• L’invincible Armada se disloque devant Calais

    Dans l'après-midi du 6 août 1588, les Calaisiens se ment au rempart nord de la ville pour regarder la mer. Des navires de guerre espagnols, au nombre toujours croissant, viennent se mettre au mouillage dans le détroit.

    L’invincible Armada se disloque devant Calais

    Les vaisseaux espagnols mouillent devant Calais

    Les visages sont tendus, fermés : quelle peut—être la raison de cet inquiétant rassemblement ?

    Les guerres de religion ensanglantent l’Europe depuis plusieurs décennies et les Espagnols intriguent avec la Ligue ultra-Catholique du Duc de Guise contre le Roi Henri III et son héritier présomptif, Henri de Navarre, huguenot.

    Calais, qui sort tout juste de l’occupation anglaise, tremble.

    On interroge les édiles et les militaires qui suivent également les mouvements des bâtiments ; ils lâchent un n0m : l’Invincible Armada.

    Cette flotte a été levée par le Roi Philippe III d’Espagne à la demande du Pape. Pour elle, sa "Majesté très catholique” a consenti un effort financier considérable. Elle réunit 130 bâtiments de guerre permettant le feu de 2 640 canons. Sur ses navires, manœuvrent 10 000 marins et 18 000 hommes de troupe attendent leur débarquement.

    On dit qu’elle aura le renfort des régiments d’Alexandre Farnèse, Duc de Parme, qui stationnent sur la côte flamande entre Gravelines et Nieuport, soit 25 000 hommes supplémentaires qui envahiront l’Angleterre sous sa protection.

    L’invincible Armada se disloque devant Calais

    Inquiets, les Calaisiens se massent sur les remparts pour découvrir l'Invincible Armada.

    Cette expédition punitive veut frapper la réforme à cœur et détrôner la reine anglaise Elizabeth 1re Tudor, excommuniée, qui soutient les divers mouvements protestants.

    Philippe II, fer de lance de cette nouvelle croisade, a déclaré qu’elle ne cessera que lorsque le catholicisme sera rétabli partout en Europe.

    L’escadre est placée sous le commandement du jeune Duc de Médina—Sidonia, courtisan apprécié qui a remplacé au pied levé le Marquis de Santa Cruz, capitaine général des flottes d’Espagne, décédé en février. Il a pris ses quartiers sur un vaisseau de 48 canons : le San Martin. La noblesse espagnole, attirée par les richesses anglaises, avide de gloire, l’a suivi en masse sur les navires de guerre.

    Les Anglais se sont préparés à repousser les attaquants. Les navires de la Couronne ont été placés sous l’autorité du Grand Amiral Lord Howard d’Effingham.

    L’invincible Armada se disloque devant Calais

    Le navire espagnol Le San Lorenzo vient s’échouer devant le port de Calais. Les soldats calaisiens tentent d’empêcher les Anglais de le piller.

    Le célèbre Francis Drake et Walter Raleigh commandent la flotte auxiliaire.

    Les garde— côtes de Lord Seymour surveillent les ports flamands.

    L’inquiétude calaisienne décroît légèrement, mais le rempart ne désemplit pas.

    La journée du 7 août voit des groupes animés sillonner la place d’Armes. Des Courguinois, habitués au Détroit, s’étonnent haut et fort du mouillage espagnol qu’ils qualifient d’imprudent car trop près de l’ennemi. Certains prédisent même une action anglaise.

    La nuit est tombée, on s’assoupit quand 8 explosions retentissent, suivies de 8 gerbes d’étincelles qui trouent l’obscurité. C’est l’attaque anglaise !

    Mettant la nuit à profit, Lord Howard s’est approché de l’Armada amenant avec lui une flottille sacrifiée : 8 navires bourrés de poudre et de ferraille, 8 brûlots que la marée pousse doucement vers les vaisseaux espagnols.

    L’invincible Armada se disloque devant Calais

    Les Anglais traversent le Channel et se positionnent à l'Ouest de l’Armada afin d'être prêts à attaquer les Espagnols.

    Médina— Sidonia donne l’ordre de gagner la haute mer. Ses navires lèvent l’ancre à la hâte, se heurtent, se bousculent, s’abîment. L’un deux, le San Lorenzo, perd son gouvernail et vient s’échouer à l’entrée du port. Les Anglais le canonnent. C0uché sur le flanc, il ne peut répondre avec son artillerie. L’équipage se jette à la mer et tente de gagner la côte à la nage. Le Seigneur de Jourdan, gouverneur de Calais, leur envoie de l’aide. »

    Des Anglais abordent l’épave. Ils tuent commandant, officiers et entament le pillage du navire. Les batteries du port de Calais chassent les pilleurs.

    Plus loin, poussé par un vent fort, la flotte désemparée est entraînée vers

    Dunkerque et ses dangereux bancs de sable. La menace espagnole s’écarte de l’Angleterre. Alors, les vents se déchaînent ; les tempêtes succèdent aux tempêtes. Médina—Sidonia au comble de l’incompétence donne l’ordre de regagner l’Espagne. Comme on ne peut pas remonter face au vent, il décrète qu’on fera le tour des îles britanniques par le nord.

    L’invincible Armada se disloque devant Calais

    De nuit, les Anglais font dériver des brûlots remplis de poudre contre les navires espagnols.

    Le calvaire commence

     Seule une cinquantaine de navires rentrera en Espagne avec des équipages décimés ; 16 000 hommes ont trouvé la mort. L’Espagne y perdra sa souveraineté maritime... au profit de sa rivale : l’Angleterre. L’échec de 1’Invincible Armada fut considéré d’ordre divin. Elizabeth d’Angleterre fit frapper une médaille. Sur celle—ci on lit : ”Dieu a soufflé et ils ont été dispersés".

     

     

    L’invincible Armada se disloque devant Calais

    Calais envoie des barques pour sauver les marins espagnols.

    L’invincible Armada se disloque devant Calais

    Après le désastre, I’Armada contourne l’Angleterre par l'Est avant de subir une violente tempête.

    Textes : Bérengère Baude

    Illustrations : Jean—François Binet 

     

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