• Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

    Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

     

    Il existe mille et une façons de traverser la Manche. Dans la première moitié du XXe siècle, un engin semble très en vogue : l’hydrocycle. Cet appareil se présente comme une bicyclette dont les roues sont remplacées par des flotteurs, la mobilité étant assurée grâce à l’énergie déployée par le « coureur » qui actionne une hélice et qui vire à bâbord ou à tribord à l’aide d’un simple guidon. Bref, une sorte de pédalo !

    En 1927, le premier sportif à avoir utilisé l’hydrocycle pour relier Calais à Douvres est René Savard sur sa Nautilette conçue par ses soins et fabriquée par la société Austral. Escorté par un bateau de pêche à moteur, le Français parcourt péniblement l’espace entre les deux ports en un peu plus de six heures et déclare à son arrivée : « J’ai effectué ma tentative pour la gloire et le sport, mais je ne la recommencerai pas pour 100 000 francs » !

    On pourrait imaginer que cet exploit reste sans lendemain tant ce mode de déplacement s’avère à la fois exténuant et très dangereux en mer. Mais le cyclisme en général fait fureur. Le succès de René Savard ayant été relativement bien médiatisé, un rival en quête de gloire, le Parisien Roger Vincent, parvient à surpasser son prédécesseur en traversant leChannel en seulement cinq heures et trente-cinq minutes le 17 avril 1929. Non sans mal ! Devant faire face à des vents contraires, l’hydrocycliste a dû réparer avec « les moyens du bord » la chaîne qui actionne son guidon-gouvernail, car elle s’est brisée alors qu’il était en vue des falaises britanniques.

    Mannequin dans une maison de haute couture

    René Savard n’a toutefois pas dit son dernier mot, mais plutôt que d’enfourcher à nouveau lui-même son vélo des mers, il confie sa Nautilette à la jeune Aimée Pfanner, qui deviendra ainsi la première femme à avoir traversé la Manche en pédalant. Le but est visiblement de faire le maximum de publicité à l’appareil, dans une optique commerciale : la demoiselle de 22 ans est particulièrement photogénique, elle est mannequin dans une maison de haute couture parisienne, et René Savard sait qu’elle sera abondamment photographiée. Il faut montrer la fiabilité de l’hydrocycle et en véhiculer une image attractive, afin de le vendre aux sportifs des deux sexes.

    Mais il y a aussi la recherche de la performance : partie de Calais au matin du 5 mai 1929, Aimée Pfanner doit pendant des heures lutter courageusement contre la houle et le vent sous l’œil de son entraîneur qui a pris place à bord d’un cotre. Insensible au mal de mer, elle atteint la côte anglaise dans le brouillard au bout de neuf heures et dix-neuf minutes… totalement exténuée.

    Grâce à Aimée, les femmes prouvent une nouvelle fois leur capacité d’endurance, se hissant à l’égal des hommes. Trois ans plus tôt, en 1926, Gertrude Ederle inscrivait déjà son nom dans l’Histoire en étant la première femme à avoir réussi la traversée de la Manche à la nage.

    Le triomphe d’Aimée Pfanner fut cependant très éphémère, et les hydrocyclistes, sans doute trop loufoques, tombèrent rapidement dans les oubliettes de l’Histoire du sport.

    MAGALI DOMAIN (CLP)

    Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

     

    Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

    Calais, départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche en hydrocycle  [photographie de presse]  Agence Meurisse.

    LA MANCHE EN HYDROCYCLE Calais, 4 mai 1929. Mlle Pfanner a quitté Calais. ce matin à 7 heures, sur un hydro-cycle, pour tenter la traversée de la Manche. La mer est calme.( journal "L'Ouest Eclair").

    UNE FRANÇAISE A TRAVERSÉ LA MANCHE EN HYDROCYCLE

    Londres, 5 mai. Partie hier matin de Calais à bord d'un hydrocycle, une française, Mlle Pfanner a réussi à traverser la Manche et a débarqué à Douvres, ce soir un peu après 18 heures.

    Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

    Journal "le matin"

    Cette traversée s'est effectuée en 9 heures 19 minutes et a été particulièrement difficile par suite d'un vent debout qui soufflait avec rage au large de la côte anglaise.

    Mlle Pfanner est arrivée à destination dans un état d'épuisement. Le Parisien qui avait effectué le même trajet à bord d'un hydrocycle, fi y a deux ans, se trouvait à bord du chalutier qui accompagnait Mlle Pfanner au cours de sa traversée. Les impressions de Mlle Pfanner Douvres, 5 mai. Mlle Pfanner, qui vient de traverser la Manche en hydrocycle, a déclaré que, pendant les quatre premiers milles de sa traversée. elle avait eu un temps favorable, mais que, par la suite, la mer avait commencé à se faire très houleuse. Elle n'en avait pas moins continué sa route, encouragée par le pilote du bateau de pêche qui l'accompagnait, et malgré l'insistance d'autres personnes à bord qui la suppliaient d'abandonner. Vers 16 heures, la côte anglaise est apparue à travers le brouillard, ce qui lui a donné un renouveau de courage et lui a fait paraître le reste du parcours plus facile.

    Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

    Journal "La revue Limousine"

    Départ de Mlle Pfanner pour la traversée de la Manche

    « Latham à CalaisANNALES DE CALAIS, DEPUIS LES TEMPS LES PLUS RECULÉS JUSQU’À NOS JOURS »
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