• L'avant-Port

    L'avant-Port

    6. L'avant port vu dans la direction de l'Ouest. 1898

    Paul Villy nous fait découvrir ici l’ensemble de l’avant-port de l’ouest vu depuis un toit de la gare maritime ou peut-être d’un des échafaudages provisoires destinés au chantier du quai de marée en cours de travaux. On reconnaît l’écluse de chasse et son perré submersible appelé “la baleine” qui laisse peu de place aux navires pour entrer dans l’avant-port. A droite, l’un des bateaux pilotes de Boulogne gagne l’écluse du bassin Carnot. Cette vue originale est une des plus anciennes photographies signée de Paul Villy que nous connaissions.

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    7. Vue générale de l'avant port. 1920

    Vingt ans après, la “baleine” a totalement disparu, détruite en 1906 pour agrandir l’avant-port ouest dans lequel sont mouillés trois chalutiers de Gravelines, tandis qu’au quai de marée, le paquebot Isle of Thanet attend l’heure du départ pour l’Angleterre. La masse noire du vieux fort Risban semble veiller sur l’entrée du port avec autant de soins qu’au temps de Vauban.

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     8. L'avant port à marée basse vu depuis "la baleine". Cinq jeunes garçons pêchant "al moque". Entre 1905 et 1913

    Une des compositions les plus réussies de Paul Villy : de jeunes calaisiens ont retroussé leurs pantalons pour s’installer sur les contreforts vaseux situés au pied du fort Risban ou peut-être même sur le perré submersible que l‘on appelle à l’époque “la baleine”. L’amiral Philippe Avron définissait ainsi ce curieux ouvrage nécessaire à l’efficacité des chasses pratiquées pour obtenir, par un courant d’eau, une profondeur suffisante dans le chenal : “..ll fallait… que la bonne direction fût donnée en tout état de hauteur de la marée, sans prolonger un quai qui gênerait les évolutions dans le port. La solution adoptée consistait dans la construction d’un perré submersible, dont le niveau s’abaissait jusqu’à celui des plus basses eaux. Le renflement donnait très vaguement l’impression d’un cétacé échoué. D’où le nom de cet ouvrage”. Le génie du photographe est ici de nous évoquer cette “baleine” sans nous la montrer.

     La “pèque al moque” est réservée aux anguilles. Un bas est cousu au sommet du parapluie qui renversé permet de recueillir les anguilles qui glissent alors jusqu’au fond du bas, une technique qui rappelle de loin la pêche aux poulpes en Méditerranée avec des pots. Le terme “moque” a d’ailleurs le sens général de récipient.

     On peut dater la photographie entre 1905 et 1913 grâce aux détails suivants : le paquebot qui quitte la gare maritime à petite vitesse est du type Onward mis en service en 1905. On distingue au fond de l‘avant—port la silhouette caractéristique du remorqueur à aubes de la Chambre de Commerce de Calais le Champion, remplacé en 1913 par un second Champion à hélice.

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    9. Bateaux de pêche en repos. 1929

    A gauche un dundee à voiles de Gravelines et à droite un bateau du même port numéro 867. Lors de la saison du hareng, les pêcheurs des ports voisins viennent trouver refuge à Calais et souvent débarquer leurs prises dans notre port et cela depuis le Moyen-Age. Cet afflux de poissons donne à Calais pendant l’hiver une teinte et une atmosphère de grand port harenguier; en réalité cette situation particulière semble avoir été un puissant facteur répulsif expliquant la quasi inexistence de grands armements harenguiers calaisiens. La concurrence boulonnaise vint au XIX° siècle ruiner les quelques tentatives sporadiques dans ce domaine.

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    10. L'Ave-Maria dans l'avant port. Entre 1920 et 1931

    Grand dundee à arrière rond, l‘Ave-Maria fait sécher sa voile d’artimon, au fond la masse sombre du fort Risban.

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    11. Retour de trois grands chalutiers de pêche, au quai de la Colonne. 1930

    Ce cliché est intitulé dans une collection privée “Retour de pêche et la colonne Louis XVII (sic)” et daté 1930.

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    12. Le gréement d'un dundee vu du quai d'Angoulême. Vers 1930

    Paul Villy affectionne photographier, pour une raison qui reste à déterminer, les travaux consacrés au pavé de sa ville natale. Ce cliché résume quelques fonctions essentielles du port de Calais : première étape sur la route du soleil pour ce petit yacht à vapeur Anglais, but de plusieurs rotations quotidiennes du cargo de marchandises du South Eastern Railway, et escale avinée des excursionnistes amateurs de promenades en mer sur navire à aubes.

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    13. Cargo et remorqueur à l'écluse du bassin Ouest. 1930

    Paul Villy veut sans doute évoquer la lenteur et la difficulté de manœuvre dans une écluse juste assez large pour laisser passer le navire qui suspend un moment la circulation entre la plage et Calais nord. Le remorqueur est sans doute le Calaisien, refondu en 1926. Il est bien difficile de dire si ce cargo français ou belge entre ou sort du bassin. A droite le canot des lamaneurs prêt à porter les amarres du cargo à terre.

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    14. Vue prise du Fort Risban: L'avant port et la gare maritime. Entre 1899 et 1914

    Les deux paquebots à aubes Nord et Pas-de-Calais sont au repos au quai de marée.

    Mis en service en 1898 pour la ligne Calais—Douvres par la Compagnie des chemins de fer du Nord, adjudicataire du service postal, ils furent les plus grands et les derniers paquebots à roués en service sur le détroit du Pas-de-Calais. Réquisitionnés pendant la grande-guerre ils ne retournèrent à Calais qu’en 1920 et furent mis hors du service en 1923.

     Le grand navire mixte manœuvrant dans l’avant—port est très probablement le trois-mâts goélette à hélice Drôme utilisé comme “transport” par la Marine nationale. Construit en 1887 ce navire à l‘allure archaïque disparaît en 1918, ce qui permet d‘infirmer la date de 1920 pour ce cliché.

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    15. Ouverture des écluses du bassin Carnot. Vers 1930

    Vue du quai Paul Devot, l’animation est grande à l’ouverture des écluses qui permettent aux navires d’entrer dans le bassin Carnot. A gauche, la drague à godets les Ridens construite en 1909 et baptisée d’après le nom des bancs de sable parallèles à la côte du Calaisis. Cet extraordinaire outil termina sa carrière dans le port de La Rochelle en 1956. Un joli petit trois mâts blanc en bois et un “tjalk” hollandais en fer à dérives latérales chargé à couler bas, probablement de ciment. Devant eux un petit canot lamaneur, au fond une autre drague à deux cheminées.

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    16. Trois chalutiers en fer d'Ostende. Vers 1930

    Le brouillard est très commun sur notre côte aussi bien en été qu’en hiver. 11 emplit l’avant-port de bruits sourds et de formes mystérieuses. Un journaliste lyrique des années trente décrit ainsi l’entrée des pêcheurs : “Intermittente et plaintive, la mélopée de la sirène perçant l’épais rideau ouaté qui pesait sur une mer aux tonalités glauques guidait les barques de pêche regagnant avec précaution leur base”. La coque en fer des chalutiers hollandais ou belges qui relâchent à Calais est vue comme une nouveauté à Calais qui possède un seul bateau de ce type. Paul Villy nous montre les détails des coques rivetées des ostendais Yolande, 0-208 et 0—164.

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    17. L'ancienne écluse du bassin Ouest. vers 1900

    Le bassin ouest inauguré en 1842 sous le nom de bassin d’Orléans fut le premier bassin à flot du port de Calais. 11 permettait le déchargement des navires de commerce et communiquait avec le canal de Calais à Saint-Omer et vers la mer par un barrage éclusé, connu sous le nom d’écluse Raffeneau. Les ponts Henri Hénon ne furent ouverts à la circulation qu’en 1906.

     Le patron du petit cotre Espérance fait sécher ses filets. Ce petit bateau construit à Cayeux témoigne de la décadence de la construction navale locale vers 1900 et des moyens très limités des patrons calaisiens souvent réduits à travailler sur des embarcations de seconde main.

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    18. Pêcheurs aux écluses Vétillart. 1930

    L’ingénieur Vétillart qui dirigea les grands travaux du port entre 1882 et 1889 est encore connu des calaisiens grâce au pont bascule de l’écluse Carnot.

    En 1930 on appelait “écluses Vétillart” les barrages éclusés qui donnaient accès au bassin ouest et au bassin des chasses. Deux grands dundees immatriculés à Calais se sont réfugiés à l’abri de l’écluse, leur équipage affairé à l’armement pour la pêche au maquereau. On remarque les panneaux destinés à l’ouverture du chalut sous la mer qui remplace l’antique dispositif du chalut à perches.

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    19. Vue générale de l'avant port depuis le bassin du Paradis. 1930

    La foule des excursionnistes débarque au quai de la Colonne.

     Un des problèmes éternels du port de Calais est l’insuffisance de la longueur quais de marée accessibles aux navires à voyageurs venus d’ Angleterre.

    En 1936 le port ne disposait que de 1587 mètres de quai exploitables à toutes marées, soit 35 % de la longueur totale des quais. Le quai‘de la Colonne était alternativement utilisé par les bateaux d’excursion et les bateaux de pêche ce qui réduisait son efficacité commerciale. Les empiétements par les embarcations pour la pêche au carreau n’en étaient que plus gênants pour la circulation.

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