• Calais : cinq batteries pour défendre un port

    Calais : cinq batteries pour défendre un port

    Calais : cinq batteries pour défendre un port

    Carte allemande de 1943, illustrant les points d’appui du front de mer de Calais. BAMA

     

    Autre carte allemande du port et de la ville de Calais, détaillant l’organisation des différents points d’appui occupés par les trois armes de l’armée allemande (Heer, Luflwajfe et Kriegsmarine) avec leurs principaux armements. BAMA

    Calais : cinq batteries pour défendre un port

    Calais : cinq batteries pour défendre un port

    Calais : cinq batteries pour défendre un port

    Carte allemande de 1944, avec la différent points d’appui du secteur de Calais qui ont nettement évolué. BAMA

    Remerciements

    Ce livre aurait été incomplet sans la participation collective de Messieurs : Peter Taghon, Olivier Mantey, Peter Forman, Hervé Olejniczak, Lionel Pracht, Fréderic Moreau, Christian Moignez, Luc Braeuer, du Bundesarchiv, du SHD, de l’ECPAD de l’IGN et des archives photographiques du centre AMC.

     

    Livre des Editions Histoire & Fortifications 11 Place du Calvaire 44120 Vertou (France)

    Tel : 02 40 05 16 67 www.histoire-fortifications.com

    Dépôt légal : 1er trimestre 2015 ISBN : 978-2—915767—12-4

     Imprimerie SEPEC - ZA des Bruyères 01960 Peronnas - 05065150302

     

  • A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le front de mer de Calais fait partie intégrante du secteur défensif de Dunkerque commandé par le Capitaine de Vaisseau De Lambertye, dont le PC est établi au Bastion XII. L‘artillerie du front de mer, aux ordres du Capitaine de Corvette Lassarat assisté de l’Enseigne de 1ère classe Beau, se répartit d’est en ouest avec quatre batteries d’artillerie de côte assurant la défense lointaine de l’espace maritime. La première est installée au Bastion II avec 3 matériels de 194 mm Mle 1902, la seconde, batterie de l’Estran ou de la digue, occupe la langue dunaire en avant du bassin des chasses avec 4 pièces de 75 mm Mle 1897 sur affûts Mle 1916, la troisième est située au Bastion XII avec 4 canons de 120 mm De Bange Mle 1878 M et la dernière occupe le fort Lapin avec 3 matériels de 164,7 mm Mle 1893—96 montés sur affûts de côte Mle 1893-1914 (affût de bord Mle 1893 modifié en 1914). A ces batteries s’ajoute l’ancienne position du Bastion l, équipée par 2 pièces de 240 mm Mle 1884 GP mais non armées (absence d’équipage).

     Le poste de reconnaissance d’entrée de la rade est installé en avant du Bastion XII, il existe deux postes photo—électriques implantés pour l’un au mâle est (Estran) et pour l’autre au Fort Vert.

     Du côté de la défense antiaérienne, deux batteries prennent position dans le secteur afin de couvrir l’espace aérien, l’une au Moulin Rouge et l’autre au Bastion IV.

     Au lieu-dit le Moulin Rouge, le 206e batterie mobile de DCA prend position avec ses 4 matériels de 75 mm Mle 1932 CA et la batterie du Bastion IV, affectée à la 2058 batterie de DCA, est dotée de 4 canons de 75 mm Mle 1897 CA sur plates-formes.

     Elle sera, suite à l’avancée allemande par l’ouest, transferrée au Fort Nieulay.

     

    La défense du front de mer de Calais

    Ci-dessus : L ’entrée du port de Calais au début du XX‘ siècle avec de gauche à droite : la batterie du Bastion XII, la batterie du Bastion I et la batterie de l’Estran. DR

     

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  • La batterie du bastion I, 1e partie

    Ci-dessus : Plan de la défense du port de Calais à la veille de la Première Guerre mondiale. SHD

     Ci—dessous : dispositif défensif des batteries de côte à la veille de la Seconde Guerre mondiale. DR

    La batterie du bastion I, 1e partie

     

    Le Bastien I est, au moment de la Première Guerre mondiale, armé à la fois d'une batterie de 2 pièces de 240 mm Mle 1884 GP (grande puissance) sur affût C.90 axées vers l'entrée du chenal et d’une batterie de 4 pièces de 95 mm Mle 1888-1904 installées sur l’aile droite face au bassin des chasses. Elle dispose aussi d’une poste de télémétrie, d'un magasin à poudre et d'un magasin de combat. Entre les deux guerres, la batterie de 95 mm est démontée et seule subsiste en mai 1940 la batterie de 240 mm GP.

    Toutefois, elle est non armée, c’est-à-dire sans personnel pour servir les pièces de 240 qui sont néanmoins opérationnelles.

     Le site est commandé par l'Ingénieur du Génie Maritime Ramas, qui dispose sous ses ordres de 26 marins équipés de 5 mitrailleuses.

     

    La batterie du bastion I, 1e partie

    La batterie du bastion I, 1e partie

    Ci-dessus : Deux clichés de la batterie du Basfian I équipée de deux matériels de 24 cm G84 sur affûts C. 90 et dont les derniers tirs ont été effectués vers le large le 7 septembre 1932. Auteurs

    La batterie du bastion I, 1e partie

    Ci-dessus : Plan de la batterie du Bastion I dessiné à la veille de la Première Guerre mondiale. Auteurs

    La batterie du bastion I, 1e partie

    La batterie du bastion I, 1e partie

    Ci-dessus et ci-dessous : Différents clichés de la batterie du Bastion I avec la poterne, donnant accès à l’estran, le magasin à poudre, le magasin de combat, les alvéoles de tir armés de leurs matériels de 240 mm Mle 1884 GP et le poste de vigie.   Auteurs - L.Prachl

    La batterie du bastion I, 1e partie

    La batterie du bastion I, 1e partie

    Ci-dessous : Les seules photographies disponibles sont celles prises par l'occupant à partir du mois de juin 1940. Auteurs

    La batterie du bastion I, 1e partie

    La batterie du bastion I, 1e partie

    Ci-dessus : Les troupes ont investi le Bastion I de Calais. Auteurs

    La batterie du bastion I, 1e partie

    Ci-dessus et ci-dessous : Une fois la position occupée, les troupes allemandes s’organisent et positionnent des mitrailleuses antiaériennes. Auteurs - AMC

    La batterie du bastion I, 1e partie

    La batterie du bastion I, 1e partie

    Ci-dessus et ci-dessous : Les soldats allemands aiment se faire photographier à côté de ces gros matériels. Auteurs

    La batterie du bastion I, 1e partie

    La batterie du bastion I, 1e partie

     

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  • La batterie du bastion I, fin

    Ci—dessus : les officiers de la marine allemande discutent de la future protection du port. Auteurs

    La batterie du bastion I, fin

    Ci-dessus : A l’arrière de chaque pièce une plate—forme permet à la fois la manutention des obus par les trois culassiers et la manoeuvre du matériel par les trois pointeurs. Auteurs

    La batterie du bastion I, fin

    Ci—dessus : le magasin de combat bétonné avant guerre et les deux alvéoles de tir. L.Pracht

    La batterie du bastion I, fin

    Ci—dessus : des membres de la Reichbahn visitent le site de la batterie. Auteurs

     Ci—dessous : gros plan sur l’imposant canon de 240 mm Guerre Mle 1884 G reconnaissable au bourrelet présent à l’avant du tube.

    La batterie du bastion I, fin

    La batterie du bastion I, fin

    Ci—dessus : détail de la sellette et de son affût à châssis circulaire.

     Ce type de matériel utilise : des obus ordinaires en fonte de 157 kg,des obus P Mle 98-10 de 162 kg en acier et des obus FD Mie 15 de 161 kg.

     Ci-dessous : des officiers de l’armée de terre allemande observent le port en vue des préparatifs pour l’invasion de l’Angleterre. Auteur

    La batterie du bastion I, fin

     

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  • La batterie de la digue, parfois appelée de l’Estran, est à la veille de la Première Guerre mondiale équipée de 4 pièces de 95 mm Mie 1888-1904. En mai 1940, la batterie, commandée par l'Enseigne de Vaisseau Nivet et l'Enseigne de Vaisseau Cordreaux, est réarmée avec 4 pièces de 75 mm Mle 1897 sur affûts Mle 1916. Elle comprend deux magasins aux projectiles et aux gargousses, un poste de commandement avec local habitation, un poste de ...

    Batterie de la digue

    Ci-dessus et ci-dessous : Deux plans de la batterie de la digue. Auteurs 

    Batterie de la digue

    Batterie de la digue

    Ci—dessus : exemple de canon de 95 mm Mle 88—04. Auteurs

    ... télémétrie auxquels s’ajoutent en 1934 deux grands abris de bombardement affectés comme logement pour l'équipage et abritant aussi un groupe électrogène de la marque Aster ainsi que l’armement léger. En outre un projecteur de 150 cm prend position sur la grève.

    Le 24 mai à 6h56, la batterie tire par salves en direction de Coquelles occupé par les troupes allemandes, puis en tirs continus jusqu'à 9h20. En tout 683 projectiles furent tirés.

    Face à l’avancée allemande les pièces sont sabotées à coups de masse.

    Batterie de la digue

    Batterie de la digue

    Batterie de la digue

    Ci-dessus : Trois clichés de la batterie de 75 mm Mle 1897 sur affûts Mle 1916 installée sur le haut de la dune et camouflée par des filets. Auteurs

    Batterie de la digue

    Ci-dessus : Plan du poste photo-électrique du môle est de Calais et détail du bâtiment regroupant le logement du personnel, le poste des machines et le magasin aux combustibles (ci-dessous). Auteurs

    Batterie de la digue

     

    A l’ouest de la batterie se tient l’enclos de la commission d’expérience d'artillerie ainsi que le poste photo-électrique du môle est de Calais. Ce poste de projecteur de 120 cm comprend à l’avant un abri de combat et à l’arrière l'abri de jour et un imposant bâtiment regroupant le logement du personnel, le poste des machines et le magasin aux combustibles. A noter aussi juste à l’arrière, la présence sous une butte d'une ancienne poudrière.

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  • Le Bastien Xl est armé, pendant la Première Guerre mondiale, de 4 pièces de 240 mm Me 1884 et d'une batterie annexe totalisant 4 canons de 95 mm Mle 88-04. A la veille de la Seconde Guerre mondiale, cette batterie n’est utilisée que pour le stockage de munitions et seul un mirador, servant de poste d'observation au profit des batteries de fort Lapin et du Bastien II,trône sur le talus.

    La batterie du bastion XI

    Ci—dessus : caisses de munitions abandonnées près des saules de la batterie du Bastion XI. Auteurs

     Ci—dessous : deux photographies du mirador d'observation installé, dans les années 1930, au Bastion XI afin de diriger le tir à longue distance de la batterie du fort Lapin. Auteurs

    La batterie du bastion XI

    La batterie du bastion XI

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  • Au début du XXème siècle la batterie du Bastien XII est organisée autour de 4 canons de 27 cm Mle 1870, 4 pièces de 155 mm et 4 matériels de 95 mm. Durant la Première Guerre mondiale, elle est toujours dotée puis complétée par 2 pièces de 155 mm, 2 canons de 14 cm Mle 1893 et sa batterie annexe de 4 pièces de 95 mm Mle 1888-1904. Des abris traverses intercalés entre les alvéoles de tir et une poudrière sous talus complètent le dispositif logistique de la position.

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    Ci-dessus : plan de la batterie du bastion XII en 1940. Auteurs

    Ci-dessous : 3 clichés des matériels de 120 mm Mle 1878 affectés à la batterie du bastion XII. Auteurs

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du bastion XII, 1e partie

     

    En mai 1940, la batterie du Bastien XII, qui est commandée par l'Enseigne de Vaisseau Wiart, concentre aussi le PC du front de mer dirigé par le Capitaine de Vaisseau De Lambertye ainsi que le PC de l’artillerie aux ordres du Capitaine de Corvette Lassarat. Du côté antiaérien, la position, sous le commandement de l’Enseigne de Vaisseau Labertye, aligne une batterie de 37 mm CA répartie sur le haut de la dune et dont la mission est à la fois la protection rapprochée du site ainsi que celle du port.

     

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    Chaque pièce de 120 mm Mle 78 dispose d’un masque léger en acier afin de protéger les servants contre les éclats. Auteurs

     Ci—dessus : vue générale de la batterie avec dans le fond le Casino. Auteurs

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    Ci-dessus : 2 autres vues de la batterie photographiée le 30 mai 1940 par l’Occupant allemand. Auteurs

     Ci-dessous un des matériels de 120 mm Guerre, camouflé par une bâche, faisant face à 1’entrée du port de Calais. Auteurs

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    Personnel de la pièce de 120 mm Guerre

    l pointeur en direction,

    2 pointeur en site et servant du cadran,

    3 servant de dérive et du correcteur de paralaxe,

    4 servant de culasse,

    5 chargeur,

    6 servant du refouloir,

    7 pourvoyeur de projectile,

    7bis pourvoyeur de gargousses auxquels s’ajoute un chef de pièce. Auteurs

     Ci—dessous : vue arrière de la pièce de 120 mm G.  Auteur

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    Plan et coupe de la plate-forme modèle 1925 pour canon de côte de 120 mm Guerre. Auteurs

    La batterie du bastion XII, 1e partie

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  • La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    A leur arrivée, les troupes allemandes positionnent un canon de 3,7 cm Pak et quelques mitrailleuses MG34 afin de defendre l’entrée du port de Calais. Auteurs

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    Ci—dessus : autre détail de la batterie avec au premier plan un canon de 2 cm Flak 30 en position défensive. Auteurs

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    Ci—dessus : un des matériels de 120 Guerre saboté. Auteurs

    Ci—dessous : photo souvenir de Calais pour ces soldats de la Luftwaffe. Auteurs

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    Ci-dessus : Vue générale de la partie est de la batterie faisant face à l’entreé du port avec la première section de 120 mm. Auteurs

     Ci—dessous : deux photographies de l’entrée de la poudrière de la batterie. Auteurs

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    Ci-dessus : Trois clichés de la batterie française de 37 mm CA abandonnée et qui assuraient la défense antiaérienne du port. Auteurs

     Ci—dessous : détail du poste de télémétrie de la batterie du Bastion XII. Auteur

    La batterie du bastion XII, 1e partie

     

    La position est dotée à la déclaration de guerre de 4 pièces de 120 mm Mle 1878 (version marine avec masque de protection) montées sur plates-formes Mle 1925 et organisées par binômes. Entre les deux ensembles, un projecteur de 150 cm GP, un poste de télémétrie et un poste de commandement complètent la structure du bastion. En outre l’état—major avait prévu de remplacer cette batterie par 4 pièces de 75 mm CA Mle 1922, mais faute de temps, le projet reste dans les cartons.

    Le 24 mai à 5h22, la batterie tire sur la ferme des Calimottes et sur la route reliant Sangatte à Coquelles.

    A 5h48, elle fait feu sur la cote 104, puis jusqu'à 9h20 elle tire en feu continu sur les forces allemandes en position dans ce secteur. A 6h35 la pièce n° IV est mise hors d'état et à 11h10, les trois autres matériels sont sabotés et les culasses jetées à l'eau. Le personnel rejoint alors le port pour embarquer sur les navires en partance vers la Grande—Bretagne.

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    Ci-dessus : vue arrière du fort Risban photographié après les combats. DR

    La batterie du bastion XII, 1e partie

    La batterie du Bastion XII, avec ses matériels de 120 mm G, sera pour un court moment réutilisée par l’armée allemande. Auteurs

    Ci—dessous : entrée de la batterie du Bastion XII avec son panneau posé par l’Occupant. Auteurs

    La batterie du bastion XII, 1e partie

     

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  • La défense de la plage ouest de Calais, remonte à 1860, date de l'achèvement du réduit de fort Lapin. Cet ensemble abrite un corps de garde maçonné totalisant une dizaine de pièces, permettant de loger la troupe. Par la suite va se greffer sur le front de mer, d'une part une batterie de 4 pièces de 19 cm Mle 1875-76 (fermeture à console type marine et obturateur de Bange) entourée par une enceinte en briquettes pourvue de nombreux créneaux de fusillade et totalisant 357 hommes, d'autre part sur la gauche, une batterie de 95 mm Mle 1888—04, montée sur plates-formes bétonnées, abritée par un mur de genouillère et équipée d’un poste de télémétrie. Une des particularités de ces pièces de 95 mm est de posséder une culasse Mle 1913 Saint-Chamond. En 1916, la batterie de 19 cm dispose en soutes de 30 obus P et de 50 obus M par pièce et la batterie de 95 mm aligne en dotation par pièce 300 obus à mitraille et 300 obus allongés. Entre le réduit et la batterie de 19 cm s‘échelonnent, de part et d'autre, deux postes télémétriques à ciel ouvert avec poste téléphonique intégré que complète un projecteur de 120 cm type Mangin alimenté par un moteur Harlé et un moteur Asler. Cette position formant un ensemble homogène est étoffée par deux extensions à l'ouest et à l'est. Dans la partie orientale deux hangars à projectiles et un magasin à poudre assurent la logistique des deux batteries. En 1917 la batterie de 19 cm Mle 75-76 est désarmée; quatre affûts et deux tubes sont alors expédiés sur un autre front et il ne reste sur place que deux tubes de 19 cm. Entre les deux guerres mondiales, la batterie de fort Lapin va être modifiée par le nouveau programme de défense des côtes. En effet la Marine fait réaliser sur place, par un entrepreneur privé, quatre plates-formes de tir, ainsi qu'une clôture entourant la nouvelle position. Celle-ci est achevée le 15 février 1926 et les 4 canons correspondant sont installés en mai. Il s'agit de 4 matériels de 164,7 mm Mle 1893-96 montés sur affûts de côte Mle 1893-1928 (affût de bord Mle 1893 modifié en 1928). Chaque pièce installée sur sa plate-forme en béton armé type BA Mle 1925 revêtue de briquettes, possède un pointage de -10° à +36°. En outre elles utilisent des obus de rupture de 54,9 kg avec une charge de 19 kg BM11 d'une portée de 16.650 mètres ou des obus FAD mle 1915 de 50,5 kg avec une charge de 17 kg BM11 d'une portée de 18.150 mètres. Pour les tirs de nuit la batterie dispose aussi d'un projecteur de 150 cm GP.

    A la veille de la Seconde Guerre mondiale la batterie est commandée par le Lieutenant de Vaisseau Séquier et son adjoint l'Enseigne de Vaisseau de 2e classe Bastard. La position, armée par des artilleurs de la marine, comprend alors : 4 canons de 164,7 mm Mle 1893—1896 placés au : centre d’encuvements, deux mitrailleuses de 8 mm, une pièce de 37 mm CA et un projecteur de 150 cm GP pour le tir de nuit. La batterie de fort Lapin va s'illustrer dans un combat contre des troupes allemandes appartenant à la 10.Panzer—Division (Generalmajor Ferdinand Schaal), ...

    La batterie du Fort Lapin

    La batterie du Fort Lapin

    Plan et photographie du réduit de côte français. On remarquera la crois rouge aposée sur le fronton. Auteurs - SHD

    La batterie du Fort Lapin

    La batterie du Fort Lapin

    La batterie du Fort Lapin

    La batterie du Fort Lapin

    La batterie du Fort Lapin

    Chaque matériel de 164, 7 mm Mle 93-96 prend place sur une plate—forme BA Mle 25 dont le parement a été réalisé en briquettes. Auteurs

    La batterie du Fort Lapin

    Ci—dessus et ci—dessous : l’ancienne batterie du fort Lapin est protégée par une enceinte en briquetles percée par des créneaux de fusillade. Auteurs

    La batterie du Fort Lapin

     

    ... chargées de réduire la poche de Calais et notamment contre le Schützen—Rgt.86 de l'Oberst Johannes Schrepfer évoluant dans le secteur de Coquelles. La journée du 23 mai 1940 fut marquée par un bombardement en règle de la ville de Calais et de ses défenses internes et externes (batteries côtières) par le Pz.A.R.90 dirigé par l‘Oberstleutnant Otto Valeth. Les Allemands présents à Ardres font pression sur les troupes françaises combattant à Gris—Nez, Blanc—Nez et Sangatte. Du côté des Alliés l'ordre est donné par le Capitaine de Corvette Lassarat (commandant du front de mer), d'appuyer les défenseurs par un tir de barrage effectué depuis la batterie de fort Lapin et depuis la mer par les torpilleurs et les destroyers anglais Wessex, Wolfhound et Vimiera. Ces tirs faisant quelques dégâts dans nos rangs, l‘ordre est donné d'arrêter le feu pour permettre le repli d'un bataillon d'infanterie en direction de fort Lapin. La pression exercée par les troupes allemandes est si forte que l'officier commandant la batterie anglaise de 90 mm, installée à l‘ouest de fort Lapin, menace de décrocher prestement. A 20h20, la batterie reçoit l‘ordre de préparer ses pièces pour un tir sur le Pont d‘Ardres où se concentrent les troupes ennemies. A 21h, le PC du commandement de l'artillerie du front de mer envoie un message au Lieutenant de Vaisseau Séquier, l'avisant que les pièces de 164,7 mm ne doivent pas tomber intactes aux mains de l'ennemi. Or à 23h10, alors que les 4 pièces de 164 sont chargées en attente de l‘ordre d‘exécution du tir sur la région d‘Ardres, on perçoit des tirs de mitrailleuses dans... 

    La batterie du Fort Lapin

    Ci-dessus : Façade et plan du poste (ci-dessous) de direction de tir de la batterie française de fort Lapin. Auteurs

    La batterie du Fort Lapin

     

    ... le secteur de Coquelles situé à environ 3000 mètres de l'ouvrage. Craignant de se voir surpris par l'irruption des Allemands, le Lieutenant de Vaisseau Séquier demande l'autorisation de décharger ses pièces en direction du large, de façon a être prêt à les saboter dès qu‘il sera nécessaire. A 23h16 le commandement du front de mer donne son accord et l'ordre pour décharger les pièces de fort Lapin qui, en outre, devra se tenir prêt le cas échéant à recharger ou à saboter. A 01h00 le 24 mai, la batterie, qui n'a toujours pas déchargé en mer, rend compte qu‘on n’entend plus les tirs de mitrailleuses signalés et qu'on redoute d‘atteindre les torpilleurs et les navires-hopitaux qui croisent au large. Décision approuvée mais la consigne est renouvelée de ne laisser, à aucun prix, les pièces intactes. A 04h45, les combats ont repris vers Coquelles. La batterie de fort Lapin vide ses pièces en mer à 05h12, puis aussitôt le PC du commandement du front de mer signale des objectifs prioritaires à battre, sur la route de Sangatte à Coquelles et sur la ferme des Calimottes. Les pièces sont alors rechargées et le tir commence à 05h22, en coordination avec l‘artillerie du Bastion XII. A 05h32 l'ordre de feu continu est donné et effectué sur la cote 104, l'ouest du clocher de Coquelles et un carrefour. Deux fortes explosions sont constatées chez l‘ennemi qui se replie sur le moulin de Coquelles. La pièce n° IV de 164,7 mm suit le mouvement de l‘ennemi et la batterie anglaise qui avait manifesté la veille l'intention de se retirer, tire aussi très efficacement jusqu'au moment où elle sera littéralement pulvérisée par un tir de contrebatterie.

    Voici un extrait du journal de marche de la batterie de fort Lapin pour les heures suivantes : - 05h35 ordre au fort Lapin de tirer sur le moulin de Peuplingue. Cet ordre est annulé à 05h37, car les coups tombent trop près de nos troupes.

    - 05h50 fort Lapin, encadré par les tirs ennemis, ouvre le le feu sur le carrefour de la RN 1 et de la route Coquelles-Sangatte.

    - 06h07 le tir est suspendu.

    - 06h15 tir en feu continu sur Peuplingue et Coquelles.

    Entre 09h20 et 09h55 la batterie de fort Lapin continue le tir seule après destructions des pièces du Bastion XII; elle est alors encadrée de très près par les tirs de contrebatteries allemands qui font quelques morts parmi les marins. Le sémaphore touché de plein fouet flambe et les obus allemands dispersent les wagonnets d’approvisionnement des projectiles de 164,7 mm, arrachent les rails et coupent les transmissions souterraines des pièces. A ce moment, le Lieutenant de Vaisseau Séquier ordonne le repli de ses soldats en direction du Bastien XII. Puis à 13h00, après avoir tiré les derniers obus qu'on a pu apporter de la poudrière, il ordonne à I'Enseigne de Vaisseau de 2° classe Bastard de faire sauter les pièces.

    Cela a-t-il été fait ? On ne le sait pas, quoi qu'il en soit à leur arrivée les Allemands vont récupérer les matériels de 164,7 mm, qui sont de nouveau opérationnels au cours de l‘été 1940.

     

    La batterie du Fort Lapin

    La batterie du Fort Lapin

    Ci-dessus et ci-dessous : Différents clichés des canons de 164, 7 mm Mle 93-96 réalisés après la prise de la batterie par les troupes allemandes. Auteurs

    La batterie du Fort Lapin

     

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  • La construction de la batterie du Bastion II a été achevée en 1879. Elle est constituée à la fin du XIXe siècle par une batterie mobile de 2 canons de 120 mm Long type De Bange installée à l‘est, par une seconde batterie formée de 4 pièces de 95 mm Mle 1888 sur affûts de siège en position à l‘ouest et par 4 pièces fixes de côte d'un calibre de 24 cm Mle 1876 montées sur affûts PA (Pivot Antérieur) au centre. En dehors des aires de tir, elle est complétée par un casernement en bois assurant le logement des artilleurs, une cuisine, un centre sanitaire, des abris traverse positionnés entre chaque binôme de 24 cm, une poudrière et un grand magasin à poudre souterrain qui fut bétonné en 1893. A la veille de la Première Guerre mondiale, elle ne possède plus comme armement que ses 4 canons de 24 cm servis par 112 artilleurs de l'armée de terre. En 1917, les pièces d’artillerie sont désarmées pour être acheminées vers le front terrestre qui demande toujours plus de canons afin de couvrir les offensives françaises.

    Le 7 novembre 1935, la batterie qui revient à la marine, est modernisée avec la construction de trois nouveaux emplacements pour canons de 194 mm Mle 1902 sur affûts Mle 1934. Le premier voit le jour à l'est des alvéoles de tir des pièces de 120 mm, le second entre la pièce n° I et la pièce n° II de 24 cm sur l'emplacement d'un abri traverse alors que le troisième est bétonné entre la batterie de 95 mm et la pièce n° IV de 24 cm. Chaque emplacement d'artillerie dispose à l'avant d'une cuve circulaire avec pivot central sur lequel est placé le canon de 194 mm et en arrière par deux soutes à munitions latérales et deux postes d'équipage le tout superposé l'un au dessus de l'autre. Un abri pour groupe électrogène Aster est aussi...

    La batterie du bastion II

    Ci—dessus : bétonnage de l’encuvement n°III. SHD

    Ci-dessous : le 19 mars 1936, un grand casernement moderne est construit sur le côté gauche de la poudrière afin d'abriter les 120 marins formant l’équipage de la batterie du Bastion II. SHD

    La batterie du bastion II

    La batterie du bastion II

    La batterie du bastion II

    Ci—dessus et ci—dessous : la construction de la cuve n° I. SHD

    La batterie du bastion II

    La batterie du bastion II

    Ci—dessus : la construction des cuves II et III SHD

    Ci—dessous : vue du chantier du poste de direction de tir. SHD

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    Ci-dessus et ci-dessous : Deux clichés de la batterie réalisés au début du mais de juin 1940 avec les emplacements de tir II et III et l’abri pour groupe électrogène, Auteurs - AMC

    La batterie du bastion II

     

    La batterie du bastion II

    Ci-dessus : Plan de la batterie du Bastion II avec les anciens emplacements pour canons de 24 cm Mle 1876, la poudrière souterraine, le poste de direction de tir et les trois nouvelles cuves pour canons de 194 mm Mle 1902.

    La batterie du bastion II

    Ci-dessus : Autre vue de la batterie en juin 1940 avec le poste de direction de tir et son télémètre sous coupole et les pièces II et III de 194 mm. Auteurs

    ...bétonné sur l'arrière entre les pièces n° II et n° III, que complètent trois baraquements pour le personnel, une baraque cuisine, une baraque lavabos-lavoirs et un poste de direction de tir à deux niveaux. Ce dernier est équipé d'un observatoire surmonté d'une coupole blindée télémétrique munie d'un appareil S.O.M stéréo de 5 mètres. L'ouvrage est construit en hauteur sur le dessus du magasin à poudre. Un système de voies-ferrées permet d'alimenter, depuis le magasin à poudre, les emplacements de tir à l'aide de wagonnets. Le 19 mars 1936, un grand casernement moderne, permettant d'abriter les équipages, est bâti en arrière du poste de direction de tir. Enfin, un mirador avec cabine blindée, installé en arrière du poste de commandement complète le site et permet d'augmenter la visibilité de la batterie vers le large.

     

    La batterie du bastion II

    La batterie du bastion II

    Ci-dessus : Détail de la culasse de l’un des canons de 194 mm. Auteurs

    Ci-dessous : la pièce n° II avec dans le fond le port en flammes. Auteurs

    La batterie du bastion II

     

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  • La batterie du bastion II, 2e partie

    Ci-dessus : Vue générale de la batterie en juin 1940. Auteurs

    Ci—dessous : détail du poste de commandement et de télémétrie. DR

    La batterie du bastion II, 2e partie

    La batterie du bastion II, 2e partie

    Ci—dessus : gabarit du poste de commandement et cliché de la tour d’observation lointaine située en arrière du poste de télémetrie (ci-dessous).  Auteurs

    La batterie du bastion II, 2e partie

    En mai 1940, la batterie du Bastion II au complet guerre est commandée par le Lieutenant de Vaisseau Louis Levier et l'Enseigne de Vaisseau de Première Classe Roulet, assistés du Second Maître Creps. Elle regroupe un équipage de 120 artilleurs et son armement est constitué de 3 pièces de 194 mm Mle 1902 d'une portée de 26 km et numérotées ainsi R1905 n° 5, R1906 n° 2, R1905 n° 8, de 2 pièces de 37 mm CAD Mle 1925 (jumelées) en position sur le talus en contre-bas des pièces de 194, de 5 mitrailleuses de 8 mm Hotchkiss et d'un projecteur de 150 cm alimenté par le groupe Aster. Pour assurer sa défense contre hommes et blindés, 50 chevaux de frise et 4000 sacs de sable sont positionnés autour de la batterie.

    Le 24 de 11h00 à 17h15, la batterie tire en direction de Peuplingue, Sangatte et Coquelles, sur les forces allemandes. A 18h00, les pièces de 37 mm jumelées sont détruites par un bombardement, puis les pièces n°ll et n° de 194 mm sont mises hors service par les marins. De son côté la pièce n° I est, après trois tentatives, enfin sabotée.

    Le personnel de la batterie est évacué en direction de Dunkerque, mais un seul homme arrivera à bon port. Le Lieutenant de Vaisseau Levier et l'Enseigne de Vaisseau Roulet furent de leur côté fusillés par erreur par les Britanniques pour fait d‘espionnage non loin du canal de Marck.

    La batterie du bastion II, 2e partie

    Ci-dessus : De nombreux véhicules ont été abandonnés sur le site du Bastion II. Auteurs

    La batterie du bastion II, 2e partie

    La batterie du bastion II, 2e partie

    La batterie du bastion II, 2e partie

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    La batterie du bastion II, 2e partie

    Ci-dessus : Cinq clichés de l’emplacement n° I doté de sa pièce de 194 mm Mle 1902. Auteurs

    La batterie du bastion II, 2e partie

    Ci—dessus : la pièce n° II dans son emplacement de tir.

    Canon de 194 mm Mle 1902 rayé à gauche

    Affût de côte : Mle 1934

    Longueur de la bouche à feu : 5886 mm L/45

    Longueur de la partie rayée : 4600 mm

    Poids du canon : 18300 kg

    Pointage en direction : 360°

    Pointage en site (élévation) : -3° à +40°

    Vitesse initiale : 945 mètres par seconde

    Cadence de tir : 1 coup par minute

    Portée maximale : 26000 mètres

    Poids de l'obus : 92 kg

    Types de munitions : obus de semi rupture AC Mle 1913, obus de rupture à fausse ogive Mle 1917

     

    Firme : Schneider et Cie, Le Creusot

    La batterie du bastion II, 2e partie

    Ci—dessus : chaque canon de 194 mm est équipé d’un masque de protection enveloppant en acier afin de protéger les servants (ici la pièces n° I). Auteurs

     

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