• Calais pleure ses résistants, soldats et victimes

    Après la Libération, hommages aux résistants et aux autres victimes de la guerre.

    Calais pleure ses résistants, soldats et victimes

    Les enterrements avec hommages officiels se multiplient. Après les cinq fusillés de la Citadelle, il y a aussi la centaine du bombardement du 27 février 1945.

    Ils sont morts, fusillés au Mont Valérien, dans la Citadelle d’Arras, au fort de Bondues ou ailleurs, souvent après avoir été sauvagement torturés par l’occupant nazi qui avait découvert leurs activités clandestines. Déjà, le 11 novembre 1944, un certain nombre d’entre eux avait été rapatriés pour être inhumés dans leur ville natale ou de résidence, Calais. En ce début d’année 1945, Nord-Littoral se fait l’écho de moments particulièrement solennels rendant hommage aux résistants lors de funérailles organisées par la municipalité provisoire dirigée par Jacques Vendroux.

    Dans son édition du mardi 6 février 1945, Nord-Littoral raconte la grande cérémonie qui s’est tenue le samedi précédent place Crèvecoeur. Dès le matin, la foule anonyme et les officiels défilent dans le hall du Palais de Justice, où sont exposés les cercueils de sept résistants : William Sharp, Claude Warocquier, Jean Le Bihan, Abel et Henri Beraet, Paul Caron et Henri Queval.

    Un détachement de troupes françaises vêtues de l’uniforme anglais présente les armes tandis que les cercueils sont disposés par des sapeurs-pompiers sur deux chars funèbres qui les conduiront vers leur dernière demeure. « Ils sont morts du fait de l’occupation de notre pays par les Allemands et voici qu’à son tour la « Terre des seigneurs » est envahie. Que n’ont-ils vécu pour voir cela ? » s’interroge le reporter de Nord-Littoral.

    Le 27 février, on apprend qu’un détachement de FFI accompagné d’une délégation de ses anciens camarades du 63° cuirassier a rendu les honneurs à Aimé Lefèvre, Calaisien joueur de basket de l’Amicale Franklin et employé au Crédit du Nord, dans la ville de Tulle, où il a été inhumé après avoir été assassiné par les Allemands. Le même jour, Calais est bombardée par erreur par les Alliés. Cinquante-cinq personnes décèdent sur le coup, le bilan s’alourdissant au fil des jours.

    Le 3 mars, la ville toute entière assiste aux obsèques solennelles des victimes civiles de ce bombardement. La cérémonie commence à nouveau place Crèvecoeur, le service d’ordre étant assuré par la police calaisienne et la Military Police. Jacques Vendroux prononce un discours grave mais tourné vers l’avenir : « De même que nous sommes unis dans la peine, nous resterons unis dans l’effort supplémentaire qu’il nous faut accomplir, d’abord pour venir en aide à nos frères en deuil, aux sinistrés, ensuite pour rendre la prospérité à notre ville. Calais, meurtrie, mutilée, endeuillée, offre une fois de plus ses enfants à la France ; mais demain, c’est son courage, son dynamisme et sa grandeur que Calais donnera à la France». Un long cortège se forme ensuite et se dirige dans un lourd silence vers le cimetière Sud.

     

    Il y a aussi des « revenants »

    Alors qu’il est mort au champ d’honneur moins d’un an auparavant, des Calaisiens et des Ardrésiens se rassemblent le 8 avril 1945 place Crèvecoeur pour parcourir en automobile le chemin emprunté par le commandant Mengin lors de la Libération de Calais, une cérémonie religieuse en l’église Saint-Pierre clôturant la journée. Notes d’optimisme dans cette atmosphère funèbre : Nord-Littoral publie régulièrement au cours de ce printemps 45 les noms des prisonniers et déportés originaires de Calais de retour des camps : les «revenants».

     

    Magali Domain

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