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    PUBLICITE LOCALE

                           HORS CONCOURS

     

    Les Courguinoises, a-t-on écrit, étaient d'une susceptibilité prompt et rapide et il est de fait que les querelles étaient fréquentes au Courgain. Elles rassemblaient autour des antagonistes, une foule de curieux qui appréciaient comme il ce doit le vocabulaire pittoresque et abondant des adversaires, par exempte : "Tête ed'cat poursui", "Figure. ed'titite", "Figure ed'pain du Bureau (de Bien faisance sous entendu), "Veilleuse du chalet Mc Enzie" (le dépotoir), "Tien d'mer maqué à mouques", et bien d'autre car, ce sujet, les courguinoises avaient un répertoire très étendu. Pourtant, si l'on en croit monsieur Maurice Brygo dans ses "souvenirs inédits", il arrivait que l'une d'elles tombe à court de répliques. S'inspirant alors d'une célèbre figure de l'immortel ballet de French Cancan, d'un geste preste, elle retroussait ses ses jupons et son adversaire n'avait plus rien à ajouter, la querelle prenait fin et les curieux se dispersaient.

    Cet "ultime argument"devait séduire un éditeur de cartes postales qui réalisa sur ce thème la "publicité locale hors concours" ci-contre.

    Gageons que cette "publicité" devait surprendre les destinataires de la carte peu au courant des usages courguinois. (collection M. André Evrard)

     

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    Une marchande de coquillage au 18e siècle

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    Une marchande de poissons vers 1930

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    L'épicerie de M. et Mme Laplace-Martein, à l'angle de la rue du Minck

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    Le repas des pêcheurs à bord

    Les pêcheurs du Courgain venaient y remplir leur "basket" de provisions lorsqu'ils partaient en mer pour plusieurs jours.

    L'équipage de la malle anglaise venait également s'y approvisionner. Ils fallait faire très vite, nous a dit M. Laplace, car le bateau arrivait à 2h de l'après midi et repartait à 16h30. Nous étions autorisés par la douane à monter à bord dès l'accostage du bateau pour prendre les commandes. Les Anglais étaient particulièrement friands de gros œufs roux, dits "œufs de Bourbourg" qu'on leur livrait dans de grands sacs de papier dans lesquels on avait enroulé de la fine paille pour les protéger des chocs qui auraient pu les casser... (coll. M. Laplace)

     

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    Le café des pilotes, boulevard des Alliés vers 1919

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    Avant la guerre, la publicité des "Biscuits-Vendroux présentait la Courguinoise

    auréolée de son "Soleil"

    ANECDOTES ‘COURGUINOISES

     

    Il m'a paru intéressant de rassembler quelques souvenirs pittoresques sur les habitants du Courgain Maritime, tels que me l'ont rapporté mes ancêtres.

     Au siècle dernier, le Courgain Maritime,-avant 1'arasement des fortifications qui l'isolaient totalement de la vieille ville historique de Calais, était un véritable état dans l'état, un quartier a part, ayant la vocation de la mer, avec ses mœurs; ses habitudes, ses coutumes, ce qui fait que ses habitants n'avaient pas évolué comme le reste de la cité, orienté résolument vers l'industrie du tulle.

     Si les hommes étaient presque tous occupés à la pêche ou aux métiers qui en dérivaient, les femmes couramment désignées sous le nom de "Courguinoises" s'adonnaient à divers métiers. Il y avait les verrotières, dont la spécialité était la recherche des vers employés par les pêcheurs, on pouvait les voir en activité sur la plage, armées d‘une pelle de forme appropriée pour dénicher leur proie. On remarquait aussi les pécheuses de crevettes.

     Autre champ d'activité, la ville que les marchandes de poissons sillonnaient, ayant chacune leur quartier où elles avaient leurs fidèles clientes, Les poissons étaient stockés dans de grandes mannes en osier de forme ovale, tronconiques verticalement, assez hautes, qu'elles portaient sur le dos avec une grosse corde en guise de courroie. Sur cette manne s‘encastrait une autre manne ovale d‘une dizaine de centimètres de hauteur. A la demande des clientes, les marchandes écorchaient et vidaient les poissons à l‘aide d'un couteau pointu et effilé comme un poignard à force d'être affûté. Les déchets étaient ensuite enfermés dans un grand torchon et mis à part du poisson.

     Les marchandes annonçaient leur présence en criant d'une voix de stentor les poissons à vendre : plies, roussettes, ou encore "harengs frais" (entendez harings frais !!!) d'octobre à Novembre ou décembre, période pendant laquelle la pêche aux harengs battait son plein et, en cas de surabondance,sa vente donnait lieu à de petits marchandages, par exemple, elles offraient le treizième à qui achetait une douzaine, ou encore baissait le prix à qui prenait une plus grosse quantité.

     Bien entendu, à cette époque, le poisson était vendu à la pièce. Il arrivait que certain jour il y avait une telle abondance que la sonnette de la maison retentissait fréquemment, actionnée par les Courguinoises désireuses de liquider le reste de leur marchandise. Je me souviens très bien que dans ma petite jeunesse, il n'était pas rare qu'elles fassent un bas prix pour allécher la cliente et terminer ainsi leur tournée. 

     Il faut avouer qu'elles étaient d'excellentes commerçantes, par exemple à l'époque des harengs pleins, il y avait ceux avec les rogues, c'est à dire les œufs (pour lesquels il n'y avait pas beaucoup d'amateurs) et ceux avec les laites, qui étaient délicieux frits. Il est évident que l'acheteuse demandait toujours tout 'laites", mais la marchande tout en feignant les choisir en pressant sur le corps du poisson pour vérifier le contenu, arrivait toujours à glisser quelques harengs avec rogues !

     Une autre spécialité des Courguinoises était la vente de poires cuites qu'elles allaient offrir dans leur quartier d'élection.

     Pendant l'été, sur le terre-plein de l'ancien musée, place d'Armes, elles installaient un petit étai, monté sur deux tréteaux où étaient exposées les friandises qu'elles voulaient vendre. Ces dames s'approvisionnaient un jour par semaine, en bonbons et chocolateries, chez Pidou, dont le magasin était alors situé à l'angle de la rue Volta et de la rue du Four-â-Chaux. Il parait que le magasin était littéralement envahi par les Courguinoises et que les clientes du quartier évitaient d'aller ce jour aux provisions pour éviter une trop longue attente.

     Quand la saison avait été bonne et qu'elle avait laissé quelques bénéfices, nos Courguinoises qui étaient un tantinet coquettes et aimaient les beaux bijoux, fréquentaient assidûment la Salle des Ventes rue Royale, afin d'y découvrir l'objet rare de leur désir et aussi bien entendu la bonne affaire.

    Les gens du Courgain se connaissaient tous, les dangers de la mer, ses deuils inévitables avaient engendré un fort sentiment de solidarité en cas d'épreuves.

     Monsieur Henri Mulard, natif du Courgain où ses parents demeuraient et qui fut longtemps président de l'Amicale des Anciens Élèves de l'Ecole du Courgain Maritime, m'a rapporté un petit fait significatif. Dans sa jeunesse, il avait été très malade, aussi tous les Courguinois, d'un seul élan, s'arrangèrent pour éviter tout bruit dans la rue, qui aurait pu incommoder le jeune malade, ceci jusqu'à sa guérison. M. Mulard était encore ému en évoquant ce souvenir et aimait à dire que le Courgain maritime était peuplée "de gens braves et de braves gens".

    De nombreux ménages étaient confinés dans des appartements exigus par suite de la division des propriétés aussi était-il difficile aux enfants de prendre leurs ébats chez eux. Le quai de la Colonne,avec son vaste terre-plein représentait un endroit idéal. Justement prés de la Colonne, il y avait une grue dont le treuil était manœuvrable a la main. Cet engin avait été installé grâce a la sollicitude de la Chambre de Commerce pour permettre aux pêcheurs de remonter leurs lourdes cargaisons de poisson, ou leur matériel de pêche.

    De la flèche de cette grue pendait une chaîne, munie d'un superbe crochet ou l‘on pouvait mettre le pied, aussi les enfants du quartier lui avait trouvé une utilisation originale ; la balançoire. Garçons et filles (mais oui? s'en donnaient à cœur joie ! Y eut-il des fonds de culottes ou des robes déchirées dans l'affaire, seuls les protagonistes pourraient l'avouer, mais c'est si vieux !!!

     Robert MALAHIEUDE ,

     

     

    Les dames de la halle

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    EN 1927 :

     On reconnait de gauche à droite, Mesdames Noiret, Randou, Sala, Marie Roult, M. Journée (du Comité des Fêtes du Courgain), MMes Marie Louchet, Dufeutrelle, Augustine Barents (mère de M. Brigo).

    Ce groupe avait été formé dans les années 1920-1921, par le Comité des Fêtes du Courgain il représentait le quartier maritime dans toutes les festivités calaisiennes et se déplaçait également à l'invitation des villes voisines et même à l'étranger où le costume des Courguinoises était remarqué. Au Courgain, ce groupe folklorique était familièrement appelé "L'Escouade à Léon" car M. Léon Vincent participait très volontiers à ces voyages qui lui donnaient l'occasion de mieux faire connaitre et apprécier notre Ville.

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    En 1950 :

     Après la guerre. le nouveau Comité des Fêtes reforme le groupe des "Dames de la Halle" en y incorporant à la fois de jeunes éléments portant le costume de la matelote, mais aussi des Courguinoises qui avaient toujours vécu au Courgain avant la guerre et continuaient de porter habituellement le costume traditionnel. Au fil des années ces "vraies courguinoises" disparurent les unes après les autres et sur cette carte datant des années 1950, on retrouve les dernières d'entre elles à participer aux défilés folkloriques. Ceux qui les ont connues reconnaîtront, de gauche à droite :

    Madame Mulard, née Marie Dupuy Madame Lelong, née Marie Barbet (décédée en 1979), et Madame Bournisien, née Fanny Barbet.

     

     

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