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    Dampierre (rue) Rue du Four-à-Chaux, rue des Prairies

     Après s’être appelée Ferdinand de Lesseps, elle prit le nom de Dampierre en 1885. Ce marquis, né Auguste Henri Marie Picot (1756-1793), était un général qui se distingua à Quiévrain et à Jemappes. Devenu commandant de l’armée du Nord et des Ardennes, il fut mortellement blessé en tentant de dégager Condé, près de Valenciennes.

     Surnommée autrefois la « rue Derrière L’Eglise », cette petite voie côtoie en effet l’église Saint-Pierre, bâtie en 1862 et inaugurée en 1870 dans un style néo—gothique : en pierre blanche du pays pour les œuvres vives et en brique pour les remplissages. Par souci d‘économie, les murs intérieurs seront recouverts d’un enduit au ciment et l’architecte a fait le choix de l’inévitable clocher-porche qui abrite une cloche en bronze de 1757, classée monument historique. L’édifice religieux est tourné vers la place Crèvecœur sur laquelle donne la rue Dampierre. L’église tente de s’intégrer à l’ensemble architectural hétéroclite qui borde cette place. On y trouve en effet le Palais de justice, un beau bâtiment néo-classique inauguré en 1864 qui était à l’origine l’hôtel de ville de Saint-Pierre-les-Calais. C’est du balcon de ce bâtiment que, le 28 septembre 1944, lors du siège de Calais par les troupes alliées, un officier français annonça un cessez-le-feu de 24 heures pour permettre à la population civile d’évacuer la ville. En écho, les Calaisiens entonnèrent la Marseillaise, devant des soldats allemands médusés.

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    Autrefois surnommée la « rue Derrière L’Eglise », cette voie est au cœur du quartier de la place Crèvecæur où se côtoient l ’église Saint-Pierre, la Bourse du travail et le Palais de justice, l’ancien hôtel de ville de Saint—Pierre-les-Calais, inauguré en 1864.

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    Profitant de l ’opération de rénovation de la place Crèvecœur achevée en novembre 1994, des propriétaires avisés ont restauré leur maison, mettant ainsi en valeur des façades ouvragées en brique, avec des rehauts de pierre autour des ouvertures.

     Faisant face au Palais de justice, la Bourse du travail, édifiée en 1937, ne fut jamais inaugurée à cause de la guerre. Celle-ci a été érigée à l’emplacement d’un bâtiment baptisé « Le Lavoir », qui avait été détruit lors d’un bombardement aérien en 1918. La Bourse et été bâtie dans un style « moderniste ». Sa façade est ornée d’un bas-relief de René Coucy, très Front populaire, intitulé Paix et Travail, où sont représentés les thèmes du port et de l’industrie, avec la colombe de la paix au milieu.

     La place doit son nom à un important fabricant de tulle, Jean-Louis Crèvecœur qui avait fait don d’un grand terrain en 1836, « à condition qu’il serve à perpétuité de place publique, qu’il porte le nom du donateur et que les foires et marchés, existants ou à venir, y aient lieu. »

     Son vœu fut exaucé et, en 1838, le ministre du Commerce agréa le marché hebdomadaire du jeudi qui se tient encore aujourd’hui.

     La place servit également aux exécutions capitales jusqu’au 9 décembre 1884, date à laquelle la guillotine y fut dressée pour la dernière fois. C’était pour le Belge Antoine Anglicus qui avait assassiné sa fille. Cette exécution fit courir tout Calais et la place était noire de monde.

     Des foires et des fêtes foraines s’y sont déroulées jusqu’à la rénovation de la place inaugurée le 26 novembre 1994.

     La rue Dampierre a profité de cette opération pour mettre en valeur quelques-unes de ses maisons, notamment au n°34, celle qui propose une belle façade ouvragée en brique, avec des rehauts de pierre autour des ouvertures.

     

     Darnel (rue) Boulevard Pasteur - rue Cailliette

     La dénomination de cette rue A des Fontinettes ne s’est as faite sans mal. Le docteur Marie-Pierre Darnel 1813-1884), ancien chirurgien de la marine, avait été nommé maire par décret en 1879. Mais il démissionna trois ans plus tard, après avoir été injurié en réunion de conseil, sans qu’aucun élu ne l’ait défendu. On lui reprochait sa gestion et notamment la réalisation d’un collège à Calais—Nord qu’il fallut démolir pour vice de construction...

     La rue Darnel croise la rue Antoine Bénard, autre maire de Calais de 1815 à 1830, où se trouve, depuis 1961, la station d’autobus. Cette artère vaut par la qualité architecturale de ses demeures du début du XX°. Au coin du boulevard Pasteur, une agence bancaire s’est installée dans les anciens locaux des Postes et Télégraphes. Et à l’autre extrémité, l’immeuble de l’AGRR est aménagé depuis 1967 dans une ancienne usine de tulle. Aux n°13 et 15, on trouve un bel exemple de maison double à portes jumelées, avec œils-de-bœuf dans les combles, ce qui lui donne une apparence bourgeoise. Au 21, une maison de maître s’impose par les habillages ornementés de sa porte cochère et, au n°25, une autre grande demeure, avec sa façade de brique et de pierre calcaire. Au 11 °,35 s’élève une superbe maison, avec son haut bow-window en bois surmonté d’ un balcon en fer forgé. Cette construction est signée de l’architecte Nestor Duvinage qui, de 1870 à 1905, réalisa plus de deux cents maisons et usines à Saint-Pierre.

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    Cette rue du centre-ville abrite de nombreuses et belles maisons bourgeoises comme ces deux exemples de façade : la première de style néo-classique ; la seconde, signée de Nestor Duvinage, avec son bow-window en bois et son balcon en fer forgé.

    Delannoy (rue J., F. et M.) Gauguin-maritime

     Petite rue derrière l’immeuble de la Matelote, transformé en logement collectif à la Reconstruction, avec ses tours et ses balcons qui font songer aux cours des usines de dentelle, elle part de la rue Emile Rivet et se prolonge par la rue Louis Gavet. On est au cœur de ce qui fut le quartier des gens de mer et des sauveteurs. Jean, François et Maurice Delannoy sont de ceux-là.

     C’est en 1919 que le conseil municipal baptise la rue Basse du Courgain-maritime du nom de Jean Delannoy, en mémoire de ce courageux patron de canot de sauvetage (1847-1919). Six ans plus tard, Léon Vincent, un Courginois devenu marre de Calais, propose que le frère François Delannoy, lui aussi patron et sauveteur émérite (1851-1924), ait une plaque à son nom. Par crainte de confusion, on donna les deux noms à la rue. Et bientôt trois, avec l’hommage rendu en 1955 au fils de Jean, Maurice Delannoy (1879-1931), atron du premier canot de sauvetage Maréchal Foch.

     La rue débouche sur la place du Minck. Ce marché aux poissons, reconstruit en 1956, ne fut plus utilisé du fait de l’effondrement de la pêche. Pourtant, le minck connut une grande animation. Le premier avait été ouvert en 1873, à la demande des 70 patrons de pêche d’alors. Démoli en 39-45, il fut installé provisoirement dans un baraquement, quai de la Colonne, puis boulevard des Alliés avant cette construction en béton, aujourd’hui désertée.

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    Reconstruit en 1950 au Courgain- maritime, l’immeuble collectif de la Matelote reprend, sur sa façade arrière et de manière stylisée, l ’architecture des cours des usines de dentelle, avec leurs tours et leurs coursives desservant des logements individuels.

     

     Delcluze (rue Alfred) Rue Garibaldi - boulevard Gambetta

      C’est en 1923 que la rue a pris le nom d’Alfred Delcluze (1857-1923), honorant ainsi ce député socialiste, concurrent d’Emile Salembier, qui avait été maire de Calais de 1898 à 1900, et qui mourut dans la misère.

     Cette artère est la réunion de quatre rues qui, au XVIII° siècle, avaient pour nom Conti, Bleue, des Quenouilles et Piroirette. Elle devint d’ailleurs rue des Pierrettes en 1891. Ce nom de Pierrettes, comme celui du quartier des Cailloux, fait référence au sous-sol de Saint-Pierre-les-Calais. Au XVIIIe siècle, c’était une plaine de sable et de galets, un faubourg de Calais où vivaient des agriculteurs et des jardiniers logeant dans de petites maisons rurales.

     La rue Delcluze a gardé des traces de ce passé-là, notamment avec de nombreuses courées qui forment un vrai labyrinthe. C’est le cas pour la cour Lionel Choudy au n°21, celle du n°35, pas plus large qu’un couloir, ou de la cour Brebion au n°15, avec son écoulement central et ses maisons de poupée.

     Avec l’essor de la dentelle au XIX° siècle, la rue a changé de visage et offre encore aujourd’hui un paysage architectural hétéroclite. On y trouve mêlées tout aussi bien une grande propriété, avec parc, que de vieilles bâtisses en pierre ou en pierre-ciment pour faire plus riche, comme au n°65, avec son bas de façade goudronné pour se protéger des inondations qui étaient fréquentes dans le quartier des Pierrettes.

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    C ’est ici le schéma classique d ’une rue ancienne de Saint-Pierre, dans ce quartier dit des Pierrettes qui mélange des petits commerces d'angle, des maisons ouvrières, des coure'es et une propriété, avec son grand parc entouré de hauts murs pour se protéger des regards.

     Delpierre (quai Auguste) Courgain-maritime

     Reliant le boulevard des Alliés au quai de la Colonne, cette voie portuaire tient son nom d’un quartier—maître mécanicien de la Marine nationale. Auguste Delpierre était le seul membre d’équipage calaisien du Pluviôse, ce sous-marin qui coula e 26 mai 1910 devant les jetées de la ville après avoir été abordé par le paquebot Pas-de-Calais.

     Originaire du Courgain-maritime, le sous-marinier avait 21 ans. Il devait être du mariage de sa sœur le 23 juin 1910, mais ce fut le jour de ses obsèques, en compagnie de ses camarades.

     Trois jours après les funérailles, les conseillers municipaux décidèrent de baptiser cette partie du quai qui longe le bassin du Paradis aménagé en 1397 par les occupants anglais.

     Il accueille aujourd’hui une petite flottille de pêche et, équipé d’un gril, sert de bassin d’échouage. L’entrée en est fermée par un mâle et, de l’autre côté, par l’avancée en cul-de-sac du quai d’Angoulême, construit en 1818. Dans le temps, on y tirait les feux d’artifice du 14 juillet.

     Longeant le quai Delpierre, l’immeuble de la Matelote date de 1950._,C’est une architecture du début de la Reconstruction, avec, au fronton, une statue de Courguinoise due au sculpteur de Calais Léon-Georges Buisseret. Il dresse sa silhouette, face au port, et sa façade courbe reprend la ligne de l’ancienne palissade du bastion du Courgain, avec des écoulements

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    C ’est dans le bassin du Paradis, construit en 1397 par les occupants anglais, que le port a pris naissance. En 1950, le long du quai, a été reconstruit l’immeuble de la Matelote, métaphore architecturale de l’ancien quartier du Courgain-maritime. d’eau en forme de canons.

     Demont-Breton (rue) Rue Francisco Ferrer - rue Greuze

     Dans ce quartier du Beau-Marais, les peintres ont droit de cité. Dans le coin, on repère ainsi les noms de Dürer, Rembrandt, Millet et Ingres.

     C’est en 1931 que l’on baptisa cette petite voie Adrien Demont-Breton (1851-1928). Celui-ci est connu comme étant le peintre des sites désolés de l’école réaliste et poétique de Jules Breton. Tout jeune, il venait souvent à Calais avec ses parents qui aimaient le littoral. Il est d’ailleurs mort à Wissant et ses cendres furent enterrées à Douai, sa ville natale.

     L’une de ses filles, Adrienne Ball-Demont (1888-1935), avait son atelier boulevard Gambetta. On lui doit notamment le grand tableau de la salle des mariages de l’hôtel de ville Les étapes de la vie, avec sa fameuse devise « Printemps, jeunesse de l’année. Jeunesse, printemps de la vie ». Ses parents Adrien et Virginie Demont-Breton ont servi de modèles à cette œuvre, formant le couple de vieillards qu’on aperçoit à gauche de la toile.

     La petite rue du Beau-Marais est bordée de maisons néo-flamandes en brique, avec des entrées en arcade et des marches à gravir.

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    Au Beau-Marais, cette rue paisible est bordée de maisons néo-flamandes, de briques sombres, avec des entrées en arcade.

     Deschamps (rue Robert) Fort Nieulay

     Accrochée à la rue de Blida, cette voie s’achève en cul-de-sac sur les glacis du fort N ieulay. Elle fait partie du quartier de la Porte-de-Paris, une extension du fort Nieulay datant de l’après-guerre. Un groupe scolaire moderne y a trouvé sa place et la rue offre un classique alignement de maisons de briques, avec des rehauts de peinture et des jardinets, histoire de se singulariser dans cette architecture uniforme. C’est le coin des résistants calaisiens, avec notamment Fernand Gouverneur, Roland Le Gall, Alfred Véron et Jean Bodechon. Ce sont quatre des cinq jeunes arrêtés le 20 août 1944 pour un attentat commis à l’usine Brampton et fusillés sans jugement le 3 septembre à la citadelle. Autre héros de la Résistance, Robert Deschamps (1920-1944) est un militant communiste mort en déportation. Il avait fondé le journal clandestin La Vérité. Blessé et arrêté par un policier français le 12 juillet 1943, il fut condamné aux travaux forcés. Il est mort au camp de déportation de Gross—Roven en Pologne. Son nom a également été donné à un terrain de football avenue de Saint—Exupéry, tout près du cimetière Sud.

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    S ’achevant en cul—de-sac sur le glacis du fort Nieulay, cette voie de la Porte-de-Paris offre un classique alignement de maisons et jardins.

    Devot (quai Paul) Avant—port

     C’est en 1899 que ce quai prenait le nom du hangar qui le longe. La Chambre de commerce voulait rendre hommage à celui qui fut son président de 1879 à 1883. Paul Devot (1838-1884) dirigeait une importante usine de dentelle. Il appuya la politique de développement portuaire, mais mourut à 46 ans, en rentrant d’un voyage à Paris au ministère des Travaux publics où il défendait le dossier du port de Calais.

     Durant la Seconde Guerre mondiale, le quai Paul Devot reçut les premières bombes tombées sur Calais, le 10 mai 1940. Refait et transformé en poste en eau profonde, les navires de marchandises y accostèrent à nouveau en 1949. De gros travaux lui permettent d’accueillir aujourd’hui des cargos de 20 000 tonnes. En face, on découvre l’immense terminal des car-ferries : avec ses vingt millions de passagers par an, Calais est le premier port de voyageurs de France. A l’extrémité est du quai, le pont Vétillart porte le nom de l’ingénieur des Ponts et Chaussées qui, à la fin du siècle dernier, joua un rôle déterminant dans les travaux de modernisation du port.

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    Refait et transformé en poste en eau profonde, ce quai, équipé de puissantes grues, peut accueillir des navires de commerce de 20 000 t.

    Dognin (rue) Rue des Fontinettes - rue Champailler

     Dans ce quartier de Saint-Pierre, sont regroupés des noms évoquant l’industrie dentellière et ceux qui ont contribué à son essor. En 1825, à Lyon, Jean-Claude Dognin avait inventé les tulles grenadine et illusion sur des métiers Bobin qu’il avait déplacés de Calais. La première usine Dognin était implantée boulevard La Fayette à l’angle de la rue Charost. Déplacée en 1884 rue du Vauxhall, elle n’existe plus.

     La rue Dognin a souffert des deux guerres : c’est aux n°8 et 10 que, dans la nuit du 22 février 1915, sont tombées les premières bombes aériennes larguées depuis un dirigeable. Dans les maisons détruites, cinq personnes furent tuées, mais, au milieu des débris, les secouristes retrouvèrent un bébé de 14 mois sain et sauf. Le 7 mai 1941, un obus, tiré d’Angleterre, détruisit trois maisons, blessant cinq occupants, déjà sinistrés à Calais-Nord. C’est dire s’il reste peu de chose du passé de cette rue, sinon, au n°6, une belle façade du Second Empire et, au n°17, la reprise d’une petite maison traditionnelle en brique, avec ses deux lucarnes en bois dans les combles.

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    Dans cette rue de Saint-Pierre, l’habitat a souffert des ravages des deux guerres. Des traces du passé de ce quartier demeurent cependant.

    « E-F-GC »
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