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    Harpe (rue de la) Rue André Gerschel - rue Jean Quéhen

     Hormis les rues de la Couleuvrine, du Paradis, Royale, Française, il ne reste plus beaucoup de noms issus du passé médiéval de la ville de Calais. La rue de la Harpe est une survivance de ce passé. Comme on le voit assez souvent, elle tire vraisemblablement son nom d’une enseigne qui existait déjà en 1852. Autrefois, en effet, les maisons ne portaient pas de numéros, mais des enseignes accrochées aux façades qui permettaient de les identifier.

     Pendant les trois siècles d’occupation anglaise, entre 1347 et 1558, elle s’est appelée la Coxe Lane. Victime des destructions durant la Seconde Guerre mondiale qui ont fait de Calais-Nord un champ de ruines, elle a gardé, à la reconstruction, son nom de rue de la Harpe, son emplacement, mais pas les habitations qui en faisaient l’histoire.

     Cependant, certains se souviennent encore qu’en avril 1916, l’état-major militaire de Calais avait trouvé ses quartiers au n°3, à l’époque où le général Ditte était gouverneur militaire de Calais pendant la guerre 14—18. La rue de la Harpe a d’ailleurs failli porter son nom.

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    Son nom est une survivance du passé médiéval du vieux Calais. Son habitat actuel est celui de la reconstruction des années 50. 

     

     Homère (rue) Rue du Lieutenant Jacques Faguer - boulevard Victor Hugo

     C’était autrefois la rue Ducrocq, du nom d’un riverain. En 1883, le plan Cuisinier en fit la rue Homère dans un quartier où sont regroupés les auteurs de l’Antiquité (Plante, Virgile, Ovide, Pindare). Cette appellation célèbre le poète grec qui, d’après Hérodote, aurait vécu au IX“ siècle avant J .—C., et auquel la tradition attribue l’Illiade et l’Odyssée.

     Il plane en effet un doute sur l’auteur réel de cette épopée sur la guerre de Troie et le retour d’Ulysse. On parle même de deux écrivains. Aujourd’hui l’existence d’Homère n’est plus mise en doute et certains avancent qu’il aurait pu avoir écrit ces deux épisodes, l’un au début et l’autre à la fin de sa vie.

     Rien de bien notable dans cette petite voie sinon, au coin de la rue du Lieutenant Jacques Faguer, une maison d’angle à usage d’habitation, mais qui fut sans doute un débit de boissons. Datant d’avant l’industrialisation de Saint-Pierre, elle témoigne de l’architecture rurale traditionnelle en vigueur au début du XVIII° siècle : façade simple sans décorum et toit de tuiles flamandes à deux versants.

     

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    Reliant le quai Lucien Lheureux au boulevard Victor Hugo, cette petite rue de Saint—Pierre a gardé, pour partie, son aspect rural.

     

     Hugo (boulevard Victor) Place Emile Salembier - rue de Hagueneau

     Pour dénommer cet axe de la Nouvelle-France, le conseil municipal a choisi Victor Hugo (1802—1885) en 1881, de son vivant donc. Ce quartier des écrivains ne pouvait oublier l’auteur de La Légende des Siècles et des Misérables. D’autant qu’on trouve une trace du passage de Victor Hugo à Calais en septembre 1837, et même s’il n’en dit pas du bien (Voyage en Belgique et en France).

     Le boulevard part de la place Emile Salembier, qui tient son nom d’un homme politique de Calais 1857-1919), maire en 1896 et 1908 avant de devenir député en 1914. On lui doit notamment le nouvel hôtel de ville, l’abattoir et de nombreuses écoles. Un buste le représentant est installé sur le petit parking. La famille Salembier tenait un estaminet au n°39 du boulevard Victor Hugo. A mi-chemin de cette artère commerçante, se dresse l’église Saint-Benoît Labre, ancienne chapelle du couvent des capucins qui se situait en face. On l’appelait aussi le château des moines et il servit de presbytère jusqu’à sa disparition pour laisser la place à un immeuble résidentiel. A l’angle de la rue Hagueneau, sur le pignon, figure l’un des derniers écussons de pierre portant les armoiries de Saint-Pierre-les-Calais. Il est au fronton d’une ancienne maison d’octroi. Enfin, à l’extrémité du boulevard, à hauteur du passage à niveau de la route de Saint-Omer, & survécu la petite gare de Saint-Pierre-Halte, créée au moment du lancement de la ligne Calais-Dunkerque en août 1876.

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    Comme tous les grands axes de la cité de Saint-Pierre-les-Calais, ce boulevard cultive le brassage entre maisons bourgeoises, habitat ouvrier et commerces de proximité. Colonne vertébrale du quartier de la Nouvelle- France, il rejoint la route de Saint-Omer.

    Jacquard (boulevard) Boulevard La Fayette - quai de la Tamise

     Au temps jadis, c’était la Grande-Rue de Saint-Pierre-les—Calais. En 1885, le conseil municipal lui donna le nom de Jacquard, Joseph-Marie de son prénom (1752-1834), un mécanicien de Lyon qui inventa en 1790, un nouveau mécanisme simple et ingénieux pour le métier à tisser et qui perfectionna le système de sélection par cartons perforés. Ces nouvelles techniques firent considérablement avancer la technique de fabrication de la dentelle mécanique de Calais.

     Calais lui devait bien un boulevard. Elle lui fit également une statue qui se trouve sur la place Albert Ier (ou place du Théâtre) et donna son nom à un pont situé à l’extrémité nord de cette grande artère. Cet ouvrage permit le franchissement de la voie ferrée entre la gare centrale, construite en 1964, et la zone portuaire. Il côtoie un autre pont, construit en 1886, dit George V, en hommage au roi de Grande-Bretagne (1865-1936) qui avait visité Calais à diverses reprises lors de la guerre 14—18.

     A hauteur de la place du Soldat inconnu, adossé au parc Saint-Pierre, et faisant face aux Six Bourgeois de Calais, le monument du Souvenir français, sculpté par Maugendre-Villers, fut inauguré le 3 juillet 1904. Il commémore la mémoire de soixante Calaisiens morts pour la France durant la guerre de 1870, la Commune de Paris et les conflits coloniaux. Haut de 13 m, ce monument est surmonté d’une statue du capitaine Louis Dutertre (1807-1845).

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    Avec le beffroi de la mairie dans son axe, cette artère commerciale était auparavant la Grande-Rue de Saint-Pierre. Elle a gardé quelques-unes de ses anciennes maisons du XIXe siècle, avec notamment beaucoup d’immeubles bancaires.

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     Au carrefour de la rue du Vauxhall, la maison Frances date de 1890. L ’architecte y a développé le thème, assez rare à Calais, de la rotonde d ’angle, avec en plus de hautes fenêtres et des lucarnes, ainsi que des balcons et des balustrades en fer forgé.

     Originaire de Coulogne, cet officier du 8°chasseurs d’Orléans connut une fin héroïque à la bataille de Sidi-Brahim durant la conquête de l’Algérie. Fait prisonnier par Abd-el-Kader, il fut emmené devant un détachement de soldats français pour leur demander de se rendre. « Camarades, ne vous rendez pas, résistez jusqu ’à la mort » leur cria-t-il avant qu’un sabre algérien ne lui tranchât la tête.

     Le boulevard est un des axes principaux du commerce en centre—ville. Les magasins occupent les rez-de-chaussée, mais en marchant les yeux levés, vous découvrirez de belles constructions. Dans le faubourg de Saint-Pierre, il fait partie de la zone la plus anciennement urbanisée et son architecture relève parfois du début du XIX°siècle. C’est le cas des n°11 et 13, avec leurs fenêtres d’étage en quart de rond. Au n°26, la maison André date de 1826 et la pâtisserie Bourdon au n°61, de 1834. Au coin de la rue du Vauxhall, l’ancienne maison Frances, bâtie en 1890, reprend notamment le thème de la rotonde d’angle, avec ses hautes lucarnes arrondies, ses superbes balcons et balustrades en fer.

     A la réunion des deux villes en 1885, le boulevard est devenu le quartier des établissements bancaires. Il s’agit de bâtiments imposants du début du XX°siècle, à l’image de la Banque de France qui date de 1907, du Crédit Lyonnais qui occupa le n 37 de 1886 à 1924 avant de s’installer à l’angle de la rue de Vic, et de la Société Générale (1926) qui est dans l’immeuble de l’ancienne banque Cordier. De composition classique avec sa façade à colonnades, c’est une des dernières réalisations de l’architecte Nestor Duvinage. 

     

     La Fayette (boulevard) Quatre-boulevards - pont de Saint-Pierre

     Avant, c’était le Grand Chemin, avec ses fossés et ses vieilles maisons du XVIII° siècle, hérité du faubourg rural de Saint-Pierre-les-Calais et non pas d’une percée à la Haussmann comme on pourrait le croire. Cette voie fut aussi la rue Dauphine avant d’être baptisée, en 1845, du nom de Marie—Joseph, marquis de La Fayette (1757—1834).

     Ce major général français participa, de 1777 à 1781, à la guerre d’indépendance en Amérique, aux côtés des insurgés. De retour en France, il devint membre de la gauche dynastique, fut élu député de Seine-et-Marne et demanda l’abdication de Napoléon.

     Devenue un boulevard en 1896, cette artère commerciale accueille encore l’usine Brampton installée là en 1897. Au n°36, se trouvait le garage Morieux où, en 1901, furent vendues les premières automobiles à essence.

     Derrière sa façade de hautes fenêtres en arcade, le grand bâtiment de l’école Louise Pollet occupe le n° 133 ; elle porte le nom d’une ancienne directrice connue pour son dévouement qui avait reçu les palmes d’officier de l’Instruction publique en 1908. Au n°20, un bel immeuble abrite un important cabinet notarial ; sous l’Occupation, s’y trouvait la Kommandantur de Calais, avec au n° 16, la Feldgendarmerie.

    Aux n°6 et 10, se dressait un vaste bâtiment occupé successivement par des grands magasins et un garage.

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    Derrière ses hautes fenêtres et sa large porte, ce bâtiment abrite la bibliothèque des enseignants et une école maternelle. Elle porte le nom d’une directrice du début du siècle, Louise Pollet, connue pour son dévouement à la cause de l’Instruction publique.

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    Partant des Quatre- Boulevards, cette artère a une importante activité commerciale. La plupart des rez-de-chaussée sont occupés par des boutiques, mais, en levant les yeux, on peut découvrir les traces de l‘ancienne architecture de Saint-Pierre au XIXe siècle.

     

     Il a été racheté par la Caisse d’épargne intégrée dans un ensemble résidentiel. Même si la rénovation urbaine a fait des ravages dans l’habitat ancien, le boulevard compte encore quelques beaux exemples d’architecture du XIXe siècle. C’est le cas au n°210 qui se présente comme un hôtel particulier, ou au n°150, un ancien immeuble de rapport, avec ses balustrades en fonte et sa symétrie simple.

     On peut observer aussi, à l’angle de plusieurs rues, des maisons rurales du XVIIIe siècle. En revanche, a disparu le théâtre de Saint-Pierre qui, au XIX°, se dressait aux n°147 et 149.

     C’est de ce secteur et notamment du pont sur le canal qu’a pris naissance la ville de Saint-Pierre-les-Calais. Le premier ouvrage remonte au creusement du canal en 1680.

     Le pont de Saint-Pierre a été reconstruit plusieurs fois, parfois même avec un renfort d’ouvrages militaires pour le défendre lors des nombreux conflits qui ont émaillé l’histoire de la cité.

     Au XIXe siècle, existait, tout à côté, une gare fluviale, avec des services de coches d’eau qui assuraient des liaisons en barque avec Saint-Omer, Guines, Ardres et Audruicq, pour les voyageurs et les marchandises.

     En 1855, le pont fut élargi pour passer à deux voies, mais un nouvel ouvrage fut réalisé en 1899, avec un tablier métallique.

     C’est toujours lui qui est en place et qui attend d’être remplacé par un pont plus adapté à l’importance de la circulation automobile actuelle et en prévision du projet de mise au grand gabarit du canal.

     Lamartine (rue) Boulevard Victor Hugo - rue La Fontaine

     C’était la rue Un de la Nouvelle-France avant que le plan Cuisinier la baptise du nom du poète du Lac et des fameuses Méditations poétiques qui révèlent le ton nouveau du romantisme.

     « Le poète est sensible aux oiseaux de passage Qui ne bâtissent point leurs nids sur le rivage Qui ne se posent pas sur les rameaux des bois Nonchalamment bercés par le courant de l’onde Ils passent en chantant loin des bords et le monde Ne connaît rien d’eux que leur voix. »

     Alphonse de Lamartine (1790-1869) eut aussi une carrière politique. Député de Bergues - qui en a fait un géant qu’on sort les jours de fête - en 1883, il est ensuite élu à Mâcon.

     Membre du gouvernement provisoire en février 1848 après la proclamation de la République, il est chargé des Affaires étrangères. Mais les émeutes de mai et juin et surtout le coup d’Etat du 2 décembre auront raison de cette carrière. Il reviendra alors à l’écriture, notamment des travaux historiques, des récits autobiographiques, des romans et des biographies d’hommes célèbres.

     Le 18 mai 1831, de retour d’Hondschoote où résidait sa sœur, Lamartine, sa femme et leur fils prirent le bateau à Calais pour un voyage en Angleterre.

     Surtout bordée de petites demeures simples de briques peintes, la rue Lamartine ne se fait pas remarquer, sauf peut-être par un bel exemple de haute maison d’angle au coin de la rue Alfred de Vigny.

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    Dans cette rue tranquille du quartier de la Nouvelle-France, les maisons sont à la mesure de cette venelle : petites et simples, elles sont souvent de briques peintes, histoire de se singulariser un peu et de briser la monotonie d’un habitat ouvrier conçu sur le même modèle.

    Leavers (rue) Rue Augustin Isaac - rue du Four—à-Chaux

     Cette rue Cinq du quartier a pris ce nom en 1883, par la volonté du plan Cuisinier. Elle est au cœur du quartier des Fleurs, dans ce Saint-Pierre qui a consacré tout un secteur à des noms venus de l’industrie dentellière, longtemps première activité de la ville.

     De la même manière qu’un autre nom de mécanicien en dentelles anglais, Martin, a pris un "Y" à Calais, le nom de Leaver s’est retrouvé affublé d’un "S", venu probablement de la forme possessive anglaise (leaver’s machine).

     Avec sa famille, John Leaver a inventé, en Angleterre, un métier à fabriquer le tulle mécanique. Établi en 1821, en Normandie, il continuera à construire des métiers et à les faire évoluer vers la dentelle à partir du procédé Jacquard.

     En 1854, sur 606 métiers à tulle installés à Saint-Pierre, on comptait 374 leavers. Aujourd’hui, il en existe environ 1 200 dans le monde dont 450 dans la seule ville de Calais qui a su préserver son savoir- faire. La dentelle réalise un chiffre d’affaires de plus d’un milliard de francs, exporte 60% de sa production et fait travailler près de 2 000 personnes.

     Dans cette rue où se mêlent habitats ouvrier et bourgeois, on observe, aux n°37 et 39, des façades symétriques de briques peintes et de ciment—pierre, avec appuis de fenêtre en fer forgé, et aux 11 46-48, deux demeures traitées à la manière de villas italiennes, avec fenêtres ornementées et lucarnes à colonnades.

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     Voie très caractéristique de Saint-Pierre, au cœur du quartier des dentelliers, la rue offre le visage d ’un habitat mêlé. S’y côtoient des petites maisons ouvrières, des immeubles symétriques de rapport et des demeures cherchant à faire riche sur leur façade décorée.

     Leclerc (rue du Maréchal) Bd du Général de Gaulle - rue de Lattre de Tassigny

     A l’origine, ce nom désignait une rue des Cailloux, mais en 1969, il a fait le voyage jusqu’aux abords de la plage, à proximité de Blériot.

    Philippe Marie de Hautecloque, dit Leclerc (1902—1947), est né d’une vieille famille picarde. Fait prisonnier à Lille en mai 1940, cet officier de l’armée française s’évade et rejoint le général de Gaulle à Londres. Devenu commandant militaire, il participe aux campagnes de Tripolaine et de Tunisie de 1942 à 1943. En juin 1944, il est du débarquement en Normandie avec sa 2e division blindée. Mais il est surtout célèbre pour sa participation à la libération de Paris, le 24 août, où il reçut la reddition de la garnison allemande. Il libéra également Strasbourg en novembre.

     Nommé commandant supérieur des forces françaises en Indochine, il signe, au nom de la France en 1945, l’acte de capitulation du Japon.

     Inspecteur des forces d’Afrique du Nord, il trouve la mort en 1947 dans un accident d’avion près de Colomb-Béchar.

     Il a été élevé à la dignité de maréchal de France en 1952, à titre posthume.

     La rue du Maréchal Leclerc fait un coude au pied de l’ancienne et haute dune qui domine un immeuble résidentiel.

     Dans ce quartier paisible, on y trouve des habitations modernes très significatives de cette zone du front de mer qui cherche à se construire une image de station balnéaire.

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    Au pied d’une ancienne et haute dune, ce quartier paisible aligne, comme ici, des résidences modernes, avec balcon et jardinet, très significatives de cette zone du front de mer qui, depuis des années, cherche à se construire une image de station touristique et balnéaire.

    Lheureux (quai Lucien) Pont de Saint—Pierre - pont de fer

     Cette voie sur berge, c’est l’ingénieur Vétillart qui l’a voulue en 1881 pour faciliter l’accès des péniches au port. Auparavant le chemin de halage s’arrêtait à hauteur de la rue Homère. En 1910, le conseil municipal décida de lui donner le nom d’un ancien élu municipal, Lucien Lheureux (1830-1882), devenu maire de Saint-Pierre-les-Calais en 1879, à la démission de Victor Crespin. C’était un fabricant de tulle qui était également conseiller d’arrondissement et administrateur de l’hospice.

     Pour la partie qui la relie à la place de la Nation, cette voie a été baptisée rue du Lieutenant Jacques Faguer en 1964, du nom du chef de batterie de DCA qui, au Petit-Courgain, fut tué à son poste le 25 mai 1940 sous une pluie d’obus.

     Le quai part du pont de Saint-Pierre dont le premier exemplaire remonte à l’époque du creusement du canal de Saint-Omer à Calais en 1680. Il va jusqu’au Pont de fer en passant par le pont-levis Curie et sa passerelle pour piétons, tout en longeant une belle et vieille main courante ou rambarde en fonte qui délimite la rive du canal. Le soleil couchant y éclaire une longue rangée de petites habitations, avec jardins sur l’arrière, parmi lesquelles de nombreuses maisons de mariniers, lesquels aiment habiter au bord de l’eau. De leur pas de porte, on pouvait, dans le temps, les voir faire signe ou converser avec un membre de leur famille qui passait sur sa péniche.

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    On oublie que Calais est une ville d’eau et pas seulement à cause de la présence de la mer. Entrecoupée de nombreux canaux et rivières, la cité s’y réfléchit souvent. Comme ici, au bord d’un quai où l ’on pêche dans l’eau miroitante du canal de Calais à Saint-Omer.

     

     Lodi (rue de) Rue Neuve - rue Verte

     Au XVIII“ siècle, on ne s’embarrassait guère pour dénommer les rues : l’enseigne d’une boutique, un détail architectural ou plus simplement le nom du propriétaire du terrain.

     C’est le cas ici puisque cette ruelle s’est appelée rue Goret avant de devenir la rue de Lodi au milieu du XIXe siècle. Il s’agissait de saluer la victoire que remporta Bonaparte dans cette ville lombarde en 1796.

     En 1869, un chroniqueur du Journal de Calais ironisait sur l’état lamentable de cette rue en ces termes : « L’autre jour, un audacieux marchand de charbon osa s’aventurer rue de Lodi. Tout a coup, le sol céda sous sa voiture. L’homme et l'attelage disparurent dans cette boue liquide. On eut le temps de jeter quelques pains sous la voiture pour que l’homme puisse manger pendant son voyage jusqu’aux antipodes... »

     De l’ancien temps, la rue de Lodi a conservé un vieux café d’angle au coin de la rue Neuve, et de petites maisons basses, avec leur unique lucarne dans le toit, mais on ne s’y embourbe plus depuis longtemps.

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    Typique du faubourg rural de Saint-Pierre-les-Calais, cette ruelle a conservé son cachet de l’ancien temps et la modestie de son habitat.

     

     Loire (quai de la) Port

     Ainsi dénommé en 1881, en même temps que onze autres sur le port, ce quai est en fait la réunion de trois voies. Il borde le bassin de marchandises Carnot, relié au canal par l’écluse de la Batellerie. Construit sur les anciennes fortifications détruites en 1884, ce bassin de 12 hectares fut inauguré le 3 juin 1889 par le président Sadi Carnot. Les fêtes durèrent deux jours et attirèrent 150 000 visiteurs. A l’ouest, le quai s’ouvre sur la ligne moderne de l’immeuble de l’outillage du port, faisant face à un ancien bâtiment industriel tout en brique rouge. Tout à côté sont installés les chantiers navals, avec la cale de radoub qui peut accueillir des navires de 153 m de long et 21 m de large. Elle était même prévue pour recevoir les bateaux équipés de roue à aubes assurant la liaison transmanche. Suivent des hangars portuaires et, en vis-à-vis, des sites industriels, tels que Alcatel Câble, version moderne d’une usine de câbles sous-marins qui existait depuis 1890, mais brûla en 1900 ; et Vieille Montagne (grillage de minerai de zinc) qui s’est installé sur les restes de l’usine des pâtes à papier qui vécut de 1921 à 1975.

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    Sur le bassin Carnot, ce quai portuaire accueille des navires de commerce, des hangars de marchandises et des sites industriels.

    Luther King (rue du Pasteur M.) Zone de la Mi— Voix

     Le 3 juillet 1992, cette nouvelle rue de la zone de la Mi-Voix a pris le nom du pasteur noir américain Martin Luther King (1929-1968), leader de la lutte des minorités aux Etats-Unis, prix Nobel de la Paix en 1964, assassiné le 4 avril 1968 à Memphis.

     Cette voie se trouve au Beau—Marais, de l’autre côté du canal de Marck, là où la ville a réalisé un grand centre scolaire et universitaire.

     On y trouve un lycée dit à haute qualité environnementale, prévu pour recevoir 1 700 élèves en septembre 1998. Dû aux architectes Isabelle Colas et Fernand Soupey, cet établissement expérimental a fait appel à des matériaux de recyclage, la lumière naturelle et l’économie d’énergie, par éolienne notamment.

     Inauguré en 1992, le collège Martin Luther King est un équipement de 700 places conçu comme une maison d’enfants.

     Au-delà du rond-point des Droits de l’homme, est implanté le restaurant universitaire réalisé par Marc Larivière.

     Dans l’institut universitaire professionnalisé installé en 1992, 280 étudiants préparent leur diplôme d’ingénieur. Plus loin, se dresse l’unité de formation régionale de l’université du Littoral. Elle a ouvert ses portes en 1993 et accueille 1 600 étudiants dans ses diverses formations scientifiques. On lui a donné le nom du mathématicien et philosophe des sciences Henri Poincaré (1854-1912).

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    Au cœur de la grande zone scolaire et universitaire de la Mi— Voix, au Beau-Marais, des architectes ont fait assaut de création pour donner vie à ces terres vierges. C’est le cas avec ce collège conçu pour être une « maison d’enfant », avec des matériaux chauds et des couleurs gaies.

     

     

     

     

     

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