• Calais-Anvin, la ligne du "train du plaisir"

    Calais-Anvin, la ligne du "train du plaisir"

    Avant que la ligne Calais Fontinettes-Lille ne devienne la référence pour des milliers de voyageurs, une autre ligne du Calaisis avait connu son heure de gloire au début du 20e siècle. De Calais Saint—Pierre à Anvin, près de Saint-Pol—sur—Ternoise, 95 kilomètres de voies passaient par les communes de Bonningues—les—Ardres, Tournehem-sur—la-Hem, Zouafques, Louches, Autingues, Brêmes-les-Ardres, Balinghem, Andres, Guines, Saint—Tricat, Hames-Boucres, Fréthun et enfin la cité des Six Bourgeois.

    Particularité de celle-ci, c‘est une voie de chemin de fer dite « étroite », afin de mieux s’adapter au terrain et avec un coût de construction moins élevé, même si la ligne a coûté près de 5 688 000 millions de francs de l’époque. Les travaux se sont achevés en 1881 et l’ouverture de la ligne en 1882 a constitué une révolution dans un temps où la voiture n’existait quasiment pas. Mais il ne fallait pas être très pressé ! Il fallait 6h39 au train pour parcourir entièrement la ligne, 1h02 mn pour un Calais—Ardres et 38 minutes pour Calais-Guînes. La fréquence n’est pas non plus le point fort puisque, sur neuf trains au départ de Calais, deux seulement allaient jusqu‘à Anvin, quatre s’arrêtant à Guînes et les autres à Ardres, Bonningues-Ies-Ardres et Fruges.

     A LA MER OU DANS LA FORET

     « Que de services rendus par cette ligne ! » peut—on se dire avec le recul. Le train a été rapidement surnommé le « train de plaisir» car la compagnie d‘exploitation n’hésitait pas à organiser des navettes spéciales en cas d’événement. La proximité de la voie par rapport à la forêt de Tournehem a aussi permis aux amoureux de la nature de passer de beaux dimanches. Et inversement pour ceux qui préféraient la mer. Il était aussi régulièrement utilisé pour des mariages, communions, excursions scolaires... Le train a aussi connu des périodes tourmentées pendant les guerres mondiales, en servant au transport de soldats en 14—18 et en étant régulièrement mitraillé et bombardé en 39—45, quand il dut partager ses voies avec le train militaire allemand. 

     Même l'ouverture de la ligne de tramway Calais-Guines en 1910 (stoppé en 1940) ne mit pas à mal la destinée du train. 1932 est une année charnière pour la ligne puis-qu'arrive l’éclairage des trains à l’électricité, et la première automotrice y fait des essais.

     L‘ADIEU EN LUMIERE

     Après la guerre, en 1946, la ligne est scindée en deux: Lumbres-Calais et Lumbres—Anvin. La relance est difficile mais le train a gardé son côté paisible. Comme l'écrivait Monsieur Ardun-Dumazet en 1912: « Le chemin de fer de Calais à Anvin ne gâte pas le charme tranquille du paysage. Il est si petit, si peu gênant; on lui pardonne volontiers ».

    C’est finalement le 28 février 1955 que la ligne Calais-Anvin tira définitivement le rideau après 73 ans de bons et loyaux services. Des gros pétards et des lampions tenus par les habitants attendent la dernière rame pour son entrée en gare de Guines sur le coup de 19h20. Monsieur Macquet, le chef de gare, ne peut retenir ses larmes face à cet adieu. Une ligne d'autocar lui succéda mais a disparu elle aussi.

    Aujourd’hui, ce sont les vélos et randonneurs qui ont pris le relais: la véloroute qui doit relier Calais à Saint—Omer une fois achevée emprunte le trajet de l‘ancienne ligne, et on peut déjà l'emprunter entre Coulogne et Guines sur six kilomètres. Quelques vestiges bien cachés de la ligne subsistent encore, avis aux aventuriers ! .

     FRANCOIS DELENCRE

     Un grand merci à Sylvie Demilly, de la société historique d‘Andres, et à Éric Buy, de la société historique. de Guines, pour le prêt de documents.

    LES TRAINS DANS LE RESTE DU CALAISIS

    Calais-Anvin, la ligne du "train du plaisir"

     

    Avant Calais-Anvin, une première ligne desservait le Calaisis dès 1848 entre Calais Fontinettes et Lille. Elle dessert aujourd’hui onze gares et passe par Armentières, Hazebrouck, Saint—Omer, Watten, Ruminghem, Audruicq, Nortkerque, Pont d'Ardres et les Fontinettes. Electrifiée en 1964 et 1993, la ligne voit passer une cinquantaine de trains par jour, et la gare d'Audruicq (la plus fréquentée du Calaisis hors Calais, photo) recense plus de 220 000 mouvements de voyageurs chaque année.

    Mise en service en 1876, la ligne entre Coudekerque-Branche et Calais Beau-Marais/Fontinettes a été totalement électrifiée en 2014 (ce qui s'est traduit par un bond spectaculaire de fréquentation), et pourrait être relancée via le projet de la mairie de Maer de réinstaller une halte ferroviaire.

    Enfin, la dernière ligne (TER s'entend—il) à desservir le Calaisis est celle entre Boulogne et Calais—Ville, avec jusqu‘en 1994 un terminus à la défunte gare de Calais-Maritime. Marquise-Rinxent, le Haut—Banc (Ferques), Pihen-les-Guînes et Cafiiers voient passer les trains, même si, pour ces trois dernières, le nombre de mouvements par an ne dépasse pas les 7 000 personnes.

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