• Eglise Sainte-Germaine

    Eglise Sainte-Germaine

    Paroisse Sainte-Germaine

     Situation

     A la sortie de la ville, vers Guines, se trouve le Pont-du-Leu, bâti sur trois communes : Calais, Coulogne et le «Marais» de Coquelles. Au début du siècle, les habitants de ce quartier étaient paroissiens de Saint—Pierre ou du Sacré-Coeur selon que leur demeure se situait à droite ou à gauche du chemin des Régniers, cette route servant de limite à deux cantons. Cependant l’éloignement des églises paroissiales rendait difficile la pratique religieuse. Aussi en 1912, Mgr. Lobbedez, évêque d’Arras et l’abbé Constant Hanse, un vicaire de Saint—Pierre qui desservait le quartier depuis 1906, décidèrent de fonder au Pont-du—Leu, une paroisse sous le vocable de Sainte-Germaine—Cousin, une bergère qui vivait à Pibrac, près de Toulouse au XVIe siècle. Elle fut canonisée par Pie IX, le 29 juin 1867.

     Historique

     Sous cette nouvelle paroisse furent regroupés des quartiers de Calais, Coulogne et Coquelles. L’abbé Hanse desservait cette ébauche de paroisse, un simple baraquement, quand il fut mobilisé en 1914.

     Pendant la guerre, le ministère fut confié à l’Abbé Holuigue qui s’employa avec dévouement à construire les locaux nécessaires au culte. Grâce à l’argent réuni par une souscription lancée dès 1912, il put acheter un terrain jugé parfait pour les constructions futures. Une chapelle provisoire en bois fut édifiée avec le concours des menuisiers de l’orphelinat de M. Dalemcourt, quai de l’Yser. Pour éviter un fort loyer annuel, l’abbé fit bâtir un presbytère pour abriter les prêtres appelés à se succéder au Pont-du-Leu. Une neuvaine à sainte Germaine fut instituée à laquelle venaient en pèlerinage les différentes paroisses urbaines, les élèves du Pensionnat Saint-Pierre et de Jeanne d’Arc.

     L’abbé Constant Hanse, démobilisé, fut nommé officiellement curé de Sainte-Germaine en 1919. Il eut l’ambition d’élever sur le territoire de la paroisse une grande et belle église, . prévoyant un développement important du quartier où allait s’installer une importante usine de fabrication de soie artificielle : «Les Filés de Calais». En 1920, disparaissait l’abbé Holuigue, laissant derrière lui le souvenir d’un prêtre rude mais au grand coeur. Sans attendre l’édification d’une belle église, des groupements furent créés pour donner plus de vie, d’entrain et de piété à la paroisse.

    C’est ainsi qu’en 1921 on retrouvait une Confrérie de Mères Chrétiennes, un patronage de filles, un patronage de garçons et une Association paroissiale d’hommes. Le seul local disponible était alors la chapelle en planches, aussi des baraquements furent—ils transformés en salles de patronage.

     La souscription permanente recueillait des fonds importants, cependant on s’interrogeait toujours sur la fin de l’édification de l’église. Malgré tout, la vie de la paroisse se poursuivait, des spectacles et des conférences avec projection étaient organisés régulièrement. En 1923, les premières pierres et briques arrivaient enfin mais l’on était bien loin d’avoir réuni les fonds nécessaires au commencement des travaux. La Voix de sainte Germaine permettait de suivre chaque mois l’évolution des dons, ainsi en décembre 1923, ils s’étalaient de 0,45 franc à 204,75 francs pour un total mensuel d’un peu moins de 2400 francs. L’abbé Hanse multipliait les actions pour atteindre son objectif, outre des quêtes et des ventes de charité, un appel fut lancé à toutes les Germaines de France.

     La bénédiction de la première pierre, annoncée pour le 15 avril 1928, fut reportée au 29 juillet 1928. Ce fut l’occasion d’une brillante cérémonie à laquelle participèrent Monseigneur l’Evêque d’Arras, le Doyen du Sacré-Coeur, le Curé de Sainte-Germaine, trente prêtres et dix jeunes abbés. Une foule nombreuse était réunie pour écouter les sermons et assister à la bénédiction de la première pierre renfermant en son coeur une fiole de verre avec un parchemin relatant cet acte solennel.

     L’architecte, M. Julien Barbier de Paris, constata que le terrain choisi était plus marécageux que prévu. On fit donc appel à la société des Pieux Franki à Paris, des spécialistes des fondations en terrain délicat. Il fallut enfoncer plus de 160 colonnes en béton à travers une épaisse couche de sable mouvant pour faire reposer sur un banc de cailloux plus profond. Ensuite les colonnes furent reliées au niveau du sol par de fortes poutres en ciment armé et là-dessus on éleva des murs qui, à 1,40 mètre de haut, supportaient un immense plateau de ciment armé de 40 m x 19 m. Ces travaux préliminaires engloutirent tout l’argent prévu pour la construction, si bien que de 1929 à 1932, la future église se limita à cette simple plate—forme de béton à environ un mètre du sol. Les travaux reprirent en 1932 et furent confiés à l’entrepreneur calaisien M. Brismalein. Le 10 décembre 1933, Monseigneur Dutoit, évêque d’Arras, vint bénir le bâtiment dans lequel il était encore impossible de célébrer le culte.

    Tous les corps de métiers se succédèrent pendant l’hiver pour achever l’église, qui demeura sans clocher faute de ressources.

    En 1940, l’école des filles de la rue des Prêtres, dirigée par Mlle Petel trouva asile à Sainte-Germaine après les bombardements de mai. Le ministère de l’abbé Hanse, devenu chanoine en 1937, se poursuivit jusqu’en 1951. Il démissionna au début de cette année et mourut quelques mois plus tard. Son successeur fut l’abbé Robert Ducatel, un Calaisien, nommé à Sainte-Germaine le 8 février 1951.

     Parmi la très importante action pastorale de l’abbé Ducatel, il est possible de relever quelques tâches matérielles qu’il mena à bien.

     En 1957, il ouvrit une salle paroissiale. Lorsque les 24 cloches du carillon de l’hôtel de ville furent remplacées par un carillon électronique, seules trois d’entre elles échappèrent à l’enfer de la fonderie. Grâce à une collecte effectuée chez les paroissiens, l’abbé Ducatel put les acheter toutes les trois. C’est ainsi que Marie-Elisabeth, Eugénie et Germaine furent baptisées par Monseigneur Parenty le 18 septembre 1960. En 1961, une nouvelle école paroissiale fut ouverte rue de Lima, remplaçant celle qui fonctionnait dans des bâtiments provisoires. En 1968, une statue de Notre-Dame de la Paix fut installée dans le jardin de l’église. Cette statue avait ‘ été offerte par les religieuses de la «Miséricorde» dont le dispensaire se trouvait à Calais—Nord. De 1980 à 1982, l’abbé Ducatel fit procéder à de nombreux travaux de rénovation, en particulier des vitraux. En 1988, l’église Sainte-Germaine recevait enfin son clocher, qui se voyait surmonté peu après d’un coq pivotant sur la croix.

     Aujourd’hui, des problèmes de toiture et d’électricité mettent l’édifice en péril et les paroissiens ont organisé une tombola en mai 2001 afin de réunir des fonds pour le sauver.

     Architecture et éléments important.

     L’édifice a le plan classique de la croix latine et utilise un répertoire décoratif architectural typique des années 1930. Elle se distingue par son clocher-porche assez peu répandu.

     L’abbé Ducatel souhaitait aussi mettre en valeur l’autel principal qui n’était autre que celui de l’ancienne église Saint—Pierre. Conservé par les Petites Soeurs des Pauvres, l’autel fut installé en 1912 dans la modeste construction de bois qui servit d’église jusqu’en 1934. Il s’agit d’un meuble de chêne datant de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe, présentant les voûtes et les galbes caractéristiques du style baroque, recouvert de peinture blanche et rehaussé d’or. Il repose sur un socle imitant le marbre. Le devant de l’autel présente en son centre une figure de l’Agneau Pascal. La partie supérieure de l’autel est constituée par un ensemble tabernacle-monstrance, encadré de deux anges en prière. De chaque côté du tabernacle, une pièce en bois formant un retable présente une volute décorée d’épis de blé et de grappes de raisin en rappel des paroles de la Consécration. A chacune des extrémités, une fleur de lys complète la décoration. Les faces latérales du tabernacle sont ornées de sculptures représentant des coeurs : à gauche, on observe un coeur ceint d’une couronne d’épines, le Sacré-Coeur. Le tabernacle et la monstrance sont surmontés d’un dais à quatre volutes où repose un pélican blanc rehaussé d’or, représenté debout dans son aire, ailes éployées, symbole du Christ nourrissant ses disciples de sa chair et de son sang. Autrefois, deux angelots tenant une couronne ornaient la corniche du tabernacle. Cet autel, longtemps placé dans un bas-côté, se trouve aujourd’hui à l’église provisoire Notre-Dame.

     Les vitraux de l’église Sainte—Germaine ont été réalisés en 1934 par deux maîtres-verriers très renommés avant la guerre : MM. Barillet et Chevalier. Les plus belles pièces sont les deux rosaces du choeur symbolisant, l’une, rouge, l’Ancien Testament, l’autre, bleue, le Nouveau. Les huit vitraux représentant les scènes de la vie de sainte Germaine, situés dans la nef sont de toute beauté. On trouve aussi des représentations de saint Mathieu, saint Luc, saint Marc et saint Benoît-Labre. Il faut aussi signaler la présence de marbres d’Hydrequent et le chemin de croix en mosaïque.

     L’église abrite aussi, près de l’entrée, une très belle plaque rendant hommage aux enfants de la paroisse morts lors de la guerre 1914—1918. Elle a été réalisée par M. Desvergnes.

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