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    Egalité (boulevard de l’) Pont Saint-Pierre - pont de l’Enceinte

     Avant la réunion de Calais et de Saint-Pierre, c’était la route de Dunkerque. Elle devint le boulevard de Lesseps, en hommage à celui qui réalisa le percement du canal de Suez en 1869. Le vicomte séjourna plusieurs fois à Calais pour un projet de tunnel ou de pont à travers le détroit, mais le scandale de Panama éclata. Si le maire Emile Salembier a accepté d’en faire le boulevard de l’Egalité, c’est parce qu’il se dirige vers le cimetière « où la parfaite égalité réduit riches et pauvres à la même situation. »

     Près du pont de Saint-Pierre, au n°2, se trouvait la plus vieille demeure de Calais, la maison du Lion d’or datant du début du XVIIIe siècle. Tout à côté, au n°4, se tenait le gallodrome du Lion d’or où se déroulaient des combats de coqs. En face, au n°3, un cinéma fut ouvert en 1916. C’était la coopérative ouvrière, puis le Familia et, à partir de 1946, le Pax qui servit également de salle de bal jusqu’en 1968.

     Place de la Nation ressortent quelques belles demeures, notamment une grande datant de 1886, avec sa façade en brique et ciment-pierre, et sa lucarne ornementée. L’habitat très disparate mêle les commerces et les habitations : au n°145, une intéressante maison de briques jaunes surmontée d’une frise de céramique bleue, avec une façade en forme de décor de théâtre ; aux n° 116 et 118, deux constructions basses symétriques avec lucarne en bois dans le toit.

     A noter l’existence d’une cour au n° 119, et de l’impasse Druelle au n° 174.

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    A hauteur de la place de la Nation et du boulevard Victor Hugo, cette artère commerciale compte quelques belles demeures. C’est l’ancienne route de Dunkerque et la route du cimetière sud, la où « la parfaite égalité réduit riches et pauvres à la même situation ».

     

     Fleurs (rue des) Boulevard La Fayette - rue Crespin

     Avec la rue des Prairies toute proche, le nom de cette rue rappelle l’origine champêtre de la zone. Au milieu du XIX° siècle, on y voyait encore de nombreux prés fleuris avant que ne commence l’urbanisation de Saint-Pierre.

     Au n°7, une maison de style néo-classique est datée de 1883 et, tout à côté, au   n°9, s’offre au regard une superbe demeure réalisée dans l’esprit d’un hôtel particulier, avec son perron et sa porte latérale encadrés par deux Bow-windows.

     En face, à l’emplacement de l’immeuble résidentiel et des locaux de l’Union patronale interprofessionnelle, se trouvait l’usine Valdelièvre bâtie en 1884 et détruite par un incendie en 1944. Au n°98, l’école maternelle date de 1881 et, au n° 170, on peut voir une grande maison de style néo-flamand, avec sa façade de briques jaunes vernissées.

     La rue a subi les destructions de la dernière guerre. Le bombardement aérien du 9 mai 1944 anéantit l’usine de boîtes métalliques Georges François, implantée au  n°192, ainsi que quarante-deux maisons, faisant trente victimes. Et puis, il y eut le terrible bombardement du 27 février 1945, d’autant plus tragique que ce sont des avions alliés qui lâchèrent accidentellement ces bombes sur Calais, pourtant libéré, à la suite d’une confusion de cible avec Dunkerque. Une plaque sur la façade du n°95 rappelle ce drame épouvantable qui a beaucoup marqué toute une génération de Calaisiens.

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    Dans cette rue dont le nom rappelle le passé rural de Saint-Pierre, se dressent les locaux « modernistes » de l’Union patronale inter—professionnelle et de la médecine du travail, construits sur les ruines de l’usine Valdelièvre détruite en 1944 par un incendie.

     Fontinettes (rue des) Place d’Alsace - rue Antoine Leleu

     Ce nom vient de la déformation du mot « fontainettes » qui signifie « petites fontaines ». En effet, avant l’arrivée de l’eau potable à Calais, en 1860 par la station de Guines, les habitants s’approvisionnaient à des citernes d’eau de pluie ou à des puits creusés notamment au sud du boulevard Gambetta.

     Equipés de pompes, ceux-ci s’appelaient des fontainettes et fournissaient une eau impropre à la consommation qui servait surtout au lavage. A noter qu’une trentaine de porteurs d’eau livraient, chaque année en voiture, environ 18 000 tonnes de cette eau de « bacul », comme on la surnommait par dérision.

     En 1845, la rue des Fontinettes commençait au carrefour des Quatre-Boulevards jusqu’à ce que le conseil municipal donne, en 1896, le nom de Pasteur à une partie de cette artère.

     Elle débute place d’Alsace dont l’appellation veut honorer la reconquête de cette province française. Sa création remonte à 1882, à l’époque où il y avait là un carrefour qui s’appelait le rond-point des Fontinettes.

     A l’emplacement d’une entreprise de pompes funèbres détruite par les bombardements en septembre 1944, le nouvel hôtel des postes a été bâti en 1959, pour remplacer celui du boulevard Gambetta devenu trop petit. Les façades courbes des demeures qui entourent cette place sont une invitation à entrer dans la rue qui compte de nombreux commerces sur toute sa longueur.

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     Tout au bout, cette voie débouche sur la gare des Fontinettes ouverte depuis 1889, au temps de la compagnie des Chemins de fer du Nord. Quelques trains s ’y arrêtent encore. De la placette et du square attenant, monte une rampe au-dessus des voies ferrées.

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    L ’architecture de cette rue est une alternance de maisons bourgeoises et ouvrières, avec notamment une cour Roussez qui abrite une vingtaine de logements. Constituée en commune libre des Six—Bourgeois, cette longue artère a une activité commerciale dynamique.

     Cet axe mêle étroitement habitat ouvrier et bourgeois.

     C’est ainsi qu’à l’entrée et dans la cour Roussez, au n°47, on trouve une vingtaine de petites maisons, avec leur unique lucarne dans le toit. Cette cour, une des plus grandes de Calais, tient son nom du propriétaire du terrain.

     De-ci de-là, émergent de grandes et belles demeures comme celle du n° 136, typique d’un habitat bourgeois local, avec ses accessoires que sont le bow—window et sa console ainsi que la lucarne de toit en épi. Ou bien encore au n°123, une étonnante façade en ciment-pierre, avec bow—window intégré, ou au 125, un petit manoir très XIXe siècle, logé en retrait dans son parc.

     A l’extrémité sud, la rue débouche sur la gare des Fontinettes ouverte en 1889, par la compagnie des Chemins de fer du Nord, pour desservir Saint-Pierre. Et, tout à côté, le square des Fontinettes qui avait été baptisé square de la Résistance en 1951, mais qu’on appela ainsi pour éviter la confusion avec le boulevard du même nom.

     De cette placette monte la rampe des Fontinettes commencée avant la dernière guerre et inaugurée en août 1948 pour franchir les voies ferrées et remplacer les anciens passages à niveau eu pratiques à cet endroit de fort passage automobi e.

     Particularité de ce quartier : y a été créée en 1961, à l’initiative de Jean Deraedt, une commune libre, dite des Six-Bourgeois, sur le modèle de celle des Cailloux, avec son maire et son garde-champêtre, dont il reste une grande braderie annuelle.

    Four-à-Chaux (rue du) Rue Crespin - boulevard La Fayette

     Elle doit son nom aux fours à chaux, nombreux dans cette rue au XIXe siècle. Ils fournissaient l’industrie, la construction et surtout l’agriculture. Cette voie s’appelait rue du Maréchal Pétain en 1919 en hommage au vainqueur de Verdun, mais la décision fut annulée par le ministère de l’Intérieur d’alors : pas question d’attribuer un nom de rue à une personnalité encore vivante. En janvier 1942, la délégation spéciale, gérant la ville sous l'Occupation, lui rendit le nom du maréchal. De retour aux affaires municipales, Jacques Vendroux débaptisa la rue pour lui redonner son appellation d’origine. A noter que la sœur du maréchal Pétain, Sarah, habita sur la place Crèvecœur toute proche, en 1939.

     A l’extrémité sud, se trouve le stade Jean Bouin, un champion de course à pied tué en 14—18. En remontant la rue qui mêle habitations et fabriques de tulle, on découvre de petites maisons à lucarne du n°122 au 128, et des logements répétitifs soulignés par des saillies en brique à partir du n° 103. Quant au n°65, il fait dans le décor néo-classique et présente un élément décoratif très prisé ici : le lambrequin en bois, découpé pour cacher le mécanisme du store.

     En face du marché couvert de la Bourse du travail, se dressent les locaux de l’école privée Saint-Pierre dont l’immeuble bâti en 1857 était conçu pour donner sur la place Crèvecœur. Mais l’urbanisation se faisait alors de manière si anarchique que des constructions se sont intercalées.

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     Derrière cette longue façade aux fenêtres murées, se cache une des grandes usines de dentelle de Calais, la fabrique Gaillard, où ne fonctionnent plus que quelques ateliers. Il est question d’en faire un collège ce qui aurait le mérite de rendre un peu de gaieté à cette rue.

    Française (rue) Rue Levée - rue Saint-Nicolas

     Son tracé reprend celui de l’ancienne rue du Château qui, pendant l’occupation anglaise au Moyen Age, conduisait au fort de Calais, sur les fondations duquel fut bâtie l’actuelle citadelle. La vraie rue Française, qui figure parmi les vieilles rues de Calais, passait approximativement là où se trouve aujourd’hui la rue Félix Cadras. C’était avant les ravages de la dernière guerre qui ont presque entièrement rasé Calais-Nord. En 1951, on a donné ce nom à une nouvelle voie née de la reconstruction, avec ses maisons de style néo-flamand et ses jardinets tranquilles.

     Apposée à l’angle des rues Jean de Vienne et Philippine de Hainaut, une plaque, en forme de médaillon, indique que Lady Hamilton mourut le 15 janvier 1815, rue Française. Née en 1765 en Angleterre, Emma Lyon était fille de forgeron. D’une grande beauté, elle servit de modèle à un portraitiste anglais George Romney. Devenue une lady après son mariage en 1791 avec Sir William Hamilton, ambassadeur à Naples, elle fut la maîtresse de l’amiral Nelson, le héros de la bataille navale de Trafalgar où il fut tué en 1805. Après une année de prison pour dettes, elle fut exilée à Calais où elle arriva en juin 1814, avec sa fille Horacia. Elle habita d’abord une ferme de Saint-Pierre, puis finit dans un modeste appartement de la rue Française. Cette femme, qui avait longtemps connu la vie mondaine en Angleterre, mourut dans le dénuement un an plus tard.

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     Si la rue a repris le nom d ’une ancienne voie, elle n ’a ni son tracé, ni son architecture. Les destructions de la guerre avaient fait de ce secteur un terrain vague. Produit de la reconstruction dans sa version néo-flamande, cette rue mélange la brique d ’argile et le béton-pierre.

     

    France (rue Anatole) Rue Descartes - rue Pascal

     Véritable colonne vertébrale de ce quartier du Petit-Courgain réservé aux grands écrivains français (Voltaire, Diderot, La Bruyère, Condorcet), la rue a reçu ce nom en décembre 1924. C’était peu après la mort d’Anatole France (1844-1924), auteur d’une œuvre considérable couronnée par l’entrée à l’Académie française et le prix Nobel de littérature en 1921.

     La rue était jadis celle des jardiniers à cause des nombreux potagers qu’on y cultivait. « Dans les propriétés riveraines se trouvent des arbres énormes dont les branches retombent au point qu ’il est impossible de passer », rapporte la chronique d’alors.

     Certes, aujourd’hui, ce n’est plus le cas, mais il reste des traces de ce passé. La rue a gardé de nombreux arbres et les jardinets abondent. Alternent des maisons ouvrières simples de briques rouges, avec parfois une petite maison rurale, comme au n°53, et de grandes maisons bourgeoises en retrait de la rue à l’exemple du n°141, avec sa grille d’entrée, sa façade néo-classique en ciment-pierre et sa porte cochère surmontée d’un beau balcon en fer forgé.

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     Dans cette rue qui était jadis celle des jardiniers, la végétation est abandante et l’habitat de bon goût, à l’instar de cette demeure cossue. 

    Francia (rue) Boulevard de l’Egalité - avenue Louis Blériot

     Dans son plan de rues, le docteur Cuisinier avait oublié de faire une place à Louis Francia, au cœur du quartier des peintres (Delacroix, Michel Ange, Léonard de Vinci, Rubens, Van Dyck). Aussi, en 1883, la rue Tourneur devint-elle rue Francia. Ce n’était que justice pour ce peintre (1772-1839), fils du directeur de l’hôpital militaire de la rue Leveux, qui fit ses études à l’école des beaux-arts de Calais.

     Quittant la France pour l’Angleterre à 18 ans, Francia s’y forgea un vrai talent d’aquarelliste, devenant le peintre attitré du duc d’York et membre de l’Académie royale. Contrairement à la France qui ne l’a pas reconnu, il est là-bas considéré comme un grand maître de la peinture paysagiste du XIXe siècle.

     Abandonnant fortune et gloire, il rentra dans sa ville natale en 1817 et continua de peindre les paysages littoraux qu’il affectionnait et qui influencèrent son fils Alexandre, mais surtout Bonington qu’il eut pour élève. Il habitait rue de la Poissonnerie où il mourut le 6 février 1839. Enterré à Saint-Pierre (emplacement de l’actuel théâtre), il fut exhumé et enseveli au cimetière Nord.

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    Le talent d‘aquarelliste de Louis Francia valait bien une rue. La ville lui en a trouvé une, tranquille comme un de ses paysages ruraux.

     

     Fulton (rue) Rue du Château d’Eau - rue Frédéric Sauvage

     Au cœur du coin des inventeurs de génie qui ont fait le progrès moderne (Denis Papin, Lavoisier, Watt, Stephenson, Gay-Lussac), cette voie a pris le nom de Robert Fulton (1765-1815), brillant mécanicien américain qui construisit le premier sous-marin à hélice en 1800, et réalisa la propulsion des navires par la vapeur en 1807.

     Fulton habita un temps à Guînes et il plancha sur les problèmes de navigation dans la région. Il imagina même et dessina un projet de port dans le marais de Guînes et un autre portant sur un canal jusqu’à Ambleteuse. Pris pour un fou par Napoléon, il regagna les Etats-Unis.

     Sa rue s’appelait auparavant rue Quatorze des Fontinettes. Au n° 49, elle compte une impasse dite Leclercq du nom de son propriétaire terrien, et une cour au n°31, avec de petites maisons à lucarnes. On observe également quelques belles demeures d’angle, comme au coin de la rue Denis Papin, et une ancienne propriété, avec parc, au carrefour de la rue Frédéric Sauvage qui tient son nom de l’inventeur boulonnais de l’hélice marine.

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    Voie tranquille du quartier de Saint-Pierre, cette rue possède un habitat homogène, typique du style néo-classique de la fin du XIX“ siècle.

    Gagarine (rue Youri) Avenue Guynemer - rue Vladimir Komarav

     Coincée entre de longues HLM en barre et une école maternelle, quelques immeubles en étoile et des murs tagués qui tentent de rompre la monotonie et la grisaille ambiante, cette rue est significative d’un quartier rassemblant quelques-uns des noms des grands conquérants du ciel.

     Dans ce secteur de la ZUP du Beau-Marais, les aviateurs (Mermoz, Mouchotte, Santos-Dumont, Roland Garros) ont cédé du terrain aux astronautes Vladimir Komarov, Edward White, Roger Chaffee et Virgil Grissom, ces trois derniers ayant péri, brûlés vifs, dans la cabine Apollo le 27 janvier 1967.

     Parmi ces as de l’espace, le Soviétique Youri Gagarine occupe une place particulière. C’est en effet lui qui a réussi le premier vol spatial. C’était le 12 avril 1961, à bord du vaisseau Vostok 1 . En 108 minutes, Gagarine effectua une révolution complète autour de la terre. Il trouva la mort le 27 mars 1968 dans un accident d’avion, le jour de ses 34 ans. L’urne contenant ses cendres est scellée dans un des murs du Kremlin à Moscou où il est considéré comme un héros national.

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    Construite au pied des hautes tours et langues barres des immeubles collectifs, l’école maternelle accueille les enfants de la ZUP du Beau-Marais.

    Gaillard (rue) Boulevard Curie - rue Dampierre

     Au cœur du Saint-Pierre profond, avec la haute flèche de l’église du même nom pour axe, cette rue semble tout droit sortie du passé de ce quartier issu de la seconde moitié du XIXe siècle industriel.

     Elle a longtemps gardé sa chaussée pavée, bordée par quelques vieux ateliers de briques rouges et tout un habitat ouvrier, avec, de-ci de:—là, quelques tentatives d’embourgeoisement par des façades peintes ou décorées de ciment-pierre.

     Mais surtout, sur plus de 80 m, elle longe l’usine Gaillard. Fabricant de tulle connu pour avoir amélioré les métiers, Joseph Gaillard avait offert à la ville un terrain qui permit d’élargir l’ancienne rue, dite rue Magistrale.

     Il y avait cependant mis une condition : que la nouvelle rue portât son nom, ce que le conseil municipal accepta volontiers en 1882. Joseph Gaillard venait tout juste de construire une usine en bordure de cette rue.

     C’était la deuxième génération de fabrique de tulle.

     Avec l’essor de la dentelle et l’arrivée de la vapeur comme force motrice, on était passé des petits ateliers aux bâtiments industriels. L’usine Gaillard en est un bel exemple architectural.

     Elle est formée de trois bâtiments donnant également sur la rue du Four-à-Chaux, avec une grande entrée par la rue Archimède. Ils ont été construits sur quatre niveaux de douze mètres de profondeur.

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    Face à l’usine Gaillard qui porte le nom d’un important fabricant de tulle, la rue déploie un alignement de maisons de maître et d’immeubles de rapport. On la dirait sortie tout droit du passé de ce quartier de Saint-Pierre issu de la seconde moitié du XIX“ siècle industriel.

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     Située dans l’axe de la rue, l’église Saint—Pierre dresse ici sa façade arrière. De style néo—gothique, cet édifice religieux a été ouvert en 1870. Il a été construit en pierre blanche du pays et en brique. Dans son clocher—porche, sonne une cloche en bronze de 1757.

     Au centre de l’ensemble, se trouve une grande cour intérieure où se dressent trois belles tourelles octogonales qui sont très caractéristiques des usines de dentelle de cette époque.

     Ces tourelles desservaient les étages par l’extérieur. Ceux-ci sont faits de planchers de bois reposant sur des madriers, eux-mêmes soutenus par des colonnes de fonte disposées tous les trois mètres. C’est qu’il s’agit de supporter l’énorme poids des métiers à tulle.

     En 1903, un énorme incendie ravagea l’aile Est de la fabrique et détruisit 74 métiers. Avec la présence du bois et de nombreuses matières inflammables, le feu a souvent trouvé un aliment de choix dans ces usines.

     La fabrique fut rebâtie deux ans plus tard, avec deux niveaux seulement. La même année, une construction intermédiaire, abritant les bureaux et les ateliers de finition, permit de relier ce bâtiment et celui qui se trouvait en façade de la rue du Four-à-Chaux. On y avait même aménagé une entrée charretière qui est aujourd’hui murée. L’ensemble de l’usine pouvait accueillir 150 métiers appartenant à une trentaine d’industriels lesquels se regroupaient ainsi pour diminuer les coûts de fonctionnement.

     Il reste quelques ateliers en activité, mais un violent incendie s’est déclaré dans une partie désaffectée de l’aile Ouest, ce qui a encore un peu plus délabré cette ancienne fabrique.

     Il est question d’en faire un collège tout en préservant les caractéristiques de cette belle et typique architecture dentellière. La prise de conscience de la valeur du patrimoine industriel se fait petit à petit.

     

     Gallieni (rue du Général) Rue Bayard - rue du Général Margueritz‘e

     Dans ce quartier des Cailloux sont réunis les noms de grands chefs militaires français tels que Hoche, Turenne, Du Guesclin et Jeanne d’Arc. Nommé gouverneur militaire de Paris à la déclaration de la guerre 14-18, le général Joseph Gallieni (1849-1916) devint ministre de la Guerre en octobre 1915. En décembre 1915, il était venu à Calais, avec Aristide Briand, alors président du Conseil. En donnant le nom du général Gallieni à cette rue, en 1925, la ville a oublié que celui-ci avait été promu maréchal à titre posthume, en 1921.

     A l’image du quartier ravagé en 39-45, la rue a subi des destructions : le 3 juin 1944, l’aviation anglaise lâcha des bombes sur Calais pour tromper les Allemands sur le lieu réel du débarquement ; l’une d’elles tomba sur un abri de la rue Gallieni, faisant huit victimes. Reconstruite en 1951, la rue débouche sur l’abattoir. Un premier local avait été bâti en 1852, remplacé par un vaste édifice confié à l’architecte Louis Debrouwer (hôtel de ville, hôtel des postes) en 1909. Les travaux furent interrompus par la guerre et l’abattoir fut inauguré en septembre 1928. Ecrasé sous les bombes en juin 1944, celui-ci, qui fonctionna un temps dans une ancienne scierie près du canal de Saint-Omer, fut reconstruit en 1948. Du fait des nouvelles normes sanitaires européennes, l’établissement a fermé en 1992. Une association culturelle y a trouvé refuge en attendant une reconversion annoncée en caserne des sapeurs—pompiers.

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    A l’extrémité de cet alignement de maisons néo-flamandes, se trouvent les anciens abattoirs. Ceux-ci datent de 1944, les premiers ayant été écrasés sous les bombes. Depuis 1992, ces locaux sont désaffectés du fait des nouvelles normes sanitaires européennes.

    Gambetta (boulevard Léon) Place Albert 1er - pont Jourdan

     Elle s’était toujours appelée la route de Boulogne, mais en janvier 1883, trois semaines après la mort de Léon Gambetta (1838-1882), les élus de Saint-Pierre décidèrent de lui donner le nom de cet homme politique qui avait proclamé la République en 1870.

     Le boulevard s’ouvre par la place Albert 1er. Depuis 1816, s’y trouvait le cimetière de Saint-Pierre-les-Calais. Le théâtre fut construit à son emplacement en 1905 par Charles Malgras, dans l’esprit de l’Opéra de Paris. Figure également le monument en bronze consacré à Jacquard, l’inventeur du système de cartes perforées utilisé sur les métiers. Fondue sous l’Occupation, il fut refait après la guerre.

     Dans l’architecture de cette artère commerçante, on peut voir au n° 11, les sculptures d’une incroyable façade et, au n° 115, une belle demeure du début du siècle remarquablement restaurée.

     A noter qu’au n° 130 se trouvait jusqu’en 1969, un commissariat de police, et au n° 13, les locaux de la Poste devenus en 1973 une galerie d’art contemporain.

     A l’ouest, se dresse le lycée Sophie Berthelot, ancien couvent du Sacré-Cœur fondé en 1856 et racheté par la ville en 1903 pour en faire un collège de jeunes filles.

     Enjambant la voie ferrée, le pont Gambetta fut bâti en 1894, mais détruit par les Allemands en septembre 1944. Remplacé par deux passerelles à la Libération, il fut reconstruit en 1961.

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    Cette artère commerçante du centre-ville s’ouvre par la place Albert 1er qui est celle du théâtre. Bâti sur le modèle de l’opéra de Paris, il date de 1905. A cet endroit, est érigé le monument à Jacquard dont le système permit de passer du tulle à la dentelle mécanique.

     

     

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