• L’hôtel de Ville

    Sous le regard de nos six Bourgeois, s’offre notre hôtel de Ville. Ce bâtiment public à l’histoire forte et à l’architecture particulière a été récemment inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques notamment pour ses façades, toitures, escalier d’honneur   ou   bien   encore   son beffroi. Avec nos Bourgeois, l’église Notre-Dame, la Tour du Guet, le théâtre, et bien d’autres, l’hôtel de Ville est l’un des symboles majeurs de notre patrimoine local.

    L’hôtel de Ville

    La place centrale, dite du Sahara, avant la construction de l'actuel hôtel de ville

    Calais et Saint-Pierre, leur hôtel de Ville respectif
    Le premier hôtel de Ville de Saint-Pierre était situé quai du Commerce, à côté de l’église St-Jean, aujourd’hui disparue. Mais devenu trop petit, un nouveau est construit entre 1857 et 1861 sur la place Crèvecœur. Après avoir hébergé un hospice civil, la première bâtisse est détruite en 1880. Quant à Calais, les services municipaux siègent près de la Tour du Guet, dans un bâtiment datant de l’occupation anglaise surmonté d’un beffroi. En 1885, date de l’unification de Saint-Pierre et Calais, la municipalité calaisienne s’installe dans l’hôtel de Ville situé place Crèvecœur. Celui de Calais-Nord est transformé en musée. Il ne résiste malheureusement pas aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale. 

    L’hôtel de Ville

    Un nouvel hôtel de Ville, une technique innovante
    Dès 1885, dans le décret unissant les deux cités, il est prévu la construction d’un hôtel de ville digne du Grand Calais dont la population ne cesse de croître. La première étape est le choix du lieu. La Place centrale, dite du Sahara en raison du sable qui la couvre, s’impose car elle est le centre même de la ville, aussi proche de la place Crèvecœur que de la place d’Armes où se trouvent les précédentes mairies. En 1888, près de 95 projets sont enregistrés. C’est l’idée de l’architecte dunkerquois Louis Debrouwer qui est retenue. Il souhaite utiliser des matériaux régionaux, briques et pierres de Marquise, et le béton armé, grande nouveauté à l’époque. De plus, le monument évoque l’architecture gothique ainsi que les hôtels de Ville flamands à beffroi, représentatifs de la région et du pouvoir des villes du Moyen-Âge face à celui de l’Église. La “Maison commune” commence à voir le jour en 1911. 

    L’hôtel de Ville

     

    L’ancien Hôtel de Ville place d’Armes, détruit lors d’un bombardement durant la Seconde Guerre Mondiale.

    Une construction mouvementée
    Émile Salembier, maire de la ville, avait promis que la première pierre de l’édifice serait posée en 1909. Les travaux sont dès le début retardés. Le sol instable oblige à creuser et à bétonner les fondations en profondeur. Survient alors la Première Guerre mondiale qui interrompt le chantier. Le beffroi est touché par un bombardement qui laisse un trou au sommet et qui provoque l’effondrement d’un clocheton. Notons que la structure en béton a résisté aux déflagrations. Le conseil municipal ne facilite pas l’avancée des travaux. Par exemple, le plan de la porte principale réalisé en 1912 n’est adopté que 10 ans plus tard ! En mars 1918, les services municipaux s’installent dans les locaux non terminés. De ce fait, l’hôtel de Ville de Saint-Pierre est tranformé en palais de justice en 1929. Le 12 avril 1925, c’est finalement l’inauguration du nouvel hôtel de Ville de Calais par le général Alvin, représentant le Ministre de la Guerre, et le maire Hans Apeness.

    1.

    La façade  (cf. vue éclatée ci-dessous)
    La façade est orientée vers l’Ouest. elle est de style néo-flamand. deux statues sont présentes : la première à l’angle Nord représente le commerce maritime ; la seconde à l’angle Sud, l’industrie de la dentelle. On les doit à Jules Desbois, ami de Rodin. Il y a sept fenêtres à meneaux. 36 personnages appelés “marmousets” sont répartis sur les différentes façades. A travers ceux-ci, c’est la figure du philosophe, poète, musicien... que l’on retrouve. Le large escalier est en granit ; la magnifique porte en fer forgé. Il y a également au Sud une tourelle carrée surmontée d’un clocheton. 

    2.

    Le beffroi  (cf. vue éclatée ci-dessous)
    Notre beffroi, l’un des plus beaux au nord de la France, est le plus haut point dans le ciel calaisien, à près de 75 mètres de hauteur. Il fait par ailleurs parti d’un dossier global pour le classement au patrimoine mondial de l’UNESCO avec 15 autres beffrois de la région. Au départ, Debrouwer souhaitait un beffroi totalement détaché du bâtiment principal. La municipalité a refusé. Cette haute tour est creuse. On trouve quatre chevaliers dorés qui fixent les points cardinaux. Sur la face nord se trouve une allégorie du Commerce et de l’Industrie. Une horloge à quatre cadrans domine le sommet. Il y a également un carillon qui joue “la gentille Annette” de Boieldieu. Aujourd’hui, il n’y a plus de cloches. 

     

    3.

    Le cabinet d’apparat  (cf. vue éclatée ci-dessous)
    Le salon du maire se situe dans le beffroi, en continuité du couloir du premier étage. C’est ici qu’ont lieu les réceptions officielles des personnalités. La forme de cette salle est octogonale. Les chartes de jumelage avec Douvres, Riga, Duisbourg... sont accrochées aux murs. On retrouve les armoiries de Calais et de Saint-Pierre aux fenêtres. 

    4.

    Le grand salon d’honneur  (cf. vue éclatée ci-dessous)
    Le grand salon d’honneur, est la plus grande pièce de l’hôtel de Ville. Elle occupe toute la longueur de la façade. A chaque extrémité se trouve une cheminée, l’une avec les armes de Calais, l’autre avec celles de Saint-Pierre. Celles-ci fonctionnent et se prolongent haut au-dessus du toit. Les portes et les lustres sont également en fer forgé. Les 18 vitraux rappellent les 18 communes du Calaisis en 1558. On trouve 72 armoiries de notables parmi lesquels François de Lorraine, Duc de Guise, et plusieurs commandants, mayeurs, gouverneurs. C’est ici qu’avaient lieu les bals après la Seconde Guerre mondiale.  

    L’hôtel de Ville

     

    5.

    La salle du conseil municipal  (cf. vue éclatée ci-dessus)
    Cette salle est la plus représentative du style flamand même si une majorité du décor est en stuc1. Au fond, on observe le tableau de Jeanne Thil de 1925, “Le dévouement des Bourgeois de Calais”, où Philippe de Hainaut intervient auprès d’Édouard III pour sauver les Bourgeois. Un vitrail est consacré à Paul de la Barthe, premier commandant de Calais après la reprise en 1558 et un second à Dominique de Vic, gouverneur de Calais de 1598 à 1610. 

    6.

    La salle des mariages  (cf. vue éclatée ci-dessus)
    Cette salle est en quelque sorte le symbole de l’amour. C’est ici que de nombreux couples calaisiens s’unissent pour la vie. Face à eux se présente un tableau allégorique du printemps, Jeunesse de la Vie, de 1925 par Adrienne Ball-Demont-Breton. Les lustres et les portes sont en fer forgé. Les vitraux sont consacrés à diverses personnalités de Calais (maires, gouverneurs...). Au fond à gauche est dissimulée dans le décor la porte par laquelle le maire fait son entrée. 

    7.

    L’escalier d’honneur et le vitrail  (cf. vue éclatée ci-dessus)
    Le grand escalier est en marbre blanc. Szabo, artiste hongrois, a réalisé toutes les pièces ferronière de l’édifice, dont la rampe de cet escalier. A son pied, on trouve une copie du tableau de Picot représentant le Duc de Guise sous les murs de Calais en 1558. L’original se trouve à Versailles. L’ensemble des vitraux a été conçu par l’atelier Dagrant de Bordeaux comme celui qui surplombe l’escalier d’honneur. Ce dernier se découpe en trois travées illustrant la reprise de Calais en 1558 par le Duc de Guise. On y observe le départ des Anglais, le portrait du Duc puis les Calaisiens qui offrent des présents à leur libérateur. Ce vitrail a été restauré en 1947. 

    8.

    L’ossature en béton armé  (cf. vue éclatée ci-dessus)
    C’est en tant que précurseur que Debrouwer utilise le béton armé de système Hennebique, du nom de son inventeur, François Hennebique. Ce béton est constitué de sable, gravillons et ciment. Ses avantages, sont un coût réduit et une facilité de décoration. Avec un devis de 320 000 francs, c’est l’entrepreneur Bongiraud qui est chargé du chantier pour le béton armé. 

    9.

    Les plafonds  (cf. vue éclatée ci-dessus)
    Les boiseries sont en chêne alors que les parties supérieures des murs et les plafonds sont en stuc et non en bois.

     

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