• La ville de Saint-Pierre, construite au-delà des fortifications de la cité médiévale de Calais, connaît une forte croissance liée notamment au développement de l’industrie dentellière au début du XIXe siècle.

    L’évolution de la ville de St-Pierre

    Saint-Pierre en 1750.

    L’évolution de la ville de St-Pierre

    Saint-Pierre en 1890.

    En 1787, la paroisse de Saint-Pierre obtient une assemblée autonome et les réformes administratives de la France révolutionnaire officialisent en 1790, la naissance de cette commune pour en faire une ville peuplée de 2 600 habitants et d’une superficie de plus de 2 200 hectares soit l’une des plus vastes du département du Pas-de-Calais. Après 1815, Saint-Pierre connaît un développement très important grâce à l’apparition de l’industrie dentellière avec notamment un quadruplement de sa population qui permet de dépasser, en 1846, la cité rivale et voisine Calais, avec 10 924 habitants. Mais toute cette croissance ne s’est réalisée que progressivement, divers terrains de locations ont permis l’établissement de maisons communes et l’ancienne mairie de Saint-Pierre n’est définitivement édifiée qu’en 1825 à proximité du canal de Saint-Omer et d’une ancienne église qui fut détruite ultérieurement en 1882 afin d’y édifier l’hôpital au même emplacement que celui que nous connaissons aujourd’hui. Il est à noter que ce canal est la voie principale de communication pour les coches d’eau et pour le drainage des terres marécageuses. En 1836, afin de répondre aux volontés des habitants et aux besoins de la municipalité souhaitant s’afficher aux yeux de sa rivale, le cœur de la bourgade de Saint-Pierre est transféré dans un endroit précis dénommé le Carré grâce à un don de Monsieur Jean-Louis Crèvecœur, notable Saint-Pierrois, qui apporte un terrain destiné à l’établissement de marchés et de foires.  

    L’évolution de la ville de St-Pierre

    Le pont de Saint-Pierre en 1825.

    Une seconde donation de la famille agrandissant l’espace initial permet l’édification en 1858 de nouveaux bâtiments à savoir un nouvel hôtel de ville, un lavoir polyvalent avec locaux à fonction éducative et administrative (ces 2 bâtiments au caractère architectural similaire apparenté au style néo-classique1, se faisant face). Mais les bombardements de la Première Guerre mondiale détuisent partiellement ce lavoir qui est remplacé en 1935 par un nouvel édifice abritant la Bourse du Travail. L’ancienne église de Saint-Pierre, située Quai du Commerce étant devenue vétuste et exiguë elle est remplacée par un nouveau lieu de culte édifié au fond de la place Crèvecœur entre l’hôtel de ville et le lavoir. 

    L’évolution de la ville de St-Pierre

    Evolution du même lieu en 1890.

    Avec ses bâtiments emblêmatiques, la place Crèvecœur devenait le symbole de la réussite de Saint-Pierre, se caractérisant notamment par la réunion avec Calais en 1885 ; l’hôtel de ville devenant celui de la cité unifiée ralliant d’une part le cachet médiéval et historique de Calais avec la cité nouvelle et industrielle de Saint-Pierre. Cette place reste et restera le témoin, grâce à ses bâtiments, d’une époque dynamique et prospère. 

    L’évolution de la ville de St-Pierre

    La place Crèvecœur vers 1870. 

    L’évolution de la ville de St-Pierre

    Vue intérieure du Palais de Justice aujourd’hui.

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  • Le dernier dimanche de juin ou le premier dimanche de juillet, Calais se réveille enfiévrée. Le déjeuner est rapide dans bien des foyers… 
    Il faut être bien placé !

    La fête de Calais

    Musiciens

    Aujourd’hui, dès le tout début d’après-midi, les grandes artères de la ville s’animent. Une foule bon enfant envahit les trottoirs, les quatre boulevards bouchonnent. Marchands de glace, marchands de ballons sillonnent le parcours du défilé, pliants et chaises de camping rappellent la plage sous les pavés, la police s’affaire autour d’automobiles à évacuer. On tend l’oreille… écoutez… 
    Ils arrivent !

    Orchestre d’Harmonie et batterie municipale en tête, voilà les premiers. On admire les costumes, on applaudit les évolutions, on compte les groupes. Sur une tribune installée pour la circonstance, élus, personnalités et invités regardent le cortège passer. Place d’Armes, c’est l’arrivée. Après une dernière parade, il faut se séparer. Les manèges sont maintenant absents des festivités : c’est la Grande Parade et la fête de Calais.  

    La fête de Calais

    Défilé sur le boulevard La Fayette vers 1930, avec les deux géants : Jehan de Calais et Constance du Portugal. Dans les chars des reines de beauté saluent la foule.

    La fête au XVIIe siècle 
    Quelle est l’origine de ces fêtes de juin à Calais ? Voici quelques pistes pour vous éclairer. On trouve trace de cette fête calaisienne au XVIIème siècle. Le style en était alors différent. On processionnait, on chantait, on banquetait … et on buvait plus qu’à l’accoutumée. La Place d’Armes était au centre des animations. Là, on jouait : javelot, tir à l’arc, quilles, fléchettes, chacun s’en donnait à cœur joie.

    Quelques temps après, le raccroc survenait et la fête reprenait. On s’amusait. Parfois, il y eut des excès.

    La fête de Calais

    On pourchasse les chats considérés, au XVIIe siècle, comme des suppôts de satan.

    Les chats de la cité, considérés comme les suppôts du grand Satan, furent pourchassés et malmenés par les fêtards avec l’accord des notables et du clergé. En ces temps-là, l’obscurantisme sévissait. Pierre Antoine de la Place, littérateur calaisien né en 1707, évoquant son père, se souvient de l’avoir souvent entendu raconter une grande procession qui animait Calais le 2 juillet. Il écrit : “dès l’aurore de ce jour solennel, tous les canons de la citadelle et des forts, joints au carillon du beffroi et de toutes les cloches de la ville, annonçaient avec le plus grand éclat la fête. Vers 10 heures du matin, tous les citoyens assemblés ou à l’Hôtel de Ville ou dans les environs en partaient avec le Conseil municipal et l’état-major à leur tête, pour se rendre à l’église paroissiale où le curé les attendait, accompagné de son clergé pour commencer la cérémonie”.  

    La fête de Calais

    Grand défilé au 18e siècle sur la place d’Armes avec, à la tête du cortège le clergé suivi par le corps d’arme, les notables, les fanfares et les saltimbanques.

    Ils se rangeaient en haie autour de l’église d’où, lorsque le clergé était sorti, ils se mettaient en marche à sa suite, au son de tous les instruments que fournissaient le pays. Chacun était en habit de fête, tenait à la main ou des bouquets ou des branches de laurier et chantait dans les intervalles que leur laissaient les fanfares qui les accompagnaient les couplets suivants : 

    Le deuxième du mois de Juillet
    Les Bourguignons vinrent à Calais
    Pour surprendre la ville
    Mais le brave Comte de Charost
    Leur fit bientôt tourner le dos 

    Qu’il faisait beau voir 
    Monsieur le Saint Martin
    Avec son grand sabre à la main
    Un pistolet dans l’autre
    S’écriant : Calaisiens mes amis
    Allons battre les ennemis

    De nos vieux Bourgeois les braves descendants
    Aux Ennemis montrant les dents
    Si bien les chamaillèrent
    Que sans avoir pris la ville, ni fort
    Le fier Bourguignon court encore…

    Prions Jésus-Christ, prions le Rédempteur
    Que nos enfants aient leur valeur
    Garde-clefs de la France
    Toujours braves, qu’ils soient à jamais
    Toujours Chrétiens, toujours Français

    La fête de Calais

    Les vainqueurs des troupes espagnoles rentrent dans Calais sous les acclamations de la population !

    Pierre-Antoine de la Place, qui écrit vers 1760, regrette d’ailleurs vivement que la fête soit alors affadie et réduite à une simple procession. 

    Autre interprétation des faits
    De la Place et la fière chanson guerrière nous amènent à nous retourner un peu plus loin sur le passé. Jusqu’à l’achat de Dunkerque par le Roi Louis XIV (1662), Calais est la forteresse avancée qui garde la frontière nord de la France : sentinelle à l’entrée d’un détroit fréquenté et disputé. Le vieil ennemi espagnol, à l’étroit dans Gravelines, a toujours un œil sur Calais. Il prend d’ailleurs la ville par surprise en 1596. Plus de 900 bourgeois en perdent la vie. C’est la paix de Vervins en 1598 qui rendra la cité au Roi Henri IV. Vient ensuite une toute relative tranquillité, mais, en 1657 (nuit du 1er au 2 juillet), des hommes du grand Condé, rallié à l’Espagne par haine de Mazarin, et des troupes espagnoles soit 1 200 mousquetaires et 4 000 fantassins se dirigent à nouveau vers Calais. La garnison calaisienne a heureusement été prévenue par des gens de Vieille-Eglise et d’Oye. Le Colonel de la milice, Gaspard Mollien a fait appel aux volontaires ce qui lui a permis de disposer 4 compagnies aux endroits stratégiques de la Cité. L’assaillant arrive, il est fort étonné du feu nourri qu’il lui faut essuyer. La défense mise en place est si énergique que les Espagnols se retirent en laissant une centaine de morts derrière eux. Après ce haut fait de bravoure collective, la cité décide que le 2 juillet sera désormais jour de réjouissances. Il y aura Te Deum, revue des troupes et feux de joie… Notre fête communale rappelle-t-elle ce jour-là ?
    Les mots qui s’y trouvent accolés : parade musicale / parade internationale autrefois “cavalcade” fleurent les troupes armées. Un étonnement pourtant ! Actuellement, le jour de la Fête de Calais est fixé le dimanche le plus près de la fête de Pierre et Paul au calendrier. Mais alors, St Pierre St Paul, c’est l’église du Courgain maritime de Calais ? Le questionnement n’est pas terminé. En attendant, allons regarder le défilé !  

     

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  • Au XIXe siècle, les hommes se sentent attirés par les plaisirs de la plage et des bains de mer. Calais et sa belle plage ne pouvaient que susciter des projets d’aménagement.

    Le casino et les bains de mer

    Le 1er établissement de bain en 1869

    Au XIXe siècle, les hommes se sentent attirés par les plaisirs de la plage et des bains de mer. Calais et sa belle plage ne pouvaient que susciter des projets d’aménagement. connu Calais. En 1835, quelques Calaisiens se réunirent pour étudier l’idée de la création d’un établissement de bains (à l’époque on ne disait pas encore casino). Le 1er juin 1837, le bâtiment des établissements de mer, conçu sur les plans de l’Architecte de la ville, M. Vilain fut inauguré. Cet édifice élégant, surnommé “Sableville”, était élevé sur un plateau qui dominait la plage au milieu de jardins. Il comprenait : salon, chambre de repos, salles de lecture avec journaux français et étrangers, une salle de billard située dans un bâtiment annexe pour que le bruit des billes ne puisse déranger les personnes venant se reposer, un salon avec piano pour les dames, un buffet... Un escalier conduisait à une belle plate-forme qui recouvrait tout l’édifice, des tentes y étaient disposées pour mettre les visiteurs à l’abri du soleil. En 1869, un restaurant et un kiosque furent créés, le jardin fut clôturé ce qui entraîna un droit d’entrée de 10 centimes. Concerts, tirs aux pigeons, bals et fêtes de nuit étaient organisés. Pour 1870, on annonçait la construction de chalets mais la guerre franco-prussienne retarda les projets. Après le conflit, l’aspect de la ville et du port évolua considérablement. Le casino fut séparé de la mer par une courtine, une digue de protection et entre ces deux ouvrages un fossé, de quoi décourager les amateurs de bains !

    Le casino et les bains de mer

    C’est à l’occasion d’un voyage à Calais qu’Achille Bresson se rendit compte du potentiel offert par la plage. Il souhaitait utiliser la nouvelle digue en promenade et en même temps comme assise à un bâtiment développant ses salles de jeux et ses terrasses parallèlement à la mer. Le large fossé, qui avait causé tant de tort au premier établissement, serait alors utilisé pour des fêtes nautiques ou des régates.

    En 1892, il se présenta au renouvellement du bail de la société de bains et obtint une concession de 25 ans. Le nouveau casino ne se fit pas attendre et ce grâce à une brillante idée de Bresson. Il acquit un pavillon en bois à un étage qui avait été édifié aux Champs-Elysées pour l’exposition de 1889 et en fit un casino. Dès 1893 l’établissement accueillait ses premiers visiteurs. 

    Le music-hall
    était une élégante construction carrée en fer abritant une vaste salle de spectacle de 300 places pour les concerts et les pièces de théâtre. Le premier étage accueillait un dancing. La toiture était surmontée d’une lyre. 

    L’accès au casino
    n’était pas aisé et ce fut par la construction d’un barrage écluse et des ponts Henri Hénon en 1906 qu’un accès direct entre Calais-Nord et la plage fut réalisé. En 1910, l’ancienne passerelle en bois fut remplacée par un ouvrage en pierre permettant aux tramways d’amener les touristes et les Calaisiens à la plage directement. 

    Le bâtiment central,
    construit en 1896 abritait les services du casino. On y trouvait les comptoirs de pâtisseries, de confiserie. On voyait même un vieux canon trouvé lors des travaux dans le port. La salle de restaurant accueillait jusqu’à 400 convives. Les visiteurs pouvaient prendre place sur la terrasse surélevée qui longeait ce bâtiment, déguster un café à l’abri du soleil sous une marquise* en ferronnerie, et jouir de la vue en écoutant des concerts en après-midi et en soirée. 

    La salle des petits chevaux
    ouverte de 15 h à 1 h du matin se trouvait dans le pavillon de l’exposition. Sur une sorte de table représentant les pistes d’un hippodrome, un mécanisme faisait avancer des petits chevaux, il fallait parier sur le numéro d’un cheval, le premier qui avait franchi la ligne d’arrivée avait gagné. Ce jeu de paris, très en vogue dans les casinos, a été remplacé par le jeu de la boule. A l’étage un salon était ouvert à diverses expositions d’art. Ce bâtiment était coiffé d’un belvédère avec un balcon surplombé par quatre horloges et un dôme.

    Achille Bresson
    organisa des bains populaires pour les Calaisiens défavorisés grâce à l’installation d’une vaste tente avec gardien et où, moyennant 20 centimes au lieu d’un franc pour les cabines individuelles, on pouvait se changer et se sécher. 

    Le casino et les bains de mer

    La plage et le casino

    Les bains de mer
    étaient reconnus pour avoir des vertus médicinales. Il y avait trois façons de se mettre à l’eau : dans le bain à la lame, le baigneur se jetait lui même dans les vagues ou il était saisi et jeté à l’eau par son matelot. 

    Le casino et les bains de mer

     

    Un baigneur

    Le baigneur pouvait rester assis sur les marches de sa cabine pour une immersion totale et se frictionner ou encore ne baigner que certaines parties du corps. Au début des années 1900, la baignade tendit plus à devenir une distraction. Les vêtements

    dissimulaient le corps le plus possible, décence oblige. Les femmes, par exemple, portaient des pantalons bouffants, des vareuses fermées jusqu’au cou, des bonnets et même des bas noirs contre les méduses. Les guides-baigneurs gardaient même dans l’eau un pantalon et une veste longue de laine, les guides-baigneuses étaient vêtues d’une longue robe de laine attachée au cou et couvrant entièrement le corps. Hommes et femmes se baignaient dans des zones séparées délimitées par des poteaux plantés en mer.

    La digue carrossable
    avec trottoirs carrelés fut dotée de l’éclairage électrique en 1894. Après 1918, la terrasse fut prolongée vers l’est, des courts de tennis furent créés.  

    Le casino et les bains de mer

    La tapissière

    Les premiers chalets en bois
    s’établirent d’abord sur la digue puis, le succès, aidant sur le sable en doubles rangées. Après la Grande Guerre les chalets continuèrent leur progression et finirent par rejoindre Blériot-Plage. 
    Les enfants s’ébattaient entre les tentes multicolores. 

    Le casino et les bains de mer

    Une cabine de bain roulante

    Une trentaine de voitures-baignoires
    tirées par de vieux chevaux conduisait les baigneurs jusqu’aux premières vagues. Chaque voiture était accompagnée d’une matelote pour les dames et d’un marin bon nageur pour les hommes.  

    Le casino et les bains de mer

    Le glacier

    Le casino et les bains de mer

    Promenade sur un âne

     

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  • Un fleuron du patrimoine Calaisien

    L’usine Boulart

    L’atelier d’échantillonnage permettant de présenter les articles aux clients.

    Edifiée en deux phases principales à partir des années 1870, cette fabrique est composée de trois corps de bâtiment disposés en U, s’élevant sur quatre niveaux et libérant une grande cour centrale utilisée pour la desserte des ateliers et la circulation des personnes. Cette architecture de grandes manufactures correspond à la deuxième génération de la production dentellière mécanique. 

    L’usine Boulart

    Livraison de fil, coton, soie, grandes bobines, à l’usine Boulart.

    Les dispositions spatiales répondent à une nouvelle organisation du travail qui s’impose. Les métiers sont de plus en plus grands, la force motrice est la vapeur, ce qui suppose des capitaux importants, le personnel est également plus nombreux. De plus, l’usine Boulart est une usine collective créée 
    par un constructeur-investisseur, usinier. Chaque fabricant-locataire occupe des espaces sur plusieurs niveaux correspondant aux différentes étapes de la production. Le propriétaire fournit aussi par bail la force motrice, l’éclairage, le chauffage.
    En 1874, on dénombre 10 ateliers. En 1902, la fabrique abrite 80 métiers.

    Calais, capitale de la dentelle 
    Cet ensemble est un élément remarquable et original du patrimoine industriel dentellier. Ces évolutions ont des similitudes avec les grands centres de l’industrie textile : l’implantation en milieu urbain au point de développer de nouvelles villes, le parti pris de constructions à étage, la taille et le rythme des baies vitrées nécessaires à l’éclairement du travail.
    En revanche, on relève des particularités communes aux fabriques de dentelle de cette génération : l’architecture est sobre, aucun signe, aucun emblème ne distingue l’établissement. Seul le dispositif visible de la cour intérieure révèle le fonctionnement spécifique de ces bâtiments : les coursives pour la circulation, les tourelles-escaliers, les nombreuses portes d’entrée d’ateliers. 

    L’usine Boulart

    L’usine Boulart

    Le travail à la chaufferie.

    L’usine Boulart

    Le laçage des cartons servant aux métiers Jacquard. Ce travail pouvait être effectué par des enfants.

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  • Distant d’une vingtaine de milles de l’Angleterre, le port de Calais se situe à l’entrée de la mer du Nord et de la Manche. D’un point de vue terrestre, il se place à l’extrémité Ouest de la plaine flamande, se trouvant à mi-chemin entre Boulogne-sur-Mer et Dunkerque.
     
    Un réseau de canaux permet au port de Calais d’être relié à l’hinterland. Sa situation géographique lui confère dès le XIIe siècle, un rôle important, suscitant convoitises et provocant concurrences. Au XVIIIe siècle, la paix relative permet l’essor commercial légal, concurrencé par le commerce dunkerquois et boulonnais, mais aussi par un trafic de contrebande, essentiellement en eau-de-vie. Ce trafic a lieu surtout de nuit. Les familles Margollé et Dubois y excellent.
    En plus de la concurrence et de la contrebande, le port de Calais doit lutter contre son ensablement progressif. La faute est attribuée à Dominique Mouron qui, en asséchant à partir de 1770 une partie de l’avant port, contraria la fonction des chasses. En réalité, l’ensablement est une tare des ports de la mer du Nord et de la Manche.
    Sous le Consulat et l’Empire, le service de passagers et le trafic commercial sont maintes fois annulés, la contrebande perdure.
    Sous la Restauration le retour de l’exil de Louis XVIII, le 24 avril 1814, marque la reprise du trafic de voyageurs. Pourtant il faut attendre le milieu du XIXe siècle pour qu’une troisième phase de grands travaux vienne révolutionner le trafic calaisien.

    La construction du Port

    1834, la première grande extension du port.

    La construction du Port

    A partir de 1874, le port s’étend sur les fortifications.

    Les écluses et le pont Vétillard. 
    Avant les travaux de 1881-1889, une seule écluse permettait l’accès au bassin à flot. Elle était large de 17 mètres, formée par une seule paire de portes. Dès 1889, le passage de l’avant-port au bassin Carnot se fait par deux écluses parallèles et à sas. La première est large de 21 mètres, la seconde de 14 et les deux peuvent accueillir des navires de 130 mètres de long. Chacune des écluses est constituée de deux sas, pour éviter la perte d’eau. Un jeu d’aqueducs et de pompes permet de vider ou de remplir les sas en moins de cinq minutes. Quatre ponts tournants en acier permettent de toujours communiquer avec les deux rives. Les ponts situés en amont portent des rails afin de relier la gare maritime à la gare centrale de l’époque. L’ensemble des mécanismes est actionné hydrauliquement, mais peut aussi se faire à la main à l’aide de cabestans. La machinerie centrale se trouve le long des écluses, elle contrôle tous les mécanismes.  

    La construction du Port

    Le port s'étend sur les fortifications

    Les grues, machineries et hangars. 
    Par le décret du 22 septembre 1883, leur exploitation est confiée à la Chambre de Commerce de Calais. Celle-ci gère les hangars qui permettent de stocker les marchandises. Elle est aussi chargée de les trier et d’y empêcher les vols. Elle doit aussi régir les grues et treuils hydrauliques qui permettent le transbordement des marchandises. Trois grues mobiles sont présentes sur les quais de l’avant-port, dont une ayant une force de levage de cinq tonnes. Sur les quais du bassin Carnot, neuf grues mobiles et six treuils hydrauliques d’une force de levage de 750 kg sont utilisés, une dernière grue de 40 tonnes permet le soulèvement et le basculement des wagons chargés de charbon. Le vaste réseau de voies ferrées est administré par la Compagnie de Chemin de fer du Nord.

    La construction du Port

    Le bassin à flot ou bassin Carnot. 
    Il s’étale sur 12 hectares, et possède 1505 mètres de quais. Le terre-plein du quai Ouest, possède des entrepôts où étaient stockées les marchandises de grandes valeurs. Ce terre-plein mesure 100 mètres de large, on pouvait y trouver une zone découverte de 11,50 mètres, avec une voie de roulement pour les grues, et où transitaient des wagons pour accueillir les marchandises. 
    A côté de cette zone, se trouvent une série d’entrepôts, 5 voies ferrées, une chaussée pavée et enfin un trottoir. Sur le terre-plein du quai Est étaient stockées les marchandises encombrantes de faibles valeurs, comme le charbon, le bois ou les minerais.

    La construction du Port

    Le port s'étend sur les fortifications

    L’avant-port est aussi restructuré. 
    Sa largeur moyenne est de 160 mètres, sa profondeur est d’environ 3 mètres en dessous du niveau zéro, sauf aux abords du quai situé au Sud-Ouest où la profondeur est de plus de 7 mètres pour permettre l’accès aux grands navires. Sur le quai Nord-Est, long de 570 mètres se trouve la gare maritime, qui permet le débarquement des voyageurs. Quatre groupes d’appontements métalliques permettent l’accostage de quatre navires en même temps. La fondation des quais est faite grâce à des puits rectangulaires en maçonnerie, forcés dans le sable par injection d’eau. 

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  • Le 1er septembre 1939, l’armée allemande envahit la Pologne. 
    Le 3, à la suite de l’Angleterre, la France déclare la guerre à l’Allemagne pour défendre son allié polonais. A Calais, dès cette proclamation, les Six Bourgeois sont mis à l’abri et les sirènes  testées. La municipalité supprime les festivités, institue des restrictions tel un jour sans viande et interdit la pêche aux harengs.

    Calais pendant la Seconde Guerre mondiale

    Officiers Allemands

    L’hiver de l’année 1940 est difficile. Au printemps des cartes d’alimentation sont établies pour la population. En mai, la Belgique et les Pays-Bas tombent. Le ciel calaisien s’obscurcit de nombreuses vagues d’avions allemands, des bombes pleuvent sur Calais-Nord au bassin Carnot. Après la prise d’Amiens et d’Abbeville, Calais devient un des objectifs du général allemand Guderian. Le 24 mai, la 10e division de Panzers1 encercle Calais. 3000 combattants britanniques dirigés par le général Nicholson et appuyés par 800 Français défendent la ville et le port. Les troupes étant insuffisantes pour tenir le périmètre de la ville, de durs combats ont lieu dans les rues de Calais. Nicholson doit résister à tout prix pour permettre l’évacuation des troupes à Dunkerque avec l’opération “Dynamo”. Le 26 mai à 16 h 45, Calais doit capituler. Les destructions sont importantes. Le Courgain a disparu sous les bombes. Ne restent debout que le phare, la tour du Guet et Notre-Dame.

    Calais pendant la Seconde Guerre mondiale

    Le rationnement alimentaire

    Le lendemain, l’occupation se met en place, une liste d’otages est demandée, un couvre-feu instauré de 21 h à 6 h du matin. La vie reprend son cours avec la réouverture de certaines boutiques. Chacun a droit à 250 g de pain. L’Armistice national est signé le 22 juin. Le ciel calaisien devient le témoin de la bataille d’Angleterre et des nombreux combats aériens dont les victimes retombent souvent dans le Calaisis. La résistance s’organise avec le réseau Jean de Vienne, qui cherche à collecter et à transmettre des renseignements d’ordre militaire utiles à la cause alliée. Les membres fondateurs se nomment Marcel Féty, Marcel Delage et Léonel de Pinho2, âgé de moins de 20 ans. La fête du 14 juillet n’a pas lieu.

    Calais pendant la Seconde Guerre mondiale

    Fin 1940 : les troupes allemandes sont dans Calais et patrouillent dans les rues

    L’école reprend en alternance pour les filles et les garçons. Les cartes de rationnement portent sur le pain, le sucre, le café, les pâtes, la viande, les fromages, les matières grasses, le savon, le charbon, le lait. En 1941, les queues s’allongent devant les boucheries ; en février on ne distribue que 3 kilos de pommes de terre par personne, la presse publie des recettes de guerre comme les oignons au gratin, la tarte aux pommes de terre. Les rencontres sportives reprennent, l’Alhambra donne deux représentations toutes les deux semaines. Le rationnement s’étend aux vêtements, au gaz, au tabac. Les bombardements sont nombreux. Le réseau Jean de Vienne est

    démantelé. A la fin de l’année, le conflit devient mondial avec l’entrée en guerre des États-Unis après l’attaque par le Japon de la base de Pearl-Harbor. 

    Calais pendant la Seconde Guerre mondiale

    1943 : le mur de l’Atlantique, batteries allemandes et radars sur les dunes de Calais

    1942 voit la résistance calaisienne touchée : exécutions et déportations se succèdent. Le ravitaillement est difficile. Pour acheter des souliers par exemple, il faut déposer une demande à la carte de vêtements et de chaussures contre un bon d’inscription et régulièrement certains numéros des bons paraissent dans la presse locale, comme pour une tombola ! L’église Notre-Dame se vide d’un grand nombre d’objets, mis à l’abri. Le 19 septembre, la batterie  Lindemann  est  inaugurée.  La  vie  pourtant

    continue, on note 535 naissances et 253 mariages. Les statues calaisiennes sont menacées de fonte. Cependant, la pêche reprend. Suite à des actes de résistance, le couvre-feu se trouve renforcé en 1943, on ne peut plus circuler entre 18 h et 8 h du matin, tous les établissements publics sont fermés. Les “Six Bourgeois” partent en Seine et Marne à l’abri. En février un premier départ pour le STO3 est organisé. Tous les Français nés entre 1920 et 1922 doivent s’y présenter ; à Calais ils sont 1125. le quartier des Fontinettes connaît un terrible bombardement. Un nouveau stade municipal provisoire est inauguré au Fort-Nieulay.

    Calais pendant la Seconde Guerre mondiale

    Le gigantesque canon Lindemann

    En février 1944, les Allemands considérant Calais comme le lieu probable d’un prochain débarquement allié, de nombreux Calaisiens doivent partir, ceux qui ne peuvent être accueillis par la famille sont évacués vers la Nièvre ou la Marne. 

    Calais pendant la Seconde Guerre mondiale

    1943 : des Calaisiens observent un combat aérien quasiment au-dessus de la ville.

    10 562 personnes partent entre le 1er et le 29 février. En mars tous les enfants d’âge scolaire doivent partir. Seuls 26 000 habitants restent. Les arrestations continuent, ainsi que des bombardements, une quarantaine de bombes sur les Fontinettes pour le mois de mai. Le 3 juin, 500 bombes larguées sur les quartiers des Cailloux et du Fort-Nieulay provoquent 44 morts. Le 6 juin, le débarquement en Normandie a lieu, l’information arrive à Calais deux jours plus tard. La ville souffrira encore. En août, le sabotage de l’usine Brampton provoque en représailles la mort de cinq jeunes gens, fusillés à la Citadelle : Jean Bodechon, 18 ans ; Alfred Véron, 20 ans ; Alfred Legros, 24 ans ; Fernand Gouverneur, 22 ans et Roland  

    Le Gal, 22 ans. En septembre, la 3e division d’infanterie entreprend l’assaut de Calais, le jour de l’attaque est fixé au 25. Dès le 24 la ville est bombardée. La 8e brigade attaque d’abord les Noires-Mottes, puis appuie la 7e brigade dans sa progression vers Coquelles. L’ouest du dispositif de la forteresse de Calais est enfoncé. Les Canadiens progressent le long de la côte vers le Fort-Lapin. La 7e brigade aborde les quartiers nord-ouest de Calais le 26 au soir, la 8e passe à l’est.  Ce même jour, le clocher de l’église Notre-Dame s’effondre suite à une erreur de bombardement des Britanniques. Le 27, le Fort-Lapin tombe aux mains des Canadiens.

    Calais pendant la Seconde Guerre mondiale

    Exode des Calaisiens ; 10 562 personnes partent entre le 1er et le 29 février 44.

    Le Fort-Nieulay hisse le drapeau blanc face aux lance-flammes des Royal Winnipeg Rifles. Un nouveau bombardement, le 28 amène le lieutenant-colonel Schroeder à accepter un cessez-le-feu pour évacuer les 20 000 civils demeurant encore à Calais. La Voix du Nord relate l’événement : “Plusieurs milliers d’habitants sortis pour quelques heures de leur cave écoutaient un représentant des autorités

    canadiennes venu leur annoncer qu’un armistice de 24 heures venait d’être conclu pour faciliter l’évacuation de la ville. Ce fut alors une scène inoubliable. De 1000 poitrines une vibrante Marseillaise puis le chant de Tipperary montèrent répondant à la harangue de l’officier français qui venait s’adresser à la foule.” 

    Calais pendant la Seconde Guerre mondiale

    Fin 44 les Canadiens rentrent dans Calais sous les acclamations.

     

    La garnison allemande se rend, une colonne militaire se met en marche vers Calais. Le commandant Mengin qui avait préparé l’offensive, est tué avant de voir la reddition totale de la ville. Les bombardements du 27 février 1945 touchent durement Calais libérée et provoquent encore 97 victimes. En mai l’Allemagne capitule. La ville en fête accuse un bilan très lourd : sur 17 000 maisons, 1835 sont anéanties, seules 860 restent intactes. 892 Calaisiens sont morts dont 551 civils. Calais est à reconstruire...

    Calais pendant la Seconde Guerre mondiale

    Les ruines de Calais après les bombardements

     


     

     

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  • Le 26 mai 1910, un peu avant 14 heures, se produit une terrible catastrophe au large de Calais. Alors qu’il effectue des exercices de plongée en compagnie de son jumeau le Ventôse, le submersible Pluviôse percute accidentellement le paquebot Pas-de-Calais qui accomplit comme chaque jour son service vers Douvres.

    La catastrophe du Pluviôse

    Les raisons de l’accrochage restent partiellement obscures : si le commandant de la malle ignorait tout des évolutions sous-marines des submersibles rattachés à la base de Calais, pourquoi le commandant du Pluviôse, lui, n’a-t-il pas réussi à éviter le Steamer dont l’itinéraire était parfaitement défini ?

    La catastrophe du Pluviôse

     

    La collision

    L’avant de l’appareil émerge quelques minutes, avant d’être englouti par les flots, laissant à la surface de l’eau des nappes de naphte. Les secours s’organisent rapidement : le canot de sauvetage, des remorqueurs, plusieurs contre- torpilleurs et la drague Les Ridens se trouvent bientôt sur le lieu de la catastrophe. On sait pourtant qu’il n’y a plus rien à faire pour les vingt-sept occupants du Pluviôse. En effet, la double coque de l’engin a forcément été éventrée puisque d’elle du mazout s’échappe. D’après les experts de l’époque, les marins ont dû périr dans les minutes qui suivirent la collision par noyade ou par asphyxie.   Les montres qui seront retrouvées sur les corps des victimes confirmeront cette hypothèse : elles étaient toutes arrêtées à 14 heures 10. Trois officiers (le capitaine PRAT, le lieutenant CALLOT et l'enseigne ENGEL) et vingt quatre membres d’équipage sont prisonniers de l’engin. La France entière est bouleversée devant ce qui apparaît comme un nouveau drame national, après le naufrage du submersible Farfadet survenu en 1905 et celui du Lutin en 1906 (les deux bâtiments ont sombré dans le lac de Bizerte). Les témoignages de douloureuse sympathie affluent de nombreux pays étrangers.

    La catastrophe du Pluviôse

     

    Les travaux de relevage

    Le navire repose par 17 mètres de fond. En raison de mauvaises conditions climatiques mais surtout des puissants courants qui traversent le détroit, les scaphandriers éprouvent les plus grandes difficultés à attacher des chaînes aux huit boucles de relevage dont le submersible est équipé. Le 30 mai, une seule a été fixée !

    La catastrophe du Pluviôse

     

    Un scaphandrier

    Les travaux de relevage, supervisés par le préfet maritime et le capitaine de vaisseau Amet, s’avèrent d’une lenteur désespérante. Ce n’est que le 3 juin que le Pluviôse peut enfin décoller de sa souille sous l’action de la marée montante, grâce à la traction de chalands reliés à des remorqueurs. Le bâtiment progresse étape par étape vers le port, mais il n’y est pas encore rentré. Dans la matinée du 5 juin, sous l’effet d’une forte houle, le chaland DP 42 qui soutient l’arrière du sous-marin vient en heurter la superstructure et s’y défoncer. Une des chaînes qui le reliaient à l’engin se brise : tout est à recommencer ! Il faut attendre le 8 juin pour que les dégâts soient réparés. Mais le sort s’acharne sur le Pluviôse et des chaînes se rompent à nouveau le lendemain. Le public s’impatiente, des critiques sont émises à propos de la façon dont la marine gère l’affaire. C’est seulement le 11 juin que le submersible est enfin ramené au port.

    La manœuvre, très délicate, est menée à bien par le pilote calaisien Eugène Rivet ; son expérience est décisive, la moindre erreur de direction pourrait provoquer un nouvel échouage qui bloquerait tout trafic ! 

    La catastrophe du Pluviôse

     

    Les travaux de relevage

     

     

     

    La catastrophe du Pluviôse

    Le pilote Eugène Rivet à la barre 

    La catastrophe du Pluviôse

    Nombreux badeaux venus assister aux opérations

    La catastrophe du Pluviôse

     

    Échouage du sous-marin dans le port

    Quinze jours se sont déjà écoulés depuis la catastrophe. Dix jours supplémentaires seront nécessaires pour extraire les corps du sous-marin. Le premier cadavre récupéré est celui du timonier qui se trouvait dans le kiosque. Pour les autres, il faut pénétrer à l’intérieur d’un engin empli de vase et de relents de putréfaction, et qui, de surcroît n’est accessible qu’à marée basse. La coque doit, par endroits, être découpée au chalumeau. Les corps sont déposés au hangar aux sucres , aménagé en chapelle ardente. Le transfert s’effectue à l’abri de deux palissades recouvertes de bâches qui forment une sorte de tunnel. L’identification n’est possible que grâce aux effets personnels

    La catastrophe du Pluviôse

    Ouverture du kiosque 

    La catastrophe du Pluviôse

    Le hangar aux sucres transformé en chapelle

       Victimes du devoir, les marins du Pluviôse ont droit à des funérailles nationales. Celles-ci sont célébrées le 22 juin en présence du président de la République Armand Fallières et de nombreuses personnalités, françaises et étrangères. Un cortège funèbre long d’environ un kilomètre parcourt Calais depuis l’hôtel de ville (place Crèvecoeur) jusqu’au port, en passant par l’église Notre-Dame. Les cercueils sont disposés sur des affûts de canons. Toute la cité est en deuil. Les défunts sont par la suite enterrés dans leur ville natale. Parmi eux, deux Calaisiens : les quartiers-maîtres mécaniciens Auguste Delpierre et Abel Henry. Au rond-point de la plage, une sculpture allégorique d’Emile Guillaume, inaugurée en 1913, rappelle la catastrophe. Une femme ailée personnifiant la Gloire plonge un bras à l’intérieur du Pluviôse qui émerge des flots, comme si elle voulait apporter un réconfort aux malheureux marins restés prisonniers du submersible. Les noms des victimes sont gravés sur le socle du monument, ainsi que celui d’Eugène Rivet. Le navire, quant à lui, après avoir subi des réparations à l’arsenal de Cherbourg et repris du service, sera démantelé en 1925.

    La catastrophe du Pluviôse

    Le cortège des funérailles

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  • Calais et les six Bourgeois… Calais, “cité des six Bourgeois”. 
    Le chef-d’œuvre de Rodin qui trône devant l’Hôtel de Ville est devenu le symbole de notre ville : qui pouvait imaginer que ce monument attendu pendant douze ans deviendrait si réputé ?

    Rodin et les Six Bourgeois

    1347 : après un siège de près d’un an mené par le Roi d’Angleterre, Edouard III, Calais cède et six bourgeois doivent apporter les clefs de la Cité qui devient anglaise pour plus de deux cents ans. Cinq siècles s’écoulent avant de penser ériger un monument rappelant cet épisode. La municipalité dirigée par Omer Dewavrin reprend l’idée de représenter les bourgeois. En effet, en 1884, Calais est prête à fusionner avec la commune voisine, Saint-Pierre, et le maire souhaite graver dans les mémoires le passé glorieux du

    “Vieux-Calais”. Le 24 septembre 1884, Dewavrin propose “d’élever un monument à Eustache de Saint-Pierre et ses compagnons, à l’aide d’une souscription nationale”.

    Rodin et les Six Bourgeois

    Séduit par la demande

    Auguste Rodin est alors un artiste reconnu dans les expositions mais pas encore en province. P.A. Isaac, calaisien fréquentant les salons parisiens, ami du sculpteur, le recommande auprès du maire qui visite en octobre 1884 l’atelier parisien de Rodin au 182 rue de l’Université. Rodin est séduit par la demande et se lance dans la lecture des Chroniques de Froissart. 
    Dès lors, une correspondance abondante et passionnante lie Dewavrin et Rodin : au total cent cinquante-neuf lettres échangées entre 1884 et 1903. Rodin écrit le 3 novembre 1884 : «J’ai eu la chance de rencontrer une idée qui me plaît et dont l’exécution serait originale» ; six personnages reliés par une corde mais individualisés, représentés de façon dramatique. En quelques jours il modèle une esquisse en terre, moulée en plâtre puis en bronze et envoyée au Comité de souscription. Le 24 janvier 1885, Dewavrin répond que le comité, sans examiner les cinq autres propositions, décide de confier la réalisation du projet à Rodin pour 15 000 F. Le 26 juillet 1885, Rodin présente lui-même à Calais une nouvelle maquette en bronze dite au tiers : le Comité commence à douter des talents de Rodin. Le monument n’a pas une forme pyramidale et grandiose mais prend l’aspect d’un cube disgrâcieux. Rodin exprime la souffrance et la douleur avec des personnages accablés, perçus comme faibles : est-ce ainsi que l’on représente les héros de Calais ? 

    Mais Rodin ne renonce pas à ses conceptions : animé par la passion et malgré la faillite de la banque où se trouvait l’argent de la souscription, il continue de modeler les Bourgeois en dépit de l’opposition du Comité. 
    Rodin travaille dans plusieurs ateliers pour réaliser de façon indépendante les modèles de chacune des six statues du monument qu’il réunit ensuite :

    Rodin et les Six Bourgeois

    - Eustache de Saint-Pierre représenté avec une barbe pointue, les mains pendantes, accablé par le poids de la corde qui s’enroule autour de son cou ; un aspect qui était jugé navrant par le Comité. - Jean de Fiennes représenté dans une attitude d’acceptation du sort qui lui est réservé.
    - Pierre de Wissant caractérisé par le modelé mouvementé de la partie supérieure de la bouche mais aussi la torsion de sa silhouette : l’élan du bras et le rejet de la tête pathétiques.
    - Jacques de Wissant au profil accentué par un front chauve, des yeux creusés, un nez et un menton forts.

    - Jean d’Aire qui apporte les clefs de la ville.
    - Andrieus d’Andres qui fut la seule statue modelée habillée dès l’origine. 
    Rodin débute par l’étude du nu. Il modèle séparément les parties du corps : la tête bien sûr mais aussi les mains (Eustache de Saint-Pierre, Pierre et Jacques de Wissant), les pieds. Il ne s’appuie pas sur les règles de l’académisme ou des stéréotypes mais choisit une morphologie qui serait propre à la région d’origine des personnages.
    Ainsi, il demande à son ami, le peintre Jean-Charles Cazin, né dans notre département, de poser pour le buste d’Eustache de Saint-Pierre. Les têtes peuvent être travaillées grâce à des esquisses deux fois plus grandes que la statue finale afin d’obtenir des expressions plus marquées.  

    Rodin et les Six BourgeoisRodin modèle séparément les parties du corps : la tête bien sûr mais aussi les mains.

    Rodin et les Six BourgeoisIl demande à son ami, le peintre Jean-Charles Cazin, né dans notre département, de poser pour le buste d’Eustache de Saint-Pierre.

    Rodin et les Six Bourgeois

    Rodin et les Six BourgeoisRodin réalise ensuite des modèles drapés : il ajoute une lourde chasuble, dont il transforme les plis au moyen de la photographie.

    Chaque élément est d’abord esquissé, modelé à coups de pouce dans la terre crue puis cuite, suivent ensuite plusieurs épreuves en plâtre pour obtenir ensuite d’autres fontes en bronze. Les statues sont photographiées tout au long de leur élaboration (huit cents clichés ont été conservés) afin de permettre à Rodin de retravailler les détails, de modifier les postures. Il annote les photos, les transforme en croquis, reprend les musculatures.
    Rodin réalise ensuite des modèles drapés : il ajoute une lourde chasuble, dont il transforme les plis au moyen de la photographie qui lui permet également de réaliser des essais de mise en situation et en lumière.
    Rodin expose à plusieurs reprises l’ensemble du monument ou certains éléments seuls :
    - mai 1887 à la galerie Georges Petit, trois Bourgeois sont présentés
    - 1889 à la même galerie, le modèle complet en plâtre à l’occasion de l’exposition Monet-Rodin
    En 1889, les Six-Bourgeois sont achevés mais les difficultés financières persistent. En 1893, le Comité se reconstitue et des subventions sont accordées par l’Etat et le Conseil Général. Il ne reste qu’à couler le bronze, fabriquer un socle et choisir un emplacement : les oppositions surgissent. Alors que Rodin voyait son œuvre sur la Place d’Armes, Dewavrin choisit d’autorité l’entrée du jardin du front sud (à la place des anciennes fortifications, l’actuel jardin Richelieu). Le monument doit être placé sur un piédestal de deux mètres de hauteur pour être mieux vu. Rodin avait essayé cette disposition dans les jardins de sa villa en plaçant les Bourgeois sur un socle en bois mais il avait aussi songé à faire sceller les personnages les uns derrière les autres à même le sol. 

    L’inauguration de la statue donna lieu à trois jours de fêtes : les 1er, 2 et 3 juin 1895 en présence de Rodin et d’un ministre. A ce moment, l’œuvre dérange car n’est pas conventionnelle puis elle devient familière et même indispensable : Calais s’identifie à ce symbole mais lorsque la Première Guerre mondiale éclate, on attend l’année 1918 pour abriter le monument. En 1919, le monument est placé sur la Place d’Armes qu’il quitte pour revenir devant le Jardin pendant cinq ans avant d’être à nouveau installé Place d’Armes. Après un séjour dans les caves de l’hôtel de ville et en Seine-et-Marne pendant la Seconde Guerre mondiale, il occupe la Place du Soldat Inconnu à partir de 1945 et jusqu’à aujourd’hui hormis un séjour de plusieurs mois en 2001 à Rome pour restauration. Il existe aujourd’hui douze moulages des Six-Bourgeois, le dernier datant de 1995. Il sont exposés dans des musées, des jardins ou au siège d’une entreprise à Séoul.  

    Rodin et les Six Bourgeois

    En 1898 à Bruxelles, Rodin présente seulement les torses des Bourgeois en plâtre, drapés, sans bras, en deux rangs serrés, sur une estrade basse que les visiteurs dominent.

    Rodin et les Six Bourgeois

    Rodin avait essayé, dans les jardins de sa villa, de placer le monument sur un piédestal de deux mètres de hauteur pour être mieux vu.

    Rodin et les Six Bourgeois

    L’inauguration de la statue donna lieu à trois jours de fête, les 1er, 2 et 3 juin 1895 en présence de Rodin et d’un Ministre.

     

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  • Les débuts de l’industrie du tulle à Calais remontent à l’importation des premiers métiers à Saint Pierre-les-Calais par les Anglais Webster et Clark. Quatre métiers fabriquaient un tulle uni.

    La dentelle à Calais

    Dès 1821, environ cinq ans après l’arrivée des premiers Anglais, on compta bientôt 210 personnes qui travaillent sur trente huit métiers appartenant à une dizaine de fabricants. Le matériel et la matière première parviennent à Calais  par  la  contrebande car l’importation du tulle anglais est interdite en France. Peu à peu la main-d’œuvre calaisienne va contribuer à la construction des machines sous le contrôle des cadres anglais. Progressivement les ouvriers locaux intègreront l’encadrement puis celui des fabricants. En 1830, le calaisis (St-Pierre et Calais) comptent 113 fabricants pour 256 métiers. 65 sont des exploitants anglais et les entreprises sont petites pour la plupart avec un seul métier. Seuls six exploitants ont plus de cinq métiers. C’est à cette époque qu’apparaîtront les premiers métiers Leavers qui produiront un tulle plus fin et de qualité supérieure. Des négociants calaisiens investissent dans la fabrication et le commerce du tulle. C’est aussi à partir de cette période que la révolution de la machine à vapeur et du système Jacquard lyonnais vont transformer peu à peu la production de tulle en production de dentelle mécanique. 

    La dentelle à Calais

    Ouvrières au travail

    L’alliance du système Jacquard et du métier Leavers sera la clé de l’industrie dentellière dans les années 1840. L’imitation de la dentelle à la main devient presque parfaite.
    La première machine à vapeur sera installée chez Pearson et Webster à Saint-Pierre. Ces machines à vapeur transmettent la force motrice aux métiers Leavers et aux autres machines par des systèmes de poulie et d’arbre à came dans l’usine. 
    En 1854, 16 machines à vapeur existent dans la ville. Le développement va entraîner la construction d’usines de plus en plus vastes avec une concurrence entre Calais qui manque de place et Saint-Pierre qui a de l’espace et des prix bas. Il s’ensuivra une génération d’usines bâties à la fin XIXe siècle.

    La dentelle à Calais

    Entrée d'une usine de dentelles

    Les citées jumelles vont connaître une rivalité aussi dans leur population. Le développement de l’industrie dentelière à Saint-Pierre conduira à une augmentation spectaculaire de sa population – 14 800 en 1861 – 17290 en 1866 – 20410 en 1812.De ces constructions subsistent de nos jours, l’usine Boulart (futur musée), l’usine Gaillard (Collège des dentelliers), l’usine Lefebvre (rue Auber). Ces usines étaient construites en milieu urbain et entourées par les habitations, les petits commerces et les estaminets. 

    La production de la dentelle suit une chaîne opératoire qui possède ses particularités, tant sur la dénomination des métiers et de leur acteur que sur l’outillage spécifique et les gestes adaptés.
    Le vocabulaire dentellier se caractérise par une anglicisation des différentes tâches comme le wheelage, le wappage, un vrai savoir-faire calaisien...
    Nous allons passer en revue dans l’ordre naturel toutes les phases de fabrication.

    La dentelle à Calais1

    1.

    L’esquisseur trace de son crayon de bois un motif sur une feuille de papier calque. Ce motif est ensuite adapté à un galon, «une bande» ou «une laize». Le dessinateur prévoit ensuite le passage de chaque fil. Il reprend l’esquisse et remet en forme les dessins. La pointeuse enregistre la position de chaque fil avec un code à deux chiffres qu’elle communique au perceur de carton.

    La dentelle à Calais2

    2.

    Le perceur prépare les bandes de carton selon la taille du Jacquard. Il se réfère au barème et s’assoit au piano à percer pour travailler les cartons.

    La dentelle à Calais3

    3.

    Une fois percés, ceux-ci sont lacés et pliés, prêts à être montés dans le Jacquard.

    La dentelle à Calais4

    4.

    Assise à sa table, la wheeleuse enroule une centaine de mètres de fil sur une série de 80 à 100 bobines. Pour un métier Leavers, le nombre de bobines à remplir est d’environ 5 000. Ces bobines sont ensuite confiées au presseur qui les presse puis les chauffe dans un four.

    La dentelle à Calais5

    5.

    L’extirpeuse commence par enlever le fil resté dans le fond des bobines. Elle confectionne également des tambours de wheelage contenant de 80 à 100 fils.

    La dentelle à Calais6

    6.

    Dans le même temps le wappeur monte son cantre. Il prépare ses rouleaux qu’il wappe avec une tension constante et une régularité dans l’enroulement. Il utilise du fil de guimpe ou de brodeur qu’il passe à travers des plaques percées à différentes hauteurs.

    La dentelle à Calais7

    7.

    Le metteur en œuvre et le mécanicien assurent la maintenance des métiers à tulle et des Jacquards. Le remonteur, ou «l’armonteur» comme l’on dit à Calais, avec un geste des plus précis, démonte les  bobines des chariots pour les transmettre au wheelage. Il les remonte également. 

    Pour le remontage, il place chaque bobine dans un chariot, tire le fil et l’enfile sur la pointe du blot. Le passeur de chaînes fait passer de 8 à 10 000 fils (de chaîne, de guimpes et brodeurs) à travers des œillets aux plaques, des plaques aux barres et les accroche sur le rouleau de tulle. Le tulliste assure les derniers réglages avec le contremaître. Il suit la production de dentelles. Il noue les rouleaux vides et règle son jeu de chariot. Depuis 1809, le tulliste est payé au rack, «unité de production sur la base de 1920 motions». 

    8.

    A côté des ateliers de préparation et de fabrication, se trouvent les ateliers de visitage, raccommodage, pliage, finissage. Il est aisé de comprendre que dans ces conditions le nombre de femmes et de jeunes filles qui y sont employées soit relativement élevé. La pièce est ensuite visitée. La visiteuse observe la pièce sur ses genoux et marque les défauts. La pièce sera visitée une deuxième fois après le raccommodage. La raccommodeuse répare les défauts de la pièce. Ce raccommodage se fait sur les genoux et à la main le plus souvent à domicile.  

    La dentelle à Calais9

    9.

    La dentelle est ensuite envoyée à la teinturerie. Une fois ennoblie, reste la finition de chaque pièce. Il existe un second raccommodage à l’apprêt pour reprendre les défauts survenus à l’apprêtage et à la teinture.

    La dentelle à Calais10

    10.

      La découpeuse prend une pièce de dentelle qu’elle pose sur ses genoux en y intercalant un morceau de tissu noir ou blanc pour faire contraste, et coupe les fils brodeurs flottants.

    11.

      Le rebrodage se fait ensuite sur une machine « Cornely ou Beyroux » selon la demande du client. La pièce de dentelle est soit effilée, soit écaillée. L’effileuse enlève les fils de séparation à l’aide d’un picot. L’écailleuse sépare les bandes à l’aide d’une paire de ciseaux. A l’issue de toutes ces opérations, les dentelles sont pliées sur carte, étiquetées et emballées pour la vente. 

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  • «A l’ouest, à l’est et au sud de la ville, ce ne sont que des bourbiers infects dans lesquels nos ouvriers et nos ouvrières pataugent et se crottent jusqu’au dessous des jarrets. 
    On ne pouvait rentrer chez soi qu’avec des échasses

    L’habitat de Saint-Pierre au début du XXe

    Les ingénieurs et patrons d’usines disposent de davantage de confort et leurs habitations sont luxueusement décorées : cheminées de marbre, plancher en chêne.

    Le village de Saint-Pierre est devenu, en un peu moins d’un siècle, une ville bientôt plus peuplée que sa voisine, Calais, en raison de l’installation, dès 1815, de l’industrie des tulles et dentelles. La croissance urbaine a donc été rapide mais les aménagements n’ont pas toujours précédé, ni même suivi, la construction des lieux d’habitation. Le quartier anciennement appelé «du bout des digues», puis «des quatre coins» est un exemple représentatif de la situation : dès le XVIIIe siècle les rues existent, tracées sur un ancien marais au niveau de la mer, avec la présence de cours d’eau comme l’Abyme. L’industrie a aussi apporté des désagréments comme la pollution de l’air et la pollution sonore. Au XIXe siècle, la municipalité de Saint-Pierre, voulant aménager et embellir la ville, prend des mesures : alignement des bâtisses en 1846 ; à partir de 1854, pavage des rues et création de trottoirs en commençant par les grandes artères ; construction d’un château d’eau en 1860 ; utilisation de l’Abyme comme égout à ciel ouvert et canalisation pour les eaux pluviales en 1873. Les conditions de vie sont différentes selon les catégories sociales et l’on ne peut ici qu’esquisser la situation des ouvriers de la dentelle. En effet, les différences de salaire suivant les tâches accomplies et le sexe sont grandes. en 1929, une débutante gagne 20F par semaine ; une raccommodeuse, 60 F ; un remonteur de nuit, 120 F ; un ourdisseur de 1ère catégorie 235 F. L’alimentation (plus de la majorité des dépenses) est composée de pain, de viande (près de 50 kg par personne et par an), de cheval pour les moins aisés, de poisson vendu au port, de pommes de terre, choux, navets, carottes et poireaux, pommes, marrons, oranges utilisées par les plus aisés pour remplir le bas de Noël, cerises et fraises, pour les aliments les plus consommés. 

    Parmi les autres dépenses, il faut signaler, pour environ 5%, celles concernant le chauffage et l’éclairage : charbon et gaz. Les frais d’habillement sont très variables et l’on écrit que «L’ouvrier tulliste va à l’atelier avec ses habits de fatigue, ses toiles bleues, sans faux col, un foulard en tenant lieu, et des espadrilles aux pieds.» Les ouvriers semblent être attachés à leur maison et peu, principalement des personnes de passage, vivent en meublé. Certains, «payant un impôt inférieur à 5.000 F», sont même propriétaires grâce à la loi Ribot. Le loyer représente généralement 10 % du salaire.

    L’habitat de Saint-Pierre au début du XXe

    Dans les maisons ouvrières, la pièce située en façade fait parfois office de salon, utilisé aux seules grandes occasions et où peut se trouver un feu à charbon. Chez les plus modestes, cette pièce sert de chambre aux parents et aux jeunes enfants, les autres enfants utilisant la chambre située en mansarde. Si de la place subsiste et n’est pas occupée par un membre de la famille (grand-parent, frère ou sœur, oncle ou tante), un pensionnaire peut apporter un complément de revenus.

    Partons maintenant à la découverte d’une rue telle qu’elle pouvait exister au début du XXe siècle.  

    L’habitat de Saint-Pierre au début du XXe

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