• Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul

    Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul

    Paroisse Saint—Pierre-Saint—Paul

     Situation

     Le quartier du Courgain maritime se trouvait à l’intérieur » d’un bastion fortifié construit vers 1623, séparé de la ville par un large fossé, au-dessus duquel avait été installé, sur une estacade de pilotis, une voie ferrée. Ainsi entouré, le Courgain resta un quartier isolé du reste de la cité jusqu’à la démolition des remparts de Calais de 1881 à 1885. Cet emplacement, déjà occupé ultérieurement dans l’histoire, abritait une vie riche en coutumes et traditions.

     Historique

     Les marins du Courgain et leurs familles s’impatientaient de posséder une chapelle pour assister plus régulièrement aux offices dont ils étaient privés de par l’éloignement de l’église Notre-Dame.

     Vers 1851, M. Dières—Montplaisir, commissaire de la marine, loua dans la Quatrième rue du Courgain une maison où l’on installa une salle d’asile, on appelait ainsi la garderie des écoles maternelles. Lors d’une visite, Mgr Parisis, évêque d’Arras, déclara ériger en chapelle cette salle en attendant de trouver mieux. La bénédiction prononcée, il confia la charge d’aumônier à l’abbé Hieulle, vicaire de Notre-Dame. Mais la chapelle était manifestement trop petite pour accueillir la population fort religieuse et l’on rechercha un local plus grand. Le dévolu fut jeté en 1853 sur « Le Mât de Cocagne >>, une ancienne salle de danse de la Sixième rue. En septembre, l’abbé Hieulle fut remplacé par l’abbé Grébert qui s’attacha à bâtir une église au Courgain. Il rouvrit une école de mousses et fonda un ouvroir et une autre école.

     Il manquait une voix à la chapelle pour appeler les fidèles et le 11 décembre 1853 la première cloche fut bénie. Pour ériger son église, l’abbé Grébert se fit quêteur et parcouru les villes du nord de le France de 1853 à 1861. Par décret du 13 avril 1861, l’empereur Napoléon III érigea la chapelle en succursale, ce qui consacrait son érection en paroisse. Primitivement placée sous le vocable de Sainte—Marie, elle fut placée sous la protection de saint Pierre et de saint Paul, le premier étant le patron des marins et des matelots.

     Il existait alors au Courgain une butte de terre, restant des fortifications. De nombreuses et vieilles maisons s’y étaient accumulées et formaient de véritables taudis. L’Etat décida d’aliéner cette partie de la ville et de niveler le terrain. L’abbé Grébert en obtint gratuitement une portion pour élever son église. Le 10 avril 1864 on posait enfin la première pierre. La cérémonie, présidée par M. de Lencquesaing, curé—doyen de Notre—Dame, avec M. Liévin- Delhaye, maire de Calais, rassembla 10 000 personnes. Les troupes de la garnison du 94e régiment d’infanterie et les marins d’Etat de l’aviso Cuvier en grande tenue, encadraient le terrain retenu. Un parchemin fut déposé, dans un coffret scellé, dans une cavité de la première pierre, avec une pièce d’argent à l’effigie du pape Pie IX et une pièce de monnaie à l’effigie de Napoléon III. La construction, de style néo-gothique, fut élevée en brique et pierre par un entrepreneur local, M. Dubail. Le clocher prolongeait la façade percée de nombreuses baies gothiques. L’église, encore inachevée, fut livrée au culte le 11 avril 1867.

     Le 6 octobre 1878 eut lieu la bénédiction des trois cloches. Elles se nommaient Emélie-Rosalie-Albertine, Françoise—Adèle-Adolphine et Julie—Marie-Louise.-Le 3 janvier 1880 l’abbé Grébert s’éteignit, il eut pour successeurs l’abbé Berteloot jusqu’en 1897 et l’abbé Bourgeois jusqu’en 1938, puis l’abbé Henri Costenoble.

     Dès le 10 mai 1940, l’église du Courgain maritime fut secouée par les premières bombes allemandes frappant Calais. Pendant l’occupation elle se trouvait en zone interdite. Autour d’elle on rasa les ruines du Courgain incendié et l’église se retrouva seule au milieu d’un désert de poussière. A la Libération, une bombe l’éventra et des obus provoquèrent des dégâts supplémentaires.

    L’intérieur fut pillé, volé, saccagé. On y découvrit douze obus piégés posés par les Allemands qui ne purent accomplir leur projet.

     En 1953, quand se posa le problème de la reconstruction du quartier, les experts déclarèrent qu’il valait mieux abattre les murs pour bâtir du neuf. L’architecte calaisien Georges Wiart dressa les plans d’une église dissymétrique à une nef avec un seul bas-côté. L’ensemble d’un coût de 57 millions (valeur 1959), fut réalisé en béton armé et ciment dans un style épuré et fonctionnel en faveur dans les années 50—60. La première pierre fut posée le 11 novembre 1960 et l’église bénie le 30 mars 1964. En ce lundi de Pâques, une foule nombreuse était réunie pour assister à la cérémonie et à une messe à la mémoire des naufragés.

     En décembre 1984, un orgue fut livré et installé sur la tribune. Conçu par M. Erwin Muller, facteur d’orgue à Croissy, il était destiné à l’église Notre-Dame. Les travaux de reconstruction n’étant pas assez avancés, on décida de le placer en l’église Saint—Pierre—Saint—Paul.

     Avant la Seconde Guerre Mondiale, deux cérémonies étaient traditionnelles au Courgain maritime: la bénédiction des flots, le jour de l’Ascension et la fête des sauveteurs, le 15 août. Après la Libération s’instaura une nouvelle tradition: celle de la messe des << Péris en Mer», le lundi de Pâques. Elle est devenue aussi chère au cœur des Courguinois.

     Architecture et éléments importants

     Avant de pénétrer dans l’église, on remarque le caractère asymétrique de la toiture dont les versants couvrent la nef et le bas-côté. Elle est surmontée d’un petit clocher octogonal ou campanile. En façade, au-dessus du porche d’entrée, tapissé de « pierre de Baincthun », une rosace de verre coloré tranche sur l’enduit très clair du reste de cette partie de l’édifice. La grande nef s’ouvre largement par trois grandes portes sur un porche d’entrée dans lequel les fidèles peuvent prendre place en cas d’affluence. Sur le côté gauche du porche, un motif sculpté se détache de la façade, associant les clefs de saint Pierre au glaive de saint Paul. L’édifice mesure 27,55 mètres de long et 16,50 mètres de large, soit 10,10 mètres pour la nef et 5,05 mètres pour l’unique bas-côté. Pour le principe de construction M. Wiart s’est inspiré des méthodes appliquées à la conception des navires par les constructeurs thessaliens de la nef des Argonautes et les charpentiers des vaisseaux de Tourville. Il les décrit lors de l’inauguration : « Sur la quille, deux fois recourbée par l’étrave à la proue et l’étambot à la poupe, les couples, robustes côtes taillées en plein cœur de chêne, étaient assemblés, formant ainsi l’ossature qui devait recevoir les lisses et les bordes. Dans l’église, la même ossature reste apparente, inversée, rappelant les habitations que les pêcheurs réalisaient autrefois en utilisant comme toit la coque du petit bâtiment qui avait été leur gagne-pain. >>

     Dans le clocher, ont été placées les trois cloches de l’ancienne église. L’une d’elle sonna longtemps les offices à l’église provisoire de Notre-Dame, une autre resta un temps dans les dépôts de la ville et la troisième fut retrouvée dans le quartier du Fort-Nieulay en 1961 alors que tout le monde la croyait perdue. La croix surmontant l’édifice provient également de l’ancienne église.

     Les vitraux, quant à eux sont l’œuvre du maître-verrier Claude Blanchet de Paris, qui eut pour collaborateur J .P. Lesage. Ils datent de 1962. Le grand vitrail au—dessus de l’autel est une crucifixion , imitant un peu la tapisserie d’autrefois, les deux saints patrons de l’église, Pierre et Paul, y figurent, ainsi qu’une barque, symbole de l’Eglise. Les vitraux des côtés latéraux sont plus abstraits et d’une recherche volontairement symbolique. L’un illustre la parole de saint Paul « Je t’ai établi lumière des nations >> avec un phare pour fond de décor. Le vitrail suivant, avec un mélange de clochetons, justifie la parole de saint Pierre : «pierre tu es pierre...et sur cette pierre je bâtirai mon église». Un troisième évoque une grande ville pour rappeler que saint Paul fut aussi un grand voyageur. Enfin, le quatrième est composé d’un mélange de filets et de gréements de pêche symbolisant saint Pierre. Sur le losange du « fronton de la façade, on peut admirer un vitrail représentant une Vierge protectrice des marins et des pêcheurs et portant l’inscription « Ave Maria, Maris Stella >>. Ces vitraux sont dans une tonalité bleu et blanc rappelant la mer et le ciel. Les vitraux latéraux du côté ouest sont plus abstraits et conçus en masses rouges et vieil or pour opposition à ceux d’en face et symbolisent le « vin » et le << pain».

     L’église du Courgain maritime abrite dans une chapelle la statue de Notre-Dame du Risban. Celle-ci aurait été trouvée dans le fort Risban au XIVe ou XVe siècle mais semble plus récente. Sauvée des destructions de la Révolution par un pieux courguinois elle manifeste la dévotion du peuple de la mer pour Notre-Dame.

     On trouve enfin des ex-voto sous forme de plaques de marbre sur lesquelles sont gravés les noms de marins disparus, décédés ou péris en mer. Certains n’ont pas survécu à la guerre et aux actes de pillage qui ont pu s’ensuivre. Deux maquettes évoquent deux douloureux naufrages de bateaux de pêche calaisiens. Le premier est le « Corsaire », un « dundee >> de 30 tonneaux disparu le 6 avril 1902 par forte tempête en mer du Nord. Le second est l’ << Auguste-et— Marie >>, qui sombra lors d’une collision avec un grand vapeur le 5 mars 1886. Ces répliques sont l’œuvre de M. Victor Agneré et M. Henri Paolo, tous deux marins calaisiens, et furent offertes peu avant la Seconde Guerre mondiale.

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  • Commentaires

    1
    Méme Ln
    Lundi 4 Novembre à 18:07

    Bonjour 

     

    Ces deux bateaux ont été construits l'un par mon père et le deuxième par mon oncle,ils ont été sauvés en 1940   

     

    par mon père 

     

    qui les a mis à l'abri 

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