• Eglise Saint-Pierre

    Eglise Saint-Pierre

     

    Eglise Saint-Pierre

    Ancienne église Saint-Pierre

    Paroisse Saint-Pierre

     Situation

     La ville de Saint-Pierre fut érigée officiellement en commune en 1790, cependant cette bourgade existait depuis le XIIe siècle sous le vocable de Pétresse ou Piternesse. La paroisse s’étendait de Marck à Coquelles, de Coulogne aux glacis des remparts de Calais, et même à l’est jusqu’au rivage.

     Historique

     Un comte Walbert fit don en 668 au monastère naissant de Sithiu (Saint-Omer) de sa villa Petressa. Détruite par les Normands à la fin du IXe siècle, l’église de Pétresse fut rebâtie par les moines de Saint-Bertin et demeura en leur possession jusqu’à la conquête du Calaisis par les Anglais en 1347. La tour remontait au XIe siècle alors que les fenêtres ogivales jumelées furent ajoutées au XIVe siècle. L’église, restaurée au XVIIe siècle avait une nef et un petit bas-côté. L’entrée se faisait du côté de l’actuelle rue du Calvaire.

     Sous l’Empire puis sous la Restauration, Saint—Pierre se transforma : d’un simple village de maraîchers et d’agriculteurs, elle devint un centre industriel de grande importance grâce à l’essor du tulle et de la dentelle. Ceci s’accompagna d’une augmentation de la population, si bien que l’antique église Saint-Pierre, devint rapidement trop exiguë et ne suffit plus pour subvenir aux besoins des fidèles qui pour certains devaient suivre la messe depuis le cimetière entourant l’église. Dès 1844 plusieurs projets furent soumis pour la remplacer, mais tous échouèrent.

     En 1850, cinq vicaires n’étaient pas de trop pour assister le curé de Saint-Pierre, qui vit sa cure passer en seconde classe. Pour assurer un meilleur service religieux, le conseil municipal, en accord avec l’administration diocésaine, envisagea dès 1860, d’ériger une nouvelle église Saint-Pierre, ainsi que deux autres lieux de culte, Sainte-Marie-Madeleine et le Sacré-Cœur.

     A proximité de la Grand’rue, la famille Crèvecoeur, propriétaire d’un domaine important dont une partie avait déjà été utilisée pour construire un établissement d’études secondaires, le - Pensionnat Saint—Pierre, accepta de faire don à la mairie d’une surface suffisante pour édifier une église, un hôtel de ville et aménager une vaste place où se tiendraient les marchés et les foires. Les travaux furent en partie financés par une loterie organisée par Henri-Ernest Leblond, le maire de Saint-Pierre.

     Les travaux commencèrent en 1862 sous la direction de l’architecte Eugène Boeswillwald, élève de Labrouste, disciple de Viollet-le—Duc. Selon G. Fauquet, il avait prouvé son talent lors des travaux de restauration de la Sainte-Chapelle à Paris et du château du Haut—Koeningsburg en Alsace. L’église fut inaugurée le 11 avril 1870 par le chanoine Edouard—Joseph Dollet qui était en charge de la paroisse depuis 1853. Le premier enterrement célébré, fut celui de M. Leblond. L’ancienne église fut rasée en 1882, en même temps que l’ancienne mairie pour construire l’hôpital.

    Eglise Saint-Pierre

     Se succédèrent ensuite l’abbé Jean Bourgain, de 1895 à 1913, l’abbé Georges Pourchaux, de 1913 à 1927, l’abbé Didier Dufour, de 1927 à 1937 et le chanoine Jean Desseilles de 1937 à 1955. C’est sous son pastorat que commença la restauration de l’église après les dégâts causés par les bombardements du 25 février 1945.

     Les travaux se poursuivirent avec le chanoine Paul Beilliard, curé de 1955 à 1960 et le chanoine Michel Boulard, de 1960 à 1983. Ce dernier entreprit de restaurer les grandes orgues qui s’étaient tues le 17 septembre 1957. En 1967, les deux rosaces du transept, réalisées par H. Lhotellier furent posées. Trois ans plus tard, le chœur fut transformé et on installa un nouvel autel.

     L’abbé Jacques Wiel prit ses fonctions le 1er septembre 1983. Il entreprit d’importants travaux de peinture et de chauffage.

    Eglise Saint-Pierre

    Architecture et éléments importants.

     L’église Saint-Pierre est de style néo-gothique en forme de croix latine. Elle se compose d’une grande nef, de deux bas-côtés, du chœur entouré d’un déambulatoire, sans chapelles rayonnantes, donnant accès à la chapelle de la Vierge qui forme le chevet. Selon les habitudes locales, les œuvres vives ont été réalisées en pierre blanche du pays et le remplissage en brique rouge. Le clocher, qui mesure 65 mètres, est l’un des plus hauts de la ville de Calais. Selon ’ G. Fauquet, pour sa réalisation, l’architecte Boeswillwald s’est inspiré du clocher de l’église de Caen. La silhouette sévère mais élégante de l’édifice est marquée par une série de contreforts et d’arc-boutants ponctués de belles gargouilles.

     Les cinq cloches proviennent de l’ancienne église. La Marie-Catherine, aujourd’hui appelée la petite Geneviève en raison de son poids de 300 kilogrammes, sonna bien avant 1757, date de sa refonte. L’Augustine, autrement nommée cloche de 9 heures; est décorée d’une couronne de fantaisie, d’un Christ en croix avec la Vierge et de têtes d’anges. L’Etienne-Adèle est raccordée à l’horloge et sonne les heures. Elle fut baptisée en mai 1832. Ornée d’un calvaire avec Notre-Dame et saint Jean, elle porte des anges semés sur la robe, une couronne de feuilles de vignes et des moulures. La Jules Marie—Jeanne, baptisée et installée en 1877, avait été appelée Pétronille en 1832. Au-dessous de l’inscription, fleurs, lyres et papillons se mêlent en une gracieuse guirlande. Elle porte aussi un semis de têtes d’anges, le crucifix de Notre—Dame du Saint-Cœur et la médaille en vermeil du fondeur P. Drouot. Enfin la plus grosse cloche, la Charles-Louise, date de 1830. Elle est aussi connue comme le Bourdon. Avec divers motifs en bas—relief, sa robe porte un calvaire avec la Vierge, saint Jean et saint Pierre; un écusson . formé d’une cloche surmonté d’une couronne comtale avec en dessous une médaille; le tout encadré de couronnes de laurier.

    Eglise Saint-Pierre

     L’intérieur, d’une architecture très inspirée du XIIIe siècle, abrite un riche mobilier néo—gothique qui comprenait jusqu’aux années 1960 : un maître-autel en marbre blanc avec bas—reliefs dorés, surmonté d’un haut retable en bois sculpté ; deux autels secondaires avec retable en bois sculpté également ; des stalles en grand nombre disposées circulairement autour du maître—autel, une chaire en chêne remarquablement ouvragée et ornée de multiples sculptures, et de nombreux confessionnaux d’une grande beauté. Cet ensemble se trouva sensiblement réduit après la réforme du Concile de Vatican II. Le nouvel autel est constitué d’un bloc de marbre d’Italie , vert veiné de blanc pesant cinq tonnes, dont le dessus est poli et les quatre faces latérales bosselées. Le banc d’oeuvre, aujourd’hui démonté, et la chaire gothique sont l’œuvre de J. B. Laloue. Le maître-autel, l’autel de la chapelle de la Vierge, ceux des deux transepts et les fonds baptismaux sont de Pascal Franco.

     Les vitraux furent réalisés après les destructions de la Seconde Guerre mondiale par le père Cholewska de l’abbaye de Wisques. Les deux rosaces placées aux extrémités est et ouest du transept sont, quant à elles, dues au maître—verrier calaisien H. Lhotelier. La rosace occidentale, aux dominantes rouges, symbolise le Christ, alors que la rosace orientale, aux tons bleus, est dédiée à la Vierge. Elle se compose de 2500 pièces de verre et de 500 mètres linéaires de plomb laminé.

     Saint-Pierre se distingue aussi par ses orgues. Achevées en 1869, elles furent inaugurées le 28 avril 1870 par le maître Charles-Marie Widor, organiste à l’église Saint-Sulpice de Paris et Alexandre Guilmant, alors titulaire de l’orgue de Saint-Nicolas de Boulogne-sur-Mer. Construit par l’un des plus illustres facteurs d’orgues français, Aristide Cavaillé-Coll, l’instrument, de type symphonique, était doté de 24 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier. Après la Seconde Guerre mondiale, il fut transformé en un orgue néo—classique de 47 registres.

    En pénétrant dans l’église, on peut remarquer sur le mur, une plaque de marbre noir commémorant l’inauguration de l’édifice. Elle porte le libellé suivant : « Cette église a été commencée en l’an MDCCCLXII (1862) sous l’administration de M. Henry-Ernest Le Blond (au lieu de Leblond) Maire de la Ville de St—Pierre (Pas-de—Calais) et inaugurée le XI avril MDCCCL» (1850), « Architecte M. Baeswillwald (au lieu de Boeswfllwald), inspecteur général des monuments historiques ».

     Il faut aussi noter le chemin de croix en plâtre dont les tableaux en relief, restaurés, sont d’une inspiration et d’une facture dans le plus pur style d’art religieux du XIXe siècle.

     Adossés au mur du déambulatoire, de chaque côté de l’entrée de la Chapelle de la Vierge, deux monuments de marbres blanc ont été élevés à la mémoire de deux anciens curés de l’église Saint-Pierre, dont les effigies se trouvent dans des médaillons sculptés. Le premier indique : « A la pieuse mémoire de M. le Chanoine E.Ballet, curé—doyen de St-Pierre de 1853 à 1895. Mort à l’âge de 90 ans. R.I.P. », le second porte: «A la pieuse mémoire de M. le Chanoine Jean Bourgain, curé de St-Pierre de 1895 à 1915. Mort à l’âge de 62 ans. R.I.P. ».

     Enfin , derrière et au centre du double escalier de la chaire, on peut admirer une statue du XIXe siècle de l’apôtre Pierre présentant les clefs du royaume céleste, placée sur un socle élevé qui permet de baiser l’orteil en bronze du premier chef de l’Eglise.

    Eglise Saint-Pierre

     

     

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