• Calais: Place d'Armes

    Calais: Place d'Armes

    La place d'Armes est l'une des plus grandes places de la ville de Calais. Elle jouxte la tour du Guet.

  • Origine

    La place d'Armes était autrefois le cœur de la ville de Calais. Durant l'occupation anglaise (1347 à 1558), elle prit le nom de Market Place (place du Marché). Ce n'est qu'à la fin de l'occupation anglaise, qu'elle prit définitivement le nom de place d'Armes. Malgré plusieurs tentatives pour changer son nom, c'est toujours celui de 1558 qui est en vigueur. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et sa destruction, due aux bombardements, la place d'Armes fut remodelée pour devenir ce qu'elle est actuellement.

    Histoire

     
    La place d'Armes et la Tour du Guet.

    C'est sur cette même place que se sont déroulées les scènes importantes du siège de Calais entre 1346 et 1347, avec entre autres l'acte de sacrifice des Six Bourgeois de Calais, se rendant à Édouard III, en chemise, pieds nus, la corde au cou et porteur des clés de la ville et du château1.

    Après la reconquête de Calais en 1558 par François, duc de Guise, le roi de FranceFrançois II accorda aux Calaisiens le droit d'y tenir deux fois par an une foire, qui existe encore de nos jours, ainsi que d'y tenir les mercredis et samedis le marché de Calais, toujours en activité.

    De nos jours, il ne subsiste, seul témoin du passé, que la vieille tour du Guet, géante parmi les habitations du quartier de Calais Nord.

    Le marché de Calais se tient toujours depuis 1558 sur la place d'Armes, les mercredis matin, (sauf les jours de pluie où il se déroule, dans une rue adjacente, dans une salle couverte, le marché couvert). Mais les jeudis et samedis matins, il se déroule sur la place Crève-cœur (Saint-Pierre-lès-Calais ayant fusionné avec Calais en 1885, Calais se retrouve donc avec deux grand'places).

     

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  • Polémique autour de la reconstruction de la place d'Armes, après la Deuxième guerre mondiale Le "style caserne" envahit la place d'Armes

    La Deuxième guerre mondiale n'épargne pas la place d'Armes. En 1952, la reconstruction démarre. Mais celle-ci crée une polémique entre un architecte qui souhaite imposer un style moderne, et les Calaisiens qui réclament un modèle plus traditionnel... Deux historiens du lycée Sophie-Berthelot remontent le temps, et relatent la controverse... Le 23 décembre 1952, le maire de Calais, André Parmentier, ne peut cacher son soulagement et son enthousiasme après le vote favorable à la construction de la future place d'Armes. La raison a fini par l'emporter sur la passion mais l'esthétique de la future place ne fait vraiment pas l'unanimité.
    Jusqu'alors, les bâtiments reconstruits à Calais étaient de style "régional ", largement inspiré de l'hôtel de ville et donc assez familiers des Calaisiens.
    C'est ainsi qu'on reconnaît encore aujourd'hui les bâtiments en brique rouge orangé, aux façades couronnées d'un triangle ou d'une volute flamande. Ce sont les immeubles de la Matelote, du quartier de l'Esplanade et du Casino. Mais ce style typique du début de la Reconstruction calaisienne, volonté des architectes Georges Labro et Roger Poyé, déplaît fortement au ministre en charge de l'urbanisme. En visitant Calais en 1949, Eugène Claudius-Petit ne peut s'empêcher de comparer l'immeuble de la Matelote à « une architecture d'exposition de poupées au magasin du Printemps. » Il décide alors de nommer Clément Tambuté, un architecte-adjoint aux idées plus modernes, pour travailler aux côtés de Georges Labro.
    Le ministère demande aux deux architectes de repenser ensemble le projet de la place d'Armes et des entrées de Calais-Nord.
    Pour Labro, la future place doit garder son caractère historique : il souhaite conserver la tour du Guet, reconstruire à l'identique l'ancien hôtel de ville de Calais-Nord et entourer la place de bâtiments en brique rouge à l'architecture néo-flamande. Mais Tambuté impose ses choix et fait accepter par le Ministère un projet radicalement différent. Pour lui, la place d'Armes doit être deux fois plus grande pour le stationnement automobile et surtout d'un style très moderne : des bâtiments en béton, de forme géométrique, avec des toitures en zinc. Une ligne architecturale "internationale", qui correspond bien à l'air du temps mais qui est peu appréciée des Calaisiens qui la baptisent ironiquement "style caserne "ou "abidjanais ".
    Le projet de Tambuté ayant été validé par le ministère de la Reconstruction, c'est au conseil municipal de Calais, qui se réunit le 23 décembre 1952, de donner ou non son aval. Le délégué ministériel et l'architecte sont présents lors des débats. Les critiques fusent. Pour le conseiller Jacques Vendroux, ce nouveau style très moderne ne correspond pas « aux goûts des gens de chez nous. (...) Le goût de la laideur est devenu pour nos urbanistes quelque chose d'essentiel. Ils veulent des espaces libres, ils réclament des squares et des stades, mais quand ils prévoient l'édification de maisons d'habitation, leur rêve, leur modèle, leur archétype, c'est la caserne. » Pour un autre conseiller, les dimensions de la place d'Armes sont « incompréhensibles ». « Nous avions auparavant une place normale, gaie, vivante ; nous aurons maintenant, je le crains, je ne suis pas prophète, un véritable désert. Je vois que la place est bordée (...) par des constructions sans variété, constructions énormes, uniformes, qui ne feront qu'accentuer le caractère désertique du lieu. Je crois que sans être bien méchant, on peut donner le qualificatif de "morne" à la place d'Armes. » 
    « Esprit rétrograde »
    Devant ces nombreuses critiques, l'architecte Tambuté défend son projet. Il insiste sur la modernité des logements qui seront pratiques, spacieux et agréables : « A Calais, les ménagères vivent surtout dans la cuisine, cette pièce est donc accueillante, donnant sur la rue, de façon à ne pas isoler les occupants. » Il déclare « qu'il n'y aura pas d'uniformité, il y aura de la couleur (et même) des couleurs assez violentes, (...) des balcons, de grands pleins et de grands vides. » Il rassure les conseillers en conservant le caractère historique de la place principale de Calais : il garde la tour du Guet et prévoit même d'installer, si nécessaire, une copie du monument des Six Bourgeois sur la place d'Armes.
    Mais au fur et à mesure des discussions, Tambuté ne peut cacher son énervement. A deux conseillers municipaux particulièrement critiques, il déclare : « Vous êtes tous deux de Calais. Il y a un certain esprit un peu rétrograde au point de vue architectural. Vous faites l'éloge du XVIe  siècle, de la petite maison ; vous n'êtes pas dans le temps. Je fais l'éloge de la maison de notre époque. Je ne conçois pas l'architecture comme au Moyen-âge, avec la construction de petites maisons (...) Nous sommes au XXe siècle. Vous amusez-vous à coiffer des châssis d'auto comme des carrosses ? Non. Vous achetez la dernière Citroën. (...) Pourquoi voulez-vous que nos maisons ne soient pas construites de la même façon ? »Mais si Tambuté se fait volontiers cassant, le délégué du ministère, M. Morel, se montre plutôt persuasif et rassurant : il fait comprendre que le projet est l'aboutissement d'un long travail de dialogues et de discussions avec les sinistrés qui ont été intimement liés à l'étude. Il insiste sur l'urgence de la situation, le nombre des mal-logés, le coût avantageux du projet et le travail fourni aux entreprises locales. C'est pourquoi ce projet si décrié est finalement adopté par le conseil municipal. En 1953, les travaux peuvent enfin commencer sur la place d'Armes.
    Source Nord Littoral Laurent BUCHARD et Marc COPPIN

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  • Place d'Armes: regards d'un autre siècle

    S'il est un des endroits de Calais qui n'a jamais disparu, même si son évolution a été constante au fil des siècles, c'est bien la place d'Armes. Il existe une foultitude de cartes postales montrant ses différents aspects : défilés militaires, fêtes votives, marchés, ou tout simplement la vie de tous les jours. Au moins quatre-vingt-cinq vues différentes, sans compter les clichés aériens ! Elle a quelque peu rétréci au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, du côté est où se trouvait le restaurant du Faisan Gris. Sur la carte (ci-dessous), toute l'équipe de tient au garde-à-vous pour le photographe.
    Il s'agissait à la fois d'un impératif technique (les émulsions employées alors étaient lentes, de l'ordre de 25 Asa, il fallait se tenir coi, sous peine d'être flou...) et esthétique, car ces cartes étaient utilisées comme publicité. La vêture est celle des années 30, et le restaurant disposait du téléphone  !
    Autre vue de chez Léon et Lévy, qui porte le N° 50. On peut trouver cette carte (ci-dessus) avec deux vues identiques, prises à quelques minutes d'intervalle. Celle-ci est la plus rare. Elle représente le côté nord de la place d'Armes, et on peut y voir (de droite à gauche) un magasin de jouets et souvenirs « à la pêcheuse », un vendeur de chaussures « à la botte d'or » avec un dentiste installé au premier étage, et encore une échoppe de souvenirs et coquillages fait l'angle de la rue du Havre. Au fond, la rue de la Cloche.

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