• Eglise Saint-Benoit-Joseph-Labre

    Eglise Saint-Benoit-Joseph-Labre

    Paroisse Saint-Benoît—Joseph-Labre: photo du site http://calaisautrement.e-monsite.com/

     Situation

     On appelait «Petit Pays >> ou << Nouvelle France » le quartier essentiellement ouvrier construit entre le canal de Marck et le canal de Saint-Omer et qui s’étend au delà de la voie ferrée Calais-Dunkerque vers le Virval. C’est dans ce quartier que se trouve la paroisse Saint-Benoît-Labre et l’église paroissiale du même nom sise boulevard Victor-Hugo. Il s’agissait alors de la seule église du diocèse dédiée à ce saint.

     Historique

      Jusqu’en 1907, le quartier faisait partie de la paroisse de Saint-Pierre mais on y trouvait un couvent occupé par des capucins, appelés par la population « Les Moines ». Les Pères y avaient établi un lieu de culte en 1877. Ils furent victimes des décrets contre les congrégations et expulsés une première fois le 6 novembre 1880. En 1898, le chanoine Bourgain, doyen de Saint-Pierre, souhaitait déjà acheter un terrain pour l’église, le presbytère, la salle d’œuvres et l’école. En 1904, une loi proposée par le Président du Conseil, Emile Combes avait interdit d’enseignement les membres des congrégations. Cette politique anticléricale se poursuivit par la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat votée en décembre 1905. Par cette loi, on affirmait que la République assurait la liberté de conscience et le libre exercice des cultes mais ne reconnaissait, ne salariait, ne subventionnait aucune religion. Le gouvernement français confisqua et ferma alors le couvent des capucins ; les Pères s’expatrièrent à nouveau.

     En 1907, le diocèse d’Arras acheta à l’Etat français le couvent des capucins pour en faire un presbytère et la chapelle, qui fut érigée en église paroissiale le 10 novembre. Deux écoles, une de garçons et une de filles, dépendaient de ce couvent. L’église est un petit édifice à une nef et deux bas-côtés, élevé dans un style néo-gothique simple. La nef est rythmée par de beaux piliers à curieux chapiteaux de pierre.

     Après la Première Guerre mondiale, les Pères capucins songèrent à récupérer leur couvent. Ils le rachetèrent à l’évêché d’Arras et le réintégrèrent en 1921. Le Père Gardien était le Père Benoît-Joseph, ancien combattant de l’armée française d’Italie, démobilisé avec le grade de capitaine. L’activité des capucins était principalement la prédication ainsi que des retraites dans les paroisses du Calaisis. Ils laissèrent la chapelle en location à la paroisse.

     Ce fut à l’abbé Florimond Hu, vicaire à Saint—Pierre, que l’on confia la charge de fonder une nouvelle paroisse sous le patronage de saint Benoît-Joseph Labre. Celui—ci a vécu de 1748 à 1769 et est le patron des pauvres, il a été canonisé le 8 décembre 1861. Aujourd’hui encore, un pèlerinage a lieu tous les ans le 16 avril, à Amettes (Pas-de-Calais), village natal de Benoît Labre, afin de prier ce saint vagabond.

    L’abbé Hu décida d’acheter, pour en faire un presbytère, le château Parenty situé face à l’église, de l’autre côté du boulevard Victor-Hugo. Une partie des bâtiments du couvent fut utilisée pour le catéchisme, les réunions, et d’autres événements.

     Le chanoine Florimond Hu dirigea la paroisse de 1907 à 1938. Né en 1858 à Givenchy-la—Bassée, il devint chanoine en 1920 et fut très attentif aux problèmes sociaux. Puisque la paroisse du « Petit Pays >> comptait plusieurs milliers d’habitants, il fut secondé par des vicaires. L’un d’eux était François Dorez, de 1906 à 1920, qui trouva la tâche ardue dans ce quartier défavorisé : « Débuts pénibles et durs pour un jeune prêtre sorti du séminaire et jeté dans la mêlée sans grande préparation. » Il y eut aussi l’abbé Louis Tellier, du 8 octobre 1925 à décembre 1927, l’abbé Louis Wacogne, du 2 janvier 1928 à octobre 1928, l’abbé Henri Maffrand et enfin l’abbé Paul Dufay. C’est sous l’impulsion du Chanoine Hu, fervent de Notre—Dame et directeur du pèlerinage à Lourdes, que fut installée dans la partie ouest de l’église une représentation de la grotte de Lourdes pour la neuvaine.

    C "est également sous son ministère que la paroisse participa en 1927, pour la première fois, à la neuvaine annuelle à Amettes. Il s’agissait d’une véritable expédition pour les 32 pèlerins de la paroisse. Son action fut parfois matérielle : en 1926, il lança une souscription volontaire afin de remplacer le gaz par un éclairage électrique. Il fit également appel aux paroissiens pour l’entretien des deux écoles.

     Le rôle de l’Abbé Hu dans la vie paroissiale fut déterminant. Sous son ministère, une bibliothèque fut ouverte au public le dimanche matin. La paroisse accueillait régulièrement des conférenciers, sur des sujets très variés : « Constantinople », « la vie de saint François d'Assise », « Florence »... Ces conférences, parfois illustrées, avaient lieu dans la salle paroissiale de l’école Saint—Emile. A la fin des années 1920, les activités furent de plus en plus variées : un donateur permit de doter la paroisse d’un cinéma. L’inauguration était prévue pour la Semaine Sainte avec un film ayant pour sujet la Passion. Celui—ci fut suivi d’un film récréatif : « Picotin matelot >>. Les enfants devaient être accompagnés. Au même moment, l’achat d’un Pathé-Baby pour le patronage des garçons fut envisagé, afin que chacun put avoir son cinéma. Il fallut attendre 1931 pour que le patronage des filles, « Les Violettes », anciennement appelé « Les Petites roses de Saint-Benoît », disposa lui aussi de son Pathé-Baby. En 1931, la tendance féminine se confirma avec la création d’un groupe de Jeunesse Ouvrière Catholique Féminine. Un appel fut lancé dans le bulletin paroissial. La première réunion eut lieu en avril 1932. Le but était d’amener les membres de la JDC. à participer au patronage, aux oeuvres,...

     Conséquence de la crise de 1929, les capucins proposèrent de donner de la soupe aux enfants des familles touchées par le chômage et qui fréquentaient les catéchismes et les patronages, ainsi qu’à leurs petits frères et soeurs. Les distributions avaient lieu le mardi, le jeudi et le samedi. Il semble que plus d’une centaine d’enfants fut concernée.

    Les capucins souhaitant ajouter à la soupe un morceau de viande ou un œuf firent appel à la générosité des bouchers et des marchands de légumes des environs. Il existait enfin plusieurs associations : l’Association Paroissiale des Hommes et des Mères, la Ligue Patriotique des Françaises, les Féales suivantes de Notre-Dame ainsi que des oeuvres charitables: l’œuvre des pauvres malades et la Conférence de saint Vincent de Paul pour les familles nombreuses.

     L’abbé Jean-Baptiste Gournay succéda à l’Abbé Hu d’octobre 1938 à 1949. Il était vicaire à Saint-Pierre et se fit aider à la direction de la paroisse par le vicaire Paul Duday puis, en juillet 1939, par l’abbé Germain Dubois qui fut mobilisé en septembre 1939 tout comme J can- Baptiste Gournay lui—même. Celui-ci quitta la paroisse pour plus de six ans puisqu’il fut retenu prisonnier en Prusse orientale jusqu’au 31 juillet 1945. Pendant son absence, il fut remplacé par les Pères capucins et en particulier l’administrateur Révérend Père Jean—Joseph.

    En avril 1940, les capucins quittèrent le couvent et la paroisse. Le Révérend Père Eloi fut affecté à la direction du couvent et assura la cure de Saint-Benoît jusqu’au retour du Père Joseph en octobre.

     Au retour de l’abbé Gournay, le château—presbytère était encore occupé par des réfugiés. L’abbé Gournay demanda alors asile aux Pères : une pièce du couvent lui servit de chambre et de bureau pendant une année. En août 1946, le presbytère fut libéré et l’abbé le réintégra. Un nouveau vicaire, l’abbé Hippolyte Jovenin, arriva le 6 août 1946. Il s’occupa en particulier des scouts. Le 7 octobre 1946, il partit pour la paroisse de Saint-Pierre et plus spécialement pour desservir la chapelle Saint-Michel.

     Pendant le ministère de l’abbé Gournay, la paroisse accueillit, les 6 et 7 octobre 1946, une statue de Notre—Dame. De même, en 1948, la statue de Notre-Dame du Grand Retour, qui avait été embarquée sur une péniche au Pont de Vic, fut accueillie à la paroisse Saint—Benoît- Joseph-Labre le 26 juin pour une nuit et une journée de prière, avant de repartir vers la paroisse Saint—Joseph. Les fidèles participèrent aussi au pèlerinage à Amettes à l’occasion du deuxième centenaire de la naissance de Benoît Labre en juillet 1948.

     A la demande de l’abbé Gournay auprès de l’évêché et après des pourparlers avec le Provincial des Pères capucins, l’évêque décida, en octobre 1948, de confier la charge de la paroisse aux Pères du couvent. Le Révérend Père Venance arriva en novembre 1948, secondé par des vicaires : Père Placide, Père Thadée, Père Stéphane. Les quatre religieux attendirent que l’abbé Gournay obtint un autre poste dans le diocèse. Ce fut chose faite fin mars 1949: l’abbé ' Gournay partit pour Sailly-sur-la-Lys.

     A partir du 3 avril 1949, le Père Venance et les trois autres capucins furent chargés de gérer la paroisse. Le Révérend Père Théodore avait également la charge de l’aumônerie de l’Hôpital de Calais. De 1951 à 1961, le Révérend Père Léon assuma la charge pastorale de Saint-Benoît et en 1957 ; à l’occasion du cinquantenaire de la fondation de la paroisse, quelques transformations furent réalisées dans l’église. Le Révérend Père Félicien prit la succession jusqu’en 1966 où il fut à son tour remplacé par le Père Armel.

     En 1969, les capucins quittèrent finalement la paroisse qui fut reprise par le clergé diocésain. Ils emportèrent avec eux la plupart des statues et une partie du mobilier intérieur.

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 15 Septembre à 13:07

    La photo de l'église Saint-Benoît-Joseph Labre,en dessous du commentaire"Par Alors raconte le 5 juillet 2017 à 16:14" provient de mon site calaisautrement.e-monsite.com!!

      • Vendredi 15 Septembre à 13:50

        Bonjour, désolé d'avoir pris une photo de votre site, j'ai rectifié est mis le nom votre site sous la photo, cordialement

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