• Eglise Saint-Joseph

    Eglise Saint-Joseph

    Paroisse Saint-Joseph

     Situation

     La paroisse Sainte—Madeleine s’étendait intra-muros jusqu’au quai de la Gendarmerie et le bassin Carnot. L’implantation d’usines, notamment les aciéries Sambre et Meuse, et surtout l’extension de la population avaient naturellement augmenté l’importance de cette zone du Petit-Courgain. La paroisse Sainte-Madeleine encore presque uniquement peuplée de maraîchers se sépara, en 1923, de cette partie très différente par l’esprit et la profession de ses habitants afin de créer la paroisse Saint-Joseph, du nom du saint patron des ouvriers.

     Historique

     L’abbé Georges Sauvage, nommé curé de Sainte-Madeleine le 18 août 1921, conçut le projet de construire entre la rue Mollien et la rue des Jardiniers, actuellement rue Anatole—France, à la hauteur de la rue Hippolyte-Taine, une église qu’il prévoyait assez vaste ainsi qu’un presbytère et une salle d’oeuvres. Des travaux furent rapidement entrepris.

     De septembre 1923 à décembre 1924, le chantier débuta sous la direction de l’architecte Poyé. Cependant les finances firent défaut et au bout d’un an les travaux s’interrompirent. Le 24 décembre 1924, Monseigneur Julien inaugura le choeur et un transept terminé en abside du côté nord. De mars 1924 à mars 1925, un presbytère fut créé et le 19 mars 1925, l’église Saint—Joseph fut ouverte au culte.

    Pendant l’été de la même aimée, une salle paroissiale fut bâtie << une construction qui n ’est peut-être pas -diraient les Anglais- très confortable, mais qui permet d’attendre des jours meilleurs, en donnant, pour l’instant, aux réunions d ’hommes et de jeunes gens un local suffisant », comme l’écrit un bulletin paroissial de 1926.

     Au début de 1926, une petite salle fut placée près de la porte de l’église. Elle servit de longs mois de salle de bibliothèque paroissiale et aussi de lieu de réunions de jeunes filles.

     Les travaux avançaient lentement, en août 1926, les marches en bois furent remplacées par des marches en pierre de Soignies. Le petit autel de bois de chêne allait être par la suite remplacé par un nouvel autel plus conforme au style de l’église. Ces difficultés n’empêchèrent pas la paroisse Saint-Joseph de devenir très rapidement un centre actif de la vie spirituelle sous l’impulsion de l’abbé Sauvage et de son vicaire, l’abbé Jean Poutrain, jeune prêtre ordonné en 1925. En effet, les oeuvres paroissiales étaient pleines de vie. L’Union Paroissiale des hommes groupait 130 membres, l’A.J.C. et son avant—garde 82 jeunes. Les oeuvres des Dames étaient toutes aussi vivantes, avec la L.P.F forte de 330 membres, sans oublier l’association des Mères Chrétiennes, les enfants, les jeunes de la L.P.F.…

     Le bulletin paroissial « Saint—Joseph-Calais » d’avril 1929 signalait également l’existence d’une confrérie en l’honneur de saint Joseph ayant pour objectif de « l ’honorer, de répandre son culte et de pousser à l’imitation de ses vertus». D’ailleurs le 3 novembre 1929, un groupe de statues représentant le trépas de saint Joseph, offert par une personne anonyme fut inauguré.

     Mais l’église ne comprenait encore que le choeur et les bras du transept. L’abbé Sauvage fit appel à la générosité des membres de sa communauté afin de financer la suite des travaux. Celui-ci révéla —d’ailleurs la difficulté d’être un « curé-bâtisseur » dans un numéro de 1929 de Saint—Joseph—Calais: « Quand on place ces deux noms sur le même personnage, je vous assure qu’il en est toujours un qui réclame contre l’autre. Le Bâtisseur dit au Curé : c’est assez ! c’est assez. Paye tes dettes, dors donc en paix, ne me force pas à passer mes nuits à compter comment... de quelle façon... avec quoi... je pourrai combler le déficit et solder mes créances. Et au bâtisseur, le curé doit répondre :

     - Tes raisons ne valent rien. N ’es-tu pas fait pour pâlir. Tu ne sais donc pas que, dans notre siècle, une église sans ses oeuvres n’est qu’un vaisseau sans mats et sans voiles... Les oeuvres, tu le sais bien, ne vivent pas dans les nuages [...] ».

     En 1930, le 29 mars, l’abbé Sauvage en récompense de ses efforts, posa la première pierre de la salle d’oeuvres et de patronage. Le bulletin paroissial d’avril 1930 relata la cérémonie : «[...] à ! ’issue des vêpres eut lieu la pose et la bénédiction de la première pierre [...] Elle est creusée en son milieu pour recevoir les documents qu ’elle devra conserver précieusement pour exercer la curiosité des générations futures. Avant la cérémonie on avait rédigé à l’encre de Chine un procès—verbal sur un beau parchemin. Celui-ci est roulé et enfermé dans un tube de verre convenablement cacheté.

    A côté, on ajoute deux petites pièces de monnaie de l ’année 1929, car en ce 23 mars on ne pouvait pas encore se procurer de pièces au millésime de 1930 et on dut se contenter d ’un vulgaire jeton de vingt cinq centimes en nickel, et d’une petite pièce de cinquante centimes en un alliage qui redira aux générations futures que, du temps de Philippe le Bel et au début du XX e siècle, en France, on usait de fausse monnaie, ou qu ’on altérait les monnaies. »

     Le 5 mai 1932, l’abbé Sauvage devint co-adjudicateur de Mgr. Lejeune, archiprêtre de Boulogne. Il emmena avec lui l’abbé Poutrain. La paroisse fut alors confiée à Jean Deseille qui était depuis 1921, vicaire de Saint—Nicolas à Arras et à Maurice Perdrich de l’ordination 1933 nommé vicaire. Le curé Deseille reprit l’oeuvre de son prédécesseur en vue de poursuivre les travaux de l’église.

     La longueur totale prévue était de 50 mètres, celle du transept du porche sur la rue Pascal au mur du petit sanctuaire qui lui faisait face, de 32 mètres.

     L’année suivante, le curé rouvrit le chantier en révisant cependant ses projets à la baisse. Le porche donnant sur la rue Pascal fut ramené à plus de simplicité, le clocher fut réduit dans la hauteur prévue par le plan et ramené à la hauteur suffisante pour que la cloche soit entendue et cela sans rien changer à l’aspect du plan primitif. La décision fut prise de fermer la place de l’église destinée dans les temps futurs à recevoir les trois nefs de l’église. D’ici là 60 petits platanes borderaient deux pelouses et trois allées, le tout renfermé par deux murs avec quatre entrées. Malheureusement plus aucune suite ne fut donné aux travaux de l’église Saint-Joseph.

     En décembre 1937, l’abbé François Dewez remplaça l’abbé Deseille. Ancien combattant des deux guerres, il participa au premier conflit mondial avec le 201e régiment d’infanterie. Durant l’offensive de juillet 1918, il fit l’objet d’une citation à l’ordre du régiment comportant l’attribution de la croix de guerre. Il ne quitta la paroisse que pour une deuxième mobilisation de 18 mois dont 13 en captivité. Pendant qu’il fut prisonnier, la paroisse fut tenue par le chanoine Sense qui, ensuite, se consacra à la paroisse Sainte-Marie-Madeleine. Saint-Joseph a donné à l’Eglise de nombreux prêtres et religieuses dont le RP. Maréchal, assassiné en Birmanie le 9 juin 1949, une plaque apposée dans l’église lui rend d’ailleurs hommage.

     En 1974, à l’occasion du cinquantenaire de la création de la paroisse et du jubilé sacerdotal de l’abbé Dewez, un nouvel autel, dessiné par M. Georges Wiart et réalisé par l’entreprise Debackère fut offert par les paroissiens.

     L’orgue, subventionné par la chorale, fut inauguré en 1997 au bout de près de 10 ans de travaux.

     Depuis 1999 le Père Wieslav Pelc, d’origine polonaise, est au service des paroisses de Saint—Joseph et Sainte-Marie—Madeleine.

    Architecture

     Œuvre de l’architecte Roger Poyé (1885—1958), l’église Saint—Joseph, conçue deux ans après l’église Notre-Dame-des-Armées, s’inspire du style néo-roman. La structure de béton apparaît à l’extérieur dans le soubassement, les encadrements des baies et les arêtes des pignons découverts aux lignes typiquement art—déco, tandis que l’ensemble est recouvert de moellons équarris. Le plan développé en croix latine permet d’exprimer trois façades et deux accès. Le pittoresque s’exprime avec le chœur et la tour du clocher, placée sur le côté, à l’est de la croisée du transept. Une galerie couverte sous l’arcade longe la salle d'œuvre et rappelle symboliquement l’image du cloître sur jardin. Elle mène directement à la sacristie et au—delà au presbytère, de sorte qu’il existe un passage traversant l’intérieur.

     La préoccupation artistique transparaissait dans le projet d’origine. Une première mosaïque sur un thème évangélistique apparaît sur le tympan est. La seconde était prévue plus haut, sous la bâtière, à l’emplacement actuel du remplissage de brique.

     L’église Saint-Joseph possède de très beaux vitraux réalisés par Louis Barillet (1902-1948), figure marquante de l'art du vitrail en France dans l’entre—deux guerres. Sur les vingt—dem; baies de l’église, sept ont été effectuées par cet artiste au cours du dernier semestre de 1924 et au début de 1925. Elles se situent dans le choeur et aux murs est et nord du transept. Les verrières de l'abside sont des vitreries géométriques dessinant des croix. Les sujets figurés sont inscrits dans des médaillons disposés sur fond de motifs abstraits et se retrouvent dans les vitraux du transept. Au mur est. les deux vitraux représentent un ange tenant un panneau sur lequel on lit une inscription. Ceux du mur nord illustrent deux paraboles : « le retour du fils prodigue >> et « le bon Samaritain ».

     Les évangélistes et l’Agneau Pascal de mosaïque de la coupole du transept furent également réalisés par Barillet.

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