• Chargement et déchargement

    Chargement et déchargement

    75. Déchargement de bois au bassin Carnot. 1914

    Calais est devenu à la fin du XIXe siècle le premier port français d’importation de bois du nord en raison de la grande disponibilité des terre-pleins de son espace portuaire. Sur ce magnifique cliché on voit que les méthodes de déchargement sont restées très archaïques. Les planches sont remontées de la cale par le guindeau du bord et un simple mât de charge. Chaque docker porte une planche sur son épaule armée d’un coussin en cuir. Le travail au port qui ne requiert aucune qualification à part du courage et de la force a toujours été un complément de l’activité des ouvriers saisonniers du tulle ou des autres industries calaisiennes qui attendaient avec impatience l’arrivée des voiliers puis des vapeurs scandinaves chargés de bois du nord. On peut voir quelques détails intéressants sur ce petit cargo scandinave à château central, par exemple la prame norvégienne en métal qui est le “you-you” du bord à gauche de la cheminée, la passerelle découverte avec la grande barre à roue et la seconde barre de secours à l’arrière.

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    76. Chargement de la péniche Anna au bassin Carnot. 1920

    Une atmosphère qui rappelle Hambourg ou Rotterdam. L’un des grands avantages du port de Calais sur celui de Boulogne est d’être relié directement au système des canaux du nord de l’Europe. Le transbordement entre navire de mer et bélandres peut s’effectuer directement comme le montre ici Paul Villy.

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    77. Le bassin Carnot. 1921

    Les bélandres sont si nombreuses que l’eau du bassin n’est plus visible. Cela ne semble pas troubler la femme du marinier qui lave son linge dans un baquet au premier plan, étonnant contraste avec la masse du cargo prénommé Nicolas mais dont le nom patronyme est malheureusement illisible.

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    78. Automobile grutée au quai Paul Devot. 1930

    Les voitures ont été transportées de part et d’autre du détroit depuis qu’on a voyagé en voiture. Les riches britanniques qui traversaient le détroit au début du XIX€ siècle n’hésitaient pas à faire embarquer leurs berlines et leurs chevaux sur des paquebots à voiles d’à peine quarante tonneaux. Ce trafic disparut pratiquement à Calais au profit de sa rivale Boulogne vers 1880. Mais l’essor de l’automobile le fit renaître dans notre port en 1928 avec la mise en service par le capitaine Stuart Townsend d’un petit navire affrété baptisé Artificer.

     Fort de cette première expérience, Townsend mit en service en 1930 le premier véritable car-ferry, le Forde, avec l’appui des entreprises maritimes Léon Vincent. La compagnie de chemin de fer Southern Railway ne pouvait pas rester inactive et arma successivement deux cargos du “service mixte”, passagers et voitures comme on disait alors à Calais, ce furent Abington et Autacarrier. Pour assouplir la concurrence, les bateaux de Townsend et ceux du Southern Railway partaient en même temps.

     Vers 1930, c’était toujours un événement de voir charger une automobile sur un bateau. Robert Chaussois se souvient de la méthode employée alors : “Au début, on utilisa des plateaux pour décharger les autos au moyen des grues.

     Ce procédé réclamait un délai assez long, car il fallait solidement caler et fixer la voiture. C’est alors que fut mis au point un système de griffes emprisonnant les quatre roues. Il permettait une mise à terre en une minute, toutes opérations comprises. Une nouvelle difficulté se présenta vers la fin de 1938, quand les nouvelles carrosseries automobiles enveloppèrent aux trois quarts les roues arrière. Rapidement on trouva la solution en utilisant des griffes pour les roues avant et des tiges prenantes pour les roues arrière”.

     Bien que le Farde ait été équipé dès sa mise en service d’une porte et d’une plateforme à l’arrière celle-ci ne pouvait être utilisée ni à Calais ni à Douvres en raison de l’absence de passerelle spécialisée. C’est le 9 juin 1936 que le capitaine Townsend embarqua pour la première fois des automobiles par l’arrière de son navire Forde. Ce nouveau mode de chargement était la conséquence de la grève générale qui frappait alors le port de Calais. En raison de la grève des grutiers et des dockers, on débarqua ce jour une à huit automobiles et on en embarqua quatre sur le Farde “grâce à la conformation de son arrière basculant, lui permettant à marée haute de débarquer ses autos sans le concours d’une grue... Il est à noter qu’au moyen de cette passerelle, le chargement et le déchargement se font à une allure record” notait le chroniqueur de l’époque. Le système “drive on—drive off” allait faire fortune sur la route Calais—Douvres.

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    79. Chargement de la barge anglaise Enchantress au quai Crespin. 1930

    Il est possible de dater ce cliché de la fin du mois de mars 1930 puisque la barge Enchantress de cinquante—cinq tonneaux est sortie du port le 23 chargée de la pâte de bois sans doute de l’usine calaisienne en destination pour Rochester. Le ponton grue est utilisé pour manutentionner les ballets de pâte de bois, peut—être pour éviter les collisions de la flèche d’une grande grue avec le gréement de la barge. On aperçoit au fond le bâtiment de la machine de l’écluse et la gare maritime.

     

     

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