• Hôtel de Ville de Calais

    Hôtel de Ville de Calais

     

    Hôtel de ville de Calais - Côte d'Opale

    L'hôtel de ville de Calais est situé au coeur de la ville. Un bâtiment que l’on doit à l’architecte Louis Debrouwer qui fit œuvre de précurseur en utilisant le béton armé. Sa construction symbolise l'union entre deux villes : Saint-Pierre et Calais, datant de 1885. Le chantier, entrepris en 1911, est interrompu en 1914 par la guerre. La restauration des dégâts et l’achèvement des travaux retardent jusqu’en 1925 l’inauguration de l’édifice, de nouveau endommagé en 1940.

    Hôtel de Ville de Calais

    Hôtel de Ville de Calais

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    Hôtel de Ville de Calais

     

    Source photo "Calais autrefois" page facebook

    Ce monument, dont l’architecture générale s’inspire du style néo-flamand avec des détails d’inspiration Tudor, dresse fièrement son beffroi de 75 mètres classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2005.Hôtel de ville de Calais

    Trois parties essentielles le composent :
    - Le corps principal dont la façade est orientée vers l’ouest
    - Le beffroi ajouré qui culmine à 75 m et renferme l’horloge à quatre cadrans et un carillon
    - La tourelle carrée accolée au sud du gros œuvre avec son clocheton

    Le grand escalier qui mène au premier étage où se trouvent notamment la salle des mariages et le grand salon, est orné de magnifiques vitraux. Réalisés dans les ateliers Dagrant de Bordeaux, ils retracent sur trois travées la libération de Calais de la domination anglaise par le Duc de Guise en 1558. L’hôtel de ville est célèbre pour avoir été le théâtre du mariage du Général de Gaulle et d’Yvonne Vendroux en 1921.

    http://cpacalais.eklablog.com/hotel-de-ville-c26042478

    Le beffroi

    Hôtel de Ville de Calais

     

    Sentinelle de la cité

    Chaque commune possède un trésor composé de sceaux et surtout de la charte.

    Cette charte est la seule et unique preuve des privilèges accordés par le seigneur. Bien le plus précieux, ce document est conservé dans un coffre-fort fermé. La charte de coutume de Calais a été confirmée aux habitants vers 1181 par Gérard de Gueldre. Elle est aujourd’hui déposée aux Archives Départementales du Pas-de-Calais. La partie basse des vitraux de l’Hôtel de Ville reproduit trois sceaux : sceau du bailliage de Calais en 1310, sceau de Robert d’Artois, sceau et contre sceau de Mahaut, Comtesse d’Artois.

    Les échevins veillent à la sécurité de la ville car chaque trouble entrave la bonne marche du commerce. Le beffroi devient le lieu idéal pour surveiller les environs et prévenir tout risque d’invasion ou d’incendie. Des terrasses, tourelles sont aménagées pour les guetteurs au sommet des tours communales. Les guetteurs signalent les dangers et rythment les journées en sonnant les heures. A Calais, c’est la tour du Guet qui avait cette fonction. Cet édifice, proche de l’ancien beffroi, appelait les habitants de la cité lors d’évènements importants à l’aide d’une cloche.

    MÉTRONOME DE LA CITÉ Les cadrans solaires puis les horloges permettent de donner des horaires précis pour rythmer la vie des habitants. L’horloge devient rapidement un élément incontournable du beffroi et dans la plupart des cités, elle orne les quatre faces de la tour communale. Symbole de richesse, l’horloge fait l’objet de tous les soins. Le beffroi de Calais est agrémenté d’une horloge à quatre cadrans orientés vers les quatre points cardinaux : Nord, Sud, Est, Ouest. 

    Une fois le droit de cloche et le droit de beffroi acquis, la commune apparaît comme le troisième pouvoir.

    Les beffrois du Nord de la France et de la Belgique marquent le paysage avec leur beffrois, églises et donjons. Les relations entre les trois pouvoirs tiennent à la fois de la coopération et de la concurrence. L’architecte de l’actuel Hôtel de Ville de Calais a bien compris cette rivalité puisqu’il a intégré dans l’architecture générale du bâtiment les symboles forts des trois pouvoirs (vitraux, plafonds et salles aménagés comme les anciens châteaux français...).

    A partir du 17ème siècle des carillons fonctionnent avec l’horloge : ils jouent des ritournelles.

    La ritournelle correspond au petit air joué par le carillon à l’heure, au quart, à la demie et aux trois-quarts. Elle attire l’attention des habitants sur l’heure ensuite sonnée par la cloche. Ces petits airs servent encore de point de répère pour les habitants qui connaissent parfaitement ces mélodies propres à leur beffroi. Le carillon mécanique de l’ancien beffroi de Calais chantait l’air de « La Gentille Annette » de Boieldieu (compositeur français 1775-1834). Cette ritournelle est toujours jouée sur l’actuel carillon électrique.

    Dans ces territoires où le relief est timide les beffrois viennent apporter volume et hauteur aux paysages. A l’aube du 20ème siècle, le Nord de la France et de la Belgique exhibent de nombreux et magnifiques beffrois hérités des siècles précédents. Ces hautes tours témoignent de la puissance passée des villes et si leur autorité pratique s’estompe peu à peu au profit des hôtels de ville, les beffrois remplissent encore un rôle symbolique très fort. A Calais, après la réunion des villes de Calais et de Saint-Pierre en 1885, la municipalité décide de construire un nouvel Hôtel de Ville, l’ancien beffroi devenant un musée.

    Isolés ou accolés à d’autres bâtiments, les beffrois sont l’épicentre de la vie communale. Il est vrai que les guetteurs surveillent plus les départs de feu que les invasions, il est vrai que les cloches sonnent plus souvent le rassemblement à la fête que l’appel aux armes... Le beffroi ne joue plus un rôle aussi prépondérant qu’au cours des siècles précédents, mais qu’importe ! Il conserve une place de choix au coeur de la cité et dans le coeur des habitants. Pour preuve à Calais où plus de 90 projets émanant d’architectes vont être adressés à la municipalité pour la construction du nouvel Hôtel de Ville.

    Le projet de l’architecte Louis Debrouwer est choisi pour la construction du nouvel Hôtel de Ville de Calais. La construction de l’Hôtel de Ville de Calais fut prévue dans le décret du 29 janvier 1885 qui autorisait la fusion des communes de Calais et de Saint-Pierre. Elle fut définitivement décidée le 4 mars 1910. Le lieu de sa construction semblait tout désigné : entre les deux villes s’étendait une plaine sablonneuse « le Sahara ». Cette plaine, bordée au Nord-Est par un vélodrome ne servait qu’aux jeux des enfants. Au début du 20ème siècle le célèbre cirque américain BARNUM vint y planter son chapiteau. Les premières esquisses du bâtiment ont été exécutées en 1908. La construction décidée par le conseil municipal le 4 mars 1910, fut commencée en 1911 sous l’administration d’Emile Salembier et continuée jusqu’à la Première Guerre mondiale.

    L’architecture marie avec beaucoup de bonheur le style Flamand et le style Renaissance. Le beffroi de l’Hôtel de Ville de Calais est une tour carrée de brique rouge de Courtrai et de pierres blanches, rejetée à l’extrémité de la façade nord du bâtiment. Il y est relié par une arche. L’intérieur du bâtiment est presque entièrement vide, l’armature en béton armé (conçue afin de résister aux tempêtes et s’adapter à la nature du sol) étant collée aux parois intérieures.

    Un beffroi haut de 75 mètres pour symboliser la naissance du grand Calais. Suspendus pendant les hostilités, les travaux de construction sont achevés en 1923. L’édifice est inauguré le 12 avril 1925 par le général Alvin, représentant le Ministre de la guerre. Ce bâtiment a été conçu par l’architecte Louis Debrouwer, né à Dunkerque, qui fit oeuvre de précurseur en utilisant le béton armé. Aucun joint de dilatation n’a été ménagé.

    Le sommet de la tour du beffroi est doté d’une multitude de clochetons et recouvert d’ardoises. La partie supérieure est agencée de quatre cadrans d’horloge jaunes, tous orientés vers un point cardinal. Ces cadrans sont soutenus par des consoles sculptées en tête de lion. Au Moyen Âge, l’horloge était un élément essentiel à la vie communale. La maîtrise du temps offrait un pouvoir important et le beffroi, symbole de l’indépendance de la ville, constituait un support idéal. Les cités les plus riches ne lésinaient pas sur les moyens afin de doter leur beffroi de cadrans majestueux, affirmant ainsi aux yeux de tous leur pouvoir et leur richesse. Au-dessus, on trouve quatre chevaliers dorés qui fixent les points cardinaux.

    Construit au fil des siècles, le beffroi représente le reflet de l’évolution de l’architecture. Un carillon électrique sans cloche, installé dans le beffroi en 1961, chante l’air de « La Gentille Annette » de Boieldieu (compositeur français 1775-1834). Au sommet, la girouette représente un dragon, qui dans l’antiquité était le gardien des trésors. Ces figurines, lion, dragon sont l’emblème protecteur de la ville et trônent donc au sommet des beffrois afin de surveiller symboliquement ce que les communes ont de plus précieux et en particulier les chartes de franchise.

    Durant la Seconde Guerre mondiale, Calais est l’objectif premier de l’armée allemande.

    Dès 1939, les bombardements pilonnent la ville et le port pour empêcher le débarquement des troupes anglaises. Le 25 mai 1940, l’infanterie entre dans la cité. Durant quatre années, Calais essuie les bombardements des batteries de Douvres. Calais Nord est un véritable champ de ruine. La ville est sinistrée à 73 %. Disparaissent de nombreux monuments dont l’ancien Hôtel de Ville de Calais. A la Libération, la ville accuse un bilan très lourd : 1835 maisons sont anéanties, 892 Calaisiens sont morts dont 551 civils. Calais est à reconstruire...

    Malgré l’intensité des bombardements allemands et alliés, le nouveau beffroi est épargné.

    A part quelques dégâts sur la façade et à la tour qui furent réparés à la Libération, les bombes lancées au cours de la dernière guerre n’ébranlèrent pas le bâtiment, sans doute grâce à son ossature en béton armé. En raison de son attitude héroïque, Calais est titulaire de la Croix de Guerre 1914/1918 avec citation à l’ordre des armées, de la Croix de Guerre 1939/1945 avec palmes et de la Croix de la Légion d’Honneur. Ces distinctions sont exposées dans le hall de l’Hôtel de Ville.

    Une restauration du beffroi de Calais pour une accessibilité du public à la terrasse supérieure. La première phase de restauration des façades et couvertures du bâtiment a débuté au début de l’année 2010. L’accessibilité à tous publics de la terrasse du beffroi à partir du niveau supérieur de l’Hôtel de Ville a nécessité l’ajout d’un ascenseur et d’un escalier de dimension réglementaire. Il existait à l’origine un escalier, mais ce dernier était trop étroit avec des marches trop hautes et peu commode dans le cas d’un croisement. L’ascenseur et l’escalier ont été implantés tout en conservant l’image du « volume libre » qu’était la grande cage d’escalier du beffroi avec ses verrières en meurtrières.

    Un programme de restauration ambitieux digne de son classement au Patrimoine Mondial de l’Unesco Les pierres de taille altérées par le temps ont été remplacées, la maçonnerie reprise. Sur la partie supérieure, des travaux sur la flèche et la couverture en ardoise ont été entrepris. Au niveau de l’horloge, le passage de l’ascenseur et de la cage d’escalier a imposé de remplacer le moteur central qui alimente les quatre cadrans par quatre moteurs indépendants pour mettre en mouvement les aiguilles des cadrans de chaque élévation et laisser le passage à la cage d’ascenseur projetée. L’éclairage de jour a été entièrement repensé et amélioré par la présence de nombreuses baies. L’éclairage de nuit valorise le monument grâce à un système de réflexion de la lumière depuis l’intérieur des baies.

    Des éléments architecturaux dorés à la feuille d’or dignes des grands sites touristiques français. Les lanterneaux, épis de flèche (fleuron avec boule de feuilles), statues, lucarnes, girouette (dragon, boule, croissant de lune, lettrage et bille) ont été restaurés après un décapage du plomb par un léger sablage. Une teinte ocre jaune, des dorures de feuilles d’or ont été appliquées sur chaque élément.

    Hôtel de Ville de Calais

    Hôtel de Ville de Calais

    Hôtel de Ville de Calais

    Hôtel de ville Calais, photos de presse (agence Meurisse)