelot. Un Westphalien d’origine, Jean-Baptiste Plante, avait ouvert cet établissement de concert et de bal populaire, conçu sur le modèle du fameux Vauxhall anglais, implanté près de Londres en 1739 par un Français du nom de Vaux. Le sieur Plante céda son café au maître de danse Tourneur pour en lancer un autre qu’il baptisa par ironie le Jardin des Plante, d’où le nom d’une rue de Saint-Pierre. Le Vauxhall ferma ses portes en 1830. Dans cette rue, la tradition d’animation s’est perpétuée à travers la braderie du Vauxhall fondée en 1902 par M. Griset, au retour de la braderie de Lille. Un racheteur fit de la propriété un institut commercial en 1836, puis les dames du Sacré-Cœur vinrent s’y établir en 1856. Acquis par la ville, cet ensemble fut transformé en 1907 en collège de jeunes filles.

     L’école Michelet (1882) est toujours là ainsi que le temple de l’Eglise évangélique (1850) et plusieurs courées : la cour Préclin au n° 155 ; la cour Régnier au n° 175 bis, mais la cour Delannoy au n° 137 a disparu. A noter au n°91, une belle maison, construite dans l’esprit de l’hôtel particulier, avec son perron à deux escaliers tournants, ses pilastres et ses ornementations au-dessus des ouvertures. Plus on avance vers l’extrémité de la rue, plus l’habitat s’appauvrit.

    Fondée en 1902 par des commerçants du quartier, la braderie du Vauxhall met beaucoup d’animation en centre-ville et attire de nombreux badauds. Avec ses centaines de bradeurs et de marchands ambulants, elle est l’une des plus importantes de la région.

    Vendée (rue de la) Quai Gustave Lamarle - boulevard La Fayette

    Voulant honorer le général Hoche qui pacifia la Vendée au temps des Chouans, les Saint-Pierrois donnèrent le nom de cette belle province française à cette rue, vers la fin du XVIIe siècle.

     Au coin du quai Gustave Lamarle, qui honore un ingénieur des Ponts et Chaussées (1803-1860), on trouve un original immeuble en pointe, avec sa porte d’angle et ses briques de sable jaunes, qui abrite le Café des Pêcheurs. Il faut dire que le canal de Calais, tout proche, est un des rendez-vous favoris des fervents du bouchon.

     Le célèbre corsaire calaisien, Tom Souville, qui habitait à Calais-Nord, avait une maison de campagne rue de la Vendée, laquelle communiquait avec le quai Gustave Lamarle. Certains historiens avancent qu’il est peut-être mort là, le 31 décembre 1839.

     La rue compte, au n°51, une impasse, dite Tourneur, et de grandes demeures bourgeoises, avec de belles portes cochères, comme aux n°11 et 20 : il s’agit sans doute de maisons de négociants et grossistes en charbon et en bois, nombreux dans le quartier, en raison de la proximité du canal. C’est aussi l’explication à la présence des brasseries et distilleries, ces fabriques de transformation des produits agricoles aujourd’hui disparues, qui utilisaient le transport fluvial pour écouler leur marchandise.

     Il y a une usine de dentelle dans cette rue, Euro-dentelles, qui a son siège au n°33.

    Au coin formé avec le quai Gustave Lamarle ( à droite), ce superbe estaminet est typique d ’un certain mode de construction d’angle à Calais. C ’est le café des Pêcheurs, tout proche du canal où nombreux sont ceux qui taquinent le poisson.

    Vendroux (esplanade Jacques) Boulevard de la Résistance - place Georges Maréchal

     Ouverte lors de la reconstruction de Calais-Nord, cette voie s’est d’abord appelée le boulevard de l’Esplanade avant de devenir l’esplanade Jacques Vendroux (1897-1988), en hommage à celui qui fut maire de Calais entre 1945 et 1969 et député de 1945 à 1956 puis de 1958 à 1973.

     Cet ancien combattant de 14-18 était le beau—frère du général De Gaulle. Après l’armistice, il prit la direction des Biscuiteries Vendroux. Nommé commandant d’armes de Calais en 1940, il est arrêté. Libéré, il tenta de rejoindre l’Angleterre en 1943 avant de prendre le maquis. On le retrouve aux côtés des troupes canadiennes qui libèrent Calais et il est blessé par l’obus qui tua le commandant Mengin. Il est décédé le 1er avril 1988 à près de 91 ans.

     Longeant la citadelle, l’esplanade, créée en 1602 par Dominique de Vic, gouverneur de Calais, servait aux exercices de cavalerie. A l’origine, se trouvait un château dont on dit qu’il fut érigé en 1229 par Philippe de France, dit Hurepel.

     Cela n’empêcha pas l’occupation anglaise durant deux siècles. En 1397, le duc de Gloucester, oncle de Richard II, y fut mystérieusement assassiné.

     Après la reprise de Calais en 1558, le château a été rasé pour céder la place à une forteresse. Redevenue française en 1598 après deux ans d’occupation espagnole, cette citadelle fut renforcée sous Louis XIV qui confia sa remise en état à Vauban.

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    Dans la première phase de la reconstruction de Calais—Nord, cette voie a repris le style néo-flamand de l'hôtel de ville, histoire de donner une unité architecturale à cette ville. D’où ces maisons, avec leur ossature en béton et leur parement de briques. 

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    C’est Vauban qui donna à la citadelle son imposante assise. Voilà pourquoi ce charmant square porte son nom. Il donne sur les douves de cette forteresse qui a connu les vicissitudes des guerres et qui, aujourd’hui, abrite des installations sportives.

    Déclassée, la citadelle fut l’ultime lieu de résistance de la ville face à l’avancée allemande de mai 1940. Elle tomba le 26, après un siège de trente-six heures qui ravagea tout ce secteur de Calais-Nord.

    Cette citadelle a également connu un épisode terrible quand, à quatre semaines de la Libération, cinq jeunes patriotes de la région y furent fusillés par les Allemands.

     En 1960, cette forteresse a été aménagée en terrain de sports. Ce stade, dit du Souvenir, a été inauguré le 3 octobre 1965 par Maurice Herzog, secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, et Jacques Vendroux, député-maire de Calais. La porte de Boulogne, classée, a été rénovée ainsi que la porte de Neptune.

     Les fortifications ont également été restaurées, en particulier les écuries et la tour médiévale. Une partie orientale des fossés ceinturant les remparts a été maintenue en eau, ce qui fait de l’endroit, avec le square Vauban aménagé vers la porte de Neptune, dans les anciennes douves, un agréable et verdoyant lieu de promenade.

     Le long de cette esplanade, on trouve une école qui date de 1963, le bâtiment moderne de la sous-préfecture transférée de l’avenue Wilson en 1974, et la place des Fusillés, ainsi nommée en hommage à tous les martyrs calaisiens de 39-45.

     Parce qu’elle alterne des maisons avec jardin, des immeubles en brique et qu’elle fait la part belle aux espaces verts, l’esplanade Jacques Vendroux, tranquillement ombragée, est un des beaux exemples de reconstruction, dans le style néo-flamand des années 50. 

    Verte (rue) Rue du Calvaire - rue du Jardin-des-Plante

     C’est l’une des plus anciennes rues de Saint-Pierre, du temps où cette partie du faubourg de Calais était recouverte de vertes prairies. Au XVIIe siècle, elle partait de la rue Neuve pour rejoindre la route de Saint-Omer. Elle s’est peu à peu urbanisée, à l’image de tout ce quartier, mais en 1840, on trouvait encore, entre la rue Verte et le boulevard La Fayette, une plaine qui était le rendez-vous des archers de la Guillaume Tell avant qu’on n’y construise une fabrique de dentelle.

     Dans cette rue étroite, à l’angle de la rue du Calvaire, a été bâtie la maternité. Les travaux avaient débuté en 1938, mais la guerre les interrompit jusqu’en 1949. Elle fut inaugurée en juillet 1952, en présence de Paul Ribeyre, ministre de la Santé.

     Derrière ses hauts murs, une petite école laisse deviner sa cour plantée de marronniers. L’établissement date de 1846 et porte le nom d’Alexandre Lambert, en souvenir d’un ancien élève et président de l’Amicale La Fayette mort en déportation.

     Au n°40, en retrait de la rue, apparaît une grande et vieille demeure aux volets à claire-voie. Face à de petites maisons qui témoignent du passé rural de ce secteur, un nouveau lotissement a pris la place de l’usine Riechers qui a laissé son nom à cette résidence. La ruelle débouche dans la rue du Jardin-des—Plante sans S puisqu’elle porte le nom de la famille Plante qui possédait là une guinguette qu’elle baptisa avec humour le Jardin des Plante.

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    Parfois, en retrait d’une rue,  on découvre la façade cachée d’une ancienne demeure bien à l’abri derrière ses grilles et ses arbres, ses hautes fenêtres et ses volets à claire-voie. On passe aujourd’hui trop vite dans les rues pour les voir vraiment.

    Vic (rue de) Quai du Commerce - boulevard Jacquard

     Nommé gouverneur de Calais par Henri IV en 1599, après l’occupation espagnole, Dominique de Vic fit beaucoup pour la défense de la ville et l’assèchement de la région. Amputé de la jambe droite après une blessure à la guerre, il marchait avec un pilou. Tout dévoué à son souverain, il vendit ses biens pour le rejoindre à Paris. Après l’assassinat du roi, il en eut tant de peine qu’il en mourut trois mois plus tard, à Calais où on l’enterra.

     Au XIXe siècle, on a débaptisé la rue Lengagne, du nom d’un maire de Saint-Pierre, pour lui donner celui de Vic. A son extrémité, un pont enjambe le canal. Le premier ouvrage remonte à 1869. Remplacé par un pont en fer à pivot central en 1891, celui-ci fut complété par une passerelle pour piétons, construite en 1893 à la fonderie de Marquise et qui existe toujours. Ce pont démonté sous l’Occupation, on installa un pont-levis en 1947 qui, à son tour, fut changé en 1950 pour un ouvrage à pivot extrême. Ce dernier a été remplacé par un pont à deux voies séparées inauguré en juin 1997.

     La rénovation a vu disparaître de nombreux bâtiments. Reste, au coin du boulevard Jacquard, l’ancienne bibliothèque ; au n°19, l’atelier Noël, fabricant de métiers Leavers ; et au coin de la rue Charost, une incroyable demeure d’angle, avec sa porte d’entrée à colonnades, ses grandes baies encadrées de pilastres et ses œils-de-bœuf dans les combles.

     

    En 1858, c’était la banque Verley-Decroix.

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    Au coin de la rue Charost, se dresse une incroyable maison d 'angle datée de 1858, l’ancienne banque Verley-Decroix. La rue compte également de grandes demeures dans le style néo—classique qui a prévalu à cette époque d’expansion urbaine.

    Wilson (avenue du Président) Boulevard Jacquard - rue du Onze Novembre

     Jusqu’en 1919, elle était la rue de la Gare, laquelle se trouvait à l’ouest de cette artère. Elle a pris ce nom pour rendre hommage à celui qui obtint l’entrée en guerre de son pays, les Etats-Unis, contre l’Allemagne en avril 1917, aux côtés des Alliés. Il s’agit du président Thomas Woodrow Wilson (1856-1924). Cet ancien avocat avait été désigné candidat démocrate à la présidence et élu contre Theodore Roosevelt en 1913. Lors d’un voyage à Londres en décembre 1918, la foule de curieux l’acclama au passage de son train spécial à la gare maritime de Calais. En 1920, il obtint le prix Nobel de la Paix.

     L’avenue comporte quelques-unes des plus grandes demeures bourgeoises de Calais. Ainsi des n°26 à 30 se dresse un bel immeuble de rapport, haute bâtisse restaurée et aménagée en appartements de standing. Il traduit bien l’idée nouvelle de l’habitat collectif au début du XX° siècle. Les baies sont larges et les oriels, balcons et lucarnes sont en ciment-pierre.

    C’est un compromis architectural entre le néo-classique et l’art nouveau, qui allie le béton et la céramique.

    A signaler également au n°8, l’ancienne maison Marx datée de 1907 et au n°10 une belle construction de 1951 dont la façade généreuse est traitée dans un style néo-gothique d’après-guerre. Au n° 12, est édifiée une grande demeure qui, jusqu’en 1974, abrita les locaux de la sous-préfecture de Calais.

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    C’est sans conteste l’une des plus belles artères de Calais. Celle en tout cas où les architectes ont fait assaut de leur savoir—faire. La valeur de ces demeures est augmentée par leur exposition au sud et la présence, en face, du grand parc Saint-Pierre.

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    Les réussites architecturales sont nombreuses le long de cette voie cultivant le luxe, le calme et la volupté. La plupart des maisons ont vu le jour au début du XXe siècle, avec l’euphorie de l’industrie dentellière, mais certaines, plus récentes, ont adhéré au modèle dominant.

     Cette belle rangée d’immeubles fait face au parc Saint-Pierre qui était l’ancien jardin public de Saint-Pierre-les-Calais. C’est un philanthrope, Augustin Isaac, qui, en 1857, eut l’idée de créer cet espace vert, avec son bassin qui est la copie d’une vasque des jardins du château de Versailles. En son milieu, se dresse une monumentale sculpture en bronze représentant des enfants entourant les Trois Grâces. Ce parc a gardé une partie des grilles qui, avant, l’entouraient complètement et qu’un gardien fermait la nuit. Du fait de la construction de l’ancienne gare, on réduisit la surface du parc à partir de la rue du Onze Novembre.

    Ce jardin public accueillit des courses cyclistes avec concert, bal et feu d’artifice. S’y déroulait aussi du tir à l’arc vertical, mais la retombée des flèches constituait un danger. On y pratique aujourd’hui un jeu plus tranquille : la pétanque.

    Durant la Première Guerre mondiale, le parc fut transformé en potager pour subvenir aux besoins de la population.

    Durant l’Occupation, les Allemands y édifièrent un blockhaus pour abriter le poste de commandement de leur marine de guerre.

    C’est là que depuis 1962 est ouvert le musée de la guerre. Dans les différentes salles du blockhaus, on peut découvrir des objets, uniformes et documents retraçant l’histoire de Calais et de sa région, depuis la bataille de mai 1940 à la libération de septembre 1944, notamment une maquette de la fameuse batterie Lindemann, la plus puissante batterie d’artillerie du Mur de l’Atlantique qui se trouvait à quelques kilomètres de Calais, vers le Blanc—Nez.

    Yser (quai de l’) Avenue Louis Blériot - boulevard de l’Egalité

     En donnant à ce quai le nom de l’Yser en 1919, les Calaisiens ont voulu rappeler les combats qui, en octobre 1914, eurent lieu dans cette vallée de Belgique.

    C’est là que l’armée belge, avec l’appui des troupes françaises, bloqua l’offensive allemande contre les ports de la mer du Nord, en inondant la région. Au XIXe siècle, cette voie, qui longe le canal, s’appelait le quai d’Iéna, avant de devenir le quai de l’Est. On le baptisa aussi le quai des Orphelins, car, à l’emplacement de l’actuel bloc HLM, se trouvait l’orphelinat Saint-Joseph fondé par le chanoine Damlencour. Aujourd’hui, ce quai est une alternance d’immeubles résidentiels et d’anciennes grandes propriétés, à l’exemple de la demeure où l’AFAPEI accueille des enfants handicapés.

    Avec ses 50 pensionnaires, la maison de retraite des Petites Sœurs des pauvres s’y trouvait jusqu’à l’annonce de sa fermeture en octobre 1997 par manque de vocations. Ces religieuses étaient arrivées à Calais en 1874. Elles résidèrent d’abord dans un appartement de la rue Saint-Nicolas. La première pierre de leur maison de retraite fut posée en 1895.

    Sous l’Occupation, le bâtiment servit de cantonnement à la marine allemande. A la libération, les Anglais l’utilisèrent à leur tour avant que les Petites Sœurs des pauvres ne le récupèrent. C’est dans cet établissement que mourut, le 24 février 1942, Monseigneur Piedfort, fondateur de l'Institut Jacquard.

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    Dans le canal de Calais à Saint-Omer, se mirent des immeubles collectifs et résidentiels, de grandes demeures avec leur parc et la maison de retraite des Petites Sœurs des pauvres appelée à disparaître après plus d ’un siècle de présence.

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