• Eglise Notre-Dame des Armées

    Eglise Notre-Dame des Armées

    Paroisse Notre-Dame des Armées

     Situation géographique

     Bâti sur le Banc des Pierrettes le quartier des Cailloux est situé au nord, isolé du reste de la ville par une gare de triage, coupé au sud par la rivière Neuve ; au—delà c’est l’ancienne enceinte de fortifications, des champs et des jardins, jusqu’au passage à niveau de Fréthun.

     Historique

     Dès 1882, l’abbé Debras, alors curé du Sacré-Coeur, avait songé doter ce quartier d’un sanctuaire dédié à Marie. En effet, ému à la vue du malheureux état religieux des habitants des « Cailloux », et comme le rapporte le Bulletin paroissial de Notre-Dame des Armées, il s’était exprimé ainsi : « Là aussi je bâtirai une église et j ’érigerai un autel et je ferai régner dans ce centre ouvrier la Madone chère au saint abbé Bellanger, la Patronne bien-aimée des soldats dont je fus l ’aumônier en 1870, Notre-Dame des Armées. >>

    Un lieu de culte provisoire fut créé dans un baraquement en pitchpin*, au début des années 1890, en attendant la construction d’un sanctuaire définitif, dès que les fonds auraient été réunis. Décédé quelques années plus tard, il ne put voir l’aboutissement de son projet.

     L’idée fut reprise en 1906 par Monseigneur Debout qui bâtit, de ses deniers, un presbytère et une chapelle provisoire sur un terrain offert par Madame Damann-Rault. Ceci fait, le quartier des « Cailloux » fut érigé en paroisse autonome en décembre 1913 et fut confié à un vicaire, l’abbé Peugnet, vicaire au Sacré-Coeur. Celui—ci

     *pin résineux de l’Amérique du Nord, dont le bois jaune et rougeâtre est employé en ébénisterie.

    Eglise Notre-Dame des Armées

    rapporte les propos tenus lors de sa nomination par Monseigneur dans son bulletin paroissial :

     - «Monsieur le Vicaire, je vous nomme curé de Notre-Dame des Armées.

     - Mais Monseigneur, c’est le désert là-bas, où irai-je loger ?

     - Vous bâtirez un Presbytère, cher ami.

     - Où trouverai—je, Monseigneur, les fonds nécessaires ?

     - La Providence y pourvoira - ayez confiance... »

     L’abbé Peugnet s’attela à la construction d’une belle église en dur pour remplacer le baraquement qui faillit brûler en janvier 1916, une étincelle d’un bec à acétylène ayant mis le feu à la crèche mise en place pour les fêtes de Noël.

     Il lança un bulletin << Notre—Dame des Armées >> et une souscription afin de recueillir des fonds mais la guerre 1914—1918 l’obligea à retarder la construction de son église. La souscription diminua, en partie à cause de la dévaluation, mais, comme le mentionne un bulletin paroissial, le nombre de fidèles priant « pour le salut de la France, pour la protection de leurs soldats pour obtenir la grâce du courage et de la résignation » augmenta.

     La guerre terminée, avec force appels dans la presse locale et la Voix de Notre-Dame, l’abbé Peugnet relança une souscription spéciale de donateurs à 500 francs : « les parrains et les marraines de Notre-Dame ». Des cartes postales avec en légende « Souscrivez en mémoire de nos soldats >> furent éditées à chaque étape de la construction. En effet d’un coût prévisionnel de 100 000 francs en 1914, la dépense monta à plus d’un million de francs.

      La première pierre fut bénie le 15 mai 1921 par Monseigneur Debout sur une parcelle offerte à nouveau par Madame Damann.

     Début 1924, une des cartes postales éditées annonçait : «pour l‘achèvement, il nous manque 120 000 francs. » Quelques mois plus tard, le sanctuaire était couvert. Il lui manquait encore ses voûtes, son mobilier, son clocher.

    Eglise Notre-Dame des Armées

    L’église conçue par le fameux architecte calaisien, Roger Poyé, et réalisée par Adolphe Desseilles fut bénie en juillet 1924 par Monseigneur Julien du diocèse d’Arras, alors qu’elle n’était pas totalement achevée.

     La cérémonie fut relatée par la presse locale : les habitants avaient tenu à décorer la façade de leurs maisons et les rues du quartier où dans l’après-midi allait se dérouler le cortège que les paroissiens de Notre-Dame des Armées allaient faire à Monseigneur Julien. Un magnifique arc de triomphe avait été dressé à l’entrée de la rue Kléber, fait de deux hauts pylônes garnis de branches de sapins reliés par un portique de feuillages et de roses rouges formant au centre une grande croix. A l’entrée de la rue Augereau un autre portique était formé de draperies tricolores. Des inscriptions en lettres d’or sur draperies blanches ou rouges des emblèmes religieux, des guirlandes de toutes les couleurs, complétaient cette jolie décoration. Sur la chaussée étaient répandus des roseaux, du gazon, des fleurs en quantité, tapis magnifique et somptueux sur lequel passa le cortège, précédé de huit cavaliers, ouvrant la marche à Mgr Julien, entouré de MM. les vicaires-généraux Hoguet et Guillemant, de Mgr Debout, protonotaire apostolique, archiprêtre honoraire de Calais, et de tout le clergé des paroisses de la ville, de la banlieue et des communes du canton. Lorsque le cortège fut arrivé devant le nouveau sanctuaire, le clergé et les personnalités officielles franchirent les grilles de la cour d’honneur. Les trois nefs étaient archi-combles et une foule énorme se tenait devant le portail largement ouvert pour essayer d’entendre les discours et sermons prononcés en cette grande occasion.

     Le clocher fut inauguré le 11 novembre 1928 avec une cloche baptisée Marie—Joseph-Thérèse.

     L’abbé Peugnet mourut à la tâche en 1931 à l’âge de 47 ans, victime d’une grave maladie, tout en laissant une communauté chrétienne florissante.

    Eglise Notre-Dame des Armées

    Le 2 décembre 1940, la Kommandantur réquisitionna l’église des Cailloux pour un service rendu à la mémoire de 18 adolescents membres des jeunesses hitlériennes, tués la veille au petit matin, par la bombe d’un avion isolé, alors qu’ils se rassemblaient a l’extrémité de la rue du Cosmorama (rue Monseigneur Piedfort) dans l’attente des camions devant les transporter sur les chantiers de la côte.

     Architecture

     Œuvre de l’architecte Rogé Poyé, l’église Notre- Dame des Armées est marquée du style néo- -roman. L’ensemble est élevé en ciment et béton armé avec quelques remplissages de pierre blanche. L’édifice est couvert d’une toiture à deux versants abritant une nef et deux bas- côtés. L’entrée se fait par un clocher porche dont la base est englobée dans une galerie extérieure évoquant la forme d’un cloître qui déploie deux ailes en retour sur la rue et dégage un parvis pour l’église. A l’origine, le projet ne prévoyait qu’ une aile en retour de la façade pour contrebalancer un presbytère latéral jamais construit.

     La tour du clocher présente en haut-relief un grand Christ de 6 mètres de hauteur sur une croix de 12 mètres. Il fut réalisé par le statuaire Odilon Debert.

     L’ aménagement intérieur est sobre, l’utilisation du béton a cependant permis la construction sous la charpente de fausses voûtes et coupoles en pendentif. Les murs intérieurs des bas- côtés sont agrémentés d’ une frise Art déco.

     La chapelle Sainte- Thérèse abrite de nombreux ex-voto dont beaucoup furent apposés au cours de la Première Guerre mondiale ou peu après.

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