• Eglises de Calais

    Eglises de Calais

    D'après le livre "les paroisses de Calais" par les Amis du Vieux Calais

     

  • Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul

    Paroisse Saint—Pierre-Saint—Paul

     Situation

     Le quartier du Courgain maritime se trouvait à l’intérieur » d’un bastion fortifié construit vers 1623, séparé de la ville par un large fossé, au-dessus duquel avait été installé, sur une estacade de pilotis, une voie ferrée. Ainsi entouré, le Courgain resta un quartier isolé du reste de la cité jusqu’à la démolition des remparts de Calais de 1881 à 1885. Cet emplacement, déjà occupé ultérieurement dans l’histoire, abritait une vie riche en coutumes et traditions.

     Historique

     Les marins du Courgain et leurs familles s’impatientaient de posséder une chapelle pour assister plus régulièrement aux offices dont ils étaient privés de par l’éloignement de l’église Notre-Dame.

     Vers 1851, M. Dières—Montplaisir, commissaire de la marine, loua dans la Quatrième rue du Courgain une maison où l’on installa une salle d’asile, on appelait ainsi la garderie des écoles maternelles. Lors d’une visite, Mgr Parisis, évêque d’Arras, déclara ériger en chapelle cette salle en attendant de trouver mieux. La bénédiction prononcée, il confia la charge d’aumônier à l’abbé Hieulle, vicaire de Notre-Dame. Mais la chapelle était manifestement trop petite pour accueillir la population fort religieuse et l’on rechercha un local plus grand. Le dévolu fut jeté en 1853 sur « Le Mât de Cocagne >>, une ancienne salle de danse de la Sixième rue. En septembre, l’abbé Hieulle fut remplacé par l’abbé Grébert qui s’attacha à bâtir une église au Courgain. Il rouvrit une école de mousses et fonda un ouvroir et une autre école.

     Il manquait une voix à la chapelle pour appeler les fidèles et le 11 décembre 1853 la première cloche fut bénie. Pour ériger son église, l’abbé Grébert se fit quêteur et parcouru les villes du nord de le France de 1853 à 1861. Par décret du 13 avril 1861, l’empereur Napoléon III érigea la chapelle en succursale, ce qui consacrait son érection en paroisse. Primitivement placée sous le vocable de Sainte—Marie, elle fut placée sous la protection de saint Pierre et de saint Paul, le premier étant le patron des marins et des matelots.

     Il existait alors au Courgain une butte de terre, restant des fortifications. De nombreuses et vieilles maisons s’y étaient accumulées et formaient de véritables taudis. L’Etat décida d’aliéner cette partie de la ville et de niveler le terrain. L’abbé Grébert en obtint gratuitement une portion pour élever son église. Le 10 avril 1864 on posait enfin la première pierre. La cérémonie, présidée par M. de Lencquesaing, curé—doyen de Notre—Dame, avec M. Liévin- Delhaye, maire de Calais, rassembla 10 000 personnes. Les troupes de la garnison du 94e régiment d’infanterie et les marins d’Etat de l’aviso Cuvier en grande tenue, encadraient le terrain retenu. Un parchemin fut déposé, dans un coffret scellé, dans une cavité de la première pierre, avec une pièce d’argent à l’effigie du pape Pie IX et une pièce de monnaie à l’effigie de Napoléon III. La construction, de style néo-gothique, fut élevée en brique et pierre par un entrepreneur local, M. Dubail. Le clocher prolongeait la façade percée de nombreuses baies gothiques. L’église, encore inachevée, fut livrée au culte le 11 avril 1867.

     Le 6 octobre 1878 eut lieu la bénédiction des trois cloches. Elles se nommaient Emélie-Rosalie-Albertine, Françoise—Adèle-Adolphine et Julie—Marie-Louise.-Le 3 janvier 1880 l’abbé Grébert s’éteignit, il eut pour successeurs l’abbé Berteloot jusqu’en 1897 et l’abbé Bourgeois jusqu’en 1938, puis l’abbé Henri Costenoble.

     Dès le 10 mai 1940, l’église du Courgain maritime fut secouée par les premières bombes allemandes frappant Calais. Pendant l’occupation elle se trouvait en zone interdite. Autour d’elle on rasa les ruines du Courgain incendié et l’église se retrouva seule au milieu d’un désert de poussière. A la Libération, une bombe l’éventra et des obus provoquèrent des dégâts supplémentaires.

    L’intérieur fut pillé, volé, saccagé. On y découvrit douze obus piégés posés par les Allemands qui ne purent accomplir leur projet.

     En 1953, quand se posa le problème de la reconstruction du quartier, les experts déclarèrent qu’il valait mieux abattre les murs pour bâtir du neuf. L’architecte calaisien Georges Wiart dressa les plans d’une église dissymétrique à une nef avec un seul bas-côté. L’ensemble d’un coût de 57 millions (valeur 1959), fut réalisé en béton armé et ciment dans un style épuré et fonctionnel en faveur dans les années 50—60. La première pierre fut posée le 11 novembre 1960 et l’église bénie le 30 mars 1964. En ce lundi de Pâques, une foule nombreuse était réunie pour assister à la cérémonie et à une messe à la mémoire des naufragés.

     En décembre 1984, un orgue fut livré et installé sur la tribune. Conçu par M. Erwin Muller, facteur d’orgue à Croissy, il était destiné à l’église Notre-Dame. Les travaux de reconstruction n’étant pas assez avancés, on décida de le placer en l’église Saint—Pierre—Saint—Paul.

     Avant la Seconde Guerre Mondiale, deux cérémonies étaient traditionnelles au Courgain maritime: la bénédiction des flots, le jour de l’Ascension et la fête des sauveteurs, le 15 août. Après la Libération s’instaura une nouvelle tradition: celle de la messe des << Péris en Mer», le lundi de Pâques. Elle est devenue aussi chère au cœur des Courguinois.

     Architecture et éléments importants

     Avant de pénétrer dans l’église, on remarque le caractère asymétrique de la toiture dont les versants couvrent la nef et le bas-côté. Elle est surmontée d’un petit clocher octogonal ou campanile. En façade, au-dessus du porche d’entrée, tapissé de « pierre de Baincthun », une rosace de verre coloré tranche sur l’enduit très clair du reste de cette partie de l’édifice. La grande nef s’ouvre largement par trois grandes portes sur un porche d’entrée dans lequel les fidèles peuvent prendre place en cas d’affluence. Sur le côté gauche du porche, un motif sculpté se détache de la façade, associant les clefs de saint Pierre au glaive de saint Paul. L’édifice mesure 27,55 mètres de long et 16,50 mètres de large, soit 10,10 mètres pour la nef et 5,05 mètres pour l’unique bas-côté. Pour le principe de construction M. Wiart s’est inspiré des méthodes appliquées à la conception des navires par les constructeurs thessaliens de la nef des Argonautes et les charpentiers des vaisseaux de Tourville. Il les décrit lors de l’inauguration : « Sur la quille, deux fois recourbée par l’étrave à la proue et l’étambot à la poupe, les couples, robustes côtes taillées en plein cœur de chêne, étaient assemblés, formant ainsi l’ossature qui devait recevoir les lisses et les bordes. Dans l’église, la même ossature reste apparente, inversée, rappelant les habitations que les pêcheurs réalisaient autrefois en utilisant comme toit la coque du petit bâtiment qui avait été leur gagne-pain. >>

     Dans le clocher, ont été placées les trois cloches de l’ancienne église. L’une d’elle sonna longtemps les offices à l’église provisoire de Notre-Dame, une autre resta un temps dans les dépôts de la ville et la troisième fut retrouvée dans le quartier du Fort-Nieulay en 1961 alors que tout le monde la croyait perdue. La croix surmontant l’édifice provient également de l’ancienne église.

     Les vitraux, quant à eux sont l’œuvre du maître-verrier Claude Blanchet de Paris, qui eut pour collaborateur J .P. Lesage. Ils datent de 1962. Le grand vitrail au—dessus de l’autel est une crucifixion , imitant un peu la tapisserie d’autrefois, les deux saints patrons de l’église, Pierre et Paul, y figurent, ainsi qu’une barque, symbole de l’Eglise. Les vitraux des côtés latéraux sont plus abstraits et d’une recherche volontairement symbolique. L’un illustre la parole de saint Paul « Je t’ai établi lumière des nations >> avec un phare pour fond de décor. Le vitrail suivant, avec un mélange de clochetons, justifie la parole de saint Pierre : «pierre tu es pierre...et sur cette pierre je bâtirai mon église». Un troisième évoque une grande ville pour rappeler que saint Paul fut aussi un grand voyageur. Enfin, le quatrième est composé d’un mélange de filets et de gréements de pêche symbolisant saint Pierre. Sur le losange du « fronton de la façade, on peut admirer un vitrail représentant une Vierge protectrice des marins et des pêcheurs et portant l’inscription « Ave Maria, Maris Stella >>. Ces vitraux sont dans une tonalité bleu et blanc rappelant la mer et le ciel. Les vitraux latéraux du côté ouest sont plus abstraits et conçus en masses rouges et vieil or pour opposition à ceux d’en face et symbolisent le « vin » et le << pain».

     L’église du Courgain maritime abrite dans une chapelle la statue de Notre-Dame du Risban. Celle-ci aurait été trouvée dans le fort Risban au XIVe ou XVe siècle mais semble plus récente. Sauvée des destructions de la Révolution par un pieux courguinois elle manifeste la dévotion du peuple de la mer pour Notre-Dame.

     On trouve enfin des ex-voto sous forme de plaques de marbre sur lesquelles sont gravés les noms de marins disparus, décédés ou péris en mer. Certains n’ont pas survécu à la guerre et aux actes de pillage qui ont pu s’ensuivre. Deux maquettes évoquent deux douloureux naufrages de bateaux de pêche calaisiens. Le premier est le « Corsaire », un « dundee >> de 30 tonneaux disparu le 6 avril 1902 par forte tempête en mer du Nord. Le second est l’ << Auguste-et— Marie >>, qui sombra lors d’une collision avec un grand vapeur le 5 mars 1886. Ces répliques sont l’œuvre de M. Victor Agneré et M. Henri Paolo, tous deux marins calaisiens, et furent offertes peu avant la Seconde Guerre mondiale.

    Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul

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  • Eglise Saint-Pierre

     

    Eglise Saint-Pierre

    Ancienne église Saint-Pierre

    Paroisse Saint-Pierre

     Situation

     La ville de Saint-Pierre fut érigée officiellement en commune en 1790, cependant cette bourgade existait depuis le XIIe siècle sous le vocable de Pétresse ou Piternesse. La paroisse s’étendait de Marck à Coquelles, de Coulogne aux glacis des remparts de Calais, et même à l’est jusqu’au rivage.

     Historique

     Un comte Walbert fit don en 668 au monastère naissant de Sithiu (Saint-Omer) de sa villa Petressa. Détruite par les Normands à la fin du IXe siècle, l’église de Pétresse fut rebâtie par les moines de Saint-Bertin et demeura en leur possession jusqu’à la conquête du Calaisis par les Anglais en 1347. La tour remontait au XIe siècle alors que les fenêtres ogivales jumelées furent ajoutées au XIVe siècle. L’église, restaurée au XVIIe siècle avait une nef et un petit bas-côté. L’entrée se faisait du côté de l’actuelle rue du Calvaire.

     Sous l’Empire puis sous la Restauration, Saint—Pierre se transforma : d’un simple village de maraîchers et d’agriculteurs, elle devint un centre industriel de grande importance grâce à l’essor du tulle et de la dentelle. Ceci s’accompagna d’une augmentation de la population, si bien que l’antique église Saint-Pierre, devint rapidement trop exiguë et ne suffit plus pour subvenir aux besoins des fidèles qui pour certains devaient suivre la messe depuis le cimetière entourant l’église. Dès 1844 plusieurs projets furent soumis pour la remplacer, mais tous échouèrent.

     En 1850, cinq vicaires n’étaient pas de trop pour assister le curé de Saint-Pierre, qui vit sa cure passer en seconde classe. Pour assurer un meilleur service religieux, le conseil municipal, en accord avec l’administration diocésaine, envisagea dès 1860, d’ériger une nouvelle église Saint-Pierre, ainsi que deux autres lieux de culte, Sainte-Marie-Madeleine et le Sacré-Cœur.

     A proximité de la Grand’rue, la famille Crèvecoeur, propriétaire d’un domaine important dont une partie avait déjà été utilisée pour construire un établissement d’études secondaires, le - Pensionnat Saint—Pierre, accepta de faire don à la mairie d’une surface suffisante pour édifier une église, un hôtel de ville et aménager une vaste place où se tiendraient les marchés et les foires. Les travaux furent en partie financés par une loterie organisée par Henri-Ernest Leblond, le maire de Saint-Pierre.

     Les travaux commencèrent en 1862 sous la direction de l’architecte Eugène Boeswillwald, élève de Labrouste, disciple de Viollet-le—Duc. Selon G. Fauquet, il avait prouvé son talent lors des travaux de restauration de la Sainte-Chapelle à Paris et du château du Haut—Koeningsburg en Alsace. L’église fut inaugurée le 11 avril 1870 par le chanoine Edouard—Joseph Dollet qui était en charge de la paroisse depuis 1853. Le premier enterrement célébré, fut celui de M. Leblond. L’ancienne église fut rasée en 1882, en même temps que l’ancienne mairie pour construire l’hôpital.

    Eglise Saint-Pierre

     Se succédèrent ensuite l’abbé Jean Bourgain, de 1895 à 1913, l’abbé Georges Pourchaux, de 1913 à 1927, l’abbé Didier Dufour, de 1927 à 1937 et le chanoine Jean Desseilles de 1937 à 1955. C’est sous son pastorat que commença la restauration de l’église après les dégâts causés par les bombardements du 25 février 1945.

     Les travaux se poursuivirent avec le chanoine Paul Beilliard, curé de 1955 à 1960 et le chanoine Michel Boulard, de 1960 à 1983. Ce dernier entreprit de restaurer les grandes orgues qui s’étaient tues le 17 septembre 1957. En 1967, les deux rosaces du transept, réalisées par H. Lhotellier furent posées. Trois ans plus tard, le chœur fut transformé et on installa un nouvel autel.

     L’abbé Jacques Wiel prit ses fonctions le 1er septembre 1983. Il entreprit d’importants travaux de peinture et de chauffage.

    Eglise Saint-Pierre

    Architecture et éléments importants.

     L’église Saint-Pierre est de style néo-gothique en forme de croix latine. Elle se compose d’une grande nef, de deux bas-côtés, du chœur entouré d’un déambulatoire, sans chapelles rayonnantes, donnant accès à la chapelle de la Vierge qui forme le chevet. Selon les habitudes locales, les œuvres vives ont été réalisées en pierre blanche du pays et le remplissage en brique rouge. Le clocher, qui mesure 65 mètres, est l’un des plus hauts de la ville de Calais. Selon ’ G. Fauquet, pour sa réalisation, l’architecte Boeswillwald s’est inspiré du clocher de l’église de Caen. La silhouette sévère mais élégante de l’édifice est marquée par une série de contreforts et d’arc-boutants ponctués de belles gargouilles.

     Les cinq cloches proviennent de l’ancienne église. La Marie-Catherine, aujourd’hui appelée la petite Geneviève en raison de son poids de 300 kilogrammes, sonna bien avant 1757, date de sa refonte. L’Augustine, autrement nommée cloche de 9 heures; est décorée d’une couronne de fantaisie, d’un Christ en croix avec la Vierge et de têtes d’anges. L’Etienne-Adèle est raccordée à l’horloge et sonne les heures. Elle fut baptisée en mai 1832. Ornée d’un calvaire avec Notre-Dame et saint Jean, elle porte des anges semés sur la robe, une couronne de feuilles de vignes et des moulures. La Jules Marie—Jeanne, baptisée et installée en 1877, avait été appelée Pétronille en 1832. Au-dessous de l’inscription, fleurs, lyres et papillons se mêlent en une gracieuse guirlande. Elle porte aussi un semis de têtes d’anges, le crucifix de Notre—Dame du Saint-Cœur et la médaille en vermeil du fondeur P. Drouot. Enfin la plus grosse cloche, la Charles-Louise, date de 1830. Elle est aussi connue comme le Bourdon. Avec divers motifs en bas—relief, sa robe porte un calvaire avec la Vierge, saint Jean et saint Pierre; un écusson . formé d’une cloche surmonté d’une couronne comtale avec en dessous une médaille; le tout encadré de couronnes de laurier.

    Eglise Saint-Pierre

     L’intérieur, d’une architecture très inspirée du XIIIe siècle, abrite un riche mobilier néo—gothique qui comprenait jusqu’aux années 1960 : un maître-autel en marbre blanc avec bas—reliefs dorés, surmonté d’un haut retable en bois sculpté ; deux autels secondaires avec retable en bois sculpté également ; des stalles en grand nombre disposées circulairement autour du maître—autel, une chaire en chêne remarquablement ouvragée et ornée de multiples sculptures, et de nombreux confessionnaux d’une grande beauté. Cet ensemble se trouva sensiblement réduit après la réforme du Concile de Vatican II. Le nouvel autel est constitué d’un bloc de marbre d’Italie , vert veiné de blanc pesant cinq tonnes, dont le dessus est poli et les quatre faces latérales bosselées. Le banc d’oeuvre, aujourd’hui démonté, et la chaire gothique sont l’œuvre de J. B. Laloue. Le maître-autel, l’autel de la chapelle de la Vierge, ceux des deux transepts et les fonds baptismaux sont de Pascal Franco.

     Les vitraux furent réalisés après les destructions de la Seconde Guerre mondiale par le père Cholewska de l’abbaye de Wisques. Les deux rosaces placées aux extrémités est et ouest du transept sont, quant à elles, dues au maître—verrier calaisien H. Lhotelier. La rosace occidentale, aux dominantes rouges, symbolise le Christ, alors que la rosace orientale, aux tons bleus, est dédiée à la Vierge. Elle se compose de 2500 pièces de verre et de 500 mètres linéaires de plomb laminé.

     Saint-Pierre se distingue aussi par ses orgues. Achevées en 1869, elles furent inaugurées le 28 avril 1870 par le maître Charles-Marie Widor, organiste à l’église Saint-Sulpice de Paris et Alexandre Guilmant, alors titulaire de l’orgue de Saint-Nicolas de Boulogne-sur-Mer. Construit par l’un des plus illustres facteurs d’orgues français, Aristide Cavaillé-Coll, l’instrument, de type symphonique, était doté de 24 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier. Après la Seconde Guerre mondiale, il fut transformé en un orgue néo—classique de 47 registres.

    En pénétrant dans l’église, on peut remarquer sur le mur, une plaque de marbre noir commémorant l’inauguration de l’édifice. Elle porte le libellé suivant : « Cette église a été commencée en l’an MDCCCLXII (1862) sous l’administration de M. Henry-Ernest Le Blond (au lieu de Leblond) Maire de la Ville de St—Pierre (Pas-de—Calais) et inaugurée le XI avril MDCCCL» (1850), « Architecte M. Baeswillwald (au lieu de Boeswfllwald), inspecteur général des monuments historiques ».

     Il faut aussi noter le chemin de croix en plâtre dont les tableaux en relief, restaurés, sont d’une inspiration et d’une facture dans le plus pur style d’art religieux du XIXe siècle.

     Adossés au mur du déambulatoire, de chaque côté de l’entrée de la Chapelle de la Vierge, deux monuments de marbres blanc ont été élevés à la mémoire de deux anciens curés de l’église Saint-Pierre, dont les effigies se trouvent dans des médaillons sculptés. Le premier indique : « A la pieuse mémoire de M. le Chanoine E.Ballet, curé—doyen de St-Pierre de 1853 à 1895. Mort à l’âge de 90 ans. R.I.P. », le second porte: «A la pieuse mémoire de M. le Chanoine Jean Bourgain, curé de St-Pierre de 1895 à 1915. Mort à l’âge de 62 ans. R.I.P. ».

     Enfin , derrière et au centre du double escalier de la chaire, on peut admirer une statue du XIXe siècle de l’apôtre Pierre présentant les clefs du royaume céleste, placée sur un socle élevé qui permet de baiser l’orteil en bronze du premier chef de l’Eglise.

    Eglise Saint-Pierre

     

     

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  • Eglise Saint-Joseph

    Paroisse Saint-Joseph

     Situation

     La paroisse Sainte—Madeleine s’étendait intra-muros jusqu’au quai de la Gendarmerie et le bassin Carnot. L’implantation d’usines, notamment les aciéries Sambre et Meuse, et surtout l’extension de la population avaient naturellement augmenté l’importance de cette zone du Petit-Courgain. La paroisse Sainte-Madeleine encore presque uniquement peuplée de maraîchers se sépara, en 1923, de cette partie très différente par l’esprit et la profession de ses habitants afin de créer la paroisse Saint-Joseph, du nom du saint patron des ouvriers.

     Historique

     L’abbé Georges Sauvage, nommé curé de Sainte-Madeleine le 18 août 1921, conçut le projet de construire entre la rue Mollien et la rue des Jardiniers, actuellement rue Anatole—France, à la hauteur de la rue Hippolyte-Taine, une église qu’il prévoyait assez vaste ainsi qu’un presbytère et une salle d’oeuvres. Des travaux furent rapidement entrepris.

     De septembre 1923 à décembre 1924, le chantier débuta sous la direction de l’architecte Poyé. Cependant les finances firent défaut et au bout d’un an les travaux s’interrompirent. Le 24 décembre 1924, Monseigneur Julien inaugura le choeur et un transept terminé en abside du côté nord. De mars 1924 à mars 1925, un presbytère fut créé et le 19 mars 1925, l’église Saint—Joseph fut ouverte au culte.

    Pendant l’été de la même aimée, une salle paroissiale fut bâtie << une construction qui n ’est peut-être pas -diraient les Anglais- très confortable, mais qui permet d’attendre des jours meilleurs, en donnant, pour l’instant, aux réunions d ’hommes et de jeunes gens un local suffisant », comme l’écrit un bulletin paroissial de 1926.

     Au début de 1926, une petite salle fut placée près de la porte de l’église. Elle servit de longs mois de salle de bibliothèque paroissiale et aussi de lieu de réunions de jeunes filles.

     Les travaux avançaient lentement, en août 1926, les marches en bois furent remplacées par des marches en pierre de Soignies. Le petit autel de bois de chêne allait être par la suite remplacé par un nouvel autel plus conforme au style de l’église. Ces difficultés n’empêchèrent pas la paroisse Saint-Joseph de devenir très rapidement un centre actif de la vie spirituelle sous l’impulsion de l’abbé Sauvage et de son vicaire, l’abbé Jean Poutrain, jeune prêtre ordonné en 1925. En effet, les oeuvres paroissiales étaient pleines de vie. L’Union Paroissiale des hommes groupait 130 membres, l’A.J.C. et son avant—garde 82 jeunes. Les oeuvres des Dames étaient toutes aussi vivantes, avec la L.P.F forte de 330 membres, sans oublier l’association des Mères Chrétiennes, les enfants, les jeunes de la L.P.F.…

     Le bulletin paroissial « Saint—Joseph-Calais » d’avril 1929 signalait également l’existence d’une confrérie en l’honneur de saint Joseph ayant pour objectif de « l ’honorer, de répandre son culte et de pousser à l’imitation de ses vertus». D’ailleurs le 3 novembre 1929, un groupe de statues représentant le trépas de saint Joseph, offert par une personne anonyme fut inauguré.

     Mais l’église ne comprenait encore que le choeur et les bras du transept. L’abbé Sauvage fit appel à la générosité des membres de sa communauté afin de financer la suite des travaux. Celui-ci révéla —d’ailleurs la difficulté d’être un « curé-bâtisseur » dans un numéro de 1929 de Saint—Joseph—Calais: « Quand on place ces deux noms sur le même personnage, je vous assure qu’il en est toujours un qui réclame contre l’autre. Le Bâtisseur dit au Curé : c’est assez ! c’est assez. Paye tes dettes, dors donc en paix, ne me force pas à passer mes nuits à compter comment... de quelle façon... avec quoi... je pourrai combler le déficit et solder mes créances. Et au bâtisseur, le curé doit répondre :

     - Tes raisons ne valent rien. N ’es-tu pas fait pour pâlir. Tu ne sais donc pas que, dans notre siècle, une église sans ses oeuvres n’est qu’un vaisseau sans mats et sans voiles... Les oeuvres, tu le sais bien, ne vivent pas dans les nuages [...] ».

     En 1930, le 29 mars, l’abbé Sauvage en récompense de ses efforts, posa la première pierre de la salle d’oeuvres et de patronage. Le bulletin paroissial d’avril 1930 relata la cérémonie : «[...] à ! ’issue des vêpres eut lieu la pose et la bénédiction de la première pierre [...] Elle est creusée en son milieu pour recevoir les documents qu ’elle devra conserver précieusement pour exercer la curiosité des générations futures. Avant la cérémonie on avait rédigé à l’encre de Chine un procès—verbal sur un beau parchemin. Celui-ci est roulé et enfermé dans un tube de verre convenablement cacheté.

    A côté, on ajoute deux petites pièces de monnaie de l ’année 1929, car en ce 23 mars on ne pouvait pas encore se procurer de pièces au millésime de 1930 et on dut se contenter d ’un vulgaire jeton de vingt cinq centimes en nickel, et d’une petite pièce de cinquante centimes en un alliage qui redira aux générations futures que, du temps de Philippe le Bel et au début du XX e siècle, en France, on usait de fausse monnaie, ou qu ’on altérait les monnaies. »

     Le 5 mai 1932, l’abbé Sauvage devint co-adjudicateur de Mgr. Lejeune, archiprêtre de Boulogne. Il emmena avec lui l’abbé Poutrain. La paroisse fut alors confiée à Jean Deseille qui était depuis 1921, vicaire de Saint—Nicolas à Arras et à Maurice Perdrich de l’ordination 1933 nommé vicaire. Le curé Deseille reprit l’oeuvre de son prédécesseur en vue de poursuivre les travaux de l’église.

     La longueur totale prévue était de 50 mètres, celle du transept du porche sur la rue Pascal au mur du petit sanctuaire qui lui faisait face, de 32 mètres.

     L’année suivante, le curé rouvrit le chantier en révisant cependant ses projets à la baisse. Le porche donnant sur la rue Pascal fut ramené à plus de simplicité, le clocher fut réduit dans la hauteur prévue par le plan et ramené à la hauteur suffisante pour que la cloche soit entendue et cela sans rien changer à l’aspect du plan primitif. La décision fut prise de fermer la place de l’église destinée dans les temps futurs à recevoir les trois nefs de l’église. D’ici là 60 petits platanes borderaient deux pelouses et trois allées, le tout renfermé par deux murs avec quatre entrées. Malheureusement plus aucune suite ne fut donné aux travaux de l’église Saint-Joseph.

     En décembre 1937, l’abbé François Dewez remplaça l’abbé Deseille. Ancien combattant des deux guerres, il participa au premier conflit mondial avec le 201e régiment d’infanterie. Durant l’offensive de juillet 1918, il fit l’objet d’une citation à l’ordre du régiment comportant l’attribution de la croix de guerre. Il ne quitta la paroisse que pour une deuxième mobilisation de 18 mois dont 13 en captivité. Pendant qu’il fut prisonnier, la paroisse fut tenue par le chanoine Sense qui, ensuite, se consacra à la paroisse Sainte-Marie-Madeleine. Saint-Joseph a donné à l’Eglise de nombreux prêtres et religieuses dont le RP. Maréchal, assassiné en Birmanie le 9 juin 1949, une plaque apposée dans l’église lui rend d’ailleurs hommage.

     En 1974, à l’occasion du cinquantenaire de la création de la paroisse et du jubilé sacerdotal de l’abbé Dewez, un nouvel autel, dessiné par M. Georges Wiart et réalisé par l’entreprise Debackère fut offert par les paroissiens.

     L’orgue, subventionné par la chorale, fut inauguré en 1997 au bout de près de 10 ans de travaux.

     Depuis 1999 le Père Wieslav Pelc, d’origine polonaise, est au service des paroisses de Saint—Joseph et Sainte-Marie—Madeleine.

    Architecture

     Œuvre de l’architecte Roger Poyé (1885—1958), l’église Saint—Joseph, conçue deux ans après l’église Notre-Dame-des-Armées, s’inspire du style néo-roman. La structure de béton apparaît à l’extérieur dans le soubassement, les encadrements des baies et les arêtes des pignons découverts aux lignes typiquement art—déco, tandis que l’ensemble est recouvert de moellons équarris. Le plan développé en croix latine permet d’exprimer trois façades et deux accès. Le pittoresque s’exprime avec le chœur et la tour du clocher, placée sur le côté, à l’est de la croisée du transept. Une galerie couverte sous l’arcade longe la salle d'œuvre et rappelle symboliquement l’image du cloître sur jardin. Elle mène directement à la sacristie et au—delà au presbytère, de sorte qu’il existe un passage traversant l’intérieur.

     La préoccupation artistique transparaissait dans le projet d’origine. Une première mosaïque sur un thème évangélistique apparaît sur le tympan est. La seconde était prévue plus haut, sous la bâtière, à l’emplacement actuel du remplissage de brique.

     L’église Saint-Joseph possède de très beaux vitraux réalisés par Louis Barillet (1902-1948), figure marquante de l'art du vitrail en France dans l’entre—deux guerres. Sur les vingt—dem; baies de l’église, sept ont été effectuées par cet artiste au cours du dernier semestre de 1924 et au début de 1925. Elles se situent dans le choeur et aux murs est et nord du transept. Les verrières de l'abside sont des vitreries géométriques dessinant des croix. Les sujets figurés sont inscrits dans des médaillons disposés sur fond de motifs abstraits et se retrouvent dans les vitraux du transept. Au mur est. les deux vitraux représentent un ange tenant un panneau sur lequel on lit une inscription. Ceux du mur nord illustrent deux paraboles : « le retour du fils prodigue >> et « le bon Samaritain ».

     Les évangélistes et l’Agneau Pascal de mosaïque de la coupole du transept furent également réalisés par Barillet.

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  • Eglise Sainte-Marie Madeleine

    Paroisse Sainte Marie—Madeleine

     Situation

     Entre la mer et la route de Marek, à l’est de Calais-Nord, se trouvait une immense plaine : le Petit Courgain. Ce quartier peuplé de jardiniers et de maraîchers n’avait pas été touché par l’extension de l’industrie du tulle. Une seconde église, ou plutôt une chapelle avait été érigée à Saint-Pierre, sans que la date en soit connue. Elle était placée à l’est des glacis de Calais, en face de la rue de Thermes, et servait aux habitants du quartier du Petit-Courgain; mais elle fut détruite pendant le siège des Espagnols en 1596.

     Historique

     Le 6 mars 1863, une délibération du Conseil municipal de Calais, votant la construction d’une église, apporta satisfaction aux quelques 1500 habitants de ce quartier qui souhaitaient se détacher de la «Grande Paroisse», autre nom donné à la paroisse de Saint-Pierre. Le terrain fut offert par M. et Mme Elmore qui habitaient le château de la Remonte. La donation fut enregistrée les 24 novembre 1865 et 16 février 1866 en l’étude de Me Dubroeuille. Les travaux furent rapidement conduits et l’édifice fut achevé bien avant Saint-Pierre et le Sacré-Coeur pour un montant de 27 000 francs pour l’église et de 8 000 francs pour le presbytère.

     Le 8 mars 1868, le doyen de Notre-Dame, le chanoine de Lencquesaing, délégué par Mgr. Lequette, évêque d’Arras, procéda à la bénédiction et à l’inauguration de l’église qui fut placée sous le patronage de sainte Madeleine. Ce choix peut s’expliquer par l’origine sociale de nombreux habitants du quartier, sainte-Madeleine ayant pris le Seigneur pour le jardinier lorsqu’elle l’avait rencontré. Étaient présents entre autres à cette cérémonie, le maire de Saint-Pierre, le chanoine Dollet et les donateurs du terrain.

    L’église fut construite à une nef unique avec une inspiration romane prononcée, notamment au niveau du porche d’entrée. Son fin clocher dut exiger des fondations solides. L’autel, en pierre et en ciment, ne déparait pas : un ensemble sans grande originalité, mais somme toute assez réussi. L’édifice assez modeste, plutôt grand oratoire que petite église, contient 130 places dans la nef. La cloche porte les inscriptions suivantes : << J’ai été nommée Marie-Madeleine par Mr Henry Leblond, maire de la ville de Saint-Pierre-Les-Calais ' et par Mme Elmore née Zoé Seguin propriétaire au Petit Courgain >> et << L’an 1868 Mr Florentin Darcy étant curé du Petit Cougain,  j ’ai été bénite par Mr Alphonse de Lencquesaing curé doyen de Calais ».

     Le premier curé fut M. Louis Florentin Darcy, décédé en 1871, lui succéda M. Alfred Bultel qui resta en poste jusqu’en 1899. Il se retira ensuite dans une maison proche de l’église Notre-Dame. Le 7 août 1899, M. Louis Hennuyer fut nommé à Sainte—Marie—Madeleine. En 1910, il fit bâtir une salle paroissiale dans la Grande Rue du Petit Courgain par M. Catoire, sur les plans de M. Masson, architecte, connu pour la construction d’usines à tulle. L’année 1910 fut aussi marquée par la bénédiction d’une statue de Jeanne d’Arc, acquise à la demande de paroissiens et grâce à une quête. Lui succédèrent ensuite M. François Patinier de 1913 à 1921, M. Sauvage jusqu’en 1925, et M. Pierre Guillemin de 1925 à 1929.

    C’est sous l’office de M. Guillemin qu’une statue de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus fut bénie en 1926. A cette occasion plus de 400 fidèles s’étaient rassemblés dans l’édifice trop petit. L’Echo du Petit—Courgain décrit ainsi la cérémonie : << La décoration de l’église avait pris plusieurs jours. La nef entière était coupée de guirlandes, de couronnes et de croix fleuries. La promesse de sainte Thérèse : << Je ferai tomber une pluie de roses sur la terre », s’inscrivait en lettres de roses autour du bâtiment. Dans le choeur, sous un dôme léger de roses qui se prolongeait en guirlandes formant comme un manteau royal, apparaissait, gracieuse, la blanche statue de sainte Thérèse sur son socle clair au milieu d’un bosquet de palmiers et de plantes vertes. Cette statue constituait un don de Mme Couvelard-Goumas, guérie d’une maladie grave à la suite d’une neuvaine à sainte Thérèse. »

     De 1929 à 1939, le curé fut M. Marcel Vincent, qui pour sa conduite brillante lors de la Grande Guerre au sein du 16e bataillon de chasseurs à pied, fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1937. Deux ans plus tôt, en 1935, des travaux furent entrepris pour revêtir l’église d’une nouvelle parure de pierre blanche. Cette même année, le tableau du fond du choeur qui représentait sainte Madeleine aux pieds du Seigneur ressuscité fut enlevé et remplacé par une statue de sainte Marie-Madeleine placée avant au-dessus du banc de communion. L’autel fut aussi remis à neuf et l’éclairage amélioré. A l’époque, quatre fenêtres et trois rosaces restaient toujours sans vitraux. Des lambris furent également posés dans le choeur.

     En 1939, l’abbé Vincent fut mobilisé, il ne rentra dans la région qu’en 1943. Ce fut le chanoine Marius Sence, collaborateur puis successeur de Mgr. Piedfort à l’Institut Jacquard, qui administra la paroisse pendant la durée des hostilités et jusqu’en 1959, date à laquelle il reprit la direction de son école. Un de ses neveux, l’abbé Domé lui succéda, mais mourut dans la première année de son ministère.

     L’abbé Emile Ruffin fut nommé curé de Sainte—Madeleine le 28 janvier 1960. Il mena à bien la pose de nouveaux vitraux et du carrelage de la nef. Le grand crucifix du choeur fut posé en 1962. En 1964, l’abbé René Choteau remplaça l’abbé Ruffin. Ce fut lors des travaux entrepris sur l’autel en 1966 par l’abbé Choteau, pour répondre au nouvel esprit de la réforme liturgique, que l’on retrouva le parchemin qui marquait la bénédiction de la première pierre.

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  • Eglise Sainte-Germaine

    Paroisse Sainte-Germaine

     Situation

     A la sortie de la ville, vers Guines, se trouve le Pont-du-Leu, bâti sur trois communes : Calais, Coulogne et le «Marais» de Coquelles. Au début du siècle, les habitants de ce quartier étaient paroissiens de Saint—Pierre ou du Sacré-Coeur selon que leur demeure se situait à droite ou à gauche du chemin des Régniers, cette route servant de limite à deux cantons. Cependant l’éloignement des églises paroissiales rendait difficile la pratique religieuse. Aussi en 1912, Mgr. Lobbedez, évêque d’Arras et l’abbé Constant Hanse, un vicaire de Saint—Pierre qui desservait le quartier depuis 1906, décidèrent de fonder au Pont-du—Leu, une paroisse sous le vocable de Sainte-Germaine—Cousin, une bergère qui vivait à Pibrac, près de Toulouse au XVIe siècle. Elle fut canonisée par Pie IX, le 29 juin 1867.

     Historique

     Sous cette nouvelle paroisse furent regroupés des quartiers de Calais, Coulogne et Coquelles. L’abbé Hanse desservait cette ébauche de paroisse, un simple baraquement, quand il fut mobilisé en 1914.

     Pendant la guerre, le ministère fut confié à l’Abbé Holuigue qui s’employa avec dévouement à construire les locaux nécessaires au culte. Grâce à l’argent réuni par une souscription lancée dès 1912, il put acheter un terrain jugé parfait pour les constructions futures. Une chapelle provisoire en bois fut édifiée avec le concours des menuisiers de l’orphelinat de M. Dalemcourt, quai de l’Yser. Pour éviter un fort loyer annuel, l’abbé fit bâtir un presbytère pour abriter les prêtres appelés à se succéder au Pont-du-Leu. Une neuvaine à sainte Germaine fut instituée à laquelle venaient en pèlerinage les différentes paroisses urbaines, les élèves du Pensionnat Saint-Pierre et de Jeanne d’Arc.

     L’abbé Constant Hanse, démobilisé, fut nommé officiellement curé de Sainte-Germaine en 1919. Il eut l’ambition d’élever sur le territoire de la paroisse une grande et belle église, . prévoyant un développement important du quartier où allait s’installer une importante usine de fabrication de soie artificielle : «Les Filés de Calais». En 1920, disparaissait l’abbé Holuigue, laissant derrière lui le souvenir d’un prêtre rude mais au grand coeur. Sans attendre l’édification d’une belle église, des groupements furent créés pour donner plus de vie, d’entrain et de piété à la paroisse.

    C’est ainsi qu’en 1921 on retrouvait une Confrérie de Mères Chrétiennes, un patronage de filles, un patronage de garçons et une Association paroissiale d’hommes. Le seul local disponible était alors la chapelle en planches, aussi des baraquements furent—ils transformés en salles de patronage.

     La souscription permanente recueillait des fonds importants, cependant on s’interrogeait toujours sur la fin de l’édification de l’église. Malgré tout, la vie de la paroisse se poursuivait, des spectacles et des conférences avec projection étaient organisés régulièrement. En 1923, les premières pierres et briques arrivaient enfin mais l’on était bien loin d’avoir réuni les fonds nécessaires au commencement des travaux. La Voix de sainte Germaine permettait de suivre chaque mois l’évolution des dons, ainsi en décembre 1923, ils s’étalaient de 0,45 franc à 204,75 francs pour un total mensuel d’un peu moins de 2400 francs. L’abbé Hanse multipliait les actions pour atteindre son objectif, outre des quêtes et des ventes de charité, un appel fut lancé à toutes les Germaines de France.

     La bénédiction de la première pierre, annoncée pour le 15 avril 1928, fut reportée au 29 juillet 1928. Ce fut l’occasion d’une brillante cérémonie à laquelle participèrent Monseigneur l’Evêque d’Arras, le Doyen du Sacré-Coeur, le Curé de Sainte-Germaine, trente prêtres et dix jeunes abbés. Une foule nombreuse était réunie pour écouter les sermons et assister à la bénédiction de la première pierre renfermant en son coeur une fiole de verre avec un parchemin relatant cet acte solennel.

     L’architecte, M. Julien Barbier de Paris, constata que le terrain choisi était plus marécageux que prévu. On fit donc appel à la société des Pieux Franki à Paris, des spécialistes des fondations en terrain délicat. Il fallut enfoncer plus de 160 colonnes en béton à travers une épaisse couche de sable mouvant pour faire reposer sur un banc de cailloux plus profond. Ensuite les colonnes furent reliées au niveau du sol par de fortes poutres en ciment armé et là-dessus on éleva des murs qui, à 1,40 mètre de haut, supportaient un immense plateau de ciment armé de 40 m x 19 m. Ces travaux préliminaires engloutirent tout l’argent prévu pour la construction, si bien que de 1929 à 1932, la future église se limita à cette simple plate—forme de béton à environ un mètre du sol. Les travaux reprirent en 1932 et furent confiés à l’entrepreneur calaisien M. Brismalein. Le 10 décembre 1933, Monseigneur Dutoit, évêque d’Arras, vint bénir le bâtiment dans lequel il était encore impossible de célébrer le culte.

    Tous les corps de métiers se succédèrent pendant l’hiver pour achever l’église, qui demeura sans clocher faute de ressources.

    En 1940, l’école des filles de la rue des Prêtres, dirigée par Mlle Petel trouva asile à Sainte-Germaine après les bombardements de mai. Le ministère de l’abbé Hanse, devenu chanoine en 1937, se poursuivit jusqu’en 1951. Il démissionna au début de cette année et mourut quelques mois plus tard. Son successeur fut l’abbé Robert Ducatel, un Calaisien, nommé à Sainte-Germaine le 8 février 1951.

     Parmi la très importante action pastorale de l’abbé Ducatel, il est possible de relever quelques tâches matérielles qu’il mena à bien.

     En 1957, il ouvrit une salle paroissiale. Lorsque les 24 cloches du carillon de l’hôtel de ville furent remplacées par un carillon électronique, seules trois d’entre elles échappèrent à l’enfer de la fonderie. Grâce à une collecte effectuée chez les paroissiens, l’abbé Ducatel put les acheter toutes les trois. C’est ainsi que Marie-Elisabeth, Eugénie et Germaine furent baptisées par Monseigneur Parenty le 18 septembre 1960. En 1961, une nouvelle école paroissiale fut ouverte rue de Lima, remplaçant celle qui fonctionnait dans des bâtiments provisoires. En 1968, une statue de Notre-Dame de la Paix fut installée dans le jardin de l’église. Cette statue avait ‘ été offerte par les religieuses de la «Miséricorde» dont le dispensaire se trouvait à Calais—Nord. De 1980 à 1982, l’abbé Ducatel fit procéder à de nombreux travaux de rénovation, en particulier des vitraux. En 1988, l’église Sainte-Germaine recevait enfin son clocher, qui se voyait surmonté peu après d’un coq pivotant sur la croix.

     Aujourd’hui, des problèmes de toiture et d’électricité mettent l’édifice en péril et les paroissiens ont organisé une tombola en mai 2001 afin de réunir des fonds pour le sauver.

     Architecture et éléments important.

     L’édifice a le plan classique de la croix latine et utilise un répertoire décoratif architectural typique des années 1930. Elle se distingue par son clocher-porche assez peu répandu.

     L’abbé Ducatel souhaitait aussi mettre en valeur l’autel principal qui n’était autre que celui de l’ancienne église Saint—Pierre. Conservé par les Petites Soeurs des Pauvres, l’autel fut installé en 1912 dans la modeste construction de bois qui servit d’église jusqu’en 1934. Il s’agit d’un meuble de chêne datant de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe, présentant les voûtes et les galbes caractéristiques du style baroque, recouvert de peinture blanche et rehaussé d’or. Il repose sur un socle imitant le marbre. Le devant de l’autel présente en son centre une figure de l’Agneau Pascal. La partie supérieure de l’autel est constituée par un ensemble tabernacle-monstrance, encadré de deux anges en prière. De chaque côté du tabernacle, une pièce en bois formant un retable présente une volute décorée d’épis de blé et de grappes de raisin en rappel des paroles de la Consécration. A chacune des extrémités, une fleur de lys complète la décoration. Les faces latérales du tabernacle sont ornées de sculptures représentant des coeurs : à gauche, on observe un coeur ceint d’une couronne d’épines, le Sacré-Coeur. Le tabernacle et la monstrance sont surmontés d’un dais à quatre volutes où repose un pélican blanc rehaussé d’or, représenté debout dans son aire, ailes éployées, symbole du Christ nourrissant ses disciples de sa chair et de son sang. Autrefois, deux angelots tenant une couronne ornaient la corniche du tabernacle. Cet autel, longtemps placé dans un bas-côté, se trouve aujourd’hui à l’église provisoire Notre-Dame.

     Les vitraux de l’église Sainte—Germaine ont été réalisés en 1934 par deux maîtres-verriers très renommés avant la guerre : MM. Barillet et Chevalier. Les plus belles pièces sont les deux rosaces du choeur symbolisant, l’une, rouge, l’Ancien Testament, l’autre, bleue, le Nouveau. Les huit vitraux représentant les scènes de la vie de sainte Germaine, situés dans la nef sont de toute beauté. On trouve aussi des représentations de saint Mathieu, saint Luc, saint Marc et saint Benoît-Labre. Il faut aussi signaler la présence de marbres d’Hydrequent et le chemin de croix en mosaïque.

     L’église abrite aussi, près de l’entrée, une très belle plaque rendant hommage aux enfants de la paroisse morts lors de la guerre 1914—1918. Elle a été réalisée par M. Desvergnes.

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  • Eglise Saint-Benoit-Joseph-Labre

    Paroisse Saint-Benoît—Joseph-Labre: photo du site http://calaisautrement.e-monsite.com/

     Situation

     On appelait «Petit Pays >> ou << Nouvelle France » le quartier essentiellement ouvrier construit entre le canal de Marck et le canal de Saint-Omer et qui s’étend au delà de la voie ferrée Calais-Dunkerque vers le Virval. C’est dans ce quartier que se trouve la paroisse Saint-Benoît-Labre et l’église paroissiale du même nom sise boulevard Victor-Hugo. Il s’agissait alors de la seule église du diocèse dédiée à ce saint.

     Historique

      Jusqu’en 1907, le quartier faisait partie de la paroisse de Saint-Pierre mais on y trouvait un couvent occupé par des capucins, appelés par la population « Les Moines ». Les Pères y avaient établi un lieu de culte en 1877. Ils furent victimes des décrets contre les congrégations et expulsés une première fois le 6 novembre 1880. En 1898, le chanoine Bourgain, doyen de Saint-Pierre, souhaitait déjà acheter un terrain pour l’église, le presbytère, la salle d’œuvres et l’école. En 1904, une loi proposée par le Président du Conseil, Emile Combes avait interdit d’enseignement les membres des congrégations. Cette politique anticléricale se poursuivit par la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat votée en décembre 1905. Par cette loi, on affirmait que la République assurait la liberté de conscience et le libre exercice des cultes mais ne reconnaissait, ne salariait, ne subventionnait aucune religion. Le gouvernement français confisqua et ferma alors le couvent des capucins ; les Pères s’expatrièrent à nouveau.

     En 1907, le diocèse d’Arras acheta à l’Etat français le couvent des capucins pour en faire un presbytère et la chapelle, qui fut érigée en église paroissiale le 10 novembre. Deux écoles, une de garçons et une de filles, dépendaient de ce couvent. L’église est un petit édifice à une nef et deux bas-côtés, élevé dans un style néo-gothique simple. La nef est rythmée par de beaux piliers à curieux chapiteaux de pierre.

     Après la Première Guerre mondiale, les Pères capucins songèrent à récupérer leur couvent. Ils le rachetèrent à l’évêché d’Arras et le réintégrèrent en 1921. Le Père Gardien était le Père Benoît-Joseph, ancien combattant de l’armée française d’Italie, démobilisé avec le grade de capitaine. L’activité des capucins était principalement la prédication ainsi que des retraites dans les paroisses du Calaisis. Ils laissèrent la chapelle en location à la paroisse.

     Ce fut à l’abbé Florimond Hu, vicaire à Saint—Pierre, que l’on confia la charge de fonder une nouvelle paroisse sous le patronage de saint Benoît-Joseph Labre. Celui—ci a vécu de 1748 à 1769 et est le patron des pauvres, il a été canonisé le 8 décembre 1861. Aujourd’hui encore, un pèlerinage a lieu tous les ans le 16 avril, à Amettes (Pas-de-Calais), village natal de Benoît Labre, afin de prier ce saint vagabond.

    L’abbé Hu décida d’acheter, pour en faire un presbytère, le château Parenty situé face à l’église, de l’autre côté du boulevard Victor-Hugo. Une partie des bâtiments du couvent fut utilisée pour le catéchisme, les réunions, et d’autres événements.

     Le chanoine Florimond Hu dirigea la paroisse de 1907 à 1938. Né en 1858 à Givenchy-la—Bassée, il devint chanoine en 1920 et fut très attentif aux problèmes sociaux. Puisque la paroisse du « Petit Pays >> comptait plusieurs milliers d’habitants, il fut secondé par des vicaires. L’un d’eux était François Dorez, de 1906 à 1920, qui trouva la tâche ardue dans ce quartier défavorisé : « Débuts pénibles et durs pour un jeune prêtre sorti du séminaire et jeté dans la mêlée sans grande préparation. » Il y eut aussi l’abbé Louis Tellier, du 8 octobre 1925 à décembre 1927, l’abbé Louis Wacogne, du 2 janvier 1928 à octobre 1928, l’abbé Henri Maffrand et enfin l’abbé Paul Dufay. C’est sous l’impulsion du Chanoine Hu, fervent de Notre—Dame et directeur du pèlerinage à Lourdes, que fut installée dans la partie ouest de l’église une représentation de la grotte de Lourdes pour la neuvaine.

    C "est également sous son ministère que la paroisse participa en 1927, pour la première fois, à la neuvaine annuelle à Amettes. Il s’agissait d’une véritable expédition pour les 32 pèlerins de la paroisse. Son action fut parfois matérielle : en 1926, il lança une souscription volontaire afin de remplacer le gaz par un éclairage électrique. Il fit également appel aux paroissiens pour l’entretien des deux écoles.

     Le rôle de l’Abbé Hu dans la vie paroissiale fut déterminant. Sous son ministère, une bibliothèque fut ouverte au public le dimanche matin. La paroisse accueillait régulièrement des conférenciers, sur des sujets très variés : « Constantinople », « la vie de saint François d'Assise », « Florence »... Ces conférences, parfois illustrées, avaient lieu dans la salle paroissiale de l’école Saint—Emile. A la fin des années 1920, les activités furent de plus en plus variées : un donateur permit de doter la paroisse d’un cinéma. L’inauguration était prévue pour la Semaine Sainte avec un film ayant pour sujet la Passion. Celui—ci fut suivi d’un film récréatif : « Picotin matelot >>. Les enfants devaient être accompagnés. Au même moment, l’achat d’un Pathé-Baby pour le patronage des garçons fut envisagé, afin que chacun put avoir son cinéma. Il fallut attendre 1931 pour que le patronage des filles, « Les Violettes », anciennement appelé « Les Petites roses de Saint-Benoît », disposa lui aussi de son Pathé-Baby. En 1931, la tendance féminine se confirma avec la création d’un groupe de Jeunesse Ouvrière Catholique Féminine. Un appel fut lancé dans le bulletin paroissial. La première réunion eut lieu en avril 1932. Le but était d’amener les membres de la JDC. à participer au patronage, aux oeuvres,...

     Conséquence de la crise de 1929, les capucins proposèrent de donner de la soupe aux enfants des familles touchées par le chômage et qui fréquentaient les catéchismes et les patronages, ainsi qu’à leurs petits frères et soeurs. Les distributions avaient lieu le mardi, le jeudi et le samedi. Il semble que plus d’une centaine d’enfants fut concernée.

    Les capucins souhaitant ajouter à la soupe un morceau de viande ou un œuf firent appel à la générosité des bouchers et des marchands de légumes des environs. Il existait enfin plusieurs associations : l’Association Paroissiale des Hommes et des Mères, la Ligue Patriotique des Françaises, les Féales suivantes de Notre-Dame ainsi que des oeuvres charitables: l’œuvre des pauvres malades et la Conférence de saint Vincent de Paul pour les familles nombreuses.

     L’abbé Jean-Baptiste Gournay succéda à l’Abbé Hu d’octobre 1938 à 1949. Il était vicaire à Saint-Pierre et se fit aider à la direction de la paroisse par le vicaire Paul Duday puis, en juillet 1939, par l’abbé Germain Dubois qui fut mobilisé en septembre 1939 tout comme J can- Baptiste Gournay lui—même. Celui-ci quitta la paroisse pour plus de six ans puisqu’il fut retenu prisonnier en Prusse orientale jusqu’au 31 juillet 1945. Pendant son absence, il fut remplacé par les Pères capucins et en particulier l’administrateur Révérend Père Jean—Joseph.

    En avril 1940, les capucins quittèrent le couvent et la paroisse. Le Révérend Père Eloi fut affecté à la direction du couvent et assura la cure de Saint-Benoît jusqu’au retour du Père Joseph en octobre.

     Au retour de l’abbé Gournay, le château—presbytère était encore occupé par des réfugiés. L’abbé Gournay demanda alors asile aux Pères : une pièce du couvent lui servit de chambre et de bureau pendant une année. En août 1946, le presbytère fut libéré et l’abbé le réintégra. Un nouveau vicaire, l’abbé Hippolyte Jovenin, arriva le 6 août 1946. Il s’occupa en particulier des scouts. Le 7 octobre 1946, il partit pour la paroisse de Saint-Pierre et plus spécialement pour desservir la chapelle Saint-Michel.

     Pendant le ministère de l’abbé Gournay, la paroisse accueillit, les 6 et 7 octobre 1946, une statue de Notre—Dame. De même, en 1948, la statue de Notre-Dame du Grand Retour, qui avait été embarquée sur une péniche au Pont de Vic, fut accueillie à la paroisse Saint—Benoît- Joseph-Labre le 26 juin pour une nuit et une journée de prière, avant de repartir vers la paroisse Saint—Joseph. Les fidèles participèrent aussi au pèlerinage à Amettes à l’occasion du deuxième centenaire de la naissance de Benoît Labre en juillet 1948.

     A la demande de l’abbé Gournay auprès de l’évêché et après des pourparlers avec le Provincial des Pères capucins, l’évêque décida, en octobre 1948, de confier la charge de la paroisse aux Pères du couvent. Le Révérend Père Venance arriva en novembre 1948, secondé par des vicaires : Père Placide, Père Thadée, Père Stéphane. Les quatre religieux attendirent que l’abbé Gournay obtint un autre poste dans le diocèse. Ce fut chose faite fin mars 1949: l’abbé ' Gournay partit pour Sailly-sur-la-Lys.

     A partir du 3 avril 1949, le Père Venance et les trois autres capucins furent chargés de gérer la paroisse. Le Révérend Père Théodore avait également la charge de l’aumônerie de l’Hôpital de Calais. De 1951 à 1961, le Révérend Père Léon assuma la charge pastorale de Saint-Benoît et en 1957 ; à l’occasion du cinquantenaire de la fondation de la paroisse, quelques transformations furent réalisées dans l’église. Le Révérend Père Félicien prit la succession jusqu’en 1966 où il fut à son tour remplacé par le Père Armel.

     En 1969, les capucins quittèrent finalement la paroisse qui fut reprise par le clergé diocésain. Ils emportèrent avec eux la plupart des statues et une partie du mobilier intérieur.

    Eglise Saint-Benoit-Joseph-Labre

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  • Eglise Saint-Antoine de Padoue

    Paroisse Saint-Antoine de Padoue

     Situation

     Situé sur le quartier du Sacré-Coeur, le Fort-Nieulay possédait déjà une paroisse au XVIe siècle dans l’enceinte du fort où vivait une garnison, avec un curé, un cimetière, une chapelle dédiée à Saint Louis et des registres de catholicité. Cette chapelle servait également de lieu de culte pour les habitants de Coquelles. Avant la Révolution, elle était desservie par un aumônier militaire, le père Basile. Elle disparut en 1792.

     Ce vaste secteur commença à se peupler le long de la route nationale. En effet, l’implantation de la première gare de Calais en 1848 a été à l’origine du développement de ce quartier extra—muros entre la ville de Calais et le Fort-Nieulay.

     Historique

     L’Abbé Debras curé du Sacré-Coeur, initiateur de la paroisse de Notre-Dame des Armées, soucieux des besoins religieux de ce quartier, y fit édifier une chapelle en 1894 et une école de garçons.

     La paroisse actuelle fut véritablement fondée en septembre 1907, sous le patronage de saint Antoine de Padoue. Franciscain portugais, il entra chez les Frères Mineurs en 1220. Prédicateur renommé en France et en Italie, sa science scriptuaire et son éloquence lui valurent d’être proclamé docteur de l’Eglise (1946).

    On l’invoque pour retrouver les objets perdus. Le chanoine Debout sollicita le poste de curé de cette nouvelle paroisse, qui comptait alors 2 000 habitants, pour un de ses , anciens professeurs d’Arras, l’abbé Augustin Fournier.

     En 1908, fut construit un presbytère. Le 7 décembre 1909, l’abbé Fournier fut nommé doyen d’Auxi-le-Château. Il revint à Calais comme doyen du Sacré-Coeur, successeur de M. Milléquant.

    Le 18 décembre de cette même année, l’abbé Coquelle lui succéda. Né à Ruyaucourt le 13 mars 1874, ordonné prêtre en 1901, ancien professeur de l’Institut Saint-Stanislas de Boulogne, il était vicaire au Sacré-Coeur depuis le 27 août 1906. Il demeura à Saint- Antoine de Padoue jusqu’en 1942. La paroisse se développa rapidement sous son ministère. La vie paroissiale était active, il y avait un cinéma paroissial fonctionnant deux fois par mois et qui avait pour double but d’instruire et de récréer. Des conférences étaient organisées régulièrement. L’apostolat de l’abbé Coquelle fut marqué par la création de jardins ouvriers en 1914. Chaque année était célébrée la fête des Jardins ouvriers. En 1926, celle-ci était présidée par l’abbé Lemire, maire d’Hazebrouck, député du Nord et fondateur de ces jardins. La lecture d’un rapport lors de cette cérémonie montre l’existence de 750 jardins dans la banlieue immédiate de Calais dont 375 au Fort-Nieulay. Un buste en hommage à l’abbé Lemire fut érigé sur le terrain paroissial en 1929.

     L’abbé Coquelle était très apprécié de ses paroissiens, chaque année ceux-ci célébraient la saint Georges : << la fête de Monsieur le Curé ». Les Comités des Oeuvres du Fort organisaient ainsi une fête de famille.

     Cependant, l’église n’était toujours pas achevée. Par le lancement de souscriptions, l’abbé fit construire une église, la chapelle de l’abbé Debras étant trop exiguë. Il publia un bulletin paroissial, intéressa les fidèles de Calais à son projet en les invitant à la neuvaine annuelle de saint Antoine en octobre. Cette neuvaine était appelée «Les treize mardis de saint Antoine». L’Echo de Saint-Antoine de Padoue de mars 1927 en relate l’origine. «L’usage de consacrer le mardi plus particulièrement à saint Antoine provient de ce que le saint fut enseveli un mardi au milieu d’une fête et d’innombrables prodiges. Les amis de saint Antoine gardèrent le souvenir de ces merveilles et vinrent prier de préférence ce jour-là sur son tombeau. Or en 1617, un miracle fameux vint répandre davantage encore cette pratique. En effet, une dame de Boulogne demandait avec insistance une très grande faveur à saint Antoine...

    Une nuit, le saint lui apparut, lui disant d’aller 9 fois de suite visiter sa chapelle, lui promettant qu ’elle serait exaucée. Cette pieuse dame s ’empressa d’obéir et obtint [ ’objet de ses désirs. De nombreux fidèles désirant montrer leur reconnaissance envers le grand saint portèrent à treize le nombre de semaines consacrées à honorer saint Antoine en souvenir de sa bienheureuse mort le 13 juin 1231. »

     En novembre 1928, une statue de saint Antoine fut offerte en souvenir des vénérés défunts à la paroisse. La même année, une nouvelle sacristie fut édifiée au côté droit du choeur de l’église dans le jardin du presbytère. Les amis de saint Antoine avaient remis pour cela 5 000 francs. 11 restait alors 13 000 francs à réunir pour finir la construction et acheter le mobilier nécessaire. Le 13 juin 1929, la sacristie fut bénie.

     En 1930, l’abbé Coquelle faisait encore appel aux bienfaiteurs pour la propreté et la beauté de l’église. En effet, l’année suivante marquait le septième centenaire de l’entrée au ciel de saint Antoine. Il fallait que pour cette période, l’église soit restaurée et en possession d’un orgue car l’harmonium se faisait vieux.

     En 1932, les orgues furent commandées, les travaux dans la salle paroissiale et les nouveaux décors étaient terminés. Le 8 janvier 1933, les orgues furent inaugurées et bénies. L’église ne fut ouverte au culte qu’en 1934. C’est un petit édifice de style néo-gothique à une nef avec un chœur construit en brique rouge et jaune. L’entrée se fait par un porche dans l’esprit du XIIIe siècle, surmonté d’une niche et d’une cache abritant la cloche de l’église.

     Plus tard, en 1945, une communauté de religieuses dominicaines des Saints—Anges s’établit dans la paroisse.

     

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  • Eglise Sacré-Coeur

    Paroisse du Sacré—Cœur

     Situation

     Le quartier du Sacré-Cœur se situe à l’ouest de Saint-Pierre. Il est limité par les grandes voies que constituent le boulevard Jacquard, le boulevard Pasteur et la rue des Fontinettes. Il se compose du territoire des Cailloux, du Pont—du-Leu ainsi que du Fort—Nieulay. On l’appelle aussi le « Petit-Paris ».

     Historique

     L’église de Saint—Pierre rythmait la vie religieuse à Calais pendant les années 1860. Cependant l’étendue de son territoire était telle que des quartiers périphériques s’en trouvaient bien éloignés. C’était le cas des habitations ouvrières qui s’étaient agglomérées des deux côtés de la route de Boulogne, à mesure que des usines s’y implantaient. Le souci de leur rendre plus facile la pratique religieuse inspira à l’abbé Gheerbrant, aumônier du Pensionnat des Religieuses du Sacré-Cœur (à l’emplacement de l’actuel lycée Sophie-Berthelot), le projet de bâtir un lieu de culte pour ce quartier.

     L’abbé Gheerbrant se rapprocha de Monseigneur Parisis, l’évêque d’Arras, qui se montra favorable à cette initiative pourtant téméraire. Les difficultés ne manquèrent pas à l’origine, mais après plusieurs années de démarches et d’efforts, le persévérant aumônier eut la satisfaction de voir poser la première pierre qui fut bénie le 7 avril 1867 par Monseigneur Lequette, le successeur de Monseigneur Parisis. L’Echo du Sacré-Cœur de 1894 rapporte l’anecdote suivante: << Il y avait à peine un mois que l’on remuait le terrain pour creuser les fondations, lorsqu’un ouvrier trouva dans la terre une petite médaille en forme de cœur, portant d’un côté l’effigie du Sacré—Cœur de Jésus, de l’autre celle du Cœur immaculé de Marie. Autour du Cœur de Jésus étaient gravés ces paroles : DIEV EN MOY, autour de celui de Marie : MOY EN DIEV. » Cette médaille datée de 100 à 200 ans fut soigneusement recueillie et préservée.

     Les travaux furent rapidement entrepris, mais faute de ressources, on dut se bomer à n’élever complètement que le chœur et les quatre premières travées que l’on isola du reste du chantier par une cloison en planches. Le lieu fut cependant ouvert au culte en attendant des circonstances plus favorables à la construction du reste de l’édifice. Le 29 octobre 1871, Monseigneur Lequette procéda à la bénédiction et le lendemain célébra la première messe. La charge de la nouvelle paroisse fut confiée à l’abbé Gheerbrant. Le 30 mai 1872, la paroisse fut légalement reconnue par le gouvernement, le décret était publié le jour même de la fête du Sacré-Cœur.

     Obligé de se démettre au bout d’un an et demi de ministère, en raison de son état de santé, l’abbé Gheerbrant eut pour successeur l’abbé Robert Parenty, qui fut installé le 12 octobre 1872.

     Au printemps de 1877 les travaux de l’église reprirent enfin pour ne plus être interrompus, car l’Administration municipale avait voté un large crédit pour l’achèvement de l’édifice. Avec le concours de cette même administration, la construction des bâtiments destinés aux écoles de garçons et de filles dont la direction devait être confiée aux Frères de la Doctrine Chrétienne et aux Sœurs de Saint-Paul de Chartres fut poussée avec non moins d’énergie. Grâce au zèle du nouveau curé, un pensionnat de jeunes filles s’élevait à côté de l’église, sous la direction des Dames de la Sainte Union de Douai. A la même époque, plusieurs écoles publiques s’ouvrirent dans le quartier, si bien que plus de 1600 enfants étaient alors instruits dans la paroisse.

     L’année 1878 devait voir l’achèvement tant désiré et la consécration de l’église, œuvre de l’architecte M. E. Normand d’Hesdin et réalisée par l’entrepreneur M. L. Boulard, de Saint- Pierre. Mais la tour ne put être élevée au-delà du faîte du bâtiment.

    Déjà une magnifique cloche, don généreux d’une famille de la paroisse, prenait place dans la «chambre» dont les parois atteignaient à peine le haut de l’édifice. Elle fut bénie le 14 avril 1878 par l’abbé Parenty en vertu d’une délégation épiscopale. Le 9 juin, deux autres cloches non moins belles, dont une << ex-voto » d’Arras reçurent la bénédiction du curé du Sacré-Cœur. La fête de la consécration de l’église eut lieu le 16 juin sous l’égide de Monseigneur Lequette. De très nombreux pèlerins étaient venus de toute la région pour assister aux diverses cérémonies religieuses qui se déroulèrent en présence de nombreux prélats. Les célébrations durèrent jusqu’au dimanche 30 juin, fête du Sacré—Cœur.

     Après la disparition de l’abbé Parenty, la charge fut reprise en 1882 par M. Zéphyrin Liénard, qui était supérieur du Collège de Saint—Pol puis, de 1891 à 1894 par l’abbé Louis Debras, ancien aumônier de l’Armée de l’Est en 1870. Ce fut sous le pastorat de l’abbé Debras que l’église fut totalement achevée en 1892 Cette année-là, le 14 août, eut aussi lieu l’inauguration des orgues avec le concours de M. Gustave Peillereau, lauréat du conservatoire de Paris et organiste de la paroisse Saint-Nicolas de Boulogne.

     M. Auguste Lequien, professeur et vicaire à Saint-Pol fut curé du Sacré-Cœur de 1894 à 1906. Son successeur fut le chanoine Henri Debout, missionnaire diocésain bien connu par son talent de prédicateur et son zèle pour la Bonne Presse. Il ne tarda guère à gagner notoriété dans toute la ville. Le chanoine Debout allait souvent à Rome où s’instruisait le procès en béatification de Jeanne d’Arc. Il y déposa comme témoin car, en 1891 à Fruges, une religieuse malade avait retrouvé la santé après avoir, sur son conseil, suivi une neuvaine à la Pucelle. Il fut promu le 21 janvier 1909, prélat de Sa Sainteté, ce qui lui valut le titre de Monseigneur.

     Le Chanoine Julius Milléquant ne fit qu’un passage dans la paroisse du Sacré-Cœur, du 10 février 1912 au 14 avril 1914. Se succédèrent ensuite M. Augustin Fournier de 1914 à 1943 et M. Joseph Pollet de 1943 à 1963. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la façade fut meurtrie par les traces d’un grave incendie qui dévora une imposante usine dont elle n’était séparée que par une rue étroite. M. Pollet entreprit des travaux d’entretien en 1961, mais ce fut son successeur, l’abbé Jean Maenhout qui fit subir à l’église du Sacré-Cœur une « cure de rajeunissement ». En 1967, les orgues furent restaurées pour le centenaire de l’église.

     Le 18 juin 1978, l’abbé Daniel Raoult, en charge de la paroisse depuis 1969, célébra le centenaire de la consécration de l’église.

     Architecture et éléments notables

     L’église du Sacré-Cœur est un bel édifice construit dans le style ogival du XIIIe siècle. La brique du pays y a remplacé la pierre, sauf pour les colonnes, les pilastres et les nervures des voûtes. Les mêmes matériaux furent employés pour les usines voisines. L’église a trois nefs parfaitement proportionnées, sans déambulatoire, ni transept, et séparées par quatorze colonnes sveltes, en granit, d’un seul fût. Elle mesure 50 mètres de long sur 18 mètres de large dans l’œuvre et 16 mètres d’élévation sous clef de voûte. Le chevet est percé de cinq fenêtres lancéolées, la nef médiane reçoit principalement la lumière d’un clair étage élégamment ajouré. L’effet d’ensemble est majestueux et imposant.

     La riche décoration intérieure d’origine n’existe plus depuis les années 60. Des peintures d’un seul ton ont succédé aux couleurs où le rouge foncé dominait. La décoration en panneaux symétriques agrémentés d’encadrements, les dorures nombreuses, les inscriptions enluminées des murs supérieurs ont disparu pour permettre le nouveau revêtement en couleur unie des murs. Le mobilier, très considérable à l’origine, est réduit de nos jours. Ainsi le maître-autel longtemps présent sortait des ateliers de M. Buisine, de Lille. Il était en chêne sculpté, dans le même style que l’église. Un retable d’une élégante et riche ornementation le surmontait. Au centre se trouvait une belle statue polychromée du Seigneur Jésus découvrant son Cœur Sacré. Les statues des saints apôtres Pierre et Paul l’accompagnaient. Les arcades des deux côtés du tabernacle étaient remplies de riches reliquaires. Au-dessous de la table d’autel, qui était en pierre, on apercevait l’effigie cochée de la bienheureuse Marguerite-Marie. Les statues de saint Augustin et de saint François de Sales complétaient l’ornementation. Aujourd’hui, la décoration du chœur, dépouillé de son mobilier d’origine caractéristique de l’éclectique de la fin du XIXe siècle, ainsi que celle des autels secondaires, témoignent d’un goût très sûr dans leur grande sobriété.

     La porte du tabernacle est en bois de cèdre du Liban. On raconte que ce fragment proviendrait d’un cèdre antique, peut-être contemporain de Salomon, abattu par la tempête et dont le Sultan aurait fait abandon à Mgr le patriarche de Jérusalem ; celui-ci, à son tour, en aurait fait don à Mgr Guilbert, archevêque de Paris, pour le sanctuaire du Vœu National à Montmartre. Mgr Guilbert en aurait détaché une partie pour l’église du Sacré-Cœur.

     Les trois cloches portent les noms de Françoise-Julie, Victoire-Dauphine et Antoinette-Caroline. Elles proviennent des ateliers de M. Crouzet-Hillebrandt, fondeur à Paris. La première pèse 1000 kilos et donne le mi bémol, la seconde, de 758 kilos, donne le fa et la troisième, de 548 kilos, le sol.

     Les fenêtres du bâtiment ont conservé leurs vitraux d’origine, sauf celles de la partie supérieure de la nef principale et du chœur. Les illustrations en couleurs chaudes, véritables tableaux transparents, ont une valeur artistique certaine. Le chemin de croix est lui aussi remarquable. Il est l’œuvre de l’artiste C.E. Francq et date de 1874. Il est constitué de toiles encadrées dont la restauration, dans les années 60, est due à un peintre calaisien d’origine belge, M. François Couteau. Ces toiles, dans le style religieux du XIXe siècle contrastent quelque peu avec la décoration générale, imprégnée de modernisme.

    Eglise Sacré-Coeur

    Dans le fond de l’église et dans la partie réservée aux fonts baptismaux, une reproduction de la grotte de Lourdes attire l’attention. Elle fut aussi confiée aux soins de M. Couteau lors des travaux de restauration.

     Enfin , l’église renferme plusieurs plaques qui méritent d’être mentionnées. La première fait en quelque sorte un bref historique de l’église en rappelant les dates essentielles de sa construction et les hommes qui en furent à l’origine. Une autre porte l’inscription « Principaux bienfaiteurs >> et liste les curés de la paroisse jusqu’en 1943. La troisième commémore la consécration officielle de l’église le 16 juin 1878. La dernière indique que Monseigneur Debout a obtenu le 12 avril 1909, de Sa Sainteté Pie X que tout fidèle qui récitera en cette église une prière en l’honneur du Sacré-Cœur, obtiendra une indulgence de 300 jours.

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  • Eglise Notre-Dame des Armées

    Paroisse Notre-Dame des Armées

     Situation géographique

     Bâti sur le Banc des Pierrettes le quartier des Cailloux est situé au nord, isolé du reste de la ville par une gare de triage, coupé au sud par la rivière Neuve ; au—delà c’est l’ancienne enceinte de fortifications, des champs et des jardins, jusqu’au passage à niveau de Fréthun.

     Historique

     Dès 1882, l’abbé Debras, alors curé du Sacré-Coeur, avait songé doter ce quartier d’un sanctuaire dédié à Marie. En effet, ému à la vue du malheureux état religieux des habitants des « Cailloux », et comme le rapporte le Bulletin paroissial de Notre-Dame des Armées, il s’était exprimé ainsi : « Là aussi je bâtirai une église et j ’érigerai un autel et je ferai régner dans ce centre ouvrier la Madone chère au saint abbé Bellanger, la Patronne bien-aimée des soldats dont je fus l ’aumônier en 1870, Notre-Dame des Armées. >>

    Un lieu de culte provisoire fut créé dans un baraquement en pitchpin*, au début des années 1890, en attendant la construction d’un sanctuaire définitif, dès que les fonds auraient été réunis. Décédé quelques années plus tard, il ne put voir l’aboutissement de son projet.

     L’idée fut reprise en 1906 par Monseigneur Debout qui bâtit, de ses deniers, un presbytère et une chapelle provisoire sur un terrain offert par Madame Damann-Rault. Ceci fait, le quartier des « Cailloux » fut érigé en paroisse autonome en décembre 1913 et fut confié à un vicaire, l’abbé Peugnet, vicaire au Sacré-Coeur. Celui—ci

     *pin résineux de l’Amérique du Nord, dont le bois jaune et rougeâtre est employé en ébénisterie.

    Eglise Notre-Dame des Armées

    rapporte les propos tenus lors de sa nomination par Monseigneur dans son bulletin paroissial :

     - «Monsieur le Vicaire, je vous nomme curé de Notre-Dame des Armées.

     - Mais Monseigneur, c’est le désert là-bas, où irai-je loger ?

     - Vous bâtirez un Presbytère, cher ami.

     - Où trouverai—je, Monseigneur, les fonds nécessaires ?

     - La Providence y pourvoira - ayez confiance... »

     L’abbé Peugnet s’attela à la construction d’une belle église en dur pour remplacer le baraquement qui faillit brûler en janvier 1916, une étincelle d’un bec à acétylène ayant mis le feu à la crèche mise en place pour les fêtes de Noël.

     Il lança un bulletin << Notre—Dame des Armées >> et une souscription afin de recueillir des fonds mais la guerre 1914—1918 l’obligea à retarder la construction de son église. La souscription diminua, en partie à cause de la dévaluation, mais, comme le mentionne un bulletin paroissial, le nombre de fidèles priant « pour le salut de la France, pour la protection de leurs soldats pour obtenir la grâce du courage et de la résignation » augmenta.

     La guerre terminée, avec force appels dans la presse locale et la Voix de Notre-Dame, l’abbé Peugnet relança une souscription spéciale de donateurs à 500 francs : « les parrains et les marraines de Notre-Dame ». Des cartes postales avec en légende « Souscrivez en mémoire de nos soldats >> furent éditées à chaque étape de la construction. En effet d’un coût prévisionnel de 100 000 francs en 1914, la dépense monta à plus d’un million de francs.

      La première pierre fut bénie le 15 mai 1921 par Monseigneur Debout sur une parcelle offerte à nouveau par Madame Damann.

     Début 1924, une des cartes postales éditées annonçait : «pour l‘achèvement, il nous manque 120 000 francs. » Quelques mois plus tard, le sanctuaire était couvert. Il lui manquait encore ses voûtes, son mobilier, son clocher.

    Eglise Notre-Dame des Armées

    L’église conçue par le fameux architecte calaisien, Roger Poyé, et réalisée par Adolphe Desseilles fut bénie en juillet 1924 par Monseigneur Julien du diocèse d’Arras, alors qu’elle n’était pas totalement achevée.

     La cérémonie fut relatée par la presse locale : les habitants avaient tenu à décorer la façade de leurs maisons et les rues du quartier où dans l’après-midi allait se dérouler le cortège que les paroissiens de Notre-Dame des Armées allaient faire à Monseigneur Julien. Un magnifique arc de triomphe avait été dressé à l’entrée de la rue Kléber, fait de deux hauts pylônes garnis de branches de sapins reliés par un portique de feuillages et de roses rouges formant au centre une grande croix. A l’entrée de la rue Augereau un autre portique était formé de draperies tricolores. Des inscriptions en lettres d’or sur draperies blanches ou rouges des emblèmes religieux, des guirlandes de toutes les couleurs, complétaient cette jolie décoration. Sur la chaussée étaient répandus des roseaux, du gazon, des fleurs en quantité, tapis magnifique et somptueux sur lequel passa le cortège, précédé de huit cavaliers, ouvrant la marche à Mgr Julien, entouré de MM. les vicaires-généraux Hoguet et Guillemant, de Mgr Debout, protonotaire apostolique, archiprêtre honoraire de Calais, et de tout le clergé des paroisses de la ville, de la banlieue et des communes du canton. Lorsque le cortège fut arrivé devant le nouveau sanctuaire, le clergé et les personnalités officielles franchirent les grilles de la cour d’honneur. Les trois nefs étaient archi-combles et une foule énorme se tenait devant le portail largement ouvert pour essayer d’entendre les discours et sermons prononcés en cette grande occasion.

     Le clocher fut inauguré le 11 novembre 1928 avec une cloche baptisée Marie—Joseph-Thérèse.

     L’abbé Peugnet mourut à la tâche en 1931 à l’âge de 47 ans, victime d’une grave maladie, tout en laissant une communauté chrétienne florissante.

    Eglise Notre-Dame des Armées

    Le 2 décembre 1940, la Kommandantur réquisitionna l’église des Cailloux pour un service rendu à la mémoire de 18 adolescents membres des jeunesses hitlériennes, tués la veille au petit matin, par la bombe d’un avion isolé, alors qu’ils se rassemblaient a l’extrémité de la rue du Cosmorama (rue Monseigneur Piedfort) dans l’attente des camions devant les transporter sur les chantiers de la côte.

     Architecture

     Œuvre de l’architecte Rogé Poyé, l’église Notre- Dame des Armées est marquée du style néo- -roman. L’ensemble est élevé en ciment et béton armé avec quelques remplissages de pierre blanche. L’édifice est couvert d’une toiture à deux versants abritant une nef et deux bas- côtés. L’entrée se fait par un clocher porche dont la base est englobée dans une galerie extérieure évoquant la forme d’un cloître qui déploie deux ailes en retour sur la rue et dégage un parvis pour l’église. A l’origine, le projet ne prévoyait qu’ une aile en retour de la façade pour contrebalancer un presbytère latéral jamais construit.

     La tour du clocher présente en haut-relief un grand Christ de 6 mètres de hauteur sur une croix de 12 mètres. Il fut réalisé par le statuaire Odilon Debert.

     L’ aménagement intérieur est sobre, l’utilisation du béton a cependant permis la construction sous la charpente de fausses voûtes et coupoles en pendentif. Les murs intérieurs des bas- côtés sont agrémentés d’ une frise Art déco.

     La chapelle Sainte- Thérèse abrite de nombreux ex-voto dont beaucoup furent apposés au cours de la Première Guerre mondiale ou peu après.

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  • Eglise Notre-Dame de Consolation

    Paroisse Notre—Dame de Consolation

     Situation

     La fondation de la paroisse Saint—Benoît—Labre isolait une partie du territoire de Saint-Pierre, le Beau-Marais, qui s’étendait au-delà des fortifications jusqu’aux limites de Marck. Le quartier abritait quelque mille personnes, des cultivateurs mais aussi des ouvriers. Le vicaire en charge était l’abbé Louis Flodrops. Celui-ci constata que la situation religieuse des habitants était fort précaire.

    En effet, pour suivre le catéchisme, les enfants devaient aller rue de Chantilly et les fidèles prenaient le train pour se rendre à l’église.

     Historique

     Le premier soin de l’abbé Flodrops fut de réunir les enfants du catéchisme dans leur quartier. Le 20 juillet 1909, il lança un petit journal mensuel «L'Avenir du Beau-Marais >> pour recueillir des fonds en vue de bâtir une église. Contre vents et marées, il entreprit cette oeuvre. En septembre, le terrain pouvait déjà être acheté grâce à un don anonyme de 3000 francs. Les dons, souvent modiques, mais très nombreux affluaient de toute la France mais il fallait réunir près de 55000 francs selon les estimations de l’abbé Flodrops.

     La première pierre fut bénie le dimanche 28 août 1910 à 16h00. La cérémonie fut présidée par le chanoine Bourgain, doyen de Saint-Pierre et le sermon fut prononcé par l’abbé Hu, curé de Saint—Benoît-Joseph-Labre. Mais, la veille de la Toussaint 1910, une violente tempête jeta bas le premier mur achevé. L’abbé se remit à l’ouvrage et réalisa une église entièrement en ciment armé, une véritable révolution pour l’époque.

     Oeuvre de l’architecte A. Nasouski, qui s’était inspiré de l’édifice de Vézelay en Bourgogne, elle mesurait trente mètres de long sur douze mètres de large mais n’avait pas encore de clocher.

    Cette chapelle annexe de Saint—Pierre fut immédiatement dédiée à Notre-Dame de Consolation comme l’avait proposé M. Flodrops à l’évêque d’Arras le 26 septembre 1909, ce vocable répondant à la situation de l’église non loin du cimetière. Mais l’initiative ne fut pas tout de suite approuvée par l’autorité diocésaine, si bien que M. Flodrops fut éloigné de Calais et nommé curé de Haisnes. La population réclama son retour et début juillet 1912, l’Evêché créa la paroisse de Notre-Dame de Consolation et l’en nomma curé.

     L’année suivante, l’abbé Flodrops dota le Beau—Marais d’écoles privées situées dans les locaux entourant l’église et le presbytère. C’étaient de lourdes charges financières, il lança des souscriptions et répandit largement dans toute la région un bulletin paroissial « La Bonne Souffrance », qui succéda à «L’Avenir du Beau-Marais ». Son talent d’écrivain, son esprit, son humour et surtout l’intérêt qu’il manifestait pour toutes les détresses physiques ou morales donnèrent à cette publication une très large diffusion et de nombreux dons en faveur de la paroisse et de ses écoles affluèrent. Une neuvaine pour les défunts, au début de novembre, attirait les fidèles calaisiens.

     La guerre de 1914-1918 ralentit le rythme des réalisations de M. Flodrops, qui fut mobilisé en 1916 en qualité de caporal infirmier au centre sanitaire de Calais. Ce fut en bleu horizon qu’il passa les épreuves du brevet de capacité afin d’exercer aussi en tant qu’instituteur. Après les hostilités, l’église fut dotée d’un cinéma gratuit et d’une bibliothèque et onze classes gratuites furent créées entre 1921 et 1939.

     La première cloche fut baptisée en mai 1923, elle allait rester de nombreuses années sans clocher, posée sur de simples madriers.

     Nommé chanoine honoraire le 6 février 1932, l’abbé Flodrops devait se préoccuper, avant de quitter le Beau-Marais, de compléter l’église par la tour qu’on lui connaît. Elle fut édifiée en 1937, à l’occasion des noces d’argent de la paroisse, grâce aux dons recueillis. Haute de 30 mètres, elle fut couronnée par une statue de Notre-Dame de Consolation de 3 mètres, sculptée par l’épouse de l’architecte. Deux cloches furent aussi installées pour compléter le carillon, l’une, de 270 kilos, fut baptisée Marie-Victorine-Andrée-Georgette, elle est aussi appelée cloche de la Reconnaissance, l’autre, de 190 kilos, fut nommée Louise—Paule—Germaine— Simone.

    Ce fut l’abbé Georges Orient, succédant au chanoine Flodrops, devenu directeur de l’enseignement primaire privé, qui, le 31 octobre 1937, célébra l’inauguration de la tour de l’église et la bénédiction des cloches et de la statue.

     En 1940, l’abbé Orient fut nommé à Oye-Plage et évacué de Calais-Nord, le chanoine Flodrops revint au Beau-Marais. Aidé des gens du quartier il y ramena tout ce qu’il put sauver de l’église Notre-Dame. Le lundi de Pentecôte, le 29 mai 1944, un terrible bombardement causa d’importants dommages dans le quartier, sans qu’il y eut de victimes à déplorer. Le 28 septembre, 150 pièces d’artillerie canadiennes pilonnèrent Calais, si bien qu’ au sortir de la guerre, il ne restait pratiquement que les murs de l’église.

     Ce fut le troisième curé de Notre-Dame de Consolation, l’abbé Pierre Jénicot, nommé en 1948, qui présida à sa renaissance.

    Les travaux de restauration durèrent de 1951 à 1954 et pendant ces années, le culte fut célébré dans la salle paroissiale.

     -Après vingt ans de pastorat, l’abbé Jénicot fut remplacé par l’abbé Raoult, auquel succédèrent l’abbé Marcel Macquet jusqu’en 1977, l’abbé Raymond Forestier jusqu’en 1983 puis l’abbé Paul Falala, qui est encore aujourd’hui le curé de Notre-Dame de Consolation.

     En 1983, d’importants travaux de réfection furent entrepris. En effet, le ciment armé fait de galets, de grillages et de fers utilisé pour bâtir l’église avait mal supporté l’action du temps et de nombreuses fissures rendaient l’édifice dangereux. Il suffisait d’actionner les cloches pour que la statue placée au sommet vacillât sur son socle. On jugea qu’elle était trop abîmée pour être restaurée et elle tomba sous les coups de burin des démolisseurs, toutefois la tête put être sauvée et fut conservée quelques années. La statue fut remplacée par la grande croix que l’on connaît aujourd’hui.

     Chargé aussi de la mission ouvrière, l’abbé Falala est à l’origine de nombreuses actions auprès de la population. En 1985, lorsque des troubles faisant suite à des rumeurs d’enlèvements d’enfants, agitèrent le quartier, il fut l’un des médiateurs qui permirent le retour au calme. Il est aussi le créateur de la Fête du Jeu qui réunit chaque année des centaines d’enfants du quartier et plus récemment en avril 2001, il a organisé les << chantiers de l’espérance >>. Malgré les travaux effectués au cours de la dernière décennie, il reste encore beaucoup à faire et les cloches ne sonnent plus à cause de la fragilité du clocher.

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