• L’habitat de Saint-Pierre au début du XXe

    «A l’ouest, à l’est et au sud de la ville, ce ne sont que des bourbiers infects dans lesquels nos ouvriers et nos ouvrières pataugent et se crottent jusqu’au dessous des jarrets. 
    On ne pouvait rentrer chez soi qu’avec des échasses

    L’habitat de Saint-Pierre au début du XXe

    Les ingénieurs et patrons d’usines disposent de davantage de confort et leurs habitations sont luxueusement décorées : cheminées de marbre, plancher en chêne.

    Le village de Saint-Pierre est devenu, en un peu moins d’un siècle, une ville bientôt plus peuplée que sa voisine, Calais, en raison de l’installation, dès 1815, de l’industrie des tulles et dentelles. La croissance urbaine a donc été rapide mais les aménagements n’ont pas toujours précédé, ni même suivi, la construction des lieux d’habitation. Le quartier anciennement appelé «du bout des digues», puis «des quatre coins» est un exemple représentatif de la situation : dès le XVIIIe siècle les rues existent, tracées sur un ancien marais au niveau de la mer, avec la présence de cours d’eau comme l’Abyme. L’industrie a aussi apporté des désagréments comme la pollution de l’air et la pollution sonore. Au XIXe siècle, la municipalité de Saint-Pierre, voulant aménager et embellir la ville, prend des mesures : alignement des bâtisses en 1846 ; à partir de 1854, pavage des rues et création de trottoirs en commençant par les grandes artères ; construction d’un château d’eau en 1860 ; utilisation de l’Abyme comme égout à ciel ouvert et canalisation pour les eaux pluviales en 1873. Les conditions de vie sont différentes selon les catégories sociales et l’on ne peut ici qu’esquisser la situation des ouvriers de la dentelle. En effet, les différences de salaire suivant les tâches accomplies et le sexe sont grandes. en 1929, une débutante gagne 20F par semaine ; une raccommodeuse, 60 F ; un remonteur de nuit, 120 F ; un ourdisseur de 1ère catégorie 235 F. L’alimentation (plus de la majorité des dépenses) est composée de pain, de viande (près de 50 kg par personne et par an), de cheval pour les moins aisés, de poisson vendu au port, de pommes de terre, choux, navets, carottes et poireaux, pommes, marrons, oranges utilisées par les plus aisés pour remplir le bas de Noël, cerises et fraises, pour les aliments les plus consommés. 

    Parmi les autres dépenses, il faut signaler, pour environ 5%, celles concernant le chauffage et l’éclairage : charbon et gaz. Les frais d’habillement sont très variables et l’on écrit que «L’ouvrier tulliste va à l’atelier avec ses habits de fatigue, ses toiles bleues, sans faux col, un foulard en tenant lieu, et des espadrilles aux pieds.» Les ouvriers semblent être attachés à leur maison et peu, principalement des personnes de passage, vivent en meublé. Certains, «payant un impôt inférieur à 5.000 F», sont même propriétaires grâce à la loi Ribot. Le loyer représente généralement 10 % du salaire.

    L’habitat de Saint-Pierre au début du XXe

    Dans les maisons ouvrières, la pièce située en façade fait parfois office de salon, utilisé aux seules grandes occasions et où peut se trouver un feu à charbon. Chez les plus modestes, cette pièce sert de chambre aux parents et aux jeunes enfants, les autres enfants utilisant la chambre située en mansarde. Si de la place subsiste et n’est pas occupée par un membre de la famille (grand-parent, frère ou sœur, oncle ou tante), un pensionnaire peut apporter un complément de revenus.

    Partons maintenant à la découverte d’une rue telle qu’elle pouvait exister au début du XXe siècle.  

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