• Corsaire calaisien

    Tom Souville

     Corsaire Calaisien

     Notre ville compte un grand capitaine corsaire : Tom Souville. Sa vie fut, comme dans les plus beaux films d'aventure hollywoodiens, pleine de panache, tumultueuse et colorée. Abordages, combats, évasions, actes d’héroïsme et grand vent de l'aventure souffleront toute sa vie durant.

     Tom Souville est né à Calais le 24 février 1777. Son père est officier de santé en chef à l’hôpital de la ville, sa mère, originaire de Gravelines, s’occupe de ses quatre enfants, deux garçons et deux filles. Le petit Tom est, de loin, le plus indépendant et le plus téméraire des Souville. Enfant, il aime se promener seul au bord de l’eau et rêve de voyage en regardant partir en mer les bateaux.

     Aventurier en herbe

     Il a juste 10 ans quand il annonce à ses parents qu’il ne se destine pas à une vie tranquille et bourgeoise, mais veut être marin. Papa et maman savent qu’ils ne pourront pas aller contre ce garçon frondeur et déterminé. Ils le font s’embarquer comme mousse sur un navire voguant pour l’Espagne. Le garçon a du tempérament, et après quinze jours à laver la vaisselle, il jette les assiettes sales par—dessus bord et cri haut et fort qu’il est là pour faire un travail de marin.

    À 15 ans, il embarque comme timonier dans un vaisseau de ligne à Brest. Un an plus tard, Tom gagne la confiance du capitaine par ses qualités de marin, mais à 15 ans, il embarque comme timonier dans un vaisseau de ligne à Brest. Un an plus tard, Tom gagne la confiance du capitaine par ses qualités de marin, mais aussi son courage face au danger et devient aspirant de navire de guerre sur “l’Entreprenant”.

    A 10 ans, le jeune mousse est lassé de faire la vaisselle. II la jette par dessus bord et dit haut et fort qu'il veut être marin.

    Ce vaisseau est affecté à l’escorte d’un convoi de farine venant des Amériques. Les Anglais, ennemis implacables de la France, les attaquent Et, dès sa première épreuve du feu, Tom fait preuve de bravoure.

    Durant les combats il est affecté à la transmission des signaux de commandement. Ce travail s’effectuait à l’aide de fanions de couleurs différentes. Il fallait de ce fait être très visible et exposé aux balles et boulets de canon de l’ennemi. Dès le début de la bataille, Tom est blessé au genou gauche. Il ne quittera son poste qu’après que l’Anglais ait abandonné la partie.

    Le 1er octobre 1794, Tom Souville part pour d’autres aventures en s’embarquant sur “le Formidable” du capitaine Lefrancq, vaisseau de 74 canons, en tant qu’aspirant provisoire. À chaque combat, Tom prend part à la bataille avec détermination, son sens des responsabilités et de la justice.

    22 juin 1795, le bateau de Tom est attaqué par deux vaisseaux anglais. Les volées d’artillerie anglaise démâtent le navire et fauchent de nombreux marins. Tom s’empare alors du drapeau français qui gisait sur le pont et le fixe sur ce qui restait du mât d’artimon.

    Face à ce geste, les marins français se ressaisissent et se battent vaillamment, mais Tom est blessé à la cuisse et à l’épaule.

     

     Tom prisonnier

     Son navire est malheureusement coulé, et il sera prisonnier des Anglais jusqu’à la fin de l’année 1795. De retour dans son pays, il est enseigne de vaisseau à 19 ans.

     Cependant la guerre contre l’Angleterre se poursuit. Et, de plus en plus, on en vient à attaquer les convois maritimes de commerce de l’ennemi avec la bénédiction du gouvernement français.

     À 19 ans, il & l’assurance que lui sera délivrée une Lettre de Marque* lui permettant de faire la Course. Comprenez qu’il va pouvoir être corsaire et vivre son rêve.

    *Lettre de Marque ; document écrit et signé donné par un représentant de l’Etat autorisant une personne à armer un bâtiment pour pratiquer la chasse aux navires avec lesquels la France est en guerre.

     À Calais, Tom a le soutien et la confiance des banquiers, les Renards Frères. Il faut savoir que les corsaires pouvaient être source de bons revenus. Le gain pour un navire capturé se répartissait ainsi : un tiers à l’armateur, un tiers au Capitaine et le tiers restant à l’équipage.

    À 15 ans, durant un combat, Tom Souville est affecté à la transmission des signaux. Blessé au genou, il ne quittera pas son poste. Son courage devient légendaire.

     Tout le Courgain aux côtés de son héros

     25 septembre 1796, vers minuit, le Courgain grouille de monde, un joli cotre, “l’Actif” armé de huit canons et monté de ses quarante marins quitte le port. À sa barre, Tom Souville. Le temps est épouvantable. Vers cinq heures du matin, “l’Actif” fond sur ses premières proies : deux bricks anglais. Ce seront ses premières prises. Beaucoup d’autres suivront. Au fil des ans sa notoriété grandie dans la région, en France et chez les Anglais, où il est redouté. Il s’attaque le plus souvent aux prises de choix que sont les vaisseaux anglais venant des Indes chargés d’indigo, de soie et de thé.

     À chaque fois le combat se déroule sur le même schéma. Souville fond sur sa proie, ordonne au navire pourchassé de se rendre avant de tirer une bordée de canon et de lancer l’abordage. Tom sera blessé à plusieurs reprises et deux fois prisonnier des Anglais. Il s’évadera toujours.

     Au Courgain, où il recrute tous ses hommes, on le vénère. On apprécie autant ses grandes qualités de marin que l’homme généreux et courageux qu’il est. Ses matelots mènent grande vie, l’argent coule à flot. Tom est un capitaine aimé de toute la ville rendant de grands services à la nation. Il sera pendant toutes ces années la bête noire des Anglais.

     La paix rétablie avec les Anglais, il mena une vie rangée des voilures. On ne sait que peu de chose de son court mariage avec une demoiselle Fayolle, mais son engagement et son action pour Calais sont restés. Il sera à l’origine du “premier phare de Calais, créera le canots de sauvetage aura des responsabilités à l’hospice en tant qu’administrateur et s’engagera dans la vie politique locale en étant conseiller municipal. Ses exploits lui vaudront, entre autres, la légion d’honneur et le titre de chevalier.

     Tom Souville est mort le 51 décembre 1859 à l’âge de 62 ans. Vous pouvez voir sa tombe au cimetière de Calais Nord.

     

     Texte d'après le livre de Henri Chevalier ”Vie et Aventures de Tom Souville”, avec la collaboration de l’association Histoire et Tradition. Illustrations : Tom Souville d’après Jean Solé.

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