• Eglise Sacré-Coeur

    Eglise Sacré-Coeur

    Paroisse du Sacré—Cœur

     Situation

     Le quartier du Sacré-Cœur se situe à l’ouest de Saint-Pierre. Il est limité par les grandes voies que constituent le boulevard Jacquard, le boulevard Pasteur et la rue des Fontinettes. Il se compose du territoire des Cailloux, du Pont—du-Leu ainsi que du Fort—Nieulay. On l’appelle aussi le « Petit-Paris ».

     Historique

     L’église de Saint—Pierre rythmait la vie religieuse à Calais pendant les années 1860. Cependant l’étendue de son territoire était telle que des quartiers périphériques s’en trouvaient bien éloignés. C’était le cas des habitations ouvrières qui s’étaient agglomérées des deux côtés de la route de Boulogne, à mesure que des usines s’y implantaient. Le souci de leur rendre plus facile la pratique religieuse inspira à l’abbé Gheerbrant, aumônier du Pensionnat des Religieuses du Sacré-Cœur (à l’emplacement de l’actuel lycée Sophie-Berthelot), le projet de bâtir un lieu de culte pour ce quartier.

     L’abbé Gheerbrant se rapprocha de Monseigneur Parisis, l’évêque d’Arras, qui se montra favorable à cette initiative pourtant téméraire. Les difficultés ne manquèrent pas à l’origine, mais après plusieurs années de démarches et d’efforts, le persévérant aumônier eut la satisfaction de voir poser la première pierre qui fut bénie le 7 avril 1867 par Monseigneur Lequette, le successeur de Monseigneur Parisis. L’Echo du Sacré-Cœur de 1894 rapporte l’anecdote suivante: << Il y avait à peine un mois que l’on remuait le terrain pour creuser les fondations, lorsqu’un ouvrier trouva dans la terre une petite médaille en forme de cœur, portant d’un côté l’effigie du Sacré—Cœur de Jésus, de l’autre celle du Cœur immaculé de Marie. Autour du Cœur de Jésus étaient gravés ces paroles : DIEV EN MOY, autour de celui de Marie : MOY EN DIEV. » Cette médaille datée de 100 à 200 ans fut soigneusement recueillie et préservée.

     Les travaux furent rapidement entrepris, mais faute de ressources, on dut se bomer à n’élever complètement que le chœur et les quatre premières travées que l’on isola du reste du chantier par une cloison en planches. Le lieu fut cependant ouvert au culte en attendant des circonstances plus favorables à la construction du reste de l’édifice. Le 29 octobre 1871, Monseigneur Lequette procéda à la bénédiction et le lendemain célébra la première messe. La charge de la nouvelle paroisse fut confiée à l’abbé Gheerbrant. Le 30 mai 1872, la paroisse fut légalement reconnue par le gouvernement, le décret était publié le jour même de la fête du Sacré-Cœur.

     Obligé de se démettre au bout d’un an et demi de ministère, en raison de son état de santé, l’abbé Gheerbrant eut pour successeur l’abbé Robert Parenty, qui fut installé le 12 octobre 1872.

     Au printemps de 1877 les travaux de l’église reprirent enfin pour ne plus être interrompus, car l’Administration municipale avait voté un large crédit pour l’achèvement de l’édifice. Avec le concours de cette même administration, la construction des bâtiments destinés aux écoles de garçons et de filles dont la direction devait être confiée aux Frères de la Doctrine Chrétienne et aux Sœurs de Saint-Paul de Chartres fut poussée avec non moins d’énergie. Grâce au zèle du nouveau curé, un pensionnat de jeunes filles s’élevait à côté de l’église, sous la direction des Dames de la Sainte Union de Douai. A la même époque, plusieurs écoles publiques s’ouvrirent dans le quartier, si bien que plus de 1600 enfants étaient alors instruits dans la paroisse.

     L’année 1878 devait voir l’achèvement tant désiré et la consécration de l’église, œuvre de l’architecte M. E. Normand d’Hesdin et réalisée par l’entrepreneur M. L. Boulard, de Saint- Pierre. Mais la tour ne put être élevée au-delà du faîte du bâtiment.

    Déjà une magnifique cloche, don généreux d’une famille de la paroisse, prenait place dans la «chambre» dont les parois atteignaient à peine le haut de l’édifice. Elle fut bénie le 14 avril 1878 par l’abbé Parenty en vertu d’une délégation épiscopale. Le 9 juin, deux autres cloches non moins belles, dont une << ex-voto » d’Arras reçurent la bénédiction du curé du Sacré-Cœur. La fête de la consécration de l’église eut lieu le 16 juin sous l’égide de Monseigneur Lequette. De très nombreux pèlerins étaient venus de toute la région pour assister aux diverses cérémonies religieuses qui se déroulèrent en présence de nombreux prélats. Les célébrations durèrent jusqu’au dimanche 30 juin, fête du Sacré—Cœur.

     Après la disparition de l’abbé Parenty, la charge fut reprise en 1882 par M. Zéphyrin Liénard, qui était supérieur du Collège de Saint—Pol puis, de 1891 à 1894 par l’abbé Louis Debras, ancien aumônier de l’Armée de l’Est en 1870. Ce fut sous le pastorat de l’abbé Debras que l’église fut totalement achevée en 1892 Cette année-là, le 14 août, eut aussi lieu l’inauguration des orgues avec le concours de M. Gustave Peillereau, lauréat du conservatoire de Paris et organiste de la paroisse Saint-Nicolas de Boulogne.

     M. Auguste Lequien, professeur et vicaire à Saint-Pol fut curé du Sacré-Cœur de 1894 à 1906. Son successeur fut le chanoine Henri Debout, missionnaire diocésain bien connu par son talent de prédicateur et son zèle pour la Bonne Presse. Il ne tarda guère à gagner notoriété dans toute la ville. Le chanoine Debout allait souvent à Rome où s’instruisait le procès en béatification de Jeanne d’Arc. Il y déposa comme témoin car, en 1891 à Fruges, une religieuse malade avait retrouvé la santé après avoir, sur son conseil, suivi une neuvaine à la Pucelle. Il fut promu le 21 janvier 1909, prélat de Sa Sainteté, ce qui lui valut le titre de Monseigneur.

     Le Chanoine Julius Milléquant ne fit qu’un passage dans la paroisse du Sacré-Cœur, du 10 février 1912 au 14 avril 1914. Se succédèrent ensuite M. Augustin Fournier de 1914 à 1943 et M. Joseph Pollet de 1943 à 1963. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la façade fut meurtrie par les traces d’un grave incendie qui dévora une imposante usine dont elle n’était séparée que par une rue étroite. M. Pollet entreprit des travaux d’entretien en 1961, mais ce fut son successeur, l’abbé Jean Maenhout qui fit subir à l’église du Sacré-Cœur une « cure de rajeunissement ». En 1967, les orgues furent restaurées pour le centenaire de l’église.

     Le 18 juin 1978, l’abbé Daniel Raoult, en charge de la paroisse depuis 1969, célébra le centenaire de la consécration de l’église.

     Architecture et éléments notables

     L’église du Sacré-Cœur est un bel édifice construit dans le style ogival du XIIIe siècle. La brique du pays y a remplacé la pierre, sauf pour les colonnes, les pilastres et les nervures des voûtes. Les mêmes matériaux furent employés pour les usines voisines. L’église a trois nefs parfaitement proportionnées, sans déambulatoire, ni transept, et séparées par quatorze colonnes sveltes, en granit, d’un seul fût. Elle mesure 50 mètres de long sur 18 mètres de large dans l’œuvre et 16 mètres d’élévation sous clef de voûte. Le chevet est percé de cinq fenêtres lancéolées, la nef médiane reçoit principalement la lumière d’un clair étage élégamment ajouré. L’effet d’ensemble est majestueux et imposant.

     La riche décoration intérieure d’origine n’existe plus depuis les années 60. Des peintures d’un seul ton ont succédé aux couleurs où le rouge foncé dominait. La décoration en panneaux symétriques agrémentés d’encadrements, les dorures nombreuses, les inscriptions enluminées des murs supérieurs ont disparu pour permettre le nouveau revêtement en couleur unie des murs. Le mobilier, très considérable à l’origine, est réduit de nos jours. Ainsi le maître-autel longtemps présent sortait des ateliers de M. Buisine, de Lille. Il était en chêne sculpté, dans le même style que l’église. Un retable d’une élégante et riche ornementation le surmontait. Au centre se trouvait une belle statue polychromée du Seigneur Jésus découvrant son Cœur Sacré. Les statues des saints apôtres Pierre et Paul l’accompagnaient. Les arcades des deux côtés du tabernacle étaient remplies de riches reliquaires. Au-dessous de la table d’autel, qui était en pierre, on apercevait l’effigie cochée de la bienheureuse Marguerite-Marie. Les statues de saint Augustin et de saint François de Sales complétaient l’ornementation. Aujourd’hui, la décoration du chœur, dépouillé de son mobilier d’origine caractéristique de l’éclectique de la fin du XIXe siècle, ainsi que celle des autels secondaires, témoignent d’un goût très sûr dans leur grande sobriété.

     La porte du tabernacle est en bois de cèdre du Liban. On raconte que ce fragment proviendrait d’un cèdre antique, peut-être contemporain de Salomon, abattu par la tempête et dont le Sultan aurait fait abandon à Mgr le patriarche de Jérusalem ; celui-ci, à son tour, en aurait fait don à Mgr Guilbert, archevêque de Paris, pour le sanctuaire du Vœu National à Montmartre. Mgr Guilbert en aurait détaché une partie pour l’église du Sacré-Cœur.

     Les trois cloches portent les noms de Françoise-Julie, Victoire-Dauphine et Antoinette-Caroline. Elles proviennent des ateliers de M. Crouzet-Hillebrandt, fondeur à Paris. La première pèse 1000 kilos et donne le mi bémol, la seconde, de 758 kilos, donne le fa et la troisième, de 548 kilos, le sol.

     Les fenêtres du bâtiment ont conservé leurs vitraux d’origine, sauf celles de la partie supérieure de la nef principale et du chœur. Les illustrations en couleurs chaudes, véritables tableaux transparents, ont une valeur artistique certaine. Le chemin de croix est lui aussi remarquable. Il est l’œuvre de l’artiste C.E. Francq et date de 1874. Il est constitué de toiles encadrées dont la restauration, dans les années 60, est due à un peintre calaisien d’origine belge, M. François Couteau. Ces toiles, dans le style religieux du XIXe siècle contrastent quelque peu avec la décoration générale, imprégnée de modernisme.

    Eglise Sacré-Coeur

    Dans le fond de l’église et dans la partie réservée aux fonts baptismaux, une reproduction de la grotte de Lourdes attire l’attention. Elle fut aussi confiée aux soins de M. Couteau lors des travaux de restauration.

     Enfin , l’église renferme plusieurs plaques qui méritent d’être mentionnées. La première fait en quelque sorte un bref historique de l’église en rappelant les dates essentielles de sa construction et les hommes qui en furent à l’origine. Une autre porte l’inscription « Principaux bienfaiteurs >> et liste les curés de la paroisse jusqu’en 1943. La troisième commémore la consécration officielle de l’église le 16 juin 1878. La dernière indique que Monseigneur Debout a obtenu le 12 avril 1909, de Sa Sainteté Pie X que tout fidèle qui récitera en cette église une prière en l’honneur du Sacré-Cœur, obtiendra une indulgence de 300 jours.

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